87 ANARCHIE

Loi/coutume

Ana (348) écrit :

[i]La loi implique et impose la coutume.

Lorsque la coutume est bien en place, on peut tenter d’abolir la loi.

Si la coutume ne persiste pas ou se corrompt, c’est soit que l’homme est mauvais, soit que la loi était mauvaise.

Si au contraire la coutume persiste, c’est que la loi est devenue inutile, et en tel cas, le comportement général constitue le meilleur suffrage pour aimer cette loi mais aussi pour l’abolir.[/i]

En pratique, comme on le sait, c’est largement le contraire qui se passe : : la grande majorité des lois règlent des points qui ne sont jamais entrés dans la coutume.

En théorie, je dirais que le rôle de la loi est d’expliciter, de corriger et d’abolir la coutume et de créer des règles là où la coutume n’existe pas, ce qui est le cas général (à l’époque moderne du moins).

Seule la loi est l’expression consciente d’une volonté générale active. Sans la loi, il serait presque toujours impossible de dire en quoi consiste une coutume par rapport à un point litigieux précis : c’est pourquoi dans un pays qui se dit volontiers coutumier comme l’Angleterre il faut s’adresser aux tribunaux pour savoir ce qu’elle dit : on n’a plus affaire à du droit coutumier, mais à du droit judiciaire fondé sur une présence symbolique de la coutume – ou plutôt de l’idée de coutume.

En matière de droit constitutionnel en particulier, la coutume est à peu près inopérante. À peine peut-on parler de traditions pour quelques grands principes généraux.

Même chose d’ailleurs en matière de droits fondamentaux, comme on s’en aperçoit d’après les discussions qui ont lieu sur notre site : malgré les deux déclarations des droits qui les ont « reconnus » (ce qui impliquait une existence antérieure) et près de 250 ans de constitutions qui les ont confirmés, on ne peut pas dire qu’on se trouve en présence d’une coutume : seule la volonté générale (du peuple), exprimée dans la constitution et dans la loi, continuent d’en assurer effectivement le respect. Et c’est vrai même du droit fondamental qui devrait être le plus évident et le moins contestable, le droit à la vie : on aurait bien du mal à soutenir qu’il s’agit d’un droit coutumier…

Plus généralement : aussitôt qu’une coutume a de l’importance, on s’empresse de la rédiger. De ce fait, elle acquiert effectivement le caractère d’une loi sauf contestation qui sera réglée par les tribunaux. Cas typique : l’ancienne coutume de Toulouse.

En tant que mécanisme de création du droit, la coutume est très imparfaite. Elle n’est qu’un usage collectif plus ou moins généralisé, un état rudimentaire et passif du droit qui règle surtout des questions concrètes mineures touchant surtout aux rapports entre particuliers.

Se reposer sur la coutume, c’est s’en remettre aux tribunaux (gouvernement des juges), et encore, quand on a de la chance, puisque les trois quarts des pays composant la planète n’ont pas de tribunaux de droit public dignes de ce nom. JR

euh, c’est pas un fil sur l’anarchie ?

Et alors ?

Votre 358 sur la loi et la coutume, il est bien sur ce fil, non ?

On n’a pas le droit d’y répondre ? JR

très juste :slight_smile:

« La société actuelle engendre en subliminal une injonction à ne pas penser »

À propos de cette phrase d’Ana dans son 313 :

Ça pourrait s’appliquer à toutes les sociétés, pas seulement à la société actuelle. Mais est-ce que justement le rôle de la société n’est pas de fournir un cadre de vie paisible (stable) qui évite d’avoir à se casser la tête (genre « Les peuples heureux n’ont pas d’histoire »), et le rôle de l’individu (des individus), de faire ce qu’il faut pour qu’il en soit ainsi ? JR

le totalitarisme, c’est quand on choisit nos valeurs à notre place.

Je ne pense pas qu’on puisse véritablement dire que la société nous lobotomise le cerveau. Nous avons cette liberté de penser et nous le prouvons en nous exprimant ici.

Cependant, la société ne met absolument rien en œuvre pour diffuser les réflexions élaborés qui peuvent germer chez les esprits les plus fertiles.

A côté de ça, la société a créé un monde de « surconsommation supra-rapide » pour noyer l’individu dans un tourbillon d’informations/de consommation afin d’embrouiller son esprit (Je ne parle même pas des guignols de politique qui brassent de l’air à longueur de temps afin d’influencer le peuple qui croira réfléchir sur des propos qui n’ont, en réalité, aucun intérêt)
D’autres éléments mettent en exergue nos instincts primaires, par exemple la téléréalité qui génère de la jalousie ou de la haine, tweeter et autres réseaux sociaux où les gens expriment leur ressenti de manière beaucoup trop irréfléchi.

La vie fonctionne à 100 à l’heure et se faisant, il est extrêmement difficile de juger le passé, de vivre correctement le présent et de suivre l’avenir.

Si je devais reprendre la phrase d’Ana, j’écrirais « La société actuelle engendre une impossibilité à prendre le temps de penser »
Ça reste tout de même une anomalie car elle ne fournit donc plus un « cadre paisible ».

La société se doit donc de laisser une plus grande liberté d’action et surtout TOUJOURS se remettre en question, NE JAMAIS croire que l’idéal est atteint car il n’existe pas, c’est un combat de tous les instants.

Je me suis mal expliqué.

La société, pour moi, est le résultat des actions de ses membres.

Les valeurs et les droits résultent de ces initiatives et de l’approbation de la majorité : pas de la la société elle-même. La société n’a pas d’existence propre (nous en revenons à la discussion sur les droits fondamentaux, que les personnes dites morales invoquent parfois à tort pour en profiter) : le mot décrit seulement un état collectif, un ensemble d’habitudes.

Ce qui est vrai est que la majorité (pas la société) tend à faire prévaloir ses opinions et ses manières de faire : c’est assez normal. Mais si par « société » on veut dire « majorité », je suis d’accord avec la phrase d’Ana. JR

Paul Valéry en visite à la Sorbonne vint après le cours sur le cimetière marin féliciter le professeur et lui dire : vous m’avez aidé à le mieux comprendre.
Jamais nous ne saurons si c’était sérieux ou ironie cinglante.


Du libre arbitre ou de l’inconscient, qui gouverne, et l’être sait-il ou veut-il commander à ce qui le gouverne, et [bgcolor=#FFFF99]la société est-elle un être pensant ?[/bgcolor]

[bgcolor=#FFFF99]Pour prendre une décision, demande-t-on aux cellules de notre cerveau de voter ?
[/bgcolor]
[bgcolor=#FFFF99]Pourquoi un nuage de moustiques sait-il se mouvoir comme un être unique, alors que nous les humains devons tuer nos congénères pour faire triompher nos idées ?[/bgcolor]

Émile Armand.

L’individualiste anarchiste m’avait d’abord paru dérisoire dans ses prétentions. Maintenant je tiens à ce que une constitution laisse en tous points Émile Armand libre.

http://www.panarchy.org/armand/individualistes.html

Toujours Émile Armand dans un article qu’il publie dans l’Encyclopédie anarchiste a propos de l’individualisme. L’Emile résume en 9 propositions ce qu’il juge être les fondamentaux de l’individualisme. Ces revendications peuvent figurer comme des propositions constirutionelles si ce n’est que ce n’était pas le genre du bonhomme.

1- Règlement des rapport qu’ils peuvent entretenir entre eux ( les individualistes ndlr) ( intellectuels, économiques, éthiques, récréatifs, cet) au moyen de contrats passé sans recours à une forme d’État quelconque. Ces contrats sont resiliables.

2- Possession à titre inaliénable du moyen de production par le producteur, association ou isolé, dès lors que c’est l’isolè ou l’association qui le fait valoir par ses propres moyens et ases rrisques et périls.

3- Le produit au producteur- association ou isolé- et liberté absolue de’ disposer à sa guise sans passer par une filière administrative imposée ou un organe central.

4- Emmission libre d’une monnaie- valeur d’échange ayant cours uniquement par mis ceux qui veulent s’en servir.

5-Garantie de non immixtion d’un individu quelconque ou d’un pouvoir central dans la vie privée des personnes ou le fonctionnement intime des associations.

6- Toute liberté de concurrence entre les personnes et les associations, avec équilibre garanti au point de départ, de sorte que le producteur ne tombe pas au rang de manœuvre et que le consommateur ne soit pas contraint d’accepter uneuutilité de qualité inférieure.

7+ La garantie de non intervention dans le fonctionnement des associations d’ordre sentimental ou sexuel, quelles que soient leurs modalités et pourvu qu’on y adhère et qu’on s’en retire à son gré.

8- Pleine et entière faculté d’expression, de diffusion, de publication de la pensée et de l’opinion, par l’écrit ou la parole en public ou en privé.

9- Autonomie, intégrité, inviolabilité de la personne humaine, - de l’unité dociale- de l’indicidu- homme ou femme- comme la base, la raison d’être et la fin des rapports entre les terriens, où qu’ils habitent et quelle sue soit leur race.

L’Encyclopédie anarchiste fut élaborée dans les années 1930 avec un souci d’ouverture a toutes les variantes de l’anarchie.
http://www.encyclopedie-anarchiste.org

Pour ceux qui veulent connaitre cette facette du mouvement ouvrier et philosophique du début du XXeme siècle c’est un document passionnant.
Par exemple l’article sur le fascisme , actualité brulante de l’époque, nous offre les analyses et les moyens d’actions que ce proposaient les libertaires .

Et encore toujours Émile.
Un court texte écrit en 1910 , que je dirais educationiste

Se sentir vivre.

http://fr.m.wikisource.org/wiki/Se_sentir_vivre

Le blog flegmatique d’Anne Archet, ou les réflexions d’une anar québécoise

C’est surtout dans certains commentaires avec des gens opposés à Anne Archet que le débat avec Anne est intéressant.

Exemple :

LA CHARTE DU MANDEN

En1222 des chasseurs africains établissent une constitution basée sur les droits de l’homme.

En rapport avec les évènements d’Ukraine je joint un article qui informe sur la tentative de révolution anarchiste que connut la région entre 1918 et 1923.
http://www.monde-libertaire.fr/portraits/14063-nestor-makhno-et-larmee-insurrectionelle-dukraine

Aussi le début du chapitre 10 de La Révolution Inconnue, de Voline.

Mutualisme, mutuellisme, mutualité.

Émile Armand signe trois articles dans l’Encyclopédie anarchiste sur le sujet. Y sont exposés les bases théoriques, éthiques, pratiques et historiques de ce mouvement important du début du XXeme siècle.

Mutualité, mutualisme, mutuellisme

http://www.encyclopedie-anarchiste.org/articles/m/mutualisme

1918 : Les conseils ouvriers en Allemagne

1918 : Les conseils ouvriers en Allemagne.