87 ANARCHIE

et pourquoi pas « nul n’est nul » ?

J’ai pas envie de plaisanter sur ce coup là. Je pense que ça vaudrait le coup d’essayer d’écrire les règles du pouvoir sans l’instituer par la constitution. J’en avais déjà l’intuition et le texte de Condorcet ( sur le blog) m’ incite à poursuivre, peut être en allant plus loin.
Établir les institutions par voie législative plutôt que constitutionnelles mérite un peu de s’y interesser.
Aller je me lance dans une métaphore.
La constitution tellle que je l’imagine maintenant serait comme la règle du jeu d’échec. La constitution telle que l’on a tendance à la faire se compare plutôt à un exercisse d’échec à partir d’une position prédéfinie.
Ce n’est pas le rôle d’une constitution d’instituer des pouvoirs, mais plutôt d’en décrire les règles générales.

Ce n'est pas le rôle d'une constitution d'instituer des pouvoirs, mais plutôt d'en décrire les règles générales.
Ou plutôt d'en définir les limites.

Oui les limites et les principes. Ça serait d’ailleurs rigolo de traduire notre constitution actuelle de cette façons.

-Les lois seront votés par 1/100 000 ème de la population.

  • il y aura un seul mandaté de l’exécutif pour 65 000 000 de citoyens, il n’aura pas de compte à rendre.

Alors cette constitution qui n’institue pas de pouvoirs, mais qui définirait seulement leurs limites , pourrait et devrait faire l’objet d’une adhésion individuelle et volontaire, et non pas d’une adhésion collective. Elle marquerait l’adhésion à une citoyenneté démocratique, opposable à toutes institutions ou situations contrevenant à ses principes.

Ce sont les principes de la démocratie directe non?

@#245 de frigouret

Tu veux dire écrire une constitution « parallèle », qui ne reconnaîtrait pas l’autre comme légitime, à laquelle adhèreraient un « grand » nombre de citoyens, réunis en « nation libre » ?

Nation libre , c’est pas mal du tout ça.
En fin de compte elle pourrait tout à fait reconnaître d’autres constitutions comme légitimes si leurs institutions répondraient aux exigences nous paraissant fondamentales.

Tiens par exemple j’hésite entre :

  • toutes lois que le peuple n’a pas adoptée en personne est nulle.
    Et
  • toutes lois que le peuple en personne n’a pas les moyens d’abroger , est nulle.

Et toutes ces genres de choses pour lesquelles il va nous falloir réfléchir.

Il y a belle lurette que nous nous interrogeons un peu en vain sur « comment amorcer le processus constituant » et certains mettent en doute la valeur de l’idée virale.
Nous tenons ici (#247) une autre piste qui, via une association légale, un peu selon le principe des monnaies locales, permettrait à une partie des gens de se démarquer du système imposé ; utilisant donc la loi, et la respectant, pour créer hors des pouvoirs non choisis, sans eux ne veut pas dire contre eux, autre chose que l’incontournable fatalité institutionnelle ;;; je n’ose encore imaginer ce qu’elle engendrerait en cas de montée en puissance, la violence restant hélas envisageable si l’égrégore dominance se sent piégé par une conscience collective naissante.

La démarche récente impulsée par Étienne, qui consiste à proposer aux gens l’écriture d’articles constitutionnels, est conçue je pense comme outil pédagogique et d’éveil ( → ?). Dans un avenir plus ou moins lointain, elle pourrait ( au conditionnel, forcément :wink: ) déboucher sur quelque chose de plus construit et comme susdit intégré dans la vie réelle.

L’idée vient de sortir sans qu’on l’appelle et me surprend un peu :wink:

Et que pensez-vous de : Tout acte individuel ou collectif ne nuisant pas à autrui ne peut-être encadré ou restreint par la loi.

Ce serait une belle façon de reconnaître de façon légale et constitutionnelle les actes vertueux non ?

c’est quasi le principe de l’anarchie :wink:

je ne vois pas d’inconvénient à l’inscrire paradoxalement dans la loi des lois.

Je tombe sur un truc de proudhon.

« Je distingue en toute société deux espèces de constitutions : l’une que j’appelle la.constitution SOCIALE, l’autre qui est la constitution POLITIQUE ; la première, intime à l’humanité, libérée, nécessaire, et dont le développement consiste surtout à affaiblir et écarter peu à peu la seconde, essentiellement factice, restrictive et transitoire. »
Confession d’un révolutionnaire p 217

Bon alors notre constitution sociale devrait quand même s’occuper des constitutions politiques , en les bornant fortement, car nos sociétés génèrent du politique comme l’autre des alexandrins, sans le savoir.

[color=red][b]les habitants de Tristan da Cunha ont depuis toujours (presque toujours) une constitution qui se résume à une phrase :[/b][/color]

[align=center][bgcolor=#FFFF99]« Nul ne s’élèvera ici au dessus de quiconque. »[/bgcolor] [/align]

Je ne sais pas si ça fait partie de ce qui est historique ou de ce qui est romancé mais j’aime assez.


Moi aussi :slight_smile:

Heureux habitants qui vivent au moins le précepte fondamental, mais oublié, de tout système social normatif:

Nul n’est censé ignorer la loi

Bernardo : « Nul n’est sensé ignorer la loi ». Encore faut-il être en capacité et en mesure de la comprendre …

Sinon :

Ecrire une constitution sociale (Une constitution Anarchiste ?) voila qui me semble être un beau projet. Un vrai changement de paradigme. Une belle façon d’émanciper l’individu au delà de lui même. Une belle façon de s’émanciper de soi-même. Proposer aux gens d’énoncer les plus nobles vertus sociales …

Article I

(Dans l’idéal) : Nul ne s’élèvera au dessus de quiconque.
(Ou en attendant que l’homme soit accompli, adulte.) : Nul ne pourra s’élever au dessus de quiconque.

Article II

Tout individu est reconnu maître de son destin.

Article III

Le droit à la vie, au respect et à la dignité pour tout être vivant est reconnu comme constitutionnel.

Article IV

Les lois naturelles prévales sur les lois des hommes dans la mesure ou elles sont indispensables à la vie.

Article V

Toute loi ne peut-être imposée sans l’assentiment des hommes.

Article VI

Nul ne peut se prévaloir de la loi.

Article VII

Tout enseignement se doit de contribuer à l’émancipation sociale et affective de la personne et respecter les particularités et les rythmes de chacun.

Article VIII

Toute loi est susceptible d’évoluer et ne peut-être considérée comme définitive.

Article IX

Tout acte individuel ou collectif ne nuisant pas à autrui ne peut-être encadré ou restreint par la loi.

Article X

Tout individu ne peut être jugé sans être pleinement informé de la loi des hommes.

etc. Je vous laisse poursuivre et/ou modifier …

Interview de Jacques Ranciere, qui aborde plusieurs sujets dont on cause sur le forum en ce moment, ka science ( dont les dictatures " marxistes" on fait un bien mauvais prétexte à leurs tyrannies ), le tirage au sort, l’exécutif et bien sur le rapport entre anarchie et démocratie.

Article très intéressant :slight_smile:

Sinon :

Je vois que personne ne s’est essayé à poursuivre ou modifier ce début de Constitution « Anarchiste ». La liberté ferait-elle peur ?

Une constitution anarchiste bien plus courte : celle de l’abbaye de Thélème (dans le Gargantua) : « Agapè » et « Fays ce que vouldras ». Issue d’ailleurs de Saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux. » Et reprise par Nietzsche : « sois heureux - et fais alors tout ce que tu voudras. »

constitution anarchiste : c’est pas un peu antinomique ?

Je ne pense pas. Je pense même qu’une constitution vraiment Démocratique ne peut-être qu’Anarchiste. Si elle ne l’était pas elle n’instituerait pas pour finalité l’émancipation des êtres et donc elle ne serait pas véritablement Démocratique … Car elle présupposerait encore et toujours une prise de contrôle sur les gens, une sorte de paternalisme … Alors qu’il me semble que la Démocratie doit tendre vers l’auto-responsabilisation de chacun (si l’on veut que les gens participe pleinement et en toute conscience). Vers la mise en place de l’age adulte de la politique donc de l’homme.

L’amor fati comme précepte constitutionnel se serait rigolo :slight_smile: