« Contrepouvoirs »
Montesquieu, je sais : mais je n’aime pas cette notion vieillotte (et de nos jours surtout anglosaxonne) de « contrepouvoirs ».
L’État n’est pas, ne devrait pas être une foire d’empoigne. Dans une société démocratique, c’est l’ensemble des moyens institutionnels dont le peuple souverain a décidé de se doter. Pourquoi ces institutions se combattraient-elles ? Au contraire, il faut faire en sorte qu’elles fonctionnent convenablement et coopèrent, tout en contrôlant systématiquementleur fonctionnement.
L’État centralisé comporte une série de pouvoirs aisément contrôlables les uns par les autres et par le peuple.
L’État fédéré et la société de type anarchiste multiplie les centres de pouvoir et donc les occasions de contrôle. Le fédéralisme à tout va n’est donc pas conseillé. Par contre, un fédéralisme « dirigé », je ne dis pas : ça ressemblerait d’ailleurs beaucoup à un pouvoir unitaire décentralisé.
On ne peut pas dire que l’État américain soit mal organisé. Pourtant, qui envie ses 51 systèmes de droit, sa fourmilière de juges et d’avocats mettant leur nez partout, sans compter le prix (qui dans ce cas, comme dirait lanredec, ne correspond pas forcément à la valeur) à payer pour faire marcher ces multiples machines ?
En politique comme en affaires, les économies d’échelle sont souhaitables : c’est ce qui justifie le centralisme plutôt que le fédéralisme. En pratique, sans doute, il y a des accommodements. possibles entre les deux systèmes. JR