32 Sortir de l'Union Européenne

Comment sortir du Putsch Européen ?

Une entretien avec Anne-Cécile Robert du Monde Diplomatique, Docteur en droit européen

Nous sommes désormais dirigés par des technocrates et des banquiers que nous n’avons pas élus.

Pour sortir de ce piège, faut-il une nouvelle constitution française, comme le propose l’association Pour une constituante ?

http://www.polemixetlavoixoff.com/comment-sortir-du-putsch-europeen/

Durée : 1h

Lettre ouverte à J-L. Mélenchon
31 juillet 2014
Par Jacques Sapir
Source : http://russeurope.hypotheses.org/2606
Cher Jean-Luc Mélenchon,

Vous avez indiqué dans un interview au site hexagones.fr , qui a été largement repris dans la presse, votre volonté de prendre du champ après les cinq années frénétiques que vous avez passées à la tête du Front de Gauche et où vous avez donné ce que vous pensiez être le meilleur de vous même pour ce parti. C’est bien compréhensible. Vous avez été particulièrement exposé durant cette période, et l’on ne vous a pas ménagé les critiques injustes, voire scandaleuses, allant jusqu’à vous chercher des querelles d’allemands sur votre prétendu antisémitisme. Que vous ayez été blessé par ces attaques, ces insinuations, cette volonté constante de vous nuire, est bien normal et tout à fait naturel. Mais, telle est –hélas – la vie politique en France. À bout d’arguments, on n’hésite pas à inventer des polémiques odieuses. J’en ai fait l’expérience aussi, que ce soit de la part d’un certain Pierre Moscovici, qui se prétendait Ministre des Finances, mais aussi de celle – et c’est plus regrettable – d’Alexis Corbières du Front de Gauche.

Vous dénoncez le double jeu que joua le PCF, que ce soit en freinant l’expression politique du Front de Gauche lors des élections présidentielles ou en passant des compromis sans principes avec les « solfériniens », pour reprendre le joli terme dont vous avez affublé le parti dit « socialiste ». Ce double jeu a rendu la position du Front de Gauche largement illisible, et partant inaudible. Il ne fut pas pour rien dans le mauvais résultat enregistré lors des dernières élections européennes. Tout ceci est juste. Pourtant, tout ceci était aussi parfaitement prévisible. On connaît les pratiques de la direction du PCF, qui à bien des égards est un parti « zombi », un mort-vivant qui ne tire ses subsides et son importance que des quelques sièges et positions électorales qu’il peut maintenir justement grâce à des alliances avec les « solfériniens » Je sais qu’existent des militants, et même des responsables locaux et régionaux du PCF qui ne partagent en rien l’attitude de leur direction, d’un Pierre Laurent ou d’un Ian Brossat. Les courriers nombreux que j’ai reçus depuis dix-huit mois me le confirment. Mais, la direction du PCF s’est autonomisée de sa propre base, imitant de fait ce qui se passe au Parti dit « socialiste ».

Il faut donc affronter aussi des réalités plus déplaisantes: pourquoi en France le Front national explose-t-il au niveau électoral alors que le Front de Gauche stagne ? Vous n’esquivez pas ce problème, cher Jean-Luc Mélenchon, et c’est tout à votre honneur. Mais l’argument sur le « talent » de Marine le Pen est un peu court et il ne peut convaincre. La véritable réponse se trouve dans la difficulté, pour des raisons électoralistes pour certains (le PCF) et pour des raisons idéologiques chez d’autres, à assumer le caractère radical de la souveraineté. Il y a de cela plusieurs années, j’avais répondu à un journaliste du monde en paraphrasant Lénine : la haine de la Nation est l’internationalisme des imbéciles. En un sens, tout est dit. L’obsession de « revivre les années trente » pousse un certain nombre d’esprits mal avisés à refuser de dire publiquement des choses qu’ils pensent pourtant, de peur d’être assimilés au Front national, un parti qu’ils assimilent – très à tort d’ailleurs – au NSDAP. Ceci les conduit, par étapes successives à rejeter l’idée de Nation au prétexte qu’elle pourrait donner naissance au nationalisme.

Votre responsabilité à vous, Jean-Luc Mélenchon, dirigeant emblématique et charismatique du Front de Gauche, est à cet égard lourdement engagée. Plus le Front de Gauche tardera en la matière, plus il minaudera sur des questions qui impliquent pourtant des solutions claires et précises, comme sur celle d’une sortie de l’Euro, et plus il accumulera du retard face au Front National. La crise de société que nous connaissons a aussi la dimension d’une crise de l’alternative. Incapable de s’opposer, si ce n’est en discours, à la politique du pouvoir, rusant quand il faudrait une rupture franche, le Front de Gauche devient pour le coup parfaitement inaudible. Ceci, et c’est en un sens une dimension du drame français, laisse le champ libre à la politique réactionnaire de Hollande et de ces gouvernements, mais aussi au développement du Front National comme seule alternative. Les militants du Front de Gauche, quelle que soit leur origine, qu’ils viennent du PCF, du Parti de Gauche ou d’autres composantes du Front de Gauche doivent se faire entendre. Car, ce qui est entre leur main dépasse de loin la question de l’avenir électoral d’un parti.

La remise en cause de la souveraineté et de la démocratie porte atteinte au plus profond de la nature de la société française. Certes, il peut y avoir des États souverains qui ne sont pas démocratiques ; mais on n’a jamais vus d’État démocratique qui ne soit pas souverain. Ce sont donc les fruits amers, mais sommes tout logiques, du processus de mondialisation et de construction de l’Union européenne. Prétendre que l’Union européenne, et l’Euro, auraient été conçus, peu ou prou, pour protéger les peuples contres les influences de la mondialisation est un mensonge éhonté. L’UE a été en réalité à l’avant garde du mouvement qui défait les États au profit des grandes firmes multinationales. Elle n’est que l’héritière du projet américain conçu dans la guerre froide[1]. Elle se construit sur ce que Stathis Kouvelakis va, en se référant à un ouvrage relativement récent de Perry Anderson[2], pour décrire comme « …une mise à distance de toute forme de contrôle démocratique et de responsabilité devant les peuples est un principe constitutif du réseau complexe d’agences technocratiques et autres collèges d’experts qui forme la colonne vertébrale des institutions de l’UE. Ce qu’on a appelé par euphémisme le « déficit de démocratie » est en fait un déni de démocratie »[3]. On peut en dire autant de l’Euro, qui bien sur n’est pas responsable de tous nos maux, mais qui concentre en lui-même toute la charge négative de la financiarisation et de la dépossession de la souveraineté populaire.

Il faut donc le répéter, il ne peut y avoir de sortie de cette crise que nous vivons que par un retour à la souveraineté et à la démocratie. Mais l’urgence de ce retour s’impose de manière désormais tragique. L’approfondissement de cette crise nous conduit sur les chemins de l’anomie ou de l’éclatement dans des replis communautaristes. Dès lors, il nous faut penser ce que pourrait être, et tactiquement et stratégiquement, le bloc historique qui sera capable de penser et de porter la nécessaire réappropriation de la souveraineté et de la démocratie. Si, prenant du champ par rapport aux contraintes de la direction du Front de Gauche, vous pouviez nous revenir dés la rentrée avec un projet cohérent sur ce point, alors cela prouverait que vous avez su tirer les leçons des errements de ces deux dernières années.

Et, en attendant, permettez moi de vous souhaiter bon repos avant les échéances qui s’annoncent.

[1] Ce qui fut déjà analysé par J-P. Chevènement La faute de M. Monnet, Paris, Fayard, 2006.

[2] Anderson P. Le nouveau vieux monde, Marseille, Agone, 2011 (en anglais The New Old World (2009) Londres, Verso).

[3] Kouvelakis S., in C. Durand (sous la direction de), En Finir avec l’Europe, Paris, La Fabrique, mai 2013, p. 51

Modification du 2 août 2014 : Ajout du lien vers la source du texte

À propos de la lettre ouverte de Jacques Sapir à Jean-Luc Mélenchon

Le retour à la souveraineté et à la démocratie ne sont plus concevables dans le cadre national traditionnel. La vraie souveraineté et la vraie démocratie ne peuvent être désormais qu’européennes.

Le nationalisme « Front national » ou assimilé est donc une régression. Mieux vaut s’occuper de faire de l’UE une authentique confédération réunissant les peuples et les gouvernements qui le souhaitent (les autres peuvent toujours faire leur vie ailleurs : l’Europe de Rome fonctionnait très bien à cinq ou à six).

Si le Front national l’a emporté aux élections européennes, c’est avant tout (selon moi) en réaction à l’incompétence gouvernementale des autres partis politiques et des dirigeants européens, très peu à cause d’une prétendue nostalgie nationaliste. JR

Dans l’Organisation des Nations Unies, 197 nations sont représentées.

Quand nous regardons ces 197 nations, que voyons-nous ?

  • Nous voyons 28 nations qui ont construit une union : l’Union Européenne.

  • Mais sur tous les autres continents, nous voyons 169 nations qui gardent précieusement le contrôle de leurs lois nationales, 169 nations qui gardent précieusement le contrôle de leurs frontières nationales, 169 nations qui gardent précieusement le contrôle de leur monnaie nationale, etc, etc.

Bref : nous voyons 169 nations qui sont souverainistes.

Partout ailleurs, sur tous les autres continents, 169 nations ne sont pas des dictatures d’extrême-droite.

Partout ailleurs, sur tous les autres continents, 169 nations sont souverainistes.

C’est tout.

Ni plus, ni moins.

En Europe, nous sommes l’exception : il n’y a que nous, en Europe, qui ne sommes pas souverainistes.

Les européistes sont comme les 28 neuneus qui sont montés dans un bus, et leur bus s’est engagé à contre-sens sur l’autoroute !

A l’intérieur du bus « Union Européenne », les 28 neuneus n’arrêtent pas de rigoler. Les 28 neuneus disent en rigolant : « Regardez tous ces idiots : ils se sont tous engagés à contre-sens sur l’autoroute ! »

Les 28 neuneus ne devraient pas autant rigoler.

Nous savons comment finissent les véhicules qui s’engagent à contre-sens sur l’autoroute.

Pardon, mais les États fédérés des ÉUA ne sont pas souverainistes. Ni d’ailleurs les cantons suisses. Vous n’aviez pas remarqué ?

Voyez aussi l’évolution du côté de l’Asean et des Latino-américains.

Vous confondez "souverainiste"et « souverain » et par pure idéologie vous refusez d’admettre que nous puissions nous trouver (si les peuples le veulent) au début d’un processus de fédéralisation, ou du moins de confédéralisation.

Vous trouvez que les États membres de l’UE, qui sont encore souverains même s’ils coopèrent dans beaucoup de domaines techniques, résistent si bien aux pressions américaines (et russes) ? Et puis demandez-vous une seconde si la France « souveraine » serait plus forte et plus libre sans l’UE.

Et que dire de la « souveraineté » des États africains (l’UA leur laisse beaucoup plus de marge que l’UE aux pays européens) : ils vous semblent vraiment beaucoup plus "souverains"que la France ? JR

Les États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) sont depuis 2011 au nombre de 193, soit la quasi-totalité des 197 États actuellement reconnus par l’organisation.

Que voyons-nous lorsque nous observons ces 193 Etats ?

Réponse :

Parmi ces 193 Etats membres de l’Organisation des Nations Unies, il y a :

  • les Emirats Arabes Unis, qui disposent d’un siège à l’ONU

  • la Suisse, qui dispose d’un siège à l’ONU

  • etc.

Maintenant, il y a les vieux dinosaures européistes qui continuent de rêver.

Les vieux dinosaures européistes continuent de rêver à une « Fédération européenne », qui aurait un siège à l’ONU, qui aurait une équipe de football, qui aurait une équipe à chaque épreuve des Jeux Olympiques, etc.

Que faire pour ramener ces vieux dinosaures européistes dans le monde réel ?

Rien.

Personne n’a jamais pu ramener les vieux dinosaures qui rêvaient à l’URSS dans le monde réel.

Personne n’a jamais pu ramener les vieux dinosaures qui rêvaient à la Yougoslavie dans le monde réel.

De même, personne ne peut ramener les vieux dinosaures qui croient encore à la « Fédération européenne » dans le monde réel.

Donc laissons-les vivre dans leur monde des rêves.

Argumentation d’une grande finesse, qui fait honneur à son proposant. JR

L’Union européenne n’est pas un « super-état ». Ce simple concept doit faire frémir d’horreur tout Bruxelles, et jeter les habitants du Berlaymont dans des transes d’effroi. En fait, se situant dans un « entre-deux », Barroso, et avec lui les différents bureaucrates européens, espèrent bien être quitte de l’interrogation en démocratie, désormais récurrente à propos de l’Union européenne.

L’UE n’est pas un « super-état » ?

Fort bien, on n’a donc pas à faire la démonstration qu’il existe un « peuple européen », ni à mettre ces institutions sous le contrôle d’une souveraineté populaire. Mais l’UE n’est pas, non plus une « organisation internationale ». Ce point est important. Si l’on considère que l’UE est bien une organisation internationale, alors le droit de coordination l’emporte sur le droit de subordination. Les décisions ne peuvent être prises qu’à l’unanimité des États participants, et le contrôle de la souveraineté populaire se recompose, certes de manière indirecte, mais tout à fait réelle.

En affirmant péremptoirement que l’UE est un projet « sui generis », Barroso et ses confrères s’exonèrent de tout contrôle démocratique et enterrent ainsi le principe de souveraineté nationale, mais sans le remplacer par un autre principe. C’est le fait du Prince dans toute sa nudité, certes caché dans une formule dont Jean de La Fontaine apprécierait l’hommage (involontaire) à sa fable de la Chauve Souris et des Deux Belettes : « Je suis Oiseau : voyez mes ailes; Vive la gent qui fend les airs !…. Je suis Souris : vivent les Rats; Jupiter confonde les Chats ».

Cette volonté farouche de faire disparaître du champ politique le principe de la souveraineté ne peut se justifier que par une volonté de faire disparaître aussi le principe de démocratie.


Source : [size=9][b]http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-tafta-et-protectionnisme-par-j-sapir-124300340.html[/b][/size]

Jacques Sapir devrait regarder de plus près les manuels de droit constitutionnel dont il dispose.

Il est connu depuis longtemps que l’UE n’est pas un super-État, ni une fédération, mais une organisation intergouvernementale d’un genre particulier, à savoir une confédération.

Une confédération est une association d’États souverains qui ont décidé d’exercer en commun certains de leurs pouvoirs souverains tout en conservant leur souveraineté. Dans une confédération, les gouvernements prennent collectivement les décisions majeures, et chacun est démocratiquement contrôlé au niveau national. Ce contrôle démocratique national est rendu effectif par la règle de l’unanimité (pour les grandes décisions du moins) et la possibilité de se retirer de la confédération.

L’UE est bien un projet sui generis puisque pour le moment c’est la seule véritable confédération existant dans le monde : Sapir infère à partir de cette constatation de bon sens de Barroso des arrière-pensées qui ne sont probablement pas les siennes et qui seraient d’ailleurs contraires à la lettre des traités. JR

Oui et la commission souvent présentée comme une entité transnationale est désignée par les chefs de gouvernements, elle suit une feuille de route programmée par les chefs de gouvernement.
Les gouvernements ont le dernier mot sur le parlement européen, quand ils n’ont pas l’exclusivité des décisions ( ce qui est toujours le cas dans les domaines les plus importants ).

L’Ue est très clairement une entité intergouvernementale.

Sandy, c’est autre chose que purement de l’intergouvernemental. Francis Würtz en parle dans son article : le crime du 30 août 1954.

Extrait :
30 août 1954 – 30 août 2014 : voilà un anniversaire que les dirigeants européens* ne célèbreront pas . Et pour cause ! Le rejet, il y a tout juste 60 ans, de la « Communauté européenne de Défense » (CED) par la majorité de l’Assemblée Nationale française, essentiellement constituée de communistes et de gaullistes ainsi que de socialistes en désaccord avec leur parti, constitue une page d’histoire hautement significative que les esprits conformistes préfèrent voir ignorer. D’abord, [bgcolor=#FFFF99]elle aide à mesurer le poids de la guerre froide et de l’atlantisme dans les décisions qui ont marqué le lancement de la construction européenne. Ensuite, elle illustre le rôle singulier -et salutaire- que la société française peut jouer lorsqu’elle se rebelle contre la lâcheté de ses dirigeants.[/bgcolor]

http://franciswurtz.net/2014/08/21/il-y-a-60-ans-le-crime-du-30-aout/

  • Nuance avec Francis Würtz, j’aurais écrit dirigeants UE, l’UE n’est pas l’Europe.

Vous avez dit atlantisme ?

Savez-vous que Emmanuel Macron était (ainsi que Fleur Pellerin) du meeting Bilderberg de 2014.

Je n’ai pas eu le plaisir de l’apprendre sur le flot d’informations sur ce personnage, suite à sa nomination !

Concernant les participants aux réunions du Groupe de Bilderberg, Jean Monnet est sur la première page, à la dernière ligne :

http://www.danielestulin.com/wp-content/uploads/portraits_bilderberg.pdf

Sur la deuxième page, à la première ligne, nous pouvons voir la photo d’un certain George C. McGhee.

George McGhee a servi comme ambassadeur américain en Turquie en 1952-1953, où il a soutenu sa candidature réussie à l’adhésion à l’OTAN.
George McGhee a joué un rôle dans les relations américaines avec la République du Congo et la République dominicaine au début des années 1960.
De Novembre 1961 à Avril 1963, il a occupé le poste de sous-secrétaire d’État aux affaires étrangères, sous l’admnistration Kennedy.
George McGhee a été nommé ambassadeur en Allemagne de l’Ouest de 1963 à 1968.

(Source : Wikipedia, version en langue anglaise)

Une citation très importante :

« Je pense que vous pourriez dire, déclara un jour le diplomate américain George McGhee, que le traité de Rome, qui a créé le Marché commun, a été mûri pendant ces réunions de Bilderberg et aidé par le flot de nos discussions. »

Source : « L’Europe sociale n’aura pas lieu », de François Denord et Antoine Schwartz, édition Raisons d’agir, page 40.

Conclusion :

Dès le début de la construction européenne, le traité de Rome était l’oeuvre de grands banquiers, de grandes entreprises multinationales, de diplomates et de militaires membres de l’OTAN.

Dès le début, la construction européenne était anti-populaire, anti-sociale, anti-démocratique.

Et ça continue encore aujourd’hui.

Emmanuel Macron est le nouveau ministre de l’Economie.

Emmanuel Macron est un banquier d’affaires, qui travaillait à la banque Rothschild.

« Début 2012, il est nommé gérant et pilote l’une des plus grosses négociations de l’année (le rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer). Cette transaction évaluée à plus de 9 milliards d’euros lui permet de devenir millionnaire. »

Du 29 mai au 1er juin 2014, à Copenhague, Emmanuel Macron était un des participants au groupe Bilderberg.

Mais il y avait à cette réunion du groupe Bilderberg 2014 une autre socialiste : Fleur Pellerin.

Fleur Pellerin vient d’être nommée ministre de la Culture et de la Communication.

http://www.bilderbergmeetings.org/participants.html

Emmanuel Macron et Fleur Pellerin seront les ministres de Manuel Valls, qui lui avait participé à la réunion du groupe Bilderberg 2008.

A la réunion du groupe Bilderberg 2008, Manuel Valls était accompagné d’autres socialistes : Hubert Védrine, Christine Ockrent, … et Jean-Pierre Jouyet, qui est aujourd’hui secrétaire général de la présidence de la République.

Lisez cet article écrit par Bruno Fay :

Le président du Bilderberg a confiance en Manuel Valls.

J’interroge maintenant Etienne Davignon sur le choix des invités. (…) Bill Clinton, Lionel Jospin, José Manuel Barroso et tous les autres ont été systématiquement invités l’année précédente de leur élection ou de leur nomination.

« Les choses se passent dans l’autre sens », me répond-il. "Chaque année, on demande aux membres d’identifier les personnalités qui émergent dans leur pays. Par exemple, l’an passé, nous avons demandé à nos amis anglais du Steering Committee de nous donner des noms. Ils nous ont proposé d’inviter George Osborne qui a été depuis nommé chancelier de l’Échiquier dans le cabinet de David Cameron [le premier ministre britannique]. Pourquoi Osborne ? Parce que c’était un homme jeune, prometteur, du Parti conservateur, et que c’est intéressant aussi bien pour lui, que pour nous, de nous rencontrer.
"Pour Clinton, c’est la même chose. Il est venu en 1991, deux ans avant son élection, parce que nos amis démocrates nous avaient dit que c’était un garçon intéressant et sympathique. À l’époque, quand il nous a dit qu’il voulait devenir président des États-Unis, on a tous cru qu’il était dingue.
"Nous invitons deux catégories de personnel politique : ceux qui sont au pouvoir, dont nous aimerions bien connaître leur avis sur les sujets que nous traitons, et ceux qui nous paraissent appartenir à des générations montantes.
« C’est par exemple le cas de Manuel Valls qui nous a paru intéressant en tant que socialiste français ouvert. On n’est pas là pour faire sa promotion, mais il n’est pas exclu que ça lui soit utile et que ça lui ouvre aussi les yeux sur certains points. Ensuite, certains de nos invités ont un destin, mais ce n’est pas de notre fait. Je crois plus à notre vision. »

Source : Reporterre et Bruno Fay, « Complocratie » (édition du Moment, 2011), p. 206-207.

Ça montre que Bilderberg a du nez.

Qui sait ? Ils inviteront peut-être Instit, un de ces jours, en tant que membre d’une génération mentante ? JR

Ça montre que Bilderberg a du nez.

Qui sait ? Ils inviteront peut-être Instit, un de ces jours, en tant que membre d’une génération mentante ? JR


Jacques, vous dites le vrai, Bilderberg est constitué de générations mentantes. Ne comptons pas sur eux pour savoir la vérité.
Continuez à dire la vérité et à agir comme un agent double, ne faites pas le modeste, vous pourriez y pistonner Instit. :smiley:

En tout cas, la politique de la France ne se décide plus en France.

Et ce système a l’air de plaire à tous les collabos.

En tout cas, la politique de la France ne se décide plus en France.

Et ce système a l’air de plaire à tous les collabos.


Tout à fait, Instit.

Jacques, votre cynisme est une marque de reconnaissance de l’influence majeure des réunions Bilderberg sur la politique de la « construction » européenne et du peu d’influence des citoyens des différents pays sur celle-ci. Toutes vos admonestations en faveur du vote aux élections UE, de la « démocratisation » de l’UE étaient donc surjouées de votre part, si je souhaite m’exprimer de manière soutenue, en français courant, nous pourrions dire que c’était de l’enfumage. Merci de l’avoir confirmé.

L’utilité des notions d’indépendance nationale et de souveraineté populaire ne doit pas être balayée par les mensonges quotidiens des médias aux ordres.

Retrouvons notre indépendance et notre souveraineté populaire ; USA, UE/OTAN : dégagez !

SORTONS DE L’EURO !

Plusieurs responsables d’organisations politiques progressistes européennes se prononcent pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne
Assise (Italie), le 23 août 2014.
La Coordination nationale de la gauche italienne contre l’euro a tenu son « Forum européen de 2014 » à Assise (Italie) du 20 au 24 août 2014 qui a rassemblé un grand nombre de participants, notamment des pays de l’Union européenne mais aussi d’Ukraine et de Russie. À cette occasion des dirigeants de plusieurs organisations politiques progressistes de l’Union européenne ont adopté une déclaration se prononçant pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Dans tous les pays de l’Union européenne et particulièrement dans la zone euro, de violentes politiques antisociales sont menées avec acharnement par l’Union européenne et les gouvernements qui en sont membres : baisse massive des dépenses publiques sociales, déflation salariale par le blocage des salaires, baisse des cotisations sociales patronales, subventions injustifiées aux grandes entreprises supposées créer les emplois, privatisations, démantèlement des services publics et de la Sécurité sociale, financiarisation de l’économie et des budgets publics… Le résultat est une accélération exponentielle du chômage de masse et de la précarité.

L’origine de cette situation est à rechercher dans les politiques menées par l’Union européenne, entièrement verrouillées par le traité de Lisbonne. Ce dernier repose sur tous les dogmes néolibéraux qui ont pourtant fait la démonstration de leur nuisance pour les intérêts des classes populaires et moyennes. Dans la zone euro les déséquilibres s’aggravent entre pays. L’euro est une arme de destruction massive contre l’emploi. La monnaie unique fonctionne uniquement pour protéger le rendement des capitaux en maintenant de façon permanente et volontaire un taux élevé de chômage. Il existe une « essence » de cette « construction » européenne qui repose sur les valeurs et les intérêts des classes dominantes occidentales : européisme, atlantisme, capitalisme, autoritarisme. Un tel système ne peut pas changer d’essence, il ne peut pas s’améliorer de l’intérieur. Il faut le démanteler et bâtir quelque chose de radicalement nouveau. L’Union européenne est en effet le système le plus sophistiqué au monde qui s’appuie sur la tentative de construire une civilisation par le marché. L’Union européenne est un monstrueux système de domination et d’aliénation des peuples dont il faut s’émanciper.

L’Union européenne est une pièce maîtresse de l’ordre néolibéral mondial, avec ses firmes multinationales géantes, et ses institutions supranationales (OMC, FMI, Banque mondiale, OTAN, UE, OCDE). Ce système possède une caractéristique principale : agir avec persévérance pour dissoudre la souveraineté des peuples à l’échelle des nations. C’est en effet le meilleur moyen de laisser se développer sans limites la domination du grand capital comme en témoigne le TAFTA. Détruire les nations est la garantie pour les classes dominantes que l’on ne puisse pas revenir sur les « réformes » néolibérales. Il ne peut pourtant pas exister de souveraineté populaire sans souveraineté nationale. Par conséquent, faire disparaître la nation c’est faire disparaître la démocratie. C’est supprimer la capacité d’action des peuples à décider de leur avenir. Le soutien de l’Union européenne au régime fascisant de Kiev témoigne de son alignement total sur l’OTAN et l’impérialisme américain.

Des années d’exercice du pouvoir par les partis socialistes, travaillistes ou sociaux-démocrates, dans plusieurs pays de l’Union européenne, permettent désormais de dresser leur bilan. Ce bilan est parfaitement accablant comme on a pu le voir en Grèce, en Espagne, au Portugal, en France… Ces partis sont désormais ouvertement néolibéral, ils n’essayent même plus de faire semblant de vouloir défendre les classes populaires. Ils préparent partout le terrain pour des gouvernements de grande coalition à l’allemande (un gouvernement réunissant gauche et droite), comme l’Union européenne le met en œuvre déjà en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Italie. Si le clivage opposant les classes dominantes aux classes populaires s’avive d’année en année, celui entre la gauche et la droite devient de plus en plus flou. Rien d’essentiel ne sépare la gauche de la droite dans de nombreux pays. Ces forces créent le contexte politique qui construit et amplifie la progression de l’extrême droite, elles permettent l’assimilation progressive de la nation avec sa définition essentiellement ethnoculturelle de l’extrême droite. Alors que pour nous la nation est strictement constitutionnelle et politique. Laisser ce concept politique central aux partisans de la définition identitaire de la nation comme l’extrême droite, est donc gravement irresponsable, et signe le fait que tous ces partis abandonnent le principal, les conditions même d’existence de la politique et de la démocratie.

La montée des partis d’extrême droite au sein des pays membres de l’UE a pour cause principale les politiques d’austérité pour les classes populaires et moyennes qui jettent les peuples dans la misère et en concurrence. L’extrême droite peut désormais s’approprier à elle seule l’idée et les symboles de la nation. Et inversement l’idée de nation finit par être assimilée à l’extrême droite. Or l’extrême droite défend une vision étriquée de la nation réduite à sa seule dimension identitaire. Loin d’être antisystème, comme elle le prétend, l’extrême droite est en réalité un agent indirect au service du système et des classes dominantes. Ces partis sont les plus nauséabonds par leur attitude xénophobe, chauvine et hostile aux syndicats et à toutes les organisations qui défendent collectivement les intérêts des classes populaires.

Il est urgent de reconstruire une pensée, une pratique et un programme favorables aux intérêts des classes populaires et des classes moyennes. Les éléments clé, pour nous, sont :

  • La suppression totale du chômage et de la précarité.
  • Des plans de réindustrialisation et de nationalisation des grands secteurs stratégiques de l’industrie et des services.
  • Le démantèlement des marchés financiers.
  • L’annulation et la répudiation de la dette publique.
  • Des mesures protectionnistes nationales dans le cadre universaliste de la charte de La Havane de 1948.
  • Une mutation écologique du mode de production.
  • La sortie des institutions supranationales qui maintiennent l’ordre néolibéral mondial : OTAN, FMI, Banque mondiale, OMC, Union européenne et euro.
    Nous appelons cela la démondialisation. Le cœur de cette stratégie et de ce programme est de revendiquer et d’assumer la nécessité de la reconquête de la souveraineté nationale pour chaque pays. C’est-à-dire la lutte décisive pour conserver à chaque pays ses caractéristiques de société authentiquement politique, où le peuple dispose des moyens juridiques et institutionnels pour décider et mettre en œuvre ce qu’il estime correspondre à l’intérêt général.

Les signataires vont organiser une nouvelle rencontre internationale à l’échelle européenne, encore plus importante. Elle visera à rassembler très largement toutes les forces qui œuvrent pour la défense des intérêts des classes populaires et moyennes, pour la sortie de l’OTAN, de l’Union européenne et de l’euro, pour le plein-emploi.

  • Borotba (Combat) : Sergeï Kirichuk, Ukraine.

  • Committee « Euro exit » (Comité « Sortir de l’euro ») : Wilhelm Langthaler, Albert F. Reiterer, Autriche.

  • Coordinamento nationale sinistra contro l’euro (Coordination nationale contre l’euro) : Moreno Pasquinelli, Italie.

  • Frente Civico (FC – Front civique) : Manolo Monero Pérez, Espagne.

  • Front uni populaire (EPAM) : Antonis Raskousis, Grèce.

  • Initiative e.V. Duisburg : Thomas Zmrzly, Allemagne.

  • Left Co-March, Kostas Kostopoulos, Grèce.

  • Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP) : Jacques Nikonoff, Joël Périchaud, France.

  • Plan B : Nasia Pliakogianni, Grèce.

    La page web du texte en français, cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3834

    Pour imprimer ou lire la déclaration en allemand, cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3835

    Pour imprimer ou lire la déclaration en anglais, cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3836

    Pour imprimer ou lire la déclaration en espagnol, cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3837

    Pour imprimer ou lire la déclaration en italien, cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3838

    Pour imprimer ou lire la déclaration en grec, cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3839

Pourquoi Washington a toujours réussi à imposer aux Européens ce que Washington voulait ?


Illustration : Lorenzaccio et le duc d’après Alfred de Musset

La réponse selon l’ancien sous-secrétaire d’État au Trésor du Président Ronald Reagan, Paul Craig Roberts :

Lors de mon doctorat, mon directeur de thèse, qui est devenu un haut fonctionnaire du Pentagone assigné à la tâche de mettre un terme à la guerre du Vietnam, en réponse à ma question sur la façon dont Washington a toujours réussi à imposer aux Européens ce que Washington voulait m’a répondu : “l’argent, nous leur donnons de l’argent” “L’aide étrangère” ai-je demandé ? “Non, nous donnons aux dirigeants politiques européens des valises pleines d’argent (“bag fulls of money”)”. Ils sont à vendre, nous les avons achetés.
Traduction : http://www.mondialisation.ca/avertissement-au-monde-washington-et-ses-vassaux-de-lotan-et-de-lue-sont-devenus-fous/5400122

Source : Warning to the World: Washington and its NATO & EU Vassals are Insane — Paul Craig Roberts |


Venant d’un sous-secrétaire d’un président américain et vu les politiques menées par le PS et l’UMP, cela me semble crédible. D’autant plus qu’il est notoire que dans les années 1950 les États-unis ont largement financé la Démocratie Chrétienne italienne alors sous la direction d’Alcide De Gasperi pour faire face au Parti Communiste Italien.

The CIA, by its own admission, gave $1 million to Italian « center parties ». La CIA a admis qu’elle avait donné 1 million de dollars aux partis du centre italiens.

Sources de cette dernière phrase :

1] [size=9][b]https://en.wikipedia.org/wiki/Italian_general_election,_1948#Superpower_influence[/b][/size]

2] [size=9][b]http://williamblum.org/chapters/killing-hope/italy[/b][/size]

3] CIA memorandum to the Forty Committee (National Security Council), presented to the Select Committee on Intelligence, United States House of Representatives (the Pike Committee) during closed hearings held in 1975. The bulk of the committee’s report which contained this memorandum was leaked to the press in February 1976 and first appeared in book form as CIA – The Pike Report (Nottingham, England, 1977). The memorandum appears on pp. 204-5 of this book.

Le mémorandum de la CIA au Comité des 40 ( Le Conseil National de Sécurité ) a été présenté à huis clos en 1975 à la Commission Pike ( le Commission sur le renseignement de la Chambre des représentants des États-Unis d’Amérique). La majeure partie du rapport de la Commission a transpirée dans la presse en février 1976 et a été publiée en Angleterre à Nottingham sous le titre : « CIA – Le rapport Pike ». Le mémorandum est repris dans les pages 204 et 205 de ce livre.

Nous ne pouvons pas faire confiance aux partis politiques vu leur talon d’Achille : leurs financements. Nos représentants doivent être tirés au sort avec les méthodes appropriés qui en corrigent les défauts.