32 Sortir de l'Union Européenne

Mercredi 24 septembre 2014 :

L’économiste Bernard Maris est professeur des universités à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII. Il est membre du conseil général de la Banque de France.

Alors qu’il était pour la monnaie unique depuis 25 ans, il a changé d’avis : maintenant, il est pour la sortie de l’euro.

Bernard Maris écrit cet article fondamental :

« L’autre politique économique, ou comment échapper aux Chinois.

Sortir de l’euro permettrait de retarder la conquête de notre marché du travail par la Chine.

Existe-t-il un autre modèle que le modèle Valls – Fillon – Juppé – Sarkozy ? Oui, il y en a un, et un seul. C’est le modèle macroéconomique fondé sur une sortie totale ou partielle de la zone euro. Autrement dit, et je pèse mes mots, si on ne sort pas partiellement ou totalement de la zone euro, la seule politique macroéconomique possible est celle de Valls-et-les-autres.

– Si l’on garde l’euro, le seul moyen de ne pas crever face à la politique menée par l’Allemagne est de mener une politique de contre-offensive en vendant nos produits faits par nos petites mains, travaillant plus dur et plus longtemps pour des salaires plus faibles. A cette seule condition, on peut espérer tenir sur le radeau. Combien de temps ? Un demi-siècle environ. Après, toute la technologie sera passée aux Indiens et aux Chinois, qui deviendront nos employeurs.

– Une sortie totale ou partielle de la zone euro permettrait à l’économie française de se redresser plus rapidement, avec un coût inférieur en termes de pouvoir d’achat et de souffrance sociale. On gagnerait 25 ans environ par rapport au plan Juppé-Valls. Une génération de gagnée. Une cohésion sociale plus forte, pour envisager l’avenir (les conditions de travail offertes par nos futurs employeurs, les Chinois et les Indiens ; les conditions de rivalité de nos anciens amis – les Espagnols, les Allemands, etc, à qui nous aurions damé le pion).

Je ne vais pas exposer à nouveau les conditions d’une sortie intelligente et raisonnée de l’euro, négociée avec nos partenaires de la zone.

On aura beau dire que, français ou étranger, un patron est d’abord un patron, et que son capital comme son âme, par définition, sont mondialistes ou apatrides ou internationaux, un gouvernement français dominé par des patrons étrangers serait totalement soumis, muselé, sans aucun pouvoir.

Un gouvernement français dominé par des patrons français aurait plus d’autonomie parce qu’il pourrait négocier ses prébendes, fiefs, affermages contre quelques avantages sociaux relevant du modèle dit « français ». Or, pour pouvoir négocier ces fiefs, affermages (ainsi les concessions des autoroutes honteusement refilées par Villepin), il faut au moins être propriétaire du bien public fondamental qu’est l’argent.

Donc il faut sortir partiellement ou totalement de l’euro. Pourquoi l’euro ? Pour l’Europe fédérale. Qui veut de l’Europe fédérale ? Hollande et Bayrou. C’est peu. L’Allemagne ne veut pas d’Europe fédérale, ni l’Espagne, ni l’Italie, ni personne. Peut-être la Belgique et le Luxembourg, mais certainement pas le Royaume-Uni, la Pologne ou l’Irlande. Ou l’Italie. Ciao l’euro, et vraiment pas de regret !

(Charlie Hebdo, mercredi 24 septembre 2014, page 6)

Vous êtes sur pour le poste dans le conseil général de la BDF?
N’avoir pour vision qu’un gouvernement français dominés par les patrons français est fade.

Oui, j’en suis sûr : il est en poste au conseil général de la BDF.

Quant à sa vision, il est devenu lucide sur les rapports de force en France.

Très lucide, et très réaliste.

Et même extra lucide, un véritable Nostradamus. Il n’est pas sérieux de fonder une réflexion politique sur des pronostiques aléatoires, des prédictions, encore un qui connait le sens de l’histoire, presque un prophète.
Parlons plutôt du droit des gens, de morale et de principes.
Mais Maris est keynésien, politicard quoi.

C’est fini.

Ils n’y croient plus.

Les européistes commencent à comprendre que l’Union Européenne n’est pas viable.

Les européistes commencent à comprendre que l’Union Européenne va bientôt mourir.

Les deux derniers exemples :

Mercredi 24 septembre, un européiste de gauche, l’économiste Bernard Maris, écrivait dans Charlie Hebdo qu’il fallait maintenant sortir de l’euro. Bernard Maris est professeur des universités à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII. Il est membre du conseil général de la Banque de France.

Vendredi 26 septembre, un européiste de droite, l’économiste Eric Le Boucher, écrit dans Les Echos que l’Europe est en train de mourir.

A gauche et aussi à droite, le vent tourne.

Les européistes commencent à comprendre que la construction européenne est une expérience qui a complètement foiré.

Le seul résultat politique de la construction européenne, c’est le retour des nationalismes d’extrême-droite partout en Europe, et la montée des forces centrifuges.

Les égoïsmes nationaux, les fureurs populaires et les passions nationalistes vont faire mourir l’Europe.

L’agonie de l’Europe a commencé.

Lisez cet article :

L’Europe est en train de mourir, surtout ne faites rien.

Méthode Coué. JR

En réalité, c’est exactement le contraire.

En réalité, c’est la construction européenne qui repose sur la méthode Coué.

Les européistes utilisent la méthode Coué depuis 40 ans : ils répètent, ils répètent encore, ils répètent toujours : « La solidarité européenne existe ! La solidarité européenne existe ! La solidarité européenne existe ! »

Malheureusement pour les européistes, leur méthode Coué ne fonctionne pas dans le monde réel.

La solidarité européenne, ça n’existe pas.

La solidarité existe dans le cadre d’un couple, dans le cadre familial, dans le cadre amical, dans le cadre d’un quartier, dans le cadre d’un village, dans le cadre d’une ville, dans le cadre municipal, dans le cadre cantonal, dans le cadre départemental, dans le cadre régional, dans le cadre national, mais la solidarité n’existe pas au-delà du cadre national.

Il n’existe pas de sentiment de solidarité à l’échelle de l’Europe.

L’exemple le plus tragique est ce qui arrive à la Grèce depuis 2009 : les pays européens riches ont refusé de DONNER de l’argent à la Grèce depuis 2009.

Mais en revanche les pays européens riches ont PRETE des dizaines de milliards d’euros à la Grèce, et ils lui ont imposé des “réformes” qui ont détruit la Grèce.

Ce que les pays européens riches font subir à la Grèce depuis 2009 est un scandale insupportable.

Cela confirme encore une fois que la soi-disant « solidarité européenne », ça n’existe que dans les belles paroles, dans les belles phrases, dans les beaux discours. Mais au moment de DONNER de l’argent, il n’y a plus personne.

L’Union Européenne va s’effondrer car elle a été construite sur des fondations qui n’existent pas dans le monde réel : il n’existe aucune solidarité à l’échelle d’un continent.

Lisez cet article de l’européiste Eric Le Boucher :

L’Europe est en train de mourir, surtout ne faites rien.

Tous les clignotants économiques montrent que la reprise s’est étouffée. La défiance qui préside désormais aux rapports franco-allemands, ajoutée au conservatisme de la Commission, laisse notre continent sans solution.

Il n’y a pas que l’organisation de l’Etat islamique qui entend détruire la civilisation européenne démocratique, laïque, infidèle. Il y a les responsables européens eux-mêmes qui laissent s’installer la stagnation et le chômage de masse. Leur immobilisme fait le lit du rejet. L’appauvrissement et la déception conduisent au nationalisme, qui conduira à la disparition de l’idée d’une communauté européenne, laquelle laissera les Etats humanistes, séparés, petits, désarmés, proies faciles.

Tous les clignotants économiques montrent, avec clarté, que la reprise s’est étouffée. La croissance de la zone euro atteindra 0,8 % cette année et 1,1 % en 2015, selon l’OCDE, mais tous les indicateurs avancés laissent penser que c’est un scénario bien trop optimiste. L’Italie est retombée en récession, la France en stagnation et l’Allemagne, qui croyait s’en sortir de son côté, voit les freins se serrer. Notre voisin, malgré les réformes Schröder, souffre gravement d’une population vieillissante, d’une productivité trop faible, d’infrastructures abîmées, d’un coût de l’énergie prohibitif, d’une spécialisation industrielle aujourd’hui favorable, face à ses concurrents européens, mais demain de plus en plus défavorable, face aux ambitions de la Chine dans les transports et la mécanique. La croissance « potentielle » de l’Allemagne, 0,4 %, est inférieure à celle de la France, 0,8 % (1).

Et rien ne se passe. L’Europe, cent ans après, replonge dans une stérile guerre de tranchées. Idéologique cette fois. La visite de Manuel Valls à Berlin a mis en lumière l’opposition des deux camps, celui de l’offre et celui de la demande. Les Allemands, leurs alliés et l’ancienne Commission de Bruxelles n’entendent rien que les « réformes structurelles ». Ils veulent que tous les pays membres fassent du Schröder, coupent dans les dépenses et les coûts salariaux pour redonner de l’élan au secteur privé. En face, Français et Italiens, épaulés par les Américains, le FMI et tutti quanti, plaident que la conjoncture prime. Ils s’appuient sur Keynes pour dire que les réformes structurelles ont des effets récessifs et que, bref, ce n’est pas le moment. La meilleure chose que Berlin et Bruxelles puissent faire est de « relancer », investir chez eux, dépenser, grossir les salaires et la consommation. La croissance européenne aura meilleur souffle, on pourra commencer les réformes.

Ce dialogue de sourds pousse chaque camp à faire le minimum et à accuser l’autre. La croissance, dans ces conditions, n’est pas près de repartir. La guerre de tranchées idéologique a mené à l’enlisement européen.

Les torts sont partagés. Les Français sont les premiers coupables pour avoir choisi, il y a quarante ans, un mode de croissance payé par la dette et pour rester réticents à remettre cette facilité politique et sociale en cause. Comme le dit cocassement Xavier Fontanet (2), jamais Keynes n’aurait recommandé de faire de la relance pendant quarante ans ! Et pourtant, si.

Depuis la crise du pétrole de 1973, la France se retranche derrière « la conjoncture trop faible » pour ne jamais engager ses réformes. Manuels Valls continue dans les traces de ses prédécesseurs, il laisse filer le déficit, confirmant nos voisins dans leur attentisme. Il y aurait en France des économies budgétaires et de vastes réformes « non récessives » à engager : subventions, formation permanente, libéralisations, horaires de travail, droit du travail (3).

La France est surtout coupable de ne pas avoir de « proposition offensive » pour une grande sortie par le haut de la crise actuelle. C’est à la France de bâtir un plan de reconstruction d’ensemble économique et politique.

L’Allemagne est coupable, depuis 2008, de toujours traîner les pieds, pour sauver la Grèce, pour sauver les banques, pour faire l’union bancaire, pour tout. Notre voisin voit tellement Keynes comme source d’inflation (avec Hitler au bout), qu’elle fait, à tort, obstacle à toute réflexion sur la « demande ». Conséquence : Mme Merkel finit par céder, mais mal et toujours trop tard.

Il serait temps d’écouter Mario Draghi : l’Europe souffre des deux, et d’une offre non compétitive et d’une demande atrophiée. Pourquoi le dialogue franco-allemand ne parvient-il pas à s’ouvrir sur cette base ? Parce que la défiance préside désormais aux rapports franco-allemands, durcis en blocs accumulés depuis le funeste traité de Nice, de l’époque Chirac-Jospin- Schröder. Il serait temps de voir le péril de la stagnation venir, de le crier et de retrouver une ambition qui combatte l’euroscepticisme avec des mesures concrètes (4).

Le troisième coupable est Bruxelles. La Commission s’est soumise aux ordres des gouvernements, qui, depuis Nice, la veulent sans pouvoir. Elle n’a rien proposé lors de la crise, elle a manqué d’idées et de force. La nouvelle équipe peut-elle surmonter les obstacles institutionnels et retrouver un élan ? Il suffirait de se mettre dans les traces de Mario Draghi, qui innove et qui sait avancer sans que les Allemands le bloquent. Jean-Claude Junker parle d’un programme de 300 milliards d’investissement, mais les instruments se dérobent. La Banque européenne d’investissement, convoquée, répond qu’elle craint pour son triple A !

Mme Merkel n’affronte pas son opinion, tentée par l’isolationnisme, M. Hollande n’affronte pas son parti enfermé par l’obscurantisme, Bruxelles s’empêtre dans la médiocrité des petits pouvoirs de bureau, la BEI regarde sa note… L’Europe se meurt.

Notes :

(1) Patrick Artus, « Flash », 16 septembre, Natixis.
(2) « Pourquoi pas nous ? » Fayard.
(3) Agnès Bénassy-Quéré, « Les Echos », 24 septembre.
(4) « Pour une Communauté politique de l’euro », Groupe Eiffel Europe.

Milos Zeman (président de la République tchèque) : « Nous voulons adhérer à l’euro, même si les Tchèques y sont hostiles »

Le président de la République Tchèque Milos Zeman explique : « Le principal objectif est désormais l’adhésion à l’euro. Franchement, la grande majorité des Tchèques est hostile à cette perspective. C’est la peur de l’inconnu. Mais je pense qu’on a besoin de l’euro, d’une harmonisation des impôts et d’une politique budgétaire commune. »

Milos Zeman est coincé.

François Hollande est coincé.

De la même façon, Nicolas Sarkozy était coincé en 2008, quand il n’a pas soumis le traité de Lisbonne à un référendum.

Tous ces européistes sont coincés.

Aujourd’hui, les européistes n’ont plus que deux possibilités :

1- Première possibilité : la démocratie.

Les européistes acceptent la démocratie, ils acceptent de consulter les peuples, ils acceptent d’organiser des référendums sur les traités européens, par exemple sur le traité de Lisbonne, par exemple sur le traité transatlantique, etc.
MALHEUREUSEMENT POUR EUX, ces référendums donneront la victoire du “non”. Les peuples européens voteront “non”. Et l’Union Européenne explosera.

2- Seconde possibilité : l’évolution progressive, petit à petit, vers la dictature.

Les européistes continuent à construire leur Europe, mais sans consulter les peuples. Ils n’organisent plus du tout de référendum sur les traités européens. Ils n’organisent plus du tout de référendum sur la construction européenne. Ils continuent la construction européenne, mais sans les peuples.
MALHEUREUSEMENT POUR NOUS, la construction européenne continuera. L’Union Européenne survivra, mais elle deviendra de plus en plus anti-démocratique. Elle se transformera petit à petit en dictature, mais elle survivra encore plusieurs années. De toute façon, à plus long terme, le résultat sera le même. A plus long terme, l’Union Européenne s’effondrera, comme toutes les constructions supranationales.

Alors ?
Les européistes vont choisir laquelle de ces deux possibilités ?
Le suspens est insoutenable.

Aucune des deux.

Les européistes, s’ils suivent mon avis, progresseront vers un système pleinement démocratique. JR

Tu parles, Charles !

Moi, ça fait 40 ans que j’entends les européistes répéter : « Et maintenant, nous allons construire une Europe plus démocratique ! Et maintenant, nous allons construire une Europe plus démocratique ! Et maintenant, nous allons construire une Europe plus démocratique ! Et maintenant, nous allons construire une Europe plus démocratique ! »

Et dans la réalité, c’est exactement le contraire : en 2008, les européistes n’ont même pas osé soumettre le traité de Lisbonne à référendum !

Les européistes ont parfaitement compris ce qui s’est passé le 29 mai 2005 (référendum en France : le résultat a été la victoire du « non ») et aussi ce qui s’est passé le 1er juin 2005 (référendum aux Pays-Bas : le résultat a été la victoire du « non ») : depuis ces deux référendums de 2005, les européistes ont compris qu’ils ne devaient plus soumettre à référendum les traités européens, sinon leur Europe explosera.

Et donc, depuis 2005, la construction européenne continue, sans référendum, sans consulter les 28 peuples européens.

La construction européenne est anti-démocratique.

Merci beaucoup Instit.

Comment prépare-t-on l’opinion en Ukraine pour qu’elle adhère à l’Union Européenne

Juste 2 faits parmi tant d’autres :

1] Victoria Nuland, la sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis pour les affaires européennes et eurasiennes a déclaré le 13 décembre 2013 dans une réunion “Ukraine in Washington 2013″ aux dirigeants d’entreprises ukrainiennes que le gouvernement américain avait investi 5 milliards de dollars de soutien de leurs « aspirations européennes ».

Un autre extrait de ses déclarations : «We continue to support the aspirations of the Ukrainian people to achieve a prosperous European democracy. European integration is the surest course to economic growth and strengthening Ukraine’s democracy»
«Nous continuons de soutenir les aspirations du peuple ukrainien pour atteindre une démocratie européenne prospère. L’intégration européenne est le cours le plus sûr pour la croissance économique et le renforcement de la démocratie ukrainienne. »

2] L’émission de la télévision ukrainienne Орел и решка. Неизведанная Европа c’est-à-dire « Pile ou face, l’Europe inexplorée » ment effrontément sur la situation des différents pays de l’UE, elle fait croire que tous les bordelais sont millionnaires.
Plus de détail sur le site :

En résumé, on montre un tableau idyllique faisant croire qu’il s’agit de la normalité française, on y rajoute des imaginaires « valeurs européennes » et de la légèreté. Quoi de mieux pour donner aux téléspectateurs l’envie d’intégrer l’union européenne ? Les ukrainiens n’ont donc pas assez envie d’intégrer l’UE il faut mentir à tour de bras pour influer sur l’opinion publique ?

3] Commentaire :
[bgcolor=#FFFF99]La construction européenne depuis le départ est construite par les Américains de manière détournée et par des moyens officieux par la propagande, le mensonge et la dissimulation. Le but réel n’est pas la démocratie, mais de construire un bloc géo-politique allié des États-Unis. Parler de démocratisation d’un bloc géo-politique n’a tout simplement aucun sens.[/bgcolor]

Juger des situations passées en se référant aux données du présent fait tomber dans le révisionnisme.

Le commentaire de Gilles dans son 1992 rejoint ceux d’Asselineau sur les origines de la construction européenne. Tous les deux pèchent par anachronisme.

Il est tout à fait vrai que la création du Marché commun tient beaucoup à l’Amérique et que beaucoup d’européistes de l’époque étaient pro-Américains. Mais l’Amérique d’alors n’était pas l’Amérique d’aujourd’hui : elle venait, avec les Soviétiques, de remporter la victoire sur la menace immonde du nazisme et elle servait de rempart contre la menace très présente du stalinisme conquérant.

Les circonstances ont changé : l’Europe a pris de la personnalité et de la bouteille ; ses intérêts divergent de plus en plus de ceux des ÉUA. Reste que dans les années 1950 tout le monde ou presque en Europe occidentale était pro-Américain, et cela, je n’ai pas peur de le dire à juste titre : reconnaissance du ventre, et aussi du cœur.

Il ne faut pas oublier ce que les ÉUA ont objectivement fait alors (quelles qu’aient été leurs motivations) pour le monde et pour la France. Ce n’est pas parce que Robert Schuman et Jean Monnet étaient pro-Américains qu’on doit condamner la construction européenne.

Asselineau (j’aime souvent son discours par ailleurs) et Gilles commettent donc une erreur d’interprétation majeure par amalgame en reprochant à l’UE ses origines américaines et aux fondateurs de la Communauté européenne leurs sympathies proaméricaines.

Quant à sortir de l’UE, ce serait une folie. Asselineau dit que si nous en sortions rien ne nous empêcherait de nous entendre avec les pays voisins. Mais justement c’est à ça que sert l’UE, s’entendre avec les pays voisins ; alors, pourquoi en sortir ?

Il faut réformer l’Union pour aboutir (dans une dizaine d’années ou plus tard) à un projet qui sera soumis partout au référendum, ce qui suppose un grand débat public dans tous les pays de l’Union. Il y aura lieu de prévoir le retrait automatique de l’État membre concerné en cas de réponse négative de sa population. Si ces conditions sont remplies, je pense que très peu de peuples européens répondront Non : mais même si l’UE se réduisait à une minorité de ses membres actuels et devait s’accommoder de la discontinuité territoriale, ce serait l’occasion d’un bon recommencement.

La logique voudrait qu’on commence par s’entendre sur une vraie constitution confédérale pour remplacer les textes intergouvernementaux en vigueur, qui ont fait leur temps. Dommage que Valéry Giscard d’Estaing ait raté le coche en 2005, à cause des juristes de Bruxelles, qui ont imposé la reprise de tous les textes intergouvernementaux : on aurait pu arriver à un texte acceptable pour tous les peuples.

1789PLUS a présenté un avant-projet de constitution confédérale sous http://1789plus.wordpress.com/2014/05/03/avant-projet-de-constitution-de-la-confdration-europenne-par-1789plus/. Ce projet est beaucoup plus court et clair que les textes en vigueur. Pourtant, à la réflexion, il est à réviser de fond en comble pour en faire un vrai projet de constitution de la Confédération européenne démocratique encore plus court et accessible à tous les citoyens européens. Autre projet de longue haleine. JR

Mais Jacques Roman est encore dans le monde des rêves.

Depuis les référendums du 29 mai 2005 en France et du 1er juin 2005 aux Pays-Bas, il n’y a plus de référendum, c’est fini, c’est terminé.

Les européistes ont bien compris la leçon : si ils soumettent le traité de Lisbonne, le traité transatlantique, ou n’importe quel traité européen à référendum, les 28 peuples voteront « non » à ce référendum.

C’est pour ça que depuis 2005, nous savons qu’il n’y aura plus de référendum concernant la construction européenne.

Un exemple concret : la République Tchèque va-t-elle organiser un référendum pour demander au peuple tchèque si il veut entrer dans la zone euro ?

Devinez.

La construction européenne est anti-démocratique.

Aucune des deux.

Les européistes, s’ils suivent mon avis, progresseront vers un système pleinement démocratique. JR


Jacques, ils ne suivent ni vos travaux de 1789-PLUS-PLUS ni vos avis, aucune reconnaissance de votre travail de titan, ne désespérez pas, vous savez Don Quichotte était lui aussi injustement méconnu, persévérez, vous aurez le prix Nobel à titre posthume. :stuck_out_tongue:

Depuis les référendums du 29 mai 2005 en France et du 1er juin 2005 aux Pays-Bas, il n'y a plus de référendum, c'est fini, c'est terminé.

Les européistes ont bien compris la leçon : si ils soumettent le traité de Lisbonne, le traité transatlantique, ou n’importe quel traité européen à référendum, les 28 peuples voteront « non » à ce référendum. […]


Faux.

L’Irlande a voté deux fois par référendum sur le traité de Lisbonne, en 2008 et (après modification du traité pour lui faire plaisir) en 2009.

Les européistes ont bien compris la leçon : s'ils soumettent le traité de Lisbonne, le traité transatlantique, ou n'importe quel traité européen à référendum, les 28 peuples voteront "non" à ce référendum. [...]
D'où il suit que l'affirmation ci-dessus est fausse également : 27 peuples et non 28 en ce qui concerne l'Union européenne, puisque l'Irlande s'est déjà prononcée par Oui.

Avec cette erreur grosse comme une maison, comment se fier aux autres affirmations d’Instit ?

Sortons des faits et entrons dans le domaine de la prédiction. Comme d’habitude, Institut y est très sûr de lui.

Contrairement à lui, je pense que si le traité de Lisbonne était soumis maintenant au référendum partout dans l’UE, il y aurait toutes chances pour que les peuples des pays suivants se prononcent très nettement en sa faveur : Belgique, Bulgarie, Chyipre, Estonie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Roumanie. Et plusieurs autres, sinon tous, répondraient sans doute Oui, quoique moins massivement.

Cela dit, je n’ai pas la divination infuse. JR

1- Premier exemple. Le traité de Maastricht. Le 2 juin 1992, par référendum, le peuple danois dit « non » au traité de Maastricht. Que croyez-vous qu’il arriva ?

Réponse :

Le peuple danois fut obligé de revoter une deuxième fois : il y eut un nouveau référendum sur le traité de Maastricht !

2- Deuxième exemple. Le traité de Nice. Le 9 juin 2001, par référendum, le peuple irlandais dit « non » au traité de Nice à 53,87 %. Que croyez-vous qu’il arriva ?

Réponse :

Le peuple irlandais fut obligé de revoter une deuxième fois : il y eut un nouveau référendum sur le traité de Nice !

3- Troisième exemple. Le traité établissant une Constitution européenne. Le 29 mai 2005, le peuple français vote « non » par référendum. Le 1er juin 2005, le peuple néerlandais vote « non » par référendum.

Voyant le résultat des référendums en France et aux Pays-Bas, les fédéralistes décident de suspendre les référendums prévus dans les autres pays ! Les fédéralistes veulent bien consulter les peuples, mais à condition que les peuples votent « oui » ! Si les peuples commencent à voter « non », les fédéralistes suspendent les référendums ! Et ça, ce n’est pas de la démocratie, peut-être ?!

En 2005, quels sont les peuples qui auraient dû être consultés par référendum ?

  • Le peuple danois aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
  • Le peuple irlandais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
  • Le peuple portugais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
  • Le peuple tchèque aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
  • Le peuple anglais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.

4- Quatrième exemple. Le traité de Lisbonne. En réalité, le traité de Lisbonne reprend 98 % du texte de la Constitution européenne, mais la grande différence est que, cette fois-ci, le traité de Lisbonne N’est PAS soumis à référendum !

Le traité de Lisbonne est adopté par les parlements des Etats européens.

Une seule exception : le peuple irlandais est consulté par référendum. Le 12 juin 2008, le peuple irlandais vote « non » au traité de Lisbonne.

Que croyez-vous qu’il arriva ?

Comme d’habitude, on a refait voter le peuple irlandais une deuxième fois !

Conclusion :

La construction européenne est anti-démocratique. L’Union Européenne est anti-démocratique. Elle doit être détruite.

Embarrassant, Instit, mon message 1996, pas vrai ?

Et surtout, quand on a fait une erreur, ne pas la reconnaître : principe sacré pour certains. JR

Je fais redescendre Jacques Roman de son monde merveilleux des bisounours européistes.

Je ramène Jacques Roman dans le monde réel :

DEPUIS LES REFERENDUMS FRANCAIS ET NEERLANDAIS DE 2005, LES EUROPEISTES N’ONT PLUS DU TOUT ORGANISE DE REFERENDUM SUR LA CONSTRUCTION EUROPEENNE.

(Une seule exception : en Irlande, la constitution irlandaise impose de consulter le peuple irlandais par référendum : il y a donc eu un référendum en Irlande sur le traité de Lisbonne en 2008, le peuple a voté « non », et, comme d’habitude, les européistes ont fait revoter les Irlandais une deuxième fois ! ! !)

Cette absence de référendum depuis 2005 est la preuve que les européistes ne veulent plus consulter les peuples sur la construction européenne.

Les européistes ont peur des peuples.

Les européistes ont peur de demander leur avis aux peuples.

Si les européistes n’avaient pas peur de la réponse des peuples, ils auraient organisé des référendums dans tous les pays de l’Union Européenne depuis 2005.

Or ils NE le font PAS.

Tu m’étonnes !

Errare humanum est, perseverare diabolicum. JR