32 Sortir de l'Union Européenne

Jacques Roman écrit cette phrase ahurissante : « je pense que si le traité de Lisbonne était soumis maintenant au référendum partout dans l’UE, il y aurait toutes chances pour que les peuples des pays suivants se prononcent très nettement en sa faveur : Belgique, Bulgarie, Chyipre, Estonie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Roumanie. »

J’éclate de rire !

Décidément, Jacques Roman vit dans le monde merveilleux des petits bisounours !

Décidément, Jacques Roman a complètement perdu le contact avec le monde réel !

Bon.

J’essaie d’aider Jacques Roman.

Je fais redescendre Jacques Roman de son monde merveilleux des bisounours européistes.

Je ramène Jacques Roman dans le monde réel :

Dernier exemple en date : la Lettonie.

Lisez ces articles concernant la Lettonie et son entrée dans la zone euro :

Lundi 8 juillet 2013 :

La Lettonie refuse à son peuple un référendum sur l’adhésion à l’euro.

Selon un sondage réalisé en Lettonie, 20 % des Lettons sont favorables au passage à l’euro, et 60 % des Lettons sont opposés au passage à l’euro.

Vendredi 27 décembre 2013 :

60% des Lettons ne se réjouissent pas du passage à l’euro de leur pays le 1er janvier prochain.

Dans quelques jours, et après l’Estonie en 2011, la zone euro accueillera un 18ème membre : la Lettonie. Mais selon les sondages, l’adoption de l’euro le 1er janvier prochain ne réjouit guère le peuple letton. Le passage à la monnaie unique n’en réjouit qu’un cinquième, tandis que 60% des deux millions de personnes qui composent la population y sont opposés.

Conclusion :

  • En Lettonie, les sondages montraient qu’environ 60 % des Lettons NE voulaient PAS rejoindre la zone euro.

  • Les européistes savaient que, si ils organisaient un référendum pour consulter le peuple letton sur l’entrée dans la zone euro, la réponse aurait été “non”.

  • ET DONC il n’y a pas eu de référendum en Lettonie concernant le passage à l’euro.

  • La construction européenne est anti-démocratique. Mais ça, on le savait déjà.

Confondre l’appartenance à l’Eurozone et l’appartenance à l’Union européenne, c’est d’une grande ignorance ou d’une grande mauvaise foi : je penche pour la deuxième hypothèse. JR

Mais il N’y a PAS eu de référendum en Lettonie pour consulter le peuple letton sur l’entrée dans la zone euro !

Et ça, c’est un fait, un fait qui s’est produit réellement, dans le monde réel.

Et ça, ce n’est pas des phrases ridicules de Jacques Roman du type : « je pense que si le traité de Lisbonne était soumis maintenant au référendum partout dans l’UE, il y aurait toutes chances pour que les peuples des pays suivants se prononcent très nettement en sa faveur : Belgique, Bulgarie, Chyipre, Estonie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Roumanie. »

Vous ne vous rendez même pas compte du caractère ridicule de ce que vous écrivez.

L’absence de référendum pour consulter le peuple letton est tout simplement un fait, une preuve supplémentaire du caractère anti-démocratique de la construction européenne.

Encore un exemple : la Lituanie va-t-elle organiser un référendum pour consulter le peuple lituanien sur l’entrée dans la zone euro ?

A votre avis ?

Après tout, ce serait une magnifique preuve du caractère soi-disant « démocratique » de la construction européenne : on consulte le peuple lituanien par référendum.

DEPUIS LES REFERENDUMS FRANCAIS ET NEERLANDAIS DE 2005, LES EUROPEISTES NE CONSULTENT PAS LES PEUPLES EUROPEENS PAR REFERENDUM, CAR LES EUROPEISTES SAVENT QUE LES PEUPLES REPONDRAIENT « NON ».

(Une seule exception : en Irlande, la constitution irlandaise impose de consulter le peuple irlandais par référendum : il y a donc eu un référendum en Irlande sur le traité de Lisbonne en 2008, le peuple a voté « non », et, comme d’habitude, les européistes ont fait revoter les Irlandais une deuxième fois ! ! !)

Ils sont où, les référendums sur la construction européenne ?

Hein ?

Ils sont où, les référendums sur la construction européenne ?

Réponse :

les européistes n’organisent plus de référendum sur la construction européenne.

Il n’y en a plus, c’est bizarre, hein ?

Jacques Roman, c’est le vieux dinosaure européiste qui écrit les deux phrases les plus hilarantes de l’année 2014 : « je pense que si le traité de Lisbonne était soumis maintenant au référendum partout dans l’UE, il y aurait toutes chances pour que les peuples des pays suivants se prononcent très nettement en sa faveur : Belgique, Bulgarie, Chyipre, Estonie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Roumanie. Et plusieurs autres, sinon tous, répondraient sans doute Oui, quoique moins massivement. »

Ecrire ces deux phrases ahurissantes, c’est d’une grande ignorance ou d’une grande mauvaise foi : je penche pour la deuxième hypothèse.

En fait la dispute entre europeistes et souverainistes m’évoque l’image de deux vautours se disputant la charogne de la souveraineté individuelle.

frigouret, il n’y a pas de souveraineté individuelle (il faut être prêt à le répéter jusqu’à ce que mort s’ensuive !).

La souveraineté est une notion politique forcément collective : tout au plus peut-on dire que chaque individu, en démocratie, est détenteur d’une part de la souveraineté collective – jamais d’'une quelconque souveraineté individuelle.

Votre « souveraineté individuelle » n’est rien d’autre que la liberté de l’individu. Cette liberté est forcément limitée par la liberté des autres individus : elle ne peut donc pas pas être souveraine, puisque par définition la souveraineté n’est limitée par rien. La souveraineté de l’individu, si elle pouvait exister en théorie (en pratique, je pense que nous serons d’accord qu’elle est impossible) serait ipso facto attentatoire à la souveraineté des autres individus : c’est une notion intrinsèquement contradictoire. JR

En fait la dispute entre européistes et souverainistes m'évoque l'image de deux vautours se disputant la charogne de la souveraineté individuelle.
Vous êtes bien bon d'appeler "dispute" un échange dans lequel une partie s'efforce de fournir quelques arguments alors que l'autre en est réduite à évoquer à chaque instant les dinausores JR

« Je ne veux être considéré membre d’aucune société a laquelle je n’ai pas adhéré. »
Thoreau " De la désobéissance civile"

"Je ne veux être considéré membre d'aucune société a laquelle je n'ai pas adhéré." Thoreau " De la désobéissance civile"
Facile : si vous n'adhérez pas à la société, retirez-vous de la société : on ne vous demandera rien.

Je suppose que c’est ce qu’a fait Thoreau ?

Sinon, quelles étaient à votre avis ses raisons de rester membre d’une société à laquelle il n’adhérait pas ? JR

DEPUIS LES REFERENDUMS FRANCAIS ET NEERLANDAIS DE 2005, LES EUROPEISTES NE CONSULTENT PAS LES PEUPLES EUROPEENS PAR REFERENDUM, CAR LES EUROPEISTES SAVENT QUE LES PEUPLES REPONDRAIENT "NON".
Je rappelle que les Irlandais ont voté deux fois, en 2008 et 2009 sur le traité de Lisbonne. La première fois ils avaient voté Non à 53,4 % ; la seconde fois, après modification du traité, ils ont voté Oui à 67,1 % avec un taux de participation nettement plus élevé (58 %) que la première fois. Pour les détails, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_irlandais_sur_le_trait%C3%A9_de_Lisbonne_%282009%29

Il me paraît donc incontestable que la volonté politique du peuple irlandais s’est exprimée avec beaucoup plus decrédibilité lors du second référendum.

Par rapport au traité constitutionnel européen de 2005 (TCE) le traité de Lisbonne offre les principales différences suivantes :

– Il ne se présente plus comme une constitution ;

– Les symboles de l’Union ne sont plus mentionnés ;

– L’ensemble des traités, protocoles, annexes, etc. représente 120 000 mots environ contre 157 000 pour le TCE;

– Les pouvoirs des parlements nationaux sont renforcés (article 12 du nouveau traité sur l’Union européenne (TUE), à comparer avec le protocole 1 annexé au TCE) ;

– La concurrence libre et non faussée ne figure plus parmi les objectifs de l’Union (comparer l’article 3 du TUE avec l’article I-2 du TCE, même si les signataires du traité continuent à lui attacher une grande importance, comme en témoigne le protocole 6 annexé au traité) ;

– La Charte des droits fondamentaux ne figure plus dans le traité lui-même. Au lieu de cela, l’Union (article 6-1 du TUE) « reconnaît les droits, les libertés et les principes énoncés dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne du 7 décembre 2000, telle qu’adaptée le 12 décembre 2007 à Strasbourg, laquelle a la même valeur juridique que les traités », mais des États membres tels que le Royaume-Uni ont obtenu des dérogations;

– La clause relative à la primauté du droit de l’Union par rapport aux droits nationaux, qui figurait dans le TCE, est remplacée par la déclaration nº17 de la Conférence intergouvernementale renvoyant à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union ;

– L’article 14 du traité sur le fonctionnement de l’Union (TFUE) dispose qu’« eu égard à la place qu’occupent les services d’intérêt économique général [= services publics] parmi les valeurs communes de l’Union ainsi qu’au rôle qu’ils jouent dans la promotion de la cohésion sociale et territoriale de l’Union, l’Union et ses États membres, chacun dans les limites de leurs compétences respectives et dans les limites du champ d’application des traités, veillent à ce que ces services fonctionnent sur la base de principes et dans des conditions, notamment économiques et financières, qui leur permettent d’accomplir leurs missions. Le Parlement européen et le Conseil, statuant par voie de règlements conformément à la procédure législative ordinaire, établissent ces principes et fixent ces conditions, sans préjudice de la compétence qu’ont les États membres, dans le respect des traités, de fournir, de faire exécuter et de financer ces services »;

– Il y a automatiquement un commissaire (Commission européenne) par État membre ;

– La grande différence entre le TCE et le traité de Lisbonne, en définitive, est que le traité de Lisbonne est une consolidation des traités UE existants et ne constitutionnalise plus les dispositions qui avaient été incluses dans la partie III du TCE. Comme on s’en souviendra, la constitutionnalisation de ces dispositions de la partie III du TCE faisait la principale cause d’inacceptabilité de ce traité (fausse ou mauvaise constitution) pour Étienne et pour un grand nombre de ceux qui, comme moi, ont voté Non en 2005 tout en étant partisans d’une Union européenne renforcée (mon cas du moins).

Tout cela me fait dire que si le traité de Lisbonne avait été soumis au référendum en France (et aux Pays-Bas) il aurait eu de fortes chances d’être adopté, au moins par les Français. J’ajoute que la morale politique (mais pas la légalité constitutionnelle) imposait indubitablement le passage par le référendum : la non-soumission au référendum n’était ni plus ni moins qu’un expédient politique Si l’on avait à nouveau voté Non, cela aurait eu du moins le mérite de déclencher une réflexion publique approfondie sur une vraie et (à mon avis) nécessaire constitution confédérale européenne beaucoup plus démocratique, tandis que le système en vigueur (mi-chair mi-poisson) est appelé à durer encore 10 ans ou plus. JR

PS : Sept pays (Danemark, Espagne, France, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal) avaient décidé de soumettre le TCE au référendum. En dehors de la France et des Pays-Bas, qui ont répondu Non, deux pays, l’Espagne et le Luxembourg, ont répondu Oui. Les autres n’ont pas tenu de référendum en attendant les résultats de la renégociation. Sur la base du principe « Qui peut le plus peut le moins », on peut justifier l’absence de référendum en Espagne et au Luxembourg pour l’adoption du traité de Lisbonne. Restent donc quatre pays qui avaient le choix d’organiser ou de ne pas organiser un référendum, et il n’y a pas de doute que dans ces quatre pays-là le risque d’un Non a beaucoup joué dans le choix. Je répète qu’à mon avis c’était une erreur politique qu’il faudra se garder de répéter à la prochaine occasion. L’UE doit se démocratiser et abandonner autant que possible la procédure intergouvernementale sauf pour garantir la souveraineté des États dans un cadre confédéral.

L’Irlande est une exception : la constitution de l’Irlande impose de consulter le peuple irlandais par référendum lors d’un traité européen.

Mais dans les autres pays de l’Union Européenne, la constitution NE l’impose PAS.

ET DONC les européistes NE consultent PAS les autres peuples européen depuis 2005.

Depuis les référendums français et néerlandais de 2005, les européistes savent que, si ils consultaient les peuples par référendum au sujet de la construction européenne, les peuples voteraient « non ».

Prenons un exemple concret : l’entrée dans la zone euro.

Prenons trois pays européens : la Letttonie, la Lituanie, la république Tchèque.

1- Si la construction européenne était VRAIMENT démocratique, les européistes demanderaient au peuple Letton par référendum : « Voulez-vous entrer dans la zone euro ? »

Or que se passe-t-il dans le monde réel ?

Le peuple letton était CONTRE l’entrée dans la zone euro (60 % du peuple letton étaient contre selon les sondages réalisés en Lettonie) ET DONC il n’y a pas eu de référendum pour consulter le peuple ! ! ! Le 1er janvier 2014, la Lettonie a rejoint la zone euro ! ! !

Lundi 8 juillet 2013 :

La Lettonie refuse à son peuple un référendum sur l’adhésion à l’euro.

Selon un sondage réalisé en Lettonie, 20 % des Lettons sont favorables au passage à l’euro, et 60 % des Lettons sont opposés au passage à l’euro.

Vendredi 27 décembre 2013 :

60% des Lettons ne se réjouissent pas du passage à l’euro de leur pays le 1er janvier prochain.

Dans quelques jours, et après l’Estonie en 2011, la zone euro accueillera un 18ème membre : la Lettonie. Mais selon les sondages, l’adoption de l’euro le 1er janvier prochain ne réjouit guère le peuple letton. Le passage à la monnaie unique n’en réjouit qu’un cinquième, tandis que 60% des deux millions de personnes qui composent la population y sont opposés.

Deuxième pays : la Lituanie.

En Lituanie aussi, il N’y a PAS de référendum pour consulter le peuple lituanien. Et donc, sans avoir consulté le peuple par référendum, la Lituanie entrera dans la zone euro en 2015 ! ! !

Troisième pays, la république Tchèque.

Quel suspens !

Mais quel suspens !

Les européistes consulteront-ils le peuple tchèque par référendum ? !

A votre avis ? !

Le suspens est insoutenable !

Milos Zeman (Président de la République tchèque) : « Nous voulons adhérer à l’euro, même si les Tchèques y sont hostiles »

Le président de la République Tchèque Milos Zeman explique : « Le principal objectif est désormais l’adhésion à l’euro. Franchement, la grande majorité des Tchèques est hostile à cette perspective. C’est la peur de l’inconnu. Mais je pense qu’on a besoin de l’euro, d’une harmonisation des impôts et d’une politique budgétaire commune. »

Mais Jacques Roman le vieux dinosaure européiste continuera à sauter sur sa chaise en répétant : « Et maintenant, construisons l’Europe démocratique ! Et maintenant, construisons l’Europe démocratique ! Et maintenant, construisons l’Europe démocratique ! »

Jacques Roman est exactement comme les partisans de l’URSS et comme les partisans de la Yougoslavie.

Tous ces vieux dinosaures sont dans le monde des rêves, et non pas dans le monde réel.

Le torrent de l’Histoire les emporte comme des brindilles.

Mais enfin, qu’est-ce que vous avez contre les vieux dinausores ? Ils vous ont marché sur le pied ? JR

"Je ne veux être considéré membre d'aucune société a laquelle je n'ai pas adhéré." Thoreau " De la désobéissance civile"
Facile : si vous n'adhérez pas à la société, retirez-vous de la société : on ne vous demandera rien.

Je suppose que c’est ce qu’a fait Thoreau ?

Sinon, quelles étaient à votre avis ses raisons de rester membre d’une société à laquelle il n’adhérait pas ? JR


Si ça vous intéresse réellement, je vous conseille de lire ses oeuvres, vous aurez une réponse de première main. Si ça ne vous intéresse pas réellement, je conseille quand même de lire ses oeuvres, c’est un très bon écrivain.

Lundi 13 octobre 2014 :

Depuis les référendums en France et aux Pays-Bas (ces deux référendums avaient vu la victoire du « non » en 2005), les européistes savent qu’ils NE peuvent PAS organiser de référendum.

Si les européistes organisent un référendum concernant la construction européenne, les peuples voteront « non ».

Conséquence : les européistes n’organisent plus de référendum.

Depuis 2005, il n’y a plus de référendum.

… mais en Italie, ça pourrait arriver.

Ca se passe en Europe : un référendum pour la sortie de l’euro.

A l’issue de la grande kermesse du «peuple des Grillini» qui s’est tenue à Rome, Beppe Grillo a promis de recueillir un million de signatures en faveur de la sortie de l’euro.

« Il faut sortir de l’euro le plus tôt possible. Nous ne sommes pas encore en situation de défaut, mais les capitaux sont en train de fuir de l’Italie depuis septembre ». Après plusieurs mois de silence radio, le leader du Mouvement Cinque Stelle (M5S), Beppe Grillo, est sorti de sa réserve à l’occasion d’une grande kermesse du «peuple des Grillini» qui a réuni quelque 150.000 personnes selon les services de police (500.000 selon les organisateurs) au Cirque Massimo, à Rome. Un «Woodstock» de trois jours, en plein cœur de la cité éternelle, où il a harangué la foule des militants en promettant de lancer sa campagne visant à recueillir un million de signatures pour son référendum sur la sortie de l’euro. Malgré les objections des constitutionnalistes rappelant que la Constitution interdit d’organiser un référendum en vue d’abroger un traité international, il a promis le dépôt d’une «première loi d’initiative populaire » pour mai 2015.

Qu’il s’agisse de Mario Draghi, le «banquier qui n’a aucun titre pour nous donner des ordres», de Matteo Renzi ou d’Angela Merkel… , le gourou du M5S n’a pas ménagé ses adversaires : les «singes au c… rouge pelé» et les «maçons qui gèrent le pays»… «Nous sommes menacés de défaut de paiement : Matteo, je t’en prie, dépêches toi de faire exploser ce pays pour que nous puissions réaliser ton effet dévastateur. Si vous avez des bons du Trésor, vendez-les au plus vite», a conclu le leader du mouvement populiste. «Regardez-moi : ou nous changeons de cap maintenant ou je me jette par-dessus bord», a même menacé l’ancien comique génois, du haut d’une grue de vingt mètres. Histoire de prendre de la hauteur… Selon les derniers sondages, cinq mois après les élections européennes de mai dernier, le M5S se maintient comme la deuxième force politique du pays derrière le parti démocrate, avec 21% des intentions de vote contre 38,4% pour le parti de Matteo Renzi.

Lundi 13 octobre 2014 :

Depuis les référendums en France et aux Pays-Bas (ces deux référendums avaient vu la victoire du « non » en 2005), les européistes savent qu’ils NE peuvent PAS organiser de référendum.

Si les européistes organisent un référendum concernant la construction européenne, les peuples voteront « non ».

Conséquence : les européistes n’organisent plus de référendum.

Depuis 2005, il n’y a plus de référendum.

… mais en Italie, ça pourrait arriver.

Ca se passe en Europe : un référendum pour la sortie de l’euro.

A l’issue de la grande kermesse du «peuple des Grillini» qui s’est tenue à Rome, Beppe Grillo a promis de recueillir un million de signatures en faveur de la sortie de l’euro.

« Il faut sortir de l’euro le plus tôt possible. Nous ne sommes pas encore en situation de défaut, mais les capitaux sont en train de fuir de l’Italie depuis septembre ». Après plusieurs mois de silence radio, le leader du Mouvement Cinque Stelle (M5S), Beppe Grillo, est sorti de sa réserve à l’occasion d’une grande kermesse du «peuple des Grillini» qui a réuni quelque 150.000 personnes selon les services de police (500.000 selon les organisateurs) au Cirque Massimo, à Rome. Un «Woodstock» de trois jours, en plein cœur de la cité éternelle, où il a harangué la foule des militants en promettant de lancer sa campagne visant à recueillir un million de signatures pour son référendum sur la sortie de l’euro. Malgré les objections des constitutionnalistes rappelant que la Constitution interdit d’organiser un référendum en vue d’abroger un traité international, il a promis le dépôt d’une «première loi d’initiative populaire » pour mai 2015.

Qu’il s’agisse de Mario Draghi, le «banquier qui n’a aucun titre pour nous donner des ordres», de Matteo Renzi ou d’Angela Merkel… , le gourou du M5S n’a pas ménagé ses adversaires : les «singes au c… rouge pelé» et les «maçons qui gèrent le pays»… «Nous sommes menacés de défaut de paiement : Matteo, je t’en prie, dépêches toi de faire exploser ce pays pour que nous puissions réaliser ton effet dévastateur. Si vous avez des bons du Trésor, vendez-les au plus vite», a conclu le leader du mouvement populiste. «Regardez-moi : ou nous changeons de cap maintenant ou je me jette par-dessus bord», a même menacé l’ancien comique génois, du haut d’une grue de vingt mètres. Histoire de prendre de la hauteur… Selon les derniers sondages, cinq mois après les élections européennes de mai dernier, le M5S se maintient comme la deuxième force politique du pays derrière le parti démocrate, avec 21% des intentions de vote contre 38,4% pour le parti de Matteo Renzi.

[align=center]Suspense : À quel genre d’économiste est attribué cette année le prix de la Banque Centrale de Suède en Sciences Économiques ?[/align]

[font=arial][color=#111100][size=9]Bonjour bruno ( Instit), eh bien, la Banque Centrale de Suède a répliqué à Beppe Grillo et aux italiens, allemands, autrichiens, belges, chypriotes, espagnols, estoniens, finlandais, français, grecs, irlandais, lettons, luxembourgeois, maltais, néerlandais, portugais, slovaques et slovènes qui veulent pouvoir reprendre ( même qu’un peu via des représentants élus°) le pouvoir sur leur monnaie et sur les choix politiques et économiques. Ceci en attribuant son prix à l’économiste ultra-libéral et européiste Jean Tirole.

° Sans même parler d’une constituante rédigée par un processus où interviendrait le tirage au sort pour éviter l’oligarchisation des représentants élus[/size][/color][/font]

[font=arial][color=#111100][size=9]Je trouve qu’il tombe bien ce prix de la Banque Centrale de Suède en Sciences Économiques*, au moment où des réformes structurelles du marché du travail en France nous sont très aimablement recommandées par l’Union Européenne, c’est quand même un sacré coup de main de propagande pour nous faire avaler la potion ultra-libérale, anti-salariés et européiste.

[font=arial]Pour ceux qui veulent aller loin et connaître plus avant le genre de travail de Jean Tirole : un billet du blog d’Olivier Berruyer :[/font]
http://www.les-crises.fr/hommage-jean-tirole/

[font=arial][align=center]Reprise d’une traduction du Guardian de 2012 : L’idée selon laquelle l’euro aurait échoué est dangereusement naïve. [/align]

[align=center]L’euro fait exactement ce que le géniteur des principes de l’euro ( et le 1% des plus riches qui en avaient soutenu le principe) avait prévu et planifié qu’il fasse.[/align]

par Greg Palast
The Guardian, 26 Juin 2012

[color=#111100]

Le géniteur des principes de l’euro est l’ex-économiste de l’Université de Chicago : Robert Mundell. Le théoricien de « l’économie de l’offre » est maintenant professeur à l’Université de Columbia, mais je le connaissais à travers son lien avec mon professeur de l’Université de Chicago : Milton Friedman, ceci bien avant la recherche de Mundell sur les devises et taux de change. Ce sont les recherches de Robert Mundell sur les devises et les taux de change qui ont généré le modèle de l’union monétaire européenne et celui de la monnaie unique européenne.

Mundell, alors, était plus préoccupé par ses arrangements de salle de bains. Le professeur Mundell, qui a à la fois un prix Nobel et une ancienne villa en Toscane, m’a dit, exaspéré :

« Ils ne me laisseront même pas avoir un WC. Ils ont des règles qui me disent que je ne peux pas avoir un WC dans cette salle ! Pouvez-vous imaginer cela ? »

Il se trouve que je ne peux pas l’imaginer. Mais comme je n’ai pas une villa italienne, donc je ne peux pas imaginer la frustration due à des règlements régissant le placement des pièces.

[bgcolor=#FFFF99]Mais Mundell, un canado-américain volontaire et obstiné, était résolu à faire une chose: trouver une arme qui pourrait balayer la législation gouvernementale et le droit du travail.[/bgcolor] ( Il détestait vraiment les plombiers syndiqués qui l’avaient empêché de déplacer son trône.)
[bgcolor=#FFFF99]
« Il est très difficile de licencier des travailleurs en Europe », se plaignit-il. Sa contre-attaque : l’euro.[/bgcolor]

[bgcolor=#FFFF99]L’euro fera vraiment son travail quand la crise aura frappé, expliquât alors, Mundell . Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l’utilisation des politiques monétaire et budgétaire keynésiennes par les vilains petits élus pour sortir une nation de la récession.[/bgcolor]

« L’euro mettra la politique monétaire hors de la portée des hommes politiques », a-t-il dit. « Et sans la politique budgétaire, la seule façon pour les nations pour pouvoir conserver des emplois est la surenchère dans réduction des règles du commerce. »

Il citât, alors les lois du travail, les règlements environnementaux et, bien sûr, les taxes et les impôts. Tout cela serait éliminé par l’euro. La démocratie ne serait pas autorisé à interférer avec le marché ( ou avec la plomberie ).

Comme un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman l’avait remarqué, la création de la zone euro violait une observation de base de l’économie concernant les « zones monétaires optimales ». Cette observation pratique avait pourtant été théorisée par Robert Mundell en personne.

[bgcolor=#FFFF99]Pour lui, ce n’était pas une objection qui tienne. Pour Robert Mundell, le but de l’euro n’était pas de faire de l’Europe une puissante unité économique unifiée. Son but était approximativement le même que celui de Reagan et Thatcher : la révolution conservatrice.[/bgcolor]

[bgcolor=#FFFF99]« Ronald Reagan n’aurait pas été élu président sans l’influence de Robert Mundell », a écrit Jude Wanniski dans le Wall Street Journal. L’économie de l’offre mise au point par Mundell est devenu le modèle théorique des Reaganomics, la révolution économique conservatrice - ou comme George Bush Père l’avait appelée : « l’économie vaudou »: la croyance magique en la panacée du libre-marché qui a également inspiré les politiques de Mme Thatcher.[/bgcolor]

Mundell m’a expliqué que, en fait, l’euro est fait d’une pièce avec les Reaganomics :

« La discipline monétaire s’imposera aussi bien que la discipline budgétaire sur les politiciens. »

[bgcolor=#FFFF99]Et quand une crise arrivera, les nations économiquement désarmées n’auront plus comme solution que déréglementer le droit du travail, privatiser les entreprises d’État en masse, réduire les impôts et d’envoyer les États-providence en Europe dans les égouts.[/bgcolor]

Ainsi, nous voyons que le Premier ministre (non élu) Mario Monti exige la « réforme » du droit du travail en Italie pour rendre plus facile le licenciement pour les employeurs comme Mundell voulait le faire pour les plombiers toscans. Mario Draghi, la tête (non élue) de la Banque centrale européenne, appelle à des « réformes structurelles » - un euphémisme pour l’écrasement des protections légales des travailleurs. Tous deux citent la théorie nébuleuse selon laquelle cette « dévaluation interne » à chaque nation devra la rendre plus compétitive. En oubliant soigneusement de préciser que si toutes les nations de l’UE l’appliquent, cette « compétitivité » s’annule et que les seuls qui en profitent dans ce cas, ce sont les employeurs.

[bgcolor=#FFFF99]Monti et Draghi ne peuvent pas expliquer de manière crédible comment, si tous les pays du continent déprécient leur main-d’œuvre, que tous puissent ainsi acquérir un avantage concurrentiel sur les autres. Mais ils n’ont pas à expliquer leurs politiques; ils n’ont qu’à laisser les marchés travailler sur les obligations de chaque nation. Par conséquent, l’union monétaire est la lutte des classes par d’autres moyens.[/bgcolor]

La crise en Europe et les flammes de la Grèce ont produit la lueur chaleureuse de ce que les acolytes du « roi-philosophe » Joseph Schumpeter appelaient la« destruction créatrice ». L’acolyte de Schumpeter et apologiste du libre marché Thomas Friedman s’est rendu à Athènes pour visiter le « sanctuaire impromptu » constitué par la banque incendiée où trois personnes sont mortes après avoir été brûlées par des manifestants anarchistes, et profité de l’occasion pour offrir une homélie sur la mondialisation et « l’irresponsabilité grecque.»

Les incendies, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux, amènerait ce que Friedman a appelé une « régénération » de la Grèce et, en fin de compte, de toute la zone euro. Alors à ce moment-là, Mundell et les autres possesseurs de villas pourront mettre leurs sacrées toilettes partout où ils voudront.

Loin d’échouer, l’euro, qui était le bébé de Mundell, a réussi probablement au-delà rêves les plus fous de son géniteur.
[/color]

[/font]

[color=darkgreen][b][size=10]Traduction par gilles
Source : http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/jun/26/robert-mundell-evil-genius-euro

[/size][/b][/color]

Mais si, l’euro a échoué.

L’euro a complètement échoué.

Nous devons comparer :

1- ce que les européistes nous avaient promis en 1992 pour nous convaincre de voter « oui » à la création de l’euro (référendum sur le traité de Maastricht en 1992) …

2- … et ce que nous avons obtenu dans le monde réel.

Dans le monde réel, nous avons obtenu exactement le contraire de ce que les européistes nous avaient promis en 1992.

Italie : en 2007, les banques privées italiennes détenaient 12 % du PIB en obligations de l’Etat italien. Fin 2013, les banques italiennes détenaient 28 % du PIB en obligations de l’Etat italien !

Espagne : en 2007, les banques privées espagnoles détenaient 7 % du PIB en obligations de l’Etat espagnol. Fin 2013, les banques espagnoles détenaient 30 % du PIB en obligations de l’Etat espagnol !

Regardez bien les graphiques 3a et 3b :

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=74349

Ces graphiques montrent une accélération des achats d’obligations d’Etat à partir de décembre 2011, c’est-à-dire à partir du moment où la BCE a prêté 1019 milliards d’euros aux banques européennes.

En clair : les banques italiennes ont utilisé les prêts de la BCE pour acheter des obligations de l’Etat italien. Elles en sont gavées.

Les banques espagnoles ont utilisé les prêts de la BCE pour acheter des obligations de l’Etat espagnol. Elles en sont gavées.

Normal : plus personne au monde ne veut acheter ces obligations d’Etat pourries.

MAIS MAINTENANT ?

Maintenant, les banques espagnoles sont dramatiquement sous-capitalisées. Maintenant, les banques espagnoles n’ont plus d’argent. Jeudi 16 octobre, elles ont été incapables d’acheter toutes les obligations émises par l’Etat espagnol.

L’Espagne rate un emprunt obligataire.

Directement ou indirectement, il ne reste plus que la BCE pour acheter les obligations de l’Etat espagnol, les obligations de l’Etat italien, les obligations de l’Etat grec, etc.

Directement ou indirectement, il ne reste plus que la BCE pour empêcher la faillite généralisée de la zone euro.

Gilles, j’ai plutôt l’impression que la zone Euro est très keynésienne. Les milliards utilisés pour tenter de résoudre la crise de 2008 sont bien une pratique keynésienne non ?
Et il me semble aussi que le comportement >>ultra libéral<< ce sont les islandais qui l’on eu en refusant d’externaliser la faillite des banques, suivant le vieil adage libéral qui accouple la liberté avec la responsabilité.

Pour bien vous ( bruno = BA et stéphane = frigouret ) répondre, analyser les différences dans le régime économique entre l’époque de Keynes et l’époque actuelle est nécessaire. Cela éclairera le but de tous ces changements intervenus au cours des décennies. Ces changements que l’on peut méconnaître ou bien avoir du mal à les avoir toujours en tête. Ceci afin d’évaluer où sont les échecs et les réussites non-pas par rapport aux promesses mensongères des propagandistes, mais bien sur les situations relatives des différents catégories socio-professionnelles.

Si nous n’avons pas une conscience claire des changements et du pourquoi de ces changements au cours de ces dernières décennies, il est facile de conclure, en accord avec la propagande qui nous dit, que puisque nous sommes à l’étape n nous devons passer à l’étape prévue prévue par l’oligarchie n + 1, alors que nous pourrions repasser à n - 3 ou bien passer à m, ou tout autre choix réfléchi et discuté.

Répertorier et analyser tout ceci ne peut se faire en 5 minutes d’autant que je suis légèrement souffrant. Dès que je reprends un peu d’énergie, j’écrirai sur ce sujet.

Bonne continuation

Le scandale de l’année 2014 : ce matin, des révélations explosives sur le Luxembourg sont publiées par 40 grands médias :

Evasion fiscale : tout sur les secrets du Luxembourg.

Des milliards d’euros de recettes fiscales évaporées grâce à des accords fiscaux secrets. Plus de 300 multinationales concernées, parmi lesquelles des stars de l’économie comme Apple, Amazon, Heinz, Pepsi, Ikea, Deutsche Bank…

Dans une enquête réalisée en partenariat avec le consortium de journalisme d’investigation américain ICIJ (International Consortium of Investigative Journalists) et quarante médias étrangers (The Guardian au Royaume-Uni, le Süddeutsche Zeitung en Allemagne, la télévision publique canadienne Canadian Broadcasting Corporation, l’Asahi Shimbun au Japon, etc.), Le Monde révèle les dessous du système fiscal luxembourgeois.

Rappel :

De janvier 1995 à décembre 2013, le Luxembourg a été dirigé par Jean-Claude Juncker.

Aujourd’hui, Jean-Claude Juncker doit s’expliquer sur ces accords fiscaux secrets qui ont fait perdre des milliards d’euros de rentrées fiscales à la France, à l’Allemagne, etc.

Aujourd’hui, Jean-Claude Juncker doit s’expliquer sur cet énorme scandale.