32 Sortir de l'Union Européenne

Les dettes des États sont achetés par des investisseurs pour la plupart non-résidents dans le pays de la dette.
Hum. Il semble que ce soit de moins en moins vrai ... d'après votre lien :

http://www.globalix.fr/content/italie-et-espagne-deux-situations-différentes-et-deux-trajectoires-distinctes

Comportement des non-résidents : Que ce soit sur la dette italienne ou sur la dette espagnole, nous avons assisté [en 2012] à un repli graduel mais réel des investisseurs non-résidents.

C’est sur la dette espagnole que cette tendance a été la plus forte : la part des non-résidents dans la détention de la dette a chuté de près de 20 points (de 53% à 34%) contre 8 points de chute en Italie (de 43% à 35%).


http://www.cercledesepargnants.com/la-crise-des-dettes-souveraines-et-la-detention-de-la-dette-publique

Les investisseurs non-résidents détiennent [en 2011] 53 % de la dette publique au sein de la zone euro, 30 % de celle des Etats-Unis et 29 % au Royaume-Uni.

Au sein de la zone euro, cette part varie fortement d’un Etat à un autre. Ainsi, ce taux est de 53 % en Allemagne, de 44 % en Italie ou en Espagne, de 56 % en Belgique mais de 70 % en France, de 71 % en Grèce, de 75 % au Portugal et de 85 % en Irlande. En 1998, la part des non-résidents était de 22 % pour la France. 40 % de la dette française est détenue par des acteurs non-européens.


http://monnaie.wikispaces.com/file/view/détention-dettes.pdf

En 2008 Allemagne R.U. France Italie Espagne Pays-Bas Irlande Grèce Portugal Titres de dette publique détenus par les non résidents 73.5 34.7 70.8 52.6 63.6 86.0 82.2 78.0 98.7
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=61094
Avant la crise, la détention des dettes publiques de la zone euro par les non-résidents était très importante. Mais la crise a transformé la plupart de ces dettes en actifs risqués et il est probable qu’après la crise la détention non-résidente des dettes publiques des pays de la zone euro (par les banques, par les investisseurs institutionnels, par les Banques Centrales…) va beaucoup baisser ; cette évolution a d’ailleurs déjà débuté.
Merci de corriger mes erreurs d'analyse éventuelles. JR
En français mille milliards c'est un billion. C'est en anglais que c'est un trillion. En français un trillion c'est c'est un million de billions, de la même façon qu'un billion c'est un million de millions. Donc un milliard de milliards, et non mille milliards.

Sinon je plussoie. Juste un détail de formulation : le poids de la recapitalisation de la BCE repose sur ses actionnaires, les BC des des différents États. Dans le cas de la France, la BdF qui l’a financé par une recapitalisation, en pratique une simple écriture comptable à partir de sa réserve spécifique.


Merci, lanredec, pour la correction trillion/billion : je me suis laissé emporter par l’anglais, ce qui ne vaut pas excuse.

Quant à la recapitalisation de la BCE, reste à savoir d’où vient la réserve de la BC française qui a servi à la financer : à mon avis, elle provient au bout du compte des contribuables. JR

Avant la crise, la détention des dettes publiques de la zone euro par les non-résidents était très importante. Mais la crise a transformé la plupart de ces dettes en actifs risqués et il est probable qu’après la crise la détention non-résidente des dettes publiques des pays de la zone euro (par les banques, par les investisseurs institutionnels, par les Banques Centrales…) va beaucoup baisser ; cette évolution a d’ailleurs déjà débuté.
[img]https://files.myopera.com/artichaud1/Banania/Austria-ID004-50.JPG[/img]

Allez jusqu’au bout de votre pensée, qu’est-ce que vous en concluez ?

Il y a nécessité d’abolir le monopole du crédit détenu par les banques privées, nécessité de se dégager du mécanisme de création/destruction monétaire par l’emprunt assorti d’un loyer de l’argent, nécessité d’inventer un système d’émission permettant d’équilibrer le tripode monnaie-désir-production, donc une vanne de réglage monétaire du dynamisme régie par la conscience et non plus par le profit du petit nombre , nécessité de modifier le paradigme de distribution de l’argent arrimé à l’esclavage larvé ou effectif.
Et au sein de l’euro-pe, c’est impossible.
Au dehors, ça l’est … un peu moins :wink:

Lanredec à raison, la dette publique Française est détenue par plusieurs organismes qui ne dépendent pas tous de la BCE, comme le démontre ce tableau:


Source: http://www.ifrap.org/Qui-detient-la-dette-francaise,13139.html

Ce sont nos crédits, nos placements bancaires et d’assurances, et depuis quelques temps la majeur partie de la dette Française est détenue par des étrangers qui achètent de la dette publique pour les intérêts.
Je vous invites à lire la source de ce tableau, qui est un article plutôt intéressant ainsi que ce lien http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/farandole/2013/pap/html/DBGPGMJPEPGM117.htm.

Bonne journée.

[align=center]LES MILITANTS SOCIALISTES et la CONSTRUCTION de l’EUROPE par Jean Paul Sartre[/align]

« Le 10 février 1977, le philosophe français Jean-Paul Sartre fustige dans le quotidien « Le Monde » la construction d’une Europe du capital et appelle les militants socialistes à ne pas ratifier le projet de loi en vue de l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct.

La majorité des militants Parti socialiste et, à l’exception des proches de Jean Pierre Chevènement au sein du Ceres puis dans le MDC, la quasi totalité des dirigeants de ce parti ne tinrent aucun compte d’appels à la raison tel que celui de Jean Paul Sartre. La voie euro-atlantiste choisie après la Libération par Léon Blum et ses amis, à travers le prisme d’un anticommunisme forcené, fut maintenue ensuite. Toute les politiques du PS furent dès lors, subordonnées à cette vision dogmatique et vassalisée. Trente deux ans après cette lettre de Sartre, la direction du Parti socialiste s’est progressivement disqualifiée vis à vis du peuple de France, au travers de l’aggravation continue de sa politique social-libérale, d’un dogmatisme supranational européen sans rivage, toujours accompagné d’un atlantisme outrancier.

Actuellement en France, la social démocratie est en difficulté. Mais n’en doutons pas, l’oligarchie financière mondialisée a encore besoin d’elle et saura faire preuve d’acharnement thérapeutique. Aujourd’hui, s’il n’y a rien de bon à attendre de l’appareil socialiste, il est nécessaire d’en distinguer les militants progressistes et républicains sincères qui militent notamment à la base du Parti. Certain d’entre eux vont rejoindre le combat pour la liberté, la démocratie et le progrès social. C’est le chemin de la République, de la souveraineté populaire, et de l’indépendance nationale. »

Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article343

[color=navy]« Nous vivons à l’époque des mystifications. A lire la presse, à écouter la radio, à voir s’agiter M. Giscard devant la télévision, on pourrait croire que nous sommes simplement dans une période un peu difficile, certes, mais qui ne tardera pas à s’améliorer… avec quelques sacrifices de la part des ouvriers et des paysans, bien entendu.

Tout cela n’est pas sérieux. Depuis quelques semaines, au contraire, la situation internationale et nationale se dégrade et se déstabilise sous nos yeux. Issus de la crise de 1973 et de la guerre économique ouverte par les États-Unis contre l’Europe et le Japon, de nouveaux rapports de force, une nouvelle division internationale du travail, entraînent la dégradation de l’économie, l’accroissement du chômage, la décomposition des structures politiques de l’Angleterre et de l’ensemble des pays de l’Europe méridionale. Le temps nous est désormais mesuré à tous. En France, la montée vers le pouvoir du national-travaillisme de M. Chirac montre qu’effectivement « le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde ».

Dans un tel contexte, une réflexion nouvelle s’impose à l’ensemble des forces de gauche et d’extrême gauche. Aujourd’hui, si je m’adresse à vous publiquement, militants du parti socialiste, c’est parce qu’aucun des projets essentiels de l’adversaire de classe au pouvoir ne pourra se réaliser sans l’accord, au moins tacite, de votre parti. M. Giscard le sait et le dit ouvertement. Sans votre consentement, ses projets européens et sa politique d’austérité sont à terme voués à la faillite. Les avances qu’il multiplie à la direction du P.S. suffisent à le prouver.

Je comprends, même si je ne les partage pas, les espoirs qui ont poussé tous ceux qui, écœurés ou lassés par la droite qui gouverne le pays sans interruption depuis bientôt vingt-cinq ans, ont rejoint le parti qui leur paraissait le plus efficace, le mieux apte à les accueillir et à modifier l’équilibre des forces. À ces nouveaux militants socialistes, je n’ai pas à cacher, au cas où ils l’ignoreraient, que j’ai naguère combattu de mon mieux la politique algérienne et pro-américaine de la S.F.I.O. de M. Mollet et que je demeure aujourd’hui irréductiblement hostile aux thèses « atlantiques » des principaux dirigeants du parti socialiste actuel. Toutefois, par-delà ces divergences, la montée des périls me paraît si dangereuse pour l’avenir de la liberté que je veux m’adresser à vous dans l’espérance que votre parti réfléchisse encore collectivement avant de s’engager dans le « chemin européen » où il est poussé aujourd’hui.

L’Europe que nous présentent MM. Carter, Schmidt, Giscard et Andreotti est sans rapport aucun avec l’internationalisme prolétarien, sans rapport avec l’Europe des travailleurs dont rêve depuis un siècle le mouvement ouvrier occidental. Dans l’esprit de ses promoteurs, il s’agit, au contraire, dans la dynamique actuelle des forces de classe de construire une Europe du capital, qui sera nécessairement dominée par les sociétés multinationales germano-américaines. Un examen des forces en présence montre, au contraire, que l’Assemblée européenne élue dans un tel contexte servira seulement d’instrument institutionnel à cette domination. Comme par hasard, l’affaire européenne surgit en un temps où la gauche française n’est pas le cas. Au contraire, le programme commun de gouvernement, dont on peut penser ce que l’on veut, mais dont quelques dispositions, si elles étaient vraiment appliquées, suffiraient à provoquer la fureur de la droite et à la précipiter vers une sorte de coup d’État légal. L’importance du parti socialiste au sein des forces de gauche devrait donc normalement conduire ses militants à une réflexion approfondie sur cette question vitale. Or ce n’est pas cela. Au contraire, le problème de l’Europe est pudiquement éludé, sans doute sous le prétexte qu’il oppose trop gravement les deux principaux partis de l’union de la gauche.

Un appel a récemment été lancé « pour la constitution d’un comité d’action contre l’Europe germano-américaine et l’élection d’un Parlement à son service ». Que dit cet appel ? Il dit que l’inflation, le chômage, la dégradation des monnaies, la récession, ne seront pas résolus par les plans d’austérité lancés par les gouvernements capitalistes de l’Europe du Sud, car ils résultent nécessairement du nouvel ordre international imposé à l’Europe par les États-Unis et ses alliés de la République fédérale allemande.

Cette politique d’austérité s’abattra nécessairement sur les masses, non sur les privilégiés. Elle ne s’appliquera ni dans la facilité, ni dans la joie. Les salariés auront évidemment tendance à les refuser. Il faudra alors la leur imposer en utilisant contre eux les pouvoirs de l’État. C’est ainsi que les dirigeants de la droite comptant se sortir de la crise en modifiant la légalité. C’est pourquoi des États fort d’un type nouveau se profilent aujourd’hui à l’horizon de la crise.

L’Europe devient une nouvelle Amérique latine. Tandis que l’Allemagne de l’Ouest est devenue la première puissance économique militaire et politique de l’Europe, les bourgeoisies de l’Europe du Sud se débattent, ou sombrent, dans des difficultés inextricables. Il est probable qu’elles préféreront se soumettre sans conditions au « leadership » germano-américain plutôt que de passer la main à ce qu’elles appellent les coalitions socialo-marxistes. Ceux qui pensent sincèrement que, dans un pareil contexte, ils bâtiront une Europe indépendante feraient bien de se méfier et de réfléchir. Le temps est loin où le général de Gaulle s’opposait à l’hégémonie américaine. L’élection d’un Parlement européen au suffrage universel, préparée en commun en France par MM. Giscard et Chirac, n’est qu’une abdication de fait devant la stratégie et la pression américaines : abdication qui conduit directement à un proconsulat allemand sur l’Europe.

Militants socialistes, allez-vous ratifier un tel projet en votant avec Giscard et avec le R.P.R. ? Les événements politiques qui surviennent en France en ce moment même s’éclairent singulièrement à la lumière de l’analyse précédente. La société libérale avancée touche à son terme.

Elle peut déboucher à tout moment sur l’avènement d’hommes et de forces qui ne feraient pas grand cas des libertés ni même de la légalité. Un beau matin, comme en R.F.A., la chasse aux « collectivistes » pourrait bien s’ouvrir.

Il est parfaitement illusoire de compter sur la dynamique des luttes en Europe pour infléchir le cours des choses. Les appuis manquent sur le plan européen, même au niveau des partis socialistes. Il est évident, en particulier, que la social-démocratie allemande est depuis sa reconstitution en 1945 un des instruments privilégiés de l’impérialisme américain en Europe. Elle a, d’abord, puissamment contribué à la reconstitution du capitalisme en Allemagne de l’Ouest en orientant la classe ouvrière vers la collaboration avec les anciens maîtres nazis du grand capital et de la banque allemands. Elle a ouvert ensuite elle-même la chasse aux « sorcières de gauche » qui s’amplifie aujourd’hui en R.F.A. Plus de cinq cent mille enquêtes y sont aujourd’hui ouvertes dans le cadre des lois scélérates sur les « Berufsverbote » et la police de la République fédérale y pratique l’assassinat et la torture légale de certains adversaires de l’ordre capitaliste. Le chancelier « socialiste » Schmidt a enfin lancé le réarmement de son pays. En violation directe des traités, il s’engage même aujourd’hui dans la fabrication de bombes atomiques au Brésil et en Afrique du Sud. Il rejette brutalement tout projet sérieux d’aide au tiers-monde. Il pousse l’arrogance jusqu’à intervenir publiquement dans les affaires intérieures du Portugal et de l’Italie, car il dispose de la force et des appuis nécessaires. La ligne de son gouvernement prolonge et précède en effet naturellement la nouvelle stratégie définie par la Commission trilatérale aux États-Unis.

Certes, la décision de votre parti sur l’Europe est tout entière entre vos mains. Mais je veux conclure cette lettre sur l’idée que la façon même dont les partisans de l’Europe capitaliste s’efforcent d’obtenir la ratification d’un projet qui engage tout un peuple dans une voie irréversible est suspecte et devrait provoquer son rejet par tout partisan de la démocratie dans ce pays.

M. Giscard, en effet, manœuvre et s’efforce d’escamoter le débat. Il intrigue dans les coulisses. Il multiplie les pressions et les concessions de pure forme. Il se vante même publiquement de disposer par avance de l’accord de votre parti pour ratifier son projet. L’honnêteté, le courage, l’honneur, auraient voulu qu’il ouvre un large débat devant le pays et que celui-ci soit directement consulté. Ce n’est pas le cas. Mes amis du Comité d’action et moi-même avons fait depuis quelques semaines l’expérience de la volonté d’étouffer et d’escamoter le débat sur l’Europe, pratiquée par l’immense majorité de la presse, par la radio et par la télévision. En m’adressant à vous directement, j’ai encore l’espoir que vous l’engagerez avec nous, à la fois dans votre parti et devant l’opinion publique tout entière.

Si la gauche doit diriger un jour ce pays, elle se doit, à l’inverse de la droite, de regarder la vérité en face. On ne peut espérer séparer aujourd’hui la politique intérieure des problèmes internationaux ni transformer la société en France sans combattre l’hégémonie germano-américaine sur l’Europe occidentale. »

Jean-Paul Sartre[/color]

Quant à la recapitalisation de la BCE, reste à savoir d'où vient la réserve de la BC française qui a servi à la financer : à mon avis, elle provient au bout du compte des contribuables. JR
La réserve vient des revenus de ses actifs (dividendes de ses participations, à la BCE par exemple, coupons des obligations mises en dépôt par les banques, etc.).

Voir par exemple : http://www.banque-france.fr/la-banque-de-france/communiques-et-discours-des-autorites-de-la-banque/communiques-de-presse/compte-de-resultat-2011-la-banque-de-france-renforce-sa-structure-financiere/download.pdf

Si la BdF était déficitaire, il est possible que l’État intervienne, mais dans la pratique c’est l’État qui touche des dividendes de la BdF. Et en fait, comme déjà expliqué, une banque centrale ne peut pas être déficitaire : son passif n’est pas exigible.

Avant la crise, la détention des dettes publiques de la zone euro par les non-résidents était très importante. Mais la crise a transformé la plupart de ces dettes en actifs risqués et il est probable qu’après la crise la détention non-résidente des dettes publiques des pays de la zone euro (par les banques, par les investisseurs institutionnels, par les Banques Centrales…) va beaucoup baisser ; cette évolution a d’ailleurs déjà débuté.
[url]https://files.myopera.com/artichaud1/Banania/Austria-ID004-50.JPG[/url]

Allez jusqu’au bout de votre pensée, qu’est-ce que vous en concluez ?


Comme je l’ai écrit, que votre affirmation semble, d’après vos propres références, être de moins en moins vraie.

Mais pas encore, sauf dans quelques cas particuliers (Italie, Espagne, Royaume Uni, Japon, États-unis, …), de plus en plus fausse.

Bonjour lanredec, je ne vois où tu veux en venir sur la base de la réfutation de ce qui serait l’une de mes affirmations et qui n’est qu’un rappel.

Peut-être n’ai-je été pas suffisamment clair, face à la polarisation du débat uniquement sur les pouvoirs de la BCE sur le fait qu’elle peut ou non éviter l’effondrement de zone euro, j’ai voulu simplement rappeler que la BCE n’était pas seule à acheter des titres de la dette budgétaire des États de la zone euro, d’où la nécessité de rappeler que des investisseurs très divers ( par exemple : la caisse de retraite des employés municipaux de New-York, Seattle ou Tucson etc …( j’ai entendu à France-Culture dans une émission sur la faillite de Détroit que les employés municipaux des villes des ÉUA sont payés non par une caisse nationale comme en France par des caisses municipales qui placent une partie de leurs avoirs sur les marchés ), la Banque Centrale de Chine, bref n’importe qui sur les marchés qui a confiance en ces dettes d’États de la zone euro et qui souhaite en détenir.

Tu apportes toi-même des sources qui indiquent que les investisseurs semblent se détourner de certains titres de dette de la zone euro, ce qui donne de l’eau au moulin à une des interprétations selon laquelle l’euro serait in fine condamné économiquement. Ceci comme le pense bruno, alors que je pense que c’est l’idée et les motivations non-diffusées* largement dans le public qui sont derrière cette introduction d’une monnaie supranationale qui sont déjà condamnables dès le départ et qui impliquaient les dégâts que nous voyons maintenant, c’est pourquoi, je te demandes : « Qu’en conclus-tu ? ».

Comme tu es resté dans l’interprétation terre à terre, je suis tenté de te lancer cette phrase : « Arrête de regarder le doigt, regarde la lune ! »

*Je crois avoir suffisamment rappelé ma position sur les motivations qui me semblent être derrière la création d’une zone monétaire non-optimale et uniquement viable en cas d’austérité salariale permanente et qui sont d’ailleurs reprises par Jacques Nikonoff dans son intervention à France-Info pour qu’il soit nécessaire de les rappeler ici.

Soit il y a malentendu sur ce que j’ai écrit, soit tu pinailles sur un sujet qui ne fait pas polémique pour compenser un désaccord sur d’autres points.

Je préférerais que prennes de la hauteur et que tu réfutes ou relativise les prises de position du porte-parole du M’PEP sur le chômage, l’État-employeur en dernier ressort, les nationalisations du système bancaire et du crédit, la sortie de l’UE ou la tentative de mise en débat du choix d’austérité euro-atlantiste de Valéry Giscard D’estaing par Jean-Paul Sartre.

Mais peut-être préfères-tu te détendre et passer une bonne journée d’été, c’est toute l’europe tout le malheur que je te souhaite. :slight_smile:

Je pensais que le fait que « des investisseurs pour la plupart non-résidents » était en italique gras était significatif de ce qu’il était important de retenir. La recherche google qui y était attachée étant apparemment en contradiction avec cette affirmation j’ai pensé utile de le signaler (comme pour l’erreur involontaire d’un facteur 1000000 de Jacques). Sans pour autant cautionner ces sites que je découvrais par le biais de ce lien. Si j’avais été en désaccord avec le reste je n’aurais pas manqué de le signaler (mais comme c’était en roman maigre, j’y ai fait moins attention :wink: désolé).

[align=center]Où iront les nouvelles >>aides << à la Grèce.[/align]

Alors que le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble évoque un troisième plan de sauvetage pour la Grèce, le blog greek crisis de l’ethnologue et historien Panagiotis Grigoriou nous informe que depuis un moment déjà, la presse grecque insiste, chiffres à l’appui, sur la pauvreté qui touche désormais la moitié des Grecs et ceci au moment même, où le ministre grec des Finances Yannis Stournaras exige « la levée nécessaire des derniers obstacles d’ordre juridique » qui empêchent pour l’instant la saisie de la résidence principale pour dettes. « Sinon, les banques perdront toute leur crédibilité et le système s’effondrera », affirme-t-il.

Sortir du sado-masochisme du système monétaire euro, redonner aux pouvoirs publics contrôlés par les citoyens le pouvoir de création monétaire, sortir de l’UE sont des tâches vitales à accomplir au plus vite.

[align=center]Le Front national diffuse actuellement un tract intitulé « L’euro détruit votre épargne ». Il témoigne du double langage de ce parti à propos de l’Union européenne et de l’euro.[/align]

À PROPOS D’UN TRACT DU FRONT NATIONAL

Chronique de Jacques Nikonoff du 29 avril 2013.

Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien membre du collège exécutif du PCF, ex-président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :

« Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011).

« La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).

Le tract du Front national intitulé « L’euro détruit votre épargne » témoigne du double langage de ce parti à propos de l’Union européenne et de l’euro.

http://www.frontnational.com/telecharger/tracts/leuro-detruit.pdf

Tout semble bien démarrer quand le FN constate à juste titre que l’euro a favorisé la hausse des prix et la crise, beaucoup plus violente que dans les pays qui ne sont pas dans la zone. Le FN dénonce ensuite les mesures prises à Chypre. En effet, la tentative de taxer toute l’épargne déposée sur les comptes bancaires, sans discriminer les riches des pauvres, les entreprises prospères de celles en difficulté, était et reste à condamner.

Cependant, le FN démontre à cette occasion son vrai visage : il défend en réalité les privilégiés, les oligarques, les spéculateurs qu’il dénonce par ailleurs. On s’en rend compte en prenant connaissance des quatre propositions qu’il fait dans son tract :

1.- « La protection intégrale des comptes en banque et de l’épargne, qui ne doivent en aucun cas être ponctionnés ». Non ! La preuve a été donnée à Chypre, pour ceux qui en doutaient, qu’il est extrêmement facile de taxer les gros patrimoines. Rien n’est plus simple que de prélever un pourcentage sur les gros dépôts, par exemple selon le mode progressif comme le barème de l’impôt sur le revenu. Voilà de l’argent qui pourrait servir à financer les retraites, les services publics, que le FN appelle par ailleurs à défendre. Quelle démagogie ! En se prononçant contre tout prélèvement sur les dépôts bancaires, même s’agissant des dépôts les plus élevés, le FN se fait l’instrument de défense des intérêts des super-riches, des privilégiés, des spéculateurs. On pourrait se dire que ce serait plus simple de passer par l’impôt sur le revenu. Non, justement, car la fraude fiscale consiste précisément à dissimuler ses revenus au fisc. Mais l’argent dissimulé doit « travailler », c’est-à-dire porter intérêt. Pour y parvenir, il doit être placé dans des banques. Et là, hop, on prélève !

2.- « La dissolution progressive et organisée de l’euro pour une sortie de crise par le haut ». Quelle plaisanterie ! Il faudrait pour y parvenir que les oligarques européens se mettent d’accord pour liquider l’euro. A 27 ! Autant dire que la proposition du FN, là encore, de vouloir transformer l’Union européenne de l’intérieur, est parfaitement démagogique. Elle montre bien la duplicité du FN sur cette question. Marine Le Pen, en vérité, ne veut sortir ni de l’euro ni de l’Union européenne.

3.- « En conséquence, les cures d’austérité ne seront plus nécessaires, ce qui sauvera le pouvoir d’achat, l’emploi et les retraites ». Quel charabia ! Certes, l’euro est une arme de destruction massive de l’emploi et des salaires. Mais l’austérité n’est pas seulement liée à l’euro. Elle est liée aux politiques néolibérales en général. En Grande-Bretagne par exemple, il n’y a pas l’euro, mais il y a l’austérité. Il faut donc lutter pour la sortie de l’euro de manière unilatérale, et lutter contre toute politique d’austérité après en être sorti.

4.- « La dépense publique doit être maîtrisée et rigoureuse ». On croirait lire du Sarkozy ou du Hollande ! Bien sûr qu’il ne faut pas faire n’importe quoi avec la dépense publique. Mais est-ce le problème ? Est-ce que la dépense publique - c’est-à-dire les dépenses sociales - sont trop élevées aujourd’hui ? Évidemment non, puisque nous sommes, précisément, dans l’austérité. Et c’est grâce à la dépense publique qu’on finance la protection sociale et les services publics. Moins de dépenses publiques égale moins de protection sociale et moins de services publics. En s’attaquant à la dépense publique, le FN s’attaque à la protection sociale et aux services publics… Il ferait mieux de s’occuper des recettes publiques et de s’attaquer aux profiteurs, fraudeurs, spéculateurs, qui ne sont pas les immigrés, mais les hyper-riches de l’oligarchie dont beaucoup de dirigeants du FN font partie, la famille Le Pen en premier lieu.

Bref, ce tract confirme que le FN est un instrument au service du système oligarchique.

« L’Europe n’a plus aujourd’hui qu’un moyen de nous perdre, c’est de nous ôter le travail et le respect des gens de bien. »

Nous pourrions croire que cette phrase décrit la situation actuelle de la Grèce et des travailleurs grecs sous mémorandum UE-FMI-BCE. Non, il s’agit de Louis-Antoine de Saint-Just dans : « Fragments sur les institutions républicaines »

http://classiques.uqac.ca/classiques/saint_just/fragments/fragments.html

Je n’ai pas matériellement eu le temps de lire tout le texte, j’ai simplement cherché les occurrences du mot Europe dans le texte de Saint-Just.

Dettes publiques en Europe :

Chiffres du premier trimestre 2013 (source : Eurostat) :

1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 305,291 milliards d’euros, soit 160,5 % du PIB.

2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2034,763 milliards d’euros, soit 130,3 % du PIB.

3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 208,284 milliards d’euros, soit 127,2 % du PIB.

4- Irlande : dette publique de 204,054 milliards d’euros, soit 125,1 % du PIB.

5- Belgique : dette publique de 394,220 milliards d’euros, soit 104,5 % du PIB.

6- France : dette publique de 1870,294 milliards d’euros, soit 91,9 % du PIB.

7- Espagne : dette publique de 922,828 milliards d’euros, soit 88,2 % du PIB.

8- Royaume-Uni : dette publique de 1385,701 milliards de livres sterling, soit 88,2 % du PIB.

9- Chypre : dette publique de 15,342 milliards d’euros, soit 86,9 % du PIB.

Mais ça ne va pas pouvoir continuer comme ça.

Les dettes publiques ne peuvent pas monter jusqu’au ciel.

Nous savons tous comment ça se passe : les dettes publiques montent, montent, montent encore, montent encore plus, et à la fin, il arrive toujours un moment où …

… SPLASH !

Débat sur l’Euro - Faut-il le quitter ?" organisé par le PCF lors de son Université d’été le 1er septembre - J. Nikonoff & F. Boccara

Chaque année, l’Italie doit payer 85 milliards d’euros pour les intérêts de sa dette publique : record historique battu.

En 2014, la dette publique de l’Italie atteindra 2080 milliards d’euros, soit 132,2 % du PIB. Là-encore, record historique battu.

Mercredi 18 septembre 2013 :

Le « Costa-Concordia » redressé, et l’Italie ?

Croissance : - 1,7 % ou -1,8 %. Dette : 132 % du PIB (environ 2 080 milliards d’euros). Spread en hausse aux alentours de 260 points. Intérêts annuels de la dette : 85 milliards d’euros. Déficit aujourd’hui, selon la presse : 3,4 %, soit quatre ou cinq milliards de plus que le plafond prévu par Bruxelles.

Quant à l’Allemagne :

Dette publique de l’Allemagne : 81,2 % du PIB, soit 2150 milliards d’euros. Je dis bien : 2150 milliards d’euros.

L’Union Européenne, c’est des pays surendettés qui se surendettent encore plus, pour pouvoir prêter de l’argent à des pays en faillite qui ne les rembourseront jamais.

L’Union Européenne, c’est un suicide collectif.

Quitter l’euro ou l’UE, c’est une chose, mais ne perdons pas de vue le pouvoir de création monétaire abandonné au secteur privé de la finance, bien avant 1993. Il y a donc aussi une bataille interne nationale à mener. Qui ne peut être menée qu’après la sortie, puisqu’il n’existe pas d’identité culturelle continentale susceptible d’engendrer ni une révolution populaire continentale, ni une réforme administrative.

Pace e salute Ana, quitter l’UE et ipso facto quitter l’euro pour bien sûr, entre autres choses*, redonner prioritairement le pouvoir de création monétaire à des institutions sous contrôle étatique et in fine sous contrôle citoyen.

*Choisir le taux de change, protéger l’industrie et l’agriculture, dynamiser la création d’expression française, augmenter le niveau de démocratie …

Chic ! nous sommes d’accord :slight_smile:

Il y aurait tant à dire sur les effets positifs d’une monnaie assignée au bien commun et gérée démocratiquement … :wink:

Vendredi 20 septembre 2013 :

L’Union Européenne prépare une nouvelle méthode de calcul du déficit qui bénéficiera à l’Espagne … et aussi aux autres Etats européens du sud.

C’est ça qui est rigolo : puisque la situation dans les Etats européens du sud est de pire en pire, il suffit de changer la méthode de calcul !

Après l’instauration de cette nouvelle méthode de calcul, comme par magie, la situation de ces Etats apparaîtra en nette amélioration !

L’Union Européenne, c’est un village Potemkine : beau en apparence, pourri en réalité.

« Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées. » (Winston Churchill)

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La méthode actuelle de calcul de l’exécutif de l’Union Européenne a pour conséquence qu’une grande partie du déficit dans les pays en crise comme l’Espagne est considérée comme structurelle plutôt que conjoncturelle. Cela conduit à rendre nécessaire de plus grands efforts d’ajustement pour ces Etats. Par exemple, avec la méthode actuelle, le niveau du chômage structurel en Espagne, même lorsque l’économie fonctionne à son plein potentiel, serait de 23%, tel que l’a calculé le Wall Street Journal. En revanche, la nouvelle méthode de calcul permettra de réduire l’estimation du chômage structurel et avec elle le déficit structurel, ce qui nécessitera moins d’efforts d’ajustement.