32 Sortir de l'Union Européenne

Bonjour et respect à ce militant infatigable du net qu’est Instit = Bruno Ar…. Après avoir échangé avec Instit = Bruno Ar…, il y a quelques années, ce que je crois que veut espérer Bruno, c’est notre émancipation par la chute de l’euro-système-monnaie-unique.

Ceci par l’emballement de l’austérité => assèchement des recettes budgétaires des États => hausse des taux d’intérêts pour emprunter sur les marchés puisque les avances gratuites des banques Centrales au Trésors Publics sont désormais interdites depuis 1992 avec l’article 104 du Traité de Maastricht et que l’UE et les marchés la main dans la main en profitent pour durcir les conditions d’emprunt pour plus d’austérité.

Ce en quoi je trouve, Bruno, que tu as dévié de son objectif initial d’émancipation, c’est que tu comptes trop sur l’auto-effrondrement de l’euro-système-monnaie-unique et que tu oublies à la fois que les acteurs du piège font tout pour le faire perdurer au détriment de plus en plus évident des gens en Europe* Eurasie de l’Ouest et que les différents peuples enchaînés ensemble pourrait se déchaîner.

Oublions les finasseries retardatrices de Mélenchon et allons plus loin avec le porte-parole du Mouvement pour une émancipation populaire …

*( l’utilisation du mot Europe nous piège, c’est un concept qui nous dirige vers une unification abstraite au détriment de la diversité concrète vécue par les gens et sur laquelle ils ont prise. Ce concept habilement utilisé par la nov-propagande créé une illusion d’émancipation, émancipation toute formelle et nous enchaîne en réalité au plus petit commun dénominateur commun, l’égoïsme au détriment des solidarités de base. Ce n’est pas pour rien que les tyrans on toujours voulu unifier leur Empire )

Gilles,

Bien sûr que je compte sur l’auto-effondrement de l’euro-système.

Pourquoi ?

Parce que, toi, tu comptes sur qui ?

Tu comptes sur les électeurs français ?

Tu comptes sur les électeurs français qui ont choisi de voter « oui » en septembre 1992 ?

Tu comptes sur les électeurs français qui, depuis 39 ans, ont choisi de voter « oui » à des hommes politiques dont la priorité numéro 1 est la construction européenne ?

Mais les électeurs français VEULENT que ce système européen continue encore et encore.

Les électeurs français VEULENT rester dans le Titanic « Union Européenne », jusqu’à la fin du naufrage, jusqu’à la dernière seconde.

Les électeurs français se font encore des illusions, en juillet 2013. Ils n’ont toujours pas compris.

Les électeurs français ont besoin de cet effondrement pour enfin comprendre qu’ils votent depuis 39 ans pour une construction vouée à l’éclatement et au chaos.

C’est ça, le fonctionnement de la démocratie représentative :

Les électeurs ont besoin d’une leçon pour comprendre leurs erreurs.

Et justement : cette leçon va arriver.

Sauf qu’il y a des chance pour que quand on sera vraiment a la limite les allemands, ceux qui tiennent le manche, vont lâcher quelques biftons dans la machine et racheter un peu de dette histoire que ça pète pas tout de suite mais bien sur jamais assez pour qu’on sorte vraiment la tête de l’eau…

Résultat du moment que les peuples des pays qui peuvent l’ouvrir voteront pour des partis soumis ça va continuer. Je vois Gilles qui dit qu’il faut oublier Mélenchon mais ça me parait être une bêtise.

Lui veut faire chier a réclamer des transferts et de la création monétaire ce qui entraînerait casi mécaniquement une dislocation d l’euro puisque les allemands voudront jamais.

A part lui tu as celle qui ne veut même pas faire les choses correctement et qui veut tout envoyer péter et au passage faire la misère a tout les pas français du coin…

Et je ne parle pas des autres puisque ils sont insignifiants et n’ont concrètement aucune chance de faire quoi que ce soit.

Pour sortir c’est les deux seules options a moins qu’un autre gros pays se rebiffe.

[align=center]De quoi l’Europe est-elle le nom ?[/align]

Tu as peut-être raison bruno, quand je discute avec mes proches, je vois que la prise de conscience ne se fait pas, c’est du à l’égoïsme des gens qui croient qu’ils éviterons la pluie en passant à travers les gouttes, ( ils se croient tous plus malins que les autres, mais mathématiquement, ils y en a qui sont moins malins ! ), mais c’est du aussi parce que les tenants du système tiennent certains politiques qui enfument grave sur la « construction ». Ce qui n’est pas le cas dans certains mouvements comme au M’PEP ou à l’UPR ou au POI par, exemple, c’est pourquoi, j’aurais pensé que tu te serais coordonné avec l’un de ces mouvements. Mais peut-être préfères-tu ton entière liberté de penser ?

Certains sur ce forum, au cours des années, m’ont interpellé en message privé et même au téléphone, je les entends encore, écoutez : « Gi-lles, il faut po-si-ti-ver ta vi-si-on de l’Europe !!! Tu démobilises les masses ou les citoyens ! ( suivant mes correspondants ). Les plus audacieux m’ont lancé : Une-Autre-Europe-Est-Possible !!! Il suffit de le vouloir !!! » Ils se reconnaîtrons.

J’ai répondu : « OK, OK, OK, Come on boy

Et c’est moi qu’ils interpellent

CHOEUR: Hé Gus tu connais Jacques Sapir
SOLISTE: Par coeur, je le connais par coeur … »
Alors j’ai lancé un fil de po-si-ti-va-tion de l’Europe pour leur faire plaisir :

Et j’ai espéré d’après leur ton qu’ils allaient tirer un feu d’artifice, un ouragan de positivité, une tempête d’émotions. Résultat : rien, mes positiveurs patentés n’ont pas tenté de positiver !

Regardez ce fil du forum globalement positif :
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=459

« Il suffit ! » « Il suffit ! » « Il suffit ! » « Il suffit ! » => Ça suffit !

Pourquoi avant d’être guillotiné Saint-Just lance-t-il la phrase : « Le bonheur est une idée neuve en Europe » ?

Que veut-il conjurer par cette affirmation ?

Les peuples heureux n’ont point d’histoire. À ce compte-là l’histoire de l’Europe n’est-elle pas qu’une histoire du malheur ? Le mot Europe n’est-il pas l’autre mot pour le refus de l’autre, le refus de soi, l’inhibition et le malaise dans la civilisation comme aurait pu le dire Freud ? Mes interlocuteurs familiers ne me disent-ils pas : « Ne me parle plus d’Europe ! » comme ils me diraient : « Ne me parle plus de malheur ! » ? Le mot Europe n’est-il pas le mot abstrait pour dire le mot malheur, malheur de plus en plus concret à mesure même que l’on accroît l’utilisation du mot Europe ?

« Gilles, tu fais trop le malin
gilles, tu es trop judéo-chrétien
encore trop européen !

gilles, oublie cette Europe qui pue
et bouge ton cul sur la zikmu ! » :smiley:

nlescan écrit :

« Sauf qu’il y a des chance pour que quand on sera vraiment a la limite les allemands, ceux qui tiennent le manche, vont lâcher quelques biftons dans la machine et racheter un peu de dette histoire que ça pète pas tout de suite mais bien sur jamais assez pour qu’on sorte vraiment la tête de l’eau »

Avec quel argent ?

Avec quel argent les Allemands vont-ils racheter un peu de dette ?

Je rappelle que la dette publique de l’Allemagne est de 2150 milliards d’euros.

Et l’Allemagne va racheter un peu de dette ? ? ?

Donc ça voudrait dire que l’Allemagne va se surendetter encore plus, ça voudrait dire que l’Allemagne va emprunter des milliards d’euros sur les marchés internationaux, et qu’avec cet argent l’Allemagne va racheter des obligations de l’Etat grec, de l’Etat portugais, de l’Etat italien, etc ?

Je n’y crois pas un seul instant.

Réponse à Gilles :

Gilles,

Le M’PEP, l’UPR et le POI sont trois mouvements que j’apprécie, mais je te confirme que je ne suis encarté nulle part.

Elle est serieuse cette question? Gilles a dit que tu étais un genre de vet’…C’est une question de bleu ça…De quels sous parles-tu? Tu sais bien que le fric n’existe pas, que tout ça n’est qu’une grosse arnaque enfin…Ils n’ont besoin de rien, ils ont la BCE…Le jour ou ça craindra trop il monétiseront un peu de dette ou feront je ne sais quelle écriture comptable qui leur plaira et qu’ils estimeront pas trop generatrice d’inflation…vu le niveau de chômage ils ont de la marge…

C’est gratos pour eux, ça ne leur coûte que l’inflation que ça génère…

Si personne ne se rebiffe ça peut durer encore longtemps ce cirque…ou alors il faut compter sur la démence des marchés pour tout foutre par terre… le pire c’est que ce scénario est probablement le plus réaliste, bien plus qu’un pays important votant contre l’empire… regardes les grecs, ils s’en sont pris plein la tronche et ont préféré voter pour leur ump local, a croire qu’ils aiment ça…J’ai du mal a comprendre les masses.

Non, nlescan.

La BCE ne peut pas monétiser comme elle veut.

La BCE peut monétiser seulement dans la mesure où les contribuables européens recapitalisent la BCE au fur et à mesure.

Rappel :

En décembre 2010, la BCE avait racheté 72 milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries : Grèce, Irlande, Portugal. Jean-Claude Trichet a eu peur que ces trois pays européens en faillite soient incapables de rembourser. Jean-Claude Trichet a donc voulu couvrir les pertes subies par la BCE en cas de défaut de paiement d’un de ces trois pays.

Concrètement : Jean-Claude Trichet a demandé aux actionnaires de la BCE de recapitaliser la BCE en urgence. Les 16 banques centrales nationales ont été obligées de recapitaliser la BCE de 5 milliards d’euros en urgence.

En clair : les contribuables de la zone euro ont été obligés de payer 5 milliards d’euros pour recapitaliser la BCE. Le capital de la BCE n’était que de 5,76 milliards d’euros. Après la recapitalisation de décembre 2010, le capital de la BCE est passé à 10,76 milliards d’euros.

Non, la force de frappe de la BCE N’est PAS illimitée.

En réalité, la force de frappe de la BCE dépend des banques centrales nationales, c’est- à-dire des contribuables européens, qui sont obligés de recapitaliser la BCE au fur et à mesure qu’elle rachète des obligations d’Etat pourries.

Lundi 20 décembre 2010 :

Le contribuable à la rescousse de sa banque centrale.

Ce n’est qu’une phrase dans la déclaration finale des chefs d’Etat de la zone euro lors du Conseil européen de vendredi 17 décembre 2010. Mais elle pourrait peser plusieurs milliards d’euros dans les comptes publics des seize Etats de la monnaie unique. Ces dirigeants européens déclarent en effet « être déterminés à garantir l’indépendance financière des banques centrales de l’Eurosystème », c’est-à-dire de la Banque centrale européenne (BCE) et des seize banques centrales nationales des pays ayant adopté l’euro, à l’instar de la Banque de France.

Cela rappelle que les contribuables des Etats membres doivent renflouer la banque centrale de leur pays (par exemple les contribuables français pour la Banque de France) si elle n’était plus suffisamment capitalisée pour continuer sa mission.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pris soin de faire répéter cette obligation aux chefs d’Etat lors du dîner de jeudi 16 décembre 2010. Le matin même, il avait acté avec ses homologues du Conseil des gouverneurs de la BCE le doublement du capital de la banque centrale européenne, grâce à une injection de 5 milliards d’euros venant des banques centrales nationales (711 millions d’euros pour la Banque de France).

Jean-Claude Trichet s’inquiète de couvrir les pertes éventuelles qu’encourent la BCE et, par ricochet, les banques centrales nationales de la zone euro, si les obligations de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, qu’elles ont achetées pour 72 milliards d’euros depuis mai pour aider ces Etats membres, n’étaient pas remboursées.

Aussi, la BCE a rappelé, dans un avis du 9 décembre 2010 à propos du doublement du capital de la Banque de France (« une opération comptable ne modifiant pas ses fonds propres », selon une source proche de l’établissement), que, « dans l’éventualité où le capital de la banque centrale nationale deviendrait inférieur à son capital statutaire, voire négatif, l’Etat membre concerné serait tenu de la pourvoir des fonds nécessaires dans un délai raisonnable afin de respecter le principe d’indépendance financière ».

Dès lors, le contribuable paierait aussi cette note d’une faillite d’un Etat de la zone euro, comme la Grèce ou l’Irlande, jusqu’ici secouru par la BCE et ne pouvant plus rembourser ses emprunts.

http://www.latribune.fr/journal/edition-du-2012/economie-international/1091163/le-contribuable-a-la-rescousse-de-sa-banque-centrale.html

Je conteste totalement ce que tu dis, pas l’exemple de racket de contribuables que tu prends, entendons nous biens, qui a beaucoup plus a voir avec la crevardise qu’avec une soit disant « limitation, de force de frappe ».

Ces histoires de capitalisation de banques centrales, tu veux que je te dise ce que j’en pense: ce sont des foutaises.

Evidemment qu’ils font ce qu’ils veulent, ils ont les planches a billet, si ils veulent il débloquent du crédit aussi facilement que j’écris ce post. Si ils veulent ils effacent une dette de la même façon…Si ils ne le font pas c’est parce qu’ils craignent l’inflation, qu’ils ont besoin de nous maintenir soumis, qu’ils ont besoin du service de la dette pour se rémunérer en detournant l’impot légalement et qu’ils pensent que si ils commencent a effacer des dettes comme ça on vas tous faire la fête et arrêter de bosser, je schématise mais c’est à peu près ça.

Non.

Tu as tort.

La BCE n’est pas une divinité toute-puissante, qui pourrait racheter les dettes publiques des Etats européens comme elle le voudrait.

En 2009, la BCE a été incapable d’éteindre le petit incendie qui ravageait un petit Etat européen : la Grèce.

Ensuite, la BCE a été incapable d’empêcher l’incendie de se propager vers l’Irlande.

Ensuite, la BCE a été incapable d’empêcher l’incendie de se propager vers le Portugal.

Ensuite, la BCE a été incapable d’empêcher l’incendie de se propager vers l’Espagne.

Ensuite, la BCE a été incapable d’empêcher l’incendie de se propager vers Chypre.

Etc, etc.

Aujourd’hui, l’incendie est en train de détruire l’économie réelle de douze Etats européens, et la BCE est incapable de l’arrêter.

En clair :

Depuis 2009, si la BCE avait eu la possibilité de racheter les dettes publiques des Etats européens, elle l’aurait fait.

Mais la BCE ne l’a pas fait, car il aurait fallu que les contribuables européens recapitalisent la BCE au fur et à mesure.

Bonjour bruno et nlescan. vous ne le savez pas encore, mais à un meta-niveau d’analyse vous êtes d’accord !

Pourquoi ?

Parce que en matière d’UE et de BCE, mais je crois que je vous ne vous apprendriez rien que vous ne subodoriez déjà, il existe une double réalité et un double langage.

Une double réalité et un double langage ?

Oui, première réalité et premier langage, les textes officiels et prudentiels : la BCE ne prêtera pas aux États et aux organismes d’États, ne monétarise pas leur dettes = article 123 du Traité de Lisbonne. Les autre tirelires européennes, FESF, MES seront gérées de manière prudentielle comme des banques ordinaires => taux de réserves fractionnaires => recapitalisation.
Textes mis en musique par Jean-Claude Trichet compilés et interprétés avec justesse par bruno

Oui, deuxième réalité et deuxième langage : « Mille milliards d’octets, bon sang, puisque nous oligarchie avons créé les règles, nous pouvons les débrayer ! » => la BCE prête aux États en difficulté et monétise les dettes. Analyse juste du fonctionnement « Mario Draghi » par nlescan.

C’est juste que l’oligarchie utilise ses hémisphères cérébraux droits et gauches, un hémisphère prudent qui suit les règles et un autre créatif qui prends des risques, c’est tout.

Oui, mais alors comment analyser, comme le fait souligner bruno, que la BCE ne peut pas tout ? Ce n’est pas en restant dans le cadre du système que l’on peut le comprendre. C’est la confiance qu’inspire à l’extérieur l’eurozone et la volonté externe de la maintenir ou non qui est justement une des clés de son maintien.

(P.S. :réponse écrite en même temps que gilles, mais on dit en gros la même chose)

Aujourd'hui, l'incendie est en train de détruire l'économie réelle de douze Etats européens, et la BCE est incapable de l'arrêter.
Oui. Mais le problème n'est pas celui que vous pointez. nlescan a raison ("schématiquement" comme il dit).
En clair :

Depuis 2009, si la BCE avait eu la possibilité de racheter les dettes publiques des Etats européens, elle l’aurait fait.

Mais la BCE ne l’a pas fait, car il aurait fallu que les contribuables européens recapitalisent la BCE au fur et à mesure.


Pourquoi ? parce que ses statuts l’y obligent.
Ses statuts, ce sont des règles arbitraires.
Les règles arbitraires, ça se change.

Il n’y a aucune impossibilité financière à ce que n’importe quelle banque centrale émette du jour au lendemain 10000 milliard d’euros(*), aucune impossibilité financière à ce qu’elle les prête à qui elle veut à taux zéro et à échéance indéfinie. Il y a juste des implications économiques que des financiers ayant l’oreille des gouvernants allemands craignent plus que tout.

Le seul problème c’est que la Bundesbank a mis comme condition à la création de l’Euro que cela soit interdit à la BCE. Et non seulement pour 10000 milliard ou pour un taux zéro ou pour une échéance longue, mais dès le premier centime de prêt quelque soit son taux et son échéance (pour les États ! … pour les banques il n’y a aucun problème, ni de montant, ni de taux, ni d’échéance), et dès le premier centime de création dès lors que le gouverneur de la BB estime qu’il y a un risque de provoquer une inflation supérieure à 2%.

Vous avez raison d’espérer l’effondrement du système monétaire, mais je crois, comme mes petits camarades, que vous avez tort de compter dessus. Comme dit nlescan, les banquiers allemands sont prêts à débloquer la soupape de sécurité, juste ce qu’il faut, juste au dernier moment. Ils n’ont pas besoin d’un centime pour ça. Ce n’est qu’une question de veto, un coup de téléphone à passer.

(*) Voir par exemple la lumineuse explication d’Olivier Berruyer.

Incarnation et complexité.

Peut-être aussi que la politique de la BCE est dictée par la FED via l’Allemagne-Merkel et que les états européens usent de tous les stratagèmes pour assouplir en catimini ces règles qui les appauvrissent et risquent de les mener à la banqueroute ce que la FED ne peut pas s’autoriser pour sa propre survie et qui crée mécaniquement ce scénario de crise interminable d’une civilisation ayant dépassé le pic de consommation pétrolière dans un système concurrentiel dont les Etats-Unis veulent sortir vainqueurs pour ne pas abandonner leur hégémonie.

Mais ce qui est le plus remarquable dans l’échange entre Instit et nlescan c’est l’engueulade qui se pointe parce que les deux veulent défendre ce qu’ils savent et uniquement ce qu’ils savent, comme si l’apport d’informations supplémentaires invalidait le raisonnement mené et que ça leur était absolument insupportable. C’est ce que j’appelle des fois l’incarnation des idées et qui m’a joué (et me joue encore) de sales tours à moi aussi. À mon avis, on a tellement été élevé au système concurrentiel qu’on a du mal à écouter l’autre parce qu’on n’est pas habitué à ce qu’il nous vienne en aide. L’intervention de tiers - ici Gilles et Lanredec - a très bien fonctionné et c’est sans doute un truc à ne pas oublier dans une expérience démocratique. La médiation pourrait donc avoir pour objectif d’assurer la courtoisie des échanges afin de construire la complexité du débat qui se nourrit forcément de nuances, tout comme le réel auquel nous sommes condamnés.

Oula, je ne m’enguele pas sur ce fil, je discute, c’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec quelqu’un que c’est forcément un engueulade. En plus je lui ai dit que je ne mettais pas en doute l’exemple qu’il a pris, donc il me semble que les info qu’il apporte je les prend en compte… Mais instit s’imagine que la BCE n’a pas racheté de dette en 2009 parce qu’elle ne pouvait pas, c’est évidement une erreur, c’est surtout parce qu’ils ne voulaient pas. Qui « ils »? Ceux qui tiennent le manche en Europe cad le gouvernement allemand qui effectivement s’arrangent avec les States le tout surveillé de près par les équipes de la liste du Forbes et consort qui refusent d’y figurer.

nlescan écrit :

« Mais instit s’imagine que la BCE n’a pas racheté de dette en 2009 parce qu’elle ne pouvait pas, c’est évidement une erreur, c’est surtout parce qu’ils ne voulaient pas. »

Non.

La BCE a pu racheter de la dette en 2009 car la BCE a demandé aux chefs d’Etat et de gouvernement européens de la recapitaliser.

Autrement dit :

La BCE a pu racheter de la dette en 2009 car les contribuables européens ont été obligés de payer 5 milliards d’euros d’impôts supplémentaires pour recapitaliser la BCE.

Concrètement :

Le capital de la BCE n’était que de 5,76 milliards d’euros. Après la recapitalisation de décembre 2010, le capital de la BCE est passé à 10,76 milliards d’euros.

Cette recapitalisation de la BCE n’a pas fait la une des grands médias, sauf dans le site du journal « LA TRIBUNE ». Lisez cet article :

http://www.latribune.fr/journal/edition-du-2012/economie-international/1091163/le-contribuable-a-la-rescousse-de-sa-banque-centrale.html

La BCE n’est pas une divinité.

La BCE n’est pas une divinité toute-puissante, qui serait capable de racheter la dette publique des Etats européens.

Mais en revanche, la BCE est un spectateur impuissant.

Depuis trois ans, la BCE est un spectateur impuissant qui regarde l’incendie se propager dans tous les pays de la zone euro, les uns après les autres.

Grèce. Et après Irlande. Et après Portugal. Et après Espagne. Et après Chypre.

Quelle est la situation aujourd’hui jeudi 25 juillet 2013 ?

Aujourd’hui, une dizaine de pays européens foncent vers le défaut de paiement. Même les grands commentateurs médiatiques qui niaient ces naufrages reconnaissent aujourd’hui que la question est :

QUAND vont avoir lieu ces défauts de paiement ?

Exemple : l’éditorialiste du journal « LES ECHOS » Jean-Marc Vittori mardi 23 juillet. Lisez cet article :

http://www.lesechos.fr/opinions/edito/0202911635059-reflechir-a-l-effacement-des-dettes-publiques-588695.php

Et même Patrick Artus vient de retourner sa veste dans le journal « LA TRIBUNE ».

A propos des défauts de paiement des pays de la zone euro, Patrick Artus écrit :

« Un défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro »

La Tribune : Mais n’y a-t-il pas un danger d’une réaction en chaîne si l’un des pays de la zone euro fait défaut ?

Patrick Artus : Le problème, c’est que l’on n’a pas mis en place les institutions nécessaires pour permettre d’éviter la contagion. Par exemple, si demain le Portugal fait défaut, nous n’avons rien pour empêcher les marchés d’attaquer les autres dettes européennes. Quant à l’OMT, il est inefficace parce qu’il ne peut être déclenché que si un pays demande à être placé sous programme d’aide. Il n’intervient qu’après le désastre, alors que ce mécanisme devrait être préventif. Mais il n’y a pas que cela. Il faut aussi prendre en compte le fait que les banques sont d’énormes détenteurs de dette publique. Pour qu’il y ait un défaut organisé, il faut prévoir avant une recapitalisation des banques. Or, le MES n’est pas prêt. Donc pour l’heure, un défaut signifierait automatiquement une crise bancaire.

Les pays européens qui vont faire défaut sont les suivants :

Grèce, Italie, Portugal, Irlande, Belgique, France, Espagne, Royaume-Uni, Chypre, et plus si affinités.

1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 305,291 milliards d’euros, soit 160,5 % du PIB.

2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2034,763 milliards d’euros, soit 130,3 % du PIB.

3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 208,284 milliards d’euros, soit 127,2 % du PIB.

4- Irlande : dette publique de 204,054 milliards d’euros, soit 125,1 % du PIB.

5- Belgique : dette publique de 394,220 milliards d’euros, soit 104,5 % du PIB.

6- France : dette publique de 1870,294 milliards d’euros, soit 91,9 % du PIB.

7- Espagne : dette publique de 922,828 milliards d’euros, soit 88,2 % du PIB.

8- Royaume-Uni : dette publique de 1385,701 milliards de livres sterling, soit 88,2 % du PIB.

9- Chypre : dette publique de 15,342 milliards d’euros, soit 86,9 % du PIB.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22072013-AP/FR/2-22072013-AP-FR.PDF

Et donc les contribuables européens vont devoir payer encore une fois pour recapitaliser la BCE.

Quand un Etat européen fera défaut dans les semaines ou dans les mois qui viennent, les contribuables européens seront obligés de payer des milliards d’euros d’impôts supplémentaires pour recapitaliser la BCE.

La BCE n’est pas une divinité en lévitation.

La BCE n’est qu’une simple banque, qui ne peut survivre qu’au fur et à mesure que les contribuables paient pour la recapitaliser.

La BCE n’est qu’une simple banque, qui est en équilibre sur les épaules des contribuables européens.

Tu as tes croyance Instit, ça te regarde, je te dis et je te répète que cette histoire de recapitalisation c’est uniquement une façon de NE PAS racheter de dette et de le faire faire par les contribuables du pays. Tu parles de divinité, est ce une façon de faire passer ton contradicteur pour un mystique? Comme tu le vois je peux descendre au même niveau.

Mais plus sérieusement si on lui en donne mandat la BCE peut racheter de la dette sous forme de credit a bas taux accordé aux pays membres, a quelle hauteur la BCE as-t-elle crédité à 1% de taux d’intérêt les banques privées en 2012? Tu crois que ça sortait de leurs caisses? Evidemment pas, il s’agit de création monétaire par le crédit…Ce que toutes les « simples banques » font tous les jours et ce avec quoi elle se rémunèrent grâce à l’intérêt qu’elles réclament en échange.

Pour être honnête je suis assez étonné de trouver sur ce forum quelqu’un qui croit que les banques ont besoin de tant de capital que ça pour faire du crédit, dans la réalité le système de réserves fractionnaires et d’une grande souplesse.

Là ça frise le spam ! On a bien compris et bien lu votre liste !

Et puis, non, une banque centrale n’est pas une « simple banque ». Essayez d’y ouvrir un compte. La BCE est la banque des banques, les Euros dont vous parlez sont de la monnaie banque centrale, une monnaie que vous, citoyen lambda, ne verrez jamais, même si on mesure sa quantité en euros comme on mesure les pommes en kilos. La monnaie que vous utilisez n’est pas de la monnaie banque centrale, même si on mesure sa quantité en euros, comme on mesure de la viande en kilos. Les pommes ce n’est pas de la viande. La monnaie banque centrale ce n’est pas de la monnaie d’usage. La BCE peut fabriquer/inventer/créer de la monnaie banque centrale dans la quantité qu’elle veut. Plus précisément jusqu’à 100 fois son capital … en monnaie banque centrale qu’elle aura préalablement créé (dans la limite de 100 fois son capital précédent) et prêté aux banques centrales nationales.

Pour cette raison, le passif d’une banque centrale, contrairement à celui d’une « simple banque », n’est pas exigible. C’est une sacrée différence.

Mais encore une fois, je ne dis pas que le système n’est pas pourri et que ce n’est pas le citoyen lambda qui va payer. Simplement que c’est justement la raison pour laquelle ce n’est pas ça qui en provoquera l’effondrement.

Dette publique/recapitalisation de la BCE

Il me semble qu’il y a confusion entre deux choses entièrement différentes : la dette publique des pays de la zone euro, qui s’élève, d’après les chiffres fournis, si je calcule bien, à environ 7 000 000 000 000 (sept trillions d’euros) et la dernière recapitalisation de la BCE (cinq milliards d’euros).

Il suffit de comparer le chiffre de la dette publique de la France : 1 trillion 870,294 milliards d’euros et le montant de la recapitalisation récente de la BCE – 5 000 000 000 euros (5 millards d’ euros) – pour se rendre compte que ces chiffres sont sans commune mesure. C’est que les 5 milliards d’euros de recapitalisation de la BCE correspondent à une remise en ordre statutaire qui n’a absolument rien à voir avec le remboursement de la dette publique de l’eurozone : il est normal (et c’est prévu par les traités) que le poids relativement minuscule de ces cinq milliards de recapitalisation de la BCE repose sur les États membres de la zone euro et donc sur les contribuables.

Cela dit, dans le système de l’eurozone, le pouvoir d’émission appartient à la BCE qui (avec l’accord des gouvernements et même parfois sans leur accord explicite comme on l’a vu récemment) peut donc racheter à volonté, en euros ou par échange d’instruments financiers, la dette des États membres de la zone euro, exactement comme le fait la Federal Reserve américaine, en dollars, pour la dette américaine.

Les mécanismes régulateurs habituels (taux de change, inflation) joueront dans ce cas pour les pays de la zone euro à peu près comme ils jouent pour le dollar des ÉUA, sauf que le dollar conserve (pour combien de temps encore ?) des immunités particulières d’émission liées à son statut de principale monnaie de réserve internationale et de monnaie de la principale puissance militaire mondiale – de sorte que le taux d’inflation interne devrait mettre beaucoup plus de temps à bouger que dans le cas de l’euro et que le dollar devrait rester fort.

Cependant, la différence de standing international entre les deux monnaies (euro, dollar) ne joue guère qu’en théorie : dans les faits, le taux d’inflation interne de la zone euro n’a pas trop bougé malgré les interventions monétaires de la BCE, et le taux de change euro/dollar reste stable. La raison en est que derrière ces deux monnaies il y a la première (UE) et la deuxième (ÉUA) économies mondiales, réalité essentielle qui s’impose aux autres économies (pour le moment du moins).

Merci de corriger mes erreurs d’analyse éventuelles. JR

Bonjour aux lecteurs de ce fil, à bruno, nlescan, Jacques Roman, lanredec, Déhel…

Création monétaire illimitée sans contrepartie en richesse réelle à l’instant T par la BCE ou bien pouvoirs strictement limités aux réserves fractionnaires liées in fine à des richesses existantes à l’instant T ?

Arrêtons de nous battre entre nous et contre le vide, l’euro est la forme monétaire de notre impuissance de citoyens et c’est en acceptant cette monnaie de la servitude que nous assisterons impuissant au spectacle de notre future désolation.

Plus que la BCE, c’est la confiance qu’inspire à l’extérieur l’eurozone et la volonté externe de la maintenir ou non qui est justement une des clés de son maintien.

Les dettes des États sont achetés par des investisseurs pour la plupart non-résidents dans le pays de la dette. Et détenus par l’intermédiaire d’assurance-vie par les résidents du pays de la dette*.

Si ces investisseurs pensent qu’il risque d’y avoir défaut, ils demandent des taux d’intérêts plus élevés, ce qui accroît paradoxalement le risque de défaut d’où l’emballement. Toute volonté de sauver l’euro nous maintient plus longtemps la tête sous l’eau. Au plus tôt l’emballement aura lieu au moins longtemps nous serons étranglés !

Mobilisons-nous pour saboter l’austérité et par conséquent l’euro par tous les moyens. Mobilisons-nous pour retrouver une monnaie adossée à un espace de souveraineté et susceptible d’être influencé par les citoyens.

Les propositions du Mouvement pour une émancipation populaire concernant le droit à l’emploi en relation avec l’euro et l’Union Européenne

L’entretien de Cédric Durand du NPA à Algérie Patriotique :

http://algeriepatriotique.com/article/cedric-durand-algeriepatriotique-leurope-sest-muee-en-une-machine-qui-se-dechaine-contre-les

[align=center]Si l’on veut résoudre le problème de l’emploi, on n’a pas d’autres choix que sortir de l’euro. Pourquoi ?[/align]

Il faut financer 6 à 7 millions de salaires pour financer les emplois qui permettrait de supprimer le chômage. Cela veut dire une augmentation, de la dépense publique. Il faut assumer ce choix politique en rupture totale avec les dogmes européens. Et en même temps, cette augmentation du pouvoir d’achat dans la société va provoquer le même phénomène qu’en 1981-1982 quand la gauche est arrivée au pouvoir, qu’elle a a fait une politique keynésienne, cela a provoqué une augmentation des importations qui a déséquilibré les finances publiques. Eh, bien là aussi, cela va provoquer le même phénomène. Alors que faut-il faire ? Il faut annuler la dette publique, c’est à dire cesser de rembourser la dette publique, restructurer la dette, mais si vous faites cela, les marchés financiers, auxquels la France emprunte, ne vont plus prêter à la France, c’est logique, puisque la France ne les rembourse plus. Comme en Argentine. Alors comment faire ?

Eh, bien, en sortant de l’euro, on peut utiliser la Banque de France qui prêtera, sous certaine limites, à l’État. Ce qui était possible avant avec des taux d’intérêts faibles, voire même qu’elle fasse des avances non-remboursables, dans certaines limites, évidemment. Que l’État emprunte aux banques et aux compagnies d’assurances par des emprunts forcés, banques et compagnies d’assurance qui auront été nationalisées. On ne peut pas faire cela dans le cadre de l’euro, il faut sortir de l’euro si l’on veut résoudre le problème du chômage.

Vous n’avez-pas peur d’un certain isolement de la France, si vous preniez de telles mesures ?

Pas du tout. Isolement vis à vis des classes dirigeantes, certes heureusement ! Cela veut dire que si on n’était pas isolés par rapport à toute cette population de réactionnaires, eh, bien on ne ferait pas une politique en faveur du peuple ! Il faut s’isoler de ces gens-là. Il faut débrancher le malade ! Il faut se débrancher de la mondialisation. Il faut démondialiser ! Donc, s’isoler de ces gens-là, absolument ! Est-ce que pour autant, on va s’isoler de la population, des peuples européens ? Pas du tout ! La situation des peuples européens est une situation de ras-le-bol vis à vis des politiques de l’Union Européenne et le fait que la France avance dans cette direction montrera en quelque sorte une voie dans laquelle pourront s’engouffrer les autres peuples.