32 Sortir de l'Union Européenne

Les citoyens contre l’euro-manie
Bürger gegen den Euro-Wahn

En Allemagne aussi, on ne supporte plus l’euro et des mouvements d’éducation populaire expliquent les mécanismes monétaires :
Auch in Deutschland, nicht mehr unterstützt den Euro, der Volksbildung Bewegungen erklären Währungsregelungen:

Annonce de la conférence : http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3116

Une intervention d’Oliver Janich, ancien éditorialiste à FOCUS Money : http://www.youtube.com/watch?v=qVt7t8V_x6M

Modification du 11 mai 2012 : Mise en gras des liens hypertexte

Une monnaie unique ne peut fonctionner que dans le cadre d'une économie unique, avec une dette unique et une richesse uniques.
Et avant tout une protection sociale unique, et donc une fiscalité unique.

En effet.

Plus aucune souveraineté nationale ?

C’est peut être là que le bas blesse : trop tôt dans l’Histoire, le mécanisme d’union (centraliste ou fédéraliste) devait ménager les susceptibilités et donc intégrer d’énormes potentialités de distorsion. (?)

Je ne sais pas ce que va vaut mais ne pourrait on pas imaginer que les systèmes de protections social soit privées , des mutuelles , et pourquoi pas en concurrence MAIS que l’on y adhere collectivement au niveau communal, par voie démocratique évidemment, pour conserver la solidarité ?

Une monnaie unique ne peut fonctionner que dans le cadre d'une économie unique, avec une dette unique et une richesse uniques.

ou bien ?


Pourriez-vous nommer un pays où la monnaie unique fonctionne ou a fonctionné dans les conditions que vous dites ?

Dans la négative, il faudrait conclure qu’aucune monnaie unique n’a jamais fonctionné, c’est bien ça ? JR

La France, autrefois.

Je ne sais pas ce que va vaut mais ne pourrait on pas imaginer que les systèmes de protections social soit privées , des mutuelles , et pourquoi pas en concurrence MAIS que l'on y adhere collectivement au niveau communal, par voie démocratique évidemment, pour conserver la solidarité ?
Les mutuelles ne relèvent pas de la propriété privée mais de la propriété commune : vous ne pouvez pas vendre votre part d'une mutuelle.

A part ce détail (!) oui, bien sûr : tout ce qui est faisable à l’échelle d’un État (dans le domaine organisationnel) est faisable à l’échelle d’une commune. C’est le sens contraire qui pose problème.

Mais le périmètre sur lequel agit le système de protection sociale doit être le même que celui sur lequel agit le système monétaire : à l’intérieur de ce dernier, en l’absence de redistribution sociale et fiscale, la mécanique économique fait que les régions les plus pauvres deviennent de plus en plus pauvres et les régions les plus riches deviennent de plus en plus riches. Un système d’assurance chômage ne peut pas fonctionner dans une région où tout le monde est au chômage, et ne sert à rien dans une région qui connaît le plein emploi.

Par privée je voulais dire non étatique. Pour le chômage je me dis que c’est une invention capitaliste, il y a toujours à faire en vérité. Que dans une fédération de communes il est besoin de solidarité je veux bien le concevoir, catastrophe naturelles, besoin d’équipement, défense…c’est même le but de l’alliance. Alors oui je vasouille, j’explore, mais j’essaye d’imaginer ce que pourrait être un système de protection sociale qui ne soit pas contracté à titre individuel mais par sa commune, je vais essayer de faire un tableau avantages/inconvénients . À plus.

[bgcolor=#FFFF99]Trois prochaines conférences SUR INTERNET,
avec Opinews, en mars
[/bgcolor]

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012%2F03%2F11%2F198-trois-prochaines-conferences-sur-internet-avec-opinews-en-mars

[bgcolor=#FFFF99]• Première conférence sur Internet, mardi prochain 13 mars, de 20 h à minuit, sur l’Union européenne.[/bgcolor]
• Seconde conférence, sur la monnaie, mardi suivant, 20 mars à 20 h.
• Troisième, sur la démocratie et le processus constituant, mardi suivant, 27 mars à 20 h.

Plus pressé que moi, tu meurs :wink:

Bonne nuit à tous.

Étienne.

[align=center]L’emploi est en panne, les candidats aussi.[/align]

[color=navy][size=9]En cinq ans, le chômage en France a beaucoup augmenté. C’est un fait indubitable. Pensez-vous, cependant, que si Ségolène Royal avait été élue en 2007 en lieu et place de Nicolas Sarkozy, la France aurait aujourd’hui retrouvé le niveau d’emploi des années 1960 et vendrait des machines-outils à l’Allemagne ? Si c’est le cas, autant arrêter votre lecture ici, car on va tenter de traiter sérieusement un sujet sérieux. La question est donc la suivante : dans les circonstances particulières des quatre dernières années, avec des crises en cascade dans la plupart des économies développées, quelle est la part de responsabilité de Nicolas Sarkozy dans les chiffres incontestablement mauvais du chômage ? Une deuxième question découle logiquement de la première : qu’aurait dû faire le président de la République pour que notre économie crée plus d’emplois et en détruise moins ?

Puisque l’Allemagne est devenue, pour presque toute la classe politique, le « modèle » à imiter, rappelons à son sujet quelques vérités. Si l’économie allemande, notamment son industrie et ses exportations, vont bien, c’est en grande partie parce que les Allemands vont mal et acceptent d’aller mal. En effet, sans les réformes de Gerhard Schroeder et la création du système dit « Hartz » (du nom de Peter Hartz, ministre social-démocrate de l’économie dans le gouvernement Schroeder), qui se sont traduites par la précarisation et la paupérisation d’un grand nombre de ci-devant membre des classes moyennes, il n’y aurait point d’excédents commerciaux ni de « plein emploi » outre-Rhin.

On estime aujourd’hui que le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale dite « Hartz IV » s’élève à 6,6 millions. La réalité du marché du travail allemand, c’est aussi cinq millions de travailleurs pauvres, autant de petits boulots (en augmentation de presque 50%) et une explosion de l’intérim qui atteint 134%. Quant aux retraités ils sont de plus en plus nombreux (presque 700 000) à devoir, comme beaucoup d’Américains, compléter leurs petites pensions avec les revenus d’un mini-job. Ça fait envie, non ? Ajoutons que le taux d’emploi des femmes de 15 à 64 ans est de 45 % outre-Rhin contre 53 % en France et que les moins de 20 ans représentent 18,3 % de la population allemande et un quart de la nôtre : il est tout de même plus facile d’avoir un faible taux de chômage des jeunes quand on n’a pas de jeunes….

Dans ces conditions, on peut effectivement se poser des questions sur le sens du terme « plein emploi » voire sur la signification du taux officiel de chômage chez nos cousins germains. Force est de reconnaître que la France a échappé à cette thérapie-là et que le président sortant y est pour quelque chose. Certains de ses électeurs pourraient même légitimement le lui reprocher, car il a été élu pour reformer l’économie française en s’inspirant de tout ce qui marche ailleurs, outre-Rhin ou outre-Atlantique. Or il ne l’a pas fait ou très mollement. On imagine aisément les critiques de la gauche si le prix d’une baisse du chômage avait été le démantèlement du SMIC, la suppression du RSA et la généralisation du CDD comme contrat de travail standard…

On pourrait donc se féliciter, a priori, que les deux prétendants majeurs à l’Elysée soient d’accord sur ce qu’il ne faut pas faire, en l’occurrence importer les thérapies appliquées en Allemagne. On sera en revanche plus inquiet sur ce que l’un et l’autre se proposent de faire pour relancer l’emploi. À ma gauche on se propose de rouvrir en grand les guichets d’embauche de fonctionnaires et de multiplier les emplois semi-publics aidés pour les jeunes, les vieux, les femmes et les divers. À ma droite on préfère chercher la formule magique qui permettra de réduire le coût du travail sans toucher à la fiche de paie : si Nicolas Sarkozy est réélu, on peut donc s’attendre à ce que les embauches de jeunes, de vieux, de femmes et de divers bénéficient de nouvelles exonérations de charges.

L’ennui, c’est que ces deux politiques ont déjà fait la preuve de leur inefficacité. Voilà pourquoi même si tout change, rien ne changera vraiment. Ce repli de Nicolas Sarkozy et de François Hollande sur de vieilles recettes pour électeurs déjà convaincus (ou n’ayant guère d’autre choix in fine) est d’autant plus dommageable qu’ils avaient l’un et l’autre la possibilité d’innover réellement en matière d’emploi. Il suffit d’observer l’enthousiasme qui saisit l’électeur, et notamment l’électeur ouvrier ou chômeur, dès qu’on lui parle de protectionnisme. Et peu lui chaut, à l’électeur que ce protectionnisme soit de droite, à la Guaino, ou de gauche, à la Montebourg. Ce qu’il veut, notre électeur, c’est qu’on arrête d’ériger le libre-échangisme en fondement de nos valeurs républicaines et qu’il ne soit pas aussi difficile d’acheter une jolie robe made in France à un prix raisonnable que de trouver du cassoulet au confit d’oie dans une gargote pékinoise.

Reste une question : si l’option « protectionnisme intelligent » peut à la fois rapporter moult voix et aider à résorber le chômage pourquoi nos deux larrons ne s’en emparent-ils pas ? La réponse à cette excellente question est que les deux candidats qui font la course en tête sont d’accord sur l’essentiel, c’est-à-dire le cadre général : la monnaie unique et une Union européenne gérée plus ou moins selon le Traité constitutionnel rejeté en 2005 et renforcé depuis par des mesures anti-dette qui ont amené encore plus de contrôle européen sur les budgets des Etats membres. Hors de la Règle d’or, point de salut, la messe est dite.

Dans ces conditions, en matière économique et sociale, nous avons le choix entre un gendre idéal et un mauvais garçon ou, si vous préférez, entre le candidat de Jacques et celui de Bernadette. Excitant, non ?[/size][/color]

[color=darkgreen][size=9]Un article de Gil Mihaely, directeur en Histoire à l’École des Hautes Éudes en Science Sociale, président et directeur de la rédaction de « Causeur »

Site original :
[/size][/color]
[b]http://www.causeur.fr/l’emploi-est-en-panne-les-candidats-aussi,16843[/b]

Modification du 11 mai 2012 : Rectification du lien hypertexte qui avait été déplacé par le site Causeur

les Allemands vont mal
C'est même l'INSEE qui le dit. Espérance de vie en bonne santé : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=CMPECF02228&reg_id=98

Merci lanredec de ces précisions. L’Allemagne est le pays qui a compris le premier qu’avec le traité de Maaastricht, les leviers monétaires et budgétaires étant retirés aux États-membres, il ne restait que la déflation salariale pour pouvoir augmenter les parts de marché. Cela a été la politique ( Lois Hartz ) de Gerhard Schröder. D’où maintenant simultanément, la mauvaise santé de ses salariés et la relative bonne santé de ses entreprises présentée comme un modèle, alors que si celui-ci se généraliserait dans les pays voisins, les entreprises allemandes perdraient une grosse partie de leurs clients. Et que la récession ferait encore plus boule de neige.

[align=center][color=saddlebrown][b][size=14]Les salariés avec un soutien qui n’implique pas un renoncement au sens critique, peuvent-ils peser à partir de leurs intérêts sur les orientations du Front de Gauche ?

[/size][/b][/color][/align]

[color=#601b0a][size=9]Il y a consensus au Parti de Gauche pour rejeter toute idée explicite de sortie de l’Euro, et pour essayer de nous convaincre qu’on peut résoudre le problème de la dette publique sans y avoir recours. Il suffit, nous dit Jacques Généreux, que la BCE prête aux états à taux nul. Il ne vous échappera pas que cela nécessite une modification des traités européens…

Article 123-1 de la version consolidée du traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne : Il est interdit à la Banque Centrale Européenne (BCE) et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

Voir page 53 de la version consolidée du traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne :[/size][/color]
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2008:115:0047:0199:FR:PDF

[color=#601b0a][size=9]Pas de problème nous dit Généreux: si le Front de Gauche arrive au pouvoir, il posera à nos partenaires européens un ultimatum. Ou bien ils acceptent de modifier les statuts de la BCE, ou alors nous ferons cela nous même en modifiant les statuts de la Banque de France pour qu’elle prête à l’Etat à taux nul. Car, [bgcolor=#FFFF99]Généreux déclare sous les applaudissements de la salle : « les traités ne sont pas faits pour être respectés, ils sont faits pour être signés et violés ensuite ».[/bgcolor]

[bgcolor=#FFFF99]Admettons. Mais si la salle avait applaudi un peu moins et réfléchi un peu plus, elle se serait posée la question qui met par terre tout ce bel édifice. Et la question est la suivante: d’où sortira l’argent que la Banque de France prêtera à l’Etat ? Car pour que la Banque de France prête, il ne suffit pas de l’obliger, il faut aussi qu’elle ait de l’argent à prêter. Si la Banque centrale a la capacité d’être prêteur en dernier ressort - c’est à dire, avec une capacité de prêt théoriquement illimitée - c’est parce qu’elle peut battre monnaie. Mais justement les banques centrales des pays de la zone euro n’ont plus ce privilège. Pour pouvoir faire ce que Généreux - et donc le Front de Gauche - propose, il faudrait rétablir le droit de la Banque de France de battre monnaie. Mais quelle monnaie, justement ? Pas l’euro: autoriser la Banque de France a émettre des euros sans la permission de la BCE revient à légaliser le faux monnayage. Et si Généreux a raison de dire que l’Union Européenne ne va pas nous envoyer l’armée parce qu’on refuse d’appliquer les traités, l’UE dispose tout de même de puissants moyens de sanction si par hasard on s’amusait à émettre de la monnaie unique de manière indépendante. Les « faux euros » émis par la France ne seraient en tout cas certainement pas acceptés par le reste de l’Union. En les émettant, on serait de facto sorti de l’union monétaire, puisque ces « faux euros » (qu’on pourrait rebaptiser « francs », puisqu’on y est) constitueraient une monnaie nationale. Ce que propose Généreux ne peut fonctionner sans aboutir à une sortie de l’euro déguisée.[/bgcolor][/size][/color]

Allez, Gilles, je poste la suite de l’article de « Descartes » sur ce sujet

.../.. [bgcolor=#FFFF99]Reste à comprendre pourquoi Généreux continue à défendre une proposition dont il ne peut pas ignorer la faiblesse. Car je ne peux pas croire un instant que Généreux n'ait pas vu cette objection. Le fait qu'il n'y réponde pas me plonge dans un abîme de perplexité entre deux options: soit Généreux n'y croit pas lui même, et sa proposition de faire de la Banque de France un prêteur un dernier ressort n'est qu'un rideau de fumée, ou bien il propose en fait une sortie de l'euro déguisée pour ne pas effaroucher l'électorat europhile. Je penche plutôt pour la deuxième option, parce que le discours du Front de Gauche enfourche le discours europhile sur un autre domaine, qui est celui de la dévaluation: Le discours est schématiquement le suivant: la sortie de l'euro pourrait se justifier pour permettre la dévaluation. Mais la dévaluation compétitive est une arme de guerre contre nos partenaires commerciaux, et nous sommes contre la guerre, ergo, pouvoir dévaluer est inutile.

Ce qui est drôle dans ce raisonnement, c’est qu’il suppose donc que la parité entre les différentes monnaies retenue lors de la création de la monnaie unique non seulement est « juste », mais le restera pour les siècles de siècles. Car si elle n’était pas « juste », pourquoi toute retouche de cette parité serait un acte de guerre ? On peut se demander comment, après voir critiqué l’idée même de « loi » de l’économie, peut on trouver une « loi » qui nous dise quelle est la « vraie » parité, la parité « juste »…

En fait, la question de la dévaluation dépasse, et de beaucoup, la question de la « dévaluation compétitive ». Il s’agit aujourd’hui moins de doper les exportations par une politique agressive de dévaluation, que de permettre aux parités monétaires de s’ajuster pour tenir compte des inflations sous-jacentes qui sont différentes dans les différents pays. L’ajustement des parités monétaires est le « stabilisateur automatique » qui permet à des économies aux productivités très différentes de coexister sans que les unes écrasent les autres et sans aboutir à une crise. Sans ce levier, le seul « ajustement » de la compétitivité possible est l’austérité et la déflation salariale. Avec la dévaluation, vous pouvez simultanément faire baisser les salaires et les prix exprimés en monnaie étrangère. Sans dévaluation, vous êtes obligé de baisser les salaires nominaux en priant que les prix suivent…ce qu’ils ne font qu’avec un retard tel que le système aboutit à la crise. C’est exactement ce qu’on est en train de voir en Grèce.[/bgcolor]

On ne peut que supputer pourquoi le Front de Gauche, qui est si « radical » dans certains domaines, épouse la position fédéraliste sur l’Europe. Ma théorie est que cela répond à la sociologie du Front de Gauche, fermement ancrée dans les classes moyennes, qui sont les grandes gagnantes de l’Euro et de la construction européenne. Il y a peut-être aussi un refus individuel, au niveau des dirigeants ex-socialistes du FdG d’admettre qu’ils se sont fait berner ou de rompre avec la doxa mitterrandienne…


Bien évidemment la seule solution (sauf éclatement complet) est de faire évoluer l’euro « monnaie unique » vers un « euro commun », avec simultanément des « euros-nationaux » (que certains préfèreront appeler francs, mark et pesetas, etc)

Un système de poupées russes :

Monnaies locales citoyennes < Monnaies régionales < Monnaies nationales < Monnaies continentales < Monnaie mondiale

Chaque étage servant de tampon d’échange pour l’étage qu’il contient.

La gestion démocratique réelle, voire directe, étant maximalisée pour chaque étage, et en particulier pour ceux qui concernent un territoire réduit.

?

Retour au SME et à l’ECU ? Quelles leçons a-t-on tiré des attaques spéculatives de 1993 (en dehors de passer à la monnaie unique, bien sûr) ?

Retour au SME et à l'ECU ? Quelles leçons a-t-on tiré des attaques spéculatives de 1993 (en dehors de passer à la monnaie unique, bien sûr) ?
On peut très bien décider que les monnaies nationales seront non convertibles si ce n'est en "euro commun"et que leurs parités seront politiquement établies et annuellement révisés. Il n'y a plus de spéculation possible, si ce n'est contre l'euro commun

De toute façon l’euro explosera sauf à accepter un fort fédéralisme et des transferts importants des pays riches du nord vers ceux du sud: ca n’en prends pas le chemin…

Retour au SME et à l'ECU ? Quelles leçons a-t-on tiré des attaques spéculatives de 1993 (en dehors de passer à la monnaie unique, bien sûr) ?
Les attaques spéculatives étaient du au fait que les unionistes-centralistes n'avaient pas tirés les leçons de la fin de l'étalon or et des accords de Bretton-Woods et ne voulaient pas laisser flotter les monnaies => d'où des parités contenues dans des limites, le fameux serpent monétaire européen, le SME. => les monnaies de certains pays n'étant pas au cours de change correspondant à la situation économique => d'où les attaques spéculatives pour profiter de l'écart entre le cours de change forcé et le cours de change réaliste par rapport à la situation économique.

[bgcolor=##FFFF99]Pour la plupart des agents économiques : les salariés et les agents économiques nationaux, agriculteurs, artisans, professions libérales, commerçants, petits entrepreneurs : La leçon des attaques spéculatives de 1993 et des 10 ans de l’euro est : des monnaies nationales libres de s’apprécier ou de se déprécier suivant la situation économique sont préférables à une monnaie unique rigide comme un couperet. La souplesse et l’ajustement des parités monétaires sont les stabilisateurs automatiques qui permettent à des économies aux productivités très différentes de coexister sans que les unes écrasent les autres et sans aboutir à une crise. Sans ce levier, le seul « ajustement » de la compétitivité possible est l’austérité et la déflation salariale. Avec la dévaluation, vous pouvez simultanément faire baisser les salaires et les prix exprimés en monnaie étrangère. Sans dévaluation, vous êtes obligé de baisser les salaires nominaux en priant que les prix suivent…ce qu’ils ne font qu’avec un retard tel que le système aboutit à la crise. C’est exactement ce qu’on est en train de voir en Grèce.[/bgcolor]

il est peut-être temps d’y réfléchir…
après la Grèce, l’Espagne ?

http://www.marianne2.fr/Europe-les-traders-siffleront-bientot-la-fin-de-la-recre_a216822.html
(Jacques Sapir)

EXTRAIT

Quatre candidats, chacun à leur manière, tentent de ramener le débat là où il devrait être. • François Bayrou est l’un d’entre eux, mais il ne propose rien que rigueur, rigueur et encore rigueur, alors que l’on sait que face aux problèmes de l’heure, celle-ci est non seulement inefficace mais en réalité contre-productive. Qu’il médite donc sur la politique menée par le chancelier Brüning en Allemagne de 1930 à 1932. • Marine Le Pen agite aussi ce problème, mais elle le fait sans méthode. Elle propose un référendum sur l’euro alors que c’est sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) qu’il faudrait impérativement voter. • Nicolas Dupont-Aignan a pour lui la cohérence, et le fait d’avoir anticipé de longue date les problèmes que nous connaissons. Mais il se heurte au mur de la crédibilité politique. • Reste Jean-Luc Mélenchon, dont le programme logiquement ferait exploser la zone euro, mais qui se garde bien d’évoquer cette perspective. Ce faisant, il laisse planer une ambiguïté. Ira-t-il jusqu’au bout ou, devant les conséquences évidentes de l’application des mesures qu’il avance, reculera-t-il au dernier moment, tout comme le fit François Mitterrand en 1983 ?