32 Sortir de l'Union Européenne

@ gilles : quel serait le motof de la BCE ? Et d’abord, qui est la BCE ?

Tandis que Goldmann-Sachs et les banques privés, on sait qui ils sont et quel est leur interet dans l’affaire. Les accuser me semble beaucoup plus crédible.

Bonjour Zoltán, à mon avis, les marchés sont bien sûrs acteurs de la crise, mais ils ne voient que leurs intérêts de court terme et sont pour que la Banque Centrale Européenne soutiennent les dettes publiques en les rachetant sans conditions. La Banque Centrale qui elle a une stratégie de long terme, utilise la crise pour faire avancer ses solutions centralistes en faisant plier les gouvernements. Comment ? En cessant ses achats de dettes publiques sur les marchés, c’est ce qu’elle a fait pendant une période pour les dettes italiennes pour asphyxier le gouvernement Berlusconi et l’obliger à partir. Entre la Commission non-élue qui mettra son droit de veto préalable sur les budgets et La Banque Centrale, ou j’oserais-je dire Centraliste Européenne qui peut asphyxier ou tenir à bout de bras à sa guise un gouvernement, leurs volontés sont claires : arriver à la fin du pouvoir des citoyens sur la politique, la vraie politique : l’inflation, les salaires, le pouvoir d’achat, les choix nationaux de politique d’éducation, de recherche, de santé, agriculture …, la répartition des richesses entre travail et capital. Il me semble que cette analyse est la bonne et que la « solution » fédéralo-centraliste au niveau européen nous sera présentée comme la seule politique possible. C’est oublier qu’à chaque fois que l’on nous a présenté qu’une seule politique était possible, par conception-même il s’agissait d’une option non-démocratique et que tout avait été fait auparavant pour bétonner ce choix.

Qui est la BCE ? Je n’en sais rien, pour le savoir enquêter là-dessus serait nécessaire.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_centrale_européenne#Organisation

Loukás Papadímos n’a jamais travaillé pour Goldmann Sachs, si l’on croit wikipédia et l’Harvard Kennedy School :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucas_Papademos

http://www.hks.harvard.edu/about/faculty-staff-directory/lucas-papademos

« arriver à la fin du pouvoir des citoyens sur la politique » >>> je rajouterais :
« arriver à la fin du pouvoir des citoyens et des gouvernements »
(puisque le pouvoir des citoyens n’est hélas qu’anecdotique depuis 1789)

Je serais mois précise concernant le chef d’orchestre. Je le perçois non pas central mais diffus. Un égrégore systémique. En première approximation : Un squat des esprits doublé d’un mécanisme de promotion des esprits squattés.

« Qui est la BCE ? » L’usage du pronom personnel humain est symptomatique d’une perception juste, peut être à clarifier : il y a personnification effective d’organismes officiels incarnés en entités pensantes dont les neurones sont les acteurs humains qui se croient libres mais ne le sont pas. Et ce phénomène n’est pas que réservé à la BCE. Il est général.

les marchés (...) ne voient que leurs intérêts de court terme
affirmation gratuite, sans fondement historique.
... et sont pour que la Banque Centrale Européenne soutiennent les dettes publiques en les rachetant sans conditions.
oui, et pourquoi ? car ils ont créé une bulle spéculative sur les dettes, par le mécanisme de l'argent-dette, dont une grosse partie est sans valeur (90%) et une petite partie repose sur des vraies dépots (fonds de pension et dollars du pétrole). Or, ils - les marchés - se doivent mutuellement les 90% d'argent virtuel, et pouraient donc se l'annuler si ils le voulaient, mais ils n'ont pas moyen de rembourser la partie "vraie" qui sera réclamée un jour ou l'autre. Ils veulent donc que les banques centrales bouchent le trou, sinon ils - les acteurs des marchés qui sont partis avec la caisse - finiront en prison.

Et comme par hasard, l’effondrement arrive pile au moment où l’on atteint le peak-oil (2006) et pile au moment où la génération papy-boom arrive à la retraite (1945+65=2010). Pur hasard ?

La Banque Centrale qui elle a une stratégie de long terme
La BCE existe depuis 10 ans, faut pas dire n'importe-quoi.
utilise la crise pour faire avancer ses solutions centralistes en faisant plier les gouvernements. Comment ?
NON !!! pas "[i]comment[/i]", [b]POURQUOI[/b] ??? Et [b]pour qui[/b] ?
Il me semble que cette analyse est la bonne
quelle analyse ? Que l'Europe est méchante pour le plaisir d'être méchante ? Pour le plaisir de soumettre les peuples au dictat des politiciens ? Et qui en profite ? Les banquiers et les milliardaires, mais Goldmann-Sachs et consorts ne seraient qu'un leurre ?
Qui est la BCE ? Je n'en sais rien, pour le savoir enquêter là-dessus serait nécessaire.
oui, l'analyse serait plus crédible, en effet. Si tu veux bien, tant que tu n'auras pas amené la réponse du "[b]pourquoi[/b]" et "[b]pour qui[/b]" la BCE ferait tout-ça, je serais obligé de considérer cette "[i]analyse[/i]" comme pure propagande. A la limite, j'accuse même ceux qui profèrent ce genre de discours de travailler pour les banksters et vouloir détourner l'attention en trouvant de faux coupables.

Accusation grave, je sais.

Zoltán, il ne sert à rien d’être inutilement agressif, il y a plusieurs crises qui se sont suivies et se sont téléscopées, celles des subprimes dues aux banques et au gouvernement états-uniens, la crise financière qui s’en est suivie, ensuite le renflouement des banques par les États, stupide et laxiste car sans aucune contrepartie de régulation, puis la crise d’une monnaie stupide car inadaptée à chaque économie et impossible à dévaluer ou à réévaluer. L’euro était en effet un pari économique et politique dont tout le monde savait dès le début qu’il comportait des risques. Ma conviction est que les avantages attendus de l’euro n’étaient aucunement économiques mais politiques : sceller l’achèvement de l’état européen. La crise dont nous parlons est celle des dettes publiques des pays de la zone, comme expliquées dans cette animation vidéo :

http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article170

dues pour une part par les conséquences de l’article 123 qui oblige les États-membres de ce qui s’appelle encore l’Union Européenne à emprunter pour leurs dettes aux banques privées avec intérêt au lieu d’emprunter à leur Banque Centrale sans intérêts. Pour une autre part, ce sont le manque de recettes budgétaires des États qui créent le déficit. Manque de recettes dues à l’évaporation des emplois industriels et agricoles à cause d’une monnaie surévaluée pour certains pays de ce que l’on appelle encore pour combien de temps, l’Union européenne.

Voir le taux de couverture des exportations par rapport aux exportations en France :

qui ne cesse de se dégrader sur le long terme dès que les politiques de franc fort préparant l’introduction de l’euro sont mises en place.

La zone euro a la plus faible croissance du monde. L’euro ne garantit donc rien sinon une asphyxie progressive de ses membres.

Il y a 3 visions qui s’affrontent en Europe:

  • une vision marchande, défendue par les Anglais, qui veulent un commerce continental mais des politiques nationales

  • ume visiom régionaliste, défendue par les Allemands sur leur modèle des Länder, où la plupart des politiques sont locales et avec un etat général peu intrusif, qui gère ume politique internationale réservée

  • une vision hégémoniste, centralisée, avec des relents Napoleoniens, défendue par les Français. L’€uro est une volonté française, le TCE et le traité de Lisbonne sont une construction franaise, l’article 123 est une copie de la loi française du 3 janvier 1973, la moitié du budget de l’UE est (ou était ?) consacré à une politique agricole commune productiviste dont la France était une des plus grandes bénéficiaire…

il ne sert à rien d'être inutilement agressif.
Tu te présente comme un pauvre français étouffé par la méchante pieuvre européenne, alors que c'est [b]ton[/b] gouvernement qui impose la vision fraçaise napoleonienne au reste de l'Europe.

Si l’Europe centralisée ne te plait pas, commence par renverser ton régime politique pourri. Ni les Allemands, ni les Anglais, ni les Hongrois n’en veulent. Alors arrête de jouer la victime, en Europe, les méchants, ce sont les Français.

Holà, du calme, il me semble que le pouvoir exécutif ne m’a pas souvent demandé mon avis, notre avis et quand celui-ci nous a demandé notre avis, il n’en a pas tenu compte. Je ne suis pas d’accord avec l’hégémonie d’où qu’elle vienne de Bruxelles, Paris, Washington, Moscou, Pékin « … … », remplissez les guillemets.

Je suis pour la joie, le courage et la fierté qu’apporte l’autonomie.

Tiens pour soulager tes maux d’estomac, un extrait d’une traduction de Robert Fisk :

Les banques et les agences de notation sont devenues les dictateurs de l’Occident. Comme Moubarak et Ben Ali, les banques croyaient et croient encore qu’elles sont les propriétaires des pays où elles sont implantées. Les élections qui leurs ont donné le pouvoir, par l’intermédiaire et grâce à la complicité de gouvernements sans courage politique, deviennent aussi fausses que les sondages, puisque nous ne pouvons pas appeler élections, ces consultations forcées où les Arabes décennie après décennie, oignaient les propriétaires de leurs pays. Goldman Sachs et la Royal Bank of Scotland sont devenues les Moubarak et les Ben Ali des États-Unis et du Royaume-Uni, chacun engloutissant la richesse du peuple dans des récompenses factices et des bonus pour leurs patrons vicieux à une échelle infiniment plus rapace que ce que leurs frères en dictatures arabes ne pouvaient imaginer.

[b]http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/robert-fisk-bankers-are-the-dictators-of-the-west-6275084.html[/b]

[align=center]Que se passe-t-il vraiment en Grèce ? Décembre 2011[/align]

Cliquez sur l’image pour visualiser une vidéo dailymotion d’une durée de 20 mn : Un témoignage édifiant de Dimitri Makrygiannis sur les effets de la BCE, de la Commission Européenne et du FMI, de la « construction » européenne réellement existante, en Grèce en cette fin d’année 2011. La France suit-elle le même chemin ? Cette intervention plus qu’alarmante a eu lieu à l’Assemblée Citoyenne de Grabels, une commune de l’Hérault près de Montpellier.

Ceux qui préfèrent lire du texte pourront se référer au blog de l’historien et ethnologue-anthropologue grec Panagiotis Grigoriou :
[b]http://greekcrisisnow.blogspot.com/[/b]


Une politique d’un niveau de démocratie acceptable n’est plus compatible avec l’application pratique et concrète des traités européens. De tous les traités européens, inclus le traité de Rome de 1957 dont de nombreuses dispositions n’étaient pas activées au départ et étaient amenées à s’appliquer plus tard. Étienne a décrit ce mécanisme d’activation différée de manière orale dans l’une des trois vidéos :

[b]http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=11134#p11134[/b]

Le Traité de Rome a pour base d’instituer le Marché comme seule base de la vie en société. Nous y sommes. Faisons en sorte d’y faire échec.

l'État, il en existe trois types : la république, la monarchie, le despotisme. L'état despotique est mu par la crainte, l'état monarchique est mu par l'honneur, l'état républicain est mu par la vertu.
Je découvre ce petit texte à l'instant :

Il faut rechercher chez Aristote (384-322 av. J.-C.) dans Politika la « Politique » la source de la philosophie politique davantage que chez Platon. Aristote considère que la cité est une communauté de citoyens et que l’homme zôon politikon « animal politique » accomplit en son sein sa finalité ultime eu zèn la « vie bonne ».

C’est Aristote, encore, qui nous lègue la première typologie des régimes politiques. Le premier critère de cette typologie est dichotomique en faisant la distinction entre les régimes droits, qui ont pour objet l’intérêt commun pour le bien de tous, et les régimes déviés, qui ont pour finalité l’intérêt particulier pour le profit de certains. Le second critère s’intéressera à la répartition du pouvoir souverain, entre les mains d’un seul, de quelques uns ou de tous :

  • monarkhia « monarchie » (de monos « seul » et arkhein « commander »), le pouvoir d’un seul pour le bien de tous ;

  • aristokratia « aristocratie » (de aristos « meilleur » et kratos « puissance »), le pouvoir de quelques uns pour le bien de tous ;

  • politeia « régime constitutionnel », le pouvoir de tous pour le bien de tous ;

  • turannia « tyrannie » (de turannos « maître »), le pouvoir d’un seul pour le profit d’un seul ;

  • oligarkhia « oligarchie » (de oligos « peu nombreux » et arkhein « commander »), le pouvoir de quelques uns pour le profit de quelques uns ;

  • dêmokratia « démocratie » (de dêmos « peuple » et kratos « puissance »), le pouvoir de tous pour le profit de certains.

Cette définition, étonnante aujourd’hui, de la démocratie par Aristote tenait à l’analyse qu’il faisait de la démocratie athénienne qu’il ne prenait pas pour un modèle de droiture (cf. la mort de Socrate in Apologhia Sôkratous « Apologie de Socrate » un des dialogues de Platon).

Polybe (210 ou 202-126 ou 120 av. J.-C.), commandant de la cavalerie de la Ligue achéenne avant d’être otage à Rome de 166 à 149. Il étudia les institutions de la République romaine de l’intérieur et retraça l’histoire de Rome dans Historiai « Histoire ». Tout en s’interrogeant sur la puissance de Rome, il reprendra la typologie d’Aristote en replaçant à une place qui nous parait plus juste la démocratie et en la remplaçant par l’ochlokratia :

  • monarkhia « monarchie », le pouvoir d’un seul pour le bien de tous ;

  • aristokratia « aristocratie », le pouvoir de quelques uns pour le bien de tous ;

  • dêmokratia « démocratie », le pouvoir de tous pour le bien de tous ;

  • turannia « tyrannie », le pouvoir d’un seul pour le profit d’un seul ;

  • oligarkhia « oligarchie », le pouvoir de quelques uns pour le profit de quelques uns ;

  • ochlokratia « ochlocratie » (de ochlos « foule » et kratos « puissance »), le pouvoir de tous pour un intérêt particulier.

Polybe, en intégrant la dimension temporelle, avancera la théorie de l’anakyklosis « cycle contraire » ainsi la monarchie, par perte de ses valeurs, se transforme en tyrannie qui grâce à une réaction des meilleurs devient une aristocratie avant que l’arbitraire la dévoie en oligarchie. Il faudra alors une réaction du peuple pour instituer la démocratie, mais l’apparition d’intérêts particuliers fera basculer celle-ci dans l’ochlocratie et ce n’est que l’émergence d’un basileus « roi » qui rétablira la monarchie, etc.

Cicéron (106-43 av. J.-C.), reprend, dans De Republica « La République », la typologie de Polybe dont il rejette la théorie cyclique et se déclare partisan, comme Polybe, d’une constitution mixte qu’il considère comme la meilleure constitution possible pour la république alors même qu’il assiste à la fin de la République romaine. Celle-ci ayant pour objet l’intérêt commun pour le bien de tous comme la monarchie, l’aristocratie et la démocratie. Il faut partager le pouvoir, non pas entre chaque régime, mais entre les meilleurs institutions de chacun : ainsi le pouvoir sera partagé entre l’institution consulaire pour la monarchie, l’institution sénatoriale pour l’aristocratie et aussi le peuple instituant ainsi une république démocratique. Il faudra attendre Locke et Montesquieu pour voir une autre répartition des pouvoirs maintenant connue : pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire, autre caractéristique de la démocratie.

Pendant très longtemps (cf. Machiavel 1469-1527) le régime aristocratique était considéré comme le meilleur régime politique (cf. les Républiques maritimes, la République de Florence ou la Sérénissime République de Venise) ou encore (cf. Jean Bodin 1530-1596) la monarchie française. Même les penseurs publicistes et philosophes politistes des lumières rejetaient la démocratie au profit de l’aristocratie (cf. Jean-Jacques Rousseau, Montesquieu ou Locke) du fait de l’étendu des territoires ou au profit d’une monarchie éclairée (cf. Voltaire).

Merci lanredec pour ces typologies et ces définitions politiques d’Aristote et de Polybe.

Un État composé de gens trop nombreux ne sera pas un véritable État, pour la simple raison qu’il peut difficilement avoir une véritable constitution.
Aristote, Politique, 1326b3-7.

Aristote comme Marat dans « Les chaînes de l’esclavage », Rousseau dans le « Contrat Social » comme

Jean-Jacques Rosa dans [b]« L’euro, comment s’en débarrasser »[/b] a bien constaté l’impossibilité des conditions de la démocratie : pas de séparation des pouvoirs, d’une véritable constitution dans un État trop grand.

Nous pourrions rajouter aux définitions d’Aristote et de Polybe le terme de corporatisme puisque nous vivons, ici, dans l’Ouest de l’Eurasie l’intégration des pouvoirs de l’État et des pouvoirs du marché, des grandes firmes.

État composé de gens trop nombreux, voir ici : [b]http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=11037#p11037[/b]

Pourquoi cette volonté de réformer la logique de la construction européenne n’aboutit jamais : L’Europe des grandes firmes, l’intégration des pouvoirs des instances UE et des pouvoirs du marché, des grandes firmes, voir ici : [b]http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=7448#p7448[/b]

salut, la question de notre nombre est une question centrale depuis la nuit des temps et si on regarde bien, la réponse n’a jamais consisté à revenir en arrière et à lutter contre l’évolution, elle a toujours consisté à inventer qqchose de nouveau
l’humanité est passé des tribus, aux villages, aux villes, aux pays …

on se retrouve dans une ère où c’est la question de notre organisation et notre vie en commun au niveau internationnal qui se pose

et un jour se posera à nos descendants la question d’une organisation planétaire
et un jour se posera encore à nos descendants encore plus lointains l question d’une organisation interplanétaire
et qui sait un jour peut être atteindrons nous des échelles galactiques comme dans star wars
ou inter galactiques …

par conséquent, les idées du genre « un état ne peut pas fonctionner si nous sommes trop nombreux » => « il faut revenir à un nombre plus petit » sont mauvaises
il va bien falloir trouver les moyens de fonctionner ainsi, il faut s’adapter et non pas lutter contre l’évolution

nous faisons des enfants, on est de plus en plus nombreux, il faut incorporer ces données dans nos réflexions

Il n’y a pas de sens du plus petit au plus grand dans l’histoire. Combien de grands empires ou de grande villes ont disparu. Les rats ont colonisé la planète et n’en restent pas moins farouchement individualistes.

[align=center]Doit-on croire aveuglément les promesses ou examiner les actes pour se déterminer en politique ?[/align]

Devions-on croire la « construction » européenne quand elle déclarait : « Grâce à un marché commun et à une union monétaire, dont la monnaie unique apportera croissance et emplois à tous, nous allons créer l’Europe Sociale et ceci dans le cadre le plus démocratique de la planète. »

« L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry à Béthune, 12.9.92)

« Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe.» ( Julien Dray, Assemblée nationale, 6.5.92)

« Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir: la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, Ouest-France, 27.8.92)

L’euro réel, c’est une monnaie qui ne lutte que contre l’inflation apportant un haut niveau de chômage, des politiques économiques désadaptées à la situation concrète de chaque pays, la priorité au sauvetage des banques malgré les déficits du budgets des États et l’austérité pour la majeure partie de la population, le recul de l’âge de la retraite, le recul de la Sécurité Sociale, les directives de privatisation des services publics.

La démocratie, parlons-en, des référendums bafoués dans les rares pays où ils se sont tenus et des opinions publiques bâillonnées et non-consultées dans les autres pays. Le recul de l’intervention des citoyens par le rétrécissement de l’espace des affaires publiques par les privatisations, l’obligation du financement de l’État par les marchés financiers en vertu de l’article 123 du TFUE. La « construction » européenne a sans arrêt le mot de démocratie à la bouche, mais a tout fait pour soutenir la création d’un gouvernement d’union nationale comprenant le parti grec fascisant Laos, qui a intégré un gouvernement sous contrôle direct de la troïka (Union européenne, BCE, FMI), et dont l’objectif central est de sauver l’euro en intensifiant la guerre menée contre les classes populaires.

La femme de l’ivrogne doit-elle croire l’ivrogne quand il déclare : « Je t’écouterais désormais, j’arrête de boire et je cherche du travail. Je ne te battrais plus, c’est fini ! »

Je reprends totalement à mon compte les arguments de Sandy : « La démocratie repose sur certains principes qui sont impossibles à mettre en oeuvre au niveau européen, comme le principe du suffrage universel qui suppose un débat publique permettant à tous les citoyens de voter en connaissance de cause de toutes les volontés qui sont proposées.
C’est possible de le mettre en oeuvre au niveau national parce que l’on parle tous la même langue. Mais ce n’est pas possible au niveau européen parce que l’on parle tous des langues différentes et qu’on ne se parle pas entre nous. Le débat entre européens se réduit donc à un débat entre nos représentants, ce qui n’est pas démocratique mais plutôt aristocratique. »

Soyons respectueux de notre environnement, recyclons les traités nuisibles.

Il n'y a pas de sens du plus petit au plus grand dans l'histoire. Combien de grands empires ou de grande villes ont disparu. Les rats ont colonisé la planète et n'en restent pas moins farouchement individualistes.
Regarde autour de toi pendant que tu pianotes sur ton ordinateur et dis-moi ce qui provient de tes propres mains et qui n'est pas le produit du travail d'autres personnes ? Je ne pense pas que ta comparaison avec les rats soit judicieuse ;) Eux ils ne batissent pas des villes en joignant leurs forces, ils n'envoient pas des fusées sur la lune, ils ne produisent rien, ils n'ont pas de culture, et ils ne s'échangent rien, ils ne forment pas des sociétés et des civilisations, ils ne construisent rien. Ca fait une sacré différence, nos sociétés sont des constructions sociales, plus nous sommes nombreux, plus nos liens sont nombreux, plus nos possibilités de coopération sont nombreuses elles-aussi, donc plus nous pouvons construire / produire de choses tous ensemble, se les échanger, plus nos interdépendances sont nombreuses elles-aussi. Il est là le sens dont je parle. Ca ne vaut évidemment pas pour les rats qui n'ont pas nos capacités sociales.

Un simple exemple, sans la coopération nationale qui consiste à produire dans toute la France de la nourriture, et à la distribuer ensuite dans toute la france, jamais 65 millions de personnes ne pourraient vivre en France. Et parce que qqs agriculteurs / pêcheurs s’occupent de produire cette nourriture, ça permet à tous les autres de faire autre chose, comme construire des fusées par exemple.

On ne peut pas revenir en arrière sans perdre tout ce que nos coopérations ont apporté et permis entre temps. Prenons la région parisienne par exemple, imaginons qu’elle se retrouve toute seule, comment les 11 millions d’habitants de cette région pourraient-ils produire leur propre nourriture ? Ils n’ont pas de champs, pas de mer …

Tu me diras oui mais il y a le commerce … Très bien … Donc il faudra inventer des lois commerciales pour régler tout ça, des lois communes avec les autres régions avec qui tu voudras commercer … Tu vois où je veux en venir ?
Tu vas refaire tout ce qu’il s’est déroulé entre temps et qui a conduit à la France actuelle …

Il y a bien un sens.

Bien sur on pourrait revenir à un niveau de vie équivalent à celui d’il y a 2000 ans, mais dans ce cas tu signes la mort de 90% de notre population.

Sandy bonne année.
Il y a organisation politique et organisation économique. Les grands projets sont possibles dans une fédération mais ils ne sont pas imposés par le haut .

bonne année

si l’interdépendance/la coopération est nationale, il faut la réguler au niveau national

ce n’est pas une histoire de par le haut ou par le bas
surtout que ça ne veut strictement rien dire, j’ai déjà expliqué que dans une démocratie le peuple, c’est le haut, pas le bas
de plus, concernant les initiatives, qu’elles soient individuelles ou collectives, elle ne viennent jamais de l’état au départ, jamais du peuple tout entier, mais toujours d’individus ou de groupes de citoyens

Dans l’État centraliste, même si celui ci est une tentative de démocratie, le pouvoir, même si il est une tentative de représentation national, émane tout entier d’une autorité central. Structurellement le fédéralisme assoit son pouvoir sur la base de la société. La société fédérale ne s’interdit pas de gérer au niveau national, elle choisit la part de délégation de pouvoir qu’elle abandonne. Mais bien sur cette délégation doit être contrôlée et exercée démocratiquement. Ma vision de la société est démocratique mais je pense que dans le cadre du fédéralisme et l’abolition des classes sociales cette démocratie sera plus pure.

Mais le haut c’est le souverain … Dans une démocratie c’est le peuple …

Tu es dans l’illusion que ton état fédéral émanerait du bas, mais pourtant il fonctionne de la même manière qu’un état central. Ce que tu prends pour le « bas », n’est en réalité qu’une multitude de « haut » ( des mini états souverains ), et ton état fédéral est un « haut » qui englobe tous les autres « haut » ( qui partage la souveraineté avec eux ), de la même manière que l’état central englobe une multitude d’autres « hauts » ( régions / départements communes etc … ). Dans les deux cas cela revient au même. Le truc c’est que dans le système fédéral tu donnes beaucoup plus de souveraineté à la multitude de « hauts ».
Ceci n’a de sens que si les gens sont moins liés entre eux et veulent être plus indépendants ( raisons historiques et culturelles ). Mais cela ne rend pas le régime plus démocratique, les gens sont juste moins liés et du coup moins solidaires.

Ce qui se joue entre l’état fédéral et central ce n’est pas la démocratie, c’est clairement le degré d’indépendance et de solidarité.

Exact.

Dire que la démocratie est impossible à mettre en œuvre au niveau européen, c’est dire qu’elle est impossible à mettre en œuvre sauf au niveau communal.

Cet affirmation sous-entend que la pratique démocratique se rattache exclusivement à la nation. C’est faux : la pratique démocratique peut être celle d’un tout petit groupe, d’une commune, d’un département, d’une région, de la nation et d’un groupe de nations, en fonction des pouvoirs définis à chacun de ces niveaux et qu’il s’agit d’exercer.

Elle pourrait également se pratiquer au niveau mondial, celui des Nations Unies. Si ce n’est pas actuellement le cas, la raison en est que les États membres n’ont pas jusqu’à eu l’imagination ou la volonté requises (ne pas oublier que certains États membres dirigés de fait par des autocrates, qui ont pourtant accepté la Charte, osent s’affirmer publiquement comme non démocratiques) afin de concilier les principes démocratiques et les réalités permanentes de la vie internationale.

On pense en particulier à la réforme du Conseil de sécurité (et accessoirement des autres organes de l’ONU) dont il est question tout le temps : aucune proposition officielle raisonnable n’a été encore été présentée à ma connaissance par les États membres ou par l’Organisation elle-même. JR