32 Sortir de l'Union Européenne

[b]Je me pose cette question depuis quelques jours : « Sandy est-il vraiment un membre du parti de Gauche ? » [/b]
Ne sois-pas ridicule, mes quelques messages ici ne sauraient résumer l'ensemble des idées auxquelles j'adhère. De plus, tu m'as très mal compris, ce n'est pas le parlement européen actuel que je défends, mais l'idée d'un parlement européen, je pensais que c'était évident, vu que je défends une ue alternative. Je ne comprends pas ta vendetta à mon encontre ? Je suis en désaccord avec toi donc ça y'est je suis passé à l'ennemi, je suis un menteur etc ???

[align=center]Une Union Européenne Alternative ! Parlons-en ![/align]

[font=arial][color=#111100][size=11]Sandy, tu as devant les yeux les résultats d’un certain type d’unionisme, d’un certain type de fédéralisme : la servitude des grecs, les soit-disantes règles d’or, la soumission aux marchés financiers, la régression du niveau de démocratie partout dans ce que les oligarques appellent la « construction ». Pas la peine que je détaille, tu le sais autant que moi.

Tu me dis : « Oui, mais mon unionisme européen, mon fédéralisme européen ne sera pas pareil, il s’agit d’Union Européenne Alternative ! » J’entends bien et d’ailleurs c’est ce que j’ai prôné pendant des années et des années, mais j’ai changé d’avis.

Pourquoi être partisan de l’autonomie, de la souveraineté du peuple et non de la fédération de plusieurs peuples ?

La mécanique de la régression du niveau de démocratie imposé par le fédéralisme est facile à comprendre :

— 1 — Elle tient à la dilution de l’influence des électorats nationaux dus à l’éloignement du centre des décisions. C’est déjà dur pour un français éloigné de Paris de manifester devant l’Assemblée Nationale qui est encore responsable, même si cela est un peu biaisé, alors tu peux imaginer pour un estonien ou un grec aller à Bruxelles manifester devant ton nouvel exécutif européen alternatif ! La mécanique de la régression sera identique avec ton nouveau système fédéral alternatif puisqu’il introduira le renforcement croissant de l’autonomie de l’exécutif fédéral européen du à l’éloignement de l’électeur.

— 2 — Les politiques centralisées ont toutes les chances de moins bien refléter les préférences des électeurs dans un ensemble plus vaste, et nécessairement plus hétérogène. Il s’en suit que le passage à une politique fédérale au niveau du sous-continent ne peut qu’affaiblir la satisfaction démocratique des électorats nationaux puisque ceux-ci ont des préférences spécifiques.

— 3 — La centralisation, qui correspond en l’occurrence à un accroissement de la dimension de la société politique détermine un gain considérable de pouvoir et de ressources pour la classe politique et administrative dans son ensemble, ainsi que pour les groupes de pression ou lobbies.

Ton nouveau système fédéral ou unioniste sera éloigné des électeurs et toujours proche des lobbies. Tu va me dire que ce n’est pas ce que tu veux, que ton nouveau système fédéral ne tiendra pas compte des lobbies. Mais ces lobbies assiégeront impitoyablement ton nouveau système justement parce qu’il est centralisé.

Pourquoi ?

On sait que les réglementations sont assimilables à des impôts accompagnés de subventions. Elles imposent en effet des coûts supplémentaires à certains catégories d’acteurs et apportent des avantages ou transferts à d’autres catégories. Ainsi par exemple, une politique de soutien des prix agricoles ( au-dessus des prix courants du marché ) détermine un prélèvement sur les revenus des consommateurs de ces produits, qui permet de subventionner les producteurs.

Or le passage de réglementations qui affectent une nation de 50, 60 millions d’habitants à des réglementations qui en affectent 500 millions change évidemment le « budget implicite » correspondants à ces quasi-impôts et transferts de revenus. Une mesure qui représenterait un montant d’impôt et un transfert de revenu de 5 euros déterminerait dans ton nouveau système européen, un impôt et un transfert de revenu de 5 x ( 500 / 60 ) euros = 41,6 euros soit 8,33 fois plus.

Le pouvoir de ton nouvel exécutif fédéral européen qui décidera de ces opérations sera multiplié d’un facteur d’environ 8 si on le compare à l’ancien pouvoir national d’une nation de 60 millions d’habitants. Ceci puisqu’il pourra affecter ces mêmes montants à des clientèles beaucoup plus vastes. L’attractivité des carrières dans ton nouvel exécutif sera augmentée d’autant.

Quel rapport avec les lobbies me dira-tu ? Déjà les personnes qui seront attirées par la direction de ton nouvel ensemble européen alternatif auront plus comme motivation le prestige de régner sur beaucoup d’habitants que le simple dévouement que l’on pourrait attendre. Le caractère « alternatif » de ta « construction » en sera déjà lourdement affecté.

Mais ce n’est pas tout, la centralisation bénéficiera aux divers lobbies. Au lieu d’avoir à négocier avec 15, 25 ou 27 autorités nationales indépendantes les unes des autres, les lobbies pourront gagner du temps et se concentrer sur une seule autorité pour avoir accès à un marché unifié de 500 millions de consommateurs. L’importance accrue des bénéfices correspondants à attendre de la réglementation commune accroîtra, comme dans le centralisme actuel, la force de corruption et l’assiduité effrénée des lobbies.

En première approximation, le coût du lobbying en europe centralisée est divisé par 27 du fait de la réglementation centralisée par rapport à la réglementation nationale, tandis que les avantages eux sont multipliés par 27.

En résumé ton nouveau système alternatif fédéral européen ne pourra pas être défendu pour le maintien des principes démocratiques que tu défends ( à cause de l’éloignement des citoyens ) contre des lobbies qui seront eux plus puissants. Ton nouveau système fédéral alternatif européen renforcera l’autonomie des exécutifs, nous éloignera des pratiques démocratiques effectives en vidant le débat public de sa substance.

En conclusion :
[bgcolor=#FFFF99]On ne change pas un système en gardant le mode de pensée qui l’a engendré. Albert Einstein.[/bgcolor][/size][/color][/font]

Gilles :lol:

Je ne suis pas partisan d’un fédéralisme européen, ou de je ne sais quel super état européen, je suis comme toi attaché à la souveraineté des peuples et aux nations :wink:

Mais justement, pour que nous puissions être pleinement souverains, nous avons besoin de nous accorder avec les autres peuples pour mettre fin à la guerre économique entre nous.

Car la guerre économique nous impose de nous plier aux volontés des multinationales et de la finance.

Comprends-tu ?

Et parmi les différentes manières de nous accorder avec les autres pays, il y a la manière intergouvernementale ( c’est à dire ministre + technocrates + diplomates tous non élus qui décident à notre place, ce qui conduit systématiquement à une dérive oligarchique ex : ONU, UE, et toutes les institutions internationales ) et la manière démocratique, c’est à dire on met en commun certains domaines de décision ( qui concernent l’international ) et on envoie des représentants directements élus et responsables devant les citoyens dans un parlement pour en discuter.

Comprends-tu ?

Travail de rédaction inachevé pour le moment

Je ne suis pas partisan d'un fédéralisme européen, ou de je ne sais quel super état européen, je suis comme toi attaché à la souveraineté des peuples et aux nations
Je suis heureux de te l'entendre dire.

Sandy, tu as des éléments d’informations et d’analyse avec cet extrait de l’article de Bruno Poncelet, anthropologue, chercheur Econosphères du blog éconosphères:

Bruno Poncelet est proche du syndicat FGTB et signataire de l’appel contre l’amalgame entre Jean-Luc Mélenchon et l’extrême-droite.

Voir sa signature ici :
http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2011-05-19/melenchon-amalgame-a-l-extreme-droite-une-insulte-au-peuple-de-gauche-840944.php

[…]
Aujourd’hui, certaines sociétés commerciales prennent une telle ampleur qu’elles rivalisent avec les États. Citons quelques exemples : Toyota dispose d’une puissance financière équivalente à l’État d’Israël, l’entreprise pétrolière Chevron est plus riche que le Portugal, tandis que les firmes Walt-Mart, Exxon Mobile et Royal Dutch/Shell brassent chacune plus d’argent que des pays tels que l’Argentine, l’Iran, la Grèce ou le Danemark.

Comme toute organisation, les multinationales produisent leurs propres normes : elles régissent la vie de leurs succursales et de leurs employés, par exemple en imposant à leur personnel des phrases stéréotypées, des sourires standardisés ou encore des coupes de cheveux uniformisées.
Très logiquement, le droit des Etats prime sur celui des firmes privées : en Belgique, une multinationale ne peut pas faire travailler des enfants parce que la loi l’interdit. Là où des contraintes éthiques et légales n’existent pas, les multinationales développent par contre des logiques de prédations exceptionnelles : conditions inhumaines de travail (y compris pour les enfants), destruction et pillage des ressources naturelles, et même recours au meurtre contre des leaders syndicaux ou écologistes4.

Le constat est limpide : là où le pouvoir politique ne leur tient pas tête, les sociétés multinationales imposent leurs diktats.

Dans nos pays riches, de tradition sociale-démocrate, les États ont su faire contrepoids tout un temps à ces multinationales. Mais les choses changent. En remettant les valeurs de l’entreprise au cœur de la société (productivité, compétitivité, rentabilité, …), le néolibéralisme a permis aux hommes d’affaires de gagner en influence et de multiplier les complicités au sein du monde politique. Il a également permis les fusions et acquisitions, donnant naissance à des entreprises gigantesques.
Et si jusqu’à présent l’entreprise s’adaptait aux normes nationales, désormais c’est aux normes publiques à s’adapter aux besoins des grandes entreprises. Dans cette logique, plusieurs objectifs stratégiques sont poursuivis. Observons-les.

Que veulent les multinationales ?

Un marché mondial ! Nous l’avons dit : le marché, pour exister, a besoin de normes. Tant que les États sont souverains, le monde s’apparente (pour les PDG) à de multiples zones juridiques distinctes qui entravent la logique expansive des multinationales. Raison pour laquelle celles-ci veulent établir des législations mondiales favorables au marché.

Un marché stable et sécuritaire ! Un marché ne repose pas seulement sur des législations marchandes. Il suppose aussi une stabilité politique et des institutions répressives.
En effet, quel investisseur risquerait ses avoirs dans une région instable, en proie aux guerres ou à la violence ? A fortiori quand ces investissements se chiffrent, comme ceux des multinationales, en millions ou milliards de dollars ?
De même, les mouvements de contestation syndicaux, écologistes, citoyens, etc. sont un danger pour l’expansion des sociétés commerciales avides de rentabilité maximum.
Dès lors, unifier le travail des polices, de l’armée, des douaniers, des tribunaux et de toutes les forces de contrôle « publique » à une échelle transnationale est également une priorité pour les multinationales.
Le Transatlantic Policy Network (TPN)

Pour réaliser ces objectifs et adapter le monde à leurs exigences, les multinationales ont mis en place différentes stratégies. Dans nos sociétés, cela se traduit notamment par la formation d’alliances entre les élites politiques et les milieux d’affaires internationaux. Cette collusion passe par la création de nombreux lobbys, dont nous retiendrons ici l’un des plus emblématiques : le Transatlantic Policy Network (TPN), ou Réseau de Gouvernance Transatlantique.
Comparé à la majorité des lobbys existants, qui font pression de l’extérieur sur la sphère politique, le TPN est constitué, dès le départ, pour influencer de l’intérieur le monde politique.

Il se caractérise par les éléments suivants :
il réunit des hommes politiques, des hommes d’affaires et des universitaires de premier plan ;
il réunit des élites américaines et européennes qui ont pour ambition de rapprocher, à tous niveaux, les États-Unis et l’Union européenne.

Dès sa naissance en 1992, le TPN inclut parmi ses membres 40 parlementaires européens, 18 sénateurs américains, ainsi que des PDG représentant « vingt des plus importantes compagnies mondiales »5. Il jouit aussi de puissants soutiens institutionnels qui vont du Collège Saint Antony d’Oxford à la Table Ronde Européenne des Industriels, de l’Institut Aspen d’Italie à l’Institut Européen de Washington, du Fond German Marshall des États-Unis à la Commission Européenne. Les présidents d’honneur du TPN sont alors, côté européen, Peter Sutherland (président du GATT) et, côté américain, l’ambassadeur Robert Strauss.

Que veut le TPN ? Créer une Union Transatlantique entre les Etats-Unis et l’Union Européenne, visant à transformer en profondeur nos vies, nos lois et nos institutions.

[…]

Article complet ici : http://www.econospheres.be/spip.php?article133

Marjolin

http://aei.pitt.edu/13575/1/S3-S2-S5-S4.pdf

http://aei.pitt.edu/13575/

[align=center]Sortir de l’Union Européenne[/align]

[align=center]La police anti-émeute a affronté des dizaines de milliers de manifestants en Grèce[/align]

Traduction d’un article du World Socialist Web Site par gilles
Source : http://www.wsws.org/articles/2011/sep2011/gree-s12.shtml

[font=arial]La police anti-émeute a affronté des dizaines de milliers de manifestants dans la nuit de samedi à dimanche en Grèce dans la deuxième plus grande ville du pays. Une protestation considérable a eu lieu contre la politique d’austérité dictée par les banques européennes et appliquées par le gouvernement du ΠΑΣΟΚ social-démocrate. L’occasion en a été le discours annuel sur la politique économique prononcé par le Premier ministre Georges Papandréou à Thessalonique. Une foule estimée à 25 000 personnes est descendue dans les rues de la ville, où elle a été attaquée avec des gaz lacrymogènes et des matraques. L’appel à manifester a été lancé par les deux plus grand syndicats confédérés, la GSEE et l’ADEDY, dont les dirigeants sont aussi membres du[/font] [b]ΠΑΣΟΚ[/b] [font=arial] et partisans de M. Papandréou, mais qui, néanmoins, prennent la posture d’adversaires de la politique d’austérité. [/font]

[font=arial] La manifestation de samedi a été menée par plusieurs milliers de chauffeurs de taxi, qui ont commencé une grève nationale ce jeudi contre une décision du gouvernement d’ouvrir les licences pour les taxis, ce qui dévalue les permis pour lesquels ils avaient économisé au cours des années précédentes. [/font]

[font=arial]Des manifestations similaires ont été entreprises par les dentistes, médecins et autres professionnels indépendants. Les propriétaires de restaurants dans la ville ont fermé leurs portes samedi pour protester contre une énorme augmentation de la TVA. Plus de 7.000 policiers ont été mobilisés à Thessalonique en avance sur la parole de Papandreou, et ils ont combattu, non seulement avec les chauffeurs de taxi, mais avec les étudiants, les travailleurs du service public, et les fans de la section locale du club de football Iraklis , qui ont tous rejoint le rassemblement de protestation, après des marches séparées. [/font]

[font=arial]Les policiers eux-mêmes engagés dans la manifestation anti-austérité de la journée précédente, se sont joint avec les pompiers pour une démonstration à la mairie de la ville de Thessalonique contre les baisses de salaire. [/font]

[font=arial][color=#111100][size=11]Eboueurs, enseignants et employés de bureau du gouvernement ont annoncé des plans pour la grève.

Dans son discours de samedi soir, M. Papandréou a réitéré son engagement à appliquer les mesures d’austérité exigées comme conditions pour les prêts à la Grèce par l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. Dans une élaboration sur ses propos le lendemain, il a dit que la Grèce doit se défendre « comme étant dans un état de guerre », ce qui implique que des mesures militaires de répression et de violence pourrait être nécessaires.

Les prêts sont destinés à renflouer pas le peuple grec, mais plutôt les banques européennes qui détiennent la majeure partie de la dette internationale de la Grèce.

L’impact de la politique d’austérité a déjà été ressentie par l’effondrement de l’économie grecque. L’organisme national de statistiques a annoncé jeudi que le produit intérieur brut au deuxième trimestre de 2011 a diminué de 7,3 % par rapport à la même période en 2010. Le taux de chômage a bondi de 11,6 %, il y a un an à 16 % en Juin. Près de 800 000 Grecs sont officiellement au chômage, dans un pays avec une population de seulement 10 millions d’habitants.

La réponse du gouvernement de Papandreou à la dernière protestation a été d’imposer encore plus des nouvelles mesures d’austérité. Le ministre des Finances Evangelos Venizelos a annoncé dimanche que puisqu’il y avait un déficit de recettes du gouvernement prévu de € 2 milliards, un résultat direct des mesures d’austérité déprimant l’activité économique, le gouvernement imposerait une nouvelle taxe foncière pour couvrir le déficit. Venizelos a déclaré que le nouvel impôt foncier serait imposée à tous les niveaux sur l’immobilier, à un taux de 4 € par mètre carré. Cela aura un impact dévastateur sur les petits propriétaires, particulièrement ceux qui sont à la retraite et des revenus fixes. Il a également averti que la contraction de l’économie était en accélération, et que le taux de croissance serait négatif de 5,3 % pour l’ensemble de 2011. Venizelos a dénoncé les rapports dans les médias internationaux qui annoncent que la Grèce serait sur le point de faire défaut sur sa dette. La presse allemande a réalisé récemment plusieurs études à ce sujet, et dimanche « The Observer », un journal important en Grande-Bretagne, a indiqué que le défaut pourrait avoir lieu dès cette semaine à venir.

Venizelos a déclaré que : « ces études ont joué un mauvais rôle de prophéties auto-réalisatrices pour les spéculateurs dirigées contre l’euro et la zone euro dans son ensemble. »

Les ministres européens des finances ont rencontré leurs homologues du G7 samedi à Marseille, en étant toujours incapables de s’entendre sur les derniers détails d’un second plan de sauvetage de 109 000 000 000 € pour la Grèce. Le prochain versement de 8 Md € est nécessaire pour permettre cette semaine à Athènes d’effectuer les paiements aux propriétaires de titres obligataires.

Une guerre des mots a éclaté entre les dirigeants allemands et ceux de beaucoup d’autres pays de la zone, qui craignent qu’un défaut grec pourrait faire exploser le projet euro de monnaie unique.

Le vice-chancelier allemand, Philipp Rösler, qui est également ministre de l’Economie, a écrit dans le quotidien conservateur « Die Welt » que la planification d’un défaut grec et l’expulsion de la zone euro de la Grèce devrait être considéré. Il réagissait au rapport dans « Der Spiegel » que le ministère allemand des Finances travaille déjà sur un tel scénario. Roesler a écrit qu’un « défaut ordonné » pourrait être nécessaire. Le commissaire européen Allemand Günther Oettinger a déclaré que l’Europe doit envoyer des casques bleus (soldats de la paix de l’ONU) à prendre le contrôle de la collecte de l’impôt grec et liquider les actifs de l’Etat grec. Cela a provoqué des manchettes dans la presse grecque au sujet de la menace d’un « Quatrième Reich » en Europe en comparant la politique financière de l’Allemagne actuelle à l’invasion hitlérienne de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale.[/size][/color][/font]

Merci pour ton travail Gilles. Si je ne commente pas souvent, je continue à lire à peu près tout. Et je rédige aussi. On en reparlera plus tard. Merci encore.

Merci Déhel, je cherche tellement que je n’ai plus le temps de commenter les infos avec des idées personnelles, je le regrette. Une dernière info :

http://reflets.info/eurogauchistes-dans-le-viseur-part1/

Je vais essayer dans mes prochaines interventions de moins coller à l’actualité et pour être constructif de tracer un chemin de sortie de crise donc pour moi un chemin de sortie de l’UE, mais pas seulement ( je tape à répétition sur ce clou, mais j’aimerais faire autre chose que tirer sur l’ambulance UE puisque maintenant les faux-fuyants idéologiques fédéralistes ne trompent plus grand-monde, à condition qu’Attali nous lâche la grappe : )

http://www.slate.fr/story/43501/crise-pire-scenario-depression-effondrement-attali

[align=center]Esquisses de solutions de sortie : La crise grecque au vu des enseignements de la crise argentine de 2001.[/align]

[font=arial][color=#111100][size=10]Il est assez clair que les aides de l’UE et du FMI que l’on nous dit nécessaire pour la solidarité nécessaire avec les citoyens grecs ne vont pas vers eux, avec l’austérité et les privatisations qu’ils subissent, mais aux créanciers de la Grèce qui sont les banques françaises, allemandes, italiennes, états-uniennes …

Comme ça avait été le cas en Argentine en 2001, les insultes des gouvernements de droite pleuvent contre les Grecs. Ils présentent cette communauté comme un ensemble de feignants qui ont trompé les banques et dilapidé les énormes crédits reçus grâce à la bonne volonté des créanciers. Les fonctionnaires étasuniens de l’administration Bush diffusaient les mêmes fables afin de jeter le discrédit sur les Argentins.
Les médias dominants mènent campagne en propageant la croyance absurde que les Grecs jouissent d’un niveau de vie enviable sur le dos du Nord de l’Europe. Rien ne vient corroborer ce mythe puisque tous les indicateurs sociaux témoignent du caractère défavorisé de la Périphérie de la région.
Avec cette inversion de la réalité, la propagande réactionnaire prétend démontrer que le refinancement de la dette grecque constitue une « aide de la communauté internationale » à l’associé qui s’est fourvoyé dans une mauvaise voie. Il en était de même vis-à-vis de l’Argentine. Ceux qui financent par le chômage, la pauvreté et la dégradation des salaires la survie des financiers sont présentés comme des profiteurs de la charité mondiale.
Ces caricatures masquent la manière dont les gouvernements viennent en aide aux capitalistes français et allemands qui, au cours des dernières décennies, ont fait d’énormes bénéfices sur les excédents générés en Europe du Sud.

Les grandes entreprises étrangères actives en Argentine faisaient le même type de bénéfices au cours de la période de la principale réorganisation néolibérale. Ils ont d’abord affaibli l’industrie nationale à travers l’ouverture commerciale et se sont ensuite appropriés des portions croissantes du marché local.
La Grèce a subi le même type de dégradation après l’adoption de l’euro et l’entrée dans l’Union Européenne. Cette économie fragile a été livrée à la merci de la puissante compétitivité allemande et du déficit commercial qui en a résulté, financé par un endettement croissant.
En réalité, aucun pays de la périphérie européenne ne peut résister à la supériorité dévastatrice des économies plus avancées qui ont profité de la création d’un marché continental unifié pour renforcer leur hégémonie. L’explosion des dettes privées des ménages et les bulles immobilières qui ont affecté les pays les plus vulnérables ont été alimentées par les excédents industriels des économies les plus puissantes. Comme l’Euro facilite particulièrement les affaires des industriels allemands, ce secteur se prononce actuellement pour le maintien de la Grèce dans l’Euro et est même favorable à un type de Plan Marshall destiné à financer de futures importations.

Dans les débats sur ces événements, il convient de retenir les trois grandes leçons de l’Argentine pour la Grèce. Cette expérience indiqua, en premier lieu, [bgcolor=#FFFF99]l’indubitable nécessité de freiner l’hémorragie du débiteur, au travers d’une suspension unilatérale des paiements. Elle clarifia également l’importance de choisir le moment le plus opportun pour cette rupture.[/bgcolor]
L’Argentine s’est déclarée en défaut de manière volontaire, quand le pays s’est retrouvé sans fonds. La Grèce pourrait imiter cette action avant de perdre toutes ses ressources. Elle a la possibilité d’anticiper et d’agir alors que les créanciers sont confrontés à une forte exposition de titres toxiques qu’ils accumulent dans leurs portefeuilles. Il ne faut pas donner le temps aux financiers de procéder à des échanges de titres.
[bgcolor=#FFFF99]Il est également indispensable de mettre immédiatement en pratique un audit de la dette.[/bgcolor] En Argentine, on a beaucoup débattu de cette initiative face aux accusations dûment étayées sur le caractère frauduleux du passif. La dette s’était gonflée avec des engagements inexistants qui ont financé la fuite des capitaux, avec une spirale des intérêts et une importante absorption de faillites privées de la part de l’Etat.
Ces irrégularités confirmées sont restées impunies. Le lobby des banques a bloqué toutes les tentatives d’enquête et paralysé plusieurs projets parlementaires de révision des passifs. Les conséquences de cette impunité ont été mises en lumière dans tous les débats postérieurs sur la dette. Sur ce terrain, l’Argentine est restée très en arrière par rapport à l’Equateur, qui a mis en place une Commission d’audit qui a permis de faire la lumière sur bien des choses.
En Grèce, il existe actuellement la possibilité de mener à bien un audit. Cette action permettait d’annuler la portion illégitime des passifs et de faciliter la constitution d’un registre des propriétaires des titres. Cette identification serait indispensable afin de déterminer les droits de recouvrement. Il existe déjà une importante initiative afin de mener à bien cette recherche [Voir Yorgos Mitralias, « Révolte populaire de masse en Grèce » ]].
[bgcolor=#FFFF99]La troisième leçon de l’Argentine est la nécessité de nationaliser les banques et d’établir un contrôle total sur les mouvements des devises et des capitaux. Ces mesures devraient être adoptées avant la suspension du paiement de la dette (ou en modifiant le type de change).[/bgcolor] La Grèce est encore dans les temps pour préserver ses ressources avec de telles mesures.
[bgcolor=#FFFF99]Certains économistes considèrent qu’il est indispensable de rompre immédiatement avec l’euro. Mais la récupération de la monnaie nationale requiert en premier lieu d’assurer les réserves, en empêchant la fuite frénétique des capitaux qu’accompagnerait un virage économique. Ce n’est qu’en intervenant sur les banques (en les nationalisant) et au travers d’un strict contrôle des changes qu’il serait possible de contrebalancer la perte des devises résultant d’une souveraineté monétaire retrouvée.[/bgcolor]

Le réveil populaire en Argentine a surgi quand les illusions néolibérales, qui prédisaient « l’entrée dans le premier monde », se sont effondrées. La même haine a éclaté parmi les Grecs, avec la fin des attentes créées par l’adhésion à l’Union européenne.
Tous les observateurs s’accordent sur le fait que la crise a déjà complètement débordé de la sphère financière et qu’elle se répand dans les rues.
Il y a dix ans, la rébellion argentine avait freiné les mesures d’ajustement, fait avorter le programme déflationniste et bloqué la dollarisation. Elle força également l’introduction d’un projet politique qui combinait la restauration du pouvoir des dominants avec l’octroi de concessions démocratiques et sociales. Le soulèvement confirma l’utilité de la lutte afin d’inverser des rapports de force défavorables, donner de la légitimité aux mouvements sociaux et légaliser les grèves. Il permit de freiner la répression brutale (qui persiste en Colombie ou au Mexique) et contrebalança la résignation dans les mouvements sociaux (que l’on observe en Uruguay ou au Brésil).
Mais la rébellion argentine resta au milieu du gué car elle n’a pas expulsé les politiciens corrompus ni éradiqué le poids du bipartisme. Elle n’empêcha pas non plus l’enrichissement des mêmes capitalistes qui profitèrent de la convertibilité. Mais elle conditionna toute la politique étrangère et elle influença une gestion de la dette qui limita les appétits des créanciers.
Il est important de tenir compte de ces résultats au moment d’établir des comparaisons internationales.
La bataille populaire qui se livre actuellement en Grèce présente un caractère plus continental. La rébellion argentine a fait partie d’un cycle de luttes sud-américain, mais elle n’éclata pas au même moment que les soulèvements au Venezuela, en Equateur ou en Bolivie. Les mobilisations grecques coïncident par contre avec la crise générale du Vieux Continent, qui tend à provoquer des réactions simultanées dans plusieurs points de cette région. Ces réponses commencent à rompre l’isolement des résistances nationales et permettraient de surmonter la perplexité qui a prévalu au début de la récession.
[bgcolor=#FFFF99]La généralisation de l’action populaire est le meilleur antidote contre la passivité alimentée par la social-démocratie et contre les campagnes racistes promues par la droite. [/bgcolor]La récente protestation des indignés espagnols peut marquer un tournant dans ce sens. Le mouvement gagne en massivité à mesure que ses revendications politiques (« démocratie réelle ») et économiques (en finir avec le sauvetage des banques) conquièrent une plus grand légitimité et soutien.
La présence dominante de la jeunesse dans ces mouvements - et l’utilisation novatrice des réseaux sociaux comme instruments d’information alternative – encourage la contagion continentale. Cette généralisation peut répéter l’effet domino qui caractérise les soulèvements dans le monde arabe. L’étincelle de la jeunesse réchauffe en outre les énergies des travailleurs, tant dans les pays qui maintiennent un haut niveau de mobilisations sociales (France), que dans les pays qui ont souffert un recul prolongé (Grande-Bretagne).
Si la confiance envers la résistance réapparaît, on pourra envisager la manière de généraliser la bataille contre les créanciers, comme cela a déjà commencé dans certains pays, comme l’Islande. En résumé, la flamme allumée par les Grecs s’étend en Europe et son impact déterminera qui payera les conséquences de la crise. Ce processus est suivi avec une énorme attention en Amérique latine. [bgcolor=#FFFF99]Très peu de nouvelles sont attendues avec autant d’espoir que celle d’une victoire populaire en Europe.[/bgcolor][/size][/color][/font]


Source : Passages principaux d’un article de Claudio Katz du site du Comité d’annulation de la dette du tiers-monde : http://www.cadtm.org/Les-lecons-de-l-Argentine-pour-la

[align=center]Le retour de John Meynard Keynes[/align]

[font=arial][color=darkblue][size=10]Mon commentaire à l’article de Claudio Katz sur le site du « Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde » : Il me semble que nous soyons à la croisée des chemins : soit la fuite vers un pseudo-fédéralisme qui a tout l’air d’un centralisme et même comme le disait Léonid Brejnev : un « centralisme démocratique »; soit que la situation de la Grèce contribue à ce que les citoyens puissent peser pour passer d’une « construction » européenne centralisée, bureaucratique, oligarchique à un dialogue des exécutifs des pays européens sans décisions forcées. La « construction » européenne, qui souffrait déjà de nombreux handicaps est allée trop loin en voulant faire monnaie unique à des pays différents.

Un État composé de gens trop nombreux ne sera pas un véritable État, pour la simple raison qu’il peut difficilement avoir une véritable constitution.
Aristote, Politique, 1326b3-7.

La question que je me pose aujourd’hui, est à mon sens : « Comment déconstruire patiemment cette monnaie unique sans casse alors qu’il est encore temps ? »

Doit-on passer par l’étape inverse de la monnaie commune avant de revenir à une monnaie nationale ? J’étais partisan du retour pur et simple au monnaies nationales, mais je me pose la question d’aménager une période de transition pour alléger le fardeau grec.

Car il y a un risque, que je ne saurais pas évaluer, que la nouvelle drachme, corresponde certes mieux au niveau et aux intérêts de la Grèce, si une politique judicieuse est menée, mais seulement à très long terme. Et comme disait John Meynard Keynes, à long terme, nous serons tous morts !

Le risque étant que les importations grecques soit nettement plus importantes, pendant une longue période, que les exportations agricoles et les prestations touristiques.

Il y aurait peut-être, en parallèle à la monnaie commune, un moyen de contourner cela par un emprunt à long terme du gouvernement grec envers ses propres citoyens et une politique judicieuse de ce même gouvernement pour substituer certaines catégories d’importations par des productions nationales. pour aller vers la monnaie nationale de manière à avoir un solde extérieur à peu près équilibré.

Pour illustrer ce retour à Keynes, à la régulation, je propose à votre réflexion son texte : De l’autosuffisance nationale :[/size][/color][/font]

[b]http://gesd.free.fr/keynesa.pdf[/b]

Bonjour Gilles

Pour ma part, je ne me pose pas la question monnaie nationale ou monnaie commune (disons l’ECU), car l’une ne va pas sans l’autre. Bien sur les grecs seront obligé d’emprunter en ECU car il ne pourront emprunter en drachme (s’il n’y a pas l’ECU) et un emprunt en dollars pourrait être catastrophique pour eux. N’oublions pas que les emprunts en devises correspondent au solde des balances des transactions ( http://postjorion.wordpress.com/2011/05/08/171-balances-des-transactions-en-2010/ )

Le problème de la Grèce est plus complexe que vous ne l’affirmez.

Le problème de la Grèce n’est pas un problème de « compétitivité » et d’exportations.

Le problème de la Grèce est qu’ils sont obligés d’emprunter à 18% et que ducoup leur dette devient insupportable pour leur budget. Pour faire cesser ce pillage, il faut que la Grèce restructure une partie de sa dette, par exemple en annulant tous les emprunts fait au dessus de 3%, ou en les renégociant à des taux raisonables. Et il faut qu’ils arrêtent de s’endetter, et pour cela il faut qu’ils réempruntent à leur banque centrale.

Ils se retrouvent face à un premier dilemme, soit ils le font de manière unilatérale en restant dans l’euro et donc en désobéissant aux traités européens, soit ils sont obligés de sortir de la zone euro et de remettre en place une monnaie nationale.

S’opposent face à ce premier dilemme deux visions des choses, la vision nationaliste et capitaliste, et la vision révolutionnaire et socialiste de l’autre.

En effet, désobéir aux traités européens c’est illégal, seulement il y a des tas de bonnes raisons pour le faire. D’abord parce que ces traités européens sont illégitimes car ratifiés contre la volonté des peuples. Ensuite parce qu’ils contiennent des règles qui servent manifestement à empécher ou du moins à rendre très difficile leur remise en cause ou leur réforme, c’est là justement le problème. Ensuite car les règles qui les composent sont non seulement injustes mais particulièrement néfastes.
On touche donc là aux limites du légalisme. On a le devoir d’obéir aux lois, c’est le fondement de l’état de droit, et sans cela il n’y aurait pas de libertés possibles. Mais d’un autre côté, si les lois deviennent injustes, si au lieu de protéger nos libertés elles les menacent, il est alors de notre devoir d’y désobéir.
Passé cette limite, le légalisme ne sert plus à protéger nos libertés, il devient un moyen pour nous retirer nos libertés.
Jamais la révolution française n’aurait été possible si les révolutionnaires avaient du obéir aux lois du rois …

Donc le débat entre les nationalistes capitalistes et les révolutionnaires socialistes commence ici. Objectivement, de quel côté de la limite sommes nous ? Quand les nationalistes capitalistes invoquent le légalisme, est-ce que leur motivation est de protéger des libertés que protègeraient éventuellement les règles des traités ? Evidemment que non. Leur motivation est de nous « contraindre » à sortir de l’UE et de la zone euro.

Se forme ainsi une alliance objective entre les nationalistes capitalistes et les gouvernements libéraux et conservateurs pour appliquer les traités européens à la lettre. Bref l’union des droites. Jusqu’ici rien d’anormal.

Sauf qu’une partie de la gauche ( certains courants communistes particulièrement radicaux, ainsi que le MPEP ), avance le même argument légaliste et partage elle-aussi la volonté de sortir de l’UE et de l’euro.

Se posent alors deux questions, pourquoi vouloir sortir de l’UE ou de l’euro, pour quoi vouloir y rester, qu’est ce qui motive les uns et les autres ?

Outre la critique commune des traités et de leurs méfaits, voir même du libéralisme en général, et le consensus général des nonistes sur l’aspect non démocratique de l’UE et la volonté de récuperer les pouvoirs perdus au profit d’une oligarchie et la volonté de restaurer une certaine souveraineté, bref outre ces idées communes à tous les nonistes de 2005, il y a des clivages forts entre les uns et les autres. Et le débat qui nous anime ne saurait donc être restreint à des slogans ou des idées superficielles.

Par exemple, entre les nationalistes et les révolutionnaires, ce n’est pas la même souveraineté qui est défendue. Les uns défendent la souveraineté nationale et ne comptent évidemment pas changer grand chose aux institutions françaises et au présidentialisme monarchique qui les caractérise, les seconds défendent la souveraineté du peuple ce qui n’est pas la même chose, et pour cela ils demandent généralement la convocation d’une constituante pour changer les institutions.

Au niveau économique, les premiers partagent la croyance que les solutions à tous nos problèmes passent par la restauration de la possibilité de dévaluer la monnaie pour être « plus compétitif » dans la compétition économique mondiale, que cela permettra de restaurer la « croissance », le « plein emploi » etc … etc … Ces arguments sont fortement avancés par des personnes comme Asselineau ou Dupond Aignan, même à gauche par le MPEP. Et on est bien là dans une vision nationaliste et capitaliste ( car il s’agit de renforcer la compétitivité des multinationales françaises en croyant que de leur concurrence il va en découler le plein emploi ).
Ils sont dans une vision « nation » contre « nation » propre au nationalisme.
Les seconds sont dans une vision « lutte des classes » moderne, c’est à dire « peuple » contre « oligarchie », sachant qu’aujourd’hui l’oligarchie n’est pas juste nationale mais transnationale. Ils pensent notamment qu’il faut que tous les peuples européens se solidarisent contre cette oligarchie européenne. Pour eux le plein emploi ne peut découler que d’un juste partage des richesses et par le partage du temps de travail, et cela vaut en Grèce comme en France.
Le clivage est donc très complexe et total.

Et c’est là dessus qu’il faudrait débattre. Et non pas débattre sur pour ou contre l’Euro.

@Sandy
Ca serait bien quand tu écris "les uns… les autres, les premiers les seconds"de mettre des noms de partis ou des personnalités que nous puissions en débattre. Là je n’y comprends rien (qui est qui? qui propose quoi? qui demande quoi?)

Tu te trompes totalement sur l’argumentation de NDA. Le but d’une éventuelle sortie de l’euro (s’il n’est pas possible de changer l’euro en « monnaie commune ») n’est pas la « compétitivité » mais la protection du pays ET le fait de pouvoir ainsi retrouver notre pouvoir monétaire… ce qui aura pour conséquence l’emploi et non pas la compétitivité des multinationales (tu fais un faux procès)

J’espère que tu as lu le dernier « Généreux » …

À André-Jacques et à Sandy ( éventuellement )

Quelles solutions pour le valeureux peuple grec qui lutte contre l’étranglement exercé par l’UE et le FMI ?
Cela serait moche de les laisser dans la panade parce que nous français nous voulons sortir de l’UE. Ce sont les partis fédéralistes-européistes qui nous mis dans l’impasse d’une monnaie unique, mais que pourrait faire un président français attaché à la souveraineté du peuple ( FdG, UPR, DLR … ) qui serait en situation de responsabilité en 2012 pour aider à restaurer l’autonomie économique de la Grèce ?

La balance commerciale de la Grèce n’a cessé de se dégrader du fait de l’intégration fédérale. La sortie de la Grèce de l’euro ne réglerait qu’une partie des problèmes.

Comment simultanément recouvrer notre autonomie vis à vis de l’UE et aider à restaurer l’autonomie grecque ?

L’article de Claudio Katz évoque cette succession de mesures que le mouvement populaire grec et ses vastes mobilisations devrait appuyer :

— suspension unilatérale des paiements

— mettre immédiatement en pratique un audit de la dette

— nationaliser les banques et d’établir un contrôle total sur les mouvements des devises et des capitaux

— rompre immédiatement avec l’euro. Mais la récupération de la monnaie nationale requiert en premier lieu d’assurer les réserves, en empêchant la fuite frénétique des capitaux qu’accompagnerait un virage économique. Ce n’est qu’en intervenant sur les banques (en les nationalisant) et au travers d’un strict contrôle des changes qu’il serait possible de contrebalancer la perte des devises résultant d’une souveraineté monétaire retrouvée.

Mais au-delà comment réparer les dégâts du fédéralisme ?

[bgcolor=#FFFF99]Avant de parler des sujets où nous ne serions pas d’accord, il me semble que nous sommes d’accord sur le caractère insupportable et inique de la dette grecque. A contrario des libéraux, des socialistes, des centristes et des euro-écologistes qui n’y trouvent rien d’anormal ![/bgcolor]

À partir de là, puisque la nation française <=> le peuple français, il n’est pas étonnant que pas mal de gens qui ont étudié la question parmi les souverainistes ( DLR, UPR …), le PG, les communistes, les membres du Mouvement Pour Une Éducation Populaire et les révolutionnaires socialistes ( NPA) arrivent au même point d’accord sur les solutions :

— 1 — La suspension provisoire du paiement de la dette grecque

— 2 — un audit de la dette grecque

— 3 — une répudiation d’une partie de la dette grecque

— 4 — la nationalisation des banques grecques

— 5 — le contrôle total des mouvements des devises et des capitaux

5 points d’accords et pas sur des broutilles. Sur un sujet internationaliste d’importance. C’est assez rare pour le souligner ! Tellement d’ailleurs qu’il serait intéressant de prolonger ces convergences au détriment de l’UMPS-Euro-écologie-Centre. Évidemment, cela décoiffe et dérange dans leurs habitudes certaines personnes de retrouver tout ce monde du même côté de la barricade, mais cela va leur passer, puisqu’à force ils vont s’habituer ! :slight_smile:

C’est seulement sur la sortie de l’euro que se fait une divergence entre ces courants, le choix entre une monnaie du peuple grec ou une monnaie unique fédérale sous l’autorité indépendante des peuples de la BCE, en réalité, sous l’autorité des marchés financiers. [bgcolor=#FFFF99]Cette dernière analyse de la situation, l’indépendance de la BCE vis à vis des peuples, puisqu’elle est inscrite nommément dans les traités, ne fait pas débat entre les tendances citées plus haut, qui nous pourrions le remarquer en passant sont celles qui se sont réunies sur le vote « NON » au TCE.[/bgcolor]

Il y a donc selon moi, plusieurs débats simultanés qui interférent entre eux :

I ]

—————————
|
| — Un État fédéral de plusieurs peuples
|
| ou
|
|
| — Un État d’une seule nation, d’un seul peuple,
|
|
|—————————

II] Que recouvre la notion de capitalisme et celle de socialisme ?

III] Le contenu de classe ou les intérêts socio-professionnels défendus par les différents mouvements si on parle un langage policé, les alliances entre certaines classes sociales contre d’autres, les alternances entre collaboration entre certaines classes sociales et luttes des classes si nous voulons parler plus brutalement. Il y a parfois pas mal d’hypocrisie dans certains de ces combats où certaines classes sociales cachent leurs intérêts sous les intérêts d’autres classes. La défense de la classe moyenne, bien utilisée, sert de paravent à toutes les classes, qu’elles soient plus hautes ou plus basses !

IV] Le libre-échange intégral ( style OMC ), le protectionnisme (a) ou un système pour empêcher les trop grands déséquilibres dans les échanges commerciaux ( Exemple : Charte de La Havane (b))

V ] Un système de monnaie, non-coordonné, aux changes flottants par opposition à un système de monnaies mondialement coordonnées par rapport à un étalon monétaire et de changes concertés ©

Je parlais de retour de Keynes, que je connais très, très peu, mais je me suis aperçu qu’il a travaillé au moins sur les débats II, IV et V, et si j’ai bien pigé, le peu de fragments que j’ai lu, il a d’abord été (a) protectionniste, comme dans le texte que je cite dans mon message précédent, puis (b) partisan simultané de la Charte de La Havane et © d’un système de monnaies mondialement coordonnées par rapport à un étalon monétaire ( le bancor, aujourd’hui les droits de tirages spéciaux, les DTS, pourraient jouer le même rôle) et de changes concertés. La solution : de la Charte de La Havane et simultanément d’un système de monnaies mondialement coordonnées par rapport à un étalon monétaire, est très séduisante parce qu’elle arrête les dévaluations compétitives et les dévastations par les pays les plus économiquement les plus forts des pays les plus faibles comme on le voit actuellement dans le fédéralisme UE. C’est très beau et prometteur, mais je n’ai pas assez étudié cela, cela pourrait être très beau comme la Charte des Nations Unies et être dévoyé par la suite. Il me semble qu’un gros travail des néo-libéraux a consisté à rendre impossible, par la concurrence et par le libre-échange, les solutions d’équilibre et de régulation proposées par Keynes. À partir de là, se pencher sur Keynes, me parait intéressant. Donc, André-Jacques, si tu pouvais m’indiquer le livre le plus pertinent pour s’introduire dans la pensée de Keynes, je suis preneur. Avec tous mes remerciements cordiaux.

gilles

@Sandy Ca serait bien quand tu écris "les uns... les autres, les premiers les seconds"de mettre des noms de partis ou des personnalités que nous puissions en débattre. Là je n'y comprends rien (qui est qui? qui propose quoi? qui demande quoi?)

Tu te trompes totalement sur l’argumentation de NDA. Le but d’une éventuelle sortie de l’euro (s’il n’est pas possible de changer l’euro en « monnaie commune ») n’est pas la « compétitivité » mais la protection du pays ET le fait de pouvoir ainsi retrouver notre pouvoir monétaire… ce qui aura pour conséquence l’emploi et non pas la compétitivité des multinationales (tu fais un faux procès)

J’espère que tu as lu le dernier « Généreux » …


Je l’écoute attentivement Dupont Aignan et il a toujours bel et bien le mot « compétitivité » à la bouche, retrouver le pouvoir monétaire, pour lui comme pour Asselineau, c’est dévaluer pour rendre plus compétitives les multinationales françaises, et il croit que cela va rammener la France dans une situation de plein emploi.

Tout ça c’est du dogmatisme nationaliste capitaliste. Si je veux bien concéder que pendant un temps cela boost leur croissance, j’affirme haut et fort que ce n’est que très peu d’emplois qui découleront de cette manoeuvre, les gains de compétitivité iront comme ces 20 dernières années principalement alimenter les hauts salaires et les dividendes de leurs actionnaires.

Aucun pays au monde n’est dans une situation de plein emploi grâce aux exportations. L’allemagne, championne des exportations, est dans une situation de chômage de masse comme tous les autres pays.

Le front de gauche a bien compris lui que c’est en récupérant les 250 milliards d’euros perdus par les travailleurs en 30 ans au profit du capital et en réduisant le temps de travail que l’on retrouvera une situation de plein emploi. Il n’y a pas de travail si les gens n’ont pas de quoi se payer les services et les biens dont ils ont besoin.

@Sandy

" et il croit que cela va ramener la France dans une situation de plein emploi." C’est toi qui croit qu’il croit…

Je voudrais que tu me cites une intervention où NDA dit ou écrit " dévaluer pour rendre plus compétitives les multinationales françaises, " (c’est facile d’affirmer sans aucune preuve)
Il a dit " dévaluer pour rendre plus compétitives les entreprises françaises" … ce n’est pas pareil!
Nous savons tous bien qu’un retour à une re régionalisation des productions est une condition nécessaire mais pas suffisante pour diminuer le chômage (même le PG ne parviendra pas au plein emploi, tu va être déçu si tu penses que c’est possible, ou alors il faudra créer des millions de « faux emplois » que paieront ceux qui bossent)

Je n’ai pas vu dans le programme du PG une proposition de réduction de temps de travail… ca a du m’échapper.

Les besoins de services et de biens sont illimités; la disponibilité de l’énergie, des matières premières et les conséquences de la production font qu’il est impossible de les satisfaire tous

Je suis évidemment d’accord qu’il faut réduire l’échelle des revenus et des patrimoines…

" dogmatisme nationaliste capitaliste" que des "grands " mots, ça …

Dans son programme politique :

Défendre une parité compétitive pour le franc de manière à favoriser les entreprises qui produisent sur le territoire national et donc l’emploi (pour l’exportation comme pour permettre une compétition plus équitable avec les importations)
Il a dit " dévaluer pour rendre plus compétitives les entreprises françaises" ... ce n'est pas pareil!
Peut-être est-ce un problème de vocabulaire ? Que contestes-tu ? Le mot "multinationales" ? Peut-être n'est ce pas le bon mot en effet. Va pour "entreprises françaises" tout court. Cela ne change rien à mon propos, Dupond-Aignan croit dur comme fer que c'est en étant plus compétitif qu'on en terminera avec le chômage.

Que propose-t-il outre la dévaluation ?

Des éxonérations et des défiscalisations … Encore la même recette éculée de droite qui n’a jamais fonctionnée et qui a mis dans le rouge les recettes sociales et fiscales de l’état.

Je veux bien qu’une partie de la croissance qu’il aura si chèrement payé à coup de dévaluation et de défiscalisations se transformera dans un premier temps en quelques emplois. Mais les mêmes causes entrainant les mêmes effets, il est assez certain que la majeure partie des gains de productivité et de compétitivité iront non pas dans des créations d’emplois mais alimenter les plus hauts salaires et les dividendes des actionnaires comme ce fut le cas ces 30 dernières années …

Concernant le PG et la réduction du temps de travail ils défendent l’application des 35 heures et son extention à toutes les entreprises, bref de faire ce que le PS n’a pas eu le courage de faire sous Jospin.

Mais c’est surtout sur les salaires que le PG compte agir, en augmentant le SMIC déjà, en limitant les contrats précaires, en instaurant un salaire maximum et un revenu maximum.

Et s’ajouteront à cela des politiques de redistribution par la réforme de la fiscalité.

Vu qu’il s’agit d’une large redistribution ( on fait comme robin des bois on prend aux uns pour redonner aux autres ), il faudra que tu m’expliques en quoi cela pose un problème de ressources naturelles ? Il me semble que tu devrais soulever cette question à ceux qui comme Dupond Aignan ne voient les choses qu’à travers "la croissance … la croissance … la croissance … "

Et justement le PG défend la planification d’une transformation écologique de notre économie, principalement en diminuant progressivement notre dépendance au pétrole et à l’uranium au profit du solaire et de la géothermie, ce n’est donc vraiment pas là-dessus que tu peux les attaquer.

Enfin de ce point de vue là, il faudrait non pas se féliciter comme le fait Dupond Aignan de l’augmentation de notre population mais plutôt s’en inquiéter, parce que d’un point de vue des ressources et de l’énergie, les 5-8 millions de français qu’il y aura en plus dans 10 ans, ça va faire mal.

Enfin de ce point de vue là, il faudrait non pas se féliciter comme le fait Dupond Aignan de l'augmentation de notre population mais plutôt s'en inquiéter, parce que d'un point de vue des ressources et de l'énergie, les 5-8 millions de français qu'il y aura en plus dans 10 ans, ça va faire mal.
Je n'ai pas vu le PG soulever ce problème ...

Pour le reste, j’abandonne la discussion (grosse fatigue)

[bgcolor=#FFFF99]Avant de parler des sujets où nous ne serions pas d'accord, il me semble que nous sommes d'accord sur le caractère insupportable et inique de la dette grecque. A contrario des libéraux, des socialistes, des centristes et des euro-écologistes qui n'y trouvent rien d'anormal ![/bgcolor]

gilles


J’en suis bien d’accord.
Mais c’est vrai pour tous les pays de l’UE.
Et il n’est pas très « fair » d’oublier dans les formations souverainistes le FN dont sa position sur le problème a beaucoup plus contribué à sa diabolisation que les frasques supposées de son leader historique.

Car le scandale n’est pas la dette dite « souveraine » de la Grèce, mais l’impossibilité dans laquelle l’UE a mis n’importe quel pays « souverain » à traiter lui-même le problème de sa propre dette, comme il était possible de le faire auparavant avec les dévaluations nationales.

L’iniquité c’est que ceux-là même qui ont ELIMINE les souverainetés des Etats de l’UE, continuent d’en parler pour le maintien de l’ordre et pour le règlement les dettes.

Il est effarant qu’on veuille faire passer pour « constitutionnelle » la règle dite d’OR, règle purement technique « de comptabilité » sans écrire la vraie règle d’or, POLITIQUE, qui est que chaque pays souverain doit régler, et donc RECUPERER les MOYENS de régler, ses problèmes de dette, c’est à dire sa souveraineté.

Il est extraordinaire que l’on en arrive à persuader les français qui bossent de plus en plus, quand on le leur dérobe pas leur outil de travail, qu’ils pourront faire faillite.

Relisons La Fontaine, la crise est affaire de financiers, et les sire Grégoire que nous sommes, pourrions continuer à chanter toute la journée, si nous étions restés un peuple souverain, qui a gardé la maîtrise de son avenir.

Mais le diagnostic est en fait que nous vivons sous un régime TOTALITAIRE, c’est le MARCHE qui a pris le pouvoir.

On constate une similitude absolue entre l’analyse par Hannah Arendt des régimes TOTALITAIRES nazis et staliniens ( Le système totalitaire) avec celle que l’on peut faire dans notre monde, régi par le pouvoir anonyme des parasites vivant de la propriété lucrative. Autrement dit, des AVATARS non humains par le fait qu’ils sont en marge de la société du travail.

Il suffit de faire les analogies adéquates, tout y est: le « tout est possible » de l’idéologie qui remplace la raison, la « loi du marché » remplaçant la « volonté du chef », les institutions internationales et les agences de notation remplaçant la police dans la désignation arbitraire de ses ennemis objectifs successifs (Chili, Argentine, …, maintenant dans l’UE), la transformation de ceux qui savent en complices qui ne peuvent plus dénoncer…tout, jusqu’aux « camps » de production des multinationales où les managers-kapos se contentent de donner des objectifs de production inatteignables, le suicide devenant le mode d’élimination le meilleur marché pour ceux qui ne peuvent suivre le rythme.
C’est effarant!!!

Les endettements par pays (et par habitant)
http://www.enotes.com/topic/List_of_countries_by_external_debt