32 Sortir de l'Union Européenne

Gilles,

Intéressants, vos 10207 et 10213.

(Êtes-vous sûr que nous avons le droit de reproduire intégralement ici des articles de magazine ?) JR

[align=center]Quand la CIA finançait la construction européenne… …[/align]

[color=#111100][size=9]Jacques vous réagissiez à cette portion d’article que je reprenais ici …

Vous avez raison, il faut rendre hommage et faire de la publicité au magazine Historia et à Rémy Kauffer pour son enquête. Je vois que vous ne contestez pas le fait que la CIA a financé les mouvements en faveur de la construction européenne et les premiers organismes euro-fédéralistes.

Je traduis cette page de wikipedia en anglais http://en.wikipedia.org/wiki/ACUE

comme suit :

Le comité américain pour l’Europe unie (ACUE), fondée en 1948, était une organisation américaine qui cherchait à contrer la menace communiste en Europe par la promotion de l’intégration politique européenne. Son premier président fut l’ex-chef de l’OSS, pendant la guerre, William Joseph Donovan.

Des documents déclassifiés du gouvernement américain ont montré que l’ACUE a été un important bailleur de fonds initial pour lancer le « Mouvement européen » et de la Campagne européenne de jeunesse. L’ACUE lui-même bénéficié d’un financement par les fondations Rockefeller et Ford.

La politique américaine était de promouvoir les États-Unis d’Europe, et, à cette fin, le comité a été utilisé pour discrètement comme écran pour les fonds de la CIA - au milieu des années 1950 l’ACUE recevait environ 1 000 000 $ USD ( Dollar US) par an - pour financer les programmes euro-fédéralistes et appuyer des organismes comme le Conseil de l’Europe, la Communauté européenne du charbon et de l’acier, et le projet de Communauté Européenne de Défense.

Fin de traduction

La construction européenne au tout début, n’était pas du tout une volonté de qui que ce soit d’indépendant en Europe, mais a été entièrement manigancé par le gouvernement des États-Unis pour subordonner l’Europe aux objectifs de la Guerre froide. La Guerre Froide est terminée, mais la subordination demeure plus que jamais.[/size][/color]

[align=center]Quand la CIA finançait la construction européenne. [/align]

Série d’après un article de Rémy Kauffer dans la revue « Historia » (Lien vers le début de la série…)

Partie précédente : l’ACUE, Walter Bedell Smith, Allen Dulles

Troisième partie : Un autre aperçu de l’American Committee for United Europe ( l’ACUE ), orienter l’activité des syndicats contre le mouvement « communiste » et contre l’Union Soviétique

[color=#111100][size=9]Étonnant creuset que l’American Committee for United Europe, l’ACUE, où des personnalités de la haute société et/ou de la CIA côtoient les dirigeants de la puissante centrale syndicale American Federation of Labor, l’AFL, dont ils partagent l’aversion du communisme. Exemples :

— David Dubinsky, né en 1892 à Brest-Litovsk, en Russie, dirige le Syndicat international de la confection pour dames (ILGWU) : 45 000 adhérents à son arrivée en 1932, 200 000 à la fin des années 1940 ! Ennemi acharné des nazis hier (les syndicalistes proches de l’ACUE sont presque tous juifs), c’est aux commies , les « cocos », qu’il en veut dorénavant.

Jay Lovestone. Conseiller politique de l’AFL, ce Lituanien d’origine sait de quoi il parle : avant sa brutale exclusion puis sa lente rupture avec le marxisme, il fut, entre 1925 et 1929, le secrétaire général du PC américain !

—Autre recrue de choix du Comité, Arthur Goldberg, le meilleur juriste de l’AFL. Futur secrétaire au Travail du président Kennedy puis juge à la Cour suprême, Goldberg, né en 1908, a dirigé l’aile syndicale de l’OSS. À ce titre, il fut en son temps le supérieur hiérarchique d’Irving Brown, son cadet de deux ans.

À droite de l’image Irving Brown

—Irving Brown, représentant de l’AFL pour l’Europe et grand dispensateur de dollars aux syndicalistes modérés du Vieux Continent. Puisant dans les fonds secrets de la toute jeune CIA, laquelle finance depuis 1946 toutes les opérations anticommunistes de l’AFL, ce dur à cuire ne ménage pas, par exemple, son soutien à Force ouvrière, la centrale syndicale née fin 1947 de la scission de la CGT (lire « Derrière Force ouvrière, Brown, l’ami américain » dans Historia n° 621 de décembre 1997). Pure et dure, la ligne Brown contraste d’ailleurs avec celle, plus nuancée, de la CIA. À la Compagnie, on aurait préféré que les non-communistes restent dans le giron de la CGT, même contrôlée par le PCF…

C’est qu’au-delà des hommes, il y a la stratégie d’ensemble. Face à l’Union soviétique, Washington développe deux concepts clés : le containment (l’endiguement) et plan Marshall. L’idée du containment, revient à un diplomate russophone, George Kennan, qui la développe dès juillet 1947 dans un article de la revue Foreign Affairs : « L’élément majeur de la politique des États-Unis en direction de l’Union soviétique doit être celui d’un endiguement à long terme, patient mais ferme, des tendances expansionnistes russes. » [/size][/color]

Suite : Le général George Marshall et Frank Gardiner Wisner

[align=center]Quand la CIA finançait la construction européenne. [/align]

Série d’après un article de Rémy Kauffer dans la revue « Historia » (Lien vers le début de la série…)

Partie précédente : Un autre aperçu de l’American Committee for United Europe ( l’ACUE ), orienter l’activité des syndicats contre le mouvement « communiste » et contre l’Union Soviétique

Quatrième partie : Le général George Marshall et Frank Gardiner Wisner

[color=#111100][size=9]Le général George Marshall

Le plan Marshall, lui, porte la marque de son inventeur le général George Marshall, chef d’état-major de l’US Army pendant la guerre, et désormais ministre des Affaires étrangères du président Truman. En apportant une aide massive aux pays d’Europe ruinés, les États-Unis doivent, selon lui, faire coup double : un, couper l’herbe sous le pied des partis communistes par une hausse rapide du niveau de vie dans les pays concernés ; deux, empêcher leur propre industrie de sombrer dans la dépression en lui ouvrant de nouveaux marchés.

Pour le tandem Marshall-Kennan, pas de meilleur outil que la CIA.[/size][/color]

[color=#111100][size=9]Frank Gardiner Wisner Senior

Et c’est naturellement un autre ancien de l’OSS, Frank Gardiner Wisner Senior, qu’on charge de mettre sur pied un département autonome spécialisé dans la guerre psychologique, intellectuelle et idéologique, l’Office of Policy Coordination ! Si ce bon vieux " Wiz " ne fait pas partie du Comité, ses hommes vont lui fournir toute la logistique nécessaire. Mais chut ! c’est top secret…

Frank Gardiner Wisner a été l’agent de la CIA responsable du recrutement de la plupart des des nazis par le gouvernement des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, l’homme derrière l’opération Bloodstone, le programme du gouvernement des États-Unis de recrutement des nazis et de membres de la SS.

L’ACUE allie sans complexe une certaine forme de messianisme américain avec le souci de la défense bien comprise des intérêts des États-Unis. Messianique, cette volonté bien ancrée de mettre le Vieux Continent à l’école du Nouveau Monde. Phare de la liberté menacée, l’Amérique a trouvé, la première, la voie d’une fédération d’États, succès si resplendissant que l’Europe n’a plus qu’à l’imiter… [/size][/color]

Suite : Création du mouvement européen

[color=#111100][size=9]

La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n’est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d’être.

Source : Henri Poincaré

Les derniers votes de jean-luc mélenchon au Parlement européen avec les explications des contextes de vote :

http://www.jean-luc-melenchon.com/en-seance-au-parlement-europeen/2-314-17-fevrier-2011/#d7[/size][/color]

[align=center]Quand la CIA finançait la construction européenne. [/align]

Série d’après un article de Rémy Kauffer dans la revue « Historia » (Lien vers le début de la série…)

Partie précédente : Le général George Marshall et Frank Gardiner Wisner

Cinquième partie : Création du mouvement européen

[color=#111100][size=9]Cet européanisme made in Washington comporte sa part de sincérité : « Ils m’appellent le père du renseignement centralisé, mais je préférerais qu’on se souvienne de moi à cause de ma contribution à l’unification de l’Europe », soupire ainsi Donovan en octobre 1952.

De sa part de calcul aussi. Car en décembre 1956, trois mois avant sa mort, le même Donovan présentera l’Europe unie comme « un rempart contre les menées agressives du monde communiste ». En d’autres termes, un atout supplémentaire de la stratégie américaine conçue par Marshall, Kennan et leurs successeurs : construire l’Europe, c’est remplir un vide continental qui ne profite qu’à Staline, donc, en dernier ressort, protéger les États-Unis.

Ajoutons une troisième dimension. Dans l’esprit des hommes de la Compagnie, rien de plus noble qu’une action clandestine au service de la liberté. Tout officier de la CIA le sait : les États-Unis sont nés pour une bonne part du soutien des agents de Louis XVI, Beaumarchais en tête, aux insurgés nord-américains. Ainsi l’opération ACUE American Committee on United Europe , la plus importante, et de loin menée, par l’Agence en Europe pendant la guerre froide, se trouve-t-elle justifiée par l’Histoire.

Pour chaleureuse qu’elle soit, l’amitié franco-américaine ne saurait toutefois distendre le « lien spécial » entre Grande-Bretagne et États-Unis. En foi de quoi, Comité et Compagnie tournent d’abord leur regard vers Londres. Hélas ! Churchill, battu aux législatives de 1945, ronge ses griffes dans l’opposition. Le nouveau secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, Ernest Bevin, a bien proclamé le 2 janvier 1948 aux Communes : « Les nations libres d’Europe doivent maintenant se réunir. » N’empêche que ses collègues du cabinet travailliste et lui repoussent avec horreur la perspective d’une véritable intégration continentale. Non pas que Bevin craigne de s’affronter aux communistes : deux jours après son discours de janvier, il créait un organisme clandestin de guerre idéologique, l’Information Research Department. Ce même IRD qui, jugeant « La Ferme des animaux » et « 1984 » plus efficaces que mille brochures de propagande, va contribuer à diffuser partout dans le monde les oeuvres de George Orwell. Mais la carte Europe unie, alors là, non !

Cette carte, Churchill la joue-t-il de son côté par conviction profonde ou par aversion pour ses rivaux politiques de gauche ? Le fait est que le 19 septembre 1946 à Zurich, le Vieux Lion appelle à un axe anglo-franco-allemand, élément majeur selon lui d’une « espèce d’États unis d’Europe ». En mai 1948, Duncan Sandys, taille aux mesures de son homme d’État de beau-père le Congrès européaniste de La Haye. En octobre 1948, Churchill crée l’United European Movement - le Mouvement européen. Il en devient président d’honneur aux côtés de deux démocrates-chrétiens, l’Italien Alcide De Gasperi et l’Allemand Konrad Adenauer, et de deux socialistes, le Français Léon Blum et le Belge Paul-Henri Spaak. Malheureusement pour les « amis américains », cette tendance « unioniste » ne propose, à l’exception notable de Spaak, que des objectifs européens limités. Reconstruction économique et politique sur une base démocratique, d’accord, mais sans transfert, même partiel, de souveraineté.

Le Comité ( l’ACUE) et la tendance « fédéraliste », dont Henri Frenay émerge comme la figure emblématique, veulent, eux, aller beaucoup plus loin. Aux heures les plus noires de la Seconde Guerre mondiale, Frenay, patriote mondialiste, a conçu l’idée d’un Vieux Continent unifié sur une base supranationale. En novembre 1942, révélera quarante ans plus tard Robert Belot dans le remarquable travail sur Frenay qui vient de lui valoir l’habilitation à diriger des recherches à l’Université, le chef de Combat écrivait au général de Gaulle qu’il faudrait dépasser l’idée d’État-Nation, se réconcilier avec l’Allemagne après-guerre et construire une Europe fédérale.

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Suite : Alexandre Marc et la création de l’Union européenne des fédéralistes

[bgcolor=#FFFF99]Rencontre entre Nicolas Dupont-Aignan et Nigel Farage[/bgcolor]

http://www.dailymotion.com/video/xhdarn_rencontre-entre-nicolas-dupont-aignan-et-nigel-farage_newsiframe

Étienne.

Petits commentaires.

1/ on se demande pourquoi il y des drapeaux étoilés sur ce batiment de la commission. C’est bien le symbole, que, le traité de Lisbonne, la Comission s’en fout, ses propres règles, elle les piétinne au regard de tous.

2/ Dupont-Aignant et Farage sont peut-être utiles, mais les petits pays ne voudront pas d’une Europe des nations, car l’Europe des nations c’est forcément l’oligarchie des grandes nations.

béo : « … … Le traité de Lisbonne, la Commission s’en fout, ses propres règles, elle les piétine au regard de tous. … … »

à beo, l’européisme n’est que le moyen actuel et moderne pour l’oligarchie de contourner la volonté des peuples, j’ai comme l’impression, mais tu me diras si tu la partages, qu’ils seraient près à l’abandonner à la seconde même où ils trouveraient un autre moyen de contournement. J’en veux pour preuve, l’affaire des organismes génétiquement modifiés OGM qui n’a pas pu passer par la voie européiste et dont la Commission a fini par déclarer que chaque pays déciderait pour sa part. La Commission a dans cette affaire abdiqué toute volonté européiste ( on ne sait pour combien de temps ) pour faire avancer au maximum qu’il était possible, au moins avec les pays qui étaient d’accord, le dossier des OGM.

Mouais, c’est le fait des lobbies tout ça, c’est l’argent roi.

Ca me rappelle un souvenir assez amer dont je n’ai jamais parlé.

J’étais président d’une petite ONG qui avait organisé un séminaire sur la communication bruxelloise (coopération entre ONG de jeunesses, un truc comme ça). A la fin l’organisateur me demande si je veux bien dire un mot. Ca aurait été la moindre des choses, moi qui suis si bavard, pour exprimer publiquement ma reconnaissance envers cette équipe d’organisation qui avait bien bossé.

Mais je n’ai rien voulu dire.

Je n’ai rien voulu dire car j’étais choqué.

J’étais choqué car quelques jours auparavant avec la trentaine de participants issus d’une quizaine de pays on était allé au siège d’une association chapeau (chapiteau, toit, parapluie, ce que vous voulez) de jeunesse qui a pour but de représenter les intérêts de ces associations de jeunesse auprès des institutions européenne. Là le représentant italien nous explique en anglais que son travail consiste à faire du lobbying auprès des instances. J’exprime des doutes, des réserves. Et là le gars s’est sans doute cru dans une émission radio de Doc et Difool et il m’a lâché « ce n’est pas sale ».

Et bien moi, graisser la pate des fonctionnaires européens, je trouve ça très sale.

Même la petite italienne, dont j’ai parlé à Etienne l’autre soir, avait diagnostiqué un dialogue de sourd, même si elle non plus, elle ne trouvait pas ça très sale.

béo, Étienne, rien à voir avec la sortie de l’UE, mais je n’ai pas trouvé rapidement où inscrire cette information :

Le mouvement France Un-cut : Le mouvement anti-coupes budgétaires du budget de l’État, gardons nos infirmières, nos hôpitaux, nos enseignants, nos écoles, nos classes, nos ambassades, notre dissuasion nucléaire, etc. … en faisant payer ceux qui trichent avec leurs contributions par l’intermédiaire des paradis fiscaux.

Chronique de Claire Vasseur ce matin sur France-Culture durée 3 mn :
http://www.franceculture.com/emission-la-chronique-de-flore-vasseur-08-mars2011-2011-03-08.html

http://www.facebook.com/fruncut

Journée le samedi 26 mars Royaume-Uni : http://www.ukuncut.org.uk/blog/26th-march—invite-your-friends

France : http://www.uneecole-votreavenir.org/

[align=center] Le débat entre les positions de Jacques Sapir et celles de François Asselineau sur la sortie de zone euro[/align]

[color=#6E431F][size=9]La position de Jacques Sapir est rappelée par André-Jacques ici : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=10197#p10197
Elle consiste pour la résumer brièvement à mener une politique non-coopérative telle que le retour à l’autonomie monétaire pour tous les acteurs de la zone euro soit la seule solution possible.

et celles de François Asselineau ici :[/size][/color]

[color=midnightblue][size=9][i]« L’UPR a des remèdes précis, qui exigent tous la sortie de l’UE.

L’UPR n’est pas un parti girouette qui change sans arrêt ses propositions selon la dernière actualité.

Nos 7 remèdes prioritaires constituent à eux seuls le changement politique le plus puissant qui ait été présenté aux Français depuis 1958.

Les voici :

  1. la sortie urgente de l’euro, dont les effets sont désastreux dans tous les domaines et dont la désintégration est inéluctable,

  2. la réattribution à la Banque de France de son rôle normal de financement de l’État et des collectivités locales, sans quoi tout contrôle de l’endettement public est voué à l’échec (abrogation de l’article 25 de la loi n°73-7 du 3 janvier 1973),

  3. la réappropriation par la France de son droit inaliénable à défendre elle-même ses propres intérêts à l’Organisation Mondiale du Commerce(OMC), sans laisser cette tâche, cruciale pour contrer les délocalisations, à la Commission européenne qui piétine nos intérêts vitaux,

  4. le rétablissement effectif du contrôle des flux de capitaux, de marchandises, de services et de personnes, seule mesure de sauvegarde permettant de donner un coup d’arrêt à la débâcle économique et sociale en cours,

  5. la renationalisation de notre politique étrangère, accompagnée d’une sortie de l’OTAN et du retrait de nos troupes engagées dans des guerres juridiquement illégales, moralement honteuses, et très meurtrières(comme en Afghanistan par exemple),

  6. la sortie au plus vite de l’Union européenne car toutes les mesures précédentes, vitales pour redresser la France, sont toutes contraires aux traités européens. Cette sortie est parfaitement possible : l’article 50 du traité sur l’UE l’a prévue,

  7. le lancement d’un grand programme de logements sociaux. Il sera financé par notre sortie de l’UE, qui nous fera économiser au moins 10 milliards d’euros par an, estimation minimale du coût net de l’Union européenne pour la France. Nous résoudrons ainsi les problèmes de logement des Français tout en procédant à une relance économique créatrice d’emplois. »[/i][/size][/color]

[color=#6E431F][size=9]Mon avis, je suis assez proche de la position défendue par François Asselineau, mais voyons ce débat entre la position de Jacques Sapir et celle de François Asselineau. Déjà, relevons les points d’accord tels qu’il me semblent s’exprimer : tous deux jugent le fait pour les pays ( hors Allemagne ) de rester dans la zone euro est une facilité à court terme pour les résultats économiques ou plutôt pour mieux m’exprimer que la sortie implique un passage par une période difficile et risquée avant le rétablissement, mais que rester est d’ors et déjà délétère ( c’est le cas pour la Grèce et l’Irlande sans contestation ) et le sera de plus en plus sur le long terme. Tous deux sont aussi d’accord pour juger que la réattribution à la Banque de France de son rôle normal de financement de l’État et des collectivités locales est nécessaire.

Je partage ces points d’accord.

Il me semble qu’étudier les difficultés et les risques de la sortie unilatérale de la France pour pour pouvoir y parer et faire de même avec les difficultés et les risques de la méthode non-coopérative de retour à l’autonomie monétaire proposée par Jacques Sapir est nécessaire.

Essayons dans le peu de temps qui m’est imparti de déblayer le plus gros de l’affaire.

La méthode d’Asselineau a pour elle la netteté, le courage, surtout si elle prévient les Français que nous allons passer une période difficile avant d’avoir restructurer notre appareil productif pour l’adapter à la nouvelle situation d’autonomie monétaire. Les risques sont à mon avis premièrement que les investisseurs fuient la France sans vouloir adapter le moins du monde les usines qu’ils possèdent en France à la nouvelle situation et que deuxièmement ils plaident par l’intermédiaire des médias qu’il possèdent pour un retour à l’euro. Comment parer ces deux risques ?

La méthode de Sapir emprunte plus de faux-fuyants, c’est vrai, mais elle place tout le monde au pied du mur en ce sens qu’elle pare mieux le deuxième risque d’un retour à l’euro puisqu’elle passe par le retour à l’autonomie monétaire de tous les pays. Elle fait donc sauter la « zone » et donc l’incitation à y revenir.

Plus globalement :
Je suis pour la sortie de l’UE, mais comment fait-on quand les entreprises du CAC n’investissent déjà plus beaucoup en France et font quand même des bénéfices faramineux qu’ils rapatrient de moins en moins avec l’existence des paradis fiscaux et les accords de libre-échange ? Comment parer à cela pour que la sortie de l’UE soit viable avec une économie solide avec des emplois industriels pour une France forte et respectée et non un désert de sous-industrialisation, d’usines obsolètes et de chômage ? Nous seront plus forts si nous pouvons parer aux difficultés que nos choix politiques entraînent. Nos adversaires vont aussi utiliser ces arguments, comment y répondre de manière à convaincre avec lucidité et réalisme que nous pouvons gouverner ?

Comment faire pour que les entreprises, les investisseurs à nouveau ré-investissent plus en France dans un cadre monétaire autonome ? Ou bien comment pénaliser ou bien freiner, par quelles méthodes astucieuses, les investissements de ces sociétés à l’étranger, comment faire en sorte que les personnes sous-employées retrouvent un volume d’heures de travail suffisant ?

En fait, n’étant pas assez compétent sur ces questions jusqu’à aujourd’hui, je m’interroge sur la possibilité et l’efficacité du point 4 du programme de l’UPR pour bâtir une économie prospère : le rétablissement effectif du contrôle des flux de capitaux, de marchandises, de services et de personnes.

[bgcolor=#FFFF99]Quel est votre avis sur ce débat ?[/bgcolor]
[/size][/color]

@Gilles

Très rapidement

Je ne crois pas qu’il y ait de solution miracle et -globalement - je ne suis pas trop d’accord avec les positions trop « intransigeantes » d’Asselineau: nous ne pouvons pas non plus nous isoler totalement!

Néanmoins je pense que de toute façon il faut quitter l’UE (ou au moins obtenir les « opt-out » que nous voulons), car c’est la condition absolue pour choisir les droits de douane d’importation que nous souhaitons et les méthodes d’imposition sur les bénéfices (pourquoi les entreprises ne sont elles pas simplement taxées sur leurs bénéfices sur un prorata du Chiffre d’Affaire qu’elles réalisent sur notre sol ? )

Comme AJH, je trouve la position d’Asselineau trop isolationiste. Dans tous projets de sortie de l’UE et de rétablissement des douanes, il y a cette idée qui affleure: le commerce mondial tourne à notre désavantage après des siècles d’hégémonie non partagée, donc nous en changeons les règles pour conserver nos avantages. C’est la logique de protection des privilèges que l’on reproche en général à la droite et dont les Lumières espéraient la fin.
Sinon Gilles, merci pour ces textes sur la CIA qui confirment l’impression générale de collusion entre UE et USA.

[align=center]Quand la CIA finançait la construction européenne. [/align]

Série d’après un article de Rémy Kauffer dans la revue « Historia » (Lien vers le début de la série…)

Partie précédente : Création du mouvement européen

Sixième partie : Alexandre Marc et la création de l’Union européenne des fédéralistes

Logique avec lui-même, Frenay se jette dès 1946 dans cette croisade européaniste aux côtés d’Alexandre Marc.

[color=#111100][size=9]Alexandre Marc

Né Lipiansky à Odessa en 1904, ce théoricien du fédéralisme a croisé la trajectoire de Frenay à Lyon en 1941, puis après-guerre. À rebours de l’européanisme de droite inspiré des thèses monarchistes maurrassiennes ou du catholicisme social, les deux amis s’efforcent de gauchir le fédéralisme français alors fort de « plusieurs dizaines de milliers d’adhérents », ainsi que me l’assurera l’ancien chef de Combat en 1988.

Orientée à gauche, l’Union européenne des fédéralistes, l’UEF, est créée fin 1946. Elle va tenir son propre congrès à Rome en septembre 1948. Frenay en devient le président du bureau exécutif, flanqué de l’ex-communiste italien Altiero Spinelli, prisonnier de Mussolini entre 1927 et 1937 puis assigné à résidence, et de l’Autrichien Eugen Kogon, victime, lui, du système concentrationnaire nazi qu’il décortiquera dans « L’État SS » (Le Seuil, rééd. 1993). À ces trois dirigeants le but d’atténuer le profond malaise né de la participation de nombreux membres de l’UEF au congrès de La Haye, où Churchill et son gendre Sandys les ont littéralement roulés dans leur farine « unioniste ».

Faut-il choisir entre le Vieux Lion et le pionnier de la Résistance intérieure française à l’internationalisme si radical ? Perplexité au Comité, donc à la CIA. Pour Churchill, sa stature d’homme d’État, d’allié de la guerre, sa préférence affichée pour le « grand large », les États-Unis ; contre, son refus acharné du modèle fédéraliste si cher aux européanistes américains et bientôt, ses violentes querelles avec le très atlantiste Spaak.

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Suite : Premiers versements de la CIA

[align=center]MAIS QU’EST DONC HARRIS INTERACTIVE ?[/align]

L’ensemble de la scène politique française a été secouée, les 5 et 7 mars, par la publication coup sur coup de deux sondages, publiés l’un et l’autre par le journal Le Parisien, réalisés l’un et l’autre par « l’institut » Harris Interactive, et donnant l’un et l’autre Mme Le Pen en tête du 1er tour à l’élection présidentielle qui se déroulera dans plus d’un an. Dans le premier, Mme Le Pen (FN) était créditée de 23 % au premier tour de la présidentielle, devant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry (PS), chacun crédité de 21 %. Dans le second, elle était créditée de 24 %, devançant Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn.

Mais qui est donc « HARRIS INTERACTIVE » ?

La société Harris Interactive France n’est qu’une toute petite entreprise, qui ne regroupe qu’une cinquantaine de personnes. En revanche, elle est la filiale d’un groupe beaucoup plus puissant, le groupe américain Harris Interactive, qui dispose de près de 1 300 personnes au niveau mondial.
Le siège social de Harris Interactive est situé à New York (161 Sixth Avenue, New York, NY 10013) et le groupe est dirigé par un conseil d’administration de 7 membres, dont on trouve la liste sur

http://ir.harrisinteractive.com/directors.cfm

Parmi ces membres dirigeants, deux doivent plus spécialement retenir notre attention.
La PDG de Harris Interactive a été sélectionnée par la Maison Blanche et le FBI. La personnalité du PDG du groupe américain Harris Interactive, Mme Kimberly Till, est peu banale et assez inattendue à la tête d’un institut de sondage.
Présentée comme un « global leader », Mme Till a été auparavant PDG de l’institut d’enquête d’opinion Taylor Nelson Sofres pour l’Amérique du nord (de mai 2006 à mars 2008), après avoir été vice présidente d’une filiale de Microsoft Corporation (de 2003 à 2008) et, auparavant encore, une haute responsable du groupe AOL Time Warner, dans des emplois tournés vers les médias.

http://people.forbes.com/profile/kimberly-till/121982 http://www.microsoft.com/presspass/exec/till/default.mspx

Plus intéressant encore, Mme Till a été sélectionnée en 1990 pour suivre le très prestigieux Programme « White House Fellowship ». Fondé en 1964 par le Président Johnson, le Programme « White House Fellowship » a été conçu pour offrir à une quinzaine de jeunes hommes et femmes triées sur le volet la possibilité de travailler pendant quelque temps au plus haut niveau du gouvernement fédéral avant d’aller « essaimer » dans la sphère privée. Comme le précise le site même de la Maison Blanche, « ce programme non-partisan » permet, pour reprendre les termes mêmes du président Johnson, «de donner aux boursiers une expérience de première main et de haut niveau des rouages du gouvernement fédéral et d’accroître leur sentiment de participer à affaires nationales ». En contrepartie de cette année d’expérience, le président Johnson estimait que « les boursiers devaient « payer cette faveur en retour » [« repay that privilege » selon la formule américaine], après leur départ, en « continuant à travailler en tant que citoyens à leurs devoirs publics ». Il espérait notamment « que les boursiers pourraient contribuer à la nation comme les futurs dirigeants ».

Le très prestigieux Programme « White House Fellowship »

cf. photos de la dernière promotion sur :

http://www.flickr.com/photos/40021250@N05/with/4291737802/

HARRIS INTERACTIVE EST ÉGALEMENT TRÈS ACTIF POUR PROMOUVOIR « DSK »

Ce serait une erreur de croire que Harris Interactive a limité son action politique, au cours du mois écoulé, à la seule diffusion et promotion de « sondages » dépourvus de toute scientificité propulsant mme Le Pen au second tour de la présidentielle. Il a également été très actif pour promouvoir la candidature de M. Strauss-Kahn à la présidence de la République en publiant, le 18 février, une étude dithyrambique à son sujet :
http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/18022011.asp

En savoir plus sur cette enquête sur Harris Interactive ici …

VOIR AUSSI :
http://www.observatoire-des-sondages.org/Sondages-remuneres-les-animations.html

http://www.observatoire-des-sondages.org/DSK-president-une-selection-BVA.html


Mon analyse : Washington manipule les sondages pour faire monter le Front National au premier tour et provoquer une réaction « Tout sauf le Pen » comme en 2002 et ainsi influencer les élections présidentielles françaises de 2012 en vue de faire élire DSK. Pas étonnant puisque DSK est le plus pro-américain de tout le cirque électoral.

[align=center]Quand la CIA finançait la construction européenne. [/align]

Série d’après un article de Rémy Kauffer dans la revue « Historia » (Lien vers le début de la série…)

Partie précédente : Alexandre Marc et la création de l’Union européenne des fédéralistes

Septième partie : Premiers versements de la CIA

[color=#111100][size=9]En mars 1949, Churchill rencontre Donovan à Washington. En juin, il lui écrit pour solliciter le versement de fonds d’urgence (très riche à titre personnel, l’ancien Premier ministre britannique n’entend pas puiser dans sa propre bourse). Quelques jours plus tard, Sandys appuie par courrier la demande de son beau-père : de l’argent, vite, sinon le Mouvement européen de Churchill s’effondre. Le Comité et la CIA, la principale bailleuse de fonds, débloquent alors une première tranche équivalant à un peu moins de 2 millions de nos euros. Elle permettra de « préparer » les premières réunions du Conseil de l’Europe de Strasbourg, qui associe une assemblée consultative sans pouvoir réel à un comité des ministres statuant, lui, à l’unanimité.

Pour soutenir leurs partenaires du Vieux Continent, ACUE et CIA montent dès lors des circuits financiers complexes. Les dollars de l’oncle Sam - l’équivalent de 5 millions d’euros entre 1949 et 1951, le même montant annuel par la suite - proviennent pour l’essentiel de fonds alloués spécialement à la CIA par le Département d’État. Ils seront d’abord répartis sous le manteau par les chefs du Mouvement européen : Churchill, son gendre, le secrétaire général Joseph Retinger, et le trésorier Edward Beddington-Behrens. En octobre 1951, le retour de Churchill à Downing Street, résidence des premiers ministres anglais, ne tarira pas ce flot : entre 1949 et 1953, la CIA va en effet verser aux unionistes l’équivalent de plus de 15 millions d’euros, à charge pour eux d’en redistribuer une partie à leurs rivaux de la Fédération, la tendance de droite du fédéralisme français, laquelle reverse ensuite sa quote-part à l’UEF. Sommes substantielles mais sans commune mesure avec la manne que l’appareil stalinien international, le Kominform, investit au même moment dans le financement souterrain des PC nationaux et des innombrables « fronts de masse » : Fédération syndicale mondiale de Prague, Mouvement de la paix, mouvements de jeunes, d’étudiants, de femmes…[/size][/color]

Suite : Thomas Braden et encore des versements de la CIA…

[align=center]Commentaire personnel sur la série Quand la CIA finançait la construction européenne[/align]

[color=#111100][size=9]Il est assez significatif que l’européisme réel et effectif, celui que nous vivons actuellement et qui a été propagé au départ en sous-main par le gouvernement des États-Unis et les milieux d’affaires associés ( fondation Ford, Rockfeller etc …) n’ait fait appel au départ que de manière symbolique aux véritables fédéralistes européens indépendants tel que par exemple Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi. Bien au contraire, ces fédéralistes européens indépendants ont été mis de côté et ont servis d’idiots utiles à un processus mené par des hommes payés par le gouvernement des États-Unis et/ou compromis dans des affaires ou des positions politiques louches lors de la Seconde Guerre Mondiale. Je pense notamment à Paul-Henri Spaak, Robert Schuman, Jean Monnet.

Extrait de wikipédia le 19 mars 2011 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Nikolaus_de_Coudenhove-Kalergi

Lors de la création de la CECA et de la CEE, Coudenhove-Kalergi et Paneurope craignent la naissance d’une Europe des hommes d’affaires plutôt qu’une Europe de compatriotes. Il se rapproche du général de Gaulle après le 13 mai 1958, afin de faire triompher une conception plus politique de l’Europe unie.
Fin de citation

Il me semble de plus en plus que cet européisme est, [bgcolor=#FFFF99]toutes proportions gardées[/bgcolor], au véritable fédéralisme européen ce que le stalinisme a été au communisme. Bien que je trouve que les idées fédéralistes soient allées trop loin en réaction face au nationalisme chauvin de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale et qu’elles se font de dangereuses des illusions sur l’extension territoriale l’idée démocratique, et en ce sens elles sont néfastes, elles avaient quelque part leur pertinence (manifeste fédéraliste de Ventotene), malheureusement en plus elles ont été complètement instrumentalisées par les États-Unis dans le cadre de la guerre froide pour lutter contre l’URSS, pour promouvoir le mode de vie capitaliste marchand et pour étendre leur domination sur l’Europe.
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Qu’en est-il des objections inhabituelles ? :wink:

Peux-tu expliciter et développer ta pensée ?