32 Sortir de l'Union Européenne

Jacques,

  • C’est peut-être simplement une période.
  • C’est fatigant d’être à fond tout le temps.
  • Ce n’est déjà pas si mal de se tenir informé de façon ciblée et libre. Moi, je trouve plein d’infos utiles dans les liens signalés ici.
  • Peut-être qu’on se connaît mieux, entre habitués, et qu’on sait à quoi s’attendre, tant qu’on n’a pas de grain à moudre vraiment nouveau. Ce qui suggère de s’économiser, un peu. En attendant.
  • Je suis en train de lire plusieurs livres (sur la Réserve fédérale et sur le « politiquement correct ») qui m’incitent à remodeler sensiblement ma vision du monde. Je finirai bien par vous en parler. Et ça bardera sans doute un peu plus que maintenant :slight_smile:

Amicalement.
Étienne.

Non mais vous abusez JR, c’est à vous de nous proposer un truc crédible pour organiser des élections honnêtes. Votre idée de vote à tous les étages ne nous convient pas, parce que c’est trop compliqué : on se retrouve avec les représentants des représentants des représentants, et les pauvres candidats ont peut-être une vie de famille, ils ont en tous les cas autre chose à foutre qu’à aller faire les marioles dans leur commune, puis dans leur canton, puis dans dans leur département et j’en passe. Au plaisir de vous lire sur le fil ad-hoc.

Et puis bon Zolko a des choses passionnantes à raconter sur l’indépendance des médias, puisqu’il a lu dans la langue originale la loi hongroise qui a fait couler beaucoup d’encre… chez ceux qui ne l’ont pas lue.

Bon beo (10070), où est donc passé Zolko ? Qu’il nous donne des informations en exclusivité !

Une exclusivité, c’est chez Jorion en ce moment. Extraits du dernier article de François LECLERC :

Le sauvetage de l’euro n’a pas eu lieu : hier, par la voix de son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, l’Allemagne a jeté l’éponge. M. Schäuble a dit qu’il n’y avait aucune urgence et qu’on pouvait réfléchir posément à la mise au point d’une nouvelle stratégie. Une autre manière de dire : « Advienne que pourra ! »[…]

Que va-t-il se passer maintenant ? L’effet domino va suivre son cours et les pays en faillite restructureront leur dette. Les banques allemandes et françaises encaisseront la décote de la dette grecque ; les banques britanniques et néerlandaises, la décote de la dette irlandaise ; les banques espagnoles encaisseront la décote de la dette portugaise – la goutte qui fera déborder le vase en ce qui les concerne, et ainsi de suite, car chacun doit de l’argent à tous les autres. Il faudra avoir le cœur bien accroché dans le secteur bancaire. Les banques allemandes prendront un sacré coup mais on a dû faire les comptes à Berlin, et le calcul est facile à faire : sauver les banques allemandes coûtera toujours moins cher que de sauver toutes les banques de la zone euro plus la dette souveraine de tous les pays dont elles relèvent. Au bout du compte, la notation AAA de l’Allemagne devrait en sortir indemne, alors que si elle s’engageait dans les jours qui viennent à sauver l’Espagne (dont coût à vue de nez, 950 milliards d’euros, soit davantage que le montant actuel de la cagnotte européenne : les 750 milliards du Fonds Européen de Stabilité Financière), la notation de son risque de crédit serait menacée.

Hier, la zone euro a basculé officiellement dans le chacun pour soi.[…]

Source : http://www.pauljorion.com/blog/?p=20559


Apparemment la suite des évènements décrite par François LECLERC est plus que plausible. Il va falloir s'accrocher au bastingage. J'espère que la transition vers l'abandon de cette monnaie sera correctement mise en œuvre. Ceci par des gens qui regardent la réalité :

La zone euro n’a jamais été et ne sera jamais une « zone monétaire optimale ». Les intérêts des Allemands à la hausse de l’euro s’opposaient aux intérêts des autre pays qui avaient intérêt à ce qu’il baisse.

L’euro n’a tenu aucune des promesses faites par ses partisans et ne les tiendra pas plus à l’avenir. La « convergence » des économies n’a jamais eu lieu, c’est la divergence prévue par les économistes qui est arrivée.


jeudi 20 janvier · 19:30 - 22:00 Conférence-débat « Faut-il VRAIMENT avoir peur de sortir de l'Euro ? » à MONFAVET Restaurant « La terrasse d'Eden » (A proximité de l'aéroport d'Avignon) 3760 Route de Marseille

La situation de l’euro

Gilles (10076) :

Pourquoi ne pas prendre M. Schäuble au mot ?

Il n’a pas « jeté l’éponge » : il a seulement dit, si j’ai bien compris, que rien ne pressait. Et en effet, rien ne presse, même si certains (États et particuliers) qui souhaitent ardemment la chute de l’euro parlent de son « sauvetage » dans l’espoir d’aider à provoquer parun effet d’annonce la catastrophe qu’ils souhaitent…

La situation de l’euro s’est nettement rétablie pour les raisons suivantes :

– mise sur ped du fonds de stabilisation approvisionné à hauteur effective de 450 milliards d’euros avec disponibilité de 400 milliards supplémentaires, en attendant un éventuel doublement ;

– gouvernance financière européenne en perspective ;

– succès relatif des obligations espagnoles et portugaises ;

– déclarations des Chinois et des Japonais, premiers détenteurs de devises du monde, selon lesquelles ils sont preneurs d’obligations en euros ;

– entretiens Obama-Hu Jin Tao au cours desquels les Chinois ont signifié aux Américains que l’ère de l’hégémonie du dollar était terminée, au moment même (ce n’est pas un hasard) où les Français, qui ont la présidence des G8/G20, proposent avec insistance de réformer le système monétaire international

– possibilité d’utiliser l’arme massue de la planche à billets européenne,sous laforme d’achats d’obligations d’État en euros, maintenant que le tabou sur ce point a été levé.

Tout ça devrait quand même donner à réfléchir aux spéculateurs, non ?

Il y aurait d’autres choses à faire. Imiter les Chinois, par exemple, et créer une agence de notation européenne, à défaut d’interdire les agences de notation privées, armes de la spéculation et des intéréts géostratégiques de certains États. L’évaluation de la situation financière des États devrait être réservée aux organisations internationales compétentes. Les trois grandes agences de notation privées qui fonctionnent actuellement sont dévouées par nature aux intérêts de la finance mondialisée. JR

Désolé Jacques, mais si l’euro peut être maintenu en vie grâce à l’acharnement thérapeutique et avec l’aide de la dictature chinoise peut-être, mais très peu pour moi.

[align=center]NON À L’ACCORD ÉCONOMIQUE ET COMMERCIAL GLOBAL ( AECG )[/align]

[align=center]NO TO COMMERCIAL AND ECONOMICAL TRADE AGREEMENT ( CETA ) [/align]

[align=center][/align]
[align=center]Manifestations d’employés, d’écologistes et de fermiers canadiens devant les locaux de la Commission de l’UE le 17 janvier 2011[/align]

Plus d’informations sur cette manifestation, ici article anglophone …

Le gouvernement du Canada et la Commission de l’UE négocient dans la plus complète opacité un accord de libre-échange appelé l’accord économique et commercial global (AECG). Savez-vous que seuls les lobbies d’affaires sont consultés alors que les enjeux concernent la vie de tous les jours des citoyens ?
Malgré l’opacité des négociations, une fuite révélant le projet de l’accord et certains documents officiels ont permis de saisir les principales cibles de l’AECG. […]

http://blog.mondediplo.net/2010-12-21-L-Union-europeenne-menace-la-gestion-publique-de

Cet accord si il est signé posera une menace pour ce qui reste de nos services publics, d’autoriser massivement les OGM et d’entraver toute régulation sociale et environnementale. Il constitue en outre le premier pas vers la formation d’une vaste zone de libre-échange regroupant les pays de l’ALENA et ceux de l’UE, qui se fera au sacrifice des protections sociales, des réglementations environnementales et de ce qui reste des services publics.[…]

http://humanite.fr/17_01_2011-les-transnationales-ne-feront-pas-la-loi-462699

Pour plus d’informations, cherchez dans votre moteur de recherche favori : AECG UE Canada

Gilles :

Pare que vous croyez vraiment que la dictature chinoise ne soutiendrait pas le franc aussi bien que l’euro ?

En matière de monnaie, il n’y a qu’une loi : celle de l’offre et de la demande. Comme vous le savez, le dollar se soutient depuis les années 1970 au moins par ce que vous appelez des « mesures thérapeutiques », et je crois qu’il ne risque pas encore de disparaître. JR


[align=center]France[/align]

[color=#111100][size=9]En déclarant à Davos face aux puissants de ce monde que l’euro n’était pas qu’une question monétaire ou économique, mais avant tout un projet identitaire, Nicolas Sarkozy a enfin fait tomber le masque des intérêts qu’il protège.

En effet, cette déclaration du chef de l’Etat français résonne comme un terrible aveu. S’il tient tant à sauver l’euro, ce n’est donc pas parce que l’euro serait le meilleur instrument monétaire ou économique pour la France, mais bien parce qu’il correspond à un projet plus ambitieux : imposer à la France une « identité » qui n’est pas sienne.

Cette « question d’identité » dont parle Nicolas Sarkozy est en totale cohérence avec la volonté de MM. Van Rompuy et Trichet - bien sûr présents à Davos - de soumettre les budgets nationaux à la censure d’une Commission européenne illégitime et anti-démocratique. Elle s’inscrit dans la droite ligne du viol du peuple français et de son rejet du référendum de 2005. Elle cadre en outre parfaitement avec la volonté de ces dirigeants non élus de nous imposer une gouvernance mondiale, dont ils savent pourtant pertinemment qu’elle signe la mort des démocraties.

Le chef de l’Etat français est donc prêt à sacrifier l’économie française sur l’autel d’une question identitaire pour le moins ambigüe.[/size][/color]

[align=center]Égypte[/align]

[color=#111100][size=9]Frank G. Wisner a été envoyé d’urgence au Caire où il est arrivé lundi 31 janvier 2011 au soir.

M. Wisner est le fils de Frank Wisner Sr., co-fondateur de la CIA et du Gladio. Il fut, aux côtés d’Alan Dulles, l’un des pères de la doctrine d’intervention secrète des Etats-Unis : soutenir les démocraties qui font le « bon choix », contrecarrer les peuples qui font le mauvais.

Frank G. Wisner Jr. a lui-même toujours travaillé pour l’Agence et y travaille encore, notamment via Refugees International dont il est administrateur.

L’ambassadeur Wisner, qui un ami personnel du président Hosni Moubarak, est chargé d’organiser sa destitution en douceur. Son arrivée a été juste précédée d’un appel téléphonique du chef d’état-major interarmes, l’amiral Mike Müllen, à son homologue égyptien, le général Sami Enan —l’armée égyptienne est équipée et formée par le Pentagone—. Officiellement, Müllen l’a félicité pour sa retenue ; un message parfaitement reçu au Caire et suivi quelques minutes plus tard d’un communique de l’état-major annonçant que l’armée considére les manifestations comme légitimes.

Le public états-unien connaît Frank G. Wisner non comme un diplomate, ni comme un maître-espion, mais comme un financier sans scrupules. Il était en effet responsable d’une des filiales d’Enron, le géant du trading en énergie dont la faillite frauduleuse a ruiné nombre de petits épargnants. Il était aussi administrateur de l’assureur American International Group (AIG) lors de la crise financière de 2008 qui vit l’action de la société chuter de 95 % avant son sauvetage par les deniers publics.

Inconnu des Français, Frank G. Wisner a pourtant joué un grand rôle dans ce pays. Il a épousé Christine de Ganay (seconde épouse de Pal Sarkozy) et, à ce titre, a élevé Nicolas Sarkozy dans sa période new-yorkaise. C’est lui qui a introduit Nicolas Sarkozy adolescent dans les cercles de la CIA et qui lui a ouvert les portes de la politique française.

[align=left]http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Sarkozy[/align][align=center]http://en.wikipedia.org/wiki/Frank_G._Wisner[/align][align=right]http://www.voltairenet.org/article168329.html[/align]

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[align=center]Rejet de la réforme constitutionnelle ![/align]

[color=#111100][size=9]En annonçant leur intention de réformer la Constitution pour y introduire l’obligation d’équilibre des finances publiques, le Président de la République et le Premier ministre franchissent un nouveau pas dans la subordination à l’Union européenne. Une telle réforme aurait pour conséquence que, quelle que soit sa couleur politique, la majorité sortie des urnes serait contrainte par la Constitution de s’en tenir aux plafonnements de dépenses publiques (État, collectivités territoriales, Sécurité sociale, allocations chômage, minima sociaux) et de déficits dictés par Bruxelles et la Banque centrale européenne. Gouvernement et Parlement ne seraient plus que de simples outils subsidiaires de l’Union européenne. Une telle réforme vise à fermer toute possibilité pour les organisations syndicales de négocier à partir des revendications ouvrières, l’État pouvant leur opposer l’obligation constitutionnelle de la rigueur.

Que resterait-il de la démocratie et de la souveraineté ?

Au moment où dans l’enseignement, les hôpitaux, à la poste, les travailleurs se mobilisent avec leurs organisations contre les suppressions de postes, les conséquences de la privatisation et les mesures qui découlent de la loi Bachelot ; au moment où dans l’ensemble de la fonction publique, ils sont confrontés aux 100 000 suppressions d’emplois d’ici 2013 et aux menaces contre le statut — et cela quelques mois seulement après l’immense mobilisation de millions de salariés contre la contre-réforme des retraites… cette annonce traduit les craintes du gouvernement Sarkozy-Fillon face à la résistance ouvrière. En proposant cette réforme constitutionnelle, le gouvernement Sarkozy-Fillon compte sur l’appui du Parti socialiste (sans lequel il ne peut obtenir 60 % des suffrages au Parlement, seuil nécessaire pour toute réforme constitutionnelle). Pour le Parti ouvrier indépendant, légitime est la mobilisation des travailleurs, paysans, jeunes, pour la défense de leurs droits. Légitime est leur rejet du chantage à la « nécessaire réduction des déficits publics », chantage exercé au nom d’un « intérêt général » qui n’est que l’intérêt des capitalistes, des financiers et des spéculateurs, défendu par le FMI et l’Union européenne. Au moment où en Tunisie, en Egypte, les peuples se soulèvent contre les politiques de misère et de déchéance, il doit être dit clairement que la démocratie exige le rejet de ce projet de loi. Au-delà, la démocratie exige : la rupture avec l’Union européenne, avec l’euro et avec les institutions de la Ve République.

Paris, le 5 février 2011

Les secrétaires nationaux du POI Daniel Gluckstein Claude Jenet Jean Markun Gérard Schivardi[/size][/color]

Bonjour Gilles,
je suis plus circonspect quant aux conséquences de cette réforme constitutionnelle. D’abord, que l’on cesse de dépendre de créanciers me paraît sain. Que l’on doive choisir en conséquence les secteurs de dépense plutôt que d’emprunter pour satisfaire tout le monde me semble pouvoir réanimer le débat politique national et international: dans le cadre d’un budget équilibré, la victoire des uns se ferait instantanément aux dépens des autres, la notion de classe sociale pourrait donc reprendre sens et les programmes politiques retrouver du sens social. Enfin, abandonner l’idée que tout est possible pour les états du nord ne me paraît pas un mal et devrait nous rendre un peu moins cyniques et arrogants sur la scène internationale. Quant à l’UE, elle incarnera encore mieux dans ce contexte l’éminence grise d’où provient le mal, stigmatisera les mécontentements et deviendra un véritable enjeu de la politique nationale. Mais je rêve peut-être.

Bonjour Déhel, content de te relire. Je n’avais pas vu les choses comme tu les vois. En effet, finalement cela peut être intéressant, cette autonomie financière et cette clarté des des débats.

Mais il m’apparaît maintenant une nuance à l’esprit, nous ( collectivement par l’intermédiaire du budget de l’État ) pouvons être à l’équilibre sans cesser d’emprunter.

Je ne suis pas comptable, mais je vais essayer de me dépatouiller avec quelques chiffres pour étayer mon affirmation.

Année 20XX

Ressources :

— Ressources de l’État ( impôts, taxes, redevances etc …)
1000

— Somme mise à disposition par un emprunt avec intérêts
150

Dépenses :

— Dépenses de fonctionnement et d’investissement
1130

— Intérêts de remboursement de l’emprunt de 150
20

Les ressources et les dépenses sont équilibrées pour un montant de 1150 pour l’année 20XX. C’est une vision statique sur une année, l’année suivante ( 20XX +1 ), sans nouvel emprunt, en supposant que les ressources restent à 1000, il faudra dépenser nettement moins ( 1000-20 = 980), donc il y a une incitation politique pour ne mécontenter personne à court terme, de reprendre un autre emprunt pour pouvoir dépenser autant sans augmenter les impôts. Donc nos « représentants » risquent de reprendre un emprunt de 150 et les intérêts de remboursement passent à 40.

Il me semble qu’en dynamique cumulée sur plusieurs années, c’est aussi les emprunts de l’État qu’il faudrait interdire. À mon avis, toutes les dépenses de l’État devraient être financées par les impôts, taxes, redevances, sinon l’action publique deviendrait impuissante, les dépenses et investissements de l’action publique étant noyés par les intérêts dus aux remboursement des emprunts et la politique de l’État soumise au bon vouloir des marchés. On me dit dans mon oreillette que c’est déjà ce qui se passe !

Je vais écrire au « représentant » « hum…hum » du peuple de ma circonscription pour lui dire qu’à tant parler de la dette publique, il faut aller jusqu’au bout et lui demander d’augmenter les impôts, sinon la France ne sera plus bientôt que la République bananière des marchés.

Bonjour Gilles, je suis plus circonspect quant aux conséquences de cette réforme constitutionnelle. D'abord, que l'on cesse de dépendre de créanciers me paraît sain. Que l'on doive choisir en conséquence les secteurs de dépense plutôt que d'emprunter pour satisfaire tout le monde me semble pouvoir réanimer le débat politique national et international: dans le cadre d'un budget équilibré, la victoire des uns se ferait instantanément aux dépens des autres, la notion de classe sociale pourrait donc reprendre sens et les programmes politiques retrouver du sens social. Enfin, abandonner l'idée que tout est possible pour les états du nord ne me paraît pas un mal et devrait nous rendre un peu moins cyniques et arrogants sur la scène internationale. Quant à l'UE, elle incarnera encore mieux dans ce contexte l'éminence grise d'où provient le mal, stigmatisera les mécontentements et deviendra un véritable enjeu de la politique nationale. Mais je rêve peut-être.
Bonjour, vous n'avez pas compris le but de cette réforme. Il ne s'agit pas dutout de se rendre indépendant des créanciers. Il s'agit au contraire d'automatiser les exigences de ces créanciers. La dette n'est pas annulée. Il ne s'agit pas de la rembourser. Il ne s'agit pas non plus d'interdire d'emprunter. Il s'agit de rendre automatiques les politiques voulues par les néolibéraux.

Ainsi un gouvernement de droite continuera bel et bien de faire des dépenses fiscales pour les plus riches et de déséquilibrer les comptes, mais cette fois-ci il aura un argument constitutionnel pour justifier des régressions sociales, des privatisations etc …
Cette réforme constitutionnelle remplacera l’argument de la dette publique, de la france qui vit au dessus de ses moyens etc …
Ils vous diront, il faut équilibrer les comptes des régimes des retraites, ce n’est plus possible de les financer avec le système actuel, il faut les privatiser !

C’est aussi un bon moyen très démagogique de faire croire qu’ils s’inquiètent du remboursement de la dette qu’ils ont eux même creusé délibérément.

@Dehel

Depuis 1980 jusqu’en 2008 la moyenne des soldes primaires (hors intérêt de la dette) des administrations publiques (donc y compris Etat) est équilibrée. Ce sont les intérêts de la dette qui donnent l’illusion d’un déficit budgétaire

Graphique extrait de http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque

L’obligation d’équilibrer des finances publiques doit-elle être inscrite dans la constitution ?

Non.

À mon avis, il s’agit là par nature d’une question de politique financière et non d’un principe constitutionnel. Il arrivera (par exemple en cas de guerre ou de catastrophe naturelle) que le déséquilibre ou l’équilibre ne dépendent même pas de la volonté des pouvoirs publics.

On ne doit mettre dans une constitution que des règles effectivement applicables dans tous les cas de figure, pas des objectifs circonstanciels

C’est pour cette raison avant tout que le traité constitutionnel européen rejeté en 2005 était inacceptable : il mêlait les règles d’organisation et de fonctionnement des pouvoirs publics (vraiment constitutionnelles) et les politiques sociales, économiques et financières. JR

[bgcolor=#FFFF99]Farrage : Vos nouveaux seigneurs soviétiques M. Orbán[/bgcolor]

Nigel Farage, utilisant toujours au mieux ses 90 secondes règlementaires pour résister à l’Empire et sortir du piège politique de l’UE :

http://www.dailymotion.com/video/xh33sl_farrage-vos-nouveaux-seigneurs-sovietiques-m-orban_webcam

Étienne.


[color=gray]Pourtant, aujourd’hui comme hier, les libéraux victorieux gardaient une secrète méfiance envers le spectre de la souveraineté populaire qui s’agite sous la surface lisse du formalisme démocratique. « J’ai pour les institutions démocratiques un goût de tête, confiait Tocqueville, mais je suis aristocratique par l’instinct, c’est-à-dire que je méprise et crains la foule. J’aime à fond la liberté, le respect des droits, mais non la démocratie. » (*) La peur des masses et la passion de l’ordre, tel est bien le fond de l’idéologie libérale, pour qui le terme de démocratie n’est en somme que le faux-nez du despotisme marchand et de sa concurrence non faussée.

i New York Daily Tribune, 25 juin 1853[/i]

Daniel Bensaïd dans « Le scandale permanent » in « Démocratie, dans quel état ? » (ouvrage collectif), La Fabrique, Paris, 2009.[/color]

Je suis admiratif devant le courage de Nigel Farage, je partage une partie de ses arguments, mais je pense et je ne dois pas être le seul, que d’une part qu’il amalgame trop simplement l’URSS et l’UE. C’est facile, mais la comparaison ne se résume pas à une simple égalité entre les deux. ( Pas le temps de développer les points qui séparent ces deux systèmes et leurs évolutions ).
D’autre part, il est très pro-capitalisme, très pro-marchés, ce que je ne suis pas.

Nigel Farage

Dans toute assemblée il est bon qu’un ou plusieurs comiques détendent l’atmosphère.

Par ailleurs, NF est objectivement utile dans la mesure où il peut aider à convaincre les Britanniques de l’opportunité de sortir leur pays de l’UE, ce qui serait dans l’intérêt général : hélas, ils ne se retireront pas (marché commun oblige).

Allez sous http://www.democracyforum.co.uk/european-union/ pour vous faire une idée plus concrète des visions faragiennes du monde. JR

Je pense qu’unanimement on apprécie ses sorties contre les rois de l’UE, mais effectivement on ne partage pas ses idées pour autant :wink:

[align=center]Quand la CIA finançait la construction européenne. [/align]

De 1949 à 1959, en pleine guerre froide, les Américains, par l’intermédiaire de leurs services secrets et du Comité américain pour l’Europe unie, ont versé l’équivalent de 50 millions de dollars actuels à tous les mouvements pro-européens, parmi lesquels ceux du Britannique Winston Churchill ou du Français Henri Frenay. Leur but, contenir la poussée soviétique…

Une enquête de Rémy Kauffer pour la revue « Historia »

Première partie : les origines, Henry Frenay, l’American Committee for United Europe, William Donovan


[color=#111100][size=9]Henry Frenay

À 82 ans, Henri Frenay, le pionnier de la Résistance intérieure, fondateur du mouvement Combat, arbore une forme intellectuelle éblouissante malgré sa surdité de l’oreille droite et sa récente opération de l’estomac. Pourtant, il n’a plus que trois mois à vivre. En ces jours de mai 1988, il me parle de l’Europe dans son appartement de Boulogne-sur-Seine. De cette Europe fédérale dont il a rêvé en vain entre 1948 et 1954. De la dette aussi que, en cas de succès, le Vieux Continent aurait contracté envers les Américains, ceux notamment du « Comité ». Et d’insister une fois, deux fois, dix fois, tandis que moi, je m’interroge : pourquoi diable ce mystérieux « Comité » revient-il à une telle fréquence dans nos conversations ? Pourquoi ? Mais parce que Frenay me confie, avec il est vrai d’infinies précautions de langage, son ultime secret : l’aide financière occulte de la CIA via l’American Committee for United Europe - le Comité américain pour l’Europe Unie– vers l’Union européenne des fédéralistes dont il a été le président. Pour reconstituer cette filière inédite, il me faudra une quinzaine d’années. Un jeu qui en valait la chandelle puisqu’il me permet d’ouvrir, pour les lecteurs d’« Historia », la porte d’un des compartiments les plus secrets de la guerre froide…

Tout commence à l’automne 1948. Déjà coupée en deux, l’Europe vit sous la menace d’une invasion totale par l’armée rouge. Au « coup de Prague » en février, vient de succéder en juin le blocus de Berlin. Un petit cénacle de personnalités de l’ombre jette alors les bases de l’American Committee for United Europe, l’ACUE - son existence sera officialisée le 5 janvier 1949 à la maison de la Fondation Woodrow-Wilson de New York. Politiques, juristes, banquiers, syndicalistes vont se mêler au sein de son conseil de direction. De hautes figures gouvernementales aussi comme Robert Paterson, le secrétaire à la Guerre ; James Webb, le directeur du budget ; Paul Hoffman, le chef de l’administration du plan Marshall ; ou Lucius Clay, le « proconsul » de la zone d’occupation américaine en Allemagne.

Bien tranquilles, ces Américains-là ? Non, car la véritable ossature de l’ACUE est constituée d’hommes des services secrets.

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[color=#111100][size=9]William Donovan pendant la Première Guerre Mondiale

Prenez son président, William Donovan. Né en 1883 à Buffalo, cet avocat irlando-américain au physique de bouledogue, surnommé " Wild Bill " par ses amis, connaît bien l’Europe. En 1915, il y remplissait déjà une mission humanitaire pour le compte de la Fondation Rockefeller. Deux ans plus tard, Donovan retrouvait le Vieux Continent pour y faire, cette fois, une Grande Guerre magnifique. Redevenu civil, " Wild Bill " va se muer en missus dominicus du gouvernement américain. Ses pas d’émissaire officieux le portent vers l’Europe pour des rencontres parfois imprévues. En janvier 1923, alors qu’ils goûtent un repos bien mérité, sa femme Ruth et lui devront ainsi subir une soirée entière les vociférations d’un autre habitué de la pension Moritz de Berchtesgaden. Dix-sept ans plus tard, l’agité, un certain Adolf Hitler, s’est rendu maître de la partie continentale de l’Europe, et c’est " Wild Bill " que Franklin Roosevelt, inquiet, dépêche à Londres s’enquérir auprès de Winston Churchill du potentiel britannique face à l’avancée nazie.

En juin 1942, Donovan, homme de confiance du président démocrate pour les affaires spéciales, crée l’Office of Strategic Services (OSS), le service secret américain du temps de la Seconde Guerre mondiale dont il devient le chef et qu’il quittera à sa dissolution, en septembre 1945, sans perdre le contact avec l’univers du renseignement : " Wild Bill " tisse des liens privilégiés avec la Central Intelligence Agency, la CIA, créée officiellement le 15 septembre 1947 par une loi sur la sécurité nationale signée par le successeur de Roosevelt, Harry Truman.[/size][/color]

[align=center]Quand la CIA finançait la construction européenne. [/align]

série d’après un article de Rémy Kauffer dans la revue « Historia »

Début de l’enquête : les origines, Henry Frenay, l’American Committee for United Europe, William Donovan

Deuxième partie : l’ACUE, Walter Bedell Smith, Allen Dulles

[color=#111100][size=9]Walter Bedell Smith

Prenez le vice-président de l’ACUE Walter Bedell Smith, ancien chef d’état-major d’Eisenhower pendant la Seconde Guerre mondiale puis ambassadeur des États-Unis à Moscou. À partir d’octobre 1950, celui que ses amis surnomment le « Scarabée » ( beetle en anglais) va prendre les commandes de la CIA. 1950, c’est justement l’année où des universitaires comme Frederick Burkhardt et surtout William Langer, historien à Harvard, lancent la section culturelle de l’ACUE. Ces deux proches de Donovan ont servi autrefois dans les rangs de l’OSS. Langer en a dirigé le service Recherche et Analyse et, excellent connaisseur de la politique française, a même commis après-guerre un ouvrage savant qui s’efforçait de dédouaner « Le Jeu américain à Vichy »(Plon, 1948). [/size][/color]

[color=#111100][size=9]Allen Dulles

Prenez surtout Allen Dulles. A l’été 1948, c’est lui qui a « inventé » le Comité avec Duncan Sandys, le gendre de Churchill, et George Franklin, un diplomate américain. Principal associé du cabinet de juristes Sullivan & Cromwell, Dulles n’impressionne guère de prime abord avec ses fines lunettes, ses éternelles pipes de bruyère et ses vestes en tweed. Sauf qu’avec ce quinquagénaire, un maître espion entre dans la danse.

Retour à la case Seconde Guerre mondiale. Chef de l’OSS à Berne, Dulles noue en février 1943 des contacts avec la délégation de Combat en Suisse. Un temps, il assurera même le financement du mouvement clandestin. « Coup de poignard dans le dos du général de Gaulle », s’insurge Jean Moulin au nom de la France libre. « Survie de la Résistance intérieure menacée d’étranglement financier », rétorque Frenay. Pensant d’abord à ses camarades dénués de moyens, aux maquisards en danger, il ne voit pas pourquoi Combat devrait se priver d’un argent allié versé, c’est convenu, sans contrepartie politique. Cette « affaire suisse » va empoisonner un peu plus encore ses rapports avec Moulin.

En 1946, Dulles démissionne des services secrets… pour en devenir aussitôt l’éminence grise, prenant une part prépondérante à la rédaction du texte de loi présidentiel sur la sécurité nationale. Cofondateur à ce titre de la CIA (pour les initiés : l’Agence ou mieux, la Compagnie), Dulles pense qu’en matière d’action clandestine, privé et public doivent conjuguer leurs forces. C’est lui qui a déjà inspiré, par l’intermédiaire de ses amis du Brook Club de New York, le versement des subsides de grosses sociétés américaines à la démocratie chrétienne italienne menacée par un parti communiste surpuissant. En 1950, il va reprendre officiellement du service comme bras droit du Scarabée d’abord, comme son successeur à la tête de la CIA ensuite - de février 1953 à septembre 1961. Record de longévité d’autant plus impressionnant que son frère aîné John Forster Dulles, restera, lui, ministre des Affaires étrangères de 1953 à sa mort de maladie en mai 1959.

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Suite : Un autre aperçu de l’American Committee for United Europe ( l’ACUE ), orienter l’activité des syndicats contre le mouvement « communiste » et contre l’Union Soviétique…