32 Sortir de l'Union Européenne

Oui Sandy, je crois que tu te trompes

L’époque ou le franc était librement « négociable » sur les marchés n’est pas si loin, et je n’ai pas le souvenir que c’était la catastrophe économique à cette époque (en tous cas, moins que maintenant).

Il est probable que la position d’équilibre du franc, si nous quittions seuls l’euro (mais je préfère néanmoins un euro « modifié » dans le sens d’un euro « monnaie commune » mais qui ne doit pas nécessairement réunir tous les pays de la zone euro actuelle) serait de l’ordre de 0,9 FF pour 1 € donc une dévaluation FF-Euro de 10% (l’idéal étant aussi 1FF = 1 USD)

Il ne faut pas oublier que les seuls appels aux marchés de devises (monnaies de réserves : dollars, euro, yen, francs suisses) dont nous avons réellement besoin sont en fait limités à environ 50 Md€ par an (solde des balances : http://postjorion.wordpress.com/2010/07/23/114-balance-exterieure-de-la-france/ ) et que ca s’arrangera en réindustrialisant et en « protégeant » par quelques droits de douane ou TVAS. Nous pouvons très bien « monétiser » toute la monnaie dont nous avons besoin « en interne », et les débiteurs de la dette publique (qui sont des « privés », pas des Banques Centrale ni des commerçants avec qui nous aurions à faire pour les importations) négocieront…

Mais dans la réalité de ce qui va advenir, je ne pense pas que nous ayons besoin de quitter seul l’euro: il aura explosé avant…

AJH vous n’avez pas très bien compris mes propos je pense.

Je ne dis pas que le retour au franc conduirait à une catastrophe économique en soi.

Je me place dans le cas où un gouvernement révolutionnaire accèderait au pouvoir. J’entends par là un gouvernement qui menaçerait vraiment les intérêts et les pouvoirs de l’oligarchie dominante.

Et vous conviendrez avec moi que nous n’avons jamais été dans un tel contexte jusqu’à présent.

Je dis qu’en cas de retour au franc, objectivement, nous permettons à cette oligarchie financière, d’utiliser notre monnaie pour nous mettre à genou financièrement tandis que rester dans l’euro nous protège contre une telle attaque.

Et je pense que si c’est un gouvernement révolutionnaire qui accède au pouvoir, il est probable que c’est ce qu’ils feront, parce qu’il est certain qu’ils ne se laisseront pas faire.

Bonjour, je crains que pour un gouvernement révolutionnaire il ne soit pas prioritaire de sortir de l'euro.
Il me semble, mais je l'ai dit plein de fois, que c'est du [b]système monétaire actuel[/b] qu'il faut sortir, pas de l'€uro. Les anglais avec leur £ ou les ricains avec leur $ ne sont pas mieux lotis. Sortir de l'€uro ne simplifie en rien la sortie du système monétaire. Arrêtez de bassiner avec "[i]la loi du 3 janvier 1973[/i] vs [i]article 123 du traité de Lisbonne[/i]". La Banque d'Angleterre - pas dans l'€uro mais dans l'UE donc soumis au même traité - ne se gêne pas pour acheter la dette de l'Etat en faillite qui sauve son système financier.

Quant au gouvernement révolutionnaire, je ne vois que Marine LePen qui dise des choses valides, mais attendez-vous à des remous.

La Hongrie et son gouvernement - pas dans l’€uro mais dans l’UE - envoient bouler le FMI, taxent les banques et nationalisent les fonds de pension. C’est la volonté politique qui est en question, pas les détails des textes.

Bonjour, je crains que pour un gouvernement révolutionnaire il ne soit pas prioritaire de sortir de l'euro.
Il me semble, mais je l'ai dit plein de fois, que c'est du [b]système monétaire actuel[/b] qu'il faut sortir, pas de l'€uro. Les anglais avec leur £ ou les ricains avec leur $ ne sont pas mieux lotis. Sortir de l'€uro ne simplifie en rien la sortie du système monétaire. Arrêtez de bassiner avec "[i]la loi du 3 janvier 1973[/i] vs [i]article 123 du traité de Lisbonne[/i]". La Banque d'Angleterre - pas dans l'€uro mais dans l'UE donc soumis au même traité - ne se gêne pas pour acheter la dette de l'Etat en faillite qui sauve son système financier.

Quant au gouvernement révolutionnaire, je ne vois que Marine LePen qui dise des choses valides, mais attendez-vous à des remous.

La Hongrie et son gouvernement - pas dans l’€uro mais dans l’UE - envoient bouler le FMI, taxent les banques et nationalisent les fonds de pension. C’est la volonté politique qui est en question, pas les détails des textes.


Zolko
Je vous ai répondu sur « postjorion »
On a signé le Traité de Maastricht et de Lisbonne sans demander de dérogation (comme l’UK)
Comment on fait maintenant pour dire: l’article 123 ne s’applique pas à nous, et bien que nous soyons dans la zone euro "?

Mais ceci dit, un gouvernement vraiment de gauche aurait je pense des choses à faire sans pour autant quitter l’U.E.
Mais il faut quitter la zone euro SI on n’arrive pas à la transformer

On a signé le Traité de Maastricht et de Lisbonne sans demander de dérogation (comme l'UK) Comment on fait maintenant pour dire: l'article 123 ne s'applique pas à nous, et bien que nous soyons dans la zone euro "?
Bonne question, merci de l'avoir posé. Je ne sais pas si, techniquement, la Banque de France peut acheter la dette de l'Etat français avec de l'argent créée (= monétisation de la dette). Il me semble que seule la BCE a cette possibilité.

Mais, je crois bien qu’il y a un trou de souris, et ça fait longtemps que j’y pense : les billets physiques sont, eux, j’en suis sûr, imprimés par les banques nationales. Donc, la Banque de France pourrait imprimer des valises containers de billets tout neufs, et acheter des bons du Trésor Public avec ça. Bien-sûr, la BCE ne sera pas contente. La question devient alors: qui gouverne la France ?

C'est la volonté politique qui est en question, pas les détails des textes.
Si j'étais président (votez pour moi) je demanderais à la BdF d'imprimer des billets pour des milliards, en échange de "IOY". Si elle le fait pas, j'envoie les chars. Et j'emmerde l'UE. D'ailleurs, si j'étais président de la France, j'envahirais le Luxembourg et Monaco [i]manu military[/i].
Bonne question, merci de l'avoir posé. Je ne sais pas si, techniquement, la Banque de France peut acheter la dette de l'Etat français avec de l'argent créée (= monétisation de la dette). Il me semble que seule la BCE a cette possibilité.
Ni la BdF ni la BCE ne peuvent acheter directement des titres de dette publique des administrations; elles ne peuvent que racheter - ou prendre en pension - des obligations sur le marché secondaire
'Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales,aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.''
Pour les billets, c'est quand même beaucoup plus simple de dire que "si........ on quitte l'euro!"
Pour les billets, c'est quand même beaucoup plus simple de dire que "si........ on quitte l'euro!"
Sauf que quitter l'€uro ne résout rien. Il faut ensuite enclencher la monétisation de la dette, alors que le pays est en pleine re-organisation pour changer de monnaie. Pas sûr que ça soit plus simple. Imprimer des billets est immédiat, et se fait avec les outils actuels.

Mais on ne peut pas imprimer des billets … c’est la négation de tous nos engagements vis à vis de la BCE et de l’UE et c’est du faux monnayage (seule la BCE porte les billets « euros » au passif de son bilan); nous serions immédiatement montrés du doigt et éjectés sans panache de la zone euro…

Il suffit de dire " à partir de maintenant nous ne tiendrons plus compte de l’article 123 et à partir du mois prochain nous financerons directement le trésor Public du montant des intérêts de la dette et de nos investissements nécessaires pour la survie de la nation" et ainsi forcer les autres à négocier ou à nous éjecter…

Bonjour, concernant l’application des traités et les verrous mis en place, nous défendons l’idée de la désobéissance aux traités avec plusieurs arguments.

D’abord celui de la légitimité du traité, ayant été voté sans les peuples, et même contre l’avis du peuple français qui l’avait rejeté 2 ans plus tôt par référendum, et si on nous conteste cet argument nous serions prêts à organiser un nouveau référendum pour prouver que la légitimité n’est pas du côté des traités mais de la nôtre. Ce qui est imparable.

De plus nous pourrions invoquer le compromis du luxembourg, il parrait que c’est une jurisprudence encore en vigueur qui peut permettre de se déroger aux règles des traités si elles sont contraires à notre intérêt national.

Enfin, nous avons la jurisprudence des gouvernements européens pendant la crise en 2008/2009 qui ont invoqué le cas de force majeure pour déroger temporairement à certaines règles des traités, pour sauver les banques, pour faire des plans de relance etc …

A noter qu’il n’existe aucune procédure d’exclusion, ce serait de toute façon indéfendable politiquement auprès des peuples, donc cela ne peut que mener à l’ouverture de négociations, tendues certes, mais ne soyons pas naïfs pour croire que quoi que ce soit puisse changer sans aller au rapport de force et sans renverser la table.

Oui Sandy, je suis d’accord et j’approuve totalement cette idée de désobéissance aux Traités.
C’est la raison pour laquelle je propose que nous disions " à partir de maintenant nous ne tiendrons plus compte de l’article 123 et à partir du mois prochain nous financerons directement le Trésor Public du montant des intérêts de la dette et de nos investissements nécessaires pour la survie de la nation"

C’est bien « renverser la table »

Ca c’est clair c’est renverser la table ^^

Imprimer des euros

La BCE peut le faire, personne d’autre.

D’autre part, si toutes les parties à un traité sont unanimes pour décider de ne pas appliquer ou d’appliquer différemment les dispositions d’un traité, on doit considérer que le traité a été modifié en conséquence même si le texte n’a pas été formellement amendé. S’il y a accord unanime, ou consensus (ce qui est techniquement un peu différent mais revient au même), la BCE peut donc racheter ce qu’elle veut à qui elle veut et imprimer tous les euros qu’elle veut.

Ne faisons pas les traités plus méchants qu’ils ne sont !

Quant à l’idée farferlue que la France pourrait imprimer ses euros pour relancer l’économie ou éponger ses dettes, elle repose sur un non-dit : que seul la France agirait ainsi.

En effet, qu’en penseriez-vous si la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’'Espagne décidaient unilatéralement de faire fonctionner la planche à billets nationale pour imprimer des euros (c’est-à-dire de la monnaie française) ? Vous croyez que ça ferait l’affaire de la France, des Français, et de l’économie française ?

Un peu de sérieux : il y a des limites même aux hypothèses économiques et monétaires ! JR

[align=center]Savoir choisir : euros ou franc français[/align]

Donc, la Banque de France pourrait imprimer des valises containers de billets tout neufs, et acheter des bons du Trésor Public avec ça. Bien-sûr, la BCE ne sera pas contente.
Si l'impression des euros est techniquement du ressort des Banques Centrales Nationales, de part les traités illégitimement adoptés, [b]la décision d'imprimer des euros[/b], est actuellement à la charge de la BCE et non à la charge de chaque banque centrale. Si chacun imprime selon son bon vouloir des euros, sans coordination, c'est encore une raison de plus d'abandonner l'euro. Autant retrouver sa monnaie, monétiser, réindustrialiser, arrêter le démantèlement du CNRS, transférer le budget de l'ANR vers le CNRS et faire repartir les investissements de recherche et de développement.

Démantèlement du CNRS… …

Les difficultés de la réindustrialisation de la France…

[b]Imprimer des euros[/b]

La BCE peut le faire, personne d’autre.


Actuellement il me semble que ce sont les banques centrales nationales qui le font. Donc techniquement il n’y a rien qui empêche qu’un pays décide de le faire sans autorisation de la BCE et des autres pays. Ca risque de facher tout le monde mais en même temps c’est le meilleur moyen pour les obliger à négocier.

D'autre part, si toutes les parties à un traité sont unanimes pour décider de ne pas appliquer ou d'appliquer différemment les dispositions d'un traité, on doit considérer que le traité a été modifié en conséquence même si le texte n'a pas été formellement amendé.
En l'occurence c'est un problème de légitimité. C'est un fondement républicain et le fondement de l'état de droit, la loi s'applique à tous et personne n'est au dessus de la loi. A partir du moment où ceux qui écrivent la loi décident qu'ils peuvent ignorer la loi quand bon leur semble, on régresse en ce qui nous concerne au niveau civilisationnel de 200 ans au niveau de l'ancien régime où la loi s'appliquait à tous sauf au roi et à sa cour qui les ignoraient selon que cela les arrangeait. C'est exactement ce qu'il s'est passé pendant la crise. Les gouvernements n'ont pas à écrire des lois déjà, c'est la première cause d'illégitimité. Et encore moins à ignorer les lois quand bon leur semble, à moins qu'ils considèrent ces lois illégitimes évidemment, mais dans ce cas là ça la fout mal quand c'est eux même qui les ont mis en place. S'il s'agissait de véritables traités ne relevant que d'une compétence exécutive, vous auriez raison, et il est évident que vous réduisez la situation à celle-ci. Et vous vous trompez. Car en l'occurence, ces "traités européens" sont des textes qui relèvent d'une compétence constituante ( ils transferent une partie de la souveraineté du peuple vers des institutions européennes ) et ne devraient pas pouvoir être modifiés sans l'accord du souverain, c'est à dire le peuple. Il est donc anti-démocratique que des gouvernements s'entendent pour ignorer les dispositions des traités sans l'accord du peuple. ( Ils l'ont fait même s'en l'accord des parlements nationnaux ! )
Quant à l'idée farferlue que la France pourrait imprimer ses euros pour relancer l'économie ou éponger ses dettes, elle repose sur un non-dit : que seul la France agirait ainsi.

En effet, qu’en penseriez-vous si la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’'Espagne décidaient unilatéralement de faire fonctionner la planche à billets nationale pour imprimer des euros (c’est-à-dire de la monnaie française) ? Vous croyez que ça ferait l’affaire de la France, des Français, et de l’économie française ?


Nous dirions qu’il faut que toute l’europe puisse faire pareil, mais que ce pouvoir soit controlé pour éviter les abus, et donc qu’il faudrait mettre en place un pacte de stabilité et des règles pour encadrer ce pouvoir et le limiter.
Bref qu’il faut modifier le traité et négocier.
Qu’un seul pays le fasse de manière unilatéral n’est évidemment pas acceptable pour les autres pays. C’est là tout l’intérêt, cela oblige les autres pays à négocier.
C’est plus globalement ce qui se passe quand quelqu’un ne veut pas t’obéir mais que tu ne peux pas l’ignorer, t’es obligé de négocier.

[align=center]La « construction » européenne qui nous protège.[/align]

[color=navy][b][size=9]En Grèce comme les sacrifices ont été bien menés et que la production s’est effondrée, le FMI paie une tournée de nouveaux sacrifices pour mars prochain. Joyeux Noël les Grecs ! La « construction » européenne qui nous protège, le FMI et l’internationale socialiste s’occupent de vous. Veinards ! Tout ce petit monde des belles personnes est persuadé que ce cirque cruel va durer sans courir davantage de risques que de « la grogne » comme disent les observateurs des grèves et manifestations qui secouent sans relâche ces pays. Oui mais, « la Grèce et le Portugal ce n’est pas la France » disent les très intelligents. Ouf ! Mais c’est déjà un peu l’Argentine et la Bolivie des années FMI, non ?

Si ce n’était la tragédie pour les portugais que signifie cette agression de la finance et la lâcheté des socialistes qui les soumettent à ce diktat,nous serions en droit de bien rire. Nous attendons avec intérêt le concert des larbins de « l’Europe qui protège ». Allez Quatremer, debout ! Au boulot. Sortez la brosse à reluire ! L’Europe ? Voila le danger pour un peuple en difficulté ! Ce n’est pas moi qui le dis à présent. Ce sont ces lâches de socio-libéraux portugais, comme les irlandais et comme les grecs. Tout le monde est prêt à n’importe quel arrangement plutôt que de tomber sous la coupe de cette chère ” Europe qui nous protège”, son bras séculier le FMI et son si social directeur « de gauche », l’indépassable des sondages, sa splendeur Dominique Strauss-Kahn lui-même. Leurs chers plans d’aide sont la terreur des gouvernements libres. Là-dessus arrivent les chinois. Alors ? Ceux qui acceptent l’argent des chinois sont des « amis du Parti communiste chinois » ?

Selon Les Echos , “l’Europe devient la cible financière prioritaire de la Chine”. “Avec une force de frappe financière de près de 2 000 milliards d’euros de réserves de change et 2 200 milliards d’euros d’échanges commerciaux réalisés en 2010, la Chine renforce ses positions mondiales et cible l’Europe”, souligne le quotidien économique. “La Chine a d’autres ambitions que l’achat de dette européenne. Au-delà, par exemple, des 900 milliards de dollars de bons du Trésor américain qu’elle détient, elle cherche à prendre pied en Europe pour faciliter au mieux ses affaires. En contrepartie du soutien politique à Athènes, la Chine entend par exemple faire du Pirée — premier port grec — le centre de transit de ses marchandises vers l’Europe.”…!!..et pas un murmure même interrogatif chez les libéraux , les ultras et les sociaux-démocrates européens…!

Au secours ! la Chine….le Traité de Lisbonne nous tue…!

Tout juste un an après son entrée en vigueur, le traité de Lisbonne – dont l’adoption avait pris sept ans – va devoir être révisé. Ainsi en a décidé le Conseil européen des 16 et 17 décembre. La modification est un simple ajout de deux phrases créant un Mécanisme européen de stabilité (MES) destiné à prendre la relève du Fonds européen de stabilité financière mis en place en catastrophe en mai 2010 pour faire face à l’éventualité d’un défaut de la Grèce sur sa dette souveraine. Ce Fonds n’était que provisoire, et venait à échéance à la fin de 2012. Le MES, lui, est permanent, et il est censé prendre effet en janvier 2013. D’où la volonté de le graver dans le marbre d’un traité.

Mais la volonté de qui ? Celle de la chancelière allemande Angela Merkel qui, avec l’appui de Nicolas Sarkozy, a imposé ses vues aux 25 autres gouvernements de l’Union européenne (UE). Ces gouvernements se seraient bien passés de remettre sur la table le clone du traité constitutionnel européen (TCE) qui, en 2005, avait été rejeté par les peuples français et néerlandais. Rebaptisé traité de Lisbonne, il avait à son tour été mis en échec par les Irlandais en 2008. On avait alors pu voir la démocratie européenne en pleine action. Ainsi, en France, le Parlement s’était substitué au peuple pour voter ce que ce dernier avait refusé. Quant aux Irlandais, ils avaient été re-convoqués aux urnes afin de donner enfin la seule réponse acceptable : le « oui ». On comprend que ces épisodes, et quelques autres, n’aient pas laissé de très bons souvenirs chez les dirigeants européens…

Pourquoi Angela Merkel fait-elle prendre tant de risques à certains de ses partenaires ? Elle avait seulement accepté à contre-cœur la création, dans un cadre intergouvernemental, du Fonds européen de stabilité financière doté d’une capacité d’intervention de 440 milliards d’euros. Elle craignait la censure du Tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe face auquel elle entendait se « blinder » juridiquement. Par ailleurs, elle voulait rester en phase avec une opinion publique allemande hostile au renflouement des Etats présumés « laxistes » comme la Grèce et les autres membres du « Club Med ». C’est pourquoi elle a fait inscrire dans les ajouts au traité de Lisbonne cette petite phrase menaçante : « L’accès à toute assistance financière dans le cadre du mécanisme sera soumis à une conditionnalité stricte ». Les Grecs et les Irlandais sont bien placés pour savoir ce que signifie cette « conditionnalité stricte » dont ils ont « bénéficié » par anticipation : sous la tutelle du trio constitué par la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) le renflouement non pas des Etats, mais des banques, les peuples, pour leur part, étant conviés à payer la facture par un gigantesque bond en arrière social….

Premier temps : la menace. C’est le job des agences de notation ( anglo-saxonne….) Deuxième temps : l’invasion. C’est le job de ” l’Europe qui nous protège “. Troisième temps : l’occupation. C’est le job du FMI. Quatrième temps : le pillage et la ruine. Le FMI vous tient à la gorge, l’Europe qui protège vous tient les mains, les banquiers vous font les poches. L’ennemi porte un nom et il a des adresses. Ce sont les banques. Il dispose d’un cheval de Troie, l’union européenne. D’un bras séculier et de son administration d’occupation: le FMI. Le FMI a aujourd’hui des « représentants », sorte de commissaires politiques, dans chaque ministère grec. Ils surveillent la bonne conduite de la tonte du peuple….

Car tout ce système ne fonctionnerait jamais si les tous puissants partis de l’Internationale Socialiste se comportaient comme une opposition à la finance internationale. Au lieu de quoi elle en est le chausse pied. Les partis membre du Parti Socialiste Européen (PSE) capitulent sans conditions quand ils sont au pouvoir, comme en Grèce. Ou bien ils reprochent aux libéraux locaux de ne pas se soumettre assez vite ou assez bien. Ou bien ils votent avec eux, comme au parlement européen. Ou bien ils se taisent avec eux face aux atteintes à la souveraineté parlementaire comme à l’assemblée nationale française. La droite n’a plus besoin de faire d’efforts. Elle dispose d’une armée « d’idiots utiles » selon l’expression désormais consacrée. Ceux là valident le fond du discours par avance…

Tout le problème est maintenant de faire passer pour une « révision limitée » du traité, selon les « éléments de langage » diffusés à Bruxelles, ce qui équivaut en fait à un transfert massif à ce trio de la souveraineté des Etats membres de l’UE potentiellement candidats au MES. Il faut bien que ce tour de passe-passe soit juridiquement entériné, mais en évitant toute forme de ratification pouvant donner lieu à un référendum, même dans un seul pays….UN SEUL MOT D ORDRE : NE PAS DONNER LA PAROLE AUX PEUPLES…!

Il faut donc s’attendre à une campagne européenne en forme de bourrage de crâne pour faire avaler aux opinions publiques l’équation selon laquelle « révision limitée = procédure simplifiée », alors que ladite révision touche à la répartition même des pouvoirs (ou de ce qu’il en reste) dans l’UE, et exige en conséquence le recours à la procédure de révision ordinaire. Donc, en France, in fine, soit un vote du Parlement soit un référendum. Il va être très intéressant d’observer comment les différents acteurs politiques, sociaux et médiatiques vont prendre position sur cette question de procédure.
En bonne logique, tous ceux qui considèrent que les Grecs et les Irlandais ont été « sauvés » par le trio Commission-BCE-FMI, et que le MES est un bon dispositif pour « sauver » prochainement les Portugais, les Espagnols et pourquoi pas les Français, devraient être enthousiastes à l’idée de faire partager leur foi par l’ensemble des citoyens. Ils devraient donc être les premiers à exiger un référendum. Et leur tâche ne devrait pas être trop difficile puisqu’ils ont avec eux la grande majorité des médias et des partis de gouvernement, qu’ils se réclament de la gauche ou de la droite….douce ironie…!

L’exercice est quand même périlleux pour la direction du PS qui va devoir se défendre de sa collusion avec Nicolas Sarkozy sur la question fondamentale qu’est le tour pris par la construction européenne, alors qu’elle cherche à se différencier de lui dans la perspective des élections de 2012. D’autant que le président ne manquera pas de rappeler que le dispositif qu’il préconise a été adoubé par le directeur général du FMI, un certain DSK, titulaire d’une carte de membre du PS et candidat potentiel en 2012….
Une solution médiane serait que ce parti demande seulement une ratification parlementaire en bonne et due forme, solution « gagnant-gagnant », comme on dit en Poitou-Charentes. Comme pour la ratification du traité de Lisbonne, celle du MES serait acquise d’avance puisque la droite est majoritaire dans les deux assemblées et que, le cas échéant, des députés et sénateurs socialistes plaçant leurs « convictions européennes » au-dessus des « clivages partisans » feraient volontiers l’appoint. D’autres pourraient s’abstenir ou voter contre, sans incidence sur le résultat final.

C’est pourquoi, pour éclairer l’opinion, tout journaliste interrogeant un dirigeant politique ou un candidat à la présidence devrait désormais lui poser d’emblée une sorte de « question prioritaire de constitutionnalité » à propos de la révision du traité….On peut rêver…NON…?[/size][/b][/color]

Source : http://jacquoulecroquant.blog.lemonde.fr/2010/12/28/lemeute-gronde-a-nos-portes/

« Imprimer des euros »

Dans le contexte de notre débat, ça signifie « décider d’imprimer des euros ». Cette décision est prise par la BCE seulement. Pour ce qui est de l’opération technique d’impression, elle peut être confiée aux ateliers des banques centrales ou même à une société privée : ça ne changera rien à l’affaire.

Il est évident qu’aucun atelier ne peut imprimer d’euros sans l’autorisation de la BCE - sinon, ce serait de la fausse monnaie. JR

[b]"Imprimer des euros"[/b]

Dans le contexte de notre débat, ça signifie « décider d’imprimer des euros ». Cette décision est prise par la BCE seulement. Pour ce qui est de l’opération technique d’impression, elle peut être confiée aux ateliers des banques centrales ou même à une société privée : ça ne changera rien à l’affaire.

Il est évident qu’aucun atelier ne peut imprimer d’euros sans l’autorisation de la BCE - sinon, ce serait de la fausse monnaie. JR


Qu’est ce qui philosophiquement légitimise un organisme comme la BCE à décider à la place d’un peuple souverain et de ses représentants des besoins en monnaie de leur économie et aussi à quoi doit servir cette monnaie ?
La seule source de légitimité n’est elle pas justement le peuple ?

[align=center]Une vache sacrée nommée Euro[/align]

Une réaction de Jean-Louis Ernis du site « La Sociale » :

Une vache sacrée nommée Euro, une réaction de Jean-Louis Ernis

[color=#111100][size=9]Je réagis à deux articles de Marianne 2 qui circulent actuellement sur le net. L’un traitant de la question de l’euro (paru le 27.12.2010) l’autre (paru le 29.12.2010) qualifiant Jean-Luc Mélenchon de Raffarin d’extrême-gauche.

Je ne connais pas Laurent Pinsolle, blagueur gaulliste, et pas davantage le journaliste de Marianne Hervé Nathan, mais je note que si le blogueur gaulliste cache la vérité d’un retour au franc (je n’ai pas lu son propos) le journaliste de Marianne manque particulièrement d’objectivité, pour ne pas dire d’honnêteté intellectuelle.

Tout d’abord, je constate qu’au cours du mois de décembre, les porte-paroles, fonctionnels ou non, du gouvernement se sont démenés pour rassurer les opinions publiques quant à la pérennité de l’euro.

Ainsi dois-je faire une relation entre les messages gouvernementaux et les articles d’une presse bien pensante s’évertuant à soutenir les fondamentaux de l’Europe libérale et son économie libre et non faussée, dont l’euro est le pivot.
Puisque l’auteur de l’article de Marianne décline son profil professionnel, je saisis l’occasion de me souvenir de l’attitude des journaux, qu’il a servis, sur la question européenne.

Je n’ai pas souvenir que ni La Tribune ni Libération aient eu un avis négatif sur le Traité Constitutionnel Européen. Je n’ai pas davantage souvenir qu’ils se soient offusqués de l’escroquerie politique du Traité de Lisbonne. J’ai même le souvenir contraire de l’ancien directeur de Libé, qui avait qualifié, au lendemain du référendum de 2005, de racistes les défenseurs du « non »

Cinquante quatre pour cent de « non » dans l’opinion publique, ça fait quand même beaucoup de racistes !!!

Quant à Marianne, je ne suis pas un spécialiste des médias, ni de la presse, quelle soit audiovisuelle ou écrite, je ne sais comment fonctionne une rédaction, j’ignore quelle latitude ont les journalistes individuellement, mais je ne peux oublier que le fondateur, ancien directeur de cet hebdomadaire, a quitté le journalisme pour la politique (c’est bien son droit) mais pas pour n’importe quel courant de pensée.

Il a rejoint le parti le plus proche aujourd’hui du M.R.P. des Monnet et Schuman qui avaient un objectif non dissimulé, celui de réduire le pouvoir des États avec le concours bienveillant du Vatican.

Pour être un téléspectateur assidu, notamment de la TNT, je constate que plusieurs journalistes de cet hebdo raisonnent identiquement. La réponse aux problèmes posés à l’Europe revient sempiternellement en boucle « c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe, il faut doter l’Union Européenne d’un gouvernement économique » !!!

Aussi, personnellement, je ne tomberai pas dans ce piège à « gogo »

Ce problème (car je pense au moins qu’il n’y a pas débat sur le fait qu’il y ait un problème européen) doit être abordé sans esprit partisan, sans dogmatisme, avec le seul souci des conditions de vie des classes populaires.

D’ailleurs, la question de l’intérêt de l’économie est peut-être un préalable à toutes discussions.

Ainsi, la question doit être clairement posée et définitivement posée (les coups de menton n’ont pas leur place dans un débat de cette importance) sur la sortie éventuelle de l’Euro.

Quels sont les avantages ? Quels sont les inconvénients ?

J’ai le souvenir des arguments de propagande développés par les europhiles au moment de la mise en place de la monnaie unique, « avec la monnaie unique, quand vous irez dans un pays européen qui a adopté l’euro, vous n’aurez plus le souci de change » !!!

Il faut noter au passage la profondeur du raisonnement !!!

Quel progrès pour le citoyen lambda ! Et en particulier pour les 8 millions de travailleurs pauvres, dont l’urgence est dans l’interrogation : vais-je demain pouvoir me nourrir ? et pour certains : où vais-je dormir ce soir ?

Mais j’ai aussi en mémoire les propos du PDG d’une multinationale française, tenus quelques mois après la mise en place de la monnaie unique « avec l’euro, la seule variable d’ajustement qui nous reste c’est l’emploi » !!!

Puis quelques mois plus tard, l’un de ses confrères allaient plus loin encore, en déclarant qu’il allait délocaliser sa production hors de la zone euro. Ce qu’il a fait effectivement.

Alors, M. Nathan devrait peut-être réviser son argumentation.

Je suis surpris que ce journaliste apparemment européiste se ravitaille idéologiquement auprès de la banque I.N.G. Mais quand j’apprends que Le Figaro et le Monde relayent les positions de cette entreprise de la finance, je suis éclairé. J’ai le souvenir qu’au début du krach de 2008, cette banque n’était pas la moins douteuse. Elle embarrassait même les dirigeants politiques.

Qu’à cela ne tienne, pas regardant sur la crédibilité de ses sources, M. Nathan déverse son flot de catastrophes consécutives, selon lui, à une sortie de l’euro. Il espère ainsi nous extorquer quelques larmes.

Il faut avoir peu de considération pour le monde ouvrier, à moins qu’il ne s’agisse de peu de connaissance des conditions d’existence de celui-ci pour oser ce discours. Je propose à ce moraliste, je suppose bien au chaud dans son bureau et assuré d’un salaire confortable, de sortir et d’aller exposer sa théorie devant les salariés de Renault à Sandouville, de rencontrer les Conti, les salariés de Sealinck dans l’Eure ou bien d’autres car malheureusement la liste est interminable.

Je l’invite à aller expliquer à ces salariés que l’euro protège leur emploi.

Dans un département moyen comme le mien, 8000 emplois industriels (source officielle) ont été supprimés en 5 ans. Tous ou pratiquement tous, délocalisés en Europe de l’Est avec une accélération depuis 2004. Même un secteur, pourtant bien portant, comme l’aéronautique, se délocalise au Maroc et aux USA.
Comparer la France à l’Allemagne

Alors, vient ensuite l’argument de l’Allemagne.

A l’inverse de la France, notre voisin d’outre-Rhin a préservé son industrie. Il a conforté son automobile haut de gamme, avec Porsche et BMW et mis en selle un troisième larron, Audi.

Et comme le marché du luxe et du haut de gamme est florissant (et pour cause) ce choix est payant.

Intelligemment, l’industrie allemande a maintenu son secteur d’excellence, la machine-outil.

La Chine, par la volonté de la globalisation financière, étant considérée comme l’atelier du monde, devant l’urgence, l’empire du milieu s’est adressé au plus qualifié pour ce genre d’équipement, l’Allemagne.

Mais pour combien de temps ? Il serait, me semble t-il, illusoire d’imaginer que la Chine ne tentera pas de fabriquer elle-même son propre outillage. Mais en attendant, l’Allemagne en profite. Cela n’en fait pas pour autant un pays vertueux en matière sociale. La pauvreté y progresse vertigineusement, les reculs sociaux sont très importants imposés avec le concours, sans honte, des socio-démocrates.

Alors, le modèle allemand, mais quel modèle allemand ?

La France a fait un choix très différent. A l’image de l’Angleterre, elle a choisi la désindustrialisation.

Au cours des années 90, la mode était au recentrage sur le cœur de métier. Ainsi, deux de nos constructeurs automobiles français se sont allégés de leurs activités secondaires, le cycle, le motocycle, l’outillage (manuel et électrique) Maintenant, c’est le cœur de métier, y compris le haut de gamme, qui se délocalise.

Constatant un marché à gros volumes, au moins deux PME se sont lancées dans la construction de motos, de moyenne et grosse cylindrée. Les modèles produits rivalisaient sans conteste avec ceux des constructeurs de l’île du Soleil Levant.

Mais, faute d’une aide publique nécessaire à l’investissement, ces PME furent contraintes de déposer le bilan, laissant le marché de la moto au quasi-monopole japonais.

Que dire également du marché du petit électroménager ? Pour nous, normands, l’attitude des pouvoirs publics, des industriels et des financiers à l’égard de Moulinex est plus qu’une trahison, c’est un crime social.

Dix ans après la mise à mort de cette entreprise, de nombreux salariés licenciés sont toujours dans la galère et certains dans la misère. Et cette fabrication a quitté le sol français pour rejoindre ceux de l’Europe de l’Est de la Chine, du Mexique entre autres.

On me dira que l’euro n’est pas responsable de cette affaire, il n’était pas encore en place au moment de la liquidation de Moulinex. Certes, mais nous étions dans la préparation de l’entrée de l’euro avec le dogme de la monnaie forte, de la désinflation compétitive, des salaires contraints et de la libre circulation des capitaux.

Autre abandon, celui de la construction navale. Ce fut une catastrophe pour nos chantiers, ils ont pratiquement été tous liquidés. Ceux qui perdurent fonctionnent avec de la main d’œuvre à bas coût venant d’Extrême-Orient.

J’arrête là le bilan partiel du dogme de l’Europe libérale et de sa monnaie unique.

[bgcolor=#FFFF99]Les sornettes de : « l’euro vous protège »[/bgcolor]

Sur l’argument selon moi fallacieux « l’euro vous protège » je ne résiste pas à citer un exemple récent. L’Estonie vient d’entrer dans la zone euro. Les médias et en particulier les télévisions ont présenté cette entrée comme un succès.
Qu’en est-il réellement ?

En adhérant à l’euro, l’élite, ou tout au moins une partie de celle-ci, a géré sa phobie russe.

Mais ceci s’est fait dans le dos du peuple.
Aucune consultation populaire n’a été organisée et pour cause. En fait, la consultation du peuple a eu lieu en 2009 avec les élections européennes et l’Estonie a vu un taux d’abstention record de 56,1 %. On mesure ainsi l’engouement des estoniens pour l’Europe libérale.

Comment s’en étonner ? Pour entrer dans la zone euro, ce peuple balte a du passer sous les fourches caudines des froids technocrates de Bruxelles ; réduction du secteur public et des emplois, coupes sombres dans les dépenses sociales…

C’est certainement ce qu’appelle M. Nathan, les effets protecteurs de l’euro.

Mais nombre d’économistes raisonnent comme le journaliste de Marianne et en particulier M. Élie Cohen.
Il est intéressant de les entendre.
À la question, l’euro est-il en danger ? Leur réponse est péremptoire : aucun risque.

À celle de savoir si la France est menacée de sortir de la zone euro, la réponse est tout aussi affirmative : le remède serait pire que le statu quo. Et un flot d’arguments difficiles à contrôler est asséné.

Mais comme si les défenseurs acharnés de l’euro avaient quelques doutes, ils précisent que peut-être serait-il salutaire que la Grèce, l’Irlande et pourquoi pas le Portugal, quittent l’euro.

En filigrane, ils reconnaissent que l’avenir de l’euro et d’une majorité des pays qui y ont adhéré dépend des agences de notation (organes privés) qui ont pris le pouvoir sur les États.

La finance domine la politique, et impose aux gouvernements des réformes sociales drastiques.

Quant à la Grèce, que ces « braves » gens accusent d’avoir travesti ses comptes, et qu’en conséquence elle doit être punie, qui peut nous faire croire, que dès l’origine, cette situation n’était pas connue des technocrates de Bruxelles ?

Un examen approfondi de la situation financière des pays souhaitant entrer dans la zone euro est réalisé.

Mais comme il fallait montrer l’attractivité de l’euro et l’engouement des peuples pour la monnaie européenne, on n’a pas été regardant sur la situation financière des postulants.

Il fallait faire nombre. En fait, même à ce niveau, la com. fait partie de la stratégie.

En tous les cas, si punition il doit y avoir, le peuple doit en être écarté, il n’est aucunement responsable de cette gabegie.

Vous avez dit, démocratie ?

Sur l’aspect démocratique des choses, les suppôts du fédéralisme européen et de l’un de ses corollaires, la monnaie unique, sont tellement enfermés dans leur dogme qu’ils n’imaginent même pas qu’un débat sérieux puisse être organisé, suivi d’une consultation populaire, mettant les citoyens devant un choix de société (Fonctionnement démocratique de l’euro, tenant compte de l’hétérogénéité des économies des États - Monnaie au service des peuples et non au seul avantage des financiers - Statut de la Banque Centrale Européenne - Définition d’un vrai gouvernement économique - Mise en place de conventions collectives européennes à l’instar de ce qui a été fait en France après la 2ième guerre mondiale - Préférence européenne etc… etc…)

D’ailleurs, n’est-ce pas un non sens de parler de démocratie et de citoyenneté quand le peuple est privé d’intervention sur l’évolution de la monnaie ? Certes, les dévaluations du franc n’ont jamais été précédées d’une consultation populaire, mais les majorités gouvernementales prenaient un engagement devant le peuple et celui-ci avait toute latitude de se faire entendre. Or, chacun le sait, la gestion de l’euro est réservée à une caste.

Le gouvernement économique de l’Europe, version économie libre et non faussée

Sur la question du gouvernement économique de l’Europe, ma naïveté m’avait conduit à penser qu’il s’agissait par exemple d’organiser un réseau ferré à grande vitesse irriguant l’ensemble du territoire européen (voyageurs et marchandises) - des zones portuaires sur le principe de la coopération et non de la concurrence, en définissant des interlands dédiés - une politique énergétique dans le respect de l’environnement etc… Or, chez les technocrates européistes, le gouvernement économique est d’une autre dimension.

Le dernier sommet européen vient de nous éclairer sur leur choix.

Les 16 et 17 décembre dernier, les Chefs d’États et de Gouvernements ont décidé, une fois de plus, dans le dos des peuples, du principe dit, du semestre européen. En clair, les projets de budget des États devront recevoir l’approbation de Bruxelles avant d’être validés par les Parlements nationaux. Outre les budgets des États, seront soumis également à la toise de Bruxelles, les niveaux de salaires, les retraites, les dépenses de santé etc…

Certainement, une victoire de la démocratie, mais version européiste !!! Il serait intéressant de connaître l’avis de M. Hervé Nathan sur ce sujet.

Mais l’un des summums de cette farce libérale s’est déroulé le 30 décembre dernier au cours de l’émission « C dans l’air » dont le thème était « Pourquoi les français font-ils la gueule ? » Les invités étaient Philippe Gabilliet, auteur – Jean Viard, sociologue – Frédéric Lenoir, spécialiste des religions – Marc Jolivet, humoriste.

Pour que chacun se fasse son opinion, j’invite les lecteurs de mon papier à écouter sur le Net cette émission qui en dit long sur l’entreprise d’endoctrinement libéral. Certes, des choses justes ont été dites mais elles ont été malheureusement ponctuées de vraies conneries.

Jean Viard explique que nous devrions nous réjouir que le Brésil et l’Inde soient sur le point de nous dépasser économiquement. Il passe par-dessus bord le fait que tout ceci se fait au prix d’une concurrence effrénée qui pèse lourdement sur notre modèle social, sans pour autant améliorer la condition ouvrière de ces pays. Il fait remarquer que dans certains pays, il n’y a pas de vacances et que nous devrions en prendre conscience et nous réjouir d’en avoir. Merci patron. Enfin, il ose déclarer qu’en France, ça fait bien de faire des heures supplémentaires, sous-entendu on n’est pas obligés d’en faire !! Apparemment, Jean Viard ne connaît pas la réglementation en la matière. Puis il conclue sur le thème du revenu « autour de la table on n’a pas besoin de 500 € de plus » Il oublie simplement de dire que 500 €, pour certains, c’est le seul revenu mensuel !!

Frédéric Lenoir fait une relation osée entre l’ancien régime et aujourd’hui, considérant qu’autrefois les populations étaient protégées par les religions !!! Et qu’aujourd’hui elles voudraient un État Providence également protecteur. Il voit une raison d’espérer avec la fête des voisins. Quel programme ! Sur le thème de : l’argent ne fait pas le bonheur, il informe que récemment il est allé en Inde où il a vu des gens avec rien, mais heureux !!!

Lenoir n’est pas très loin du sketch à Coluche « dîtes-moi de quoi vous avez besoin, je vous dirai comment vous-en passer »

Enfin, Marc Jolivet tout en précisant qu’il était ami des Cohn-Bendit a conseillé de croire en l’Europe pour être optimiste.
L’humour n’aurait-il rien compris au social ?

Voilà, à mon sens, les messages qui nous sont diffusés pour nous faire accepter « La grande régression » comme l’écrit Jacques Généreux.

Alors, oui, la question de l’euro et de sa remise en cause est un sujet grave, un sujet à risque.

A risque, parce que si l’existence de la monnaie unique n’a pas encore atteint une décennie, les technocrates de la haute-finance planchent sur ce dossier depuis près d’un demi-siècle. De traité en traité, de sommet en sommet, les dirigeants de droite comme de gauche ont tout verrouillé. Ils ont utilisé la méthode de la torpille qui peut exploser à la tête de ceux qui osent la manipuler.

[bgcolor=#FFFF99]Ainsi, le courage doit dominer chez celles et ceux qui contestent cette construction antidémocratique d’une Europe qui avilit les peuples.[/bgcolor]

Pourquoi à l’instar de l’Angleterre qui a obtenu des dérogations sur la P.A.C., de l’Irlande qui a fait valoir des exceptions pour admettre le Traité de Lisbonne de même que la Pologne, la France ne pourrait-elle pas obtenir des dérogations ?

Si je peux me permettre une comparaison, je dirais, ne renouvelons pas l’épisode de 1938.

A Munich, les participants avaient fait semblant de croire en leur accord de pacotille. Par manque de courage, ils avaient refusé de voir la vérité en face. Ils avaient contourné l’obstacle, ne faisant que repousser l’issue fatale.

Bien évidemment, en 1938, l’hégémonie était militaire, en 2011 elle n’est « que financière » mais à terme, elle peut produire les mêmes effets.

Les déclarations à la sortie des réunions internationales, G8, G20, sommets européens et autres, sont consternantes : « il n’y a plus de paradis fiscaux » « nous allons moraliser le capitalisme » « les 27 pays de l’UE sont solidaires face à la crise » « l’Europe vous protège » Il ne faut apporter aucun crédit à ces assertions. Elles sont dangereuses par leur inexactitude et leur mensonge.

[bgcolor=#FFFF99]À prendre en permanence les peuples comme variable d’ajustement du système, ceux-ci ne sachant plus à qui faire confiance, la droite et ladite gauche pratiquant la même politique, il leur reste l’abstention ou l’extrême-droite.[/bgcolor]

Les instances européennes vont-elles se limiter à une dénonciation courroucée de la remise en cause de la liberté de la presse en Hongrie ? Ne va-t-on pas mesurer concrètement la crédibilité de la fameuse « Charte des droits fondamentaux »

Les votes racistes et xénophobes que l’intelligentsia tente de cacher sous le terme de populisme en Autriche, en Pologne, au Danemark, aux Pays-Bas, en Hongrie, en Italie, menacent les démocraties en Europe.

Peut-on banaliser la constitution d’un groupe d’extrême-droite au parlement européen ?

Si rien n’est fait, la gangrène ne se contentera pas d’un orteil. Le pied et la jambe seront affectés, alors se posera la question de la survie du patient européen.

Je pense qu’il n’est pas trop tard pour agir mais il y a urgence.

Mélenchon, le Raffarin d’extrême-gauche

Le titre choisi pour traiter la position de Mélenchon sur la Chine « Le Raffarin d’extrême-gauche » éclaircit immédiatement la pensée du journaliste.

Encore un effort et le co-président du Parti de Gauche sera soupçonné de sabotage d’une ligne TGV.

Qualifie-t-on de fascistes les dignitaires socialistes qui sont allés plastronner, le week-end dernier, au cimetière de Jarnac, sur la tombe du monarque, l’homme de la francisque, l’ancien Ministre de l’Intérieur qui avait refusé l’amnistie de combattants algériens condamnés à la peine capitale ? Bien sûr que non, cela serait ridicule, grotesque, alors un peu de mesure, s’il vous plaît, pour qualifier Mélenchon.

Oui, il doit impérativement rendre plus claire sa position sur la Chine. Les deux lignes consacrées à ce sujet dans son bouquin sont largement insuffisantes. Pour moi, la question des Droits de l’Homme est la colonne vertébrale d’une gauche digne de ce nom. Aucune concession ne doit être acceptée quelque soit le point du globe concerné.

Il n’est pas exact de dire que la Chine n’est pas expansionniste.

Que fait-elle en Afrique, dans la corne de l’Afrique ? Comment qualifier son arrivée dans les ports grecs et peut-être au Portugal ?

Mais Mélenchon fait aussi état de l’hégémonie financière, économique et militaire des Etats-Unis d’Amérique en précisant qu’en 1971 le Président Nixon avait décidé de décrocher la valeur du dollar de sa contrepartie en or, faisant que depuis le dollar vaut ce qu’on veut en croire. Au plan militaire, il informe que les USA disposent de 735 bases réparties dans 130 pays. Il n’oublie pas non plus le rôle des USA joué en Amérique Centrale et du Sud au cours des années 70 et 80 installant des partis d’extrême-droite et les aidant à imposer leur dictature.

Je crois que dans ce dossier des relations avec les USA et la Chine, comme dans celui de l’euro, il faudrait laisser les passions au vestiaire et raisonner objectivement, mais voilà, nous sommes déjà en campagne électorale et chacun se jette à la figure ce qu’il a sous la main.

Mélenchon ayant à plusieurs reprises déclaré que la candidature de Strauss-Kahn serait un casus belli, l’objectif est donc de réduire au maximum la cote médiatique du co-président du Parti de Gauche.

La concurrence au sein du Front de Gauche motive ce jeu politique malsain. Le PS sait que si le 1er tour de la présidentielle est important, le 2ième est capital. Or, il est clair que le PC s’adapterait plus facilement à une candidature Strauss-Kahn. Le PC sait qu’une alliance avec le PS lui assurerait davantage de survie qu’une alliance avec le PG.

Alors, l’intelligentsia ultralibérale pratique le jeu du tiroir dans l’hypothèse d’un repli vers le PS. La candidature du directeur du FMI est privilégiée, à défaut celle de Martine Aubry.

La petite phrase de Fabius, au milieu de décembre « La candidature de Dominique chemine » n’est pas anodine.

En fait, la course à la candidature est lancée, il s’agit d’amener Strauss-Kahn au firmament des sondages pour aborder les primaires. Ainsi, les militants, les adhérents et les sympathisants n’auraient plus qu’à confirmer les sondages dans les urnes et la campagne s’engagerait avec l’assurance de la pérennité ultralibérale à la tête de l’Etat français.

Voilà pourquoi pour les stratèges du PS il ne faut surtout pas avancer la date des primaires. Je pense même que l’objectif serait de faire traîner les choses.

Et pendant ce temps, il faut traquer tout ce qui risque d’entraver cette « belle » marche qui peut aboutir à une alternance, tout en repoussant une alternative. Or, la présence de Mélenchon, dans ce jeu, trouble la sérénité des scénaristes.

Il est donc devenu la tête de Turc et les têtes de Turcs, il faut les abattre.

Tout le monde s’y met, certains militants socialistes et une immense partie des médias.

L’épisode Stéphane Hessel fait peut-être partie de cette stratégie. La question n’est pas de contester le passé respectable de cet homme. Bien au contraire, mais si le début du buzz actuel est intéressant, la conclusion donne à réfléchir.

Maintenant que ce citoyen vénérable fait le tour des rédactions et des plateaux de télévision pour présenter son opuscule, nous apprenons beaucoup de choses.

Inviter à s’indigner, prendre le Conseil National de la Résistance est louable, mais si c’est pour en fin de compte faire la propagande de Martine Aubry, voire Strauss-Kahn et de considérer comme exemplaire le travail de la gauche plurielle entre 1997 et 2002 mené par Jospin, le parallélisme avec l’œuvre du C.N.R. est difficile.

Mais il est vrai que le co-président du Parti de Gauche fait peu d’effort pour éviter d’être la cible des critiques. Son discours tonitruant froisse les oreilles chastes, cependant j’invite les lecteurs de ce papier à écouter le débat qui s’est déroulé sur France-Culture le 31 décembre dernier entre Jean-Luc Mélenchon et Jacques Julliard.

Loin des invectives, un vrai et profond débat s’est déroulé.


Pour télécharger et conserver cette émission ou pouvoir l'écouter dans son baladeur :

Émission : « Les Controverses du progrès » du 31.12.2010 - 18h20 Débat : « Le peuple a-t-il toujours raison ? » avec Jacques Julliard et Jean-Luc Mélenchon sur France-Culture animé par Max Armanet[/size][/color]

00_LES_CONTROVERSES_DU_PROGRES_31_12_2010.ogg - 28.3 Mio

Sous le lien comment pouvoir écouter un fichier ogg si mon ordinateur ne les lit pas actuellement …

Le débat est devenu si squelettique sur notre site que nous en sommes réduits à reproduire les articles publiés ailleurs. Dommage. JR

Bien sur, c’est dommage. Vous avez un miroir à proximité? Vous verriez la poutre tout autant que les pailles. :wink: