[align=center]Union Européenne et retraites[/align]
Vu sur le blog de Mélenchon:
[font=arial][/font][font=arial]« I[/font][color=#111100][size=10][font=arial]l va être question de retraite et tout est déjà dit entre nous sur le sujet. J’y ajoute cependant un mot pour vous donner des nouvelles de cette « Europe qui protège » et se soucie donc de vos retraites comme la vraie providence qu’elle est. Son intérêt prend la forme d’un Livre vert paru au début de l’été, le 7 juillet, à l’initiative de la Commission européenne : Vers des systèmes de retraite adéquats, viables et sûrs en Europe. Vert, le livre ? On va voir si c’est la bonne couleur. Mais sur ce thème, qu’est-ce qui peut bien motiver notre chère protectrice ? De nobles passions comme toujours. Son intérêt amandin pour la vie des gens ? Jugez plutôt l’objectif : « la levée des obstacles qui entravent l’achèvement du marché unique, ce qui peut se faire par exemple en rendant le marché intérieur des produits financiers plus sûrs et mieux intégré et en facilitant la mobilité de tous les travailleurs ». Doux et délicat. Sans oublier le parler faux-cul si typique de la maison: « L’objectif (…) en matière de taux d’emploi (75 %) nécessite d’atteindre des taux d’emploi nettement plus élevés qu’actuellement dans la population âgée de 55 à 65 ans. » Traduction : tout le monde doit travailler au moins jusqu’à soixante-cinq ans. C’est écrit mais ce n’est pas dit. Telle est la novlangue des eurocrates.
Il existe une synthèse écrite de ces deux aspects fondamentalement bienveillants que sont l’achèvement du marché unique pour les produits financiers et l’allongement de la durée du travail jusqu’à 65 ans. [bgcolor=#FFFF99]Elle est même brillamment associée à l’art de se moquer du monde en prétendant que c’est pour leur bien si cette politique inhumaine est promue. [/bgcolor]Elle se trouve dans le texte de ce bon monsieur Barroso, ci-devant monte-charge de l’Europe libérale, dans la présentation de ses « orientations politiques » le 3 septembre 2009. Lisons ce beau morceau : « Des millions d’Européens n’ont pas d’autre revenu que leur pension de retraite. La crise a montré l’importance de l’approche européenne en matière de régimes de retraites. Elle a démontré l’interdépendance des différents piliers des régimes de retraite au sein de chaque Etat membre et l’importance d’approches communes au niveau de l’UE en matière de solvabilité et d’adéquation sociale. Elle a mis en évidence que les fonds de pension étaient un élément important du système financier ». Et voilà le travail ! Un ami à qui je parlais de tout cela pour solliciter de lui une expertise approfondie de ce « livre vert » a commencé par me dire « ça n’ira pas bien loin car les retraites ne sont pas de la compétence européenne ». C’est un naïf, et je le lui ai dit. Tout peut devenir de compétence européenne dès lors qu’il y a un peu d’argent à prendre. Ici, la prose de Barroso illustre la méthode. Puisque les fonds de pensions existent et qu’ils impliquent les retraites et que les retraites doivent pouvoir bénéficier de la concurrence libre et non faussée, abracadabra, le sujet est de compétence européenne. Lisez : « Au niveau de l’UE, les systèmes nationaux de retraite sont soutenus par un cadre d’action allant de la coordination politique à la réglementation. Certains thèmes communs doivent être en effet traités de manière coordonnée ; c’est le cas, par exemple, du fonctionnement du marché intérieur, des exigences résultant du Pacte de stabilité et de croissance, ainsi que des réformes des retraites, qui doivent être cohérentes avec la stratégie «Europe 2020». Vu ? C’est ça l’Europe libérale. Il ne peut venir que du mal de cette Europe, tenez-vous le pour dit. [/font][/size][/color][font=arial]»[/font]
[color=darkblue][size=10][font=arial]Mon commentaire : En plus du néo-libéralisme, c’est la centralisation des pouvoirs et leur concentration qui crée cette dérive anti-démocratique, cette facilité pour les lobbies d’influencer tout un ensemble de pays. 27 pays différents, 27 pouvoirs exécutifs, 27 pouvoirs législatifs, 27 pouvoirs judiciaires rendaient vains et inopportuns le lobbying avant le centralisme européen. C’était comme vouloir transporter 81 grenouilles dans une brouette, la personne serait toujours en train de remettre les grenouilles qui auraient sautées en dehors de la brouette. Un épuisement pour le capitalisme multi-national sur un terrain plus proche des citoyens, alors que n’importe quel centralisme européen, même celui de Mélenchon affrontera le capitalisme et ses lobbies sur leur terrain qui est celui de l’économie d’échelle, de la globalité, de l’uniformité de la marchandise et du capital, de la centralité des lieux de décisions. Loin des gens et de l’appropriation par les gens des problèmes qui les concernent, ici et maintenant. Affronter le capitalisme sur son terrain et lui emprunter sa logique,ses valeurs de globalité, de centralité, c’est s’affaiblir et non se renforcer comme je le croyais comme vous quand j’étais plus jeune. Prenons l’hypothèse d’alain guillou que les peuples réussissent à renverser cette Bastille libérale qu’est la Commission Européenne par des « Fronts Populaires Européens » déjà problématiques au niveau de leur existence et de la possibilité de leur construction démocratique. Les nouveaux dirigeants révolutionnaire de l’Europe centralisée se mettent à impulser par en haut une politique de [bgcolor=#FFFF99]« centralisme démocratique »[/bgcolor] féministe, allant vers le socialisme et écologique. Il ne faudra pas longtemps pour ce pouvoir d’origine révolutionnaire se convertisse au « réalisme » puisqu’il tire son pouvoir d’en haut, son pouvoir du centralisme. C’est à croire qu’aucune leçon n’a été tirée du fameux « centralisme démocratique » de l’ex-URSS. Les démocrates n’ont rien à faire d’un instrument anti-démocratique comme l’UE. Un pacifiste n’a jamais encore eu l’outrecuidance de vouloir transformer un char d’assaut en pansements, ni en quoique soit d’autre, il le démantèle, un point c’est tout.
[/font][/size][/color][color=#111100][size=10][font=arial]Mélenchon, suite …
[/font][/size][/color][font=arial]« B[/font][font=arial]on, maintenant vous brûlez de connaitre les trouvailles européennes en matière de prescriptions sur les retraites. J’avoue que j’ai été bluffé ! C’est tellement neuf ! Tellement imaginatif ! On voit que quand le monde change les modernes savent se renouveler pendant que les archaïques ne font que répéter les formules du passé qui ne marchent pas. Faisons donc un résumé de ces propositions. D’abord « l’allongement de l’âge effectif de départ à la retraite » ! Waouh ! Ensuite « la réduction des dépenses publiques » ; enfin du neuf. Et aussi, je n’en crois pas mes yeux, « le développement et renforcement des capacités des régimes par capitalisation ». Enfin, le développement des régimes complémentaires et d’une offre assurantielle individuelle pour les travailleurs. Emotion. Instauration d’un régime de retraite privé à l’échelle des Vingt-sept coexistant avec les systèmes nationaux sous la rubrique « consolidation du marché des retraites ». N’oublions pas la pieuse référence au renforcement de l’efficacité de la réglementation des marchés financiers mais seulement «compte tenu du rôle croissant des fonds de pension». Et pour le cas où il y aurait doute sur la volonté de se mêler de ce qui ne le regarde pas, le « livre vert » prône une « amélioration de la gouvernance des retraites » à l’échelle de l’Union Européenne. Qu’est ce à dire ? D’abord une riche trouvaille : l’établissement d’une comparabilité des statistiques, notamment sur les fonds de pension. Flanqué d’une inquiétante mise en place : celle d’une plateforme commune de suivi des politiques de retraites. Où vont-is chercher tout ça ? Je suis sur que le FMI est d’accord. [/font][font=arial]»[/font]