32 Sortir de l'Union Européenne

Eloge de la métamorphose…C’est dans « Ma gauche » d’Edgar Morin (SAGIM mai 2010)…

Je partage le point de vue selon lequel la survie voire l’émergence d’une véritable « planète homme » suppose la métamorphose « mondialiste » des vertus de « l’Etat Nation » , à « dépasser » sans jeter « l’essentiel »…

J’y reviendrai, si cela n’est pas ici jugé « incongru ». Amicalement pour ceux qui veulent 'sortir de l’Europe", et pour ceux qui veulent une « Constituante de front popu européen »… En ce 14 juillet, il faut rêver!:rolleyes:

Article III de la Déclaration de 1789

Gilles, dans votre 8870 vous citez cet article :

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Auriez-vous l’obligeance d’expliquer comment vous comprenez les mots « qui n’en émane expressément » ?

Je crois qu’il est important de le savoir du moment que vous estimez que certains responsables français auraient commis une « forfaiture » en ne respectant pas cet article.

Cordialement. JR

[color=#111100][size=10][font=courier]Alain, l’Empire impose l’impérialisme, c’est ce que Lénine ou Obama armés des meilleures intentions du Monde n’ont pas su prendre conscience. Lénine qui voulait libérer les peuples a été pris au piège de la centralisation tsariste et le « Yes, we can » s’est transformé en « No, we can’t » parce que pour arriver vraiment à libérer les peuples, il aurait fallu leur rendre leur liberté et démanteler l’Empire issu des Tsars et que pour arrêter la guerre contre le terrorisme, il faudrait rendre leur liberté aux États Fédérés ( C’était un des buts de la guerre de Sécession ) et démanteler les États-Unis.

Extrait de l’ouvrage : « L’Empire des dettes » de William BONNER et Addison WIGGIN publié aux Éditions «Les Belles Lettres » en 2006 (avant la crises des subprimes )[/font][/size][/color]

[color=#111100][size=10][font=courier]Pendant longtemps, nous les américains nous avons rejeté cette idée: nous ne voulions pas que les États-Unis soient un empire. Nous pensions qu'être un empire procédait d'un choix politique. Nous étions épris de la vieille République des Jefferson, Washington et de la Constitution américaine ... cette humble nation où les esprits étaient simples et l'argent difficile à gagner; nous ne voulions pas l'abandonner. Nous pensions que les États-Unis commettaient une erreur s'ils agissaient comme un empire.

Quels crétins nous étions ! Nous n’avions rien compris : peu importait ce que nous voulions - la liberté de choix était celle de la chenille face à son destin de papillon.

Le comprendre nous a permis de comprendre beaucoup d’autres choses. Jusqu’alors, toutes les fanfaronnades, toutes les pantalonnades nous paraissaient de simples « erreurs ». Pourquoi les États-Unis enregistreraient-ils des déficits commerciaux si énormes, nous demandions-nous ? Il semblait évident que c’était là une mauvaise idée : le pays courait vers la ruine. Et pourquoi les États-Unis envahiraient-ils l’Irak ou déclareraient-ils une guerre contre le terrorisme, quand il était quasiment sûr que ces deux actions se révèleraient de coûteuses bévues ? On aurait dit que les États-Unis cherchaient à s’auto-détruire - d’abord en menant leur économie à la faillite, puis en se créant des ennemis sur toute la planète.

Nous avons fini par comprendre que c’était bien sûr cela qu’il fallait faire, exactement.

Répétons-le: les gens finissent par croire ce qu’ils ont besoin de croire quand ils ont besoin de le croire. L’Amérique est un empire ; ses habitants doivent donc raisonner en tant qu’impérialistes. Pour accomplir leur mission, les citoyens américains ont dû devenir ce qu’Orwell appelait des « pantins creux ». Un peuple impérial est obligé de croire que son statut de puissance impériale est mérité; autrement dit, il est obligé de croire qu’il a le droit de dicter leur conduite aux autres peuples. Pour ce faire, ils doivent croire en un mensonge - le fait que sa culture, sa société, son économie, son système politique, ou bien lui-même sont supérieurs aux autres. Cette croyance relève d’une prétention illusoire, mais elle est si grande et lumineuse qu’elle exerce sur l’ensemble de la société une force d’attraction telle que bientôt, elle y a mis en mouvement tout un système nourri de vanités reluisantes et de vaines illusions aussi éloignées de la vérité que Pluton l’est de la Terre et aussi étranges que le sont les anneaux de Saturne, Les Américains croient qu’ils peuvent s’enrichir en dépensant l’argent des autres. Ils croient que les pays étrangers veulent vraiment être envahis et soumis à leur loi. Ils croient qu’ils peuvent s’endetter indéfiniment et que leurs maisons lourdement hypothéquées valent autant que de l’argent sur un compte bancaire.[/font][/size][/color]


[font=courier]L’Empire, c’est le règne des services secrets, des coups tordus à l’extérieur et de la manipulation de l’opinion à l’intérieur.
C’est pourquoi je suis opposé à la création de l’Empire européen. La confusion est grande quand la notion d’internationalisme qui se base sur la solidarité entre opprimés de différents pays est dévoyée pour ne s’appliquer qu’aux chefs des gouvernements d’Europe et devrait être appelé par son nom : impérialisme.[/font]

[align=center]Les contrôleurs aériens espagnols en gréve[/align]

[color=#111100][size=10]10 août 2010

Les contrôleurs aériens espagnols de l’entreprise « Aeropuertos Españoles y Navegación Aérea » (AENA), gérée par l’Etat, ont voté à 98 % en faveur d’une action revendicative contre les assauts féroces du Parti socialiste ouvrier (PSOE) du gouvernement du Premier ministre José Luis Zapatero.
Toutefois, avant même le scrutin, le syndicat « Union des contrôleurs de trafic aérien » (USCA) a cherché à restreindre la lutte par une série grèves tournantes et a fourni à l’avance aux dirigeants d’AENA avec un préavis de 10 jours les dates prévues des grèves.

En Février, le gouvernement Zapatero a imposé par décret une baisse de salaire des contrôleurs de 40 %. Selon les rapports, il est désormais d’imposer une augmentation des heures annuelles de 1000h à 1600h et ce en dépit de la hausse des niveaux de maladie due aux réductions des périodes de repos.
Récemment, des représentants du gouvernement ont accusé les contrôleurs l’organisation d’une grève illégale par les congés de maladie. Le ministre du Développement José Blanco a menacé de licencier le personnel qui se trouve en congé maladie pour cause de stress sévère et d’épuisement, et qui a refusé de retourner au travail après avoir été examiné par des médecins. Blanco a menacé : « Si les demandes sont fausses, ils enfreignent la loi, ce qui signifie que nous pouvons prendre des mesures juridiques qui peuvent entraîner la perte de leur emploi ».

Selon le syndicat USCA, les travailleurs ayant des problèmes médicaux graves sont poussés, soit à prendre des tranquillisants, soit à être transporté par les moyens de l’entreprise AENA pour retourner au travail.

Sous la supervision de l’Union européenne (UE), le PSOE s’est engagé dans une suite successive de provocations envers les contrôleurs de la circulation aérienne pour casser leur opposition à la restructuration et la privatisation. Avec hypocrisie éhontée, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol utilise les bas salaires imposés au reste de la population pour briser les salaires des contrôleurs. Blanco a affirmé qu’il était « intolérable pour le gouvernement de payer des salaires de millionnaire aux fonctionnaires, tout en appliquant un programme d’austérité du reste du peuple espagnol » .[/size][/color]
[color=green][b][size=9]
Traduit par Gilles
Source et suite de l’article en anglais ici : http://www.wsws.org/articles/2010/aug2010/spai-a10.shtml

Le titre original de cette contribution tiré de l’anglais a été modifié sur les conseils de Jacques.
[/size][/b][/color]

Gilles :

Je me réfère à votre message 9218.

Quel rapport y a-t-il entre le titre de ce message et son contenu ? JR

Vous avez raison Jacques, l’intervention de l’armée n’est pas avérée et il me semble que le verbe original en anglais a plutôt une valeur de conditionnel. Je vais modifier cela.

En tout cas une nouvelle source d’information sur l’Union Européenne.
http://www.wsws.org/category/eu-eu.shtml

C’est davantage compréhensible comme ça.

Le seul rapport avec l’armée c’est que le gouvernement espagnol aura voulu remplacer les contrôleurs civils grévistes des contrôleurs militaires, ce qui se fait partout (ÉUA, France…) en cas de grève. JR

[color=#111100][size=9]Tout d’abord, je remarque Jacques que vous n’élevez pas d’objection aux arguments de William BONNER et Addison WIGGIN sur la nature impériale des États-Unis d’Amérique, ni sur mes argument dérivés de ceux-ci qui motivent mon opposition à l’Empire européen. (9217)

Ou peut-être suivez-vous cette argumentation qui consiste à dire puisqu’il existe un Empire États-Unien, organisons un Empire européen pour y résister ?

En ce qui concerne la grève des contrôleurs aériens espagnols (9218), résumons les faits des dernières années. En raison des traités de libre-échange négociés à l’insu des peuples sans aucun référendum, les salariés ont été mis en concurrence à l’échelle mondiale, ce qui s’est traduit notamment aux États-Unis par le recul de l’emploi industriel dans ce pays au profit de compagnies qui faisaient travailler des travailleurs du Tiers-Monde moins payés. Ainsi les salariés des États-Unis dont les revenus globaux ont augmenté moins vite que la richesse nationale de ce pays, ont été poussés à s’endetter pour continuer à consommer. Ce qui a donné lieu à des crédits immobiliers massifs dont la responsabilité a été criminellement diluée par certaines banques qui ont effectué la titrisation de ces mêmes crédits immobiliers. Ce qui a entraîné la crise dite des « subprimes » et le sauvetage des banques par les contribuables. Maintenant les États sont endettés et font payer la crise aux fonctionnaires et aux salariés au lieu de la faire payer aux responsables : les banques qui ont criminellement dilué les crédits qu’elles avaient accordé de façon laxiste par la procédure de la titrisation.
C’est cela Jacques que je conteste.

Mireille Delmas-Marty membre du « Collège de France » et de l’Académie des sciences morales et politiques dans son livre : « Libertés et sûreté dans un monde dangereux » aux Éditions du Seuil, collection « La couleur des idées », 2010, p. 133 :

« De même que le money laundering (blanchiment d’argent) consiste à dissimuler l’origine de fonds acquis de façon délictueuse en les recyclant dans les activités légales, le policy laundering consiste à utiliser les organisations internationales pour mettre en place des politiques que se heurtent à la résistance des institutions nationales. Adoptées comme des décisions auxquelles les États sont tenus de se conformer, ces politiques échappent au débat démocratique : Le recyclage est ainsi obtenu au prix d’un contournement du processus législatif. »[/size][/color]

Empires/blanchiment de politiques/organisations de la « société civile »

Gilles, je serais assez d’accord avec les commentaires contenus dans votre 9226.

J’ajouterais seulement que parmi les pouvoirs qu’il convient de contrôler il ne faut pas oublier les organisations de ce qu’on appelle un peu improprement la « société civile », autrement dit les ONG.

Celles-ci (surtout les grandes ONG internationales) peuvent très bien se faire les instruments du blanchiment des politiques dans la mesure où elles sont vulnérables au pressions amicales des États, qui souvent les subventionnent. Comme les ONG n’ont de compte à rendre qu’à leurs membres, ce blanchiment peut se faire en toute discrétion : c’est bien commode pour des empires (ou d’ailleurs pour des organisations de croyance) qui tiendraient à ne pas trop se mettre en scène.

Le contrôle démocratique devrait s’exercer sur les ONG, d’autant plus que celles-ci prétendent souvent parler en tant que représentantes officieuses de l’ensemble des citoyens (la fameuse « société civile »).

Il serait intéressant de voir dans quelle mesure ce rôle moderne des anciennes associations civiques devenues nos modernes « ONG » peut contribuer à fausser l’exercice de la démocratie nationale et internationale.

Un beau sujet pour notre site, si quelqu’un veut le lancer. Je ne me rappelle plus si Mireille Delmas-Marty a traité cette question dans ses cours du Collège de France. JR

Comment vous comptez prendre le pouvoir sans passer par les élections ?
Il me semble que c'est la question la plus importante qui soit (pour "[i]nous[/i]"). On peut se branlouiller les méninges sur ce qui serait une constitution idéale, mais si on n'arrive pas à se rapprocher d'un poil des cercles de décision, c'est entièrement futile.

Mais, d’un autre côté, vu que je pense que les élections en soi sont un des éléments du problème, accéder au pouvoir par des élections annule aussitôt le bénéfice envisageable (élections = pouvoir des médias. si médias privés ==> pouvoir oligarchique). De toutes façons, comme le pouvoir actuel véritable n’appartient pas aux politiques, les élections n’amènent même pas au pouvoir.

Donc, Sandy, bravo pour votre question. Pour y répondre, je dirais que je compte prendre un peu de pouvoir - et non pas « le » pouvoir - par mon intelligence et ma créativité.

blanchiment de politiques/organisations de la « société civile »

Jacques, je suis d’accord avec l’analyse que vous développez dans votre 9229. Depuis, l’association qui « occupe » les jeunes gens l’été et qui est financé à 95 % par la Mairie jusqu’à l’USAID qui est un faux-nez du gouvernement américain, il y a toute une gamme et il y aurait à dire sur le sujet. Je crois que je ne vais quand même pas ouvrir ce nouveau sujet de discussion sur le forum.


Jacques, depuis que vous avez répondu au projet de constitution disponible depuis peu de jours sur le site Internet de l'observatoire de l'Europe, je me pose des questions sur votre activité et votre organisation euroconstitution.org®. Comment avez-vous le temps de répondre et de participer à tant de forum, blogs et de rédiger un projet de constitution confédérale aussi exhaustif, cohérent et détaillé tout seul ( les autres membres, en tout cas ceux qui portent un nom différent de Jacques Roman, de votre projet brillent seulement par leurs peu de contributions )?

Pour votre participation à Internet, on ne trouve pas moins de 7 pages de résultats sur le moteur de recherche Google

Voir les résultats ici …

Y-a-t-il une armée de petites mains estampillées "Jacques Roman"© qui réponds partout afin de porter la bonne parole ? Ou bien y-a-t-il une poudre magique qui explique ces résultats ? Auquel cas ne devriez-vous pas vous soumettre à un contrôle anti-dopage ? Expliquez ce mystère s’il vous plaît.

Explication du « mystère JR »

Gilles (9242) demande (je ne crois pas inutile de reproduire intégralement sa question) :

"[i]Jacques, depuis que vous avez répondu au projet de constitution disponible depuis peu de jours sur le site Internet de l’observatoire de l’Europe, je me pose des questions sur votre activité et votre organisation euroconstitution.org®. Comment avez-vous le temps de répondre et de participer à tant de forum, blogs et de rédiger un projet de constitution confédérale aussi exhaustif, cohérent et détaillé tout seul (les autres membres, en tout cas ceux qui portent un nom différent de Jacques Roman, de votre projet brillent seulement par leur peu de contributions )?

"Pour votre participation à Internet, on ne trouve pas moins de 7 pages de résultats sur le moteur de recherche Google

"Voir les résultats ici …

"Y-a-t-il une armée de petites mains estampillées « Jacques Roman"© qui répond partout afin de porter la bonne parole ? Ou bien y-a-t-il une poudre magique qui explique ces résultats ? Auquel cas ne devriez-vous pas vous soumettre à un contrôle anti-dopage ? Expliquez ce mystère s’il vous plaît.[/i] »

La question me fait plaisir de plus d’une manière, puisqu’elle tendrait à prouver que malgré mon àge quasi-canonique (je remonte à avant la deuxième guerre mondiale) je reste capable d’une activité intellectuelle soutenue, serait-ce sur le mode mineur.

Cela dit, la réponse est simple :

– Je suis retraité et dispose de tout mon temps dans des conditions matérielles confortables, sans souci de santé handicapant ;

– Par formation et par métier je suis juriste de droit public et traducteur (32 ans de carrière internationale) ;

– Bien que non théoricien du droit, je n’ai jamais cessé de m’intéresser aux questions de droit public (surtout constitutionnelles), dont je me suis fait un hobby surtout depuis 2005, époque à laquelle Étienne Chouard m’a fait découvrir les méfaits du traité constitutionnel (auparavant, je m’intéressais à la question européenne de très loin : c’est le référendum + ÉC qui m’ont sorti de ma torpeur) ;

– J’ai une assez bonne connaissance du français et même de l’anglais écrit, et je « tape à la machine », comme on disait autrefois, à peu près au niveau d’un dactylographe professionnel depuis l’àge de 15 ans (on ne dira pas assez les services que cette dernière qualification m’a rendus, surtout dans mes débuts !) ;

– Je me dispense assez facilement de compagnie et d’activités extérieures (sans être un ours absolu - du moins il me semble) ;

– Sans doute ne surprendrai-je personne ici en avouant ma tendance à l’obstination dans les démarches qui me paraissent importantes ;

– Avec ces caractéristiques, voilà cinq ans que je passe quatre ou cinq heures par jour en moyenne à l’ordinateur, essentiellement consacrées au site EUROCONSTITUTION.ORG, au site d’ÉC et accessoirement à d’autres sites – avec une seule idée maîtresse en tête (on peut me traiter d’obsédé si l’on veut) : contribuer, dans ma mesure et en tant que citoyen ordinaire, à améliorer la marche des institutions publiques. Mes interventions concernent en grande partie mon centre d’intérêt principal. (Les sites auxquels je participe sont ceux listés sur la Page d’index du projet EUROCONSTITUTION.ORG, mais le plus souvent ma participation se limite à peu de choses : je les ai mis dans un dossier « favoris » spécial et je me suis abonné aux discussions qui me concernent, ce qui me permet de réagir assez rapidement et de donner parfois une impression d’ubiquité qui est largement illusoire - je dis ça au cas où ça pourrait intéresser quelqu’un.)

Dans ces conditions, reconnaissez qu’il n’est pas trop surprenant qu’on voie de temps en temps la trace de mes contributions sur l’Internet. Cela dit, sept pages, j’irai voir : vous ne savez peut-être pas que j’ai des homonymes dont l’un, Jacques Poissonnier dit « Jacques Roman », est un écrivain, musicien et cinéaste connu installé en Suisse ; j’en ai même un autre fonctionnaire de l’UE (et là la confusion est encore plus facile à faire).

Soyez sûr que dans mon genre, il y a mieux. Sans parler de Littré, je n’irai pas plus loin qu’Étienne, homme-orchestre incomparablement plus doué que moi : père de famille, enseignant, sportif, intervenant à la radio et à la télévision, conférencier (plus tout ce que j’ignore) : et voyez tout ce qu’il a écrit… et tout ce qu’il lit. Mais même lui n’est pas exceptionnel : c’est extraordinaire ce qu’on arrive à faire, dans des genres majeurs ou mineurs, quand on dispose de temps, et qu’on sait l’utiliser efficacement (ce qui n’est d’ailleurs malheureusement pas mon cas).

Ces confidences intimes, Gilles, vous auront expliqué le mystère. Si j’opérais par « petites mains » dans les conditions que vous semblez envisager, il n’y aurait pas, au bout de cinq ans, 18 participants inscrits au site EUROCONSTITUTION.ORG, mais deux ou trois mille… au moins.

La maigreur apparente des résultats, au bout de cinq ans, est une petite déception que je ne cacherai pas. Mais comme je suis têtu (voir plus haut), je me l’explique par l’aspect à la fois rébarbatif et peu glorieux de mon projet, qui repousse à la fois les amateurs (trop technique) et les professionnels du droit constitutionnel (pas assez théorique et officiel, et donc pas assez valorisant pour, disons, un professeur de droit - à moins que des professeurs de droit y participent sous pseudonyme, ce que je ne crois pas). Je reste néanmoins convaincu qu’il sortira quelques petites choses de ce travail d’amateur trop sérieux : travail auquel je prends plaisir en effet, ce qui justifie tout.

Et non, je n’ai jamais été payé par la Commission, ni par personne d’autre. Mais je suis en définitive assez content que vous puissiez le croire.

Cordialement. JR

PS. Je viens de voir les sept pages Internet dont vous parlez (« recherche : Euroconstitution.org ») : elles me semblent très répétitives et concernent souvent des bribes de messages.

Merci Jacques d’avoir bien voulu fournir ces précisions, c’est rassurant d’avoir à faire à un être humain plutôt qu’à une organisation. Pour ma part, je tape très mal à la machine.


Avez-vous le temps de visionner la conférence de Roland Hureaux que je mets en lien et en téléchargement plus bas ? Évidemment la situation spécifique à la Grèce a changé avec depuis l’aide du FMI et le mémorandum UE-FMI sur l’aide à la Grèce. Encore plus de recul du bien public, de la Res Publica dans les mesures contenues dans ce mémorandum par rapport à la situation décrite par Roland Hureaux, comment voulez-vous que les citoyens s’emparent de la politique si tout devient privé et que les hommes politiques organisent leur désaisissement et leur impuissance face aux pouvoirs économiques ? Cela va totalement à l’encontre de votre thèse habituelle selon laquelle il suffirait que les citoyens s’emparent de la politique pour changer les choses, non, cela les dégoûte encore plus de la construction européenne.


Conférence d’avril 2010 de Roland Hureaux, essayiste, devant le cercle Aristote : L’Union Européenne survivra-t-elle à la crise grecque ?

Pour les pressés en vue directe, première partie

Pour ceux qui veulent télécharger, version vidéo au format .ogv, ( Ogg Theora logiciel libre ) lisible par VLC …

Pour ceux qui veulent télécharger, version vidéo au format .flv ( Flash d’Adobe logiciel avec licence d’utilisation restrictive) lisible par Windows Media player …

Deuxième partie :

Pour les pressés en vue directe, deuxième partie

En version vidéo au format .ogv, à télécharger.

En version vidéo au format .flv à télécharger.

Je ne suis pas d’accord avec tout, mais je trouve plein de bonnes idées avec lesquelles je suis d’accord.

À propos de la conférence de Roland Hureaux (voir message 9250 de Gilles)

Gilles m’ayant amicalement relancé par courriel, je viens d’écouter la partie disponible de la conférence de Roland Hureaux, soit les 3/4 environs, car la deuxième partie (aspect politique) se bloque à la moitié.

C’est un point de vue intéressant, sans aucun doute, mais ce n’est pas le mien.

D’abord, cette conférence, qui date d’avril dernier, est largement dépassée (me semble-t-il) par les évènements. Depuis, non seulement l’UE a décidé d’aider substantiellement la Grèce, tant par des prêts directs que par des garanties, mais aussi et surtout la BCE a complètement changé d’attitude en annonçant qu’elle achèterait désormais les bons du trésor des États membres, ce qui revient à se donner la possibilité de faire fonctionner la planche à billets - comme la banque centrale américaine, la banque centrale du Royaume-Uni et je crois toutes les autres banques.

Ce changement fondamental de politique monétaire, changement forcément approuvé par l’Allemagne, réduit à néant, selon moi, l’argumentation de RH concernant le retour inévitable à des monnaies nationales - au deutschemark en particulier.

L’évolution monétaire internationale depuis cette décision montre que l’euro, maintenant qu’il est mis en situation de concurrence égalitaire avec le dollar US, ne se débrouille pas plus mal qu’un autre, et qu’il peut, comme le dollar, opérer des dévaluations de fait qui lui permettent d’améliorer la situation économique des membres de la zone euro. Une preuve en est que les États membres vulnérables (Grèce, Espagne et autres) peuvent emprunter sur les marchés internationaux à des taux tout à fait comparables à ceux en vigueur avant la crise grecque, ce qui signifie que la spéculation a perdu cette bataille. Sans être « conspirationniste », je crois que certains milieux idéologiquement antieuropéens, gouvernementaux et autres, ont un moment espéré se débarrasser à la fois de la zone euro et (« Divine surprise ! », comme disait l’autre) de l’Union européenne.

Faut-il ajouter qu’il ne serait pas nécessaire de sortir de l’euro pour tenir compte plus systématiquement encore de la situation économique des États membres dits vulnérables : comme il en a été discuté sur le site d’Étienne, rien n’empêche en effet de créer là où ce serait nécessaire des monnaies locales secondaires exclusivement convertibles vers et à partir de l’Euro, et gérées par la BCE comme dans une bulle - sans intervention de spéculateurs extraeuropéens.

Si la zone euro, comme je le pense, non seulement a tenu le coup mais se trouve considérablement renforcée par ce changement fondamental de politique, il va de soi que l’UE en tant que telle ne risque pas de se dissoudre : au contraire, elle se renforce par la preuve qu’elle a donnée de sa résilience face à une crise grave. J’ai là-dessus des convictions contraires à celles de RH.

Une chose dont RH ne parle pas (sauf si c’est dans le dernier quart de la conférence que je n’ai pas pu entendre), sans doute parce que cela n’irait pas dans le sens qu’il prévoit ou même qu’il souhaite : le rôle exorbitant des agences de notation anglosaxonnes.

Mon impression est qu’en raison de la grande incompétence dont elles ont fait preuve durant la récente crise des sous-prêts cette influence diminue. Reste que l’euro, toutes les autres monnaies et l’économie mondiale gagneraient à être débarrassés de ces instruments volontaires ou involontaires de la spéculation mondiale. Du moins, il faudrait leur interdire absolument de noter les États et plus généralement les pouvoirs publics.

Le fait que la publication d’une évaluation émanant de ces agences privées dans des conditions de parfaite obscurité puisse déterminer des minicrises économiques mondiales milite en faveur de l’interdiction pure et simple de ces officines : c’est aux organisations interétatiques comme le FMI que doit être réservée l’évaluation du crédit des États et des pouvoirs publics. Encore faudrait-il voir si ce genre d’évaluation est bien nécessaire, puisque le principe est que les États ne font jamais faillite. Il faut être américain et membre du Tea Party pour imaginer que ce soit possible et procéder comme si c’était le cas (je me rappelle qu’il y a bien longtemps il avait été question de suspendre le conseil municipal de New York et de confier ses fonctions à un comité de liquidateurs judiciaires !). Dans la réalité, tout se règle, au pire, par la planche à billets et par l’inflation : la question qui se pose n’est pas alors une question de crédit de l’État mais une question de pauvreté et d’injustice sociale (distribution).

Sur le nationalisme, je relève une contradiction fondamentale dans le discours de RH : il approuve le nationalisme comme une manifestation d’affinité des groupes humains fondée sur la proximité : d’abord la tribu, dit-il, ensuite la nation. Très bien, mais alors pourquoi pas l’Europe ensuite ? Quoi de plus naturel dans un monde planétarisé où les distances et les temps sont presque abolis ? Il y a un fort illogisme dans dans cette remarque de RH.

Mais il est vrai que nos convictions (RH emploie souvent les mots « conviction », « persuadé ») reposent sans doute toutes sur un mélange de science, de croyance et d’idéologie : reste à savoir dans quelles proportions.

Gilles : vous avez raison : j’évite les vidéos, car je supporte mal les lenteurs du téléchargement + je crois que tout ce qui est important se fait par écrit, dans des conditions beaucoup plus efficaces et contrôlables.

Cordialement. JR

Jacques
Ne pas confondre les niveaux de monétisation: alors que la dette publique en zone euro dépasse 8000 milliards, la BCE a monétisé indirectement (par rachat aux banques et non pas par achat direct d’OAT) 60 milliards, alors que la FED est à 1100 Md$ (monétisation directe) et que les anglais sont à 216 milliards de livres

Monétisation de la dette

AJH (9254) :

  1. Quel est le montant de la dette publique américaine ?

  2. Quelle différence pratique y-a-t-il, du point de vue du soutien de l’euro, entre l’achat direct d’obligations du trésor et l’achat de ces obligations aux banques qui les ont achetées en premier lieu ?

  3. Si le soutien de la FED paraît beaucoup plus important à première vue que le soutien de la BCE, cela ne signifie-t-il pas que les banques de la zone euro ont moins besoin de soutien que les banques de la zone dollar ? Se rappeler que depuis mai dernier les pays de la zone euro, Grèce et Espagne comprises, ont pu se financer sans avoir à payer les taux d’intérêt exorbitants qu’on annonçait à l’époque comme inévitables – grâce à un soutien de la BCE que vous jugez apparemment modique.

  4. Qu’est-ce qui empêcherait la BCE de renforcer son soutien à la zone euro en cas de besoin ? En présumant que la BCE ne soit en aucun cas autorisée à acheter directement les obligations du trésor des États membres, les banques nationales ne pourraient-elles-pas acheter elles-mêmes autant d’obligations du trésor qu’elles le veulent et les revendre ensuite à la BCE sans aucune limite ? JR

Jacques
1 - 13000 Md$ donc environ 10000 Md€
2 et 3 - la différence d’intérêts: les banques obtiennent de la monnaie centrale à quasiment 0% de la part de la Banque Centrale… celle ci doit payer des intérêts lorsqu’elle rachète ces obligations… mais de toute façon, c’est peanuts au niveau BCE.
La Grèce se finance à 5% d’après ce que je sais, alors que l’Allemagne, c’est moins de 3%
Voir ici les différences de taux:
http://www.aft.gouv.fr/IMG/pdf/Spreadometre2708.pdf
4 - Il faudrait d’abord une modification de l’article 123 et de quelques autres… les Allemands, et peut être d’autres, ne voudront pas.

Situation financière de la zone euro

Merci, AJH.

  1. Par comparaison, la dette publique de la zone euro était d’environ 7 100 milliards d’euros en 2009, soit nettement inférieure à la dette publique américaine.

Et surtout, à la dette publique américaine s’ajoute une énorme dette privée - ce qui n’est pas le cas dans l’eurozone.

2 et 3. De toute façon, je présume que c’est la BCE qui fixerait le cours des obligations publiques qu’elle rachèterait (AJH ?), et l’on peut penser qu’elle retiendrait un chiffre aussi bas que possible. Comme en plus c’est elle qui émet l’euro…

  1. L’article 123 du traité sur l’UE modifié par le traité de Lisbonne se lit ainsi :

"[i]Article 123

"1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

« 2. Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la Banque centrale européenne, du même traitement que les établissements privés de crédit. »[/i]

Comme je le disais, c’est l’acquisition directe des instruments de la dette des banques auprès des organismes publics qui est interdite - pas l’acquisition indirecte (auprès de banques qui auraient elles-mêmes racheté ces obligations), ni l’acquisition directe auprès des particuliers ou d’organismes privés. De plus, les organismes publics assimilés aux organismes privés sont exemptés de cette interdiction d’acquisition directe (voir par. 2 de l’article 123) !

Il n’y aurait donc pas lieu de modifier formellement l’Article 123 du traité sur l’UE. Surtout après ce qui s’est passé pour la modification de fait du traité de Lisbonne tendant à permettre à l’Irlande de conserver un commissaire même après 2014 : une simple décision du Conseil européen suffit désormais pour modifier les traités : c’est illégal, bien sûr, mais on ne s’est pas gêné pour le faire et on recommencera s’il le faut.

Quant à l’Allemagne, elle a déjà changé d’avis dernièrement sur le point fondamental du soutien à la Grèce et à l’euro : on ne perd sa virginité qu’une fois, pourquoi ne changerait-elle pas d’avis sur d’autres points si elle y avait intérêt ? JR

[color=#111100][size=9]une simple décision du Conseil européen suffit désormais pour modifier les traités : c'est illégal, bien sûr, mais on ne s'est pas gêné pour le faire et on recommencera s'il le faut.[/size][/color]
[color=#111100][size=9]Et Jacques va nous répéter que la construction européenne, c'est la démocratie, quelle mascarade, Jacques ![/size][/color]

Une intervention de Nigel Farage en juin 2010.


Drapeau européen brûlé lors de la manifestation du 5 mars 2010 en Grèce.

Pour faire plaisir à Sandy, un entretien avec Jean-Luc Mélenchon sur les faux-airs, les faux-semblants de la dictature européenne.

M. Mélenchon est sur la bonne voie, il s’aperçoit qu’il a fait une erreur, il se met à penser qu’une Autre Europe est une idée quasi-illusoire, que le système européen devient totalitaire et bloquerait la politique que les membres du Parti de Gauche appliqueraient si ils formaient une majorité et il rebrousse chemin, il ne lui manque plus que de chercher la sortie de l’UE.

[align=center]Un « gouvernement économique » des plus flous…[/align]

[color=#111100][size=9]C’est ce que prépare Hermann van Rompuy, le président du Conseil européen, avec son groupe de travail (“task force”) sur le « renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union », qui rendra son rapport pour la fin du mois d’octobre prochain. Même si le flou demeure actuellement sur la notion de “gouvernement économique”, et des modifications nécessaire qui seront faites aux traités actuels pour lui donner une existence juridique, on peut déjà entrevoir les mesures qui seront imposées, non plus aux seuls pays de la zone euro, mais à l’ensemble des pays membres de l’Union.
À brève échéance, [bgcolor=#FFFF99]il faudra éliminer toute disparité entre pays membres[/bgcolor]. Par exemple, la sécurité sociale à la française n’est pas compatible avec le régime des assurances maladies privées de l’Allemagne. [bgcolor=#FFFF99]Bien sûr, cette intégration des économies se fera par le bas, puisqu’il convient d’améliorer la “compétitivité” et non la justice sociale[/bgcolor]. Comme l’indiquait Christine Lagarde il y a quelques semaines, alors qu’elle rencontrait son homologue allemand : « La cure passe par des procédures budgétaires croisées, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgétaire ».
C’est en fait l’ensemble des mesures qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.) qui doivent maintenant être élargies à l’ensemble des pays de l’Union. Les pays qui n’arriveront pas, à moyen terme, à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles, [bgcolor=#FFFF99]et leurs droits de vote seront suspendus[/bgcolor].

Le soit-disant « Parlement » « européen » ne peut qu’amender les textes proposés par la « Commission ». Les démocrates n’ont rien à faire d’un instrument anti-démocratique comme l’UE. Un pacifiste n’a jamais encore eu l’outrecuidance de vouloir transformer un char d’assaut en pansements, ni en quoique soit d’autre, il le démantèle, un point c’est tout.[/size][/color]

[b]Situation financière de la zone euro[/b]

Merci, AJH.

  1. Par comparaison, la dette publique de la zone euro était d’environ 7 100 milliards d’euros en 2009, soit nettement inférieure à la dette publique américaine.

Mais une partie de la dette US est financée directement par la FED, ce que nous nous sommes interdits.
De toute façon, le dollar étant la monnaie internationale, on ne peut comparer que ce qui est comparable.
Et surtout, [b]à la dette publique américaine s'ajoute une énorme dette privée - ce qui n'est pas le cas dans l'eurozone[/b].
Rien à voir avec notre discussion...
2 et 3. De toute façon, je présume que c'est la BCE qui fixerait le cours des obligations publiques qu'elle rachèterait (AJH ?), et l'on peut penser qu'elle retiendrait un chiffre aussi bas que possible. Comme en plus c'est elle qui émet l'euro...
La BCE, pour les quelques achats sur le marché secondaire qu'elle a fait, l'a fait au prix du marché.
4. L'article 123 du traité sur l'UE modifié par le traité de Lisbonne se lit ainsi :

"[i]Article 123

"1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

« 2. Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la Banque centrale européenne, du même traitement que les établissements privés de crédit. »[/i]

Comme je le disais, c’est l’acquisition directe des instruments de la dette des banques auprès des organismes publics qui est interdite - pas l’acquisition indirecte (auprès de banques qui auraient elles-mêmes racheté ces obligations), ni l’acquisition directe auprès des particuliers ou d’organismes privés. !


Ce qui importe n’est pas ce que fait ou non la BCE mais le fait que les Etats ne puissent déposer directement auprès d’elle ou des BC leurs titres de dette et donc éviter de payer des intérêts (1350 Md€ depuis 1980: La charge de la dette nourrit la dette | Écosociétalisme ), ce qu’impose l’obligation de passer par le marché secondaire.

De plus, les organismes publics assimilés aux organismes privés sont exemptés de cette interdiction d'acquisition directe (voir par. 2 de l'article 123)
Non, il s'agit de "la mise à disposition de liquidités "(le refinancement) et non pas l'achat de titres de dette...

AJOUT à 16 h: Nous avons beaucoup discuté de ce second paragraphe avec plusieurs membres de notre liste « monnaie »… et de fait les avis sont partagés sur la possibilité pour des établissements public de crédit (lesquels?) de bénéficier auprès de la BCE de monnaie au taux de refinancement des banques en échange de titres de dettes qu’ils (les établissements publics) auraient payé à l’Etat … mais comment auraient-ils financé si ce n’est par un prêt de l’Etat qui est lui même en déficit ?
De plus, si c’était possible, je ne vois pas pourquoi l’Etat depuis de très nombreuses années paye des intérêts au lieu d’utiliser ce paragraphe 2… bref, je reconnais à votre décharge que cet article 123/2 « pourrait » être utilisé par un Etat qui ferait fi de la « philosophie » monétaire très bien précisée dans le 123/1: nul doute que ce serait une « déclaration de guerre » à la BCE et que l’Allemagne par exemple ne supporterait pas. En fait, ca pourrait fonctionner je pense pour de « petites » sommes sur des délais très courts: pas sur un déficit annuel.

Il n'y aurait donc pas lieu de modifier formellement l'Article 123 du traité sur l'UE.
Justement, c'est le plus important.. de même que les statuts de la BCE