32 Sortir de l'Union Européenne

Mais ya des différences entre le NPA et nous, nous sommes républicains, eux ils le sont pas, donc c’est normal que l’on soit dans des partis politiques différents, tout le monde a le droit d’être représenté, et c’est pour cela qu’on a choisit un front, on ne veut imposer à personne pour se rassembler avec nous d’entrer dans notre parti politique.
Ca n’empeche absolument pas que nous défendons, avec le NPA, les mêmes personnes et nous avons les mêmes valeurs, ce qui fait qu’on va partager plein d’idées et se retrouver dans les mêmes combats du même côté. Donc c’est tout naturellement que l’on doit se rassembler, au moins pour porter ensemble un projet commun, qui ne correspondra pas à nos projets respectifs, mais qui sera une avancée pour tous ceux que l’on défend et puis pour nous.

Ya rien de religieux là-dedans. Tous ceux qui partagent les mêmes valeurs, qui défendent les mêmes personnes que nous, et qui partagent les mêmes combats doivent se rassembler avec nous, peu importe les différences que l’on peut avoir, parce qu’il n’y a que rassemblés tous ensemble qu’on arrivera à renverser le pouvoir en place.

On parlait des abstentionnistes, et justement, quelle est la principale attente des gens ? Le rassemblement de la gauche.

Plus on sera nombreux rassemblés, plus on représentera une alternative crédible, plus on réveillera l’espoir des gens et plus on les sortira de l’abstention.

Pour ressortir les gens de l’abstention, l’autre chose qui nous tient d’ailleurs à coeur, c’est de redonner de la hauteur à la politique, et je crois d’ailleurs qu’on le fait très bien, on est droits dans nos bottes, on parle sans artifices, on est cohérent, et on porte systématiquement les débats publics sur les questions de fond. On contraste d’ailleurs totalement dans le paysage politique avec tous les autres ( sauf NDA à droite ).

On pense qu’à partir d’un seuil critique ( environ 12% ) se déclenchera une dynamique collective qu’il faudra absolument saisir car c’est comme cela qu’on arrivera à gagner. Mais pour arriver à 12% il faut qu’on rassemble les gens un par un et c’est très très difficile comme vous le prouvez ici parce que la culture de la division est très fortement installée dans les esprits.

Un tribun présidentiable de génie , le peuple en a eu, et la déception a fait école.
Et on va en avoir un autre qui a toutes les chances (pour lui) d'être le prochain ... je veux parler de DSK... Pauvres de nous..

Bon, cette fois c’est moi qui, en répondant, suis HS du forum … désolé :frowning:

32 Sortir de l’Union Européenne

Bonjour, je sais que c’est difficile parce que tout est lié, mais je propose que ce fil soit plus consacré à l’Union Européenne, la « construction européenne » et les sujets afférents. Bon, pour l’élection présidentielle française de 2012, je sens que les médias qui appartiennent aux oligarques commencent à nous chauffer les oreilles et c’est vrai et c’est normal que nous réagissions, mais je propose de le faire sur le fil suivant :

28 Présidentielles 2012 : Élaboration d’un programme politique ET économique

NingúnOtro, aurais-tu une réaction ou des informations exclusives sur le sommet madrilène Amérique Latine - UE ?

[color=#111100]NigùnOtro, aurais-tu une réaction ou des informations exclusives sur le sommet madrilène Amérique Latine - UE ?[/color]
Non, désolé, je ne l'ai pas suivi dans les détails, juste comme une petite pièce dans le tout géostratégique global.

« Il y a eu, dans le passé, des partisans de l’Europe et pour d’excellentes raisons. J’en ai fait, moi-même partie. Il n’y a désormais plus que des européistes, c’est-à-dire des gens qui s’obstinent, envers et contre tout. »

« Il y a eu, dans le passé, des partisans de l'Europe et pour d'excellentes raisons. J'en ai fait, moi-même partie. Il n'y a désormais plus que des européistes, c'est-à-dire des gens qui s'obstinent, envers et contre tout. »
Ça à l'air d'être une citation... mais de qui donc, et pourquoi la reproduire ici et maintenant?

Lu et approuvé sur le blog de quatremer ! Obstination monétariste ( la BCE ne peut toujours pas acheter directement des obligations d’États ), obstination libre-échangiste, obstination contre les zones monétaires optimales, obstination contre la démocratie, obstination centraliste, obstination atlantiste …

Ça n’a pas l’air d’être à lui, pourtant.

Les obstinations suivent des logiques… vraies ou fausses selon des points de vue pas toujours cohérents dans l’absolu. Ça ne sert strictement à rien de pointer les obstinations sans argumenter l’incohérence des logiques.

Phrase vue et approuvée, exprimée mieux que j’aurais pu le dire moi-même, dans les commentaires du blog qui deviennent de plus en plus libres dans les propos.

L’obstination contre la volonté des peuples est cohérente, ce qui est incohérent, c’est que les eurocrates préférent leur orthodoxie et leur idéologie même si cela entraîne un regain de récession, alors que les Américains sont décomplexés avec cela et la Fed a largement acheté des bons du Trésor Étasunien, d’une part, d’autre part la relance aux États-Unis a été une vrai relance contrairement aux doses homéopathiques que nous avons eu de côté-ci de l’Atlantique.



Le 20 mai, des millions de travailleurs et des dizaines de milliers de manifestants, travailleurs et jeunes, ont apporté une nouvelle réponse ferme à l’offensive anti-populaire, dénonçant les mesures anti-populaires par leur participation au succès de cette 9ème grève du Front Militant des Travailleurs (PAME) en cinq mois.

Dès l’aube, plusieurs centaines de grévistes du PAME ont occupé le bâtiment du Ministère du Travail dénonçant la nouvelle série de mesures anti-populaires du gouvernement, de l’UE et du FMI. Ils ont accroché une banderole sur la façade du bâtiment avec comme slogan « Rejetez les mesures ». Le flot des grévistes s’est dirigé vers le Ministère du Travail qui a été cœur de la lutte des forces de classe. Des bâtiments publics ont également été occupés dans d’autres villes aux quatre coins du pays.

Encore une fois, bien que les médias aient essayé d’étouffer les manifestations du PAME, les travailleurs ont tourné le dos aux directions syndicales jaunes et de collaboration que sont la GSEE et l’ADEDY (fédérations syndicales du privé et du public) et ont fait des manifestations des forces de classe des rassemblements de masse qui ont attiré à eux la majorité des grévistes.

Logique de l’obstination

Entre autres logiques, [bgcolor=#FFFF99]l’obstination peut reposer sur la logique de l’honneur, l’honneur de ne jamais se tromper[/bgcolor], par exemple.

Cette logique-là a peu de choses à voir avec l’intérêt général, n’est-ce pas ? et, si on peut la comprendre, on n’est pas obligé de l’admettre comme référence de l’action publique.

Plus généralement, puisqu’il est difficile —voire impossible, humainement— de reconnaître publiquement que l’on s’est gravement trompé et que l’on a entraîné la société toute entière dans une situation catastrophique, il est essentiel, à mon avis, pour l’intérêt général bien compris, que les institutions prévoient explicitement que les décisions publiques soient évaluées et reconsidérées périodiquement par D’AUTRES (et d’autres PARTIS) que ceux qui ont pris les décisions originales.

Et en cas de litiges politiciens inextricables (prévisibles), il est aisé de s’en remettre au choix du peuple par le truchement du référendum, d’inititiative NON PARTISANE (le point de l’inititative est déterminant).

Amicalement.

Étienne.

d'inititiative NON PARTISANE (le point de l'inititative est déterminant).
A moins de permettre les initiatives individuelles, toute initiative est forcément partisane.

Evaluer les décisions publiques est un acte partisan lui aussi.

d'inititiative NON PARTISANE (le point de l'inititative est déterminant).
A moins de permettre les initiatives individuelles, toute initiative est forcément partisane.

Evaluer les décisions publiques est un acte partisan lui aussi.


En quoi les initiatives individuelles ne seraient-elles pas partisanes? Il s’agit de PRENDRE parti, de faire un choix vis à vis d’une situation, d’unes circonstances… pas d’ÊTRE parti ou de se ranger derrière l’option d’un parti.

[color=#111100][size=9]L’ethno-psychiatre Tobie Nathan : « Ce sont les pays qui ont une identité forte et des projets qui s’en sortent le mieux. Je pense notamment au Brésil, à la Chine, aux États-Unis… » […]

Sur son site la page d’accueil : « Je rêve d’une psychothérapie compatible avec le monde comme il va : un monde ouvert, polyglotte, polythéiste, cosmopolite, riche d’êtres et de choses qui entendent ne pas disparaître. […][/color][/size]

Réxamen des décisions

Étienne écrit (9026) :

« Il est essentiel, à mon avis, pour l’intérêt général bien compris, que les institutions prévoient explicitement que les décisions publiques soient évaluées et reconsidérées périodiquement par D’AUTRES (et d’autres PARTIS) que ceux qui ont pris les décisions originales. »

Il me semble que la forme de réexamen et de révaluation la plus naturelle est celle pratiquée par l’opinion publique, les services publics, les tribunaux et les associations civiques et les citoyens eux-mêmes en se faisant leur opinion individuelle. D’ailleurs, beaucoup de décisions ne sont pas susceptibles d’autres formes de réexamen ou de révision, ou difficilement.

Autrement, qui désignerait ces « autres » (partis, etc.) ? Attention : trop d’institutions, c’est parfois aussi mauvais que pas d’institutions ! JR

Vu sur le blog de Jean Quatremer : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/06/laustérité-généralisée-menacetelle-la-reprise-européenne-.html

justin a écrit en réponse à Quatremer :

« Comment savoir où en serait les pays européens sans l’UE et l’Euro ??
Moi je ne sais pas, vous si apparemment : « ce serait pire ». Tant mieux pour vous d’être assuré de vos certitudes divinatoires.

Je ne sais pas, moi, si nous aurions (les États) usé de nos prérogatives d’États souverains ou non. Il est effectivement possible que nous ayons fait les mêmes mauvais choix que ceux fait dans l’UE et donc nous aurions des situations équivalentes.

Mais nous n’aurions pas eu les freins et les liens des traités européens pour entraver toute action de politique économique jusqu’à finalement interdire l’action, sauf celle évidement de mise en concurrence fiscale et sociale.

Les grecs et nous ne serions pas handicapés d’avoir à utiliser le mark, rien n’empêcherait la taxation des produits importés à bas couts salariaux, les bénéfices des secteurs économiques de monopoles naturels irrigueraient les comptes publics, on pourrait ne pas s’interdire de contrôler la circulation des capitaux, on n’aurait peut être pas été obligé de faire le choix de la désindustrialisation pour la foutaise de l’économie de service, … quelques exemples de ce que nous ne pouvons plus faire dans l’UE.

L’Euro n’est un bouclier que pour les rentiers et un bouclier à 20% de chômeurs.

Sûrement avez-vous entendu récemment cette phrase : « Les salauds aujourd’hui sont sincères, ils croient à l’Europe » - JL Godard. »

Quatremer a écrit en réponse à justin…

Justin vit dans un monde merveilleux où sans l’euro le NPA serait au pouvoir en France et tordrait le coup des capitalistes dans le monde entier, à l’image de la Corée du Nord.

Quatremer n’a aucun argument à opposer à justin, je vous laisse juge du style de sa réponse.

Pour information, j’interviendrai, ainsi que Sam, le samedi 26 juin à Paris, au cours d’un colloque organisé par le M’PEP « Comment sortir de la crise de l’Union Européenne ? »
Au FIAP
30, rue Cabanis, Paris 14e
Métro Saint-Jacques/Glacière (ligne n° 6)

http://www.m-pep.org/spip.php?article1705

Vu sur le blog de Jean Quatremer : [b][url]http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/06/laustérité-généralisée-menacetelle-la-reprise-européenne-.html[/url][/b]

justin a écrit en réponse à Quatremer :

« Comment savoir où en serait les pays européens sans l’UE et l’Euro ??
Moi je ne sais pas, vous si apparemment : « ce serait pire ». Tant mieux pour vous d’être assuré de vos certitudes divinatoires.

Je ne sais pas, moi, si nous aurions (les États) usé de nos prérogatives d’États souverains ou non. Il est effectivement possible que nous ayons fait les mêmes mauvais choix que ceux fait dans l’UE et donc nous aurions des situations équivalentes.

Mais nous n’aurions pas eu les freins et les liens des traités européens pour entraver toute action de politique économique jusqu’à finalement interdire l’action, sauf celle évidement de mise en concurrence fiscale et sociale.

Les grecs et nous ne serions pas handicapés d’avoir à utiliser le mark, rien n’empêcherait la taxation des produits importés à bas couts salariaux, les bénéfices des secteurs économiques de monopoles naturels irrigueraient les comptes publics, on pourrait ne pas s’interdire de contrôler la circulation des capitaux, on n’aurait peut être pas été obligé de faire le choix de la désindustrialisation pour la foutaise de l’économie de service, … quelques exemples de ce que nous ne pouvons plus faire dans l’UE.

L’Euro n’est un bouclier que pour les rentiers et un bouclier à 20% de chômeurs.

Sûrement avez-vous entendu récemment cette phrase : « Les salauds aujourd’hui sont sincères, ils croient à l’Europe » - JL Godard. »

Quatremer a écrit en réponse à justin…

Justin vit dans un monde merveilleux où sans l’euro le NPA serait au pouvoir en France et tordrait le coup des capitalistes dans le monde entier, à l’image de la Corée du Nord.

Quatremer n’a aucun argument à opposer à justin, je vous laisse juge du style de sa réponse.


Cela fait depuis longtemps que nous savons que Quatremer est un eurobéat illuminé imperméable à toute discussion ou idée qui viendraient entraver la construction européenne actuelle.

[align=center]Réponse à Sandy[/align]

Je te prie de bien vouloir m’excuser, Sandy, mais je l’ignorais. C’est assez pitoyable, nous voyons qu’il n’y a plus d’argument en faveur de la « construction » européenne standard actuelle et si peu pour une autre « construction » européenne. Cela ne me réjouis pas, puisqu’auparavant j’en étais partisan, je ne me réjouis pas de l’échec, puisque c’est la récession, la rigueur, le chômage qui vont l’emporter. Sauf, si il y a un sursaut. Le débat préalable à tout choix démocratique est impossible dans un espace pluri-national et pluri-linguistique tel que l’UE puisque les opinions publiques de chaque pays de l’UE ne communiquent pas avec celles des pays voisins. Ce sont les pays qui ont un projet économique national comme la Turquie, le Brésil, la Chine qui s’en sortent le mieux. Les entrepreneurs chinois, brésiliens, turcs créent des fondations qui rendent à la communauté les bienfaits qu’ils ont reçus. Ceci en aidant l’éducation dans leur pays et les projets qu’ils jugent pertinents. Le gouvernement de ces pays a aussi ses propres projets de développement qui entrent en synergie pour créer un projet respectivement pour la Turquie, le Brésil, la Chine.

La garantie pour chacun de vivre de son travail, cela demande qu’on en finisse avec le « marché libre » du travail, et du même coup cela exige également la rupture avec toute une série de directives de l’UE…
Rebâtir un projet pour chaque pays de l’UE et en ce qui nous concerne pour la France, prendre les mesures les plus pertinentes pour relocaliser les activités agricoles et industrielles pour affronter le futur dans de bonnes conditions, c’est ce que de plus en plus de gens veulent en France.


[align=center][color=crimson][b][size=14]Analyse géo-stratégique de la crise de l'Union Européenne vue de la Grèce[/size][/b][/color][/align] Je viens de lire ceci de la part d'un grec encore partisan de la « construction » européenne, j'ai corrigé les fautes d'orthographe et je l'ai transformé en pdf pour que vous puisiez mieux le lire. Je ne suis pas d'accord avec tout, mais je trouve son point de vue sur la géo-stratégie ambiguë des États-Unis d'Amérique vis à vis de la « construction » européenne intéressant. Je crois que cela entre en résonance avec les thèmes de construction européenne indépendante défendus par Jacques Roman.

Extrait :

[…]Aujourd’hui, l’enjeu de la crise « grecque », de la crise « espagnole », « portugaise » ou d’une autre demain, n’est pas seulement la politique européenne commune ni le sort des Balkans. C’est bien l’idée même de l’Europe unie qui risque de mourir, et sa monnaie commune avec elle, comme l’ont déjà noté les hommes politiques et les analystes économiques les plus pénétrants en Europe et au niveau international. Si en 1990-91, la politique allemande avait établi le… rôle des USA en Europe du Sud-est, la politique allemande actuelle conduit à la consolidation de leur rôle hégémonique aujourd’hui ébranlé dans les affaires européennes, sinon mondiales. Tout en privant l’Europe de la possibilité de jouer, en s’appuyant sur ses idées et sa civilisation, un rôle d’avant-garde dans la refonte si nécessaire du système mondial.[…]

In extenso :
Konstantakopoulos-1.pdf - 46.1 Kio


[align=center]Colloque organisé par le M’PEP « Comment sortir de la crise de l’Union Européenne ? »[/align]
Rappel :

AJH interviendra, ainsi que Sam, le samedi 26 juin à Paris, au cours d’un colloque organisé par le M’PEP « Comment sortir de la crise de l’Union Européenne ? »
Au FIAP
30, rue Cabanis, Paris 14e
Métro Saint-Jacques/Glacière (ligne n° 6)

http://www.m-pep.org/spip.php?article1705

[align=center]Un extrait du blog de Jean-Luc Mélenchon du 9 juillet 2010:[/align]

[color=#111100][size=8]Justement je voudrai vous dire un mot du parlement européen. La session de juillet a été dense et ennuyeuse. Avec des pics d’adrénaline cependant. Mercredi on votait sur les « nouveaux aliments ». Oui, ça existe. Les nouveaux aliments ce sont les aliments en provenance de pays tiers, les ingrédients alimentaires contenant des nanomatériaux manufacturés et les denrées alimentaires produites à partir de descendants d’animaux clonés… Berk ! Ca ne donne pas envie ! Il y avait déjà eu un vote le sujet en Mars 2009. Le parlement avait alors majoritairement demandé que les aliments issus d’animaux clonés et de leurs descendants soient exclus du champ d’application et qu’un étiquetage précis soit mis en place concernant les nouveaux aliments. Un étiquetage distinctif pour aliment issus d’animaux nourris aux OGM avait notamment été réclamé. Aucun de ces amendements n’a été accepté par le Conseil européen. Nos gouvernements n’ont pas voulu en entendre parler. Merci monsieur Fillon ! Pourtant, il faut savoir qu’on est incapable à l’heure actuelle d’estimer les conséquences réelles du clonage. Plus de la moitié des animaux clonés sont en mauvaise santé et développent des malformations graves. Alors que dire de leurs descendants ? Quelles évolutions sur plusieurs générations ? Quelles conséquences pour le consommateur ? Personne ne sait le dire avec exactitude à ce jour. Ca n’empêche pourtant pas le Conseil d’être favorable à l’ouverture complète des aliments issus d’animaux clonés « en attendant une législation spécifique ». Vous avez bien lu. Tant qu’on a rien décidé on laisse faire ! Le principe de précaution à l’envers ! La Commission a donc pu facilement se donner un air plus raisonnable devant tant d’aveuglement. Mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, même cloné ! En effet elle s’oppose à l’autorisation comme aliments de ce qui est issu de la première génération de descendants d’animaux clonés. Mais pas à ceux de la deuxième génération. Finaude la commission ! Comme on n’a pas plus de preuves de l’innocuité des aliments issus des nanotechnologies, non plus, le Parlement européen a donc fort heureusement réitéré son point de vue en deuxième lecture. Jusqu’à la prochaine offensive du Conseil et de la Commission ? Bien sur. Mais on peut quand même se réjouir du résultat de nos votes.

Autre sujet piquant. Jeudi, arrivait en plénière un texte sur l’intégration du Kosovo à l’Union européenne. Argument avancé par la rapporteur, Madame Lunacek des Verts : on ne peut pas discriminer les kosovars alors qu’on négocie avec les autres pays des Balkans. Mais le problème est précisément que le Kosovo n’a pas été reconnu comme étant un État par 5 pays membres de l’UE : l’Espagne, la Grèce, Chypre, la Slovaquie et la Roumanie ! Les États-Unis ont été le principal soutien et instigateur de l’indépendance du Kosovo. Il s’agissait de punir la Serbie et de récompenser les larbins au pouvoir en Albanie. Tout ce que le monde compte de zélés atlantistes s’est retrouvé pour reconnaître cet état croupion. Parmi ces derniers, le Président Sarkozy, qui a été parmi les premiers à reconnaître le Kosovo et le FMI de Dominique Strauss Khan qui a intégré le Kosovo en Mai 2009. Les États-Unis ont installé une de leurs plus grandes bases militaires au Kosovo en 1999. Il s’agit de camp Bonnets, le « Guantanamo miniature » des États-Unis, maintes fois dénoncé pour actes de torture. C’est tout cela qui est en jeu avec l’intégration du Kosovo dans l’UE ! En particulier c’est donc admettre la présence sur le territoire européen d’une des plus grandes bases militaires des États-Unis dans le monde ! Et pourquoi ces braves amis de la liberté sont-ils là ? Ils assurent la sécurité du projet de pipeline Trans-Balkans AMBO qui doit faire le lien avec les pipelines transportant le gaz et le pétrole de la Mer Noire et du Bassin de la Mer Caspienne. La Serbie, jugée trop proche de la Russie, pouvait mettre en danger la construction de ce pipe-line stratégique. Ce sont des entreprises comme Halliburton, grassement financées par les États-Unis, qui construisent ce pipe-line. Et voyez comme le hasard est finaud lui aussi : la base militaire de camp Bonnets est située à deux pas des chantiers de construction. De tout cela personne ne parle. On entend juste les habituels couplets enchantés sur l’Europe qui protège et les peuples qui gémissent du désir de venir y jouir de ses bienfaits. Pas question pour moi d’accepter l’adhésion de ce qui demeure pour la majeure partie des pays du monde, dont rien de moins que la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil et l’ONU elle-même, une province de Serbie. Ça n’a pas empêché 455 eurodéputés de se prononcer en faveur de ce rapport provocateur contre 155 et 28 abstentions. Les élus du MODEM, du PS et d’Europe Ecologie ont tous voté pour avec les autres atlantistes du parlement ! Irresponsable et affligeant !

Pendant que j’y suis, voici un dernier récit qui ne comptera pas dans ma statistique de travail parlementaire. D’ailleurs de quel parlement s’agit-il ? Le Parlement européen est un parlement croupion. Dire « Parlement » est, à proprement parler, un abus de langage puisqu’il n’a ni pouvoir d’initiative législative ni véritable contrôle sur la Commission européenne. Son seul pouvoir réside en fait dans sa capacité de blocage. Autant dire qu’il ne s’en sert pas souvent ! Mais le 11 Février dernier, à la surprise générale, les eurodéputés en avaient très majoritairement fait usage en bloquant la mise en œuvre de l’accord entre l’union Européenne et les USA sur le transfert de données bancaires à caractère personnel dit « SWIFT ». SWIFT est une société bancaire belge. Après 2001, à la demande de Washington, elle avait accepté de transférer des données bancaires à caractère personnel au Trésor états-unien. C’était bien sûr totalement illégal. En Novembre 2009, le Conseil européen, merci monsieur Fillon, et les Etats-Unis signaient un accord avalisant et élargissant le champ d’application de cette ingérence états-unienne. C’était trop ! Le Parlement européen avait rejeté l’accord. Les gargarismes avaient été bruyants sur le pouvoir de blocage d’accords internationaux concédé par le Traité de Lisbonne ! Un bien maigre pouvoir pourtant pour une assemblée qui en reste largement privée. Les États-Unis et nos gouvernants ont très vite réagi à cet affront. Dès le mois de Mai, le Conseil européen chargeait la Commission européenne de négocier un nouvel accord. Et il y a quelques jours, le 28 Juin, l’arrangement était signé. Il permet, entre autres, la conservation de toutes les données pendant 5 ans, y compris celles obtenues illégalement. Un délai abusivement long. Il permet aussi l’élargissement du champ d’application aux comptes de tous les citoyens. Il autorise le partage de ces données avec tous les services répressifs du monde. Il ne donne bien sur aucune garantie de recours aux personnes concernées. Humour noir : ces derniers pourront se faire confirmer que leurs droits « ont été respectés » ! Alors, heureux ? Il charge Europol, l’Office Européen de Police qui récolte arbitrairement des données personnelles en Europe, de donner son aval aux demandes états-uniennes. Comble du comble, il stipule très clairement que si l’accord venait à être dénoncé ou suspendu par une des parties, les données détenues continueraient à être traitées ! C’est cet accord que le « Parlement européen » vient d’accepter par 484 voix contre 109 et 12 abstentions ! Les groupes GUE/NGL et les Verts ont votés contre. Les groupes Social démocrate (SD) et Libéral démocrate (ALDE) ont majoritairement voté pour. Parmi les français de ces deux groupes, seuls Estelle Grelier et Jean-Luc Bennhamias se sont abstenus. Tous les autres ont voté pour. Un acte indigne de soumission aux ingérences des États-Unis et à leur paranoïa sécuritaire ! Ca m’étonnerait que ça permette de pister les comptes de madame Bettencourt. Mais ça permet de savoir que des gens n’en perdent pas une miette sur le sujet. Amusant non ?[/size][/color]

Nos interventions (Sam et moi) lors du colloque du M’PEP « Comment sortir de la crise de l’Union Européenne ? » le samedi 26 juin à Paris,

http://www.m-pep.org/spip.php?article1722