32 Sortir de l'Union Européenne

[b]Le Criminel, c’est l’Électeur.[/b] Il n'y est pas question des républiques des petits chefs, ni de la résignation de chacun de ceux-là à la satisfaction d'avoir quelques uns sous leurs ordres. Dommage. Il n'est pas non plus question de cette conjuration des imbéciles et des condescendants repus d'être plus malins que d'autres et rassasiés de leur valeur estimée à l'aune de critères médiocres et médiatiques qui ne cherchent qu'à flatter l'ignorance ordinaire. Encore dommage. Il manque enfin ce moteur premier qui réside dans le seul plaisir de trouver plus malheureux que soi, plus idiots et plus assouvis; plaisir de se dire qu'on n'a pas si mal fait; mais plaisir lié aux trouilles, ignorances et indigences dont on se débarrasse à coup d'éducation. Et je ne dis pas instruction. Car il y a dans l'éducation quelque chose de lié à la naissance et au hasard de la distribution. Quelque chose dont on s'estime fiers. Absolument à tort selon moi.
 Alors oui, électeur, [b]C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime[/b]! Et ils sont nombreux à espérer que ça dure. À commencer par toi visiblement.</blockquote>

Mettre toutes les responsabilités sur le dos de l’électeur, en niant toutes les propagandes, toutes les manipulations, toutes les pressions physiques ou morales qui sont faites sur les électeurs par d’autres personnes, et ainsi les décharger elles de leur responsabilité, je trouve cela injuste vraiment. Vous accablez l’électeur, mais vous oubliez l’élection, vous faites comme si l’élection était parfaitement équitable alors que c’est faux, vous oubliez aussi toutes les décisions qui sont prises en dehors de l’élection et qui échappent ainsi aux électeurs.

[b]Démocratie/clérocratie[/b]

AJH (8131), je veux bien que vous ayez proposé dix fois ou même davantage si vous voulez de remplacer l’élection poar une grande part de clérocratie. Mais ce faisant vous avez seulement proposé de remplacer l’élection par la non-élection : vous n’avez pas proposé un système de gouvernement pour remplacer la démocratie.


Si pour vous un système de gouvernement « démocratique » ne peut être qu’issu d’une élection, j’ai du mal à vous suivre.
Pour moi, une des chambre (avec les mêmes pouvoirs qu’une chambre parlementaire actuelle) doit être issue du tirage au sort et non d’une désignation de représentants par des partis politiques. Le système de gouvernement - démocratique ou non - n’a rien à voir avec cela.
Maintenant, en imaginant 2 chambres, une des partis, une du peuple, on peut proposer de très nombreuses alternatives au système de gouvernement actuel… mais je voudrais éviter de perdre mon temps dans des utopies qui ne servent à rien actuellement: j’en ai fait assez.

@ Jacques Roman

Est-ce que vous ètes pour la possibilité de révocation des élus par les citoyens ?

AJH (8137) : pourriez-vous me citer un seul système de gouvernement un tant soit peu démocratique qui ne soit pas issu d’une élection (une vraie) ? Vous avez bien raison de parler d’utopies. JR

AJH (8137) : pourriez-vous me citer un seul système de gouvernement un tant soit peu démocratique qui ne soit pas issu d'une élection (une vraie) ? Vous avez bien raison de parler d'utopies. JR
On a largement débattu ici autour de l'élection pour être arrivés à la conclusion que l'élection est un élément essentiel de la démocratie, mais qu'elle ne pouvait pas à elle seule permettre la démocratie, et que le tirage au sort était aussi un élément essentiel de la démocratie.

A moins que j’ai mal compris, AJH rectifira dans ce cas, personne ici ne compte remplacer l’élection par le tirage au sort, mais compte au contraire les associer habilement, bien qu’il existe des divergences de point de vue entre chacun sur l’équilibre entre élection et tirage au sort à mettre en place évidemment.

AJH (8137) : pourriez-vous me citer un seul système de gouvernement un tant soit peu démocratique qui ne soit pas issu d'une élection (une vraie) ? Vous avez bien raison de parler d'utopies. JR
On a largement débattu ici autour de l'élection pour être arrivés à la conclusion que l'élection est un élément essentiel de la démocratie, mais qu'elle ne pouvait pas à elle seule permettre la démocratie, et que le tirage au sort était aussi un élément essentiel de la démocratie.

A moins que j’ai mal compris, AJH rectifira dans ce cas, personne ici ne compte remplacer l’élection par le tirage au sort, mais compte au contraire les associer habilement, bien qu’il existe des divergences de point de vue entre chacun sur l’équilibre entre élection et tirage au sort à mettre en place évidemment.


JR: Rien à rajouter à ce que dit Sandy

Révocation des élus par les citoyens

Sandy (8139), je ne suis pas contre cette possibilité, pourvu qu’une double condition soit remplie : 1) que la majorité des électeurs participent au vote de révocation, et 2) que le nombreux de ceux qui se prononcent pour la révocation soit supérieur au nombre des votants qui s’étaient prononcés initialement en faveur de l’élu. Je serais même tenté d’appliquer le système à tous les élus, sans exclure le président de la République.

Je vous rappelle d’ailleurs, Sandy, que je suis en faveur de la candidature collégiale, qui associerait plusieurs citoyens ordinaires à un politicien pour exercer la charge considéré à temps partiel, en fonction de leurs responsabilités, tout en se concertant le cas échéant : voilà une proposition concrète il n’a guère été question sur notre site : et pourtant, elle est autrement réaliste que l’utopie stochocratique pour qui est vraiment soucieux d’améliorer le système démocratique ! JR

que la majorité des électeurs participent au vote de révocation
Est-ce que vous demandez la même chose pour le vote de l'élection ? Ou pour le référendum ? Et pourquoi ?
que le nombreux de ceux qui se prononcent pour la révocation soit supérieur au nombre des votants qui s'étaient prononcés initialement en faveur de l'élu
Pourquoi ?

Tirage au sort

Sandy (8141).

Nous avons en effet largement débattu de cette question.

Je crois avoir donné mon opinion qu’il serait peu pratique et très coûteux de doubler les chambres d’élus par des chambres de stochocrates. La solution consiste dans les « comités civiques » composés de citoyens effectivement tirés au sort, avec mission d’observer le fonctionnement de tous les organes publics (y compris les organes d’élus, la police, la justice , etc.) - ce que SR appelait (mal) les « jurys citoyens ». JR

[b]Tirage au sort[/b]

Sandy (8141).

Nous avons en effet largement débattu de cette question.

Je crois avoir donné mon opinion qu’il serait peu pratique et très coûteux de doubler les chambres d’élus par des chambres de stochocrates. La solution consiste dans les « comités civiques » composés de citoyens effectivement tirés au sort, avec mission d’observer le fonctionnement de tous les organes publics (y compris les organes d’élus, la police, la justice , etc.) - ce que SR appelait (mal) les « jurys citoyens ». JR


Il ne semble pas utile de doubler les chambres: simplement remplacer une des deux par une chambre tirée au sort.

Pourquoi il ne faut pas de chambre stochatique

AJH (8146).

Qu’il y ait deux chambres (comme en France) ou une seule, il s’agit toujours de doubler une chambre d’élus par une chambre stochatique. C’est le principe même qui est mauvais selon moi.

Même en supposant que cette deuxième chambre n’ait pas de pouvoir décisionnel (= ne vote pas la loi), je pense que le fait de l’institutionnaliser aurait des effets contraires à ceux recherchés : au bout de très peu de temps il se créerait dans cette assemblée des clans et des centres de pouvoir ; ou alors le mandat stochocratique devrait être tellement court (un an maximum) que les tirés au sort n’auraient pas le temps de se former à ce qu’on attend d’eux : ce serait une belle pagaille, et de l’argent perdu.

Tandis que les comités civiques pourraient être créés rapidement et en fonction des besoins, chacun pour une tâche particulière (sauf le comité civique central coordonnateur, composé de délégués élus - pardon ! tirés au sort parmi les comités de base), ce qui atténuerait beaucoup l’inconvénient de l’inexpérience.

De plus, du moment qu’il s’agirait de faire contrôler le fonctionnement des institutions par les citoyens, ce serait un peu paradoxal de confier le travail à une institution faisant partie de l’appareil d’État : à pouvoir citoyen distinct, organismes citoyens distincts.

PS : Je crois avoir employé par erreur « stochocratique » au lieu de « stochatique » dans des messages antérieurs. Le système serait stochocratique, mais les chambres seraient stochatiques (composées au hasard) : de toute façon, j’aime bien les deux mots, ils sont aussi laids que la réalité qu’ils décrivent ! JR

« il se créerait dans cette assemblée des clans et des centres de pouvoir »

Ce qui n’est évidemment pas le cas dans aucune chambre de l’actuel Parlement :slight_smile:

Bonne année, Jacques, mais permettez moi d’arrêter ici cette discussion sans intérêt.

Bonne année à vous, AJH, mais je ne vois pas quel intérêt vous trouvez au tirage au sort si ça doit donner le même résultat que le système actuel critiqué par vous. JR

Dans l’idée d’AJH moi j’y vois une occasion d’encore mieux séparer les pouvoirs.
Actuellement les députés et le gouvernement sont juges et parties et sont aux prises de conflits d’intérêts concernant certaines lois comme par exemple l’attribution de leurs indemnités ou les règlements internes des assemblées commissions la distribution du temps de parole etc …
Je trouve plutôt séduisante l’idée de confier ces domaines législatifs (qui sont plus de l’ordre du contrôle du pouvoir que réellement du projet de gouvernement) à une telle assemblée tirée au sort par exemple.
Je trouverais interessant aussi de leur confier la possibilité de mener des enquêtes parlementaires ou le rôle de rapporteurs sur l’application des lois votées par l’assemblée nationale histoire d’y gagner en indépendance et en objectivité.

Après cet intermède sur le tirage au sort, retour au sujet : « Sortir de l’Union Européenne »

CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne

Un article du collectif « Indépendance des chercheurs » du 27 décembre 2009

[color=#333300]Le Monde du 27 décembre fait état de l’inauguration en Chine, la veille, de la ligne de train de grande vitesse la plus rapide et au parcours le plus long de la planète. Elle relie les villes de Wuhan et Guangzhou, séparées par une distance supérieure à mille kilomètres (parcours de 1068.6 Km). D’après China Central Television (CCTV), la capacité de transport annuelle de la nouvelle ligne est de 100 millions de tonnes de marchandises et de 20 millions de passagers. China Daily fait état d’une vitesse moyenne de 341 Km/heure, avec un maximum de 394.2 Km/heure. Le nouveau modèle de train mis en circulation est appelé « unités électriques multiples de grande vitesse » et présenté comme [bgcolor=#FFFF99]le résultat d’une conception et d’un développement indépendants de la part de China CNR Corporation Limited (CNR). [/bgcolor]
The Malaysian Insider souligne également que, dans la situation actuelle, l’argent n’est pas un problème pour les entreprises chinoises qui peuvent de ce fait, au besoin, se procurer la meilleure technologie dans le monde entier. Une nouvelle percée d’un pays destinataire des délocalisations industrielles et financières européennes, pendant que l’Europe se trouve plongée dans une crise économique, que les « élites » européennes continuent à placer la « gouvernance », l’administration, la « gestion » et le « management » au sommet de la société, et qu’elles organisent des réunions privées au cercle de Bilderberg et ailleurs pour planifer des « gouvernances mondiales » qu’elles n’ont pas les moyens d’imposer. La stratégie de démolition et de privatisation du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), des autres établissements publics français à caractère scientifique et technologique (EPST), des universités publiques… fait partie du même suicide économique, politique et institutionnel.

Les puissances occidentales, victimes d’une « mondialisation des échanges » et d’une exportation des capitaux qu’elles ont elles mêmes imposées ? Une telle conclusion paraît de plus en plus évidente, pour peu que l’on examine l’évolution de la situation économique et politique à l’échelle planétaire.

Et le « grand emprunt » français tant claironné, est-ce autre chose que la vente des meubles, lorsqu’il prévoit de contraindre les chercheurs du CNRS et des autres organismes publics à travailler directement pour des industriels qui ont largement délocalisé leur recherche et qui envisagent de fermer leurs actuels centres de recherche en France ? Difficile d’éviter le mot décadence.

Quant à la prétendue « division internationale du travail », invoquée pendant deux décennies par « nos élites » de « droite » comme de « gauche » pour faire l’éloge des délocalisations, qu’en est-il vraiment aujourd’hui ? De quel droit « nos politiques » ou les réprésentants de la grande finance pouvaient-ils se permettre d’organiser le travail à l’échelle mondiale ?

Pour rappel, à propos de la Chine, cette déclaration de juin 2003 de l’alors ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie Francis Mer au journal Les Echos :

[/color]« Il y a des métiers industriels qui ont été délocalisés vers des pays à bas salaires : cela s’appelle la spécialisation internationale du commerce. Prenez l’exemple de la sidérurgie : ce type de métier doit, pour assurer sa survie en Europe, se concentrer au maximum sur le savoir, et localiser sa production là où les coûts, qu’il s’agisse des salaires ou des matières premières, sont les plus avantageux. C’est ce phénomène qui explique la croissance chinoise. Il suppose a contrario que l’Europe se mobilise sur l’innovation, la recherche et la formation professionnelle. (…) ».[color=#333300]

(fin de citation)

Du pur délire. Déjà à l’époque, il était évident depuis longtemps que la recherche et la haute technologie faisaient partie des capitaux délocalisés. Au même moment, le CNRS et d’autres établissements manquaient cruellement de crédits.

Où nous ont mené(e)s les élucubrations autosatisfaites des cercles de « décideurs » qui depuis 1984 nous imposent des politiques prétendument de « rigueur » et de « bonne gestion », pendant qu’ils délocalisent les plus-values résultant de notre travail ? Après un siècle et demi d’exportation permanente de capitaux, avec en prime deux guerres mondiales, l’Europe est ruinée, même si ses « élites » affichent un train de vie plus arrogant que jamais. Un véritable scénario de décadence.

Le Monde laisse entendre que Siemens « fournit la technologie » du train de grande vitesse chinois. Mais si tel est le cas, pourquoi un TGV basé sur cette technologie n’a-t-il pas été réalisé en Europe ? China Daily ne rapporte pas la même information, et présente le train chinois comme une réalisation originale de CNR.

Le commentaire du Malaysian Insider est sans doute pertinent, lorsqu’il estime que l’actuelle situation économique de la Chine lui permet de se procurer la meilleure technologie dans le monde entier. Ce qui ne met pas en cause sa maîtrise des projets.

On est loin du scénario sur la « libéralisation des échanges » dépeint dans la rapport de juillet 1999 intitulé « Rapport sur les négociations commerciales multilatérales », de l’alors députée européenne Catherine Lalumière avec un Inspecteur général des Finances, un conseiller référendaire à la Cour des Comptes et un chargé de mission au Parlement Européen, mis en ligne par le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi alors que Dominique Strauss-Kahn était ministre.

Quatre ans avant les déclaratiions de Francis Mer évoquées plus haut, le gouvernement de Lionel Jospin et ses conseillers annonçaient déjà une « spécialisation des activités » à l’échelle planétaire, au bénéfice des « travailleurs les plus qualifiés » des « pays développés » dont la « production » devait trouver « de nouveaux débouchés dans les pays émergents ».

On voit à présent le résultat de cette « pensée unique » répandue pour justifier les vagues sans précédent de délocalisations et masquer leurs conséquences réelles. Mais au fond, cette conception de la « division internationale du travail » réservant aux pays dits « développés » le « travail qualifié », était-ce autre chose qu’une nouvelle forme d’impérialisme protectionniste ? Sauf qu’il n’était plus possible de recourir à la canonnière.

Les théoriciens de la « brillante stratégie » des délocalisations des dernières décennies ne semblent pas avoir compris à quel point la situation avait changé par rapport à celle d’un siècle plus tôt. L’exportation des capitaux s’est faite cette fois-ci au prix de l’effondrement des économies des pays délocalisateurs, dont la recherche et la technologie ont subi le même processus de délocalisation.

Wikipédia en anglais consacre au sujet un article qui a connu des versions variables. Si au départ les auteurs se bornaient à écrire que le nouveau train chinois utilise des technologies de Siemens, Bombardier et Alstom, une version plus récente soulignait que la nouvelle génération de trains chinois de grande vitesse n’est pas basée sur les modèles précédents CRH2 (technologie japonaise Shinkansen) et CRH3 (technologie Siemens Velaro). Les nouvelles versions de l’article estiment que le train utilise des technologies originales de China Railway High-speed et des technologies développées en collaboration avec Siemens et Kawasaki.

A ce jour, nous ne disposons pas d’une source d’informations claire précisant avec exactitude la part de chaque partenaire dans la conception et le réalisation du projet. Mais des informations concordantes confirment que, pour la première fois, la réalisation a eu lieu intégralement en Chine.

Quant à la ligne de rail elle-même, il semble s’agir entièrement d’une conception et d’une réalisation chinoises. La ligne pour le transport de passagers compte 684 ponts et 226 tunnels, qui représentent 66.7% de sa longueur.

De même, un article de China Daily du 9 septembre fait état d’un projet chinois de mettre en circulation en 2012 un train voyageant à 500 Km/heure.

Précisons également qu’une dépêche du 14 octobre dernier de CCTV rapportait déjà la signature d’un contrat entre la Chine et la Russie concernant les « trains à grande vitesse de technologie chinoise », avec pour objectif de « réduire le temps de voyage entre les différentes régions de la Russie ».

Et la Chine n’est qu’un exemple de la tendance générale de ce début de siècle.

A la fin des courses,[bgcolor=#FFFF99] les puissances européennes auront été les seules à démanteler leur propre recherche publique et à anéantir les moyens de leurs États.[/bgcolor] La notion de « travail qualifié » a été brandie avec une incroyable démagogie pour justifier les délocalisations. Mais, outre le caractère arbitraire intrinsèque d’une telle définition, force est de constater que, dans la pratique des « élites » européennes, le « travail qualifié » réside pour l’essentiel dans la politique, la « gestion », le lobbying, l’influence et la condition de « riche ». Peut-on, dans ces conditions, s’étonner de l’ampleur croissante de la débâcle technologique européenne ?[/color]

Article original ici …

Délocalisations et sortie de l’UE

Gilles (8167).

Les échanges sur le tirage au sort étaient bien un intermède, mais votre message sur les délocalisations en introduit un autre.

Le problème que vous traitez concerne la politique mondialiste imposée par les grandes puissances économiques de l’époque lorsqu’elles croyaient y avoir intérêt. Plus largement, il s’agit de savoir si le libre-échange (qui se traduit notamment par la délocalisation conformément au principe capitaliste du « profit régulateur ») est compatible avec une bonne gouvernance nationale et mondiale - y compris la gestion économe (écologique si vous voulez) des ressources de la planète.

Cette question ne me paraît pas vraiment liée à celle d’une éventuelle sortie de l’UE - sauf que l’UE est beaucoup plus à même de gérer des problèmes de gouvernance mondiale que les États qui la composent pris individuellement, et cette évidence milite contre la sortie de l’UE.

L’objectif principal devait être de reprendre la gouvernance mondiale aux puissances d’argent (au secteur privé) qui se la sont indûment appropriée conformément à la variante thachéro-reaganienne du capitalisme profiteuriste, laquelle a conduit à déposséder l’État, dans les pays autrefois dits « occidentaux » et ailleurs, de leur pouvoir économique. Une fois cet objectif atteint, il sera possible de réorganiser l’économie mondiale en vue de la satisfaction des besoins de tous dans le contexte d’une saine gestion.

En attendant, il est de bonne guerre que la Chine combine les moyens que lui offrent l’économie profiteuriste mondiale et le fait qu’elle a su préserver le rôle central de l’État chinois pour se développer rapidement.

D’ailleurs, nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait en Chine (et ailleurs) des trains très rapides.

Comme ils semblent loin, les temps où l’on pouvait dire que l’économie chinoise faisait certes des progrès mais que le PNB chinois restait inférieur au PNB belge ; et pourtant, si je me rappelle bien, c’était il y a dix ans à peine ! JR

Modalités de rappel des élus par les citoyens

J’ai oublié de répondre à Sandy qui m’a demandé pourquoi j’avais proposé :

  1. que le rappel ne soit effectif que si la majorité des électeurs inscrits ont participé au scrutin de rappel ?

  2. que le nombre de votants en faveur du rappel soit supérieur au nombre de votants qui se sont prononcés en faveur de l’élu lors de l’élection initiale ?

La réponse est que la procédure de rappel met fin à l’application d’un vote acquis démocratiquement (l’élection initiale). Comme telle, c’est une décision grave qu’il semble justifié de soumettre à des conditions restrictives afin de s’assurer qu’une minorité agissante ne s’impose pas indûment à une majorité passive.

La deuxième condition, que le nombre de voix en faveur du rappel soit supérieur au nombre de voix recueillies initialement par l’élu, est fondée sur la simple logique numérique et devrait suffire à garantir le caractère démocratique de la décision de rappel.

La condition que la majorité des inscrits sur la liste électorale aient participé au scrutin (= déposé une enveloppe dans l’urne) a été ajoutée pour empêcher des rappels qui n’exprimeraient pas vraiment la volonté d’un nombre susbstantiel d’électeurs (par exemple, en cas d’abstentions nombreuses). Avec cette condition, on aurait l’assurance que 25 % plus un des inscrits (moins les bulletins d’abstention et les bulletins nuls déposés lors du vote) auraient voté le rappel, ce qui paraît raisonnable.

Il va de soi que si, lors du scrutin de rappel, les non l’emportaient sur les oui, la seconde condition n’aurait pas lieu de jouer.

Entre-temps, j’ai mentionné la difficulté relative aux scrutins proportionnels : la procédure de rappel sera difficilement applicable dans le cas de la proportionnelle, puisqu’elle permettrait aux électeurs majoritaires de se liguer contre des élus minoritaires et de les éliminer successivement, cela en contradiction avec le principe même de la proportionnalité. Les modalités du rappel dans le cadre de la proportionnelle restent donc à discuter. (Le rappel dans le cadre du scrutin uninominal ne présente pas cette difficulté.)

RE-BONNE ANNÉE À TOUS ! JR

Je ne vois pas bien pourquoi vous faites une différence entre l’élection et la révocation qui sont pourtant des processus miroirs.
Vous vous justifiez par le fait que la révocation fait suite à une élection ( un vote démocratique ), mais une élection fait aussi suite à une élection ( un vote démocratique ) et conduit bel et bien aussi à révoquer la précédente personne élue ( si celle ci n’est pas maintenue ).

A mon avis ce qui vaut pour l’élection vaut de la même façon pour la révocation, les règles de vote n’ont pas à être différentes.

Sandy, vous ne tenez pas compte de mon deuxième argument :

La condition que la majorité des inscrits sur la liste électorale aient participé au scrutin (= déposé une enveloppe dans l’urne) a été ajoutée pour empêcher des rappels qui n’exprimeraient pas vraiment la volonté d’un nombre susbstantiel d’électeurs (par exemple, en cas d’abstentions nombreuses). Avec cette condition, on aurait l’assurance que 25 % plus un des inscrits (moins les bulletins d’abstention et les bulletins nuls déposés lors du vote) auraient voté le rappel, ce qui paraît raisonnable.

Je trouve qu’il y a une différence de nature entre une procédure de choix (l’élection) mettant en jeu plusieurs candidats et plusieurs programmes faisant l’objet de débats systématiques et une procédure de raooel à portée individuelle, ressemblant beaucoup à une sanction, et qui donnera lieu par hypothèse à des débats beaucoup moins approfondis. Mais je reconnais que ça se discute. JR

La démocratie est le pire des mauvais systèmes décisionnels, [b][i]à part les autres [/i][/b]: la parole de Churchill là-dessus me paraît définitive.
Je vais proposer une autre définition qu'aurait (parait-il) donné Churchill [i]"le système démocratique actuel est le meilleur système inventé par les puissants dont je fais partie pour éviter à la démocratie d'exister"[/i] :)
Tiens, j'ai aussi lu aujourd'hui (je ne sais pas qui en est l'auteur) "la démocratie c'est l'art de faire croire au peuple qu'il gouverne" ...
Il n'y a pas aussi un qui disait qu'[i]il n'y a pas plus prisonnier que celui qui se croit libre[/i] ? (ou un truc similaire)
La [b]démocratie[/b] a fait la preuve qu'elle fonctionnait
Vous vous contredisez vous-même:
on peut opérer progressivement... en s'abstenant de délocaliser.
un bon système politique ne délocaliserait pas, or la système politique actuel le fait: donc, il est mauvais. CQFD.

Un bon système politique calculerait sur le long terme, ne pourrirait pas l’environnement dans lequel il vit, reconnaitrait que le système économique basé sur une denrée finie ne peut pas durer… le système de pouvoir actuel (un mélange de politique officielle basé sur les élections et inofficielle basé sur la propagande des médias, tous copains) est mauvais, ne marche pas. Il va dans le mur, tout le monde le reconnait, mais le système de pouvoir profite à quelques apparatchics qui ont tout intérêt à endormir le demos en lui faisant croire à son cratos: la ficelle est quand-même énorme.