32 Sortir de l'Union Européenne

Déblayer les scories de l’UE

[color=#114477][size=9]Je vous trouve, Jacques, bien confiant dans ce processus de destruction européenne de la séparation des pouvoirs. Regardez ce que disent les textes de l’UE : suffit-il que le texte dise « le Conseil exerce des fonctions législatives » pour que vous oubliiez que les hommes qui composent ce Conseil au niveau européen vont quitter cette salle, retirer ce costume de législateur, rentrer dans leur pays, endosser leur costume de ministre et exécuter « sur place » les lois (automatiquement transposées au niveau national, sans débat parlementaire) qu’ils ont eux-mêmes créées « là-haut » ?

Faut-il faire un dessin pour montrer que, [bgcolor=#FFFF99]dans ces institutions, les mêmes hommes font le droit et l’exécutent ? [/bgcolor]

Jacques, n’est-ce pas précisément une criante confusion de pouvoirs (celle que vous considérez d’habitude comme gravissime) ?

Si le système UE avait voulu une véritable démocratie et une véritable constitution européenne organisant le contrôle démocratique des pouvoirs de l’UE, ce système nous l’aurait proposé, non ? Au lieu de cela, il bafoue la démocratie et les résultats des référendums.

Expliquez nous simplement Jacques s’il vous plaît, sans aller sur votre site, ici-même, les étapes selon vous pour revenir à plus de démocratie en mettant de côté le système UE.
En bref, sans entrer dans les détails, [bgcolor=#FFFF99]quels sont les principes distinctifs de votre projet EUROCONSTITUTION.ORG avec ceux du système UE ?[/bgcolor]

[/size][/color]

Le traité de Lisbonne entrera en vigueur le 1er décembre

C’est une victoire contre les démocraties et contre l’expression populaire.
D’un bout à l’autre de l’Europe, il s’est donc trouvé assez de malhonnêtes pour réaliser ce coup d’état continental et assez d’apathiques pour s’y résigner. Personnellement je n’en serai pas, aussi, comme convenu, me rangerai-je désormais aux conclusions radicales de rupture avec l’UE.
Et même si j’ai le triste sentiment de répondre à un avis de mobilisation, j’en assumerai les conséquences.

Gilles (7927) et Déhel (7928), je dis seulement que l’UE est plus démocratique que l’ancienne Communauté européenne, et qu’il faut faire en sorte qu’elle le devienne complètement.

Je vous rappelle que dans le projet EUROCONSTITUTION.ORG (http://www.euroconstitution.org) le Conseil des ministres disparaît et que le Parlement reprend les fonctions législatives de ce conseil. Il resterait un comité des ministres sans pouvoir exécutif ni législatif, seulement chargé de travailler pour le Conseil confédéral.

Gilles parle de "expression populaire" contre le traité de Lisbonne : laquelle ? On ne peut pas à la fois être démocrate et ne pas remarquer que c’est justement l’indifférence coupable des citoyens qui a permis de faire passer ce mauvais traité.

En ce qui concerne votre question relative aux différences entre les principes du projet EUROCONSTITUTION.ORG et la construction européenne actuelle (et Lisbonne), je recommande vivement d’aller voir de temps en temps le sommaire du présent site : vous constaterez qu’un fil consacré à ce projet y a été ouvert et que les principes fondamentaux du projet y sont expliqués depuis longtemps. Pour satisfaire à votre demande, je viens de mettre sur le fil en question un message reproduisant les principes dans leur nouvelle formulation au 2 novembre 2009, avec la liste des principes qui diffèrent de l’organisation UE actuelle : voyez http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=7930#p7930. Si vous avez besoin d’explications complémentaires, je vous les donnerai volontiers sur ce fil-là : il vaut mieux éviter de recopier à tout bout de champ sur n’importe quel fil les informations auxquelles un fil spécifique a déjà été affecté. JR

[url=http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/03/feu-vert-tcheque-au-traite-de-lisbonne_1261909_3214.html#ens_id=1247280]Le traité de Lisbonne entrera en vigueur le 1er décembre[/url]

C’est une victoire contre les démocraties et contre l’expression populaire.
D’un bout à l’autre de l’Europe, il s’est donc trouvé assez de malhonnêtes pour réaliser ce coup d’état continental et assez d’apathiques pour s’y résigner. Personnellement je n’en serai pas, aussi, comme convenu, me rangerai-je désormais aux conclusions radicales de rupture avec l’UE.
Et même si j’ai le triste sentiment de répondre à un avis de mobilisation, j’en assumerai les conséquences.


La France peut maintenant décider de sortir de l’Union (article 50) … il suffira d’élire aux prochaines élections une équipe qui en fait son thème de campagne.
Mais je pense que l’article de Jacques Sapir Benoît Hamon est-il idiot? (Jacques Sapir) | Écosociétalisme présente une alternative intéressante qu’il faut élargir : c’est le « chantage » à la sortie de l’UE (qui, par exemple, est fort aise de disposer, sans en assumer une partie des frais, de notre « parapluie nucléaire »)

1) Sortir de l’UE ? 2) La politique nucléaire française

AJH (7931),

Il « suffirait », en effet, d’élire une majorité décidée à sortir de l’Union… sauf qu’une grande majorité des Français ne le souhaitent pas, à ce que je crois comprendre.

Quant à la force nucléaire française, elle sert uniquement, pour le moment, les intérêts français. La France bénéficie d’une rente de situation nucléaire qui n’est pas négligeable et qui constitue un facteur indéniable de « puissance négative » : non pas tant pas le nombre de missiles balistiques (300 environ) que par l’indépendance opérationnelle de cette force (à comparer avec la dépendance nucléaire des Britanniques vis-à-vis des ÉUA). Plus précisément, la force nucléaire française introduit dans le jeu nucléaire mondial un élément d’incertitude qui joue à l’avantage de la France en compliquant les stratégies de guerre nucléaire des autres puissances. Mais le « parapluie nucléaire » est réservé à la France, et en l’état actuel des traités, même après Lisbonne, cet aspect de la politique de défense française est exclusivement son affaire : il n’est pas exact de dire que les autres États membres en bénéficient ; certains, même, estiment sans doute que la force nucléaire française complique inutilement la coopération avec les ÉUA (coopération qui est leur principal souci et dans laquelle ils voient, comme disent les traités, le cadre dans lequel leur défense est assurée par le canal de l’OTAN).

Si la France, comme vous semblez le dire et le souhaiter, n’est pas prête à faire l’effort financier nécessaire pour soutenir l’euro, elle le sera encore moins à consentir l’effort nucléaire voulu pour soutenir l’Europe. Dans ces conditions, je ne vois vraiment pas pourquoi l’Union européenne devrait financer une politique qui de toute façon ne ferait pas partie de la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union.

JR

Si la France, comme vous semblez le dire et le souhaiter, n'est pas prête à faire l'effort financier nécessaire pour soutenir l'euro, JR
C'est quoi un "effort financier pour soutenir l'euro" quand on est dans la zone euro?

Jacques, quelques remarques :
1- toute supposition quant à l’opinion des français sur la sortie de l’Europe est abusive, dans un sens comme dans l’autre, puisque aucun débat n’a eu lieu en ce sens,
2- j’avais l’impression que les referendums français comme néerlandais pouvaient être assimilés à des expressions populaires à l’encontre du TCE et donc de Lisbonne,
3- essayez de distinguer vos interlocuteurs, non qu’il y ait de gêne particulière à être assimilé à Gilles mais le nombre - déjà chiche - de participants à ce forum ne nous oblige pas encore à constituer des groupes d’opinions et encore moins à désigner de porte-parole,
4- je vous ai toujours su gré d’être une des références institutionnelles de ce forum et je ne saurais vous décourager de poursuivre en ce sens; je lis donc régulièrement votre projet d’euroconstitution mais prenez note que je me range à l’idée que d’aucuns - plus puissants que nous - encourageant au développement d’une ploutocratie peuplée d’apeurés dociles et usant de tous les stratagèmes -même les plus iniques - pour réaliser leur idéologie, il est temps de changer de stratégie et de défendre les principes humanistes qui nous animent et qui sont mis en péril avec d’autres méthodes.

   Une petite parabole pour finir: "C'est l'histoire d'une société qui chute du 100ème étage et qui au cours de sa chute se dit 'jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien'. Le problème, c'est que dans la chute, ce qui compte, c'est l'atterrissage." 
   Cette parabole était en exergue du film [i]La Haine[/i]. Ceux qui le connaissent comprendront sans doute les conclusions que j'en tire.

Divers

Déhel (7934),

  1. Vous écrivez :

« J’avais l’impression que les référendums français comme néerlandais pouvaient être assimilés à des expressions populaires à l’encontre du TCE et donc de Lisbonne »

C’est une supposition, qui est également la mienne, et c’est pourquoi j’étais partisan de soumettre le traité de Lisbonne au référendum. Mais cela n’exclut nullement que ls Français et les Néerlandais auraient pu se prononcer en faveur de Lisbonne, qui contenait des différences institutionnelles notables par rapport au TCE, comme l’ont fait les Irlandais. Je crois que le traité de Lisbonne serait passé par référendum dans les deux pays grâce à la conjonction des votes antifédéralistes et des votes « propeuropéens » primaires - sans parler de la survenance de la crise économique et des modifications de l’opinion qui en sont résultées.

  1. « Tâchez de distinguer vos interlocuteurs » : soyez de bonne foi et reconnaissez que c’est ce que je tâche systématiquement - inutile donc de me sermonner. Mais j’écris beaucoup, surtout ces temps-ci, et en l’occurrence j’ai oublié d’identifier le message 7927 comme étant de Gilles. Dont acte, je m’en excuse.

  2. Je connais bien cette vieille parabole du centième étage (les professeurs d’économie la ressortaient souvent il y a une cinquantaine d’années, à propos de l’inflation), mais non, je ne vois pas les conclusions que vous en tirez : pourriez-vous préciser ? JR

Éloignement du peuple du lieu des décisions - « Réforme territoriale » - Guerre aux collectivités locales que font Sarkozy…et Bruxelles

Laurent Fabius est sans doute quelqu’un de bien informé. Il prétend pourtant (Le Monde, 22 novembre) que « Pierre Mauroy a manifesté son désaccord avec plusieurs des conclusions de la commission Balladur ». Qu’on lise le rapport Balladur-Mauroy ; c’est une « véritable union sacrée entre un ancien Premier ministre socialiste et un ancien Premier ministre UMP », d’accord sur toutes les propositions essentielles (même si Mauroy réclame un peu plus de « concertation »).
Pourquoi donc chercher à masquer cette réalité ?
La réforme territoriale soulève contre elle une « lame de fond », dit Fabius. Très juste ! Comment y répondre, sinon en rompant avec le rapport Mauroy-Balladur et en exigeant le retrait du projet de loi ? Ne pas le faire, et « proposer une réforme alternative » sur le même axe, comme le fait Fabius, revient à conforter le sentiment d’un consensus entre majorité et opposition.
Sentiment partagé par Sarkozy lui-même, lequel, la semaine dernière, a rappelé à l’ordre présidents de région et départements (de gauche) : « Nous sommes tous à égalité de responsabilités (…). Il faut que la France cesse d’être le champion du monde de la dépense publique. J’ai promis que je ne remplacerai pas un fonctionnaire sur deux partis à la retraite, mais si les collectivités en créent un de plus sur deux, comment s’en sortir ? »
Bref : les élus de « l’opposition » doivent obtempérer aux ordres du gouvernement et appliquer les mêmes plans de privatisation et de remise en cause des droits dictés par l’Union européenne… Que reste-t-il de la démocratie ?

Voir aussi sur le sujet …

La libre circulation du point de vue d’un émigré bulgare

8 décembre 2008 15:43

[color=#112200][size=9]La lettre ci-dessous a été envoyée en 2006 par un émigré bulgare en Allemagne, un parmi des dizaines de milliers d’autres, à divers partis politiques et médias allemands. Sonnant comme une accusation généralisée de l’hypocrisie du discours politique et médiatique sur l’élargissement de l’Union européenne, elle concerne de fait aussi le débat qui aura lieu en Suisse une nouvelle fois à propos de la dite libre circulation des personnes. Elle a été publiée dans le journal de gauche et patriotique bulgare Nova Zora.

Madame, Monsieur,

Dans le journal Bild du 30 mai 2006, à la page 2, est publié un article avec le titre « Les Bulgares vont-ils nous prendre nos places de travail à nous Allemands ? ». Ce n’est pas la première fois qu’une telle attitude de peur s’exprime dans vos journaux et émissions de télévision. Il y a trois ans par exemple une question sembable avait été adressée à un ministre bulgare (P. Panayotov) dans une émission de la WDR (Westdeutsche Rundfunk). Pourquoi, pourquoi vous les Bulgares voulez-vous nous rejoindre dans l’Union Européenne, demandait l’animatrice de l’émission, sous-entendant que la Bulgarie est un pays pauvre et désire profiter des riches pays occidentaux. « Pourquoi, pourquoi faut-il que la Bulgarie et la Roumanie se joignent à nous ? » demandait fréquemment et avec insistance l’animatrice Sabine Christiansen, de la première chaîne allemande, à l’ancien ministre de l’économie Wolfgang Klement, qui éludait délicatement, ou plus précisément sournoisement, la question.

Ces questions, et d’autres semblables, provoquent inquiétude et méprise chez les lecteurs et les téléspectateurs en leur suggérant que l’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne menace les places de travail, la sécurité, etc., des citoyens de l’UE.

Si j’avais la possibilité de répondre à l’article paru dans le journal Bild, je donnerais comme titre à ma réponse : « Qui prend les places de travail à qui ? ». Et j’argumenterais immédiatement. Premièrement, je désirerais expliquer aux lecteurs et téléspectateurs que l’adhésion d’un pays, quel qu’il soit, à l’Union européenne ne survient pas uniquement par le désir du pays en question, mais avant tout après une invitation de l’UE, accompagnée de nombreuses recommandations, d’exigences et de conditions, que la Bulgarie remplit sans se plaindre depuis dix-sept ans. En voici quelques-unes : fermeture des usines qui polluent, dit-on, l’environnement et l’atmosphère, ouverture des frontières pour les marchandises d’Europe occidentale, rapide privatisation de toutes sortes d’entreprises, etc. En remplissant ces exigences et ces conditions, en à peine six ou sept ans en Bulgarie le chômage, la criminalité, la corruption et la misère ont pris une ampleur jamais entendue et jamais vue.

La Bulgarie, qui avait développé son économie au point d’être contrainte d’importer de la force de travail du Vietnam, de Cuba, du Nicaragua, de Pologne et d’ailleurs encore, en remplissant vos recommandations et vos exigences, a atteint un chômage de plus de 25% ! […]

La Bulgarie, qui produisait tout, sauf des avions, devait désormais n’acheter plus que vos marchandises (de l’UE). Notre pays était inondé de produits de Siemens, AEG, Opel, BMW, des produits cosmétiques, des médicaments, etc., etc.

« Mais nous vendons là-bas (en Europe de l’Est) plus qu’en Amérique » : le ministre Wolfgang Klement a fini par cracher le morceau. Il répondait ainsi à la question, répétée à de nombreuses reprises par Sabine Christiansen, de savoir pourquoi la Bulgarie devait adhérer à l’Union européenne et pourquoi certaines entreprises allemandes exportent une partie de leur production dans les pays d’Europe de l’Est.

Vous avez compris pourquoi, maintenant, Madame Christiansen ? Parce que l’ouverture de nos frontières pour vos marchandises et vos autres recommandations et exigences ont détruit l’économie bulgare. En achetant vos produits depuis dix-sept ans, nous les Bulgares ne menaçons pas vos places de travail, mais nous les stimulons et les consolidons.

Vos entreprises réalisent des gains de milliards d’Euros, sans avoir investi un seul lev dans l’économie bulgare. En suivant vos recommandations et vos exigences, en à peine six ou sept ans la Bulgarie, qui occupait une 25ème place au monde au classement du niveau de vie (selon les données de l’ONU) s’est transformée en un pays pauvre à l’économie dévastée occupant désormais un 65ème rang au même indicateur. […]

Les citoyens bulgares étaient enthousiastes après l’invitation de l’UE à l’idée que la Bulgarie prenne une nouvelle voie de développement qui la mènerait à la prospérité, avec l’illusion que l’Ouest viendrait et ferait des merveilles. Qu’il construirait de nouvelles usines modernes, comme celles qui étaient parfois montrées à la télévision bulgare.

Malheureusement, aucune entreprise allemande ou d’un autre pays d’Europe de l’Ouest n’a construit même une seule petite fabrique. Au contraire, des firmes profitables […] ont été rachetées par des entreprises d’Europe occidentale, évidemment après quelques baisses du prix des entreprises en question.

La croissance du PIB de l’Allemagne et d’autres pays de l’UE lors des dix-sept années passées est due dans une large mesure aux marchés d’Europe de l’Est. […]

Avec un chômage de 25% beaucoup de citoyens bulgares ont naturellement cherché à pouvoir travailler dans d’autres pays. Jusqu’à la fin de 2005, près d’un million de citoyens bulgares ont quitté le pays. Mais ils ne sont pas venus en Allemagne. La plupart ont préféré d’autres pays, où la xénophobie n’est pas si grande. En Grèce 400 000. En Espagne 120 000, aux Etats-Unis 100 000, au Canada 100 000, en Angleterre 80 000, en Italie 80 000. Ici en Allemagne environ 50 000 dont la plus grande partie sont des étudiants.

Messieurs, lors des dix-sept dernières années plus de vingt milliards d’Euros sont sortis de Bulgarie. C’est presque autant que le PIB de la Bulgarie pour l’année 2004. Cet argent se trouve dans le monde occidental ! […]

Vous qui avez détruit l’économie bulgare, soyez aimables et rétablissez notre économie à son niveau de 1989. Et alors, je vous en prie, ne nous admettez pas dans votre Union européenne. Et alors, soyez en certains, 80% des Bulgares qui se trouvent dans les pays occidentaux rentreront en Bulgarie et ne vous prendront pas vos précieuses places de travail dans l’hôtellerie, la construction et l’agriculture.

Emanuil Slavov, Munich

http://blancjb.wordpress.com/2008/11/30/la-libre-circulation-du-point-de-vue-dun-emigre-bulgare/
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Du GEAB n°38 édité par LEAP/E2020:

Tout le monde a désormais compris que les Etats-Unis sont emportés dans une spirale incontrôlable associant insolvabilité généralisée du pays et incompétence flagrante des élites US à mettre en œuvre les solutions nécessaires.

l’année 2010 va placer l’Union européenne au cœur de quatre contraintes stratégiques qui vont lui imposer des choix urgents dans un contexte d’effondrement accéléré du camp occidental, (…) Soit ils s’affirmeront comme des acteurs-clés de la structuration du monde de demain en affirmant leur propre vision de l’avenir et en cherchant les partenaires ad hoc sans exclusive ; soit ils se contenteront d’être des victimes consentantes du naufrage de l’Occident en suivant aveuglément Washington dans sa descente aux enfers.

  1. Faire face à la rupture du système monétaire fondé sur le Dollar et éviter de se retrouver sans recours devant la perspective d’1EUR=2USD
  2. Eviter l’explosion des déficits budgétaires à la mode américaine et britannique
  3. Répondre à l’aggravation de la crise Iran/Israël/USA et de la guerre en Afghanistan en définissant une position spécifiquement européenne
  4. Apprendre à travailler de manière indépendante et constructive avec les nouveaux acteurs clés du monde d’après la crise : Chine, Inde, Brésil et Russie notamment.

C’est d’ailleurs pour cela que 2010 est une année si cruciale pour les Européens. S’ils laissent les évolutions en cours se poursuivre, c’est l’Euro qui va devenir une monnaie-refuge et son cours étouffera l’économie européenne. La zone Euro doit donc devenir plus agressive et débattre avec les autres grands acteurs économiques et financiers pour éviter cette situation, pour éviter que l’Euro ne s’envole face au Yuan, au Yen et autres monnaies de ses partenaires commerciaux.

Euro/dollar

Zolko (8067).

Je suis d’accord avec cette analyse, mais elle néglige un aspect essentiel : la nécessité de démondialiser l’économie (d’opérer de plus en plus au niveau local) si l’on veut à la fois éviter les problèmes financiers et économiques liés aux taux de change et gérer les ressources de la planète avec le minimum de gaspillage. JR

[bgcolor=#FFFF99]Démocratie et Europe[/bgcolor]

Une vidéo, courte mais tonique, d’Anne-Marie Le Pourhiet, chez Taddéï le 26 novembre 2009 :

http://www.mickey.tv/video/watchframe/de2767dfe82950bd

Étienne.

[b]Euro/dollar[/b]

Zolko (8067).

Je suis d’accord avec cette analyse, mais elle néglige un aspect essentiel : la nécessité de démondialiser l’économie (d’opérer de plus en plus au niveau local) si l’on veut à la fois éviter les problèmes financiers et économiques liés aux taux de change et gérer les ressources de la planète avec le minimum de gaspillage. JR


Je suis d’accord Jacques mais c’est un sacré chantier, relocaliser ne semble pas évident sans d’abord remettre en cause toutes les forces qui poussent à cette mondialisation, bref sans mettre en oeuvre une véritable révolution.

Merci Étienne pour cette vidéo revigorante d’Anne-Marie Le Pourhiet. Relocaliser l’économie, c’est le but principal de l’Institut pour la relocalisation de l’économie ( IRE ) de Sauve dans le Gard. Cet institut s’était illustré dans la lutte contre l’Accord Général sur le Commerce des Services ( AGCS ).
Ils auraient peut être besoin de renfort.

http://www.monde-solidaire.org/spip/spip.php?rubrique121

Démondialisation

Une révolution, peut-être, Sandy, mais on peut opérer progressivement… en s’abstenant de délocaliser. JR

Démocratie et « construction européenne »

[color=navy][size=9]Bonjour à Étienne, Sandy, AJH, Jacques Roman,Zolko, beo, Déhel, Aïda, Catherine et à tous ceux qui nous lisent.

1 ] Je remets le lien vers la vidéo, courte mais tonique, d’Anne-Marie Le Pourhiet, chez Taddéï le 26 novembre 2009 :
http://www.mickey.tv/video/watchframe/de2767dfe82950bd
citée par Étienne pour que vous puissiez la commenter.

2] Ici en France, comme ailleurs dans d’autres pays, Italie, Espagne, Allemagne…, je ne vais pas les citer tous, [bgcolor=#FFFF99]le peuple est censé être souverain ( c’est le pouvoir du peuple demos cratos) et est censé exercer sa souveraineté soit par le référendum, soit par l’intermédiaire de ses représentants. [/bgcolor]Or, il se trouve que depuis le début, 1957, la « construction européenne » n’a pas respecté la définition même de la démocratie, les résultats des référendums ont été bafoués et les représentants que nous envoyons à l’Assemblée Nationale ne décident pas selon nos souhaits, mais à 80% selon des directives élaborées par une Commission non-choisie par le peuple français, le peuple italien, le peuple espagnol, le peuple allemand…, je vous laisse compléter.

Que l’on ne m’avance pas l’argument que le parlement de la construction européenne est élu démocratiquement, puisque premièrement n’y a pas de peuple européen, et je ne vois pas pourquoi, de manière totalitaire, subrepticement, il y aurait une volonté de créer ce peuple, et deuxièmement dans les institutions de la construction européenne contrairement par exemple à ce qui se fait en France, l’exécutif qui a l’initiative des lois n’est pas élu, troisièmement seuls les partis qui acceptent le cadre de cette « construction européenne » ont droit à des fonds versés par la Commission pour ces élections (une manière subtile de censurer les opposants ).

[bgcolor=#FFFF99]Les démocrates doivent se mobiliser pour sortir du système de la « construction européenne » , non pas en se leurrant avec l’idée d’«une Autre Europe » qui n’est agitée qu’aux moments des élections et à chaque fois gentiment rangée au placard quand les choses sérieuses sont en jeu. [/bgcolor]Cette idée d’«une Autre Europe », au contour nébuleux et diversifié n’a jamais été l’objet d’une mobilisation de tous les instants par quelque force politique que ce soit, ce qui prouve qu’elle n’est même pas prise au sérieux par ceux qui l’avancent.

[bgcolor=#FFFF99]Sortir de la construction européenne, c’est souhaitable et c’est possible ceci[/bgcolor] par l’article 49A du Traité de Lisbonne.
Reste à définir les conditions politiques nécessaires à cette sortie, c’est ce que je vous invite à définir ensemble.[/size][/color]

Les démocrates doivent se mobiliser pour sortir du système de la « construction européenne »
je ne suis pas démocrate, cela ne s'adresse donc pas à moi. La "démocratie" est un attrape-nigaud (*) (Condorcet l'avait déjà prouvé il y a plus de 2 siècles) alors autant je suis d'accord que la "construction Européenne" a pris un mauvais virage, autant ça me fatigue d'entendre toujours cette même rengaine "démocratique". J'apprécierai si on pouvait trouver d'autres arguments que le "[i]déficit démocratique[/i]", car cet argument ne mènerai *[b]jamais[/b]* nulle-part.

(*) la démonstration de machine est en effet incomplète: elle s’arrête à « demos » et ne s’intéresse pas au « cratos ». Ce qui compte, c’est la distribution du pouvoir. L’étiquette n’a pas d’importance. Il n’y a peut-être pas de peuple Européen, mais il n’y a pas de volonté, d’opinion de quelque peuple que ce soit. En particulier, il n’y a pas de « volonté du peuple Français », ni du peuple Basque ou Corse. Juste un exemple: considérons 1 question politique quelconque, et observons qu’il y a 5 opinions dans la population, défendus chacun par 20% des gens. Que dit la « démocratie » ? Elle dit qu’il faut trouver une majorité, et elle va en fabriquer une, qui sera artificielle et fausse. Ce système politique est mauvais. Il est mauvais en Europe, mais aussi en France, en Italie, aux USA, en Russie…

(**) la notion de « démocratie » est une trouvaille formidable par ceux qui veulent assujettir les gens: dites leur que c’est eux qui ont le pouvoir, un peu de panem et circenses, et hop ! les aristos sont de retour. Trouvez quelques « intellos » à qui vous jetterez des os à ronger (« déficit démocratique », « viol démocratique »…) quand les choses vont mal. Vous pouvez assaisonner avec « république » de temps en temps si vous sentez la lassitude de vos sujets. Bien entendu, une petite guerre peu résoudre beaucoup de problèmes. Le tout au nom de la démocratie, bien-entendu.

(***) le seul système politique qui vaille est l’anarchie organisée, à base de tirage au sort et/ou de rotation rapide des charges. Et on peut remarquer que l’UE pré-Lisbonne, avec sa présidence tournante tous les 6 mois, était le seule système politique organisé anarchiquement à grande échelle (dans le sens: an-archos, absence de chef)

Indépendance, souveraineté et « construction européenne »

[color=navy][size=9]Zolko, les arguments pour la sortie ne manquent pas, je n’en citerais qu’un : [bgcolor=#FFFF99]l’assujettissement de la « construction européenne », dès le départ, aux États-Unis d’Amérique[/bgcolor] dont le plus flagrant exemple est l’absence de défense propre à l’entité UE, défense entièrement remise entre les mains de l’OTAN.

Je cite le périodique le Plan B pour étayer mon argument de la dépendance de la « construction européenne » vis à vis des États-Unis d’Amérique:

[font=Courier]Au sortir de la la Seconde Guerre mondiale, le projet de créer des « États-Unis d’Europe » soulève l’enthousiasme de Washington et d’une nébuleuse hétéroclite composée de lobbys patronaux, d’anciens de Vichy, de socialistes réformistes et de catholiques sociaux. Leur point commun : la haine du communisme. En 1948 est créé le Mouvement européen, une association qui comptera parmi ses présidents d’honneur plusieurs chefs de gouvernement tel que le britannique Winston Churhill, l’allemand Konrad Adenauer et le français Robert Schuman. [bgcolor=#FFFF99]Dès ses débuts, ce groupuscule jouit du soutien discret mais inconditionnel de la CIA. Par le biais d’un organisme baptisé « American Committee On United Europe » (ACUE), elle va injecter des millions de dollars dans les activités de propagande du « mouvement »[/bgcolor], en direction notamment de la jeunesse et des milieux politiques. Washington place à sa tête l’homme politique belge Paul-Henri Spaak, un ex-sympathisant du III ème Reich promu porte-serviettes des intérêts américains.

Cette intervention s’insère dans la stratégie d’influence des États-Unis en Europe, marquée en 1947 par le plan Marshall. Avec le début de la Guerre Froide, l’unification militaire de l’Europe Occidentale devient pour l’administration Truman un élément crucial de sa lutte d’« endiguement » du communisme. C’est le Traité de Bruxelles de mars 1948 puis le pacte atlantique d’avril 1949, qui conduit à la création de l’OTAN.

Mais le « rêve européen » n’est pas seulement géo-stratégique. Le gouvernement américain réclame une union douanière entre ses partenaires européens ainsi que l’ouverture de leurs marchés afin d’y déverser marchandises et capitaux. L’Organisation Européenne de Co-opération et de Développement Économique (OECE) http://fr.wikipedia.org/wiki/OECE qui gère les vannes du plan Marshall, contraint les pays à abaisser leurs protections et à instaurer une Union européenne des paiements (1950). Dans une note interne, un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay crie au chantage : « Si les États-unis exercent une pression sévère sur les pays européens pour que ceux-ci libèrent leurs échanges, c’est que l’intégration économique de l’Europe correspond aux intérêts américains. »[/font]

Le dernier exemple le plus flagrant est la violation de la vie privée des citoyens des pays d’Europe par les autorités des États-Unis d’Amérique dont tu trouveras un descriptif détaillé ici…

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Sortie de l’UE, démocratie/anarchie, inféodation de l’UE actuelle à l’OTAN

Même si les anciens traités ne le prévoyaient pas, il a toujours été possible de se retirer de l’UE (de la Communauté européenne) sur la base du droit international en vigueur tel que codifié par le Convention de Vienne sur le droit des traités (du moins, c’est mon avis, que j’ai déjà justifié quelque part sur ces forums). Le traité de Lisbonne n’apporte rien de vraiment nouveau sur ce plan : simplement une confirmation.

Resterait à régler la situation financière de l’État sortant (dettes/créances vis-à-vis de l’UE), et ses relations avec les États qui restent membres de l’UE. C’est une autre paire de manches : voyez le cas de la Suisse, qui n’est jamais entrée dans l’UE et qui pourtant se voit contrainte de suivre la plus grande partie de ses règles (via les accords bilatéraux) sans participer pleinement à leur adoption. Je ne dis pas que la sortie serait impossible, mais elle serait très incommode, et aboutirait certainement à une diminution considérable des moyens d’action, internationaux et nationaux, du pays sortant.

La démocratie a fait la preuve qu’elle fonctionnait, quoique plus ou moins bien : qu’en est-il de l’anarchie, Zolko ? Pouvez-vous citer serait-ce un seul exemple d’application réussie de cet antisystème, qui donnerait des résultats probablement pires que ceux de la pire dictature, avec des gaspillages immenses de ressources et d’efforts ?

Je partage le point de vue de Gilles sur l’assujettissement de l’UE à l’OTAN, inscrite dans l’article 42-2 du traité sur l’Union européenne tel que modifié par le traité de Lisbonne, et précédemment dans l’article I-41-1 du défunt traité établissant une constitution pour l’Europe (le TCE). Pour rappel, voici le texte de cet article 42-2 (voir http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2008:115:0013:0045:FR:PDF) :

[i]"La politique de sécurité et de défense commune inclut la définition progressive d’une politique de défense commune de l’Union. Elle conduira à une défense commune, dès lors que le Conseil européen, statuant à l’unanimité, en aura décidé ainsi. Il recommande, dans ce cas, aux États membres d’adopter une décision dans ce sens conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.

« La politique de l’Union au sens de la présente section n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre ». [/i]

Le deuxième alinéa du paragraphe 42-2 est inacceptable. Il appartiendra aux organes créés par une vraie constitution européenne (je pense évidemment au projet http://www.euroconstitution.org) de revoir sur une base démocratique ces dispositions de politique et de les supprimer ou de les modifier ainsi qu’il convient. JR