32 Sortir de l'Union Européenne

De toute façon ce parlement européen est une mascarade. Avoir 1 ou 100 députés ne change rien compte tenu qu'il n'a aucun pouvoir. Pour ma part, et puisque je ne peux pas voter pour une liste du RIC, je voterai pour l'un des partis (quel qu'il soit) qui soutiennent au niveau national qu'il faut quitter CETTE Europe, ou la changer de fond en comble.

Le seul espoir sera au moment des prochaines législative françaises, si une majorité de députés « nonistes » étaient élus… mais tout est si bien verrouillé que je n’y crois même pas.


Il a un pouvoir d’obstruction d’une partie des directives de la commission européenne et en cas de majorité la possibilité de refuser la commission soumise par le président désigné par le conseil d’état

C’est pas grand chose c’est sur mais c’est largement suffisant pour vouloir y envoyer des gens à nous et pour en virer ceux qui trahissent la volonté du peuple régulièrement

Le Parlement européen a surtout le pouvoir de ne pas investir la commission et de la renvoyer.

Je suis surpris qu’AJH n’y attache aucune importance.

Ceux qui considèrent l’élection parlementaire européenne comme une mascarade et se sont abstenus de voter pour cette raison perdent, il me semble, tout droit de se plaindre du futur parlement et de la future commission, qui seront à droite.

En ce qui concerne une proposition de réforme de fond en comble, voir sous http://euroconstitution.org/index.php?post/2009/06/04/Pour-une-vraie-constitution-europeenne. JR

La tant vantée « démocratie «européenne» »

Ceux qui considèrent l'élection parlementaire européenne comme une mascarade et se sont abstenus de voter pour cette raison perdent, il me semble, tout droit de se plaindre du futur parlement et de la future commission, qui seront à droite.
Jacques Roman, pourquoi ce soudain trou de mémoire ? Pourquoi aujourd'hui oublies-tu dans ton raisonnement que beaucoup de décisions de "L'Union «européenne»" doivent être conforme à des traités non-validés démocratiquement ? Pourquoi aujourd'hui cela ne te dérange plus ? Cela dérange tellement l'électeur moyen qu'il ne se déplace plus pour aller mettre un bulletin dans une urne et cela ne t'interpelles pas ?
Devant tant d'aveuglement, 60% de refus de la mascarade entre parenthèses, je préfère vous faire partager une analyse de Luis Gonzalez-Mestres de "Sortir de l'Union Européenne" :
[b][url]http://fr.groups.yahoo.com/group/sortirdeleurope/[/url][/b]
Le 7 juin a été marqué par une très faible participation aux élections au Parlement Européen, en France ([b]quarante pour cent des inscrits[/b]) mais aussi dans le reste de l'Union Européenne (UE). Cette montée de l'abstention fait suite à une campagne électorale au cours de laquelle les citoyens n'ont guère été informés, les vrais problèmes n'ont presque jamais été évoqués et les débats ont été, à peu de chose près, inexistants. [color=blue]En réalité, la grande majorité de la population se retrouve de plus en plus ouvertement exclue de toute participation au pouvoir de décision. [/color]Plus la situation s'aggrave pour les « petits citoyens », et moins on cherche à les associer à une quelconque discussion sur l'avenir collectif. Mais peut-on parler d'un quelconque avenir collectif, entre une large majorité d'européens qui subit de plus en plus durement les conséquences de l'actuelle crise économique, et les quelques « élites » politiques et « gestionnaires » qui fréquentent depuis longtemps les mêmes réseaux, clubs et « think tanks » que les représentants de la grande finance et des multinationales ?

Compte tenu du taux d’abstention estimé autour de 60%, les résultats réels approximatifs des listes en présence seraient, par rapport au nombre réel des inscrits sur les listes électorales : UMP, un peu plus de 11% ; Parti Socialiste, 6.6% ; Europe écologie, 6.4 % ; Modem, 3.4 % ; Front National et Front de Gauche, 2.6% ; NPA et Libertas, 2% …
Dans l’ensemble, une bien faible représentativité, surtout de la part de ce que l’on appelle les « grands partis ».
Il paraît évident que non seulement les électeurs ne soutiennent pas la politique de l’actuel gouvernement, mais ils ne se sentent pas représentés, non plus, par les « alternatives » qui leur sont proposées sous couvert d’une prétendue « opposition ».
Le premier des problèmes étant par elle-même la prétendue et tant vantée « construction européenne », largement imposée aux populations sans réelle concertation et sans une quelconque transparence sur les enjeux. Un problème grave, qui ne se pose pas uniquement en France mais dans l’ensemble de l’UE.
C’est ainsi, par exemple, qu’un traité aussi important que le Traité de Lisbonne n’a fait pratiquement l’objet d’aucun référendum. Le monde politique a à plus d’une reprise avoué qu’il s’agissait d’empêcher un éventuel échec des référendums. Mais dans ce cas, que représéntent les ratifications parlementaires ?
Au point qu’à la dernière réunion européenne de la Commission Trilatérale, tenue à Paris en novembre dernier au milieu d’un impressionnant silence des médias et des partis politiques à l’égard des citoyens, un « expert » danois avait présenté une contribution intitulée : « Saving Europe from the Tyranny of Referenda… ». La présidente de la séance n’était autre que la députée et ancienne ministre « socialiste » française Elisabeth Guigou qui a succédé à Laurent Fabius au sein de la Trilatérale en 2008. Qui en a parlé à la grande majorité des Français ?

Et quel est le résultat de cette politique imposée par des procédés de plus en plus autoritaires depuis les années 1990 ? La stratégie du « tout marché », de suppression des droits des travailleurs, de privatisation des services publics, de dumping social… imposée par l’Union Européenne s’est soldée par une crise dans précédent.
Mais outre cette douloureuse expérience de vingt ans de casse sociale et de démolition des services publics, que pouvaient espérer de vraiment nouveau les citoyens ? Que pouvait leur offrir une « classe politique » corporatisée et transversalisée, qui leur parle le moins possible et qui préfère ouvertement la compagnie des « élites » fortunées et « gestionnaires » ?
Quel bienfait ont apporté à ce jour aux européens des institutions telles que l’UE et le Parlement Européen ? Le bilan désastreux est là et ne cesse de s’aggraver, alors que la politique de l’Union Européenne reste immuable sans la moindre autocritique.
C’est précisément le point essentiel que l’analyse de Philippe Chriqui et Pierre Christian mise en ligne par Le Monde le 7 juin n’aborde pas. Les auteurs refusent de conclure à une mise en cause de l’Union Européenne elle-même par la montée de l’abstention, au motif que « les nonistes étaient candidats ». Mais cette conclusion est erronée : les dirigeants du Front de Gauche et du NPA ne représentent pas tous les militants qui ont défendu le NON au référendum de mai 2005 et dont une composante importante a appelé à l’abstention ce 7 juin. Ils ne rassemblent pas, non plus, tous les électeurs qui ont voté NON en 2005.

On a de surcroît affaire à un système électoral très fermé et financièrement verrouillé, où le coût de la campagne électorale empêche la présentation de listes vraiment novatrices.
La position de force des plus influents se perpétue ainsi avec une grande inertie, de façon à mieux préserver le système en place en faisant notamment barrage à des listes sans anciens ministres, « personnalités connues », « partis de gouvernement », groupes parlementaires déjà en place, « entrées », « relations fortunées », militants avec des revenus aisés et jugés « solvables », et toute la panoplie. « Fauchés » et « sans relations », s’abstenir…
S’abstenir, c’est précisément ce que les « fauchés » et les « sans relations » ont fait le 7 juin. Doit-on s’en étonner ?
Dimanche soir, le site du Parlement Européen a chiffré le taux d’abstention à 56,91% pour l’ensemble de l’Union Européenne. Mais à en juger par ses déclarations du 7 juin au soir, le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, ne compte pas prendre en considération le message évident de cette abstention massive. La même politique va donc se poursuivre.
Sans apparemment point s’inquiéter, Barroso vient d’estimer que le résultat de ces élections constitue « une victoire indéniable des partis et des candidats qui soutiennent le projet européen ». Les presque 57% d’électeurs européens qui se sont abstenus, se seraient-ils donc par leur geste auto-exclus de la tant claironnée « démocratie européenne » ?

Ils ne comptent pas prendre en compte le message de l’abstention ? Tiens quelle surprise !
Cela ne sera que la nième élection qui prouve que l’abstention n’est pas une solution, mais à chaque élection on aura encore inlassablement des gens pour appeller les autres à ne pas se mobiliser …
Seule la mobilisation et le rassemblement peuvent nous sortir de cette situation, c’est comme cela que fonctionne la politique, il faut être debout organisés déterminés et nombreux pour que les choses changent !

Gilles (7261),

Tu penses vraiment que par principe la ratification d’un traité par un parlement ne vaut pas « validation démocratique » ?

Pour ma part, je n’ai jamais dit ça, même si à mon avis - dans l’intérêt de la démocratie participative et pour la solidité de la construction européenne - tous les traités fondamentaux européens devraient être soumis au référendum, et surtout le traité de Lisbonne, puisqu’un traité à peu près semblable (le TCE) avait été rejeté par référendum.

Ton reproche d’oubli n’est donc pas fondé.

Quant à l’opinion de Gonzalez-Mestres, je ne la partage pas. Si 60 % de citoyens ont négligé leur devoir électoral, c’est à eux qu’il faut le reprocher d’abord plutôt qu’au système électoral en vigueur. Il suffisait de quelques minutes pour s’informer sur les grandes lignes des programmes en présence. Si les gens sont paresseux, qu’ils s’en prennent à eux-mêmes. JR
JR

On ne peut pas émettre de principe sur la ratification d’un traité par le parlement du fait que tout dépend de ce que contient le dit traité et aussi des mandats reçus.

Si on parle des traités européens, le problème c’est que ces traités sont en fait des constitutions ( ils traitent de la question de la souveraineté ) et par conséquent en écrivant ces traités les gouvernements s’octroient des pouvoirs constituants qu’ils ne devraient pas avoir, et en ratifiant ces traités les parlements s’octroient des pouvoirs constituants qu’ils ne devraient pas avoir.

Pour tout traité qui serait véritablement un traité et non pas une constitution, à condition que ce traité fasse partie du mandat du gouvernement et des représentants au parlement, il n’y a aucune raison de refuser une rédaction du traité par le gouvernement et une ratification par le parlement étant donné que c’est la procédure législative normale.

à Jacques Roman (7265)
Croyez-vous vraiment que le but des principaux instigateurs de la « construction européenne » est l’appropriation par les gens-eux-mêmes des problèmes qui les concernent ? Si c’était le cas, les gens qui ne sont pas stupides s’en seraient aperçus, non ? Si c’était le cas, ils seraient aller voter en masse. Est-ce le cas ?

Jacques, vous restez dans la théorie et vous n’évoquez pas le coût d’une campagne pour un parti naissant, exemples : RIC, Newropeans, Union des Gens, espérantistes …, ce coût qui a empêché Yvan Bachaud, Zolko, NigùnOtro, Déhel et tant d’autres citoyens européens de base de se présenter, de s’exprimer, d’être élus.

Savez-vous qu’en France tout parti doit payer plus de 1 million d’Euros pour être présent aux élections européennes, qu’en Italie, Pologne et Roumanie chaque nouveau parti (pas les partis déjà existant) doit collecter respectivement 150 000, 130 000 et 200 000 signatures de citoyens pour pouvoir se présenter aux élections européennes ?

à Sandy (7264) «à chaque élection on aura encore inlassablement des gens pour appeller les autres à ne pas se mobiliser …», j’appellerai à ne pas se mobiliser pour voter tant que les partis persisteront à tromper l’électeur en lui disant que l’on peut changer cette « Europe », changer l’Europe alors que les dirigeants de l’Union Européenne ne tiennent pas compte des résultats des référendums. Dés que les partis de gauche diront qu’ils veulent sortir du piège de cette « Union «Européenne» », je recommencerai à voter et je ne suis pas le seul apparemment.

Jacques, vous restez dans la théorie et vous n'évoquez pas le coût d'une campagne pour un parti naissant, exemples : RIC, Newropeans, Union des Gens, espérantistes …, ce coût qui a empêché Yvan Bachaud, Zolko, NigùnOtro, Déhel et tant d'autres citoyens européens de base de se présenter, de s'exprimer, d'être élus.

Savez-vous qu’en France tout parti doit payer plus de 1 million d’Euros pour être présent aux élections européennes, qu’en Italie, Pologne et Roumanie chaque nouveau parti (pas les partis déjà existant) doit collecter respectivement 150 000, 130 000 et 200 000 signatures de citoyens pour pouvoir se présenter aux élections européennes ?


Gilles, en ce qui me concerne… ce qui m’a empeché de me présenter n’est rien d’autre que d’une part le manque de vision de ceux que j’aurais voulu comme compagnons, et d’autre part le manque de vision et d’effort de ceux pour lesquels je devrais faire le boulôt une fois élu. Ce qui m’était tout à fait clair est que la campagne se faisait avec intelligence et compromis, ou pas du tout… et cela à été donc pas du tout. On ne peut pas envisager faire de la politique sans des gens, et pour quelqu’un d’autre que le plus grand nombre… parce-que alors, pour le faire… on s’endette auprès des banques, et pour cela on developpe le programme que les banques aiment bien. Vous n’avez qu’a vérifier en quoi le programme électoral de n’importe quel parti suspect de devoir des emprunts ou s’être mis à genoux pour les obtenir contient quelque-chose contient quelque-chose de nuisible pour les intérêts des banques (tiens, tant que vous y êtes, faites le même scrutin pour les mesures de sauvetage du système financier).

Puis, revisez vos affirmations… aucun des partis que vous nommez n’a du payer ce million d’Euros, j’en suis sur :wink:

à Jacques Roman (7265) Croyez-vous vraiment que le but des principaux instigateurs de la "construction européenne" est l'appropriation par les gens-eux-mêmes des problèmes qui les concernent ? Si c'était le cas, les gens qui ne sont pas stupides s'en seraient aperçus, non ? Si c'était le cas, ils seraient aller voter en masse. [b]Est-ce le cas ?[/b]

Jacques, vous restez dans la théorie et vous n’évoquez pas le coût d’une campagne pour un parti naissant, exemples : RIC, Newropeans, Union des Gens, espérantistes …, ce coût qui a empêché Yvan Bachaud, Zolko, NigùnOtro, Déhel et tant d’autres citoyens européens de base de se présenter, de s’exprimer, d’être élus.

Savez-vous qu’en France tout parti doit payer plus de 1 million d’Euros pour être présent aux élections européennes, qu’en Italie, Pologne et Roumanie chaque nouveau parti (pas les partis déjà existant) doit collecter respectivement 150 000, 130 000 et 200 000 signatures de citoyens pour pouvoir se présenter aux élections européennes ?

à Sandy (7264) «à chaque élection on aura encore inlassablement des gens pour appeller les autres à ne pas se mobiliser …», j’appellerai à ne pas se mobiliser pour voter tant que les partis persisteront à tromper l’électeur en lui disant que l’on peut changer cette « Europe », changer l’Europe alors que les dirigeants de l’Union Européenne ne tiennent pas compte des résultats des référendums. Dés que les partis de gauche diront qu’ils veulent sortir du piège de cette « Union «Européenne» », je recommencerai à voter et je ne suis pas le seul apparemment.


Et comme cela n’arrivera jamais vous ne voterez jamais. Quel est l’intérêt de ne pas voter ? Passez vos nerfs ? Tout ce qui se passe c’est que Sarkozy fait un triomphe sur toutes les télévisions et il va oser encore plus de politiques répugnantes, bravo à toi ! Belle réussite !

NingúnOtro (7271),

Gilles, en ce qui me concerne… ce qui m’a empeché de me présenter n’est rien d’autre que d’une part le manque de vision de ceux que j’aurais voulu comme compagnons, et d’autre part le manque de vision et d’effort de ceux pour lesquels je devrais faire le boulôt une fois élu. Ce qui m’était tout à fait clair est que la campagne se faisait avec intelligence et compromis, ou pas du tout… et cela à été donc pas du tout. On ne peut pas envisager faire de la politique sans des gens, et pour quelqu’un d’autre que le plus grand nombre…

Raisons parfaitement honorables, sur lesquelles je m’incline.

En ce qui concerne le million d’euros à payer, j’ai repris l’information du site de Newropeans :

http://www.newropeans.eu/spip.php?article=1190&lang=fr

Yvan Bachaud pourrait nous informer de manière plus exacte puisqu’il a présenté des listes.

Sandy (7273)
Serais-tu devin ? Qui te prouve que les partis de gauche ne vont par finir ouvrir les yeux ? Oublies-tu le travail colossal de décryptage de Samuel SCHWEIKERT concernant les pouvoirs du « Parlement Européen » ? N’y a-t-il pas des éclaireurs qui indiquent déjà le chemin ? Que fais-tu d’Étienne Chouard, de Jacques Nikonoff, d’Aurélien Bernier, de Paul Thibaud et de tant d’autres ? Crois-tu vraiment que le but des principaux instigateurs de la « construction européenne » est l’appropriation par les gens-eux-mêmes des problèmes qui les concernent ? Réponds à cette question de fond au lieu de voir l’écume du jour et l’agitation passagère du moment.

Je suis quelqu’un de progressiste, et je crois en un principe c’est que la bonne voie mène toujours au progrès, quand la voie que tu as choisis consiste pendant un temps indéterminé à favoriser tout le contraire du progrès, ben je suis certain que ce n’est pas cette voie là qu’il faut choisir et j’espère que ce n’est pas cette voie là que les gens choisiront.

L’innaction fait le jeu de ceux que l’on combat. La mobilisation est le seul moyen de lutter. En appellant les gens à ne pas se mobiliser tu fais tout le contraire de ce qu’il faudrait faire. Regarde Etienne qui lui aussi est favorable à la sortie de l’UE a bien compris qu’il fallait néanmoins se mobiliser car l’abstention servait bien plus à ses ennemis qu’à sa cause.

En renvoyant tout le monde dos à dos parce que personne ne partage ta conviction c’est un comportement extrêmement radical et contre productif, des gens qui sont contre cette UE il y en a plein même si comme moi ils ne veulent pas sortir de l’UE et qui croient en une UE alternative.
Et il vaut mieux des gens comme ça qui s’opposeront aux directives libérales et qui nous informerons des plans qu’ils préparent pour qu’on puisse mieux s’y préparer et les dénoncer, comme par exemple pour leur projet de grand marché transatlantique avec les états unis dont on aurait jamais entendu parlé sinon, il vaut mieux ces gens là donc que des Michel Barnier, des Lamassoure ou des Cohn Bendit au parlement européen …
Et ça on ne l’obtient qu’en se mobilisant et en votant.
Tu veux protester tu veux changer les choses, mince le meilleur moyen de changer les choses c’est déjà d’éjecter du pouvoir ceux qui vérouillent tout et qui défendent ce avec quoi tu veux rompre, c’est quand même évident !
A toi d’ouvrir les yeux !

Résister sans maîtres

La création d’une vie différente passe, fondamentalement, par l’invention de modes de vie, de modes de désirer alternatifs. Si nous désirons ce que le maître possède, si nous désirons comme le maître, nous sommes condamnés à répéter les fameuses révolutions, mais, cette fois, dans le sens de ce terme en physique, celui d’un tour complet. Il faut ainsi inventer et créer concrètement de nouvelles pratiques et images de bonheur. Si nous pensons que nous ne pouvons être heureux qu’à la manière individualiste du maître et que nous demandons une révolution qui nous donne satisfaction, nous serons condamnés éternellement à ne faire que changer de maître. Car on ne peut être réellement anticapitaliste et accepter en même temps les images de bonheur que ce même système produit. Si l’on désire " être comme le maître " ou " avoir ce que le maître possède ", on reste dans la position de l’esclave. Les chemins de la liberté sont incompatibles avec le désir du maître. Désirer le pouvoir du maître est l’opposé de désirer la liberté. Et la liberté, c’est devenir libre, c’est une lutte. De la résistance surgissent précisément d’autres images de bonheur et de liberté, des images alternatives liées à la création et au communisme (dans le sens de liberté et de partage que ce terme recouvre, dans le sens d’une exigence permanente et non pas en tant que modèle de société).
Ce qu’il faut c’est créer un communisme libertaire, non de la nécessité, mais de la jouissance que donne la solidarité. il ne s’agit pas de partager à la manière triste, parce que nous y sommes contraints, mais de découvrir la jouissance d’une vie plus pleine, plus libre. Dans la société de la séparation, la société capitaliste, les hommes et les femmes ne trouvent pas ce qu’ils désirent, ils doivent se contenter de désirer ce qu’ils trouvent, selon la formule de Guy Débord. La séparation est ainsi séparation les uns des autres, de chacun de nous d’avec le monde, du travailleur d’avec son produit, mais en même temps de chacun de nous, séparé, exilé de lui-même. Telle est la structure de la tristesse.

C’est un bien joli texte Gilles. Merci.
Je partage complètement cette analyse de la structure de la tristesse qui, si elle n’a sans doute pas été préméditée, sert les chantres de l’individualisme que nous sommes collectivement devenus. Maintenant quelques remarques:
- cette structuration de la société a -ne nous en déplaise- oeuvré dans le sens d’un mieux être social, même individualisé, et sa négation en bloc reviendrait à ne pas reconnaître l’amélioration de la condition ouvrière; par contre, faire remarquer que ce progrès a aussi engendré la disparition des solidarités et des identités collectives suffit à démontrer son vice;
- l’usage de la liberté dans un exposé politique revient à utiliser les lignes de Yemenia, personne ne sait où ça peut mener. Maintenant, ton texte définit sa propre notion de liberté, solidaire et collective, tout le contraire de celle du modèle américain et très éloignée de nombreuses autres interprétations de gauche. Je crois personnellement en la jouissance que donne la solidarité et au communisme libertaire, mais les termes ont été à ce point dévoyés qu’en les exposant ainsi tu risques d’être insérer dans un inventaire à la Bouvard et Pécuchet. Bakounine dans une de ses trop rares divagations parvient selon moi, à force d’intentions, à une presque définition de liberté en évoquant que sa liberté est reproduite dans celle des autres à l’infini et que donc la liberté ne vaut que si elle est partagée de tous. On y retrouve tes intentions Gilles;
- ton texte souffre d’être davantage une analyse qu’une proposition concrète. Il y manque les moyens d’y parvenir. En plus, la seule concrétisation que je pourrais te prêter - égard au fil sur lequel tu publies - serait la sortie de l’UE que tu as défendue et là, tu le sais, je ne te suis plus. C’est affaire de symbole.

  Mais au fait, l'exercice même de la démocratie ne pourrait-il servir de principal moteur à l'expression et l'organisation des solidarités?

Le choix du symbole

[size=10]Déhel[color=#114477], je suis content que le sujet de la sortie de l’Union Européenne te tienne autant à coeur, c’est bon signe.

Ta phrase : « la sortie de l’UE que tu as défendue et là, tu le sais, je ne te suis plus. C’est affaire de symbole. »

Comme je sais que tu as de l’humour, un certain recul amusé sur les choses de la vie, que tu es un homme courtois et raffiné, que tu as toujours voulu que nos échanges aient eu lieu sous le signe de la plus haute distinction, permets une moquerie, je me demande parfois si il n’y pas une part de masochisme esthétisant et raffiné dans ton attitude. Pour le beau symbole d’un drapeau bleu à douze étoiles, tu es prêt à en baver de nombreux aspects de ta vie quotidienne. Cela fait tellement longtemps que si je vais à La Poste, il y a une queue monstrueuse à cause de la libéralisation des services postaux, que si je suis admis à l’hôpital, le personnel me fait ressortir avant d’être guéri pour libérer un lit quitte à ce que je revienne perdre mon temps aux urgences, ceci dans le cadre d’une allocation optimale des ressources qui selon les dogmes de l’UE est seulement atteinte que par des opérateurs qui agissent dans l’esprit de l’entreprise privée et qui ignore le bien commun et l’intérêt général. Que l’entreprise où j’ai réussi à rentrer délocalise des lignes de production, puis ferme, ceci grâce aux positions d’un libre-échangisme intégriste défendue par le commissaire européen représentant l’UE à l’OMC. Mais peut être que tu ne vis pas comme moi concrètement, ici en France, que tu ne vas jamais à la Poste, à l’Hôpital, que tes enfants ne vont pas l’école, que tu ne cherche pas de travail ici. Sais-tu au moins que les principaux concernés, faute que leurs décisions prennent effet sur la nature de cette Union en respectant leurs choix sur les traités, ont préféré récemment voter avec leurs pieds en s’abstenant massivement à un choix qui légitimait l’existence de cette Union ? À moins de faire partie de la minorité de privilégiés qui vit bien dans ce système, je ne vois pas pourquoi tu défends ce système. À part le symbole, quel argument en faveur du mieux-vivre ? Ceci en faveur de l’UE et qui ne pourrait être atteint par une autre politique de co-opération inter-nationale ? Car, il ne faudrait pas m’enfermer dans une position de repli national, au contraire, ce qui marche réellement, sans fonctionner à une idéologie absurde et mortifère, ce sont les co-opérations à la carte et secteur par secteur entre des pays ayant des intérêts communs.

Exemple phare : Airbus, dont de nombreux pays de l’UE ne fournissent aucune contribution et de nombreux pays hors UE contribuent.

L’exercice même de la démocratie sert de principal moteur à l’expression et à l’organisation des solidarités.

Oui, Déhel, je sens que tu accomplis des efforts méritoires pour sortir d’un masochisme de l’universalisme abstrait, cela va venir, et que ton but ultime est de jeter cette vieille défroque pour aller vers des réponses concrètes, vois-là au-delà du lien hyper-texte, un exemple de projet concret d’affiche qui appelle à organiser un repas fraternel dans mon quartier.[/color][/size]

http://files.myopera.com/anamorphose/fichiers/locataires/Z_Affiche_repas_des_nations_Bolie_re.png

Ami, Déhel, que comme tes rêves, tes luttes soient festives et colorées.

Cher Gilles,
revenons à ce qui nous oppose et à ce qui subsiste du débat sur ce fil. Tu as clairement cédé à la flagornerie et AUX GROS MOTS avant de me chambrer gentiment alors je me sens autorisé à la riposte, la réplique, à la mise au point. Faut qu’ça saigne!
La sortie de l’UE n’est pour moi envisageable qu’à long terme après une multiplication de tentatives d’en modifier la course et la preuve par l’exemple que nous ne sommes pas capables d’en réformer la logique. Ce dont nous sommes encore très loin.
La dimension symbolique de l’UE t’échappe et tu nous replaces les habitués, la Poste et l’hôpital, que je ne dois pas bien connaître vu que… là je ne t’ai pas très bien suivi mais l’usage dans un débat plutôt à gauche de l’argument je suis plus pauvre que toi donc je sais mieux sent la réplique usée d’un 20 heures à l’ORTF. En plus, si tu as remarqué, j’habite Casa et la Poste et l’hôpital dont tu souffres, en effet je ne les connais plus bien mais je les regrette et mes hôtes ici, ils les rêvent. La France c’était la référence. Aujourd’hui c’est l’Europe, ses multiplicités et ses investissements: la semaine dernière on annonçait l’aboutissement de projets de coopération en vue de la création de l’espace méditerranéen et le Maroc a obtenu une station d’épuration des eaux usées destinée à une nouvelle zone touristique, 300 000 personnes vont enfin obtenir l’accès à une eau courante satisfaisant aux critères d’hygiène moderne et une région toute entière va en profiter. Des décennies que la France promettait sans pouvoir en assurer l’investissement. C’est l’UE qui l’a fait.
Un peu plus au sud, l’Afrique sub-sahélienne, en équilibre alimentaire difficile, prise entre deux feux: une Politique Agricole Commune mortifère et les aides au développement pour mal compenser. Si la PAC subsiste, le problème aussi. Ce problème relève de l’UE. Un pays ne peut pas aujourd’hui infléchir seul les logiques du marché international, fût-il la France. La France peut remettre en question sa logique de défense de l’autosuffisance alimentaire et modifier sa politique commerciale. Sans l’UE, on perd en efficacité pour ne pas dire pire. Si tu parviens à saisir aussi que pour tous ces pays il est préférable d’avoir à faire à l’Europe plutôt qu’à l’ancien colon alors ta pensée aura dépassé l’horizon que tu maintiens abusivement en Gaule.
Comme tu l’as déjà sans doute compris, ce qui se passe en Amérique du sud en ce moment avec Chavez et Morales - qui s’empressent d’ailleurs de faire un marché commun bolivarien - ce qui se passe donc là-bas ne me laisse pas indifférent au point de rêver qu’un jour une coopération puisse se construire entre nos continents. Et bien, dans ce contexte espéré, si la France agissait seule, il en serait de même que pour les relations entre l’Iran et l’Irak ou bien la Chine et la Mongolie, noyées dans le tintamarre que font les puissants. L’Europe pourrait elle faire la différence et créer un pendant aux États-Unis et au monstre Indo-Chinois.
Je pourrais te parler de la Turquie aussi, de son intégration et de l’aide que cela apporte aux démocrates turques et aux laïques. Un pays musulman, de plus de 70 millions d’âmes, ça en pose des questions!
Alors oui cette UE je la hais. Oui elle détruit en profondeur, elle sape et elle afflige mais je ne prendrai pas le risque des idées de repli, pas avant d’avoir essayé d’en découdre.
Nous en sommes là par paresse collective, par hédonisme pervers, et aujourd’hui nous nous avilissons encore par notre inquiétude de perdre davantage alors même que le sud subsiste de nos restes et de salaires que nous fixons -nous grassouillets consommateurs - par notre obsession du vouloir posséder en même temps que d’être protégés. Chacun d’entre nous sur ce forum a plus de responsabilités dans le merdier mondial que ceux qui en sont les véritables victimes, même si nous nous consacrons à la résistance et même si nous essayons personnellement et sincèrement, que ça change. Nous tous ici en profitons et pas sûr qu’on pourrait s’en passer, alors se mettre en posture de sécession est pour moi un dangereux symbole, une périlleuse concession à la logique universaliste à laquelle nous a mené notre instruction.

J’allais oublier: la délocalisation est une plaie sociale dont les médias abusent pour maintenir la soumission générale à l’angoisse et la peur. Pourtant, en Roumanie, la grève des ouvriers de Renault pour une revalorisation des salaires a abouti il y a plusieurs mois et le fabricant français a été contraint de payer ses ouvriers spécialisés bien au dessus du salare minimum, ce qui ne l’a pas fait boiter et a très nettement participé à l’amélioration générale des conditions d’existence. Après Ceaucescu, personne ne s’en est plaint là-bas.
Mais en France qui pour relayer cette information d’un point de vue positif? Peu. Pourtant Renault vend des autos dans le monde entier à des prix qui sont les mêmes à La Havanne ou à Bali, prix qui sont fixés par un marché dont les règles sont ajustées par les bénéficiaires eux-mêmes et qui donc leur garantissent le meilleur, peu importe qu’il faille cent ans à un malgache pour s’acheter une Dacia. Et dans ce contexte-là, difficile d’être aussi manichéen. Faut-il protéger l’emploi français parce que Renault est français? Tout est donc fixé à la naissance et le ticket gagnant on ne le lâche pas?
Je participe de près à mon deuxième plan social d’envergure, cette fois-ci c’est à La Redoute où plus de 400 quinquagénaires vont se retrouver sur le carreau au profit de tunisiens et tunisiennes. Entre le siège social de Roubaix et celui de Tunis, on s’en doute, l’ambiance est à l’opposé. Dans un groupe il y a ma mère qui a peur de demain et dans l’autre une femme qui peut élever ses cinq enfants dans les meilleures conditions avec espoir d’un avenir radieux et d’une émancipation collective. Et bien je ne sais pas choisir mon camp. Ou plutôt, je ne veux pas choisir. Mais -crois-je- la problématique ne s’argumente pas autour de la simple question de la protection ou de la préservation parce qu’elle aboutit systématiquement au seul argument national, historique. D’ailleurs c’est l’argument que forcent les médias au point d’en éluder la problématique, et, de façon plus inattendue, jusque ici…

@ Gilles,

merci pour la pub… :wink: Je veux parler du message dans ta signature – j’ai noté, depuis, quelques petites corrections à apporter à ce document, mais rien de flagrant.

Pour le beau symbole d’un drapeau bleu à douze étoiles… J’avais pondu cette petite chanson l’an dernier, à l’occasion du « fameux » Congrès du 4 février 2008, que j’avais postée ici et que je m’offre le plaisir de reprendre sur ce fil.
J’avais aussi écrit une grosse moitié du thème et de la grille d’accords. Puis j’ai laissé ça en plan… c’était l’heure de monter à Versailles.

Chanson sur le congrès du 4 février 2008 à Versailles. Samedi

On mit la République en vente Dans cette machine à faire des lois
Dans le château des rois Louis, Qu’on ne pourra jamais écrire,
Presque en secret. Cinq cent soixante D’initiative ils n’en ont pas :
Félons et traitresses ont dit oui ; À quoi sert-il de les élire,
Bien d’autres ont choisi l’abstention, Les godillots du continent ?
Délaissant la Constitution. Et celui-ci, de Parlement ?
Nos sénateurs, nos députés Il ne sait tell’ ment plus dire non
Nous ont ôté le droit d’ voter. Qu’il veut nous passer son bâillon !

C’est qu’elle est douce, la muselière, quand on vous prépare le cerveau.
Entre deux pages publicitaires, les experts jouent avec les mots.
Un jour ils diront qu’ les droits d’ l’homme c’est la stabilité des prix
Pour qu’ la fanfare des gramophones ait toutes les chances d’avoir compris !

Elle nous apprend à obéir Alors voyons : « au 2) du F
A coup de mariages forcés ; Du quatorzième alinéa
Les Nations qu’elle disait unir Article 257,
Elle les maintient bien isolées, Traité instaurant… – c’est quoi ça ? –
Celle qu’ils ont baptisée Union, Les mots « dans le délai fixé,
Qui pour un oui ou pour un non Paragraphe 11, pour la vacance »
Ne veut mêm’ pas lever son voile, Sont remplacés par « éviter
Son drapeau bleu aux douze étoiles. Les distorsions de concurrence » » ! (2)

En liberté conditionnelle on voit filer les capitaux,
L’égalité, par d’ sus l’ marché, entre les joueurs d’un casino,
La fraternité des pillards – tant que la bulle se gonflera !
Et après l’ dernier coup d’ billard, qui sait encore c’ qu’on invent’ra ?

Ce serait tout de même un comble Si cette chimère ne veut pas d’ nous,
Que cette Europe de financiers, Qu’elle se rassure… on n’ veut pas d’elle.
A se construire contre des ombres Avec ses cliques et leurs gros sous,
Réussisse à les ranimer. Qu’elle aille saluer Machiavel.
On la fait passer pour l’Europe Depuis le premier chèque en blanc
Et on l’érige comme un sweat shop. Elle nous sermonne et elle nous ment.
Après la guerre économique, Cette utopie de commissaires,
Qu’offrira-t-elle aux fanatiques ? C’est le marché totalitaire !

(1) A 6/8. Au premier refrain, on peut introduire les thèmes du refrain et du couplet de la Carmagnole respectivement au premier et troisième vers ; au second refrain on peut présenter de même le thème de l’hymne à la joie, superposé à 3/4, ce qyu le rend tout… boiteux.

(2) Qui connaît le texte du traité « modificatif » dit de Lisbonne m’excusa peut-être cette formule abusive et vilaine… Je tenais à faire une courte référence à cette « plaisanterie » littéraire, mais je n’ai pu y trouver de clause qui respecte, outre le BA-Ba des principes constitutionnels, une métrique en huitains et quelques rimes associées… La disposition en vers provient, en fait, du point 79) stipulant : « À l’article 93, à la fin, les mots « … dans le délai prévu à l’article 14. » sont remplacés par « … et éviter les distorsions de concurrence. ». »

Xénophobie, menaces et « désobéissance » : l’Union européenne confrontée aux peuples

@ Déhel,

soit. Mais la tyrannie – subtile – qu’est l’Union européenne réellement existante, comment on la changera ?

[b]Comment va-t-on, en pratique, renégocier les traités UE ? Les analyses qui s’abstiennent de considérer cette question sont des couvercles sur une marmitte.

Le Parti de Gauche – en particulier, mais on peut en dire autant de presque tous les partis – s’interdit d’évoquer même l’idée d’une sortie de l’Union européenne, au motif que cela « ferait le jeu des nationalismes ». Le problème est que cela mériterait un débat et qu’on ne l’a pas. Car justement, on peut défendre la thèse inverse – ce que je fais. [/b]

En pratique, le Front national est le seul parti qui s’autorise à parler de cette idée – et encore, à demi-mots. Pour le dire honnêtement, s’ils n’ont pas fait un plus gros score à ces dernières élections, outre le fait que les électeurs concernés sont sans doute en bonne part concernés par l’abstentionnisme de circonstance, il y a que, justement, le FN a été relativement peu clair dans son discours anti-UE, « trop réglo » si je puis dire.

Dans les autres organisations politiques, parmi les seules qui pourraient le faire, la plupart explosent ou sont retournées commes des crêpes : exemple, DLR (Debout la République), avec des dirigeants qui font des campagnes pro-UE. Inutile de dire qu’il a fait un score minable. Même De Villiers a fait campagne sur le thème « prenons notre Europe en main » ; il s’est ramassé.
Au PCF, une motion parmi les deux dissidentes appelle ouvertement à sortir de l’Union européenne : elle a fait 25% au plan national ; 40% dans le Rhône, où je vis, soit 3000 adhérents, alors que le meeting du front de gauche sur Lyon a fait 300 personnes… Le type qui conduit cette motion (André Gérin) s’est fait éjecter de la direction nationale.

La xénophobie est clairement monté dans plusieurs pays d’Europe. Ce qui alimente une immigration de plus en plus massive et désespérée. Et les conditions de cette immigration et de la répression ne sont pas près de baisser en intensité, en violence, en misère, en violations. Et en effets secondaires, tels la xénophobie.

Contrairement à ce que chante la doxa de tant de partis qui, à l’évidence, n’ont rien pu empêcher dans l’avancée du monstre néolibéral, ce qui fait et fera, dans les temps à venir, le jeu des nationalismes, ce n’est pas le fait d’envisager l’idée d’une sortie de l’Union européenne, c’est le fait d’empêcher que ceux qui l’assument puissent en parler publiquement.

Cette idée ne doit surtout pas être réduite à une perspective. On doit prendre conscience, sans passion, que le seul moyen pour un pays de renégocier les traités UE dans un sens positif, social et démocratique, c’est d’employer la menace. Puisqu’il suffit aux lobbies d’acheter le gouvernement d’un seul pays membre, fut-il petit comme Malte ou le « riche » Luxembourg, pour empêcher toute renégociation de clauses « sensibles », il faudra fatalement qu’un seul gouvernement résolu et soutenu par une base populaire résolue, regarde ces marchands dans les yeux et mettent fin au chantage en en posant un autre : c’est ça (tel ou tel changement) ou merde (notre sortie de l’UE).

A un niveau intermédiaire, on peut et on devra pratiquer la « désobéissance » européenne. Contre une puis plusieurs directives ciblées. En refusant de donner suite aux injonctions consécutives de la CJCE puis de payer les astreintes, etc.
Il est intéressant de noter que le même texte fondateur du Parti de gauche qui exclut l’idée d’évoquer celle d’une sortie de l’Union européenne, reconnait la nécessité de cette désobéissance européenne.

Un intérêt majeur est que ce sera alors aux gouvernements des autres pays membres de se mouiller en demandant publiquement l’exclusion du pays désobéissant. En effet, il ne leur suffira pas du tout d’agir en coulisse (au sens où le peuple l’ignore) auprès des juridictions, de la CJCE, de la Commission, pour contraindre le pays désobéissant à rentrer dans le rang, puisque précisément celui-ci ne se pliera pas aux menaces, jugements, condamnations financières – il remettra ainsi l’institution internationale et le traité à leur place, celle du « droit international » ou la force fait le droit, qu’on le veuille ou non. Non, il faudra oser affronter les peuples. Le cauchemard pour ce régime.

Et les gouvernement de ces autres pays sauront que, s’ils obtenaient l’exclusion du pays désobéissant (ce qu’ils ne veulent évidemment pas, mais supposons que les lobbies qui les tiennent s’attachent à ce point à défendre telle clause de traité ou telle directive), les peuples de ces pays seraient évidemment informés, ça ferait scandale et on ne pourrait pas cacher les raisons de l’exclusion, ni l’identité des plaignants : il suffirait de se référer à l’arrêt d’exclusion de la CJCE. Rien de plus simple.

[b]Ces peuples sauraient ainsi au nom de quoi on a fichu dehors un pays, et il s’agira à coup sûr d’une ou quelques directives odieuses… et donc impopulaire également dans les pays dont les gouvernements auront porté plainte…

Vous voyez un peu le renversement de la logique du cliquet liée à la règle d’unanimité dans la ratification des traités – une logique implacable sinon.[/b]

Sam, la logique que tu développes là est celle que je défends.
Quand on a publié la proposition de désobéissance du MPEP, j’ai clairement prononcé mon soutien à cette idée, mais il ne s’agit pas de fédérer autour de la volonté de sortie de l’UE mais bien de désobéir en gardant en tête que la sortie de l’UE est une éventualité.
Je suis aussi d’accord avec toi quand tu pointes que le débat sur la sortie de l’UE est occulté. Fonde un parti ou une association qui pose la question et j’adhère, de la même façon que je participe à ce fil. Tu m’y trouveras sur la rive opposée à la tienne tout en sachant que ce que nous avons en commun est plus important, en quantité comme en qualité.
Le débat selon moi doit être poursuivi ici, les noms d’oiseaux en moins et les vexations oubliées -je parle pour ceux qui ne veulent plus échanger depuis quelques mois et qui manquent cruellement.
Merci pour ta ritournelle. Peut-être qu’un couplet ou deux plus radicaux et moins savants feraient l’affaire de beaucoup plus?

Une conférence de François ASSELINEAU sur l’Union Européenne

François ASSELINEAU par une conférence, reprise en 17 extraits sur le site openvideo.dailymotion, explique la genèse de l’Union Européenne, ses instigateurs, ses buts. Les liens url de cette conférence sont à la fin de cet article.

I ] Extrait du N° 13 du bi-mensuel le Plan B :

Au sortir de la la Seconde Guerre mondiale, le projet de créer des « États-Unis d’Europe » soulève l’enthousiasme de Washington et d’une nébuleuse hétéroclite composée de lobbys patronaux, d’anciens de Vichy, de socialistes réformistes et de catholiques sociaux. Leur point commun : la haine du communisme. En 1948 est créé le Mouvement européen, une association qui comptera parmi ses présidents d’honneur plusieurs chefs de gouvernement tel que le britannique Winston Churhill, l’allemand Konrad Adenauer et le français Robert Schuman. Dès ses débuts, ce groupuscule jouit du soutien discret mais inconditionnel de la CIA. Par le biais d’un organisme baptisé « American Committee On United Europe » (ACUE), elle va injecter des millions de dollars dans les activités de propagande du « mouvement », en direction notamment de la jeunesse et des milieux politiques. Washington place à sa tête l’homme politique belge Paul-Henri Spaak, un ex-sympathisant du III ème Reich promu porte-serviettes des intérêts américains.

Cette intervention s’insère dans la stratégie d’influence des États-Unis en Europe, marquée en 1947 par le plan Marshall. Avec le début de la Guerre Froide, l’unification militaire de l’Europe Occidentale devient pour l’administration Truman un élément crucial de sa lutte d’« endiguement » du communisme. C’est le Traité de Bruxelles de mars 1948 puis le pacte atlantique d’avril 1949, qui conduit à la création de l’OTAN.

Mais le « rêve européen » n’est pas seulement géo-stratégique. Le gouvernement américain réclame une union douanière entre ses partenaires européens ainsi que l’ouverture de leurs marchés afin d’y déverser marchandises et capitaux. L’Organisation Européenne de Co-opération et de Développement Économique (OECE) http://fr.wikipedia.org/wiki/OECE qui gère les vannes du plan Marshall, contraint les pays à abaisser leurs protections et à instaurer une Union européenne des paiements (1950). Dans une note interne, un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay crie au chantage : « Si les États-unis exercent une pression sévère sur les pays européens pour que ceux-ci libèrent leurs échanges, c’est que l’intégration économique de l’Europe correspond aux intérêts américains. »

Le Plan B – Service Abonnements
BP N° 1
59361 Avesnes sur Helpe Cedex courrier électronique : abonnements@leplanb.org

II ] Présentation de l’ouvrage « L’idéologie européenne » :

• Par Benjamin Landais, agrégé d’histoire, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure
• Aymeric Monville, l’auteur de « Misère du nietzschéisme de gauche » aux Editions Aden et directeur de collection des Editions Delga.
• Pierre Yaghlekdjian, militant politique. C’est son premier livre.

À la poubelle la victoire du « Non » à la constitution européenne ? Le 4 février 2008 marquera sans doute dans l’Histoire de France le premier coup d’Etat politique du XXIe siècle. Avec la bienveillance du Parti Socialiste, la nouvelle gouvernance à l’américaine aura montré que la volonté souveraine exprimée par plus de 15 millions de Français en mai 2005 peut être violée par 560 parlementaires moins de trois ans plus tard. Qu’importe ! « L’Europe est sortie de l’impasse ! ». Sic !
Il était donc urgent de reprendre l’offensive dans les luttes comme dans l’analyse de ce que sous-tend réellement la « construction » européenne. Car force est de constater que même la « Gauche du NON », qui prétend « réorienter » l’UE et lui donner un contenu « social », a déserté ce terrain.

La rédaction collective de ce livre a donc été guidée par ces idées directrices :
• Identifier les conséquences réelles de la « construction » européenne. Où l’on verra qu’en fait de « construction », il s’agit essentiellement d’un démantèlement de la capacité de résistance des peuples face à la domination du capitalisme mondialisé.
• Retracer la généalogie de l’Europe en tant que mythe politique et culturel. Où l’on constatera le parallélisme entre les défaites du mouvement ouvrier et l’hégémonie croissante de l’Europe
• Face aux impasses théoriques de l’alter-mondialisme, tenter de comprendre dans quelle logique impérialiste l’Europe s’inscrit.

Sommaire

Chapitre 1 : SUR QUELQUES ASPECTS DE L’IDÉOLOGIE EUROPÉENNE AU XXE SIÈCLE
Chapitre 2 : L’EUROPE ANTIDÉMOCRATIQUE
Chapitre 3 : LES POLITIQUES EUROPÉENNES AU SERVICE DU CAPITAL
Chapitre 4 : L’IMPÉRIALISME EUROPÉEN
Chapitre 5 : LA QUESTION NATIONALE DANS LE COMBAT INTERNATIONALISTE
Chapitre 6 : LE MYTHE DE L’EUROPE SOCIALE ET LES AVATARS DE LA «GAUCHE» EUROPÉENNE
Chapitre 7 : DE L’IDEOLOGIE A LA PROPAGANDE
Annexe : EUROPE, L’ETENDUE DU DESASTRE

Ouvrage à commander ici :
http://www.rezolibre.com/detail.php?article=1891

III ] Les liens url de la conférence de François ASSELINEAU

Première vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/user/thie5286/video/x9mv1q_les-12-impasses-de-lue-extrait1_news

Deuxième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/user/thie5286/video/x9mubq_les-12-impasses-de-lue-extrait-2_news

Troisième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/user/thie5286/video/x9mx2l_les-12-impasses-de-lue-extrait-3_news

Quatrième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/user/thie5286/video/x9mxvg_les-12-impasses-de-lue-extrait-4_news

Cinquième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/user/thie5286/video/x9t3qf_qui-gouverne-la-france-extrait-5_news

Sixième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9n0qq_les-12-impasses-de-lue-extrait-6_news

Septième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9n1iw_les-12-impasses-de-lue-extrait-7_news

Huitième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9n2ku_les-12-impasses-de-lue-extrait-8_news

Neuvième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9n5ek_les-12-impasses-de-lue-extrait-9_news

Dixième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9n6bv_les12-impasses-de-lue-extrait-10_news

Onzième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9n7l3_les-12-impasses-de-lue-extrait-11_news

Douzième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9ndsr_les12-impasses-de-lue-extrait-12_news

Treizième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9ngol_les-12-impasses-de-lue-extrait13_news

Quatorzième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9nor5_les-12-impasses-de-lue-extrait-14_news

Quinzième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9nzsw_les-12-impasses-de-lue-extrait-15_news

Seizième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9o22s_les12-impasses-de-lue-extrait-16_news

Dix-septième vidéo : http://openvideo.dailymotion.com/popular/user/thie5286/video/x9o2ub_les-12-impasses-de-lue-extrait17-et_news