32 Sortir de l'Union Européenne

Salut Déhel, c’est un tract un peu trop nationaliste, je le reconnais car les gens des autres pays européens sont aussi dans le piège européen, le combat pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est aussi vital pour eux que pour nous. Pour moi, ce site est un peu un terrain d’expérience concrète, j’avais envie de voir si je pouvais transformer un fichier pdf en une image affichée sur le site. Oui, je le peux !
Ceci dit, je vais peut-être recommencer, il y a encore des beaux tracts avec je suis pas à 100% d’accord, mais qui me plaisent bien !

La démocratie représentative, celle qui existait concrètement auparavant, postulait que la souveraineté appartenait au peuple et quelle était exercée par ses représentants. Il n’y a pas de peuple européen, donc pas de souveraineté légitime à représenter. Ne nous laissons pas embrouiller l’esprit s’il vous plaît.

Je crois que vais faire une très grande randonnée le 7 juin tiens un lien url pour changer :

http://ardon.randonnee.free.fr/bulletinTranSologne2009.pdf

et c’est bête, je serais tellement occupé toute la journée que je n’aurais pas le temps d’aller voter. Comme c’est dommage ! C’est un peu comme en Algérie, le jour des élections, les gens sont occupés, occupés tellement qu’ils n’ont pas le temps d’aller voter, c’est vraiment dommage pour la belle démocratie algérienne, vraiment dommage.

J’ai comme l’impression d’avoir été ignoré :stuck_out_tongue:

Faute de quorum dans les élections, l’abstention est une soumission.

Bonjour,

[bgcolor=#FFFF99]Compte tenu de nos institutions (qui n’imposent aucun quorum, aucun taux minimum de participation à atteindre pour rendre légitimes les élus), dans ce cadre-là, l’abstention est, à mon sens, à la fois une démission et un gaspillage : personne ne peut rien déduire de l’abstention ; l’abstention ne contient aucun message politique puisqu’elle mélange en son sein tout et son contraire : à la fois les indifférents, les mécontents radicaux, les satisfaits passifs, et… les vraiment empêchés par un cas de force majeure. L’abstention ne permet pas de discerner les volontés politiques.[/bgcolor]

Il n’y a rien d’utilisable dans l’abstention.

Par contre, on peut voter pour ceux qui luttent contre la prison politique de ces institutions, et il y en a quelques uns : s’ils sont honnêtes, ils se serviront de leur position de notables comme d’une tribune. Raoul Marc Jennar est sûrement un des plus crédibles de ce point de vue. Mais il n’est pas le seul.

Étienne.

L’abstention n’a aucune signification politique

En aucun cas l’abstention ne peut être interprétée comme une prise de position politique : elle signifie seulement l’indifférence ou la paresse. JR

Le parti de gauche a(vait) fait un geste en direction de la désobéissance européenne

Ci-dessous, un passage d’analyse et de positionnement fondamental tiré du chapitre V-8 du texte "Pour une autre Europe"adopté par le congrès constituant du Parti de gauche.

J’ai découpé moi-même en plusieurs paragraphes ce passage, en retournant à la ligne et en sautant, une ligne : c’est le seul moyen (pas catho, tant pis) que j’ai trouvé pour souligner ce texte sans le rendre illisible… Car tout y est à souligner.

[color=black]Toute possibilité de mettre en oeuvre une politique de transformation dans notre pays et d'agir pour commencer à changer l'Europe est-elle interdite sans la refondation globale préalable des Traités ? Poser ainsi la question risque de déboucher sur deux impasses : d'une part, réclamer cette refondation globale et, en attendant de l'avoir obtenue, se soumettre aux règles en vigueur ; d'autre part, faute d'espérer obtenir une telle refondation à un horizon prévisible, considérer qu'il n'est d'autre issue que de sortir de l'Union Européenne. Dans le premier cas, c'est la politique de transformation sociale dans notre pays qui serait sacrifiée ; dans le second, c'est un message de repli national dangereux qui serait envoyé dans un contexte de crise globale propice aux tensions internationales.

Pour dépasser cette alternative binaire improductive, un gouvernement de gauche digne de ce nom combinera bataille politique pour une refondation globale fondée sur de nouveaux traités et ruptures partielles sur des questions jugées vitales pour la transformation sociale.
Le gouvernement britannique a bien décidé de ne pas appliquer certaines directives sociales et a bénéficié de l’accord des autres partenaires pour cela. Un gouvernement de gauche devra mener bataille pour bénéficier de telles « exceptions » et refuser d’appliquer certaines directives libérales en choisissant des thémes d’affrontement partiel (la mise hors concurrence de ses services publics par exemple) qui prolongent des mobilisations sociales nationales et européennes et qui puissent ainsi bénéficier d’une compréhension et d’un soutien populaire en France et en Europe.
Ce serait alors aux autres gouvernements de dire si ces « exceptions françaises » justifient « l’exclusion » de la France. S’agissant d’un des principaux pays membre, on peut penser qu’ils hésiteraient à franchir ce pas et rechercheraient des aménagements comme ils le firent pour la Grande Bretagne…[/color]


Sans doute l’effet de la campagne, qui n’est pas celle de 2012 : manifestement, aucun dirigeant national ou local du parti de gauche ne se souvient de ça.

La démocratie « canalisée » de la « construction européenne »

 Sandy, Étienne, Déhel, Jacques Roman, j'entends bien vos arguments, je les respecte, moi-aussi je doute, ne vais-je point voter à la dernière minute ? N'ai-je pas toujours voté ? Oui, toujours sauf une seule fois. Car, il y a quand même quelques bons arguments en faveur du vote, permettre à certains élus de dénoncer les manoeuvres du Conseil et de la Commission, freiner les mauvaise évolutions au coup par coup faute de changer le système.

 D'habitude, je prends partie, je m'engage et je discute avec mes amis, mes proches, « Gilles, tu nous soûles avec ta politique ! Tu ferais mieux de t'occuper de tes affaires, franchement, je te jure ! », je prends part à la "fête", mais là, je me sens étranger, la "fête" se déroule sans moi, Pourquoi ?

 Les militants du PCF de mon quartier a qui je fais remarquer que la communication du Parti sur les pouvoirs selon eux manifestes du Parlement Européen ne tient pas la route me disent en privé : « Oui, on sait que cela n'est pas très vrai, mais on a besoin de cela pour motiver les gens à voter pour être là-bas pour dénoncer et mettre des grains de sable dans la mécanique trop bien huilée de l'Union Européenne. »

Sam en a très bien parlé dans le 1) de son intervention, je lui redonne la parole :
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=6965#p6965

 J'hésite, Front de Gauche, NPA, Debout La République ? Rien ne me satisfait vraiment, cela fait tellement longtemps que si je vais à La Poste, il y a une queue monstrueuse, que si je suis admis à l'hôpital, le personnel me fait ressortir avant d'être guéri pour libérer un lit quitte à ce que je revienne perdre mon temps  aux urgences, que l'entreprise où j'ai réussi à rentrer délocalise des lignes de production, puis ferme, que le collège le plus proche ferme des classes, franchement, je n'y crois plus. Maintenant, j'ai compris que le but de la "construction européenne" est justement de contourner la volonté populaire, de créer une démocratie style Canada Dry. Comme le dit le proverbe on peut mentir tout le temps à une seule personne, ou peut mentir une fois de temps temps à tout le monde, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde.

 Je vais essayer ici de suivre brièvement une analogie, histoire de voir si nous pouvons en tirer ou non des enseignements, je pense à un canal qui détourne l'eau d'une rivière et donc qui détourne l'eau de sa tendance naturelle à suivre la ligne de plus grande pente. Eh, bien pour moi la "Construction Européenne" s'apparente à la construction d'un canal car elle contourne la loi naturelle de la démocratie à suivre la loi du plus grand nombre. Est-ce que cette analogie vous parle ?

[bgcolor=#FFFF99]« François Ruffin : « Si l’Europe sociale est imaginable,
ce n’est pas sur les bases de l’Union Européenne. » »
[/bgcolor]

Un entretien passionnant avec un militant passionnant, relayé par le site Article XI :

http://www.article11.info/spip/spip.php?article403

[b]François Ruffin : « Si l’Europe sociale est imaginable, ce n’est pas sur les bases de l’Union Européenne. »[/b]

samedi 9 mai 2009, par Lémi

Il a débarqué dans les kiosques il y a quelques jours. Avec quelques défauts - sans doute [1] - mais aussi une sacrée gniaque et une vision revigorante du journalisme, sans faux-semblants ni chichis. Le premier numéro de Fakir (le journal qui pique, autrefois réservé aux Picards) à l’échelle nationale donne le ton en s’attaquant à un gros morceau, le projet européen, celui du libre-échange et du libéralisme débridé. Loin, très loin, de l’Europe sociale prétendument en chantier.

François Ruffin, qui n’en est pas à sa première apparition sur ses pages (voir ici et ici), est l’instigateur du projet [2]. Il l’a pensé, mûri, porté sur ses épaules. Également franc-tireur chez Mermet et au Monde Diplomatique, il revient ici sur un idéal de plus en plus flou et sur les errements d’une construction européenne contaminée dès ses débuts par le virus libre-échangiste.


Est-ce qu’il y a encore des espaces où une autre voix sur l’Europe peut se faire entendre ?

Très peu. Les médias sont une machine à propagande, c’est particulièrement flagrant avec l’Europe. Sur ce sujet, ils ne remettent jamais en cause les fondements économiques, ça leur est interdit. Par exemple : hier [3], il y avait une journée consacrée aux Européennes sur France Inter, avec entre autres pour invités le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, le responsable du site Café Babel, un Italien très européiste, et pour animateurs des journalistes pro-européens, Nicolas Demorand et Bernard Guetta. La seule chose que tout ce beau monde mettait en avant, c’était Erasmus, qu’ils décrivaient comme le symbole de la réussite européenne. C’est un peu ridicule : Erasmus, ça fait peut-être jeune et Europe qui bouge, mais ça ne représente pas grand monde. Au final, ça concerne uniquement 1% des étudiants européens et les bourses accordées sont généralement minimes.

« Erasmus, ça fait peut-être jeune et Europe qui bouge, mais ça ne représente pas grand monde. »

Pourquoi est-ce que ce pseudo-consensus n’est jamais remis en cause ?

Le point commun du PS, de l’UMP du Modem et de tous les partis de gouvernement est l’européisme. Pour eux, c’est un dogme qu’on ne peut pas remettre en cause, comme le libre-échange. Dès que ces sujets - considérés comme les fondements économiques de la société - sont abordés, comme hier sur France Inter, c’est le grand déferlement : la notion de pluralisme disparaît et le débat est occulté dans les médias dominants.

Tu as des exemples précis ?

Bien sûr. Par exemple, la France ne compte qu’un seul prix Nobel d’économie, Maurice Allais. Et pourtant – je pense que c’est significatif – on connaît davantage les noms d’Alain Minc, de Jacques Attali ou de Pascal Lamy que le nom de ce monsieur : il est interdit de médias parce qu’il est contre l’Europe du libre-échange et qu’il revendique le protectionnisme pour défendre les salariés. Il est scandaleux qu’un intellectuel de cet acabit n’ait pas le droit de s’exprimer dans les médias simplement parce qu’il est en faveur d’une Europe différente. Pour nous, c’est parfait, puisqu’il prend finalement la parole dans Fakir. Mais même là, ça pose question : quand l’unique entretien publié du seul prix Nobel Français d’économie l’est dans un journal aussi marginal que Fakir, il y a un problème. C’est le signe que toute idée qui n’est pas conforme à la pensée économique dominante est marginalisée.

« Quand l’unique entretien publié du seul prix Nobel Français d’économie l’est dans un journal aussi marginal que Fakir, il y a un problème. »

La chape de plomb semble paradoxalement s’être encore plus développée depuis le « Non » du 29 mai 2005.

On entend beaucoup ce discours. Les gens estiment que ce vote n’a rien changé et que le passage en force du Traité de Lisbonne en est la preuve. Je ne suis pas tout à fait d’accord.

Alors, c’est vrai : le soir même, en direct à la télévision, Arlette Chabot et ceux qui l’entouraient, Strauss-Kahn et Cie, niaient ce vote, le réduisant à une victoire nationaliste, comme tous les médias et partis dominants. Pourtant, le 29 mai 2005 a d’abord été un vote de classe : 80 % des ouvriers ont voté pour le « non », comme 67 % des employés et 71 % des chômeurs ; à l’inverse, la grande majorité des cadres a voté pour le « oui ». Et on retrouve ce même schéma en Irlande, où les élites tentent aussi de faire comme si la population n’avait pas voté « non ».

« Le 29 mai 2005 a d’abord été un vote de classe : 80 % des ouvriers ont voté pour le « non », comme 67 % des employés et 71 % des chômeurs. »

Mais je pense qu’il y a des choses qui avancent malgré toutes ces négations de la démocratie. Il ne fallait pas s’attendre à ce que le 29 mai au soir, les socialistes, la droite, les banquiers, les publicitaires, les médias changent leur fusil d’épaule. Cela fait un demi-siècle qu’ils construisent cette Europe du libre-échange, ils n’allaient pas rebrousser chemin d’un coup. L’histoire n’avance pas comme ça.

À la limite, le fait que le gouvernement n’ait pas fait voter les français sur le traité de Lisbonne en le passant en force à l’assemblée est une victoire pour notre camp. Ça veut dire qu’ils savent très bien qu’ils auraient essuyé un échec sévère – 60 ou 65% de non – s’ils avaient organisé un scrutin sur ce traité.

Ces élections à venir ne passionnent pas : le fossé se creuse encore avec les citoyens ?

C’est déjà le cas depuis un bout de temps. Et puis, dans le cas des élections européennes, il n’y a pas ce vrai enjeu qu’on retrouvait en 2005, celui de se positionner pour ou contre l’Europe du libre-échange. Et les gens ont compris que le Parlement européenne était une instance sans poids réel, à l’influence plus limitée que celle de la Commission européenne, pourtant pas élue.

Pour que les gens votent, il faut aussi qu’il y ait des forces politiques convaincantes. Aujourd’hui, il y a les partis du « oui » qui sont organisés d’une manière forte, tandis que ceux du « non » ne se présentent pas de manière unie et crédible. La division du camp du « non » – le Front de Gauche, le NPA et tout un tas d’autres formations plus marginales – sabote en partie ce vote.

Pourquoi cette alliance n’a pas pu se réaliser ?

Je pense que c’est le résultat de tactiques internes. La gauche de gauche ne s’est pas montrée à la hauteur de l’enjeu. Il y avait pourtant une opportunité historique, avec la possibilité de rebondir sur le 29 mai 2005, de réaffirmer l’opposition à l’Europe du libre-échange tout en pointant la crise actuelle. Montrer que cette crise, cette impasse, résulte du libre-échange. C’est un discours crédible qui aurait séduit.

« La gauche de gauche ne s’est pas montrée à la hauteur de l’enjeu. Il y avait pourtant une opportunité historique. »

Au fond, je pense que ces formations prouvent leur manque de maturité en agissant ainsi. Il n’y a jamais eu de climat aussi favorable à leur discours, et pourtant les scores risquent d’être limités. Pour prendre un exemple historique : à la veille de 1789, quand ils sont arrivés aux États Généraux, Mirabeau, Brissot, Danton et Robespierre ont commencé par marcher ensemble, avant de s’opposer plus tard ; s’ils avaient fait l’inverse, 1789 n’aurait jamais eu lieu.

Il me semble que si, avant même la première marche politique, on n’arrive pas à trouver un terrain d’entente, c’est mal barré. En face, il y a une machine de guerre : ils ont les entreprises et les banques, les médias, l’Elysée, l’assemblée, le Sénat… Si on veut leur rentrer dedans, il faut construire une force crédible. Ce n’est pas le cas cette fois-ci.

Ils ne vont donc pas être « punis » ?

Il y a de bonnes chances pour qu’ils ne le soient pas. Ceci dit, je pense que se mobiliser de manière marginale peut être utile. Même les petits journaux et les petites réunions servent à quelque chose. Ça s’est vérifié dans le passé : la formation de la classe ouvrière anglaise au 19e ou l’avancée des idées politiques en France au 20e siècle se sont faites par petites étapes. Rappeler que le vote du 29 mai n’a pas été oublié permet de maintenir la flamme allumé. Et un jour, quand il y aura une circonstance historique, cette petite flamme pourra se transformer en incendie.

Tu penses que l’Europe sociale reste une possibilité ?

Non. Si l’Europe sociale est imaginable, ce n’est pas sur les bases de l’Union européenne. Pour exemple, je me suis récemment livré à une généalogie des traités européens pour retracer la genèse de cette idée de libre-circulation des capitaux - y compris avec les pays-tiers - qui m’avait le plus choqué dans le Traité constitutionnel de 2005. Et bien, ça remonte au traité de Rome de 1957 : le vers était déjà dans le fruit à cette époque. Maurice Allais, que je citais tout à l’heure, le remarque également : « Toute la construction européenne et tous les traités relatifs à l’économie internationale (GATT, OCDE, etc.) ont été viciés à leur base par une proposition enseignée et admise sans discussion dans toutes les universités américaines – et à leur suite dans toutes les universités du monde entier : « Le fonctionnement libre et spontané des marchés conduit à une allocation optimale des ressources. » »

Bref, le Traité de Rome proclamait déjà la toute-puissance du marché. C’est pour ça que si on veut une Europe sociale, il faut demander des fondements complètement neufs.

Autre exemple, je suis allé à Bruxelles pour enquêter et j’ai vu le poids des lobbies et de l’industrie. Par des plaques, par des cadeaux aux députés, par des réunions où les banquiers parlent côte-à-côte avec Manuel Barroso, le poids de la finance se visualise concrètement. Une présence aussi éhontée des lobbies et de la finance ne passerait pas, par exemple, au sein du parlement français, de la démocratie française. Pourquoi l’accepter au niveau européen ?

Quand on voit ça, il est difficile de s’imaginer un simple raccommodage menant à une Europe sociale. Pour qu’elle devienne sociale, il faudrait une remise à plat radicale. Ce qui demande une exigence populaire, voire un soulèvement populaire.

Tu parlais d’enquête : quelle est l’approche développée par Fakir ?

Fakir, à la base, c’est une une démarche en rupture complète avec l’approche journalistique habituelle. Je te parlais de l’entretien avec Maurice Allais : ça fait un an qu’il traînait dans les cartons, sans nulle part où le publier. Il faut s’interroger : pourquoi personne ne voulait de cette interview avec le seul prix Nobel d’économie français ? De même, le papier sur les lobbies à Bruxelles : je ne l’imagine pas publié ailleurs. Même le Monde Diplomatique ne sera pas dans cette ligne-là, de reportage, d’enquête. Mon approche sur ce genre de papiers, c’est presque du reportage à la Tintin, un peu naïf.

Un peu naïf mais… ça débouche sur quelque chose. Quand tu enquêtes sur les lobbies, tu n’enquêtes pas sur des secrets cachés, tu ne mets pas à jour des complots : tu décris ce que tout le monde pourrait voir. Mon reportage part ainsi d’une plaque apposée sur le Parlement européen, posée à 15 mètres de l’entrée et financée par les lobbies - c’est écrit noir sur blanc. Elle est là, visible, évidente, mais des centaines, des milliers de journalistes sont passés devant elle sans jamais s’interroger dessus. Comment ça se fait ?

« Quand tu enquêtes sur les lobbies, tu n’enquêtes pas sur des secrets cachés, tu ne mets pas à jour des complots : tu décris ce que tout le monde pourrait voir. »

Pour moi, les médias classiques reposent sur une double censure. Une censure politique, d’abord, qui refuse le « non » à l’Europe et ne veut pas donner la parole à un économiste défendant le protectionnisme. Mais aussi une censure dans la forme : le journaliste est quelqu’un qui fait des papiers de 1 500 signes extrêmement sérieux mais vides. Pour moi ça se joue autant sur le fond que sur le forme, ce que je montrais d’ailleurs dans Les petits soldats du journalisme.

Deuxième exemple, j’ai aussi enquêté sur Delors, avec un démontage en règle de la politique qu’il a menée entre 1985 et 1995 à l’Union Européenne, et avant ça au sein du Parti socialiste et du ministère de l’Économie. Je me suis coltiné beaucoup d’archives, ça a été long et fastidieux, mais il n’y avait rien de secret, de caché. En visionnant des dizaines de vidéos à l’INA, n’importe qui déboucherait sur la même conclusion que moi : Delors est l’homme des multinationales, la marionnette de l’industrie. On essaye de lui faire une statue de saint homme, on prétend qu’il aurait réconcilié la France avec l’Europe, la gauche avec l’économie. Les archives suffisent pourtant à mettre à jour la vérité : c’est un traitre, un renégat. Et le fait qu’il soit considéré comme un saint et que sa fille revendique son parcours est tout un symbole de ce qu’est aujourd’hui le socialisme français, libre-échangiste et européiste.

La crise financière aura au moins eu le mérite de mettre à mal ce modèle…

Tu crois ? Jusqu’à maintenant, pas tellement je trouve. C’est d’ailleurs ce qui me surprend dans le débat : on présente toujours la crise comme n’ayant rien à voir avec l’Europe. Comme si elle n’avait pas toujours été un encouragement à la libre circulation des capitaux, à la déflation salariale, à la maximisation des profits des entreprises et à la réduction des droits des salariés. C’est pour ça que la crise est aussi fille de l’Europe telle qu’elle s’est construite. C’est d’ailleurs ce qu’expliquait clairement le grand patron Denis Kessler : « L’Europe est une machine à réformer la France malgré elle. »

Cette machine, il lui a fallu du temps pour se mettre en place. Mais aujourd’hui, elle est devenue très efficace. A preuve, en France, les salaires n’ont plus augmenté plus depuis 20 ans, les temps partiels ont triplé, le travail précaire a été multiplié par deux…C’est pour ça que Kessler et tous ses amis grands patrons sont si satisfaits de l’Europe : ils savent très bien qu’elle contribue fortement à diminuer les salaires et les droits sociaux.


Notes:
[1] Votre serviteur pense notamment à un ton uniforme et à une maquette parfois un peu chargée.

[2] Auquel participe JBB, copinage assumé.

[3] Soit le mardi 28 avril

[4] Ce dessin est oeuvre de l’ami Tristan. Tu peux retrouver son très bon coup de crayon sur son blog. Hop !

[5] Signature du Traité de Rome, 25 mars 1957.

Je pense que c’est le résultat de tactiques internes. La gauche de gauche ne s’est pas montrée à la hauteur de l’enjeu. Il y avait pourtant une opportunité historique, avec la possibilité de rebondir sur le 29 mai 2005, de réaffirmer l’opposition à l’Europe du libre-échange tout en pointant la crise actuelle. Montrer que cette crise, cette impasse, résulte du libre-échange. C’est un discours crédible qui aurait séduit.
Il y a divergence sur la stratégie et sur le fond.

Le NPA défend un modèle de société trotskyste, assemblée de citoyens, autogestion, démocratie directe, pour eux les institutions actuelles sont aux mains des « bourgeois » et complètement verrouillées, la seule solution passe par un soulèvement populaire.

Nous, nous défendons un modèle de société républicain et social, une économie et démocratie mixte, et pour nous, la prise de pouvoir doit se faire par les urnes comme ce qui se passe en Amérique Latine.
Aux yeux du NPA nous ne sommes donc pas anti-capitalistes, mais seulement anti-libéraux, ce qui fait de nous des traîtres tout simplement :wink:

C’était assez flagrant, alors que nous avons cherché tous les arguments possibles pour les convaincre de partir ensemble aux élections, eux ont cherché tous les arguments possibles pour refuser cette alliance.

Ils ont finalement trouvé le moyen par le biais des élections régionales.
En clair ils ont demandé un front durable, nous étions d’accord pour reconduire le front aux prochaines présidentielles, de toute façon nous avions tjrs eu pour but les présidentielles vu que ce sont les élections les plus importantes, mais ce qu’ils entendaient par durable voulait dire aussi pour les élections régionales
Sachant que le parti communiste possède de nombreux élus sur des listes d’union de la gauche avec le PS et les verts, le NPA demandait en clair que les communistes quittent ces listes pour faire des listes avec le NPA et le PG sans le PS et les verts comme au niveau national sachant que les communistes ne seraient jamais d’accord.

Donc c’est avec cette excuse qu’ils ont refusé de s’allier avec nous.

Du fait de l’échec de cette alliance, les autres forces politiques, alternatifs, mpc etc … ont préféré laisser tomber ces élections européennes …

La LCR a toujours eu cette attitude « radicale » (ou sectaire je dirais plutôt) depuis 1968. Quand au PC il est très électoraliste.

Il n’y a jamais eu de climat aussi favorable à leur discours, et pourtant les scores risquent d’être limités.
Le climat a beau être favorable, nous avons peu de tribunes pour nous exprimer, nous subissons constamment de la désinformation ou de la minimisation, nous sommes nous aussi victimes de cette marginalisation qu'il dénonce au début de son article.

Je viens de voir l"interview qui suit sur la désobéissance européenne : Aurélien Bernier commence à avoir l’idée d’ouvrir la porte de l’Union Européenne, je l’engage à aller plus loin : la sortie de l’Union.

J’ai dû louper un épisode…
les interviews de
Pascale Fourier


Aurélien BERNIER[color=#114477],
secrétaire national du http://www.mpep.org/ M’pep ( Mouvement Politique d’Education Populaire).

Interview du 15 Mai 2009

Thème: Union Européenne Partie ½

Dissoudre la Gauche… ou prôner la désobéissance européenne : la vraie alternative….

[/color] Pascale Fourier[color=#114477] : Depuis quelque temps, le M’PEP, le Mouvement Politique d’Éducation Populaire développe un nouveau concept, la « la désobéissance européenne ». Qu’est-ce ?..

La désobéissance européenne, une nécessité

[/color]Aurélien BERNIER[color=#114477] : Ce concept de désobéissance européenne, il faut d’abord le resituer par rapport à une analyse sur la construction européenne. Au M’PEP, on dit clairement que la construction européenne est faite pour empêcher toute politique de gauche. On le voit bien au quotidien avec les directives sur les services publics, sur le temps de travail, les directives sur les OGM : on a un carcan libéral qui a enfermé les États et qui aujourd’hui les empêche de mener une autre politique que l’ultra- libéralisme, « l’eurolibéralisme » comme on peut dire pour qualifier ce libéralisme à l’européenne. Et donc si on veut mettre en œuvre une véritable politique de gauche, il va falloir s’affranchir du cadre législatif européen et donc pratiquer ce qu’on a appelé la « désobéissance européenne ».

Désobéissance européenne et désobéissance civile

Pourquoi la désobéissance européenne ? Pourquoi ce terme ? Parce qu’il renvoie, bien sûr, à la notion de désobéissance civile, qui elle-même renvoie à des personnages comme Gandhi, comme Martin Luther King, qui renvoie plus récemment à une toute autre échelle aux gens qui s’opposent aux OGM et qui transgressent la loi, puisqu’il va falloir transgresser la loi, les lois européennes, pour mettre en œuvre une politique de gauche.

Il y a des points communs avec la désobéissance civile et il y a des points de divergence. Je crois que le point commun, c’est de faire bouger les lignes, et de faire bouger les lignes dans le cadre d’un débat public. On ne peut plus supporter ce libéralisme qui s’impose aux États, y compris à des États qui voudraient mener des politiques de gauche. Il faut le dire, il faut dire pourquoi on est prêt à désobéir. En même temps, il y a une légitimité profonde puisque la notion d’obéissance suppose accepter des ordres, accepter d’aller dans une direction, mais accepter en connaissance de cause parce qu’on sait que ça va dans le bon sens. On sait que ça profite à l’intérêt général. Et obéir, c’est totalement différent de se soumettre. Parce qu’à partir du moment où les ordres, le mouvement qu’on doit suivre ne va plus dans le sens de l’intérêt général, on n’est plus dans l’obéissance, on est dans la soumission.

Mais la principale différence avec la désobéissance civile, c’est que la désobéissance civile met en cause la force contraignante de la loi, alors que la désobéissance européenne remettrait en cause la hiérarchie des lois : il s’agit de refuser que le droit européen s’impose et impose des politiques libérales aux États. Mais bien sûr on reste dans un système républicain où la loi nationale conserve toute sa valeur !

[/color]Pascale Fourier[color=#114477] : Tout à l’heure, vous disiez que la construction européenne était faite pour empêcher toute politique de gauche. On pourrait vous dire : « Mais non, il suffit juste d’attendre que tous les pays européens ou une majorité de pays européens soient gouvernés par des gouvernements de gauche, et à ce moment-là il n’y a plus besoin de désobéissance européenne… Par nature, on arrivera à une construction sociale chère aux socialistes par exemple ! » . Non ?

L’urgente nécessité d’agir…

[/color]Aurélien BERNIER[color=#114477] : Ça, dans l’absolu, on peut toujours imaginer que ce soit possible… On peut rêver une Europe qui soit complètement différente… On peut rêver de gouvernements qui soient tous de gauche et qui soient tous d’une vraie gauche, pas de la social-démocratie qui s’accommode très bien du système… Mais le fait est que ce n’est pas le cas. Et qu’on ne peut que constater que, depuis des années, des décennies, on construit une Europe de plus en plus libérale, avec des directives de privatisations, avec la directive Bolkenstein, avec des directives qui mettent en place le marché du carbone qui empêchent toute fiscalité écologique. Voilà véritablement le sens de la marche.

Et donc la question, c’est de savoir jusqu’à quand on peut tolérer ça. Est-on prêt effectivement à attendre que nos rêves se réalisent, parce qu’on rêve tous évidemment d’une Europe solidaire et démocratique où les peuples pourraient s’exprimer et où la politique européenne serait représentative du souhait des peuples ! Mais s’il faut attendre 20, 30, 50 ou 100 ans que cette situation-là se présente, entre-temps, on aura continué à détruire le social, à détruire l’environnement, à détruire les solidarités. Je crois qu’aujourd’hui on ne peut plus attendre, et la crise dans laquelle on est entré a encore renforcé ce sentiment. Les choses s’aggravent à une vitesse incroyable ! Le dernier scandale en date est quand même le refus de l’Union Européenne d’entendre l’expression démocratique des peuples, le peuple français quand il a voté Non, le peuple néerlandais, et maintenant le peuple irlandais. Et on voit bien qu’on est dans une machine infernale qui va vers toujours plus de libéralisme et qui s’affranchit totalement de la souveraineté populaire.

Faire une politique de Gauche est incompatible avec les textes européens.

Donc il faut agir et on est dans une situation qui peut se résumer assez simplement: on a une gauche de gauche dans un certain nombre de pays qui fait des propositions tout à fait intéressantes; mais si on prend ces propositions et qu’on les pointe une par une et qu’on regarde si elles sont compatibles ou non avec le droit européen, eh bien il y en a peut-être, allez 5 % qui au final seront compatibles avec le droit européen, c’est-à-dire que sur un programme progressiste 95 % des décisions ne pourraient pas être appliquées parce que l’Union Européenne empêcherait l’ensemble de ces propositions. Donc à partir de là, pour une gauche de gauche, aujourd’hui, qu’il y a deux solutions:soit elle continue à décrire un monde idéal dans lequel on rêve tous de vivre et qui verra peut-être le jour dans quelques des décennies -ou peut-être pas; soit elle dit que, pour mettre en œuvre son programme politique, il faudra pratiquer la désobéissance européenne et qu’elle est prête à la pratiquer.

Je crois que la volonté du M’PEP, c’est vraiment de mettre ce débat sur la table parce que c’est le débat central. C’est pour cela que la gauche est complètement prisonnière… Elle est complètement dans l’échec aujourd’hui parce qu’elle refuse de poser ce débat sur la table. Et une fois qu’on l’aura posé, on verra bien quels sont les partis qui acceptent l’idée de la désobéissance européenne et ceux qui ne l’acceptent pas. Et là on pourra trier, et là on pourra savoir pour qui voter.

[/color]Pascale Fourier[color=#114477] : Et concrètement cette désobéissance européenne pourrait prendre quelle forme ?

[/color]Aurélien BERNIER[color=#114477] : Concrètement, il y a plusieurs niveaux :une désobéissance européenne défensive et une désobéissance européenne offensive.

Désobéissance défensive… et offensive

La désobéissance européenne défensive, ce serait de faire de la résistance, de refuser la transcription en droit national des directives libérales. Quand on dit « les directives libérales », ça en fait beaucoup… Il y a donc déjà de quoi faire… Ce sont les directives de libéralisation, la dérégulation du marché de l’énergie par exemple, la directive Bolkenstein, la directive sur les OGM, celle qui instaure le marché des droits à polluer… Enfin il y a largement de quoi faire !

Mais ce n’est pas suffisant parce que là on est simplement dans la résistance. Il faut également une désobéissance européenne offensive, c’est-à-dire une désobéissance qui permette de reconquérir du terrain, de reconquérir ce qu’on a perdu à travers quelques décennies de libéralisme effréné; donc c’est reconstruire des services publics, des services publics qui ont été privatisés, libéralisés; c’est créer de nouveaux services publics pour répondre à de nouveaux besoins; c’est par exemple faire une loi nationale qui interdise définitivement la culture d’OGM et pas simplement utiliser une tolérance que permet la directive européenne pour momentanément éviter qu’on ait des OGM pendant un an ou deux, mais vraiment faire une loi d’interdiction comme le veut la majorité des citoyens. Voilà, c’est vraiment reprendre la main et pouvoir mettre en œuvre des politiques de gauche et construire. On n’est pas simplement dans la résistance, on est dans la construction.

Et bien sûr ça veut dire qu’on serait attaqué par l’Union Européenne qui ne pourrait évidemment pas supporter qu’on crée du droit qui soit contraire au droit européen. Et qui dit désobéissance européenne, dit bien sûr refuser de payer des astreintes, puisqu’on serait condamné à des restreintes, et évidemment il s’agirait de refuser de les payer.

Le dernier exemple qu’on peut donner est un exemple qui concerne la politique agricole par exemple où l’Union Européenne fait la promotion d’une agriculture intensive qui utilise des quantités phénoménales de produits chimiques qui polluent, une agriculture qui produit des aliments de mauvaise qualité, qui détruit la paysannerie… Il est évident qu’il serait hors de question d’abonder le budget de la politique agricole commune pour mener ce genre de politique. Donc la dernière façon de désobéir, ce serait de ne plus donner d’argent pour pratiquer ces politiques libérales et donc d’utiliser ces moyens financiers autrement. Par exemple au niveau agricole en développant une agriculture respectueuse de l’environnement, une agriculture paysanne, en réorientant la production pour aller vers plus d’autonomie, et puis en développant aussi des coopérations avec d’autres États puisque, bien sûr, l’idée ce n’est pas de se replier sur des frontières nationales: ce n’est pas parce qu’on s’affranchit du cadre de cette Union Européenne -qui est une construction européenne parmi d’autres qui auraient été possibles… On ne va pas se replier ! Il faut créer de nouvelles alliances, et donc on pourrait comme ça développer de nouvelles alliances, développer des partenariats agricoles par exemple avec d’autres pays qui seraient sur la même ligne, et d’ailleurs qu’ils soient dans l’Union Européenne actuelle ou non.

Libre-échange…

C’est la même chose en matière de fiscalité où aujourd’hui il est clairement exclu de prendre des mesures protectionnistes dans le cadre de l’Union Européenne. On voit très bien à quoi conduit le libre-échange. Nous avons à affronter une désindustrialisation qui est absolument catastrophique. Les grandes multinationales vont s’implanter dans des pays à bas coûts de main-d’œuvre où on a quasiment aucune protection environnementale… Elles vont donc polluer loin, mais vont polluer autant qu’elles veulent… On voit bien les conséquences sur l’emploi, les conséquences sociales, dans les pays industrialisés. Et ce libre-échange mène également à une perte de contrôle démocratique sur la production. Parce que, bien sûr, une usine qui est implantée en Chine, on ne peut pas la contrôler démocratiquement, on ne peut pas influencer les choix de production, on ne peut pas influencer les méthodes de production. Et donc il faut casser cette spirale libre-échangiste.

Et le seul moyen, c’est de mettre en place une nouvelle forme de protectionnisme, qui soit un protectionnisme écologique et social, c’est-à-dire qu’on taxe les importations sur la base de critères environnementaux et sociaux. Ca, c’est un exemple, peut être un des meilleurs exemples, du besoin de pratiquer la désobéissance européenne. Parce qu’un tel protectionnisme ne verra jamais le jour au niveau de l’Union Européenne: il faudrait d’abord que les 27 États soient d’accord et puis en plus que la Commission européenne en ait envie… Donc il faudra le pratiquer à une autre échelle, et si un État voulait mettre en place ce type de mesure, il lui faudrait faire de la désobéissance européenne.

[/color]Pascale Fourier[color=#114477] : Finalement, vous proposez quelque chose qui se fait au plan national, si j’ai bien compris ( même si ensuite ça peut être des décisions conjointes de différents États qui peuvent toujours tomber d’accord pour faire la même chose). On pourrait vous dire que finalement vos propositions remettent d’une certaine façon en cause l’Europe elle-même. Or l’Europe est en elle-même un bien, du moins c’est ce que je comprends en écoutant les médias d’une façon générale et les politiques. Je suis donc un peu surprise parce que ça risque vraiment de mettre en cause cette construction qui a demandé beaucoup d’efforts et qui est une nécessité…

UE, le débat émotionnel

[/color]Aurélien BERNIER[color=#114477] : Alors ça, c’est une illustration d’un amalgame qui est absolument insupportable, qui est un amalgame entre l’idée d’Europe et la construction européenne qu’on subit qui est cette Union Européenne qu’on a construite. Évidemment l’idée d’Europe a toujours un sens ! Evidemment l’idée de solidarité de coopération entre les peuples a toujours du sens, l’idée d’éviter les guerres, l’idée d’éviter les crises a du sens. Mais si on regarde l’histoire de l’Union Européenne, on voit que ce n’est absolument pas le cas. L’union européenne n’a pas évité les guerres: on a eu une guerre terrible en ex-Yougoslavie, et l’Union Européenne n’a absolument pas évité ça. L’Union Européenne n’évite pas les crises, sinon on ne connaîtrait pas la crise dans laquelle on est. L’Union Européenne ne permet pas d’aller vers plus de solidarité: au contraire on a une mise mise en concurrence entre les peuples, entre les économies, on va mettre en concurrence des pays d’Europe de l’Est avec un coût de main-d’œuvre faible avec les pays industrialisés - et on tire tout vers le bas.

Je crois qu’il faut absolument sortir de ce débat émotionnel où les européistes essaient toujours de ramener sur le terrain émotionnel, bien sûr. Il faut avoir une analyse objective des politiques européennes. Alors pour prendre un exemple, ce qui formidable, c’est en matière d’environnement, parce que, quand on regarde les discours des représentants de l’Union Européenne, on a l’impression qu’ils sont plus écolo que Nicolas Hulot et All Gore réunis. Mais quand on regarde les politiques de l’Union Européenne, on est dans l’agriculture intensive, on est de la promotion des OGM, on est dans le libre-échange donc dans la consommation effrénée d’énergie et donc on est dans la destruction de la planète. Et je crois que sur tout ces sujets, il faut faire un examen objectif des politiques européennes… On n’est pas bien sûr contre l’idée de solidarité, l’idée d’empêcher les guerres, l’idée que les peuples échangent, communiquent, commercent même. Mais on est bien dans l’examen objectif des politiques européennes. Cette construction est une construction ultralibérale et donc, si on veut une autre Europe, il va falloir changer non pas l’Europe, mais changer d’Europe et peut-être reconstruire quelque chose de haut en bas pour aller vers l’Europe qu’on souhaite.

http://jaidulouperunepisode.org/index.htm – Interview 019 – [/color]Aurélien BERNIER – Mai 2009

Bonjour Gilles.
Merci de réanimer ce fil.

    Sur le dernier texte posté: Aurélien Bernier a pensé, pense et pensera encore à la sortie de l'Europe; pour preuve: ses réponses reprennent pour l'essentiel des oppositions à cette UE dont nous débattons sur ce forum; il y pense mais il résiste à la tentation d'abandon sans lutte; et c'est tout le propos de la désobéissance européenne qui, si elle ne mène nulle part, justifiera alors qu'on abandonne l'UE, après débats, luttes et tentatives d'amélioration. 
    Je crois que cette nuance ne peut être occultée et justifie mon opposition d'aujourd'hui à la sortie de l'UE, comme elle pourrait également expliquer que je change d'avis dans les années à venir, si et seulement si un mouvement citoyen protestataire d'ampleur dans tel ou tels pays se voyait nier, si et seulement une opposition réelle mise en place ne changeait rien à l'ordre établi.
    
    Sur un autre fil, question était posée de présenter la figure médiatique d'Étienne sur une liste. Et aujourd'hui, après des mois de débats, je me dis qu'il aurait pu porter cette parole de désobéissance européenne qui réconcilie pas mal de nos divergences. Ca ne s'est pas fait, peu importent les raisons - collectives certainement - mais il me paraîtrait intéressant de poursuivre dans cette voie. Ensemble.

La corruption générale avérée et l’alternative constitutionnelle

[bgcolor=#FFFF99]« Élections au parlement européen : combien passeront au privé ? »[/bgcolor]

Excellente question : face à l’évidente et profonde corruption de la démocratie par les marchands, devient plus que jamais nécessaire la vigilance citoyenne de tous les instants (les armes à la main, comme à Athènes ?).

Extrait : « À quelques semaines des élections au parlement européen, les affiches électorales ont commencé à fleurir dans les villes d'Europe. Si on connait désormais la liste de ceux qui concourent à une (ré-)élection, on sait également quels députés ne briguent pas de nouveau mandat. [b]Beaucoup vont retourner à la politique nationale, prendre leur retraite ou chercher un nouveau job. Mais il sera particulièrement intéressant d'observer au cours des mois et des semaines qui viennent, lesquels parmi les actuels députés vont passer de l'autre côté de la barrière et trouver un emploi de lobbyiste au service de l'industrie.[/b]

Après les dernières élections, en 2004, Elly Plooij van Gorsel, le vice-président sortant du parlement européen est devenu consultant senior pour la firme de lobbying Blueprint Partners, très peu de temps après avoir quitté ses fonctions.

Les deux anciens députés britanniques David Bowe (travailliste) et Nick Clegg (libéral-démocrate) ont rejoint les rangs de la société de lobbying GPlus Europe (M. Clegg est depuis retourné à la politique et est devenu le Pt du parti social-libéral.)

Pat Cox, l’ancien président du parlement européen a intégré le géant des relations publiques APCO ainsi que la firme de conseil basée à Bruxelles European Integration Solutions. Pat Cox est aussi conseiller de Microsoft, Pfizer et Michelin.

Quant à l’ex-député allemand Rolf Linkohr, il a créé le Centre for European Energy Strategy (CERES), un think tank spécialisé dans le conseil en lobbying pour les grandes firmes énergétiques, y compris l’industrie nucléaire.

(Lire la suite…) »


À propos de prévarication (de moins en moins secrète, de plus en plus « décomplexée »,
de plus en plus révoltante), écoutez l’excellente rediffusion de Là-bas si j’y suis, intitulée :

[align=center][bgcolor=#FFFF99]« Lobby planet »[/bgcolor]
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1694[/align]

On y entend (minute 25’30) cet avertissement (terrifiant) [bgcolor=#FFFF99]contre les « AGENCES »[/bgcolor], de Gérard de Sélys, ex journaliste de la radio publique belge (RTBF), un vrai journaliste ayant suivi pendant 35 ans tout ce qui concerne l’Europe et particulièrement les lobbies industriels : l’ERT (European Round Table) ne sert exclusivement qu’à rédiger la loi européenne à la place des députés européens :

« Les lobbies existent depuis toujours, depuis la création du monde industriel, ils ont commencé surtout dans le monde anglo-saxon, et ça s'explique très bien : pour légiférer en matière industrielle ou commerciale, le législateur doit essayer de comprendre au mieux ce qui se passe dans le monde industriel, donc, il doit le consulter, ce qui est tout à fait normal : on ne va pas légiférer n'importe comment, il faut que la loi soit précise, pertinente… Et donc, aux États-Unis, les lobbies (parce que les ÉU, c'est un très très grand pays, 6000km de largeur), les lobbies se sont installés à Washington, à la fin du 19e siècle, pour être près du Congrès, et pour informer le Congrès.

[color=red][b]Mais très vite, ça a dérapé : les industriels se sont dit « plutôt que d’informer le Congrès, on va faire les lois nous-mêmes, et les proposer aux congressistes, qui vont les voter sans problème : ils ne comprennent rien aux lois techniques, donc, on va s’occuper de ça ».

Et le même processus s’est passé en Europe au début des années 80 : on a créé la Table Ronde des Industriels (TRI) pour ça et uniquement pour ça, pour légiférer avec les juristes de la commission européenne.[/b][/color] Et donc, la Table Ronde Européenne des Industriels existe depuis mars 1983, et depuis, elle ne fait que ça, et elle va très loin, elle va très loin parce qu’elle ne s’occupe pas seulement de rédiger la loi européenne (donc, la loi qui nous concerne, hein, tous les jours), elle donne les grandes lignes de la politique à suivre : par exemple, en 2002, la Commission européenne a publié un Livre Blanc sur la bonne gouvernance européenne et que trouve-t-on dans ce livre blanc ? Que les parlements sont trop lents, mettent trop longtemps à comprendre les dispositions réglementaires élaborées par la Commission européenne et donc qu’il faut se passer d’eux, y compris du Parlement européen qui n’a pratiquement rien à dire.

[bgcolor=#FFFF99]Donc comment s’en passer ? Oh ! idée de génie qu’ils ont eue, encore une fois on a copié sur les États-Unis, on va faire des AGENCES, comme la Food and Drug Administration [FDA] aux États-Unis qui est l’agence qui réglemente tout ce qui est médicaments et alimentation : quelle est la différence entre une agence et une direction générale de la Commission européenne ? C’est que l’agence est indépendante, c’est que l’agence ne réglemente pas par directives européennes, c’est-à-dire par des lois, mais par des réglementations, et que ces réglementations ne passent plus devant les parlements nationaux, qui ne sont pas tenus informés. Il y a déjà dix agences européennes, on va créer probablement des agences pour tout ce qui concerne la politique ou les politiques de l’Union européenne : une agence pour l’agriculture, une agence pour le commerce extérieur, une agence commerce intérieur, une agence économie et finances, qui vont être installées, par exemple pour l’agence économie et développement, probablement à Montpellier en France, pour l’agence de l’agriculture, Parme (la ville italienne) est candidate, donc tout est déjà préparé.[/bgcolor]

[bgcolor=#FFFF99]Une fois que ces AGENCES seront créées, il n’y aura plus aucun contrôle démocratique sur la politique de l’Union européenne, plus aucun. Et tout ça est en train est en train de se préparer à notre nez et à notre barbe sans qu’on soit tenus informés. »[/bgcolor]


Commentaire de Daniel Mermet : « Pourtant, pourtant, c’est pas ce qui manque, les « informations » : de tous les côtés ça nous tombe, de tous les côtés, on est oppressés d’informations à longueur de temps, et effectivement, malgré tout, avez-vous souvent entendu parler de l’ERT, European Round Table ? Pas beaucoup, quand même… »

Mon commentaire à moi : il est urgent de sortir de ce piège à rats, en commençant par [bgcolor=#FFFF99]ne surtout pas s’abstenir, et plutôt voter pour des résistants, c’est-à-dire n’importe qui d’AUTRE que l’UMP, le PS, le MODEM, est autres prétendus « verts » qui nous poussent dans la cage[/bgcolor] de l’UE avec de bonnes paroles.

Je vous recommande vraiment d’écouter cette émission de Là-bas si j’y suis.

C’est clair, de plus en plus altermondialiste mais surtout constitutionnaliste, je deviens (logiquement) radicalement Unioneuropéenophobe.

Étienne.


PS : tiens, à propos de [b][bgcolor=#FFFF99]constitutionnalisme[/bgcolor][/b], je vous signale deux choses importantes :

• Je vous recommande de découvrir un grand penseur du constitutionnalisme, il s’appelle Dominique Rousseau, il est professeur de droit public à Montpellier et, à l’invitation de Pierre Rosanvallon, il a donné une conférence littéralement passionnante au Collège de France intitulée [bgcolor=#FFFF99]« Constitution et démocratie »[/bgcolor]. C’est de haut niveau et c’est pile poil sur ce qui compte le plus pour l’humanité (à mon avis), sur la racine réelle des malheurs des hommes (qui n’arrivent nulle part à contrôler les pouvoirs) : Collège de France - Enseigner la recherche en train de se faire

Bien sûr, [bgcolor=#FFFF99]comme chez Rosanvallon, il manque au travail de Dominique Rousseau (à mon avis) l’analyse du processus constituant, il y manque la mise en accusation de l’appropriation du pouvoir constituant par les pouvoirs constitués et le conflit d’intérêt désastreux qui surgit de cet abus de pouvoir originel, il manque l’évaluation méthodique de la procédure du tirage au sort de l’assemblée constituante[/bgcolor], mais, et c’est ma deuxième nouvelle importante :

• nous pourrons bientôt féliciter et interpeller de vive voix cet homme passionnant car [bgcolor=#FFFF99]Dominique Rousseau sera à Marseille vendredi prochain, 5 juin 2009, de 19h à 21 h, 1 rue Massabo (métro Joliette) pour une conférence intitulée : « Quelle pensée constitutionnelle pour la gauche ? La Ve République contre la démocratie ».[/bgcolor]

Ce n’est pas alléchant, ça ? :slight_smile:

Au plaisir de vous y retrouver.

Étienne.

Je ne peux parler que pour moi, certes, et c’est ce que je vais faire, sans emmener qui que ce soit avec moi, et sans vouloir assombrir qui que ce soit, juste un ressenti par rapport à une situation qui se fait troublante et douloureuse, un peu.

J'en ai un peu marre pour ma part de toutes ces conférences qui se succèdent ,lire ceci, lire cela, ça finit par avoir quelque chose de désincarné, de mort, c'est de la mise à distance tellement distanciée qu'elle finit par dévitaliser notre espace ou mon espace devrais-je plutôt dire car mon ressenti il est vrai n'est pas forcément le ressenti de ceux qui lisent ce forum.

Ce n'est pas une idée qui doit être au centre de notre vie, même si l'idée est nécessaire voire indispensable, il ne faut pas oublier que l'idée est au service de l'humain et pas le contraire.

Une idée c'est fait pour être changée quand elle ne porte pas de bons fruits, c'est l'homme et l'homme seul qui doit être mis au centre.

L'idée de cette constitution bonne en soi c'est vrai, vient en second plan à mon avis Etienne, le coeur du problème, c'est.

Comment on fait pour vivre aujourd'hui, avec tout ce qui nous tombe sur la tête et à cette question, c'est pas un article de machin ou truc qui m'aidera à y répondre, on est chacun confronté à des réalités de terrain,de plus en plus étranglantes, et c'est pas l'idée qui viendra nous aider en la circonstance.

Il y a un soubassement à l'idée, c'est l'homme, et c'est l'homme tout de suite et pas l'homme rêvé dans dix ou douze mois en étant gentille , l'avenir, c'est aujourd'hui, il y a une urgence palpable, on n'a plus le temps avec ça, c'est une belle idée et tu as fait avec d'autres un boulot remarquable, mais maintenant il me semble qu'il est temps de passer aux travaux pratiques, au risque de s'épuiser sans cela dans un combat appauvri faute de nutriments.

Encore un aspect trinitaire décidément porteur de vie, l'idée, la pratique et quelque chose de l'esprit de l'expérience de terrain qui viendrait percuter ces deux dimensions, théorie et pratique.

Mais l'esprit n'est pas la pensée,attention à ne pas confondre , l'esprit c'est un peu l'eureka du capitaine Haddock dans Tintin, quelque chose d'une compréhension qui opère à l'intersection de cadres distincts,c'est à dire de la vie en chair associée à l'idée, et à cette intersection quelque chose d'une percussion, l'euréka dont je parlais qui vient offrir la compréhension d'une situation, l'action par excellence.

Je pense qu'il est temps de passer aux travaux pratiques, voilà ce que je ressens, il faut que ça bouge, on ne peut pas continuer à attendre que ça se fasse sans nous.

C'est vrai que je ne sais pas comment, le local c'est vraiment une excellente idée,c'est le dernier rempart à mon avis, ce serait encore mieux si c'était soutenu par quelque chose d'une organisation qui pourrait aider à créer des cellules locales un peu partout, essaimer dans le plus d'endroits possibles, créer un réseau associatif et soutenir les projets en agrégeant les idées sur un terreau d'expériences de terrain, avec des soutiens tangibles et non virtuels,voilà mon ressenti d'aujourd'hui, surtout après la déconfiture vécue ici aujourd'hui.

Catherine écrit

Je pense qu'il est temps de passer aux travaux pratiques, voilà ce que je ressens, il faut que ça bouge, on ne peut pas continuer à attendre que ça se fasse sans nous.

C’est vrai que je ne sais pas comment, le local c’est vraiment une excellente idée,c’est le dernier rempart à mon avis, ce serait encore mieux si c’était soutenu par quelque chose d’une organisation qui pourrait aider à créer des cellules locales un peu partout, essaimer dans le plus d’endroits possibles, créer un réseau associatif et soutenir les projets en agrégeant les idées sur un terreau d’expériences de terrain, avec des soutiens tangibles et non virtuels,voilà mon ressenti d’aujourd’hui, surtout après la déconfiture vécue ici aujourd’hui.


Çà devient l’axe de notre réflexion : voir http://monnaie.wikispaces.com/file/detail/Barter-V2.pdf et nous avons commencé à travailler ce sujet " de la survie au niveau municipal" sur notre liste monnaie (inscriptions ouvertes par mailto:monnaie_request@alterseco.org?subject=subscribe , mais comme le dit Étienne, c’est une liste et non un forum, avec tous les inconvénients de la liste )
Il va falloir maintenant rapprocher tout cela des « transition towns ».

On pourrait ouvrir sur ce forum d’Étienne un fil « travaux pratiques » ?

Amicalement
AJ

Visitez notre nouveau site sur la monnaie et la dette: http://monnaie.wikispaces.com !

L’inscription c’est monnaie_request @ alterseco.org en enlevant les deux espaces devant et derrière @ , et subscribe en objet: envoyer, c’est tout.

Mon commentaire à moi : il est urgent de [b]sortir[/b] de ce piège à rats, en commençant par [bgcolor=#FFFF99][b][u]ne surtout pas s'abstenir[/u], et [u]plutôt voter pour des résistants[/u], c'est-à-dire n'importe qui d'AUTRE que l'UMP, le PS, le MODEM, est autres prétendus "verts" qui nous poussent dans la cage[/b][/bgcolor] de l'UE avec de bonnes paroles.

Je vous recommande vraiment d’écouter cette émission de Là-bas si j’y suis.

C’est clair, de plus en plus altermondialiste mais surtout constitutionnaliste, je deviens (logiquement) radicalement Unioneuropéenophobe.

Étienne.


Tu aurais pu être le plus valereux et le plus consensuel de ces résistants au niveau européen tout entier… après ton coup de chance du reférendum. Tu n’a pas osé, de peur de ne pas être parfait dans ce rôle, de ne pas avoir une solution toute parfaite à laquelle personne ne s’opposerait.

Voilà que tu reconnais qu’on ne s’en sortira pas SANS DES RÉSISTANTS À l’INTÉRIEUR, mais que pendant ce temps tu n’as rien fait pour qu’ils ne se voient pas aussi impuissants comme ils se sentent aujourd’hui, sans structure cohérente ni point de reférence pour agir d’une façon coordonnée.

Je sais, cela aurait été un sacré boulot, mais même la défaite aurait été plus cohérente que cette inaction…

De toute façon ce parlement européen est une mascarade. Avoir 1 ou 100 députés ne change rien compte tenu qu’il n’a aucun pouvoir. Pour ma part, et puisque je ne peux pas voter pour une liste du RIC, je voterai pour l’un des partis (quel qu’il soit) qui soutiennent au niveau national qu’il faut quitter CETTE Europe, ou la changer de fond en comble.

Le seul espoir sera au moment des prochaines législative françaises, si une majorité de députés « nonistes » étaient élus… mais tout est si bien verrouillé que je n’y crois même pas.

Je transfère ici, car complètement dans le sujet, bien qu’avec un peu d’avance, l’appel de Marc Jutier

Chers amis,

La campagne de communication pour l’appel commence lundi 8 juin.

N’hésitez pas à publier le texte de l’appel sur blogs et sites alternatifs,

à envoyer le messager ci-dessous à votre carnet d’adresses et sur des listes de discussion.

Bientôt disponible le fichier pdf de l’appel pour impression sur A4.

D’autres idées ? merci de m’en parler.

mjutier@orange.fr

Signez et faites signer l’appel/pétition pour des primaires à gauche de gauche :

http://www.ccpgg.fr/index.php?petition=4

L’Appel pour des primaires à gauche de gauche pour les élections présidentielles et législatives est à l’initiative de citoyens français non encartés, actuellement ou anciennement encartés aux PS, PCF, LCR-NPA, Verts ou autres groupes politiques à gauche qui en ont assez du bipartisme UMP-PS, de l’hégémonie du PS et des divisions au sein de la gauche de gauche.

Les positions politiques prises par le Parti Socialiste et leur Leaders nous écoeurent. Il suffit de voir comme certains pactisent aussi facilement avec le gouvernement pour comprendre que le PS est en pleine décomposition politique et idéologique. En clair, il a perdu son âme et ce n’est plus qu’une machine électorale aux profit d’élus et de carriéristes de la politique.

Afin d’éviter l’émiettement des voix aux premiers tours des législatives et des présidentielles, la seule façon de départager les différent-e-s prétendant-e-s des différentes factions ou partis politiques (PCF, NPA, PG, Verts, etc.) à la députation et à la présidence de la République est l’organisation de primaires. Profondément démocrate et républicain, nous ne voyons pas d’autre alternative légale et respectueuse du suffrage universel et du code électoral pour investir l’Assemblée Nationale et l’Elysée.

La création d’un mouvement populaire qui unissent toutes les tendances dites : « à gauche de gauche » ne pourra se faire que par les citoyens eux-mêmes.

Le Collectif Citoyen pour des Primaires à Gauche de Gauche - CCPGG : www.ccpgg.fr

Forum : www.ccpgg.fr/Forum/index.php

Nous ne sommes d’accord ni pour « moraliser » le capitalisme ni pour le « vernir » de mesurettes sociales.

Il ne s’agit pas de résoudre les problèmes du capitalisme : le capitalisme EST le problème.

Merci de faire circuler ce message.

Merci André-Jacques, j’irai voir ce week-end…si le ciel n’est pas tombé , amicalement.

Un bon article du M’pep sur les « pouvoirs » (hum) du parlement européen

http://www.m-pep.org/spip.php?article1352