Ce n'est absolument pas contradictoire, je ne sais pas ce qu'est la Vérité et ne le saurai jamais, car la vérité n'est pas de l'ordre de l'humain, en revanche , je crois savoir ce qu'elle n'est pas, voilà tout SandyJe comprends la nuance Catherine, il n'existe qu'une seule vérité et une infinité de mensonges, néanmoins vous devriez moins vous fier à votre intuition et plus vous fier à votre raison car là vous avez tout faux catherine sur nous.
Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît.
Et moi aussi donc je vais remercier Gilles, comme l'ont fait Catherine et AJH avant moi, d'assurer l'entretien de la zizanie sur ce fil grâce à de petites phrases assassines qui permettent à chacun de se mettre en scène et d'exprimer aux autres l'amour qu'ils ont d'eux mêmes. Merci. À tous ou presque.
Car à vos encontres, j'ai l'odeur persistante des testostérones fielleuses que vous déversez depuis quelques semaines sur ce fil, les apostrophes simplistes et les amalgames frontistes.
Je me suis pourtant dit, au début de la lecture des interventions que j'avais manquées, et parce que je suis d'un naturel ravi, que la production de documents détaillés, fouillés avec exemples et prospectives servait si bien nos intentions, qu'elle valait bien quelques gauloiseries. Et quelques chicanes. Avant de constater la double dérive jusqu'aux pensées ordurières qui d'un bord usaient du spectre xénophobe et de l'autre du soutien inconditionnel à l'Europe telle qu'elle est. Comme avant de déplorer que chacun, drapé dans sa dignité, ne reprenne à discrétion des raisonnements qui pourraient inquiéter une puéricultrice mormone.
J'ai au moins lu dix fois, [i]vous pensez avoir raison, mais en fait vous avez tort[/i], ou bien [i]c'est tellement idiot ce que vous dites, que j'envisage désormais que vous puissiez être un infiltré, envoyé par les salauds d'en face[/i], sans oublier les métaphores filées destinées à la pédagogie des trépanés ou le recours systématique au bon sens, témoin en général d'une incapacité neuronale et d'une participation imminente à une réunion UMP. Quant à ceux qui se sentent trahis, autant leur avouer qu'aucune bannière à laquelle se rattacher n'a jamais flotté sur les fils de discussions, si ce n'est celle de la démocratie et/ou de la liberté sur laquelle il est écrit [i]démerde-toi[/i]. J'ai bien constaté quelques vaines tentatives de nuancement et d'ouverture mais systématiquement ignorées pour exprimer le plaisir sordide du dénigrement panurgique, la plupart du temps motivé par la surenchère indispensable à la reconnaissance de son camp. C'est à chier.
D'autant plus quand le débat tient pour l'essentiel dans un refus commun de l'UE telle qu'elle est et dans l'estimation subjective de l'utilisation ou non du recours ultime à une sécession. Et elle est subjective dans le sens où rien n'a été encore essayé pour contrecarrer la logique libérale et despotique dominante, rien d'ampleur, que la mobilisation d'une opposition hétéroclite et indiscernable au TCE qui n'a pu que nourrir notre espoir mais rien d'autre. Personne donc ne peut rien proposer que des opinions, des convictions à partir de la lecture d'événements et d'analyses diverses et incomplètes, pas de raisonnement, qu'une incarnation personnelle d'idées qui ont mené à vos tristes échanges. J'en veux pour preuve l'usage honteux de l'argument d'une population qui aurait déjà décidé majoritairement de ne pas quitter l'UE. Mais quand y-a-t-il eu débat sur le sujet? Et sans débat, en 2005, quel aurait été le verdict des urnes? Et vos algarades mèneraient-elles à la victoire d'un camp sur l'autre, vous dispenseriez les futurs sympathisants du débat?
Avant de vous abandonner, j'avais en tête que l'on ne s'occupait pas assez de théoriser notre démarche et j'ai donc ouvert un nouveau fil sur la démocratie sur le front du plan C [url]http://www.front-plan-c.eu/Forum/viewtopic.php?f=15&t=48&sid=d3cebe66af1a62befd232b3476e46785#p361[/url], afin de débattre et surtout de cerner les difficultés qui nous attendent.
[...] Des mois que les idées progressent, que les analyses se multiplient, que des consensus naissent (Cf tract du front du plan C) et qu'au final, un indélébile précédent a été commis qui fonde - après, avec et avant d'autres - les principes de l'usage d'internet au service de la vie de la cité. Soit une profonde mutation des habitudes politiques de l'humanité qui s'essaie là à un vieux fantasme, la démocratie.Mais, aujourd’hui encore, personne ne saurait précisément mesurer l’ampleur du bouleversement à venir ni ses conséquences à terme, faute d’aucune expérience comparable dans le passé. Dans cette entreprise donc, nous avançons à vue et nous, les participants d’aujourd’hui, ne pourrons être rendus responsables que d’une seule chose, l’échec ou le report sine die de notre expérience démocratique, puisque son succès parait déjà inscrit dans le déroulement invariable d’une mutation en marche et qu’en plus ce succès requiert, par essence, la participation du plus grand nombre, sans distinction ni de droits ni de pouvoirs, au risque sinon de nous mener à rebours. […]
Parce que la démocratie ne se résout pas entre la poire et le fromage d’un dîner de convaincus de leur valeur. Parce qu’elle fait débat depuis des siècles et qu’elle semble exiger des valeurs à l’opposé de notre époque, comme vous nous l’avez si bien illustré ces derniers temps. Car s’apostropher, se dénigrer et se mettre en scène ne révèle pour moi qu’un profond attachement à soi que vous espérez encore capable de se faire remarquer. Vous espérez une distinction, quelle qu’elle soit, pour justifier vos efforts et votre peine. Alors, demeurez au vingtième siècle.
[b]J'ignore comment pourra se faire la démocratie mais je crains comme une réélection de Sarkozy qu'elle ne se fasse sur une somme d'individualités convaincues qui ne pourront que la dévoyer davantage encore et la remettre aux calendes.
Pourtant je reste convaincu qu’elle se fera un jour. Avec ou sans nous. Et j’aimerais tellement que ce soit avec.[/b]
Quelques documents
Dans le [i]Monde Diplomatique[/i] du mois de mars, un article d' [url=http://www.monde-diplomatique.fr/2009/03/ROBERT/16922]Anne-Cécile Robert[/url] qui reprend la problématique des pouvoirs du Parlement Européen en même temps que ce que l'on peut en espérer. Malheureusement, le texte n'est pas encore entièrement disponible sur le site et il faut aller le chercher [url=http://forumcitoyen-ra.eu/article.php3?id_article=574]là[/url] au format word.
Dans le même genre, sur le blog du même [i]Monde Diplomatique[/i], Frédéric Lordon écrit [url=http://blog.mondediplo.net/2008-11-30-Cette-Europe-la-est-irreparable#top]Cette Europe-là est irréparable[/url]. Un article moins tranchant qu'il n'y paraît quant au sujet qui nous occupe ici mais qui stygmatise l'aveuglement idéologique des dirigeants de l'UE, aveuglement qui, d'après l'auteur lui-même, relève d'[i]une apothéose de bêtise doctrinaire[/i]. Ce dont il serait très intéressant que nous tirions avantage. Pour les courageux, l'article est critiqué par Jean Quatremer avant que Lordon ne prolonge son article d'une [url=http://blog.mondediplo.net/2008-12-01-RQPJQ-Rien-Que-Pour-Jean-Quatremer]réponse[/url] au même Jean Quatremer. Vous verrez que l'ambiance n'est pas bien meilleure qu'ici.
Enfin, et parce que c'est le sujet qui me paraît central aujourd'hui, je vous renvoie au front du plan C où est relayé un article de Pierre Rosanvallon sur la [url=http://www.front-plan-c.eu/Forum/viewtopic.php?f=21&t=53&p=379&sid=de108cbfce8d5854ef141cf19189e074#p379]démocratie[/url].
Et sur les trois, je crois qu'il y a matière à arguer.
Certains membres du forum n’ayant pas eu pas la chance ou la malchance d’acquérir le logiciel Word, j’ai envoyé ( téléversé) sur la plate-forme d’hébergement My Opera une version pdf et une version html du document rédigé par Anne-Cécile Robert. Suivant votre navigateur Internet, soit vous verrez le document directement, soit il vous faudra cliquez ensuite sur « Download file » pour voir le document dans votre navigateur.
J’avais lu l’article d’Anne-Cécile Robert, et je suis allé la voir l’autre jour, elle donnait une conférence à l’Université populaire de Lyon, sur le thème du traitement médiatique de l’UE.
Très intéressant, et percutante en conférence – elle ne mache pas ses mots et sa révolte.
A mon goût, elle verse un peu trop dans la sur-responsabilisation des politiques (notamment des députés) européens ; elle souligne les pouvoirs dont le PE dispose mais n’insiste pas beaucoup sur le fait qu’il en a très peu, … ; elle présente un peu trop la législation de l’UE comme la loi, … Peut-être à associer au fait qu’elle a fait des études de droit européen.
Cela dit, elle n’en fait pas une fixation pour autant. Et c’est surtout affaire de manière de présenter les choses ; je suis largement d’accord avec elle dans son analyse, et notamment dans la manière de poser le noeud européen, « fédéral VS intergouvernemental » impliquant la nécessité d’un choix, sans prôner une voie plus que l’autre / sans en faire un préalable ou tâcher de démontrer « l’unicité de la solution », et dans le fait d’insister sur la séparation des pouvoirs.
A souligner aussi : Anne-Cécile Robert a fondé une association pour une constituante (nationale) : http://www.pouruneconstituante.fr/.
C’est notamment, à son sens, la voie de solution à apporter à l’impasse de l’UE actuelle.
J’ai simplement pu causer avec elle une minute (les conférenciers sont diablement stressés et même ailleurs, entre leur show et le train) et je lui ai demandé si elle était favorable au tirage au sort de « ses » constituants. Réponse catégorique : non seulement c’est non, mais elle considère cet élément contraire à la démocratie (ou dangereux pour ?)… Quand j’ai calé : « pourtant, d’Aristote à Rousseau, ils convenaient tous que la démocratie, c’est le tirage au sort », elle m’a répondu, avant de filer : « ça ne veut pas dire qu’ils avaient raison »… Bigre. Affaire à suivre, j’espère.
Merci Sam de réanimer ce fil et d’y apporter de la cohérence.
J’avais mis ces articles en ligne afin d’attirer l’attention de chacun sur les nuances apportées par les différent auteurs à l’analyse de la situation actuelle de l’UE. Comme si rien n’était bien encore défini et en particlier sur le pouvoir même du PE. Je lis peut-être ces articles avec un biais d’opinion puisque je suis très attaché au symbole même de la construction de l’Europe mais il semble à travers ces textes qu’il y ait la possibilité d’une réforme et même mieux, d’une restructuration. Une possibilité qui demeure encore très hypothétique, j’en conviens, mais qui pourrait peut-être mâtiner les opinions de chacun sur ce fil.
Pierre Rosanvallon était hier à l’émission Ce soir ou jamais!
et grâce à internet j'ai pu l'écouter donner une opinion intéressante: l'Europe s'est fondée sur un projet fédéral, réaliste avec les quelques pays fondateurs, mais s'est vite désorientée avec l'intégration de l'Espagne, du Portugal et de la Grèce d'abord, puis des pays de l'Europe de l'est après 89, pour devenir une entité symbolique qui préfère mettre ses intentions entre parenthèses et d'abord intégrer les états victimes des dictatures.
[b]L'UE a jusqu'alors tenté de panser les plaies du continent et on a donc le choix aujourd'hui de la regarder comme telle ou comme le monstre démocraticide et libéral qu'elle est aussi[/b].
C'est un choix et dans les deux cas on fait le sacrifice douloureux de ce qui ne saurait être considéré comme un détail. Pourtant, à essayer de réformer l'UE de l'intérieur, il me semble, on ne se résigne pas et on laisse la possibilité d'une ouverture. C'est une affaire de symbole pas davantage parce que l'UE telle qu'aujourd'hui, personne n'en veut ici.
La conviction qu'une réforme est inenvisageable ne peut être démontrée, les articles de AC Robert et F Lordon semblent le confirmer, mais l'exposé systématique de ses défauts et des ses vices pourrait être un préalable à la lutte avant la sécession.
Je suis symboliquement europhile, pourtant si l'UE reste sourde aux aspirations des peuples alors je participerai à vos côtés Étienne, Catherine, Gilles et les autres à une campagne de sortie de l'UE. Peut-être avec une prescription de Nautamine mais avec la même énergie.
Je l’avais un peu oublié cet article de Frédéric Lordon " Cette Europe la est irréparable "
http://blog.mondediplo.net/2008-11-30-Cette-Europe-la-est-irreparable
Relisez le donc…
Bien sur je voterai, mais ce sera un vote de « politique française », pour marquer mon ressentiment contre le gouvernement actuel (qui aurait sans doute été encore pire avec Ségo) … pas pour élire un député européen dont je me fiche totalement, comme ils se fichent totalement de nous, les habitants.
article de Frédéric Lordon "[url=http://blog.mondediplo.net/2008-11-30-Cette-Europe-la-est-irreparable]Cette Europe la est irréparable[/url]"On y remarque un commentaire :
L’essentiel de l’article de Frédéric Lordon tient dans ceci : « que peut-on dire d’articles qui ont été si mal pensés, et doivent être répudiés à la première crise sérieuse, sinon qu’il faut les réécrire de fond en comble ».et un autre :
l’argument des detracteurs de Lordon est qu’il critique la juste reaction de Mme Kroes a l’arnaque pratiquee par le gouvernement francais, qui consiste a preter l’argent des contribuables aux banques a taux zero.ou encore celui-ci, qui souligne un point déjà montré par Sandy. Il est amusant de voir des critiques sur, à la fois les politiques "gravés dans le marbre" ET sur le "contournement" de ces règles:
L’intangibilité des traités ne serait-elle pas finalement qu’une [i]croyance[/i] de votre part ?La vérité ne serait-elle pas plus simple :
Je suis (...) choqué par le plan de sauvetage et notamment parce que c’est M. Pébéreau qui l’a "fait". Tout cela sent bon le cadeau fait aux banquesLes politiciens sont vendus aux pouvoirs financiers privés, UE ou pas UE. Sortir de l'UE ne sert alors pas à grand chose.
Je l'avais un peu oublié cet article de Frédéric Lordon " Cette Europe la est irréparable " http://blog.mondediplo.net/2008-11-30-Cette-Europe-la-est-irreparable Relisez le donc...Bien sur je voterai, mais ce sera un vote de « politique française », pour marquer mon ressentiment contre le gouvernement actuel (qui aurait sans doute été encore pire avec Ségo) … pas pour élire un député européen dont je me fiche totalement, comme ils se fichent totalement de nous, les habitants.
Ne faites pas de généralités, vous n’ètes pas le seul à vous soucier des autres.
La vérité ne serait-elle pas plus simple :Sortir ou non de l'Union Européenne... est un choix stratégique. D'une part en ce qui concerne la solidarité entre les peuples... sortir est "interessant" pour ceux qui se sentent forts (même si ce n'est qu'une vague impression et qu'ils n'arrivent pas à mettre en clair comment ou pourquoi il en est ainsi parce-qu'ils se décident sur des croyances et des données propagandistiques, et non sur des convictions basés sur des données réelles). D'autre part par une estimation peut-être erronée de la taille et la nature de l'ennemi à battre, et la conclusion que le repli sur les frontières nationales donne un ensemble défensible contre toutes les adversités qui peuvent venir de l'extérieur.Je suis (...) choqué par le plan de sauvetage et notamment parce que c’est M. Pébéreau qui l’a "fait". Tout cela sent bon le cadeau fait aux banquesLes politiciens sont vendus aux pouvoirs financiers privés, UE ou pas UE. Sortir de l'UE ne sert alors pas à grand chose.
Vous avez les exemples de la crise financière, et reçamment celle de la peste porcine, entre autres… pour vous détromper sur la suffisance des initiatives « nationalisantes ». Si quelques-uns pensent qu’ils peuvent s’en sortir au niveau « national »… et que le reste du monde qui n’en sera pas capable va respecter les frontières de ce « petit paradis » et sombrer dans la misère sans causer des ennius… c’est marrant qu’ils traitent le reste d’utopiques!
Si nous abandonnons les efforts pour améliorer l’Europe et la rendre aux peuples… nous allons tout droit vers un futur des mega-corporations du type « Soleil Vert », « Soylent Green »… songez-y, avant de torpeder des projets incluyents en préférant le sauve-qui-peut (parce-que on croit que nous on peut, sinon on chanterait autrement…).
La solidarité, c’est tout ou rien… pas seulement les morceaux qui conviennent, quand cela convient.
…Les chemins sont multiples et variés pour atteindre le noyau, le soleil, autrement dit la justesse pour le plus grand nombre possible, autant de rayons, autant de stratégies, c’est la mesure des paramètres Ningun qui fait la différence , on ne va pas toujours dire et redire la même chose, tu as dû t’intéresser à la cybernétique très probablement et bien il me semble que c’est exactement de cela dont il s’agit, il ne faut pas s’arrêter à l’Europe, l’Europe n’est qu’un organe au service exclusif d’un organisme, celui des intérêts privés représentés par ce nouvel ordre mondial, on peut penser que c’est en y entrant DANS CET ORGANE qu’on le tuera, mais à cinq minutes de la fin, ça semble un peu juste, à moins que tu n’aies un moyen magique pour dilater le temps, dans tous les cas de figure il n’y a pas de bonnes solutions dans ou hors de l’Europe, car c’est tout simplement un constat d’emprisonnement qui doit être fait, alors comment sortir de la prison, en changeant ses règles du jeu ou en broyant cette prison pour tenter de rétablir des règles plus justes, dans tous les cas, c’est difficile mais pas impossible, et tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, je ne désespère pas, nous sommes unis dans ce désir de construction plus juste et c’est vraiment cela l’important, le soleil, personne ici ne veut qu’il soit vert, il sera lumineux pour la majorité ou ne sera pas, c’est tout, car s’il n’est pas, c’est que nous serons morts, si ce n’est physiquement ce sera symboliquement, car un humain dégradé n’est plus humain, c’est un robot, une machine et plutôt que d’être réduite à cela je préfère aller jusqu’au bout de ce qu’il sera possible de faire…
[size=15][b][bgcolor=#FFFF99]La désobéissance européenne, premier pas obligé vers la sortie du capitalisme néolibéral[/bgcolor][/b][/size]http://www.m-pep.org/spip.php?article1266
Résumé : Vendredi 8 mai 2009. Auteur : M’PEPLe M’PEP a largement démontré dans plusieurs textes qu’il n’est pas possible de mener une véritable politique de gauche dans le cadre de l’Union européenne. Nous pourrions dire sans risque de nous tromper que 95% des propositions de la gauche de gauche se révèlent illégales au regard du droit européen sanctifié dans les traités et la jurisprudence, et qu’il ne figurerait dans les 5% restants que des mesures décoratives.
Les traités européens sont incompatibles avec une politique de gauche.
Dès lors, les options envisageables sont peu nombreuses :
* se résigner à vivre dans une Europe libérale ; * attendre (jusqu’à quand ?) un changement radical d’orientation de l’Union européenne ; * ne plus obéir aux injonctions néolibérales de l’Union.Bien évidemment, la seule solution acceptable est de s’affranchir des obligations communautaires eurolibérales, ce qui d’un point de vue juridique renvoie à l’idée de désobéissance civile, avec toutefois quelques différences importantes. C’est pourquoi un large débat public est désormais impératif autour d’un concept nouveau et nécessaire proposé par le M’PEP : la « désobéissance européenne ».
* En quoi consisterait la désobéissance européenne ? * Comment la désobéissance européenne, qui est une désobéissance civile à grande échelle, peut s’appuyer sur un processus démocratique ? * Comment les partis politiques et les syndicats peuvent-ils clarifier leur position ? * Les communes qui se sont déclarées « Hors AGCS » [2] ne sont-elles pas les premières à avoir montré le chemin ? * Faut-il créer un mouvement de désobéissance européenne ?Sommaire
* LES TRAITES EUROPÉENS SONT INCOMPATIBLES AVEC UNE POLITIQUE DE GAUCHE * EN QUOI CONSISTERAIT LA DÉSOBÉISSANCE EUROPÉENNE * LA DÉSOBÉISSANCE EUROPÉENNE : UNE DÉSOBÉISSANCE CIVILE À GRANDE ECHELLE QUI S’APPUIE SUR UN PROCESSUS DÉMOCRATIQUE * LA DÉSOBÉISSANCE EUROPÉENNE EST UNE ÉTAPE INCONTOURNABLE POUR SORTIR DE L’EUROLIBÉRALISME</blockquote>
LA DÉSOBÉISSANCE EUROPÉENNE, PREMIER PAS OBLIGÉ VERS LA SORTIE DU CAPITALISME NÉOLIBÉRAL
Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)
Le 8 mai 2009.
Le M’PEP a largement démontré dans plusieurs textes (disponibles sur http://www.m-pep.org/spip.php ?rubrique76) qu’il n’est pas possible de mener une véritable politique de gauche dans le cadre de l’Union européenne. Nous pourrions dire sans risque de nous tromper que [bgcolor=#FFFF99]95% des propositions de la gauche de gauche se révèlent illégales au regard du droit européen sanctifié dans les traités et la jurisprudence[/bgcolor], et qu’[bgcolor=#FFFF99]il ne figurerait dans les 5% restants que des mesures décoratives[/bgcolor].
LES TRAITÉS EUROPÉENS SONT INCOMPATIBLES AVEC UNE POLITIQUE DE GAUCHE
Ainsi par exemple, un protocole au Traité de l’Union européenne stipule que le « marché intérieur tel qu’il est défini à l’article 3 comprend un système garantissant que [b]la concurrence est libre et non faussée[/b] ». [color=red]À partir de là, peu de mesures sont possibles en matière de politique industrielle, de réorganisation du système bancaire et financier ou de mise en œuvre de protections commerciales.[/color] [b]Dès lors, les options envisageables sont peu nombreuses. Il en existe trois :[/b][color=purple] * se résigner à vivre dans une Europe libérale en dissimulant ce renoncement par un verbiage du type « Une autre Europe est possible » ou « changer l’Europe » sans qu’aucune mesure concrète ne soit envisagée pour mettre en accord ces grandes déclarations et la manière de les traduire en réalités ;
* attendre (jusqu’à quand ?) un changement radical d’orientation de l’Union européenne qui paraît absolument impossible car il faudrait que les 27 pays membres passent tous à gauche et se mettent d’accord pour modifier les traités, ce qui signifie que la demande d’un nouveau traité est parfaitement démagogique[/color] [color=red][b]* ne plus obéir aux injonctions néolibérales de l’Union.[/b][/color] Bien évidemment, la seule solution acceptable est de s’affranchir des obligations communautaires eurolibérales, ce qui d’un point de vue juridique renvoie à l’idée de désobéissance civile, avec toutefois quelques différences importantes. C’est pourquoi un large débat public est désormais impératif autour d’un concept nouveau et nécessaire proposé par le M’PEP : la « désobéissance européenne ».EN QUOI CONSISTERAIT LA DÉSOBÉISSANCE EUROPÉENNE ?
Obéir n’est pas se soumettre, puisqu’il s’agit d’écouter et d’agir pour « aller vers le mieux ». [bgcolor=#FFFF99]L’obéissance fait donc appel à la conscience.[/bgcolor] [color=red][b]Or, la construction européenne actuelle menant les États membres vers le pire (la concurrence, le dumping social et environnemental, la destruction des solidarités...), il existe une profonde contradiction entre le droit communautaire et l’intérêt des peuples, ce qui justifie pleinement de désobéir.[/b][/color] Cette désobéissance pourrait prendre deux formes : l’une défensive et l’autre offensive.La désobéissance européenne défensive
Elle correspond à la nécessité, pour chaque pays qui le souhaite, de se protéger contre les politiques néolibérales de l’Union européenne. C’est la construction d’un droit national socialement juste et protecteur de l’environnement, de l’industrie et des régimes sociaux, quitte pour ce faire à se mettre dans l’illégalité vis-à-vis du droit communautaire. C’est aussi, par exemple, le refus d’abonder le budget communautaire lorsque ces fonds sont utilisés pour mener des politiques libérales. Bien sûr, la construction revendiquée d’un droit « illégal » implique qu’aucune astreinte ne sera payée en dépit des condamnations qui ne manqueront pas d’arriver de la part de l’Union. Autre exemple, dans le domaine crucial de l’agriculture, il est nécessaire de ne plus abonder le budget de la Politique agricole commune (PAC) tant que celle-ci aura pour objectif le développement de l’agriculture intensive. Les fonds disponibles seront alors mobilisés pour soutenir la conversion à une agriculture respectueuse de l’environnement et à créer des emplois non-marchands en zones rurales notamment sur le territoire français et pour développer des partenariats agricoles avec d’autres pays, Etats membres ou non, souhaitant s’engager dans des voies similaires. En matière d’OGM, il faut dénoncer la directive 2001/18 et le règlement 1829/2003 et produire une loi nationale qui interdise sans ambigüité les OGM dans les champs et dans l’alimentation, comme le souhaite une très large majorité de la population. Il en va évidemment de même pour toutes les directives européennes de libéralisation (« Bolkestein » ; postale ; ferroviaire ; électricité ; gaz…) ou en matière de fiscalité.La désobéissance européenne offensive
Elle viserait quant à elle à passer outre aux injonctions éventuelles qui pourraient provenir de l’Union européenne contre des pays qui voudraient mener une politique de gauche.LA DÉSOBÉISSANCE EUROPÉENNE : UNE DÉSOBÉISSANCE CIVILE À GRANDE ECHELLE QUI S’APPUIE SUR UN PROCESSUS DÉMOCRATIQUE
Telle que définie par des universitaires [1], la désobéissance civile comprend quatre caractéristiques :* l’opposition à l’ordre juridique représentant un pouvoir politique démocratiquement désigné. Contrairement aux actions de type révolutionnaire, elle se situe au sein du système juridique et vise à faire changer la loi. * le positionnement de l’acte de désobéissance au sein de l’espace public. A la différence de l’objection de conscience, qui est individuelle, la désobéissance civile est collective et politique. * le rattachement de l’acte de désobéissance à des valeurs éthiques. La désobéissance est « civile » si elle agit pour le bien de la cité. * la volonté de participer à une transformation des valeurs et d’influencer le contenu des décisions publiques.</blockquote>La désobéissance européenne peut donc être assimilée à une forme de désobéissance civile, mais elle va bien plus loin que les exemples de désobéissance civile connus. Elle est de la résistance !
* La capacité de changement de l’Union européenne qu’offre la désobéissance européenne est considérable. Elle permettra de sortir du carcan libéral et de mettre en œuvre une véritable politique de gauche interdite depuis plusieurs décennies par l’Union européenne. Chaque pays peut la pratiquer, individuellement ou en se groupant. * Du point de vue du législateur, la désobéissance civile remet en cause la force contraignante de la loi, au risque de remplacer l’arbitraire de la loi par l’arbitraire de la conscience. Or, la désobéissance européenne remet seulement en cause un élément de hiérarchie du droit, à savoir la soumission des lois nationales au droit communautaire. Elle est donc bien moins sujette à la critique que la désobéissance civile, puisque la force contraignante de la loi nationale demeure entière. * La désobéissance européenne sera mise en œuvre par un gouvernement démocratiquement élu, alors que l’Union européenne produit un droit qui ne s’appuie à aucun moment sur une quelconque souveraineté populaire. La désobéissance européenne est donc une nécessité démocratique dont la légitimité sera totale.La désobéissance européenne résulterait de trois mécanismes démocratiques
Finalement, la désobéissance européenne, s’appuyant sur la souveraineté populaire, est parfaitement légale. Ses variantes offensive ou défensive résulteront de trois mécanismes démocratiques : * Le principe de la désobéissance européenne doit être intégré aux [u]programmes des partis politiques[/u] de gauche, accompagné de propositions concrètes. Comme ces programmes seront soumis aux électeurs, d’une part les élus de ces partis seront engagés, et d’autre part ils disposeront de toute la légitimité populaire pour agir conformément au programme sur lequel ils se seront faire élire. * En cours de mandat, le Parlement peut être amené à voter [u]des lois[/u] si la situation l’exige. La désobéissance européenne serait donc doublement légitimée : par le peuple au travers des programmes électoraux sur lesquels il se sera prononcé, et par les députés, représentants du peuple. * Enfin, en cas de crise ou de situation particulière, des [u]référendums[/u] peuvent être organisés pour rejeter telle ou telle directive ou pour engager la France dans telle ou telle action. Comme la bataille avec les forces néolibérales sera permanente, la simple acceptation de la désobéissance européenne dans les programmes politique ne peut suffire. Rappelons ici que l’article 11 de la Constitution française stipule qu’il est possible de « soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions. »LA DÉSOBÉISSANCE EUROPÉENNE EST UNE ÉTAPE INCONTOURNABLE POUR SORTIR DE L’EUROLIBERALISME
Le M’PEP a précédemment écrit (http://www.m-pep.org/spip.php ?article506) qu’un dispositif en [u]trois étapes[/u] est nécessaire afin de sortir de l’eurolibéralisme : * trouver [u]des alliances[/u] au sein de l’Union européenne pour des « coopérations renforcées » en rupture avec les politiques libérales ; * si ces propositions de coopération étaient rejetées, il faudrait [u]soumettre au peuple français, par référendum, la question de la sortie de l’Union européenne[/u], chaque pays membre pouvant faire de même selon sa constitution ; * réorienter la diplomatie et les alliances de la France sur la base, notamment, de la [u]Charte de La Havane[/u]. La désobéissance européenne est donc incontournable, et ce dès la première étape. En effet, l’article 280A du Traité de Lisbonne (qui n’est pas encore en vigueur mais qui reprend pour l’essentiel les traités antérieurs sur cette question) stipule : [color=purple][b]« Les coopérations renforcées respectent les traités et le droit de l’Union. Elles ne peuvent porter atteinte ni au marché intérieur ni à la cohésion économique, sociale et territoriale. Elles ne peuvent constituer ni une entrave ni une discrimination aux échanges entre les Etats membres ni provoquer de distorsions de concurrence entre ceux-ci. »[/b][/color]. [bgcolor=#FFFF99]Aucune « coopération renforcée » ne peut donc être en rupture avec les politiques libérales sans que les États pratiquent la désobéissance européenne.[/bgcolor] Les partis politiques et les syndicats doivent clarifier leur position [bgcolor=#CCFFFF][b]En dehors du M’PEP, aucun mouvement, parti politique ou syndicat de gauche ne revendique le droit à la désobéissance européenne et le devoir d’y recourir pour restaurer l’exercice de la souveraineté populaire, s’opposer à l’eurolibéralisme et promouvoir des politiques de gauche.[/b] Ce faisant, ils s’arrêtent au milieu du gué, en décrivant les mesures progressistes qu’ils veulent mettre en œuvre sans décrire les moyens d’y parvenir.[/bgcolor] Au contraire, il est indispensable de poser clairement ce débat, afin de proposer aux citoyens un ensemble d’actions cohérentes pour sortir du capitalisme néolibéral. La désobéissance européenne en fera inévitablement partie. Cette façon de poser les problèmes, cette politique de vérité, est de nature à mobiliser la population.S’inscrire dans le sillage des communes Hors AGCS
En réalité [bgcolor=#FFFF99]les communes qui se sont déclarées « hors Accord général sur le commerce des services » (AGCS) ces dernières années constituent [b]les premières institutions politiques républicaines à pratiquer une forme de désobéissance européenne[/b]. Alors qu’elles devaient se soumettre à la concurrence libre et non faussée, elles ont annoncé qu’elles renonceraient à mettre en concurrence sur le marché une série d’activités sociales et culturelles sur leur territoire. Et elles ont revendiqué leur action en se déclarant « hors AGCS ». Certaines ont même affiché le logo à l’entrée de leur commune, sur leur journal d’information. Elles ont, en quelque sorte, montré le chemin à la gauche qui pourrait se trouver en situation de gérer le pays.[/bgcolor] Un exemple parlant du principe « du local au global ».Créer un mouvement de désobéissance européenne ?
À l’instar des objecteurs de conscience qui affirmaient la dimension politique de leur refus d’effectuer le service militaire et qui se sont constitués en mouvement, revendiquant publiquement leurs actes, et ainsi refusant le strict engagement individuel, allant au-delà de la « clause de conscience », un mouvement pourrait se créer composé de citoyen-n-es, d’ « objecteurs de l’Union européenne ». Ces « désobéissants » auraient vocation à se créer dans tous les pays européens, affichant dans chaque pays, des raisons communes de vouloir désobéir à l’eurolibéralisme et à l’Union européenne. Mais, dans le respect de la réalité nationale, seraient également soulignées les dimensions particulières de leur engagement. Ainsi les différents niveaux de la vie politique et de l’engagement citoyen seraient reliés les uns aux autres au plan européen, national et local. Car finalement, sans le savoir, nombreux sont les citoyens qui revendiquent la désobéissance européenne en contestant par exemple la PAC, des directives sur les OGM, la libéralisation des services publics, la privatisation de la santé, etc. Nombreux aussi sont les syndicats, les partis, les associations qui refusent la directive services, la directive « de la honte », etc. Seraient-ils déjà des désobéissants/objecteurs de l’Union européenne sans le savoir ?Notes
[1] David Hiez et Bruno Villalba, La désobéissance civile, approches politiques et juridiques, Septentrion, 2008.
[2] voici le lien du film sur l’AGCS :
http://video.google.fr/videoplay?docid=8215080427168435251
[bgcolor=#FFFF99]« La carte de la Toile européenne »[/bgcolor]
Intéressante actualisation d’un outil extraordinaire, très spectaculaire :
J’préfère déjà largement plus la désobéissance européenne que la sortie de l’union européenne 
La désobéissance européenne, premier pas obligé vers la sortie du capitalisme néolibéral
ci-dessous un extrait du courriel que j’ai envoyé au Conseil national du M’PEP (dont je suis membre), regrettant de n’avoir pas participé à la rédaction de ce texte que je signe volontiers, à des bricoles près, qui n’ont guère d’importance sur le fond.
[...] nos déclarations publiques sur ce thème ne font que commencer, je n'en doute pas : je promet à ce thème de campagnes un bel avenir et pas mal de gens qui le rejoindront... Je tiens avant tout, sincèrement, à saluer la qualité et le caractère ambitieux de ce texte et aussi ceux des outils de travail mis en place [...]Les considérations sur le droit abordées dans le texte sont très pertinentes et intéressantes. Et sans doute suffisent-elles bien pour le moment. Mais je note sans tarder qu’il y a là une mine à creuser à l’avenir, dans des axes encore à peine voire pas ébauchés (le plus tôt sera le mieux pour poursuivre le travail de fonds).
Ce texte donne un grand espoir parce qu’il montre bien, dans les grandes lignes, la légitimité totale de la désobéissance européenne. Mais quant à démontrer la légalité, en quelque sorte, il reste beaucoup à faire ; or il y a là de grands axes de batailles et de belles victoires durables en perspective, avec des débouchés institutionnels réels. En fait, il s’agit aussi et surtout de démontrer [bgcolor=#FFFF99]l’illégalité du droit européen[/bgcolor], en un mot. Ce sujet, sur lequel j’ai déjà travaillé, me parait devoir être articulé à cette bataille, dans l’esprit de ce qui a été entrepris pour ce texte. [color=black]Il s’agit du [bgcolor=#FFFF99]caractère « inconstitutionnel » de la construction européenne[/bgcolor], à bien des égards – citons ici en vrac :
les libertés de personnes morales (entreprises, …) ainsi que de non-résidents (investisseurs) placées comme l’un des principaux fondements du droit européen lui-même, et de fait inconditionnellement garanties tandis que le reste l’est au conditionnel. D’où un régime égalité - liberté impossible, du moins non viable et condamné ; asservissement au droit de l’OMC, droit fondé sur la même base d’ « anti-droit » [et qui pose également les États parties en sujets - tandis que la loi a pour « sujets » des personnes] ; …
[bgcolor=#FFFF99]des pouvoirs UE non séparés[/bgcolor], situation rendant impossible, illusoire et factice l’état de droit ; notamment un ordre judiciaire (hiérarchies allant de la CJCE aux juridictions locales) bancal ; un régime monétaire tyrannique et impliquant des privilèges ; … une corruption non seulement réelle, généralisée et très poussée, mais inévitable, impossible à interdire car les règles d’interdiction seraient purement inapplicables – les tentatives de légiférer sur la question ont elles-mêmes été enterrées de manière pitoyable, et ce sort était inévitable : cas qui démontre la nécessité de légiférer ailleurs ne serait-ce que pour sauver le soldat UE ;
des directives violant constamment les traités UE eux-mêmes, dans la mesure où elles entendent ordonner à des personnes (donc être des lois au sens propre) et non à des Etats, qui devraient pourtant garder le choix des moyens d’application ; la CJCE a beau avoir fait son coup d’Etat en la matière des 1963-64, il reste que la lettre des traités est violée ; or la tentative même de changer cette lettre changerait la nature de ces textes, qui ne seraient plus des traités, … de là des conséquences majeures, et une réflexion faisant apparaitre le trompe l’oeil
à commencer par une foule d’articles comptant parmi les plus vitaux des constitutions nationales qui ont perdu toute portée, alors qu’ils restent écrits, « en vigueur ». Exemple : le droit de vote des parlementaires est personnel, et « tout mandat impératif est nul » (art. 17) ; or les parlementaires nationaux sont contraints de transposer des directives, en vertu de la constitution elle-même, puisqu’on s’est imaginé la mettre au pas en y ajoutant juste un « paragraphe européen » – qui peut démontrer que ce paragraphe doit être respecté alors que les autres seraient piétinés à l’évidence ? Cette seule situation montre que la désobéissance civile (a minima) est légitime
disposition moins connue (article 31 ?) : « La fonction de membre du gouvernement est incompatible avec tout mandat parlementaire »… : vus le statut et les pouvoirs effectifs du Conseil, c’est une plaisanterie…
… qui renvoie à une disposition encore moins connue, étrangement, figurant dans un article (89) pourtant largement évoqué au moment de la ratification de chaque nouveau traité européen : "[bgcolor=#FFFF99]La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une modification" [de la constitution française]… [/bgcolor]
Cf [bgcolor=#FFFF99]art. 16 de la Déclaration de 1789 : « Toute société dans laquelle les pouvoirs ne sont point séparés et les droits ne sont point garantis n’a point de constitution »… ![/bgcolor] On voit là encore que le processus de ratification des traités UE fait une situation de coup d’Etat permanent. [/color]
D’autres raisons et d’autres aspects encore, montrent cette situation. C’est dans ce contexte qu’il faut situer la réflexion sur la légalité de la désobéissance européenne.
Il y a de toutes manières un analyse patiente à mener. Le rare exemple, considéré dans ce texte, d’article de la constitution, me parait discutable [à creuser] :
Rappelons ici que l’article 11 de la Constitution française stipule qu’il est possible de « soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions. »
Rappelons ici qu’un autre article (55 ?) de la constitution, et même le B-A-Ba du droit international, situent les lois à un ordre juridique inférieur à celui des dispositions de traités. Or qu’il s’agit de référendums ou de votes des députés, ils porteront sur des lois. La loi ne se place pas au-dessous de la directive, mais si elle est contraire à telle directive, alors elle sera fatalement contraire à des dispositions des traités UE, qui font s’imposer la directive… Ce qui nous renvoie à un ensemble de considérations juridiques croisées, portant sur tout le château européen. Bref, une réflexion à creuser.
En dehors du M’PEP, aucun mouvement, parti politique ou syndicat de gauche ne revendique le droit à la désobéissance européenne et le devoir d’y recourir pour restaurer l’exercice de la souveraineté populaire, s’opposer à l’eurolibéralisme et promouvoir des politiques de gauche.
Le Parti de gauche l’a fait, il me semble, et je l’avais souligné deux fois […] Certes, il l’avait fait dans un texte (d’orientation) interne, très timidement et sans développer du tout ; par ailleurs, une bonne part de ses élites dirigeantes l’ignorent manifestement. Reste qu’il aurait peut-être été plus constructif, à mon avis, de leur tendre la main et de les associer en les prenant au mot.
Je trouve la proposition du M’PEP brillante: avec un essai de désobéissance avant la sécession on recouvre une symbolique révolutionnaire moderne qui rappelle les valeurs du conseil de la résistance qui ont bâti la France sociale et que les libéraux essaient de démonter aujourd’hui. Dans cette optique, les communes anti AGCS sont à louer et défendre parce qu’elle démontrent qu’un autre monde est possible.
Maintenant, quelques remarques:
1- le texte fait régulièrement appel à une politique de gauche alors que les termes défense des solidarités, des services et du commerce auraient suffi. Pourquoi? Une politique de gauche c’est Besancenot ou Royal? Blair ou Zappatero? Armadinedjad ou le PCC? Chavez ou Morales? À moins que les auteurs n’aient en tête que ce mouvement renouvelle à lui seul l’idéologie de gauche?
2- le texte propose un débat démocratique sur le contenu de la désobéissance européenne, très bien mais précise quand même que « Bien sûr, la construction revendiquée d’un droit « illégal » implique qu’aucune astreinte ne sera payée en dépit des condamnations qui ne manqueront pas d’arriver de la part de l’Union. » Et je vois là le meilleur moyen de quitter l’UE.
3- l’opposition à la PAC s’argumente autour de l’agriculture intensive et les OGM. Seulement. Donc l’Afrique peut persister à mourir de la PAC?
4- « le rattachement de l’acte de désobéissance à des valeurs éthiques. La désobéissance est « civile » si elle agit pour le bien de la cité. » Ca c’est absolument brillant et tellement européen!
5- au cas où on ne parviendrait pas à l’élection d’un gouvernement de gauche en France et -j’aimerais y ajouter et/ou- qu’on ne parviendrait pas à l’établissement de coopérations renforcées -avec des partis, une opposition, un gouvernement?-, un référendum pour sortir de l’UE. Encore? Inutile d’être grand clerc pour cerner les intentions latentes des rédacteurs de ce texte, pourtant, de la façon dont ils le présentent, j’abonde en leur sens.
6- l’éducation est indispensable à l’émancipation des masses comme l’intermittente du spectacle nous le réexplique à la fin du film ‹ ça commence à frémir › proposé en lien du texte du M’PEP. Mais pour réagir, il faut savoir contre quoi et ça exige des efforts, une remise en question, etc, une éducation au savoir et à la réflexion. Combien de personnes par pays industrialisé? Peu sans doute; donc que nous reste-t-il pour les convaincre que le bon sens est la chose la mieux répartie de par le monde et qu’il ne sert donc à rien? Qu’il faut argumenter, étayer sa pensée, de références échangeables et convenir de sa globale ignorance -ce qui reste d’après moi le meilleur signe de vitalité intellectuelle qui soit- plutôt que d’essayer de mettre en scène ses opinions sans prendre la peine de l’effort, en espérant que la multiplication d’images soit bien interprétée par plus intelligent que soi. Il n’y a qu’à constater le peu de participants à nos forums comme l’encore moins parmi ceux-ci, capables de fournir matière au débat.
Ces remarques en ajout à celles de Sam qui comme souvent a pointé l'essentiel:[size=15][b] juridiquement démontrer l'illégalité de l'UE afin de légitimer la désobéissance.[/b][/size]

On doit boycotter les élections européennes parce que ce parlement est d’une part factice et que les intérêts français n’y peuvent être défendus?
En plus les élus s’en mettent plein les poches?
Voyez Gilles, je ne vote que très rarement, et bien un tract comme ça, c'est un coup à me précipiter aux urnes!
Dommage pour la discussion en cours.
c’est clair c’est totalement le contraire de ce qu’il faut faire
même avec 99% d’abstention ils continueront de prétendre que leur élection est légitime, ils prétexteront que les français ne s’interessent pas à l’europe, et d’ailleurs ils font tout pour que les français ne s’interessent pas à l’europe, tels des enfants qui ont fauté et ont mauvaise conscience, ils font tout pour éviter le sujet, ils savent qu’il n’y a aucun intérêt pour eux à tenter de passionner les français sur les questions européennes ils ont trop peur de réveiller les idées qui ont dominé en 2005, ils parlent d’ailleurs déjà des régionnales, c’est dire jusqu’ou va leur mépris pour ces élections et pour les français, alors à quoi vous allez contribuer en n’allant pas voter ? à rien dutout, vous allez faire leur jeu
si vous voulez être utile, allez voter pour tous les virer, ce scrutin n’est pour eux qu’un moyen d’obtenir une bonne place en cas d’échec aux autres élections
avec internet, voter est actuellement votre seul moyen d’expression alors ne l’abandonnez pas, ils ne demandent que ça