32 Sortir de l'Union Européenne

Chômage en octobre 2015 : record historique battu.

Chômage : catégories A, B, C, D, E :

France métropolitaine :

6 127 200 inscrits à Pôle Emploi.

France entière, y compris l’outre-mer :

6 462 400 inscrits à Pôle Emploi.

Variation sur un mois : + 0,2 %

Variation sur un an : + 5,1 %

http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-GS16RE.pdf

Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

  • « Quand on dit que l’Europe de Maastricht créera des emplois, ça reste vrai. Il se trouve que le traité de Maastricht n’est pas encore appliqué. Lorsqu’il le sera, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera, car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique. » (Jacques Attali, sur France 2, débat télévisé « Polémiques » animé par Michèle Cotta)

  • « Si le traité de Maastricht était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

  • « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

  • « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

  • « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

  • « Pour la France, l’Union Économique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

  • « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

  • « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

Qu’est-ce que ces politiques nous ont menti pour faire passer l’idée de l’euro !

[font=arial]Le “Non” danois à l’Union Européenne[/font]

Le mercredi 3 décembre se tenait, dans la plus grande discrétion de la presse française, un référendum au Danemark portant sur une plus grande intégration à l’Union européenne. Le vote a été sans appel : le « Non » l’a emporté avec 53% des suffrages exprimés. Il faut aussi noter l’importante participation, environ 72% des électeurs ont voté, qui fait de ce référendum le plus important dans l’histoire des différends votes concernant l’UE au Danemark. Le relatif silence de la presse française est à noter ici, mélange de mépris pour ce qui se passe dans un « petit » pays et de gêne quant au résultat qui dérange, et c’est peu dire, les opinions européistes de maints commentateurs.

L’objet du référendum était de savoir si les danois acceptaient de renoncer aux différentes exemptions qu’ils avaient obtenues, à la suite de précédentes consultations référendaires, aux règles de l’Union européennes. Dans le langage technique dont raffole la bureaucratie bruxelloise cela s’appelle des clauses « d’opting out ». Le gouvernement libéral qui dirige actuellement le Danemark tout comme l’opposition social-démocrate avaient fait campagne pour le « Oui ». Ils ont donc été désavoués. La campagne du « Non » était portée par une alliance de la gauche radicale et du parti populiste et souverainiste, le DPP. Tout comme lors du référendum de 2005 en France sur le projet de Constitution européenne, c’est cette alliance qui a triomphé.

Pourtant, tant le parti au pouvoir que l’opposition européistes n’avaient pas hésiter à jouer de la carte de la peur pour influencer les électeurs, allant jusqu’à prétendre qu’un succès du « non » remettrait en cause remettrait en cause la coopération policière avec les autres pays de l’UE. Cet argument était particulièrement stupide quand on sait que l’UE, et son instrument Europol, collabore avec des pays comme la Suisse et la Norvège qui ne font pas partie de l’UE ! Tout comme en France, la carte de la peur n’a pas joué.

Le sens de ce référendum est clair. C’est une nouvelle victoire pour le courant souverainiste et eurosceptique en Europe. Cette victoire témoigne de l’épuisement de l’idée européenne dans les opinions publiques et de la faillite du projet d’intégration renforcée que portent les européistes que ce soit à Bruxelles ou à Paris. Avec le projet de futur référendum sur l’Euro qui pourrait se tenir en Finlande en 2016 ou 2017, c’est aussi le signe très nets que les peuples des pays de l’UE rejettent cette idée d’intégration renforcée et de pseudo-fédéralisme que portent les partisans de l’Euro. Les gouvernements feraient bien d’en tenir compte. Ce référendum, le premier vote qui survient dans un pays de l’UE depuis que la crise des réfugiés a fait exploser les contradictions de la construction européenne, signale très certainement la fin d’une époque. L’intégration européenne ne fait plus rêver. Au contraire, elle fait peur. Les populations constatent que les mécanismes d’intégration, dont bien entendu l’Euro, n’ont jamais produits les effets bénéfiques qui leurs étaient attribués et ont même détérioré la situation.

Par ailleurs, c’est aussi une victoire qui aura certainement une influence sur le futur référendum qui doit se tenir en 2016 en Grande-Bretagne sur une possible sortie de ce pays de l’UE. De ce point de vue aussi, ce référendum danois annonce des tournants majeurs dans l’histoire de la construction européenne. Et c’est probablement ce qui gêne tant les divers commentateurs français qui, sauf la reprise du communiqué de l’AFP, se tiennent pour l’heure dans un silence qui en dit long sur ce qu’ils pensent…

http://russeurope.hypotheses.org/4528

[font=arial]Avec Les courtiers du capitalisme (Agone, 2015), le sociologue Sylvain Laurens nous plonge au cœur de la fabrique politique de l’Union Européenne. Cet entretien lui permet par ailleurs de préciser son positionnement théorique et d’exposer certaines implications politiques de son travail.[/font]

[font=arial]Lire l’entretien ici : [/font]
http://www.contretemps.eu/face-au-capital-bureaucratique-europeen-entretien-avec-sylvain-laurens/

Dés que j’ai du temps, je traduirais ceci :

http://news.sky.com/story/1626560/goldman-to-help-bankroll-eu-in-campaign

Traduction à continuer :

La banque Goldman Sachs soutient la campagne de financement de maintien de la Grande-Bretagne à l’intérieur de l’UE.
Sky News apprend que le géant de Wall Street Goldman Sachs a donné une somme à six chiffres à la campagne pour garder la Grande-Bretagne dans l’UE.
Mercredi 20 janvier 2016 - Royaume-Uni
Par Mark Kleinman, à Davos.

La banque Goldman Sachs a donné des centaines de milliers de livres à la campagne pour garder la Grande-Bretagne dans l’Union européenne, ceci soulignant les préoccupations des firmes du centre financier de la City Of London concernant la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, dénommée : Brexit.

Sky News peut révéler en exclusivité que d’après des personnes très bien informées Goldman Sachs a accepté de donner une « importante somme à six chiffres » à Britain Stronger in Europe ( Grande-Bretagne plus forte en Europe ), le groupe présidé par l’ancien patron de Marks & Spencer Lord Rose.
Note du traducteur : Lord Rose se traduit en français par : Seigneur Rose, ce qui indique bien que la féodalité continue bien, même si c’est sous une forme modernisée.

Le don sur lequel la banque Goldman Sachs a refusé de s’exprimer, reflète l’approfondissement de l’anxiété chez les cadres supérieurs de la banque de Wall Street à propos de la perturbation économique potentielle qu’ils estiment qu’une sortie britannique de l’UE entraînerait.

Cette décision de Goldman Sachs d’investir une somme conséquente dans cette campagne fait que Goldman Sachs, qui emploie 6000 personnes au Royaume-Uni, devient l’un des plus grands donateurs de cette imminente campagne référendaire de quelque côté que l’on se place, que ce soit pour le maintien ou bien pour la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE.

Une source proche de la banque a insisté pour indiquer que ce don ne devait pas être interprété comme une intervention politique partisane, la somme exacte donnée n’était pas néanmoins révélée au public.

Les règles qui régissent les dépenses de la campagne référendaire officielle indiquent que les deux côtés : maintien ou sortie, peuvent dépenser 7 Milliions de Livres Sterlings au cours des 10 dernières semaines avant le scrutin.

Cependant à chaque parti politique est alloué une somme répartie suivant leur part de suffrages exprimés lors du dernier vote aux élections générales. Et comme les Conservateurs, les Travaillistes et les Libéraux-Démocrates sont en faveur du maintien de la Grande-Bretagne à l’intérieur de l’UE, ce camp sera en mesure de dépenser significativement plus que son rival.

La Commission électorale exige que les groupes de campagne enregistrés leur soumettent la liste de leurs donateurs avant un référendum.

La banque Goldman Sachs pense ne pas être la seule grande banque qui a accepté de contribuer au financement de la campagne du maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE, des personnes très bien informées de la City ont indiqué à Sky News que d’autres entreprises avaient également convenu d’avoir engager de l’argent dans la campagne au cours des dernières semaines écoulées.

Les préoccupations de Wall Street sur l’impact du Brexit concernent à la fois la fin probable de la capacité du Royaume-Uni à accéder au marché unique des services financiers de l’UE et de nombreux financiers croient que l’incertitude dans les affaires sera plus grande en cas de sortie.

Les militants pro-sortie de l’UE soutiennent que quitter l’Union Européenne permettra à la Grande-Bretagne de négocier des accords commerciaux plus favorables et que la City en sera peu affectée.

Transcription des propos de Geoffrey Geuens
Maître de Conférence à l’Université de Liège :

La Communauté économique européenne, c’est le rejeton de la CECA, la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Et qui sont les signataires du Traité de Paris instituant la CECA ? On retrouve notamment, côté Belge, un personnage très influent : Paul Van Zeeland. Il est alors ministre des Affaires étrangères. Mais auparavant, il a été administrateur d’entreprises du groupe Empain, du groupe de Launoit, du trust Sofina, c’est-à-dire des grands capitalistes belges. Dans tout son parcours, il appartient au monde des affaires. Et après son passage au gouvernement, il retournera à ces premières amours : il deviendra, entre autres casquettes, conseiller général de la Banque de Bruxelles et président de la Banque belge d’Afrique. Quant à l’autre Belge, Joseph Meurice, alors ministre du Commerce extérieur, il est l’ancien directeur commercial des Charbonnages de Werister et se fera banquier à son tour, après son petit tour en politique, administrateur de la Brufina.
Voilà les hommes qui signent, pour la partie belge, le traité de Paris en 1951. Mais côté Néerlandais, ce n’est guère mieux : le ministre des Affaires étrangères, Dirk Stikker, était auparavant administrateur de la Nederlandse Bank, puis directeur général de Heineken juste avant de prendre ses fonctions au ministère. Il finira secrétaire général de l’Otan. Son collègue, ministre des Affaires économiques, Jan van den Brink, sera lui président d’ABN-Amro Bank dans les années 1970.
Et qui va notamment présider la Haute autorité de la CECA ? Le Français René Mayer, cousin, par sa mère, des Rothschild. Une fois son mandat à la CECA achevé, Mayer ira présider la Société du Nickel, dont l’actionnaire principal est la Banque Rothschild – aux côtés de la Banque de l’Indochine.
Le grand capital n’avait rien à craindre de ces hommes, qui étaient les siens. C’est pour ça, quand j’entends que « au départ, l’Europe était un beau projet, qu’il a été perverti, etc. », c’est aberrant : le ver était dans le fruit. Les financiers sont au cœur de ce projet depuis sa fondation.

Source série de vidéos de Fakir Presse :https://www.youtube.com/watch?v=GizWAkMddsg&list=PLcOtJjc1TayWLPB57pVUUx-jlaFngJTg-

Merci Gilles,

Tes contributions sont absolument passionnantes.

We Sign It et les plate-formes frelatées de pétition

À Étienne Chouard, c’est plus toi qu’il faut remercier que moi, enfin chacun fait à sa mesure. Je voudrais écrire sur les plate-formes frelatées de pétition. Nous avions déjà les pétitions avaaz sponsorisés en partie par le milliardaire George Soros, via MoveOn par le Soros Open Society Institute (Open Society Foundations)

Aujourd’hui après avoir signé de nombreuses pétitions We Sign It, je découvre que les pétitions We Sign It sont liées à l’association « Sauvons l’Europe » ( toujours cette confusion volontaire entre UE et Europe, donc pour eux au sens de sauvons l’UE ) :
http://www.wesign.it/static/qui_sommes_nous-2/fr
Tandis que la plate-forme We Sign It diffuse une pétition en faveur de #NuitDebout, un dirigeant de cette plateforme est engagé dans l’association « Sauvons l’Europe » ( Sauvons l’UE ) alors que L’Union Européenne est un des piliers principaux de la consolidation du capitalisme dans le monde.

C’est assez malin de leur part : « Intervenons de manière subtile et dès le départ auprès de ceux qui veulent tout changer afin que rien ne change ! »

Tout à fait ce que je pense, mais rédigé par Jacques Sapir :

http://russeurope.hypotheses.org/4913

:slight_smile:

[align=center]La loi El Khomri est un produit d’importation made in Union européenne.
[/align]

[color=#661b1a]Les « Grandes orientations de politique économique » (GOPÉ), dont l’existence est posée par les traités, et le « Programme national de réformes » (PNR), qui s’inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 « pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive » (tsoin-tsoin), prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale.
Dans même temps, la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union (CJUE), n’a de cesse de promouvoir l’ordre concurrentiel et la dérégulation. Surtout, au travers d’arrêts à l’impact décisif mais mal connus du grand public, tels, par exemple, les arrêts Laval et Viking de 2007, elle œuvre à saper le droit du travail dans les pays membres, et à affaiblir la capacité de négociation des salariés dans les conflits sociaux.

Enfin, l’appartenance à l’euro interdit toute dépréciation de la monnaie. Dès lors, elle conduit les pays de l’eurozone non à renforcer leur coopération, non à développer entre eux la solidarité, mais à se mener les uns aux autres une véritable « guerre de la désinflation salariale », selon une expression de Steve Ohana. Pour livrer cette guerre, ajoute l’économiste, « la France ne semble plus avoir d’autre choix que de s’engager plus franchement dans des politiques de dévaluation interne, non plus seulement via la baisse de la fiscalité sur le travail, mais via la compression des salaires eux-mêmes ( …) c’est l’option qui sous-tend la loi El Khomri ».

Face au caractère scandaleux de l’affaire, face à la blessure d’orgueil que ne peut manquer d’occasionner, chez n’importe quel peuple encore un peu conscient de lui-même, l’idée d’être « gouvernancé » depuis Bruxelles, Francfort ou Luxembourg au lieu d’être normalement gouverné par les dirigeants qu’il a élus, on pourrait s’attendre à ce que les « Européens de métier » fassent profil bas. Par décence. Par souci de ne pas attiser la colère. Parce que le fait de bénéficier de pouvoirs exorbitants dont ils ne doivent la titulature qu’à une série d’erreurs d’aiguillage de l’Histoire, devrait suffire à les contenter.
Mais non. Jouir en silence du confort sans risque qu’offre le séjour dans cet Olympe grisâtre depuis lequel ils nous surplombent n’est pas assez bien pour ces encravatés. Il faut encore qu’ils portent en bandoulière leur bonheur niais d’être là où ils sont, et qu’ils l’ouvrent à tout propos. Sans se rendre compte qu’à la fin, « les gens » commencent à comprendre. Et à s’agacer.

L’ouvrir très grand, c’est l’une des choses que Jean-Claude - « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » - Juncker fait le mieux. Aussi a-t-il trouvé judicieux, dans un récent entretien au journal Le Monde de formuler ces quelques regrets: « à voir les réactions que suscite la « loi travail », je n’ose pas m’imaginer quelle aurait été la réaction de la rue, à Paris ou à Marseille, si votre pays avait dû appliquer des réformes comme celles qui ont été imposées aux Grecs ». Ah, ces Français rétifs ! Comme il est dommage de ne pouvoir vitrifier leur économie avec cette même brutalité joyeuse dont on a usé contre l’économie grecque !

Ceci dit, rien n’est jamais perdu pour qui sait s’armer de patience. Durant l’été 2015, au cœur de la « crise grecque », le ministre hellène Yanis Varoufakis avait donné quelques clés pour comprendre la dureté des créanciers vis-à-vis de son pays. Selon lui, la véritable cible des « Européens » (et de l’Allemagne, plus encore que de l’Europe institutionnelle) était en fait l’Hexagone. « La Grèce est un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins », avait-il osé. Pour lui, les cibles terminales étaient l’État-providence et le droit du travail français.

Pour Jean-Claude Juncker, il se trouve que « la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu’il faut faire ». Le minimum seulement.
Et, avec un peu de chance, de constance et d’audace, une simple étape vers ce rêve éveillé que constitue l’idéal grec !
Autre grand bavard: Pierre Moscovici. Lui assume mieux encore que Juncker, et ses insinuations n’en sont plus. Ce sont même des aveux: oui, l’Union européenne veut la loi El Khomri. Dans un entretien publié dans « 20 minutes » le 18 mai soit, précisément, le jour de la parution des recommandations adressées par la Commission à la France dans le cadre du « semestre européen », le commissaire aux Affaires économiques faisait connaître sa volonté. S’il minaudait tout d’abord en prétendant qu’il ne lui appartenait pas de « juger » la Loi travail, il rappelait toutefois qu’il lui appartenait bien de l’exiger: «Tout ce que je peux dire, c’est que la réforme est indispensable et qu’y renoncer serait une erreur lourde (…) les Français ont souvent le même réflexe quand une réforme se présente: celui de s’y opposer. Cela ne signifie pas que la réforme n’est pas nécessaire et qu’elle ne doit pas être menée (…) En outre, je pense que la volonté du peuple doit s’exprimer dans les élections, pas dans les sondages ».

C’est vrai. En principe, sauf à vivre dans le chaos de la démocratie d’opinion, les scrutins font foi bien plus que les sondages. Mais en principe aussi, le pouvoir exécutif français se situe à l’Élysée et à Matignon (Paris, France), et non dans le bâtiment du Berlaymont (Bruxelles, Belgique). Sauf à vivre dans le chaos de la démocratie congédiée.
Évidemment, si les choses en sont là, et Moscovici le dit fort bien, c’est en raison « des traités que les gouvernements et les Parlements de l’Union européenne, à commencer par celui de la France, ont signés ». C’est là l’argument dont les européistes se prévalent sans cesse, car il n’y a plus que ça en magasin. Au passage, ils se hâtent d’oublier que le dernier des traités, celui de Lisbonne, a tout de même nécessité pour être signé que l’on s’assoie en 2005 sur les résultats de deux référendums, le néerlandais et le français. Tout comme on s’est assis sur le résultat de la consultation grecque de juillet 2015. Autrement, c’était début du détricotage de la zone euro.

Au sujet du mouvement social actuellement en cours, Myriam El Khomri a eu ces mots très contestés: « il n’est pas question que l’économie de notre pays soit prise en otage ». Ils sont pourtant incontestables: l’économie de notre pays est, depuis longtemps, en situation de captivité. Simplement, les rançonneurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit.[/color]

http://tendanceclaire.org/breve.php?id=19387

[align=center]Sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne[/align]

[font=arial][color=#111100][size=10]Un regard porté sur la carte du vote pour ou contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne montre que ceux qui ont fait basculer le scrutin sont bien les électeurs du nord de l’Angleterre et ceux du pays de Galles du sud. Ce sont des électeurs traditionnellement attachés aux travaillistes, ouvriers ou anciens ouvriers précarisés, qui ont choisi clairement, et contre la campagne de la majorité du Labour, le camp du Brexit. Un résultat semble illustrer ce fait : à Middlesbrough, le Labour avait recueilli 55 % des voix en 2015, ce 23 juin, le Brexit a obtenu 65,5 % des votes dans cette ville. Les exemples pourraient être légion. Ceci signifie que le discours de la gauche britannique du « Remain to change » (« rester pour changer ») n’a pas pris dans son électorat. Pourquoi ? Parce que l’UE n’a pas été capable de montrer qu’elle pouvait changer. De même, l’autre argument dominant de la gauche britannique, le « Remain to preserve » (« rester pour préserver » les droits des travailleurs) n’a pas convaincu.

Rien d’étonnant à cela. Quoiqu’en dehors de la zone euro, les électeurs britanniques des classes populaires ont constaté le traitement infligé par les autorités européennes aux pays en crise. La politique d’austérité aveugle et l’acharnement contre la Grèce ont affaibli le discours du Labour. Comment changer l’UE lorsque le référendum grec du 5 juillet 2015 a été non seulement ignoré, mais délibérément foulé aux pieds ? La politique économique de l’UE a été si peu éloignée de celle que mènent les Conservateurs britanniques depuis six ans dans la destruction des services publics, la libéralisation des marchés du travail, la réduction du droit des travailleurs, que l’argument d’un « socle » protecteur lié à l’UE n’a pas convaincu.

Là encore, c’est une question démocratique : l’UE n’est pas perçue comme capable de changer démocratiquement. Il vaut mieux donc en sortir pour peser sur des instances que l’on connaît. Mais c’est aussi une question économique et sociale : l’UE ne se soucie guère de ces populations oubliées et victime de la désindustrialisation au nom de la « destruction créatrice » et de la « bonne allocation des ressources ». Il est logique que ces populations ne se soucient guère de l’UE.[/size][/color][/font]

[align=center]La fédération syndicale des transports britanniques - RMT - a appellé ses membres à voter pour la fin de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne :[/align]

Quitter l’UE pour mettre fin aux attaques contre les travailleurs du rail. Les nouvelles politiques ferroviaires européennes sont conçues pour accélérer la privatisation et l’éclatement du rail. Cela signifiera aussi de nouvelles attaques contre les emplois et les conditions de travail. Les directives européennes rendront impossible le retour de l’ensemble des chemins de fer sous propriété publique.

Quitter l’UE pour mettre fin aux attaques contre les marins et les travailleurs « offshore ». L’UE a imposé le nivellement par le bas et le dumping social conduisant à décimer les marins du Royaume-Uni. Le même processus se produit maintenant dans le secteur « offshore ». Les directives européennes exigent également de soumettre à appels d’offres nos services publics de ferrys.

Quitter l’UE pour mettre fin aux attaques contre les droits des travailleurs. L’UE en faveur des travailleurs : c’est un mythe. En fait, l’UE développe un nouveau cadre politique pour remettre en cause les droits syndicaux, les négociations collectives, les protections des emplois et les salaires. Ce processus est en train d’être encore renforcé dans les pays qui ont reçu une « aide » de l’UE.

Quitter l’UE pour mettre fin à l’austérité. Si vous rejoignez une union, vous attendez de ses membres de se protéger mutuellement en temps de troubles. L’Union européenne a fait le contraire. Elle a utilisé la crise économique pour imposer aux États-membres l’austérité et les privatisations. Au lieu de protéger les emplois et les investissements, l’austérité version UE guide l’austérité version Royaume-Uni.

Quitter l’UE pour arrêter l’attaque contre notre Service national de santé. L’accord de partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP), qui est en train d’être négocié entre l’UE et les États-Unis, va faire le jeu des grandes firmes aux dépens des protections et organisations gouvernementales dont notre Service national de santé ! Les réglementations environnementales, le droit du travail, la sécurité alimentaire, les lois relatives à la protection des données personnelles et bien d’autres seront subordonnés au droit des grandes compagnies à réaliser des profits encore plus élevés.

Quitter l’UE pour soutenir la démocratie. Une large majorité des lois qui affectent nos vies sont maintenant élaborées dans l’UE et non plus au Royaume-Uni. Nous n’avons pas notre mot à dire sur ces lois. C’est ce que feu Tony Benn [représentant de l’aile gauche du Parti travailliste, décédé en 2014] disait en 1991…

Source :
http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/2016/06/la-federation-syndicale-des-transports-britanniques-rmt-appelle-ses-membres-a-voter-pour-la-fin-de-l-appartenance-du-royaume-uni-a-l

[align=center]La pétition pour un nouveau référendum sur le Brexit aurait été truquée.[/align]

La pétition en ligne réclamant un second référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne aurait été manipulée.

Le comité en charge de recueillir les pétitions a annoncé sur Twitter avoir retiré 77.000 signatures qui ont été ajoutées de manière frauduleuse.

We have removed about 77,000 signatures which were added fraudulently. We will continue to monitor for suspicious activity.
— Petitions Committee (@HoCpetitions) June 26, 2016

Selon les données relevées, certaines des signatures provenaient d’Islande, des îles Caïmans, ou encore de Tunisie.

Le comité a alors annoncé qu’un monitoring était mis en place pour éviter de nouvelles fraudes. Pour rappel, seuls les citoyens britanniques et les résidents du Royaume-Uni peuvent prendre part à la pétition.
Deux millions de signatures

Après la victoire serrée (51,9 %) en faveur du Brexit vendredi, la pétition en ligne réclamant un second référendum sur le maintien dans l’Union européenne a dépassé les deux millions de signataires peu après 19h00.

Le cap du million de signataires avait été atteint samedi avant midi.

Le gouvernement britannique est tenu de répondre à toutes les pétitions atteignant au moins 10.000 signatures. Si 100.000 signatures sont récoltées, la pétition doit être débattue au Parlement. Mais cet examen, sous forme d’un débat, n’engage à aucun vote ou aucune décision et ne peut en aucun cas remettre en question le résultat du référendum.

Les initiateurs de la pétition veulent que le gouvernement britannique organise un second référendum sur la question, le premier n’ayant pas atteint 75 % de taux de participation et aucun des camps n’ayant réuni 60 % des voix.

Source :http://www.lesoir.be/1250468/article/actualite/monde/2016-06-26/petition-pour-un-nouveau-referendum-sur-brexit-aurait-ete-truquee

Une jeune franco-allemande, Chalotte Kude, pour la sortie de l’Union Européenne fait plaisir à voir pour sa clarté d’esprit et son optimisme :
https://www.youtube.com/watch?v=u–Eu_76Hpo

Vidéo de 2 mn 40s

[align=center]Le Brexit ouvre la voie. - À qui le tour ?[/align]

[font=arial]Source : [/font]http://la-sociale.viabloga.com/news/le-brexit-ouvre-la-voie

[font=arial][color=#111100][size=11]Au lendemain du vote des ressortissants britanniques en faveur du Brexit, nous assistons à un déferlement de déclarations qui visent à nier l’évidence. En 24 heures une pétition spontanée recueillerait plus de 3 millions de signatures pour qu’un nouveau vote soit organisé. Dans les hautes sphères de Bruxelles et Strasbourg, on ne cache pas la volonté de réitérer le coup d’état réalisé en 2005 contre la France, contre l’Irlande en 2008, pour obtenir par tous les moyens une décision conforme à la volonté de l’oligarchie contre le vote du peuple souverain. La manipulation va bon train. Jusqu’à l’absurde. Aujourd’hui en Grande Bretagne comme hier en Irlande ou en France, les télévisions toutes chaines confondues s’en donnent à cœur joie. Micro trottoir après micro trottoir, on entend dire par des correspondant envoyés en mission dans les rues de Londres que « l’heure est au regret », que « les votants pour le Brexit n’avaient pas compris que cela signifierait la sortie de l’UE » (sic), que « nombreux sont ceux qui ont voté pour le Brexit sans en vouloir la victoire » (re sic), que la majorité des votants pour le « leave » désirait seulement que « reamain ne l’emporte pas de façon trop écrasante » (re, re sic).
Evidemment la réalité est beaucoup plus simple.

Le vote des britanniques pour sortir de l’UE est d’abord celui des couches populaires, concentré dans les municipalités frappées par l’austérité. La crise politique qui touche le Labour en pleine décomposition n’est pas à chercher ailleurs. Ses électeurs, militants et sympathisants ont massivement voté contre la direction du parti en se prononçant pour le « Leave ».
Le vote des britanniques est une défaite majeure de toute l’oligarchie qui n’a pas lésiné pour faire pression en faveur du maintien dans l’UE. Outre Cameron et Corbyn qui sur place ont tenu le rôle que les sommets de Bruxelles attendaient d’eux, Obama, Merkel, Hollande, et autres connaissent une défaite à la hauteur de l’engagement qui a été le leur dans la campagne qui s’est déroulée en Grande Bretagne.
Le vote des britanniques est une défaite de la city et des banques. Une double défaite. D’abord électorale. Ensuite parce qu’apparaît clairement que la Grande Bretagne, contrairement à l’idée que les milieux d’affaires veulent propager, n’est pas seulement faite de salles de marchés.
Le vote des britanniques est enfin une défaite de l’UE sur tous les plans dont celui d’actualité qui concerne la politique européenne migratoire qui à travers l’accord avec la Turquie vise à renvoyer chez eux les centaines de milliers de migrants qui fuient les guerres provoquées par les grandes puissances.

La question posée par le Brexit est politique. Tous les gouvernements, toutes les forces de « droite » comme de « gauche » sont affolées par l’irruption du peuple anglais sur la scène de l’histoire. Les déclarations de Hollande, Merkel et Renzi réunis en catastrophe n’ont d’autre signification. Le « risque » comme l’indiquent tous les commentateurs réside dans l’idée qui pourrait être donnée à d’autres peuples d’Europe de reprendre aussi en main leur propre destinée. Le problème n’est pas de savoir qui des français, des allemands, des grecs, des portugais, des espagnols, des italiens, etc… prolongera la décision du peuple britannique, mais quand. La question de la souveraineté populaire, droit des peuples à décider de leur propre destinée, à maitriser leur propre avenir, est incontournable et les menaces économiques, les pronostics les plus noirs, les difficultés annoncées –parfois à juste titre- ne peuvent rien y changer.

Dans tous les pays d’Europe le rejet de l’Union Européenne est chargé d’un contenu précis. En France, la loi El Kohmri qui se propose de liquider le droit du travail et les organisations syndicales, de nous ramener des décennies en arrière, n’est que l’application des directives européennes, comme cela a été le cas dans d’autres pays d’Europe sous des appellations différentes. Alors que les différents parlements nationaux passent leur temps à transcrire dans leur droit national les directives et traités européens, les oppositions à leur politique posent comme une question objective l’abrogation des traités européens, la rupture avec la BCE, l’Euro et la souveraineté monétaire, les pactes d’austérité et de responsabilité dictés par l’union européenne.
Les élections qui viennent de se tenir en Espagne au lendemain du Brexit indiquent que les ambiguïtés sont mortelles. Les médias ne peuvent là encore rien y changer. Ainsi Podemos a été présenté comme un parti différent de tous les autres sur la question européenne, susceptible donc de rafler la mise électorale. Mais l’électeur espagnol n’a pas mordu à l’hameçon dont le leurre était trop visible. Podemos en effet n’a rien de différent de tous les autres sur l’essentiel. Certes ses rangs sont fournis de réels militants qui ont, sur le terrain de l’opposition aux expulsions par exemple, fait leur preuve depuis la crise de 2008. Mais l’orientation de sa direction qui se résume au discours classique « d’une autre Europe, démocratique et sociale » ne trompe plus personne. Podemos a été électoralement victime de ce qui aujourd’hui secoue les sommets du Labour en Grande Bretagne. Jeremy Corbyn qui s’est prononcé pour le maintien dans l’union européenne, a basé sa position sur la nécessité de « réformer l’Europe ». Mais les britanniques ont affirmé à juste titre, sur la base de l’expérience collective, que cette Europe autour de l’union européenne n’est en rien réformable. Avec le Brexit ils ont signé un arrêt de mort à tout ce personnel politique porte- parole de l’oligarchie politico économique.

Cela nous amène à la France et aux positions des « eurosceptiques », du moins des membres de « la gauche de la gauche » présentés comme tels.

Pierre Laurent s’est prononcé contre le Brexit comme hier il soutenait –au nom du réalisme-les efforts de Tsipras pour faire passer tous les plans de rigueurs et d’austérité voulus par la Troïka au nom de l’union européenne. Sans commentaire donc.

Plus intéressante est la position de Jean Luc Mélenchon ou encore de Gérard Filoche. Si le second demeure attaché à l’union européenne au nom de l’Europe à condition d’un tournant social et démocratique, vieille rengaine sur laquelle il n’est là aussi pas utile de revenir, le premier veut afficher une position plus élaborée. Jean Luc Mélenchon a d’ailleurs raison dans l’intention. Etant un des dix candidats (plus peut-être) qui désire briguer les suffrages des français au nom de la gauche de la gauche aux prochaines présidentielles, il ne pourrait que bénéficier d’un effort de démarcation qui permettrait de le distinguer.uin

Mais que dit Jean Luc Mélenchon ? S’il est élu président de la république, il s’engage à aller voir madame Merkel, à renégocier les traités avec elle, et à organiser un référendum en France sur l’appartenance à l’union au cas où celle-ci serait inflexible. Ce discours est-il vraiment original ? C’est à peu de choses près celui que tenait François Hollande lorsque briguant les suffrages des français aux dernières élections il posait comme condition à la bonne marche européenne la « renégociation du traité Merkosy ». On a vu la suite. C’est aussi la même position que celle d’Alexis Tsipras avant les élections grecques au nom de Syriza. On a aussi vu la suite. Il serait sans doute erroné d’avoir une vision policière et complotiste de l’histoire, faite de traitres qui promettent avant l’élection et font l’inverse de leurs promesses après. Sur le terrain européen la machine mise en branle fait peser des pressions considérables qui ne supportent pas les atermoiements et les petits pas. L’union européenne n’est pas réformable, c’est du moins l’histoire qui nous l’enseigne. Dans ce contexte, seule une position claire et sans ambiguïté, pour la sortie de l’union européenne peut être compréhensible et soulever une perspective d’avenir.
Contrairement à toute la propagande qui veut assimiler le Brexit en Grande Bretagne, ou des décisions similaires ailleurs, dans d’autres pays européens, à un repli sur soi, guidé par un sentiment xénophobe et arriéré, un refus d’ouverture aux autres, la rupture avec l’union européenne signifie pour les peuples la possibilité de reprendre en mains leurs propres affaires, de décider pour ce qui les concerne en toute liberté, sans que les choix ne soit dictés pour servir des intérêts qui leur sont étrangers. A l’union européenne, construction politique faite pour servir le capital financier, étrangère à l’Europe des peuples, la Grande Bretagne pourrait ouvrir la voie à une Europe des nations libres, décidant librement entre elles des coopérations, des échanges, des projets communs. Quelle autre voie en effet pour relever les grands défis en terme d’écologie, d’emploi, de développement, les grands défis humanitaires posés à l’Europe dans son ensemble que celle de la souveraineté populaire et nationale dans tous les domaines ? [/size][/color][/font]

Jacques Cotta
Le 28 juin 2016

[align=center]Brexit, loi El Khomri, impasse de l’Union Européenne (I)[/align]

[font=arial]Source : [/font]http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/06/25/brexit-loi-el-khomri-impasse-de-l-union-europeenne-i-51684.html

[font=arial][color=#111100][size=11]Le 25 juin 2016, 5 minutes (Luxembourg) écrit « Le Brexit vu par Jean-Claude Juncker. Ce n’est pas la fin de l’Union Européenne », et annonce une « réunion de crise » entre les ministres des affaires étrangères des six « pays fondateurs » de la CEE : Allemagne, France, Italie et pays du Benelux. De son côté, Le Monde rapporte notamment ce 25 juin « Le « Brexit », une arme contre Podemos en Espagne », évoquant une offensive électorale du Parti Populaire de Mariano Rajoy, du Parti Socialiste (PSOE) et de Ciudadanos contre Podemos qu’ils présentent comme une incarnation du « populisme ». En même temps, un éditorial dans Le Monde porte le titre « « Brexit » : le vote des malmenés de la mondialisation ».

Sur son site, la CGT proclame soudain « L’urgence est à l’Europe sociale ! » après avoir gardé le silence pendant quatre mois, ensemble avec les autres directions syndicales, sur le rôle de la mondialisation et de la Commission Européenne dans la genèse de la loi El Khomri. Curieusement, comme les partis espagnols qui attaquent Podemos, la CGT s’en prend à sa façon au « populisme ». D’après son texte précité du 24 juin, la politique menée dans le cadre de la « construction européenne » aurait « ouvert en grand la porte au repli nationaliste, aux partis populistes voire xénophobes ». Un surprenant amalgame, de la part d’une organisation syndicale comme la CGT. Les dirigeants de ce syndicat ignoreraient-ils que la « construction européenne » n’a jamais été dans la réalité autre chose que la « construction » du capitalisme à l’échelle continentale, impliquant des puissances coloniales dont l’impérialisme date du XIXe siècle et a été notamment à l’origine de deux guerres mondiales suivies encore de guerres coloniales ? Et si les « problèmes » posés par la « construction européenne » et la mondialisation du capitalisme étaient bien connus des directions syndicales, pour quelle raison n’ont-ils pas été dénoncés devant les citoyens par les appels intersyndicaux tout au long des quatre mois de mobilisations contre le projet de loi El Khomri qui n’est qu’une conséquence très directe de ces « problèmes » ?

Même dans un message du 24 juin à l’adresse des organisations syndicales belges, les directions syndicales françaises persistent à garder le silence sur le rôle du grand capital mondialisé et des instances de l’Union Européenne. Et qui, au niveau syndical, dénonce la libre circulation des capitaux ? Simultanément, dans un communiqué de presse du 24 mai intitulé « Le vote Brexit – l’UE doit agir pour améliorer le sort des travailleurs », la Confédération Européenne des Syndicats (CES) dont font partie la CFDT, la CGT, la CFTC, FO et l’UNSA, diffuse une déclaration de son secrétaire général qualifiant le Brexit de « jour sombre pour l’Europe et pour la Grande-Bretagne ». Que penser d’une telle prise de position, qui comporte une défense tacite de l’Europe - puissance et du grand capital rassemblé à l’échelle continentale ?

Le Brexit est-il autre chose que l’aboutissement de la passivité de longue date et de l’esprit de « participation » permanent de la part des organisations syndicales et des « gauches de la gauche » à l’égard des instances de l’Union Européenne ? À commencer par la lamentable période de la « gauche plurielle » de Lionel Jospin.

Quant à la libre circulation des capitaux, la caution syndicale et de la part des prétendues « gauches combatives » a été et reste également permanente. Aucune revendication à son encontre n’a été avancée tout au long des quatre mois de mobilisations contre la loi El Khomri. Pourquoi une telle attitude ?

On peut être surpris par le comportement des directions syndicales avant et après le Brexit. Silence radio à propos du grand capital mondialisé et du rôle de l’Union Européenne, pendant rien de moins que quatre mois, dans les communiqués intersyndicaux appelant à des mobilisations contre la loi El Khomri. Et soudain, des larmoiements le lendemain du Brexit.

Alors que précisément, la question de la politique sociale à l’échelle européenne présente un lien direct avec la loi El Khomri, la stratégie européenne en la matière étant directement à l’origine de ce projet de loi. Comment, dans ces conditions, comprendre que le rôle de la Commission Européenne n’ait pas été évoqué par les appels intersyndicaux tout au long des quatre mois de mobilisations ?

Pire, la silence autour de la libre circulation des capitaux et ses implications directes pour la loi El Khomri persiste. Que valent, dans ces conditions, les discours sur « l’Europe sociale » ? ou s’agirait-il d’une « Europe sociale » sans « trop déranger » les milieux financiers et les grandes multinationales ?

Quel est, dans la pratique, le degré réel d’indépendance de la Confédération Européenne des Syndicats et des organisations syndicales françaises par rapport au grand capital européen ? Comment comprendre que les appels intersyndicaux n’aient pas cherché à susciter parmi les citoyens une réflexion conséquente sur la stratégie du grand capital mondialisé dont le grand capital européen est une composante essentielle ?[/size][/color][/font]

Bonjour, je n’ai pas beaucoup de temps pour essayer de croiser les sources, mais après l’assassinat de Joanne ( Jo ) Cox, Nigel Farage et les membres de sa famille ont été menacé de mort.

Voir les déclarations de Nigel Farage dans l’article du Daly Express :

Je ne suis pas en accord avec les propos ultra-libéraux de Nigel Farage.

Vidéo de l’analyse du Brexit par Sthatis Kouvélakis, un entretien avec Gérard Mermet de juillet 2016.
Stathis Kouvélakis est un ancien membre de Syriza maintenant opposé à la « construction » européenne, la photo d’illustration date de 2012.

La photo est cliquable pour ouvrir la vidéo dans une autre fenêtre ou bien si vous voulez voir via le site youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=_qnShb4MOEg Durée : 11 mn 27 s


Régis Debray - Les « Pères de l’Europe » étaient sûr d’aller dans le sens de l’histoire, qui relevait en réalité d’une bévue d’ordre métaphysique. D’où nous est venu une « construction européenne » à contresens. Leçon de choses pour nous rappeler la prééminence du symbolique sur l’économique. durée : 1h 0 mn 16 s - ALLONS AUX FAITS - France Culture :
http://rf.proxycast.org/1183791381466849280/15772-08.07.2016-ITEMA_21028766-0.mp3