Comment expliquer en juin 2015 la dynamique des négociations entre les dirigeants grecs et l’euro-groupe ?
Jacques Sapir nous l’explique ici : http://russeurope.hypotheses.org/3958
Comment expliquer en juin 2015 la dynamique des négociations entre les dirigeants grecs et l’euro-groupe ?
Jacques Sapir nous l’explique ici : http://russeurope.hypotheses.org/3958
Action du 11 juin contre l’austérité et les mémorandums UE-BCE-FMI des syndicats ΠΑΜΕ ( PAME ) en Grèce

Manifestation à Athènes - 11 juin 2015
Communiqué de presse
En ce moment, des travailleurs de douzaines de syndicats, à la fois du secteur privé et public qui se rassemblent dans le PAME, ont occupé le ministère des finances grec; ils ont déployé une banderole géante sur la façade avec les mots d’ordre suivants:
Nous avons versé assez de sang ! Nous avons assez payé !
Peuple, prends en main la situation !
Bloque les nouvelles mesures et les incessants mémorandums !
Déjà plus de 700 syndicats et organisations sociales ont appelé à participer aux manifestations du PAME, cette après-midi dans toute la Grèce. Nous appelons les travailleurs, la jeunesse, les femmes, les retraités à participer massivement aux manifestations.
Photos des rassemblements à Athènes :
https://plus.google.com/photos/111424066969409429174/albums/6159191765255340017
Source grecque de l’information : Discours aux manifestants sur site du ΠΑΜΕ
http://pamehellas.gr/index.php/2012-10-02-18-09-56/126-2012-10-02-11-33-10/2012-10-02-13-58-28/5090-κεντρική-ομιλία-συλλαλητηρίου-11-ιούνη
Samedi 13 juin 2015 :
Grèce : le scénario du défaut de paiement se précise.
Rappel :
En Grèce, le bank run s’accélère.
Le graphique du bank run est ici :
[align=center]Compte rendu de la première audition organisée par la Présidente du parlement grec, Zoe Konstantopoulou, et la Commission pour la vérité sur la dette grecque.[/align]
[font=arial][color=#111100][size=11]Ce jeudi 11 juin s’est tenue au sein du Parlement grec la première audition de témoins organisée dans le cadre de la Commission pour la Vérité sur la dette grecque. Celle-ci s’est tenue dans la foulée d’une réunion de travail entre les membres de la Commission, la présidente du Parlement et l’eurodéputée Eva Joly, qui s’est ponctuée d’une conférence de presse.
Ces auditions, qui ont pour but de recueillir les déclarations de plusieurs acteurs clés ayant assumé des postes à responsabilité sur la scène grecque et européenne, représentent pour la Commission pour la Vérité sur la dette grecque, mais aussi pour le peuple grec qui a pu suivre cette audition en direct à la télévision, un outil supplémentaire pour comprendre comment la Grèce est devenue une « quasi colonie » des Institutions européennes et du FMI, selon les propres termes de Philippe Legrain, la première personne a être auditionnée. Monsieur Legrain a assumé de février 2011 à février 2014 la fonction de conseiller économique de José Manuel Durão Barroso, président de la Commission européenne à cette époque.
Lire la suite ici :[/size][/color][/font]
http://cadtm.org/Audition-de-Philippe-Legrain-ex
http://greekdebttruthcommission.org/assets/Francais.pdf
[align=center]Appel pour soutenir la Grèce qui résiste et sa Commission pour la Vérité sur la Dette publique.[/align]
[align=center]Pour le droit des peuples d’auditer la dette publique.[/align]
[font=arial][color=#111100][size=11]Aux peuples d’Europe et du monde entier,
À toutes celles et à tous ceux qui rejettent les politiques d’austérité et n’acceptent pas de payer une dette publique qui nous étrangle et qui a été contractée sans nous et contre nous.
Nous, signataires de cet appel, nous nous rangeons au côté du peuple grec qui, par son vote aux élections du 25 Janvier 2015, est le premier en Europe et dans l’hémisphère nord à avoir rejeté les politiques d’austérité appliquées au nom du paiement d’une dette publique contractée par « ceux d’en haut » sans le peuple et contre le peuple. En même temps, nous considérons que la création, à l’initiative de la Présidente du Parlement grec, de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, constitue un événement historique d’une importance capitale, non seulement pour le peuple grec mais aussi pour les peuples d’Europe et du monde entier !
En effet, composée de citoyennes et de citoyens volontaires venus des quatre coins du globe, cette Commission ne va pas manquer de faire des émules dans d’autres pays. D’abord, parce que le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde. Ensuite, parce qu’il y a désormais des millions et des millions de citoyennes et de citoyens qui, à juste titre, posent des questions à la fois élémentaires et fondamentales concernant cette dette
Lire la suite ici :[/size][/color][/font]
http://greekdebttruthcommission.org/assets/Francais.pdf
L’appel pour soutenir la Grèce qui résiste et sa Commission pour la Vérité sur la Dette publique est aussi une pétition à signer ici :
Grèce : « le Comité pour la vérité sur la dette publique » a commencé à présenter son rapport au parlement grec.
Lisez cet article :
La dette grecque est illégale, illégitime et odieuse selon le rapport préliminaire du Comité sur la dette.
Les preuves présentées dans le rapport indiqueraient que la dette issue des plans d’austérité est une violation directe des droits fondamentaux de l’homme. Le comité serait arrivé à la conclusion que la Grèce ne devrait pas payer cette dette parce qu’elle est illégale, illégitime et odieuse.
Eric Toussaint présentant un document du FMI qui prouve que le fonds savait que ses mesures augmenteraient la dette grecque.
Le comité sur la vérité sur la dette publique grecque présente aujourd’hui et demain ses premières conclusions. Le rapport sera officiellement publié demain vers 16h. Composé de 9 chapitres, le rapport conclut, sans vraiment beaucoup de surprise, que la dette grecque est en grande partie illégale, illégitime et odieuse.
Ce rapport préliminaire présente une cartographie des problèmes et des questions clés liées à la dette publique grecque, et fait état des violations juridiques associées ; il retrace également les fondements juridiques sur lesquels peut se fonder la suspension unilatérale des paiements de la dette.
Les résultats sont présentés en neuf chapitres structurés comme suit :
En Grèce, le bank run s’accélère.
Jeudi 18 juin 2015 :
Les retraits des banques grecques s’accélèrent.
Les retraits des banques grecques s’accélèrent depuis le blocage le week-end dernier des négociations entre Athènes et ses créanciers, a-t-on appris jeudi de sources bancaires.
Les déposants ont retiré deux milliards d’euros sur les trois premiers jours de la semaine, soit environ 1,5% du montant total des comptes des banques du pays, qui s’élevait à 133,6 milliards d’euros fin avril, ont précisé les sources.
Conséquence de ce bank run : les banques grecques sont en faillite.
A la banque centrale de Grèce, c’est la panique.
Le gouverneur de la banque centrale de Grèce vient de téléphoner à Draghi pour lui demander une aide en urgence.
Tout le château de cartes de l’Union Européenne est en train de trembler.
Tout ne tient plus qu’à un fil.
Tout est en train de se jouer à Francfort, au siège de la BCE.
Vendredi 19 juin 2015, vers 9 heures 30 :
Grèce : réunion d’urgence à la BCE pour accroître les financements aux banques.
Le conseil des gouverneurs de la BCE doit tenir une conférence exceptionnelle ce vendredi pour discuter d’un possible relèvement des financements d’urgence (ELA) aux banques grecques, ont déclaré à l’AFP plusieurs sources européennes.
Cette conférence, organisée par téléphone à la demande de la Banque de Grèce, est programmée vers midi (10H00 GMT), ont fait savoir ces sources qui ont demandé à ne pas être identifiées.
Cette demande intervient alors que les retraits bancaires en Grèce se sont accélérés ces derniers jours.
Historique.
Nous vivons un moment historique.
2015 : une série de 25 raz-de-marée va venir s’abattre sur la Grèce.
Ces raz-de-marée, ce sont les échéances de remboursement.
L’un après l’autre, ces 25 raz-de-marée vont percuter la Grèce.
Dette publique de la Grèce : 317,094 milliards d’euros, soit 177,1 % du PIB.
Echéancier de remboursement : pour cette année, dans le menu déroulant, cliquez sur « 2015 » :
30 juin : la Grèce doit rembourser 1,539 milliard d’euros au FMI.
10 juillet : la Grèce doit rembourser 2 milliards d’euros de bons du Trésor.
13 juillet : 450,475 millions d’euros au FMI.
17 juillet : 1 milliard d’euros de bons du Trésor.
20 juillet : 2,095 milliards d’euros à la BCE.
20 juillet : 1,360 milliards d’euros aux banques centrales nationales.
20 juillet : 25 millions d’euros à la Banque Européenne d’Investissement.
7 août : 1 milliard d’euros de bons du Trésor.
14 août : 1,4 milliard d’euros de bons du Trésor.
20 août : 3,020 milliards d’euros à la BCE.
20 août : 168 millions d’euros aux banques centrales nationales.
4 septembre : 300,317 millions d’euros au FMI.
4 septembre : 1,4 milliard d’euros de bons du Trésor.
11 septembre : 1,6 milliard d’euros de bons du Trésor.
14 septembre : 337,856 millions d’euros au FMI.
16 septembre : 563,094 millions d’euros au FMI.
18 septembre : 1,6 milliard d’euros de bons du Trésor.
21 septembre : 337,856 millions d’euros au FMI.
9 octobre : 1,4 milliard d’euros de bons du Trésor.
13 octobre : 450,475 millions d’euros au FMI.
6 novembre : 1,4 milliard d’euros de bons du Trésor.
7 décembre : 300,317 millions d’euros au FMI.
11 décembre : 2 milliards d’euros de bons du Trésor.
16 décembre : 563,094 millions d’euros au FMI.
21 décembre : 337,856 millions d’euros au FMI.
Question :
Avec quel argent la Grèce va-t-elle rembourser ces 25 échéances ?
Mercredi 24 juin 2015, vers 14 heures 09 :
ALERTE - La Grèce a rejeté une contre-proposition des créanciers.
Mercredi 24 juin 2015, vers 14 heures 33 :
La Grèce rejette une contre-proposition des créanciers, Berlin pessimiste.
Le gouvernement grec a rejeté mercredi une contre-proposition soumise par les créanciers à Athènes, comprenant surtout des souhaits du FMI, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale grecque.
« Cette contre-proposition » qui insiste, selon Athènes, sur la hausse des recettes de la TVA et sur des coupes plus importantes dans les dépenses publiques, intervient deux heures après que le Premier ministre grec Alexis Tsipras eut déploré que le FMI n’accepte pas « les mesures compensatoires » proposées par Athènes lundi, lors d’une réunion des dirigeants des pays de la zone euro à Bruxelles, jugées alors positives par les créanciers.
A Berlin le pessimisme s’accentue avec la déclaration du porte-parole du ministre allemand des Finances affirmant qu’il « reste un long chemin » avant la conclusion d’un accord.
« Il ne peut y avoir une solution, que si elle est approuvée par les trois institutions », à savoir l’Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), a déclaré ce porte-parole Martin Jäger.
Mercredi 24 juin 2015, vers 20 heures 10 :
La délégation grecque « pas d’accord » avec les nouvelles propositions.
La délégation grecque « ne peut pas être d’accord » avec les dernières propositions des créanciers, a indiqué mercredi soir une source gouvernementale à Athènes, tout en ajoutant que « les négociations continuaient à tous les niveaux ».
Cette source est revenue sur les sources de désaccord : « la délégation grecque est venue discuter (à Bruxelles, ndlr) sur la base des propositions de lundi, les institutions de leur côté ont soumis une nouvelle proposition qui charge les employés et les retraités de manière injuste, tout en proposant des mesures qui épargnent les plus riches ».
« La délégation grecque ne peut pas être d’accord avec cette proposition ; les négociations continuent à tous les niveaux », assure-t-elle.
[align=center]Syriza, le pillage et l’effondrement: Quand la soit-disant « gauche dure » épouse les politiques de la droite dure.[/align]
[font=arial][color=#111100][size=11]La Grèce a fait les manchettes de la presse financière internationale durant les cinq derniers mois, alors qu’un parti de gauche nouvellement élu, « Syriza », s’oppose ostensiblement aux soi-disant « mesures d’austérité » en confrontant la troïka (le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne).
Dès le début, les dirigeants de Syriza, mené par Alexis Tsipras, ont adopté plusieurs positions stratégiques aux conséquences fatales relativement à la mise en œuvre de leurs promesses électorales d’élever le niveau de vie, de mettre fin à la vassalité envers la « troïka » et de se doter d’une politique étrangère indépendante.
Nous allons procéder en décrivant les échecs systémiques initiaux de Syriza et les concessions ultérieures érodant davantage le niveau de vie grec, tout en accentuant le rôle de la Grèce comme collaborateur actif de l’impérialisme étasunien et israélien.
Gagner les élections et céder le pouvoir
La gauche européenne et nord-américaine a célébré la victoire électorale de Syriza comme une rupture avec les programmes d’austérité néolibérale et le lancement d’une alternative radicale, laquelle mettrait en place des initiatives populaires en faveur de changements sociaux fondamentaux. Ces initiatives comprendraient des mesures pour créer des emplois, restaurer les pensions, annuler les privatisations et réorganiser les priorités du gouvernement en favorisant le paiement des salariés avant le remboursement des banques étrangères. La « preuve » de l’existence du programme de réforme radicale se trouvait dans le « Manifeste de Thessalonique », lequel, promettait Syriza, serait le programme guidant ses nouveaux élus.
Toutefois, avant d’avoir été élu et immédiatement après, les dirigeants de Syriza ont pris trois décisions fondamentales empêchant toute modification profonde. En effet, ces décisions ont établi un parcours réactionnaire.
En premier lieu, Syriza a accepté la dette extérieure de plus de 350 milliards de dollars comme légitime, bien qu’elle ait été approuvée par les kleptocrates du gouvernement précédent, des banques corrompues et des intérêts commerciaux, immobiliers et financiers. Pratiquement aucune partie de cette dette n’a été utilisée pour financer des activités productives ou des services cruciaux qui renforceraient l’économie et la future capacité de la Grèce à rembourser les prêts.
Des centaines de milliards d’euros ont été planqués dans des comptes bancaires et des biens immobiliers à l’étranger ou investis dans des actions et des obligations à l’étranger. Après avoir d’abord affirmé la « légitimité » de la dette illicite, Syriza a ensuite déclaré sa « volonté » de payer cette dette. La « troïka » a immédiatement compris que le nouveau gouvernement Syriza serait un otage volontaire se soumettant à plus de coercition, de chantage et de paiements de la dette.

Deuxièmement, en lien avec ce qui précède, Syriza a déclaré sa détermination à demeurer au sein de l’Union européenne et de la zone euro, renonçant ainsi à sa souveraineté et à sa capacité d’élaborer une politique indépendante. Le parti a exprimé sa volonté de se soumettre aux exigences de la troïka. Une fois sous l’emprise de celle-ci, la seule politique de Syriza consisterait à « négocier », « renégocier » et faire de nouvelles concessions aux banques étrangères de l’UE dans un processus totalement unilatéral. La soumission rapide de Syriza à la troïka était la deuxième trahison stratégique de son programme électoral, mais pas la dernière.
Une fois que Syriza eut démontré à la troïka sa volonté de trahir son programme populaire, cette dernière s’est montrée plus exigeante et plus intransigeante. Bruxelles a considéré la rhétorique gauchiste de Syriza et ses gestes théâtraux radicaux comme de la poudre aux yeux de l’électorat grec. Les banquiers européens savaient que lorsqu’il serait temps de négocier de nouveaux accords de prêt, les dirigeants de Syriza capituleraient. Pendant ce temps, la gauche euro-étasunienne a complètement avalé la rhétorique radicale de Syriza sans regarder ses pratiques.
Troisièmement, dès son entrée en fonction, Syriza a négocié une coalition avec les Grecs indépendants, un parti d’extrême-droite, pro-OTAN, xénophobe et anti-immigration, garantissant que la Grèce continuerait à soutenir les politiques militaires de l’OTAN au Moyen-Orient, la campagne brutale de l’Ukraine et Israël contre la Palestine.
Quatrièmement, la majeure partie du Cabinet nommée par le premier ministre Tsipras n’avait aucune expérience dans la lutte des classes. Pire encore, la plupart étaient des universitaires et d’anciens conseillers du PASOK, sans aucune capacité ou volonté de rompre avec les diktats de la troïka. Leur « pratique » académique était constituée en grande partie de « combats » théoriques mal adaptés à de réelles confrontations avec des puissances impériales agressives.
De l’égratignure à la gangrène
En capitulant devant l’UE dès le début, en acceptant, entre autres, de payer la dette illégitime, en s’alliant à l’extrême droite et en se soumettant aux diktats de la troïka, la table était mise pour que SYRIZA trahisse toutes ses promesses et alourdisse le fardeau économique de ses partisans. Les pires trahisons comprennent :
(1) ne pas avoir rétabli le paiement des pensions
(2) ne pas avoir réinstauré le salaire minimum;
(3) ne pas avoir annulé les privatisations;
(4) ne pas avoir mis fin aux programmes d’austérité; et
(5) ne pas avoir augmenté les fonds pour l’éducation, la santé, le logement et le développement local.
La troïka et ses publicistes de la presse financière exigent que Syriza fasse davantage de compression dans le régime de retraite grec, appauvrissant ainsi plus de 1,5 million de travailleurs retraités. Contrairement aux « exemples » bidons des médias sur les pensions généreuses dont jouissent moins de 5 % des retraités, les Grecs ont subi les plus importantes réductions de fonds de retraite en Europe au cours du dernier siècle. La troïka a réduit les pensions grecques huit fois au cours des quatre dernières années seulement. La grande majorité des pensions ont été réduites de près de 50 % depuis 2010. La pension moyenne est de 700 euros par mois, mais 45% des retraités grecs reçoivent moins de 665 euros par mois, un revenu se situant sous le seuil de pauvreté. Toutefois, la troïka exige des réductions encore plus importantes.
Celles-ci comprennent la fin des subventions budgétaires pour les retraités vivant dans l’extrême pauvreté, une augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans, l’abolition des dispositions des plans de retraite liées aux travaux dangereux et favorisant les mères au travail. Les mesures régressives antérieures, imposées par la Troïka et mises en œuvre par le régime de coalition d’extrême droite précédent, ont sérieusement épuisé la caisse de retraite grecque. En 2012, le programme de « restructuration de la dette » de la troïka a mené à la perte de 25 milliards d’euros en réserves détenues par le gouvernement grec dans des obligations gouvernementales.
Les politiques d’austérité de la troïka ont veillé à ce que les réserves de la caisse de retraite ne soient pas renouvelées. Les contributions ont chuté lorsque le chômage a grimpé à près de 30 % (Financial Times, 05-06-15, p4). Malgré l’assaut frontal de la troïka sur le régime de retraite grec, l’« équipe économique » de Syriza a exprimé sa volonté d’augmenter l’âge de la retraite, de réduire les pensions de 5 % et de négocier pour trahir à nouveau les retraités qui font face à la misère. Syriza a non seulement manqué à sa promesse de campagne consistant à annuler les politiques régressives précédentes, mais s’est aussi engagé dans ses propres traîtrises « pragmatiques » avec la troïka.
Pire encore, Syriza a intensifié les politiques de ses prédécesseurs réactionnaires. Syriza a promis de geler les privatisations, mais le parti s’engage maintenant à les accroître de 3,2 milliards d’euros et de privatiser d’autres secteurs publics; a accepté de transférer des ressources publiques limitées à l’armée, dont un investissement de 500 millions d’euros pour mettre à jour l’Armée de l’Air grecque; a pillé la caisse nationale de retraite et les trésoreries municipales pour plus d’un milliard d’euros afin de payer la dette à la troïka; a réduit les investissements publics pour la création d’emplois dans des projets d’infrastructure afin de respecter les délais de la troïka; a accepté un excédent budgétaire de 0,6 % au moment où la Grèce a un déficit de 0,7 % cette année, ce qui signifie davantage de réductions plus tard cette année; a promis de réduire la TVA sur les éléments essentiels comme la nourriture, mais accepte aujourd’hui un taux de taxation de 23 %.
La politique étrangère de Syriza imite celle de ses prédécesseurs. Le ministre de la Défense de Syriza, Panos Kammenos, issu de l’extrême droite, était un fervent partisan des sanctions étasuniennes et européennes contre la Russie. Malgré la vague habituelle de fausse « dissidence » face aux politiques de l’OTAN, Syriza a totalement capitulé par la suite, afin de maintenir une bonne réputation au sein de l’OTAN.
Le régime de Syriza a permis à tous les kleptocrates et fraudeurs fiscaux bien connus de conserver leur richesse illicite et d’augmenter leurs avoirs à l’étranger grâce au transfert massif de leurs «économies » à l’extérieur du pays. À la fin mai 2015, le Premier ministre et le ministre des Finances, Tsipras Varofakis, ont vidé le trésor public pour effectuer des paiements sur la dette, augmentant ainsi les perspectives que les retraités et les travailleurs du secteur public ne reçoivent pas leurs prestations.
Après avoir vidé le Trésor grec, Syriza va maintenant imposer la « solution de la troïka » à la masse grecque appauvrie : ou vous acceptez un nouveau plan d’« austérité », réduisant les pensions, augmentant l’âge de la retraite, éliminant les lois du travail protégeant la sécurité d’emploi et les droits de négociation des travailleurs ou les caisses de l’État seront vides, vous n’aurez pas de pensions, le chômage augmentera et la crise économique s’aggravera. Syriza a délibérément vidé le trésor public, pillé les fonds de pension et les fonds municipaux pour faire du chantage à la population et la pousser à accepter comme un « fait accompli » les politiques régressives de banquiers intransigeants de l’UE, les soi-disant « programmes d’austérité ».
Dès le tout début, Syriza s’est plié aux diktats de la troïka, même lorsqu’il simulait leur « résistance de principe ». Ils ont d’abord menti à l’opinion publique grecque, qualifiant la troïka de « partenaires internationaux ». Ensuite, ils ont menti à nouveau en qualifiant le mémorandum de la troïka pour une plus grande austérité de « document de négociation ». Les tromperies de Syriza étaient destinées à dissimuler le fait qu’il maintenait le « cadre » très impopulaire imposé par le précédent régime discrédité de la droite dure.
Alors qu’il pillait les ressources du pays pour payer les banquiers, Syriza s’est davantage soumis aux puissances étrangères. Son ministre de la Défense a offert de nouvelles bases militaires pour l’OTAN, dont une base aérienne-maritime sur l’île grecque de Karpathos. Le parti a accru l’appui politique et militaire de la Grèce à l’intervention militaire des États-Unis et de l’UE au Moyen-Orient, ainsi que son soutien aux « terroriste modérés », invoquant le prétexte ridicule de « protéger les chrétiens ». Syriza, s’attirant les bonne grâces des sionistes européens et étasuniens, a renforcé ses liens avec Israël, évoquant une « alliance stratégique » avec l’État terroriste pratiquant l’apartheid. Dès les premiers jours de son mandat, Kammenos, le ministre de la Défense de la droite dure, a proposé la création d’un « espace de défense commun » incluant Chypre et Israël, appuyant ainsi le blocus aérien et maritime de Gaza par l’État hébreu.
Conclusion
La décision politique de Syriza d’« intégrer » à tout prix l’UE et la zone euro, signale que la Grèce continuera d’être un État vassal, trahissant son programme et adoptant des politiques profondément réactionnaires, tout en claironnant sa fausse rhétorique gauchiste et en feignant de « résister » à la troïka. Bien que Syriza ait pillé la caisse de retraite nationale et les trésoreries locales, de nombreux gauchistes égarés en Europe et aux États-Unis continuent d’accepter et de rationaliser les décisions du parti qu’ils choisissent de qualifier de « compromis réalistes et pragmatiques ».
Syriza aurait pu confisquer et utiliser 32 milliards de dollars d’actifs immobiliers détenus par les Forces armées grecques afin de mettre en œuvre un plan d’investissement et de développement différent, soit louer ces propriétés à des ports maritimes commerciaux, des aéroports et des installations touristiques.
Syriza a enfoncé la Grèce encore plus profondément dans la hiérarchie dominée par la finance allemande en abandonnant son pouvoir souverain d’imposer un moratoire sur la dette, de quitter la zone euro, gérer les ressources financières, rétablir une monnaie nationale, d’imposer des contrôles de capitaux, de confisquer des milliards d’euros dans les comptes illicites à l’étranger, mobiliser des fonds locaux pour financer la reprise économique et réactiver le secteur public et privé. À plusieurs reprises, le faux « secteur gauche » au sein de Syriza a formulé d’impuissantes « objections », pendant que la mascarade Tsipras -Varofakis procédait à la capitulation ultime.
En fin de compte, Syriza a aggravé la pauvreté et le chômage, augmenté le contrôle étranger sur l’économie, érodé davantage le secteur public, facilité le licenciement des travailleurs et réduit les indemnités de départ, tout en augmentant le rôle de l’armée grecque en resserrant ses liens avec l’OTAN et Israël.
Autre fait tout aussi important, Syriza a totalement vidé la phraséologie gauchiste de toute signification cognitive : pour ses membres, la souveraineté nationale se traduit par la vassalité aux puissances étrangères, et l’anti-austérité consiste à capituler de façon pragmatique devant une nouvelle forme d’austérité. Lorsque l’accord Tsipras-troïka sera finalement signé et que l’opinion publique grecque prendra conscience des ravages que fera l’austérité dans les prochaines décennies, nous espérons que les trahisons susciteront une répulsion massive. Peut-être que Syriza se divisera et que la « gauche » abandonnera enfin ses postes ministériels tranquilles pour aller rejoindre les millions de mécontents afin de former un autre parti.
James Petras[/size][/color][/font]
Tsipras vient de rejeter les propositions de la troïka.
Conséquences :
– il n’y aura pas d’accord entre la troïka et la Grèce ;
– la Grèce sera incapable de rembourser le FMI le mardi 30 juin ;
– la Grèce sera en défaut de paiement vis-à-vis du FMI le 30 juin ;
– la troïka ne prêtera pas 7,2 milliards d’euros à la Grèce ;
– les conséquences de la faillite de la Grèce sont tellement gigantesques que Tsipras a besoin de montrer que c’est tout le peuple grec qui dit « non » aux propositions de la troïka ;
– Tsipras va demander par référendum au peuple si il dit « oui » ou « non » aux propositions de la troïka ;
– samedi 27 juin, le vice-premier ministre Yannis Dragassakis et le vice-ministre des Affaires étrangères Euclide Tsakalotos vont rencontrer le Président de la BCE Mario Draghi pour préparer le plan B ;
– dans les semaines qui viennent, le peuple grec va répondre « non », et l’Europe va devoir gérer la sortie de la Grèce de la zone euro ;
– les peuples européens vont maintenant devoir préparer l’après-euro ;
– en Europe, nous sommes en train de vivre les journées les plus importantes depuis l’effondrement de l’URSS.
Samedi 27 juin 2015 :
Grèce : Tsipras annonce un référendum pour le dimanche 5 juillet.
Le retour de l’Histoire.
– dans les semaines qui viennent, le peuple grec va répondre « non », et l’Europe va devoir gérer la sortie de la Grèce de la zone euro ;
– les peuples européens vont maintenant devoir préparer l’après-euro ;
– en Europe, nous sommes en train de vivre les journées les plus importantes depuis l’effondrement de l’URSS.
Samedi 27 juin 2015, vers 17 heures :
ALERTE - La zone euro refuse de prolonger le plan d’aide grec au-delà du 30 juin.
Le retour de l’Histoire.
Dimanche 28 juin 2015 :
Je recopie trois titres d’actualité sur le site romandie.com
Ces trois titres sont ahurissants.
On a l’impression que l’Histoire accélère comme un torrent qui dévalerait une montagne.
ALERTE - Grèce : un Grexit presque inévitable.
Le ministre autrichien des Finances a estimé dimanche qu’une sortie de la Grèce de la zone euro semblait presque inévitable, après le refus des ministres des Finances de l’Eurogroupe de prolonger le programme d’aide grec.
ALERTE - Athènes envisage la fermeture des banques lundi (Varoufakis).
Le gouvernement grec envisagera ce dimanche la mise en place de mesures de contrôle des capitaux et la fermeture des banques du pays lundi. Le ministre des Finances Yanis Varoufakis l’a annoncé à la BBC.
ALERTE - Berlin recommande aux Allemands se rendant en Grèce de prévoir suffisamment d’argent liquide.
L’économiste danois Jens Nordvig a répertorié qu’entre 1918 et 2012 quelque 67 unions monétaires ont volé en éclat. Toutes les tentatives d’États indépendants de constituer une monnaie commune unique ont fini par échouer. On ne connaît pas de contre-exemple.
Lisez cet article fondamental :
Historique.
C’est un moment historique, ce soir.
Lundi 29 juin 2015, à 18 heures 20, la Grèce se déclare en défaut de paiement.
Lisez cet article :
18h20 : La Grèce ne remboursera pas le FMI mardi.
La Grèce ne remboursera pas l’échéance de 1,6 milliard d’euros qu’elle doit au Fonds monétaire international mardi, a annoncé lundi un responsable du gouvernement grec.
Mardi 30 juin, vers 13 heures 15 :
ALERTE - Grèce : Varoufakis confirme que la Grèce ne paiera pas mardi son échéance de 1,5 milliard d’euros au FMI.
Bon, la Grèce se déclare en défaut de paiement.
La Grèce, c’est fait.
Après, ce sera le tour de l’Italie.
Mercredi 1er juillet 2015 :
La Grèce se déclare en défaut de paiement vis-à-vis du FMI.
Athènes devra donc désormais se passer de l’argent de ses créanciers publics puisque le volet européen du plan de sauvetage a par ailleurs expiré mardi. La Grèce ne devra plus sa survie financière qu’à l’aide d’urgence ELA fournie à ses banques par la Banque centrale européenne.
Cet incident de paiement constitue un sérieux revers pour la crédibilité du FMI, qui n’avait plus enregistré de défaut de paiement depuis 2001 avec le Zimbabwe et qui a accordé à la Grèce le plus grand prêt de son histoire.
Rappel :
Depuis 1918, il y a eu 67 créations d’union monétaire. Et à chaque fois, l’union monétaire a fini par éclater.
67 tentatives … et au final 67 explosions.
L’économiste danois Jens Nordvig a répertorié qu’entre 1918 et 2012 quelque 67 unions monétaires ont volé en éclat. Toutes les tentatives d’États indépendants de constituer une monnaie commune unique ont fini par échouer. On ne connaît pas de contre-exemple.
[align=center]Déclaration de Stathis Kouvelakis - Membre du Comité Central de SYRIZA à Politis :[/align]

Cliquez sur l’image pour lancer la vidéo.
SYRIZA est divisé sur la question de l’euro. Ce que j’essayais de suggérer, c’est que l’engagement fondamental de SYRIZA de rompre avec les politiques d’austérité et d’effacer la plus grande partie de cette dette odieuse et illégitime n’est pas compatible avec le maintien dans la zone euro actuelle. Et cela même si justement ce n’est pas le choix de SYRIZA, mais on voit bien que de l’autre côté la Banque Centrale Européenne n’est pas autre chose qu’une véritable machine de guerre contre tout gouvernement, qui comme celui de SYRIZA justement, tente d’ouvrir une brèche dans ce mur des politiques néo-libérales et que par conséquent l’euro n’est pas un instrument neutre ou une simple monnaie commune, c’est un projet politique qui vise à verrouiller les politiques néo-libérales. Donc, je ne pense pas, et c’est effectivement l’une des leçons que je tire de ces cinq mois de gouvernement SYRIZA, que la rupture avec l’austérité et avec le surendettement est compatible avec le maintien dans le cadre de l’euro.