32 Sortir de l'Union Européenne

[color=#111100]Bonjour Bruno. Une amie qui votait pour le PCF vient de voter pour la première fois pour le Front National. D’habitude, je lui cassais les pieds pour qu’elle ne vote pas pour ce parti, mais ici, je me suis abstenu, car je ne sais plus pour qui voter pour que cela aille mieux pour les gens comme moi. Elle est peu politisée, mais comprend intuitivement que le P$ par ses mesures concrètes ne lui est pas favorable, n’est pas favorable aux simples gens ordinaires pour écrire comme Orwell.

Il me semble que le manque de clarté du PCF sur la nature du P$ plus l’utilisation du mot gauche pour désigner à la fois le P$ et les autres par le P$, par Libération, Le Monde, la télévision, les médias dominants en général entraînent le rejet soit du clivage droite-gauche, soit le rejet de la gauche.

Si en plus des fractions du P$, comme le milliardaire Pierre Bergé agitent des mesures sociétales visant à créer des « droits » qui ne sont que des droits à rendre plus marchands les rapports humains comme par exemple la gestation pour autrui, cela révolte la décence ordinaire et fait basculer de manière émotionnelle dans une émotion populaire anti-système qui profite à qui tu sais.

En outre je considère que le projet impérialiste des capitalistes américains génère l’atmosphère complotiste propice à la résignation, à la confusion et aux démobilisations. Pour comprendre à quel point la domination sur l’information en elle-même permet de remodeler la réalité des faits, il faut se souvenir de la phrase de Karl Rove en 2004, lorsqu’il était conseiller en sécurité pour le président George W. Bush : « Nous sommes un empire, maintenant, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité, judicieusement, comme vous le souhaitez, nous agissons à nouveau et nous créons d’autres réalités nouvelles, que vous pouvez étudier également, et c’est ainsi que les choses se passent. Nous sommes les acteurs de l’histoire (…). Et vous, vous tous, il ne vous reste qu’à étudier ce que nous faisons. »

Le projet €uropéen lui aussi annihile, de manière très sophistiquée, le clivage droite-gauche et la démocratie elle-même déjà très affaiblie par l’idéologie de la représentativité. Ceci tout particulièrement depuis le putsch du 4 février 2008 où le Congrès a annulé le choix populaire du 29 mai 2005.

Écoute l’analyse qu’en fait Anne-Cécile Robert du Monde Diplomatique dans un entretien avec l’équipe de Polemix & la Voix off :[/color]

[color=#111100]Le changement viendra de ceux qui ne se laissent pas récupérer. C’est bien ce quoi ont peur ceux qui font système, alors j’ai bien peur qu’ils tentent encore une fois des manœuvres de diversion comme en 1914, en 1939. L’écrivain américain John Dos Passos a décrit l’écrasement du mouvement syndical par l’entrée en guerre dans son ouvrage USA. J’en veux pour preuve que le Congrès des États-Unis d’Amérique vient de voter une résolution appelant le Président à fournir au gouvernement de Kiev une assistance militaire.

Lien vers la résolution :[/color]

Quelques explications en français :

Bruno, l’agitation politique sur l’écriture populaire de la constitution déblayera les obstacles au gouvernement du peuple par le peuple et alors comme bénéfice secondaire exit l’UE.
Assemblées constituantes oui ! Guerres non !

La Grèce se finance en émettant des obligations à trois mois et aussi des obligations à six mois.

Problème : personne au monde ne veut acheter ces obligations pourries.

Du coup, il n’y a plus que les banques privées grecques qui acceptent d’acheter les obligations de l’Etat grec.

Ensuite, les banques privées grecques refourguent ces obligations pourries à la Banque centrale de Grèce.

La Banque centrale de Grèce accepte ces obligations pourries en collatéral, et elle prête des milliards d’euros aux banques privées grecques : c’est le mécanisme ELA (en français : « Prêt de liquidités en urgence »).

Encore un tout petit problème : la Grèce est INCAPABLE de rembourser ces obligations d’Etat, et la Banque centrale de Grèce est en faillite.

Conclusion : mercredi 25 mars, la BCE ne veut plus que la Banque centrale de Grèce continue d’accepter toutes ces obligations pourries. Pour couper complètement le financement de l’Etat grec, la BCE vient d’interdire aux banques grecques d’acheter les obligations pourries.

MAIS ALORS …

… MAINTENANT, QUI VA ACCEPTER D’ACHETER LES OBLIGATIONS DE L’ETAT GREC ?

Mercredi 25 mars 2015 :

La BCE demande aux banques grecques de ne plus acheter de dette d’Athènes.

[align=center]Conférence à Nanterre demain vendredi 27 mars 19H30
[/align]
[align=center]Grèce : « Quel avenir pour le peuple ? »[/align]
[align=center]à L’Agora 20 rue de Stalingrad Nanterre (92) RER-A Nanterre-ville
[/align]

[font=arial][color=#111100][size=9] conférence - débat proposé par l’association culturelle Les Oranges

Avec la participation de :

Mania Papadimitriou, comédienne et metteur en scène primée à plusieurs reprises en Grèce, ancienne députée de Syriza (coalition de la gauche radicale au gouvernement depuis le 25 janvier 2015).
Joëlle Fontaine, historienne, auteur du livre :"De la résistance à la guerre civile en Grèce, 1941-1946 " éditions La Fabrique 2012.
Anastassia Politi, metteur en scène de la Compagnie Erinna qui signe le projet de spectacle : "Grèce résistante / Pavlos tu vis !..." dédié à la mémoire de Pavlos Fyssas (et dont une lecture a eu lieu à la salle de Fête de Nanterre les 27 et 28 février 2015).

Lors de cette conférence-débat, nous ferons un état des lieux en Grèce depuis les politiques d’austérité imposées par l’UE, le FMI et la Banque centrale européenne. Nous nous pencherons sur le changement - porteur d’espoir et de sens - emmené par les élections du 25 janvier 2015. Nous proposerons un parcours de l’histoire récente du pays, pour comprendre sa spécificité et pour dégager les perspectives qui se dessinent pour son peuple. Nous chercherons les traces de l’histoire dans la situation actuelle, notamment les suites de l’occupation allemande, donc les dettes allemandes vis-à-vis de la Grèce. Puis la tradition de résistance du peuple grec mais aussi le fait qu’à cause de la guerre civile (qui a suivi la 2e guerre mondiale) et l’écrasement des forces progressistes de l’époque par la droite royaliste et les Britanniques, ce sont les collabos et les fascistes qui se sont installés au pouvoir et dans les mécanismes de l’état grec, et sont restés les valets des Anglais puis des Américains des décennies durant. Enfin nous dirons pourquoi la solidarité avec le peuple grec et son gouvernement sont aujourd’hui plus que jamais indispensables en France.

Soirée organisée par les Oranges en partenariat avec le CNR - Collectif national pour la reconnaissance, Nanterre Avenir et la Compagnie Erinna.

Remerciements aux intervenantes pour leur amiable participation.

Entrée libre

[/size][/color][/font]

Source : http://paris.demosphere.eu/rv/38786

1- La Grèce est en faillite.

2- Les banques privées grecques sont en faillite.

3- La Banque centrale de Grèce est en faillite.

4- Mais à part ça, ça va.

Jeudi 2 avril 2015 :

Grèce : la BCE relève encore le plafond de l’ELA, à 71,8 milliards d’euros.
La Banque centrale européenne (BCE) a encore relevé mercredi soir de 700 millions d’euros, à 71,8 milliards, le plafond de son financement d’urgence (ELA) des banques grecques, a-t-on appris de source bancaire grecque.
La BCE aide par ce seul biais les banques grecques depuis début février.

http://www.romandie.com/news/Grece-la-BCE-releve-encore-le-plafond-de-lELA-a-718-mrd-EUR/580903.rom

Sur son blog, Olivier Berruyer vient juste de lancer une alerte.

Lisez cet article :

ALERTE Grèce

J’ai hésité à rédiger ce billet, mais bon…
J’ai discuté cette semaine avec plusieurs spécialistes du dossier grec, y compris des personnes ayant rencontré des ministres de Syriza.
Les conclusions étant inquiétantes, je les partage avec vous.

La Grèce est hyper-endettée.

La Grèce est complètement écrasée sous des montagnes de dettes.

Avril 2015 :

Le 9 avril, la Grèce devra rembourser 458 millions d’euros au FMI.

Le 14 avril, la Grèce devra rembourser 1,4 milliard d’euros, et le 17 avril, elle devra rembourser 1 milliard d’euros de bons du Trésor.

Problème : en avril 2015, la Grèce est en faillite.

Solution ( ? ? ? ) du problème :

Mercredi 8 avril, la Grèce a … emprunté 1,14 milliard d’euros sur les marchés. Durée : 6 mois. Taux : 2,97 %.

http://www.romandie.com/news/Bonds-Grece-114-mrd-EUR-leves-en-bons-du-Tresor-taux-inchange/582379.rom

Et en mai 2015 ?

Le 8 mai, la Grèce devra rembourser 1,4 milliard d’euros de bons du Trésor.

Le 12 mai, la Grèce devra rembourser 763 millions d’euros au FMI.

Le 15 mai, elle devra rembourser 1,4 milliard d’euros de bons du Trésor.

Problème : en mai, la Grèce sera en faillite.

Solution du problème :

En mai, l’Allemagne paiera à la Grèce les 279 milliards d’euros qu’elle lui doit depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Et comme ça, la crise de la dette grecque sera finie.

Et comme ça, tout le monde sera content.

Et tout est bien qui finit bien.

Non, je déconne.

[align=center]Frédéric Lordon à Panagiotis Sotiris, philosophe et dirigeant du Front de la gauche anticapitaliste grec (Antarsya)[/align]

Extrait :
En tout cas, mon cher Panagiotis, sache-le : tu es un fasciste. Tu veux la restauration de la souveraineté populaire ; constatant son impossibilité dans l’Union européenne, tu veux la sortie de l’euro : tu es un fasciste – je suis bien désolé, mais ici, en ce moment, c’est comme ça.

Evidemment, le problème épineux que tu poses à tous ces gens-là, c’est que tu n’es pas un fasciste… Tu plaides pour la souveraineté populaire grecque, tu parles de la sortie de l’euro, mais tu n’es pas un fasciste. Je peux maintenant t’avouer la raison un peu honteuse pour laquelle je suis vraiment content d’avoir ce débat ici avec toi : tu vas me servir de bouclier humain. Car il ferait beau voir que les pitres posturalistes viennent te dire à toi, toi qui arrives d’un pays en état de persécution économique, d’un pays humilié et mis en situation de crise humanitaire par notre belle Europe, que parce que tu veux en finir avec cela, parce que tu n’as pas la patience d’attendre qu’un autre euro soit possible, que l’Union européenne devienne progressiste et que les autres peuples européens enfin soulevés entrent dans les institutions bruxelloises, bref parce que tu n’as pas le goût d’attendre l’été à Noël, tu es un fasciste. Vraiment je voudrais les voir ces gens-là, ces professionnels du pharisaïsme, venir te dire en te regardant dans les yeux que vous êtes des fascistes, toi, Kouvelakis, Lapavitsas et tant d’autres.

Tu mesures ici le degré de dégradation du débat intellectuel à gauche en France où, pour contrer ce torrent de bêtise, et parfois d’ignominie, qui renvoie spontanément au fascisme toute évocation de souveraineté populaire, toute perspective de se soustraire à la construction européenne qui la fait périr, pour contrer tout cela donc, il n’y a plus que le recours à des boucliers humains… Faute que toute argumentation rationnelle soit permise, il ne reste plus que la solution de présenter des personnes. Des personnes dont il est une évidence incontestable qu’elles sont au dessus de tout soupçon. Autant te le dire, je ne me résous à ce procédé que la mort dans l’âme, avec vergogne, et accablement. Mais c’est qu’on ne sait plus quoi faire pour tirer cette partie-là de la gauche de son sommeil dogmatique, lui faire voir enfin ce qu’elle refuse de voir depuis tant d’années, et qu’il devrait maintenant lui être impossible de ne pas voir à la lumière des deux premiers mois de Syriza : non, un autre euro n’est pas possible.

Source : http://blog.mondediplo.net/2015-04-06-Lecons-de-Grece-a-l-usage-d-un-internationalisme

Dans l’Union Européenne, il n’y a pas que la Grèce.

Neuf pays de l’Union Européenne sont en faillite.

La Grèce, l’Italie, le Portugal, l’Irlande, Chypre, la Belgique, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni sont en faillite.

Chiffres Eurostat publiés le mardi 21 avril 2015 :

1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 317,094 milliards d’euros, soit 177,1 % du PIB.

2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2134,920 milliards d’euros, soit 132,1 % du PIB.

3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 225,280 milliards d’euros, soit 130,2 % du PIB.

4- Irlande : dette publique de 203,319 milliards d’euros, soit 109,7 % du PIB.

5- Chypre : dette publique de 18,819 milliards d’euros, soit 107,5 % du PIB.

6- Belgique : dette publique de 428,365 milliards d’euros, soit 106,5 % du PIB.

7- Espagne : dette publique de 1033,857 milliards d’euros, soit 97,7 % du PIB.

8- France : dette publique de 2037,772 milliards d’euros, soit 95 % du PIB.

9- Royaume-Uni : dette publique de 1600,862 milliards de livres sterling, soit 89,4 % du PIB.

http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/6796761/2-21042015-AP-FR.pdf/7466add3-3a70-4abb-9009-bc986a5d2c0a

Les leçons de la capitulation de Syrisa :

Syriza lance la proposition d’un référendum pour imposer l’austérité en Grèce :

Rester dans l’organisation Union Européenne, c’est renoncer, renoncer à la souveraineté, renoncer à lutte pour l’égalité, renoncer à la lutte contre l’austérité

1- La Grèce est en faillite.

2- Les banques privées grecques sont en faillite.

3- La banque centrale de Grèce est en faillite.

4- Mais à part ça, ça va.

Mercredi 6 mai 2015 :

Grèce : la BCE relève d’encore 2 milliards d’euros le plafond de l’ELA.

La Banque centrale européenne (BCE) a encore relevé mercredi, de 2 milliards d’euros, le plafond de son financement d’urgence (ELA) des banques grecques, portant désormais celui-ci à 78,9 milliards d’euros, a-t-on appris de source bancaire grecque.

Selon les chiffres de la Banque de Grèce, ménages et entreprises ont retiré un total de 26,807 milliards d’euros en quatre mois des banques grecques. Fin mars, les dépôts privés s’y montaient à 138,55 milliards d’euros, au plus bas depuis février 2005.

Et selon les premiers chiffres connus pour avril, la tendance au retrait des capitaux a repris de plus belle.

http://www.romandie.com/news/Grece-la-BCE-releve-dencore-2-milliards-deuros-le-plafond-de-lELA/591050.rom

[align=center]Les reculs successifs de Syriza : celui entre les positions du 17 avril et du 1er mai 2015[/align]

[color=#111100]Positions de syriza le 17 AVRIL 2015 selon AMÉLIE POINSSOT (Médiapart)

repris par le site Nantes Secteur Ouest
url = [/color]https://nantessecteurouest.wordpress.com/2015/04/20/grece-syriza-defend-ses-trois-premiers-mois-au-pouvoir17-avril-2015-par-amelie-poinssot-mediapart/

[color=#111100]Extrait
[i]La question de la restructuration de la dette qui figurait dans le programme est passée aux oubliettes. « Syriza n’a plus le discours maximaliste qu’il tenait avant les élections, explique la politologue Filippa Chatzistavrou. C’est une évolution assez naturelle pour un parti qui voulait gagner les élections et qui fait maintenant face à la réalité du pouvoir. Pour autant, le parti de Tsipras n’a pas tout abandonné, il a réussi à imposer la question de la crise humanitaire et l’idée qu’il faut desserrer la discipline budgétaire. Ce sont bel et bien des idées de gauche ! Je qualifierais la politique de Syriza aujourd’hui de néoréalisme économique et social. »

Le gouvernement Tsipras maintient en outre plusieurs lignes rouges : il veut réintroduire les négociations collectives (supprimées avec les mémorandums d’austérité), rétablir le salaire minimum à son niveau initial (soit 740 euros brut au lieu des 580 actuels), bloquer toute libéralisation du marché du travail et empêcher de nouvelles coupes dans les pensions de retraite. Ce sont là les points d’achoppement, actuellement, avec les partenaires de la zone euro – et ils doivent être résolus d’ici le 24 avril.

« Mais nous ne pouvons reculer là-dessus ! Ce n’est pas le mandat pour lequel nous avons été élus ! », proteste Yorgos Katrougalos. « Syriza ne peut faire une telle concession, explique de son côté Errikos Finalis, membre du comité central du parti.Nous ne sommes pas arrivés au pouvoir pour appliquer un nouveau mémorandum d’austérité ! Sinon, en quoi nous différencions-nous de nos prédécesseurs de la droite de Nouvelle Démocratie… ? Pour l’instant, nous ne pouvons même pas appliquer une petite partie de notre programme économique, c’est considéré comme un acte unilatéral ! »[/i]

Positions syriza le 1er MAI d’après François LECLERC du site PAUL JORION
url = [/color]http://www.pauljorion.com/blog/2015/05/01/grece-negociations-sur-la-ligne-de-crete-par-francois-leclerc/

[color=#111100]Extrait
Est en cause la frontière que représentent ces lignes rouges que le gouvernement grec ne veut pas franchir et qu’il semble se résoudre à rectifier. Une augmentation de la TVA pourrait être concédée, à condition qu’elle ne touche ni l’alimentation, ni les médicaments ni les livres. L’augmentation du salaire minimum ferait l’objet de consultations préalables avec l’OCDE et l’Organisation internationale du travail (OIT) et serait progressivement introduite. Les retraites pourraient être écornées, sauf celles qui sont en dessous un seuil de 300 euros mensuel. Enfin, de nouvelles privatisations pourraient intervenir. Mais il n’est pas garanti que cela soit suffisant ainsi.

Syriza ne respecte pas ses engagements vis à vis de ses électeurs, il recule petit à petit, ceci à cause de la Commission Européenne, du processus décisionnel de l’UE qui est à l’opposé de toute idée de souveraineté populaire, à l’opposé de toute idée de lutte contre les inégalités, à l’opposé de toute idée d’extension de prise en compte des souhaits des populations dans les décisions prises. Syriza ne s’est pas engagée à rompre avec l’euro et avec l’UE, je vous l’accorde, mais au vu des exigences de ces institutions, Syriza manque de courage pour appliquer un plan alternatif rompant avec l’Union Européenne. Trotsky avait exprimé l’idée que l’extrême-droite ne pouvait prospérer que sur le manque de courage des forces progressistes. Nous y sommes.[/color]

Le mois de mai 2015 en Europe :

Plusieurs succès électoraux des partis anti-européens montrent que les peuples rejettent de plus en plus cette construction européenne.

En mai 2015, les anti-européens sont dans une dynamique historique.

Le vent tourne.

Le vent tourne dans le sens de la déconstruction européenne.

1- Allemagne :

Allemagne : victoire amère des sociaux-démocrates à Brême, percée des anti-euros.

2- Pologne :

Pologne : le candidat conservateur eurosceptique devance le président sortant au premier tour.

Le candidat conservateur eurosceptique, Andrzej Duda, a créé la surprise en arrivant en tête au premier tour de l’élection présidentielle en Pologne, dimanche 10 mai, selon un sondage de sortie des urnes publié après la fermeture des bureaux de vote, en début de soirée.

3- Royaume-Uni :

Elections au Royaume-Uni : « Un Brexit serait dévastateur pour l’Europe. »

Avec sa promesse d’organiser un référendum en 2016 ou 2017 sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, David Cameron mène son pays et l’Europe à « la catastrophe », s’alarme Denis MacShane, ex-ministre travailliste des Affaires européennes.

4- Finlande :

L’extrême droite finlandaise sur le point d’entrer au gouvernement.

Sauf surprise, le parti populiste d’extrême droite des Vrais Finlandais va entrer pour la première fois de son histoire au pouvoir en Finlande. Le probable futur premier ministre, le centriste Juha Sipilä, a confirmé, jeudi 7 mai, qu’il allait entamer des négociations sur un programme de coalition avec ce parti, arrivé deuxième lors des élections législatives du 19 avril. Le leader charismatique du parti, Timo Soini, devrait dès lors réaliser son rêve et devenir ministre, probablement des finances ou des affaires étrangères.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/05/07/l-extreme-droite-finlandaise-sur-le-point-d-entrer-au-gouvernement_4629766_3214.html

Grèce : l’heure de la rupture.

Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza, écrit :

La peur du Grexit ne doit plus nous paralyser. Il est temps d’affirmer clairement, pour commencer, que quels que soient les fonds transférés par la nouvelle législation dans les coffres publics, ils doivent être consacrés à la couverture des besoins publics et sociaux et non aux paiements des créanciers.
L’heure est également venue de mettre un terme au radotage soporifique à propos des « négociations qui avancent » et des « accords en vue ».
Il est temps de mettre immédiatement un terme aux références surréalistes aux « solutions mutuellement profitables » et aux « partenaires » avec lesquels nous sommes supposés être les « copropriétaires de l’Europe ».
Il est temps de révéler au public grec et à l’opinion publique internationale les faits qui mettent en évidence la guerre sans merci qui est menée contre ce gouvernement.
Et le temps est venu, par dessus tout, de se préparer finalement, politiquement, techniquement et culturellement à cette solution honorable que serait la séparation d’avec cette implacable bande de djihadistes du néo-libéralisme.
Le temps est venu d’expliciter le contenu et d’expliquer la viabilité de la stratégie alternative, qui commence avec la double initiative de la suspension des remboursements de la dette et de la nationalisation des banques, et qui se poursuit, si nécessaire avec le choix d’une monnaie nationale approuvée par le public au cours d’un référendum populaire .
Le temps est venu pour la réflexion sérieuse mais aussi pour les actes décisifs. C’est le moment dans lequel le désastre et la rédemption se retrouvent côte-à-côte.
C’est le moment de riposter.

Stathis Kouvélakis.

Traduit de l’anglais par Mathieu Dargel.

Mercredi 20 mai 2015 :

Grèce : Athènes lance un ultimatum à ses créanciers.

Cette fois, c’est la Grèce qui fixe un ultimatum à ses créanciers. Ce mercredi 20 mai, le porte-parole du gouvernement hellénique a annoncé que, faute d’accord avec ces derniers, Athènes ne paiera pas son échéance de 302 millions d’euros qu’elle doit rembourser au FMI le 5 juin. Autrement dit, ce jour devient la nouvelle « date fatidique » dans la crise grecque. Si aucun accord n’est trouvé alors, la Grèce fera le premier pas vers un défaut et la crise prendra une autre tournure.

Pression sur les Européens

Athènes entend désormais clairement presser le pas et placer la pression sur ses créanciers. Le calcul du gouvernement d’Alexis Tsipras est simple : les Européens et le FMI ne sont pas prêts à assumer le risque d’un défaut qui peut avoir de lourdes conséquences financières et politiques pour eux. Un défaut grec serait en effet la première marche vers une sortie de la zone euro. Car s’il n’y a pas d’identité entre les deux événements ni de lien automatique, l’un peut entraîner l’autre, notamment si la BCE décide de ne plus accepter les collatéraux (garanties) d’un Etat en défaut pour accorder de la liquidité aux banques. Ou si, à court d’argent faute d’aide européenne, la Grèce doit sortir de la monnaie unique.

Des créanciers peu pressés de risquer le défaut

Athènes peut s’appuyer dans cette stratégie sur plusieurs faits encourageants. D’abord, le FMI, le 12 mai, a refusé de laisser la Grèce faire défaut et a accepté que le pays ait recours à un fonds spécial… du FMI. Autrement dit, le FMI s’est payé lui-même en grande partie pour éviter le défaut. Quant à la BCE, elle a refusé jusqu’ici, et malgré des menaces répétées, de durcir les conditions de décote des collatéraux dans le cadre du programme d’aide à la liquidité d’urgence ELA. Une telle mesure aurait précipité rapidement le défaut grec. Preuve est donc faite que plusieurs créanciers ne veulent pas un défaut grec. Le gouvernement grec les met désormais devant leurs responsabilités et cherche également à diviser le camp adverse. Car, ne n’oublions pas, certains, notamment au sein de l’Eurogroupe, ne s’effraient pas d’un défaut hellénique. En fixant un ultimatum, Athènes sème la zizanie chez ses adversaires et espère ainsi forcer la décision en faveur d’un compromis.

Faire changer de camp à la peur

La Grèce a d’ores et déjà fait plusieurs pas en faveur de ce compromis : sur la fiscalité et la TVA, notamment. Mais le gouvernement refuse toujours les « réformes » des retraites et du marché du travail exigées par ses créanciers. Dans ce jeu de poker qui oppose les deux camps depuis quatre mois, la phase finale semble être engagée. Le message qu’Athènes envoie à ses créanciers ce mercredi matin est que la Grèce n’a pas peur d’aller jusqu’au défaut. C’est crucial dans ce type de situations. Le gouvernement grec rappelle que, dans une discussion entre créanciers et débiteurs, le créancier est aussi en position de faiblesse : il peut perdre sa mise. Ce mouvement stratégique vise à faire changer la peur de camp et à décider les créanciers à accepter un accord sans toucher aux « lignes rouges » fixées par le gouvernement.

Echec de la stratégie des créanciers

Lundi soir, Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances avait déjà préparé le terrain : il avait prévenu qu’il préférait « faire défaut sur le FMI que sur les retraites et les salaires. » On semble donc être arrivé au terme de la bonne volonté grecque. Désormais, la stratégie d’attente des créanciers est dans l’impasse. L’Eurogroupe a longtemps cru que, à cours d’argent, Athènes viendrait déposer les armes et capituler. Ce mercredi, il semble que ce ne soit pas le cas.

Les institutions européennes sont l’instrument de l’oligarchie pour imposer un despotisme à peine éclairé.

Le 5 juin, la Grèce doit rembourser 302,833 millions d’euros au FMI.

Le 12 juin, la Grèce doit rembourser 340,687 millions d’euros au FMI.

Le 16 juin, 567,812 millions d’euros.

Le 19 juin, 340,687 millions d’euros.

Total : en juin, la Grèce doit rembourser 1,552 milliards d’euros au FMI.

Mais il y a un petit problème : la Grèce est en faillite.

Solution ( ? ) au problème :

La Grèce va emprunter quelques milliards d’euros supplémentaires au FMI. Ensuite, avec cet argent, la Grèce pourra rembourser 1,552 milliards d’euros au FMI au mois de juin.

Rappel :

En tout, la Grèce doit rembourser 32,1 milliards d’euros au FMI.

Mardi 26 mai :

Grèce : Varoufakis appelle les créanciers à se mettre d’accord.

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a appelé mardi les créanciers de son pays à se mettre d’accord, faute de quoi les remboursements de dette ne pourront plus être effectués très longtemps.

« Depuis quatre mois (date de l’arrivée au pouvoir du gouvernement Tsipras, ndlr) nous avons rempli nos obligations vis-à-vis des créanciers en puisant jusqu’au fond de notre économie, on ne peut pas faire cela indéfiniment et nos créanciers le savent », a lancé le ministre sur CNN.

« Donc il commence à être temps qu’ils se mettent d’accord et fassent le dernier quart du chemin, puisque nous en avons déjà fait les trois autres quarts », a-t-il ajouté.

Contrairement au ministre de l’Intérieur Nikos Voutsis qui avait assuré dimanche qu’il n’y avait plus d’argent pour payer le FMI en juin, M. Varoufakis a continué à laisser planer l’ambiguïté sur la date à laquelle le pays pourrait ne plus faire face à ses obligations.

« Je suis optimiste de nature, donc je dirais que nous ferons ce paiement (en juin, ndlr) car nous aurons un accord d’ici là. »

Comme on lui demandait si le paiement de juin était directement lié à l’accord, M. Varoufakis a répondu évasivement : « Il faut parvenir à un accord (…) chacun sait que l’Etat grec ne peut pas continuer à faire de gros paiements au FMI sans un accord (…) c’est une question de bon sens. »

A la question « Est-il vrai que le pays n’a pratiquement plus d’argent ? », M. Varoufakis a répondu cependant : « Non, notre pays, en conséquence des énormes sacrifices faits par le peuple grec, a réussi à vivre sur ses propres moyens. »

Des spécialistes de la dette grecque ont indiqué à l’AFP que le mois de juin serait très difficile, notamment les vingt derniers jours. Or, Athènes doit le mois prochain un total de près de 1,6 milliard d’euros au FMI, avec un premier versement le 5 de taille modérée, 300 millions d’euros.

Si ce versement peut être effectué sans heurt, cela laisse une semaine de plus pour parvenir à un accord d’ici le 12.

« Il y a de bonnes raisons pour que nous ne voyions pas de défaut autour du 5 juin », a estimé mardi une source au ministère allemand des Finances sur la base des récentes déclarations d’Athènes, jugées encourageantes.

« La Grèce semble avoir compris que sans le FMI rien ne va », a ajouté cette source, puisque c’est de l’institution de Washington que doit venir une part importante des 7,2 milliards de prêts au coeur de la négociation en cours entre la Grèce et ses créanciers.

Le quotidien grec Ta Nea assurait d’ailleurs mardi que le Premier ministre Alexis Tsipras et le secrétaire américain au Trésor Jack Lew avaient évoqué, lors d’un entretien téléphonique vendredi, la possibilité d’une intervention des Etat-Unis auprès du FMI pour aider à l’avancée des négociations.

Le service de presse du Premier ministre, interrogé par l’AFP, a confirmé la tenue de cet entretien sans en préciser la teneur.

Alors que le dossier grec risque de se retrouver à l’agenda de la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7, jeudi et vendredi en Allemagne, les négociations techniques ont repris mardi à Bruxelles entre les représentants de la Grèce et ceux des institutions créancières.

« Nous escomptons que ce travail difficile se poursuive dans les jours à venir pour accélérer le processus de négociations », a indiqué mardi Margaritis Schinas, le porte-parole de la Commission européenne, restant évasif sur les délais dans lesquels les négociations pourraient aboutir.

http://www.romandie.com/news/Grece--Varoufakis-appelle-les-creanciers-a-se-mettre-daccord_RP/596779.rom

Le 29 mai 2005, il y a dix ans, c’était le référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe.

Le 29 mai 2005, le peuple français vote « non » à la constitution européenne avec 54,67 % des suffrages exprimés.

Pourtant, la classe politique et la classe médiatique avaient appelé à voter « oui ».

464 députés, 266 sénateurs, 22 présidents de région, les Eglises, les dirigeants syndicaux, les dirigeants patronaux, les grands intellectuels, les grands éditorialistes des journaux, les grands éditorialistes des radios, des télévisions, les élites universitaires, les enseignants des grandes écoles avaient appelé à voter oui.

Les élites avaient appelé à voter oui. La nouvelle aristocratie avait appelé à voter oui.

Et pourtant, malgré toute cette propagande médiatique en faveur du oui, le peuple a dit non.

Le peuple a voté pour son intérêt.

Dernière pulsion de vie.

Dernier désir de vie.

Baroud d’honneur.

Chant du cygne.

A la sortie des urnes, l’institut de sondage TNS-SOFRES a interrogé 1 500 personnes sur leur vote.

Le profil des votants :

Qui a voté non ?

1- 96 % des sympathisants d’extrême-droite (FN + MNR) ont voté non.
2- 95 % des sympathisants du Parti Communiste ont voté non.
3- 81 % des ouvriers ont voté non.
4- 79 % des chômeurs ont voté non.
5- 65 % des Français âgés de 35 à 49 ans ont voté non.
6- 64 % des sympathisants des Verts ont voté non.
7- 61 % des Français sans préférence partisane ont voté non.
8- 60 % des employés ont voté non.
9- 59 % des sympathisants du Parti Socialiste ont voté non.
10- 59 % des Français âgés de 25 à 34 ans ont voté non.
11- 59 % des Français âgés de 18 à 24 ans ont voté non.
12- 56 % des professions intermédiaires ont voté non.
13- 55 % des commerçants, artisans, chefs d’entreprise, ont voté non.

Je précise que l’extrême-gauche, les partis trotskistes avaient appelé à voter non. Les gaullistes du mouvement « Debout La République » avaient eux-aussi appelé à voter non.

Deux chiffres retiennent mon attention. 81 % des ouvriers ont voté non. 79 % des chômeurs ont voté non. Ce sont les classes populaires qui ont le plus voté non.

Enfin, les jeunes de 18 à 24 ans ont voté non à 59 %.

Qui a voté oui ?

1- 76 % des sympathisants de l’UDF ont voté oui.
2- 76 % des sympathisants de l’UMP ont voté oui.
3- 63 % des Français de 65 ans et plus ont voté oui.
4- 62 % des cadres et des professions intellectuelles ont voté oui.
5- 60 % des retraités ont voté oui.
6- 41 % des sympathisants du Parti Socialiste ont voté oui.

En clair : les sympathisants démocrate-chrétiens (UDF), les sympathisants de la droite non-gaulliste et libérale (UMP), la moitié (même pas la moitié : 41 %) du Parti Socialiste, les baby-boomers, les vieux, les plus de 65 ans, et les riches.

Comme d’habitude, la nouvelle aristocratie est pour la construction européenne.

Quels sont les cinq endroits de France où le oui fait ses plus gros scores ?

Réponse : ce sont les cinq endroits les plus riches de France !

1- Neuilly-sur-Seine : 82,51 % de oui !
2- Paris, 7ème arrondissement : 80,52 % de oui !
3- Paris, 16ème arrondissement : 80,03 % de oui !
4- Paris, 8ème arrondissement : 79,67 % de oui !
5- Paris, 6ème arrondissement : 79,41 % de oui !

La construction européenne est anti-sociale.

La construction européenne est anti-populaire.

La construction européenne est anti-démocratique.

Elle doit être détruite.

Allemagne : des facteurs polonais pour remplacer des postiers grévistes

https://duckduckgo.com/html/?q=Allemagne%20%3A%20des%20facteurs%20polonais%20pour%20remplacer%20les%20postiers%20gr%C3%A9vistes

Source :
http://www.leparisien.fr/economie/allemagne-des-facteurs-polonais-pour-remplacer-les-postiers-grevistes-27-05-2015-4806971.php

La liberté de circulation sert à mettre en concurrence libre et non-faussée les travailleurs entre eux au bénéfice des dirigeants d’entreprise.

Attention, article très important.

Un journaliste de SUD-OUEST, Jean-Claude Guillebaud, vient de publier un article explosif sur le fonctionnement réel de l’Union Européenne.

Dans cet article, Jean-Claude Guillebaud révèle plusieurs faits qui montrent le vrai visage de la construction européenne.

Dimanche 7 juin 2015 :

Europe, dans le cœur du réacteur.

L’épisode aura été à la fois passionnant et inattendu. A Bruxelles, j’ai eu la chance de participer à un long débat avec une vingtaine de confrères accrédités auprès de la Commission européenne. Il y avait là des Français, des Allemands, des Britanniques, des Américains et même une impétueuse consoeur venue d’Albanie et naturalisée belge. Tous ces journalistes avaient en commun d’avoir choisi de suivre la construction européenne et, pour cela, de s’installer à Bruxelles. Ils sont depuis des années dans le cœur du réacteur. Pro-européens au départ, ils ne peuvent être taxés d’euroscepticisme ou de populisme. A plusieurs reprises, ce jour-là, ils ont tenu à nous affirmer qu’ils y croyaient encore.

Admirable est la foi ! Pourquoi ? Parce que, au fil des échanges, nos confrères, parlant sans détour, nous ont décrit un univers kafkaïen, opaque, bureaucrtique, corseté par un fonctionnement étouffant et procédural.

Les conférences de presse, par exemple, sont si minutieusement codifiées qu’elles n’ont plus beaucoup de sens. Les porte-parole ne répondent aux questions des journalistes que s’ils y ont été expressément autorisés, par écrit. Même dans ce cas, dès qu’une actualité un peu plus chaude est en jeu, le porte-parole se contentera de lire le texte écrit que sa hiérarchie lui a préparé.

Ce qu’à l’échelon national nous appelons langue de bois acquiert à Bruxelles une opacité plus impénétrable encore. Le formalisme et le culte du secret paraissent avoir peu à peu asphyxié le fonctionnement de cette Commission européenne censée incarner, aux yeux du monde, la démocratie vivante du Vieux Continent et l’Etat de droit. C’est fou !

Prenons un tout petit exemple, il parle à lui tout seul. Le nombre de journalistes accrédités auprès de la Commission était de 900 voici deux ou trois ans. Aujourd’hui, ce chiffre n’est plus accessible. Il a été classé top secret, pour de prétendues raisons de sécurité. Formule commode. En fait, tout laisse penser qu’il diminue chaque année, le projet européen perdant son attrait médiatique. Inutile de crier cela sur les toits.

Nous avons débattu d’autres sujets, comme la puissance des lobbies. Elle est indéniable à Bruxelles. Elle court-circuite allègrement les logiques démocratiques de base, enlisées dans la pratique obligatoire du compromis. Alors que nous échangions à ce sujet, un confrère américain présent parmi nous est intervenu sur un ton amicalement rigolard :

« Il faut comprendre que le lobby le plus puissant ici, c’est l’Amérique du Nord elle-même. »

Devant notre surprise, il a renchéri en disant que les Etats-Unis chaperonnaient avec vigilance l’Europe en devenir. « Vous ne le saviez pas ? » a-t-il ajouté.

Une consoeur française a exprimé sans détour sa stupéfaction devant ce qu’elle entendait : « Ce que vous décrivez là, c’est une dictature douce en construction. Ce n’est plus du tout une démocratie. » Tout le monde s’est récrié poliment, pour la forme.

Parmi ces correspondants accrédités était présent le doyen, le patriarche, le chouchou de Bruxelles : Quentin Dickinson, directeur des affaires européennes à Radio France. Il a suivi stoïquement nos conversations, sans intervenir. C’est une estimable figure de la profession, mais ce n’est pas lui faire injure d’ajouter qu’il est plus militant que journaliste. Il s’est d’ailleurs présenté en mars 2014 aux élections européennes sous l’étiquette UDI – Modem. Les 9 % obtenus par les centristes n’ont pas été suffisants pour qu’il soit élu au Parlement européen. Il est donc redevenu journaliste. Assurément, lui y croit encore.

Bref, en quittant cette confraternelle réunion, nous étions à peu près tous convaincus qu’un (possible) naufrage était annoncé. Le pire n’est jamais sûr, je sais. Admirable est la foi, en effet …

Jean-Claude Guillebaud.

Et la république française ce n’est pas un univers kafkaïen, opaque, bureaucratique ?

Dans l’hebdomadaire PARIS-MATCH, publié le 27 octobre 1951, page 18, le journaliste pose la question :

« Que pensez-vous de la fédération européenne ? »

Le général Eisenhower répond :

« Rien ne pourrait nous être plus agréable que d’apprendre que les Etats d’Europe occidentale ont décidé de réunir dans une ville d’Europe – disons à Luxembourg – des délégués responsables, avec mandat de rédiger l’acte constitutionnel de l’Europe, de désigner la capitale de l’Europe, etc. et qu’à partir du 1er janvier, l’Europe occidentale fonctionnera comme fédération. Aucune décision ne pourrait mieux nous aider dans la tâche que nous poursuivons. »

En 1951, les Etats-Unis avaient décidé de créer une fédération européenne.

Les Etats-Unis l’avaient rêvé, Jean Monnet a commencé à le faire.

A propos de Jean Monnet :

Concernant les participants aux réunions du Groupe de Bilderberg, Jean Monnet est sur la première page, à la dernière ligne :

http://www.danielestulin.com/wp-content/uploads/portraits_bilderberg.pdf

Sur la deuxième page, à la première ligne, nous pouvons voir la photo d’un certain George C. McGhee.

George McGhee a servi comme ambassadeur américain en Turquie en 1952-1953, où il a soutenu sa candidature réussie à l’adhésion à l’OTAN.
George McGhee a joué un rôle dans les relations américaines avec la République du Congo et la République dominicaine au début des années 1960.
De Novembre 1961 à Avril 1963, il a occupé le poste de sous-secrétaire d’État aux affaires étrangères, sous l’admnistration Kennedy.
George McGhee a été nommé ambassadeur en Allemagne de l’Ouest de 1963 à 1968.

(Source : Wikipedia, version en langue anglaise)

Une citation très importante :

« Je pense que vous pourriez dire, déclara un jour le diplomate américain George McGhee, que le traité de Rome, qui a créé le Marché commun, a été mûri pendant ces réunions de Bilderberg et aidé par le flot de nos discussions. »

Source : « L’Europe sociale n’aura pas lieu », de François Denord et Antoine Schwartz, édition Raisons d’agir, page 40.

George McGhee avait le mérite de la franchise : le traité de Rome a été mûri pendant les réunions du groupe Bilderberg dans les années 1954 – 1955 – 1956.

Dès le début de la construction européenne, le traité de Rome était voulu par les Etats-Unis.

Le traité de Rome est l’oeuvre de grands banquiers, de grandes entreprises multinationales, de diplomates et de militaires membres de l’OTAN.

Dès le début, la construction européenne était anti-populaire, anti-sociale, anti-démocratique.

Et ça continue encore aujourd’hui.