32 Sortir de l'Union Européenne

Dimanche 8 février 2015 :

Tsipras évoque l’obligation historique à réclamer le remboursement d’indemnités de guerre à Berlin.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a évoqué dimanche l’obligation historique et morale de son pays à réclamer le prêt forcé et des indemnités de guerre à l’Allemagne, un sujet sur lequel Berlin a déjà dit non.

« Il y a une obligation morale envers notre peuple, envers l’Histoire, envers tous les peuples européens qui se sont battus et ont donné leur sang contre le nazisme, une obligation historique à réclamer à l’Allemagne des indemnités de guerre et le remboursement du prêt forcé », a dit M. Tsipras en concluant son discours sur son programme de politique générale devant le Parlement.

Le parti de la gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras réclame une somme d’environ 162 milliards d’euros à l’Allemagne, soit l’équivalent de la moitié de sa dette publique de plus de 315 milliards d’euros.

http://www.romandie.com/news/Tsipras-evoque-lobligation-historique-a-reclamer-le-remboursement-dindemnites-de-/563702.rom

Lundi 9 février 2015 :

Cameron a présidé une réunion consacrée à un éventuel « Grexit ».

Le Premier ministre britannique David Cameron a présidé lundi une réunion avec des responsables du ministère des Finances et de la Banque d’Angleterre consacrée à la marche à suivre en cas de sortie de la Grèce de la zone euro (« Grexit »), a dit une source du ministère.

Le ministre des Finances George Osborne a dit dimanche que le pays accélérait ses préparatifs à une telle éventualité, notant que le rapport de forces entre la Grèce et la zone euro augmentait les risques pesant sur l’économie britannique.

« Il s’est agi d’une réunion entre le Premier ministre et des responsables du Trésor et de la Banque centrale. Personne ne dit que cela (la sortie de la Grèce de la zone) va avoir lieu, mais il paraît judicieux d’examiner ce risque. Qui serait facteur d’une réelle instabilité », a dit la source.

La Bourse d’Athènes chutait de près de 6% vers 11h35 GMT, au lendemain du discours de politique générale du Premier ministre Alexis Tsipras, qui a réaffirmé vouloir s’affranchir de la « troïka » et en finir avec l’austérité.

« Une sortie forcée de la Grèce de la zone euro entraînerait la fin de la monnaie unique », a pour sa part affirmé dimanche le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

Mardi 10 février 2015 :

Le ministre allemand des Finances met en garde Athènes.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a dit mardi que si la Grèce ne voulait pas d’un nouveau programme, alors tout était fini.

Le ministre a ajouté que l’Eurogroupe voulait entendre mercredi de la part d’Athènes quelque chose qui l’engage.

Il a par ailleurs démenti les informations selon lesquelles la Grèce serait parvenue à un accord avec la Commission européenne et a dit que l’Eurogroupe, soit l’ensemble des ministres des Finances de la zone euro, ne négocierait pas de nouveau programme pour la Grèce mercredi lors de sa réunion.

Mercredi 11 février 2015 :

« La Russie examinera un éventuel appel au financement du gouvernement grec, qui subit comme elle la ligne illégitime des Occidentaux », a assuré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui recevait son homologue grec, Nikos Kotzias.

« En ce qui concerne les questions économiques, nous avons discuté aujourd’hui de la situation financière de la Grèce, qui est également dans une situation difficile en raison de la ligne unilatérale, illégitime de nos collègues occidentaux », a indiqué le ministre russe lors d’une conférence de presse avec M. Kotzias.

« Si le gouvernement grec s’adresse à nous, cet appel sera bien examiné par la Russie », a assuré M. Lavrov.

Le chef de la diplomatie russe a aussi salué la ligne constructive du gouvernement grec qui se prononce pour le développement de notre partenariat stratégique sans tenter de le politiser, de le teinter d’idéologie ou de sacrifier les ambitions géopolitiques d’Etats tiers, en une référence à l’Ukraine, que la Russie accuse d’être pilotée par les Occidentaux.

« Nous apprécions la position du gouvernement grec, qui comprend qu’il est absolument contre-productif de tenter de parler dans la langue des sanctions avec la Russie », a souligné M. Lavrov.

Le ministre russe a aussi discuté avec son collègue grec les excellentes perspectives d’un partenariat gréco-russe dans le secteur de l’énergie, compte tenu de l’intérêt d’Athènes pour le gazoduc que la Russie compte construire via la Turquie jusqu’à la frontière grecque pour livrer du gaz aux Européens.

Le nouveau gouvernement grec, élu le 25 janvier, ne cache pas ses sympathies pro-russes, suscitant des interrogations sur une possible réorientation stratégique de la diplomatie du pays membre de l’UE depuis 1981.

http://www.romandie.com/news/La-Russie-prete-a-examiner-une-demande-daide-financiere-de-la-Grece/564738.rom

Bon article de Jacques Sapir :

http://russeurope.hypotheses.org/3428

[align=center]Manifestation le dimanche 15 février à 15h00 Trajet : Place de la République → le Palais Royal :[/align]

http://paris.demosphere.eu/rv/37901

Appel « un souffle de dignité »
« Les élections sont passées et elles ont abouti à un gouvernement qui veut défendre nos besoins contre les intérêts de l’oligarchie en Europe. Ils essaient de nous faire du chantage et de nous intimider.
Nous ne laisserons pas passer ! Nous reprenons le flambeau et relevons. Le moment est venu pour que le(s) peuple(s) prenne(nt) en main la cause du renversement. Il faut relever la tête et envoyer un message fort contre l’austérité et les Mémorandums, pour la démocratie et un avenir meilleur. Ne cédons pas au chantage de la Troïka et de ses soutiens en Grèce, les oligarques et les patrons des médias.
Le moment est venu pour eux d’avoir peur et de faire entendre notre voix puissante. Nous choisissons la dignité et demandons pour nous et pour le(s) peuple(s) de toute l’Europe un grand souffle de changement.
Nous appelons les peuples européens de montrer concrètement leur soutien à la lutte du peuple grec et du gouvernement grec pour une Europe de la démocratie et de la solidarité.
Nous vaincrons ! »


Kάλεσμα «Ανάσα αξιοπρέπειας»
“Οι εκλογές τελείωσαν και προέκυψε μία κυβέρνηση που θέλει να εκπροσωπήσει τις ανάγκες μας κόντρα στα συμφέροντα της ολιγαρχίας στην Ευρώπη. Προσπαθούν να μας εκβιάσουν και να μας φοβίζουν. Να μην τους κάνουμε τη χάρη! Να πάρουμε την σκυτάλη και να σηκώσουμε το γάντι! Ήρθε η ώρα να πάρει και ο λαός την υπόθεση της ανατροπής στις πλάτες του. Να υψώσουμε το ανάστημά μας και να στείλουμε ένα παλλαϊκό μήνυμα ενάντια στη λιτότητα και τα μνημόνια, υπέρ της δημοκρατίας και της προκοπής. Να μη μασήσουμε στους εκβιασμούς της ΤΡΟΙΚΑ και των υποστηρικτών τους στην Ελλάδα, ολιγαρχία, καναλάρχες. Ήρθε η ώρα να φοβηθούν αυτοί και να ακούσουν δυνατά τη φωνή μας. Επιλέγουμε την αξιοπρέπεια και ζητάμε για εμάς και τους λαούς όλης της Ευρώπης μια μεγάλη ανάσα αλλαγής. Καλούμε όλους τους λαούς της Ευρώπης να δείξουν έμπρακτα την υποστήριξή τους στον αγώνα του ελληνικού λαού και της ελληνικής κυβέρνησης για μια Ευρώπη της δημοκρατίας και της αλληλεγγύης. Θα νικήσουμε!”

Source : Grande manifestation à Paris pour le 11 février | Solidarité France - Grèce

J’ignorais qu’une manifestation avait déjà eu lieu à Paris le 11 février pour soutenir les grecs et la démocratie face à l’UE.

Lundi 16 février 2015 :

L’Eurogroupe s’achève par un « clash » avec Athènes.

On s’attendait à un nouvel Eurogroupe interminable après celui de mercredi 11 février, qui s’était terminé par un fiasco, après tout de même sept heures de négociations… Lundi 16 février, ce nouveau rendez-vous, prétendument « de la dernière chance », entre ministres des finances de la zone euro pour résoudre le problème de la renégociation de la dette grecque avec le gouvernement Tsipras, de la gauche radicale, n’a duré que quatre heures, et s’est achevé par un « clash ».

Mardi 17 février 2015 :

Grèce : Tsipras annonce le vote par le Parlement de mesures sociales dès vendredi.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé mardi le vote par le Parlement de mesures sociales en faveur des Grecs dès vendredi, date-butoir donnée par l’Eurogroupe à Athènes pour demander une extension de son programme d’aide.

« Ces mesures vont conforter les salariés, les chômeurs, les petites et moyennes entreprise et vont relancer l’économie », a expliqué M. Tspiras.

Figure parmi elles l’étalement en cent mensualités des remboursements de prêts bancaires pour les personnes les plus défavorisées.

Les mesures sociales voulues par le gouvernement vont à l’encontre des préconisations du programme d’aide.

« La Grèce n’accepte pas les conditions et les ultimatums, elle dit non », a lancé M. Tsipras, devant les parlementaires de son parti de gauche radicale Syriza.

Il a également accusé le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble d’avoir perdu son sang-froid et de s’être adressé de manière humiliante à la Grèce lors des discussions entourant l’Eurogroupe de lundi à Bruxelles.

http://www.romandie.com/news/Grece--Tsipras-annonce-le-vote-par-le-Parlement-de-mesures-sociales-des-vendredi/566770.rom

Jeudi 19 février 2015 :

Aide à la Grèce : Berlin rejette la demande d’Athènes. « Ce n’est pas une solution substantielle. »

Le ministère des Finances allemand a rejeté jeudi la demande déposée par la Grèce d’extension de l’aide de ses partenaires européens, estimant qu’elle ne représentait pas une solution substantielle et ne répondait pas aux critères fixés par la zone euro.

« La lettre en provenance d’Athènes n’est pas une proposition substantielle de solution », a commenté Martin Jäger, porte-parole de Wolfgang Schäuble, ministre des Finances, dans un bref communiqué.

« En vérité, elle vise à obtenir un financement-relais, sans remplir les exigences du programme. Le courrier ne remplit pas les critères définis lundi par l’eurogroupe », a-t-il poursuivi.

Athènes s’est adressé aux ministres des Finances de la zone euro jeudi pour obtenir un prolongement de six mois du soutien financier de ses partenaires, et en prenant un certain nombre d’engagements.

Le gouvernement grec refuse toutefois de se plier au memorandum qui est associé au programme d’aide, et prescrit au pays de rigoureuses mesures d’austérité.

Dès mercredi, Berlin avait jugé qu’aides et réformes étaient indissociables, et insisté sur cinq conditions que devrait remplir la demande grecque pour satisfaire la zone euro.

Parmi elles figurent l’engagement à ne pas détricoter les réformes déjà engagées, à ne pas mettre sur les rails de nouvelles qui pèseraient sur les finances publiques grecques, ou encore un engagement d’Athènes à rembourser tous ses créanciers. Les pays de l’union monétaire se sont entendus sur ces conditions lundi à Bruxelles.

http://www.romandie.com/news/Aide-a-la-Grece-Berlin-rejette-la-demande-dAthenes-pas-une-solution-substantielle_RP/567535.rom

Chiffres Eurostat publiés le jeudi 22 janvier 2015 :

Dette publique de la Grèce : 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.
En clair : la Grèce est en faillite.
Or que lisons-nous aujourd’hui ?

« L’autre élément important, c’est que la BCE, puisqu’un accord a été trouvé, va pouvoir réintroduire la dérogation qui permettait aux banques grecques de se refinancer normalement à son guichet en utilisant les dettes d’Etat comme collatéraux, autrement dit comme garantie. Ceci permettra, in fine, à l’Etat de financer une partie de ses besoins par l’émission de bons à court terme. »

Dans les quatre mois qui viennent, voici ce qui va se passer :
1- La Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.
2- La Grèce va quand même continuer à émettre des obligations d’État.
3- Les banques grecques vont quand même acheter ces obligations d’État.
4- Ensuite, les banques grecques vont refourguer ces obligations d’État à la BCE comme collatéraux.
5- La BCE va quand même accepter ces obligations pourries, et elle va quand même continuer à prêter des milliards d’euros aux banques grecques.
6- La Grèce va continuer à se surendetter. De toute façon, elle ne remboursera pas sa dette.
7- En Grèce, les européistes vont continuer à empiler des caisses de dynamite par-dessus les caisses de dynamite déjà existantes.

Encore quatre mois à empiler des caisses de dynamite supplémentaires.

Encore quatre mois de fuite en avant.

2008 : dette publique de la Grèce : 263,284 milliards d’euros, soit 112,9 % du PIB.

En 2008, les autres nations européennes auraient dû accepter de subir des pertes. Elles auraient dû accepter que la Grèce fasse défaut sur la totalité de sa dette publique. Mais, malheureusement, elles n’ont pas voulu subir des pertes.

En 2008, l’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

2009 : dette publique : 129,7 % du PIB.

L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

2010 : dette publique : 148,3 % du PIB.

L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

2011 : dette publique : 170,3 % du PIB.

En début d’année 2012, la Grèce a fait défaut : 115 milliards d’euros de dettes ont été effacés.

2012 : dette publique : 157,2 % du PIB.

L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

2013 : dette publique : 175,1% du PIB.

L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

Troisième trimestre 2014 : dette publique de 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.

L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

Dans le Quart Livre, chapitre VIII, Rabelais écrit :

Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file. Le premier à sauter derrière son compagnon était dans la foule. Il n’était pas possible de les en empêcher. Vous savez en effet que c’est le naturel du mouton, de toujours suivre le premier, où qu’il aille. De plus Aristote dit au livre IX de l’Histoire des Animaux que c’est le plus sot et le plus inepte animal du monde. Le marchand, tout effrayé de voir devant ses yeux périr et se noyer ses moutons, s’efforçait de les en empêcher et de les retenir de toutes ses forces. Mais c’était en vain. Ils sautaient tous à la suite dans la mer, et y périssaient.

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Quart_Livre

L’histoire de la zone euro se terminera de la même façon :

« Ils sautaient tous à la suite dans la mer, et y périssaient. »

Manolis Glezos, député européen membre de SYRIZA : « Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion. »

Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu’ « entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ».

Manolis Glezos écrit :

Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.
L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.
Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.
Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.
Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.
Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.
Dommage et encore dommage.
Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.
Mais, avant que le mal ne progresse.
Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.
Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.
D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.
Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis.

Manolis Glezos, Bruxelles, le 22 février 2015

http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion

Mercredi 25 février 2015 :

Grèce : après l’accord, les questions qui fâchent.

Quelle forme prendra le « nouveau contrat » que la Grèce veut conclure avec ses partenaires d’ici fin juin ? Le journal allemand Rheinische Post faisait circuler mercredi un chiffre pour un éventuel troisième programme d’aide, 20 milliards d’euros, sur la foi de sources proches de la coalition au pouvoir à Berlin.
Ce serait pour Athènes un sérieux revers que de devoir se soumettre à nouveau à un programme assorti de conditions draconiennes et alors que les précédents (en 2010 puis en 2012) ont transformé le pays en « colonie de la dette » et volé leur « dignité » aux Grecs, selon les dires du bouillant ministre des Finances Yanis Varoufakis.
La Grèce préférerait une ligne de crédit, mais « il est plus probable qu’on aille sur un nouveau programme qu’une ligne de crédit », confiait mardi un haut responsable européen.

Dette publique de la Grèce : 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.

Si le troisième programme d’aide est mis en place en juillet, la dette publique de la Grèce augmentera de 20 milliards d’euros.

La dette atteindrait environ 335 milliards d’euros, soit environ 187 % du PIB.

De toute façon, la Grèce est en faillite, alors un peu plus ou un peu moins …

Dans l’Union Européenne, les élections en France, les élections en Espagne, les élections en Grèce, etc, ça ne sert plus à rien.

Dans l’Union Européenne, les élections ne servent plus à rien, puisque les nations sont prisonnières des traités européens.

Les élections ne servent plus à rien, puisqu’il n’y a pas d’autre politique possible.

TINA !

There Is No Alternative !

(TINA, c’était le surnom de Margaret Thatcher.)

La construction européenne est anti-sociale.

La construction européenne est anti-populaire.

La construction européenne est anti-démocratique.

Elle doit être détruite.

Mercredi 4 mars 2015 :

Grèce : Tsipras devra expliquer qu’il ne pourra pas tenir toutes ses promesses.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, estime que le Premier ministre grec va devoir expliquer que certaines de ses promesses électorales ne seront pas tenues, les élections ne changeant pas les traités, dans un entretien mercredi au journal El Pais.

Alexis Tsipras a fait un pas fondamental: il a commencé à assumer ses responsabilités. Mais il a un problème: il doit encore expliquer que certaines des promesses avec lesquelles il a remporté les élections ne seront pas tenues, déclare-t-il. Les élections ne changent pas les traités.

Il a posé les bonnes questions, poursuit M. Juncker. Mais n’a jamais donné de réponses. Or, concernant la Grèce et son programme, il y a 19 opinions publiques qui comptent, dans la zone euro. Les élections ne changent pas les traités: il est clair que l’on peut envisager la crise grecque d’une autre manière. On peut faire preuve de davantage de flexibilité, mais la victoire de Tsipras n’ouvre pas le droit à tout changer.

Evoquant le parti grec Syriza, mais aussi son allié espagnol Podemos, M. Juncker estime que ce type de nouveau parti analyse souvent la situation de manière réaliste en soulignant avec précision les énormes défis sociaux. Mais s’ils emportent les élections ils sont incapables de tenir leurs promesses, de transformer leurs programmes en réalité. Les propositions de ces partis ne sont pas compatibles avec les règles européennes: elles conduiraient à une situation de blocage total.

http://www.romandie.com/news/Grece-Tsipras-devra-expliquer-quil-ne-pourra-pas-tenir-toutes-ses-promesses/571625.rom

Mardi 10 mars 2015 :

Manolis Glezos : ce que l’Allemagne n’est pas arrivée à faire par les armes, elle l’a réussi par l’euro.

Dans un entretien accordé au journal chypriote « SIMERINI », Manolis Glezos critique le modèle de l’Europe « allemande » :

« Cela semble différent, mais l’est-ce vraiment ? Ce que l’Allemagne n’est pas arrivée à faire à l’époque par les armes, c’est-à-dire créer une Europe allemande, elle arrive à le faire de nos jours avec la puissance économique et l’aide des USA et des autres vainqueurs de la 2e guerre mondiale - soviétiques exclus, bien entendu, cela va de soi. La guerre froide a donné aux USA et à leur création, l’OTAN, la possibilité d’imposer leur volonté à l’Europe. Et le fruit de cette volonté, c’est l’Allemagne actuelle. »

Parlant des réparations de guerre, le cadre historique de la Gauche Manolis Glezos estime que le Parlement européen et les rapports de force n’y sont pas favorables afin que des initiatives se soldent par une réussite. Il pense, néanmoins, que l’Allemagne sera de fait amenée à discuter avec la Grèce à ce sujet :

« Le gouvernement allemand, ‘mal élevé’ jusqu’à présent à cause des autres européens qui cèdent constamment, ne pourra pas refuser ad vitam aeternam de discuter de la chose avec la Grèce. D’ailleurs, M. Prokopis Pavlopoulos, le nouveau Président de la République grecque, maîtrise parfaitement, en tant que juriste également, la question des dettes de l’Allemagne envers notre pays. En définitive, il apparaîtra à quel point les arguments des Allemands manquent de fondement, s’ils osent procéder à la signature d’un traité de paix avec la Grèce, au lieu de se contenter du régime peu clair de la « situation non-en-guerre » qui est actuellement en vigueur. Alors, ils seront contraints de payer. »

Le député européen, qui a réuni un très grand nombre de voix aux élections européennes et qui s’est exprimé contre les dirigeants du parti en critiquant fortement l’accord à l’Eurogroupe du 20 février dernier, parle des difficultés auxquelles le gouvernement est confronté, en soulignant que la question de la souveraineté du Peuple et du respect de la Constitution est d’une importance cruciale :

« Les promesses préélectorales et les déclarations concernant le programme du gouvernement ne peuvent être réalisées que si le pouvoir passe entre les mains du peuple. Syriza a promis la souveraineté populaire qui, pour la Constitution actuellement en vigueur, est le fondement du régime politique, bien que tous les gouvernements au pouvoir à ce jour l’ont ignorée et méprisée. Le peuple attend, avant toute chose, du gouvernement qu’il a élu, d’appliquer la Constitution. »

http://www.okeanews.fr/20150310-manolis-glezos-ce-que-lallemagne-nest-pas-arrivee-faire-par-les-armes-elle-la-reussi-par-leuro

Au titre des réparations de la Seconde guerre mondiale, l’Allemagne doit 162 milliards d’euros à la Grèce.

Aujourd’hui, le ministre grec de la Justice menace de saisir les avoirs allemands.

Mercredi 11 mars 2015 :

Grèce : le ministre de la Justice menace la saisie des avoirs allemands.

Le ministre grec de la Justice Nikos Paraskevopoulos a menacé mercredi de donner son feu vert pour l’application d’une décision de la Cour suprême grecque remontant à 2000 et restée depuis lettre morte, sur la saisie des avoirs allemands en compensation des dédommagements de la guerre par les nazis.

« A titre personnel, je crois que l’autorisation d’appliquer cette décision devrait être donnée et je suis prêt à la donner », a dit le ministre au cours d’un débat au Parlement dans la nuit de mardi à mercredi sur la réactivation d’une commission parlementaire sur les crimes de la Seconde guerre mondiale commis en Grèce par les nazis.

« La revendication des réparations de guerre est un sujet national et la reconstitution de la commission parlementaire vise à sensibiliser l’opinion publique européenne et à renforcer l’argumentation grecque sur ce sujet », a indiqué la députée Syriza et présidente de la Vouli Zoé Konstantopoulou.

En 2012, une commission parlementaire a été créée sur ce sujet mais ses travaux ont été arrêtées en décembre 2014, lors de l’annonce des élections anticipées. Un rapport de la Comptabilité nationale grecque à l’époque avait évalué le montant des réparations à 162 milliards d’euros.

Ce total correspondrait aux réparations des infrastructures détruites (108 milliards euros en valeur actuelle, un chiffre basé sur les conclusions de la Conférence internationale de Paris en 1946) et au remboursement d’un emprunt forcé (54 milliards d’euros) contracté par la Grèce auprès du régime nazi entre 1942 et 1944.

http://www.romandie.com/news/Grece-le-ministre-de-la-Justice-menace-la-saisie-des-avoirs-allemands_RP/573868.rom

Avant même son émergence sur la scène politique, la victoire de Syriza était annoncée comme inéluctable, tellement était fort le rejet de toutes les forces traditionnelles grecques – le Parti socialiste « ΠΑΣΟΚ » en tête- qui avaient installé la Troïka et permis ses plans drastiques contre toute la société grecque. La santé, l’éducation, les salaires, le travail, les retraites, rien n’avait échappé à l’avidité du FMI, de la BCE et de la commission européenne qui sous couvert de la crise avaient décidé de saigner le peuple grec. « Kato i Troïka » ! Tel est le terreau, la base, le socle sur lequel Alexis Tsipras et Syriza ont pu bâtir leur victoire. [align=center]Un mois après, où en sommes nous ?[/align]

Lire la suite là : http://la-sociale.viabloga.com/news/kato-i-troika

La nouvelle tour de la BCE a coûté 1,3 milliard d’euros.

Mercredi 18 mars 2015 :

A Francfort, la BCE claquemurée face à une foule d’activistes.

La BCE, qui travaille déjà dans ses nouveaux locaux depuis fin novembre, avait à l’origine prévu de faire les choses en grand pour fêter l’inauguration de la nouvelle tour. Histoire de marquer le coup, alors que la construction du bâtiment a mis huit ans et coûté 1,3 milliard d’euros, pour permettre à l’institution la plus puissante de la zone euro d’opérer dans ses propres locaux.

Mais les gardiens de l’euro ont dû revoir leur plan face à la détermination des manifestants à tout faire pour vouloir gâcher la fête. Résultat, une cérémonie réduite au strict minimum sera tenue en présence de Mario Draghi, le président de la BCE, l’ensemble des gouverneurs de banques centrales de l’Union Européenne, faisant office de représentants de leurs nations, également l’ancien président de la BCE, Jean-Claude Trichet, le maire de Francfort et le ministre de l’économie du Land de Hesse.

Seule une poignée de journalistes a été invitée à se joindre au pince-fesses : des grandes agences de presse et une équipe de la télévision locale. La plupart des autres journalistes doivent ainsi rester dehors.

Chaque siècle a sa forteresse.

Chaque siècle a sa Bastille.

Le XVIIIe siècle a eu la forteresse de la Bastille, à Paris. Le 14 juillet 1789, la foule en colère a pris d’assaut la forteresse de la Bastille. Elle l’a détruite. Aujourd’hui, il n’en reste rien.

Le XXIe siècle aura la tour de la BCE, à Francfort. La foule en colère prendra d’assaut la tour de la BCE. Elle la détruira. Il n’en restera rien.

En direct devant la tour de la BCE :

La BCE vient de prêter 97,8 milliards d’euros aux banques privées européennes. Taux d’intérêt : 0,05 % !

En clair : les banques privées empruntent 97,8 milliards d’euros à 0,05 %, et ensuite elles prêtent de l’argent aux ménages en leur faisant payer un intérêt de 2,8 % !

Pour les banques privées, l’argent est gratuit !

Lisez bien la dernière phrase de l’article : « Aucune autre sanction n’est toutefois prévue, pas plus qu’un contrôle de l’usage réel de ces fonds. »

Conclusion : les banques privées empruntent de l’argent à 0 %, et ensuite elles font ce qu’elles veulent avec cet argent !

Le système actuel est un système de banquiers, fait par les banquiers, pour les banquiers, et destiné à enrichir les banquiers.

Quant aux classes populaires et aux classes moyennes, elles continuent à s’appauvrir.

Les banquiers, à la guillotine.

Jeudi 19 mars 2015 :

Gros appétit des banques européennes pour un nouveau prêt géant de la BCE.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi avoir alloué 97,8 milliards d’euros à 143 banques européennes, beaucoup plus qu’attendu, dans le cadre de son troisième prêt de long terme (TLTRO).

Les prêts TLTRO sont très bon marché : leur taux, initialement fixé à 0,15%, a été ramené en janvier à 0,05% pour accroitre leur attractivité. Ce qui revient à dire que les banques peuvent désormais s’endetter quasiment gratuitement via ce mécanisme.

http://www.romandie.com/news/Gros-appetit-des-banques-europeennes-pour-un-nouveau-pret-geant-de-la-BCE_RP/576499.rom

Chiffres définitifs du ministère de l’Intérieur :

1- UMP + Union de la Droite + UDI + Modem + Union du Centre = 29,4 %

2- Front National + Extrême-droite = 25,31 %

3- Parti Socialiste + Union de la Gauche + Parti Radical de Gauche = 21,78 %

4- Front de Gauche + Parti de Gauche + Parti Communiste = 6,1 %

5- Europe Ecologie Les Verts = 2,03 %

6- Extrême-gauche = 0,07 %

7- Divers droite = 6,81 %

8- Divers gauche = 6,79 %

2014 :
Elections européennes de mai 2014 :
Front National : 4 712 461 voix, soit 24,86 %.

2015 :
Elections départementales du 22 mars 2015 :
Front National : 5 142 177 voix, soit 25,24 %.

En France, la situation est en train de dégénérer.

Ce n’est même plus de la droitisation.

C’est de l’extrême-droitisation.