Upside down
Guillaume et Fanfan nous ont écrit tous deux que ce qui importe n’est pas tant d’écrire une constitution, mais d’apprendre à communiquer entre nous ; Guillaume a déploré qu’on ne rigole pas assez ici.
Ce forum a pourtant un titre et un sous-titre bien particuliers. Qui les a attirés quand même.
Moi qui considère que la constitution est, s’il en est, le bon bout de nos plus grands problèmes (je parle des affaires publiques, pas de ma psy ou de mes problèmes de communication, car j’en ai pas mal – merci Guillaume, au fait, je ne savais pas) je n’ai pas envie de répondre à cela. C’est complètement à rebrousse poil de la démarche de ce forum (je m’en tiens au titre et à mes échanges avec Étienne).
Fanfan enfonce une porte ouverte et vient heurter un mur : attention, même sans le vouloir, nos propos risquent toujours de blesser celui qui les reçoit. Ah bon, on ne savait pas. Nous voilà bien avancés.
Guillaume ou Fanfan nous disent qu’on va refaire le monde (ce qui est à peu près l’objectif de ce forum) en apprenant à communier entre gens qui veulent avant tout ne blesser personne. C’est beau la foi… d’un démocrate qui croit que la politique peut se passer de conflits, et même que le conflit c’est le problème. Lisez donc Alain (pas le philosophe, le nôtre…)
Dans ma famille, dans mon cercle de potes, on n’a pas besoin d’une constitution, mais on a un grand besoin de veiller à la communication, même si on a certaine habitude à ne pas cacher les conflits sous la nappe. Si vous voulez, on s’organise une soirée pyjama un de ces quatre. Qui sait, on peut rêver, on pondra un article de constitution en philosophant sur les merveilles de la communion fraternelle… vous me pardonnerez si j’amène quelques litrons de rouge pour accroître les sensations…
Nos deux confrères nous suggèrent implicitement… de changer le titre et l’objet du forum. Quant à son administrateur, instigateur, je veux parler du type qui fédère ici par ses écrits (qui lui appartiennent et sont postés essentiellement hors du forum)… Guillaume, je crois, a plusieurs fois posé la question vertement "comment instrumentaliser (intelligemment) l’ « aura » d’Étienne… Il venait de débarquer ici. Un mois plus tard, à peine, il écrivait sur Agoravox qu’Étienne « se la joue ». Encore de charmantes projections de complexes personnels. Bravo.
Guillaume a décrété qu’il est « barré », et qu’un certain « noyau dur » (terme de Fanfan) écrit ici des choses trop complexes. On croirait qu’il se dévalorise, mais il semblerait qu’il demande en fait à chacun de se mettre à son niveau, qu’il a fixé lui-même : bas, pas sérieux, et « barré ». Plus on est de fous…
Je lui dit qu’il y a des moyens plus constructifs d’utiliser ses complexes d’infériorité, il m’accuse de lui conseiller un psy, et de m’enquérir sur sa marque de chichon… Arrêtez de vous coller des baffes en public, alors, ça nous arrangera tout comme vous.
Ce forum est complètement libre, et que je parle deux fois plus n’enlève de parole à personne, d’autorité à personne, de droit de critiquer à personne. Mais non, on fait des stats sur les grandes gueules, qui sont aussi ceux qui passent le gros de leurs temps libres à lire, cogiter, échanger, … au lieu d’infléchir les stats en la ramenant soi-même. Enfin, après, ça dépend du contenu : pour mémo, je plafonne (…) à 2.18 messages / jour ; Guillaume nous fait un très honorable 1.83. Ce qui doit le placer dans le 5 majeur… Je présume qu’il se situe dans les monopolisateurs de micro, ici. Enfin, je veux dire sur ce forum qu’il a quitté, paraît-il. Pardonnez-moi, mais quand je mens ou je triche, car personne ne croira que cela ne m’arrive que très rarement, je le fais avec plus de discrétion.
Ce forum est complètement libre, à ceci près qu’il a un titre, un objet, mais nous y voyons les mêmes gens qui s’intéressent peu à débattre de la question posée, vouloir changer ladite question, proposer de l’organiser et déplorer en même temps qu’ils sont les petites gens dans un système dirigé d’en haut…
Et quelle production ce mois-ci : des centaines d’heures de psychologisation, de pseudo anthropologie de la société primitive ; à peu près aucune proposition sur le fond du débat.
Étienne a insisté sur le fait qu’il a hésité longtemps à monter un forum, et qu’en étant trop nombreux, on risque de ne pas y arriver, que « gérer » un projet pareil est trop dur pour une seule personne ; qu’on ne fait pas LA constitution, mais une constitution, et qu’il en faudrait plusieurs, pour choisir (la moins pire).
Et voilà des jours et des jours que cette idée de sommet - base ou inverse, piochée par Guillaume sur un autre site… fait ici un tabac (si ce n’est pas symptomatique de la panne d’inspiration sur le débat de fond, je suis chauve).
C’était sur une page consacrée à la démocratie directe, où Étienne a écrit au sujet de sa démarche et s’est vu répondre surtout sur ses écrits du printemps dernier, sauf pour dire qu’il entendait faire « sa constitution » (non, Guillaume, « seul dans votre cuisine » vous n’avez jamais écrit de constitution, je parie mon salaire de l’an prochain, arrêtons ce cinoche). Une page où Guillaume a librement critiqué ce forum sur ce plan, tout en « respectant » le travail de ces gens désintéressés, s’abstenant de dire qu’il en était membre avant de mentir en disant qu’il n’en était plus parce que.
Guillaume a dit là bas (sur Agoravox) « la constitution c’est du sommet vers la base », et puis c’est devenu ici un jugement proposé pour ce projet… Hop, ni vu ni connu, l’amalgame énorme, qui partait déjà d’un jugement extrêmement caricatural, pour ne pas dire faux. Mais mon cher Guillaume, vous qui cherchez à susciter plus d’autorité, faites un peu attention à l’emploi des parallèles grossiers. Ici, je pense que comme les dogmes et grilles figées en tout genre, il est de bon ton d’éviter de les manier compulsivement.
Nous avons ici des gens qui réfléchissent spontanément, librement, sur des propositions pour les règles du pouvoir, un Étienne qui dit « tout homme au pouvoir est dangereux, moi y compris »… et des gens qui passent la moitié de leur temps à dire « moi le petit rien du tout » et en sont à décréter eux mêmes qu’ici c’est base - sommet. C’est très fort, cette manière de cadrer les choses. Pardon si je n’obéis pas à cette attitude d’autodénigrement.)
Des gens que de temps à autres, on serait ravi d’entendre proposer des réponses aux questions impliquées par le sujet de ce forum. Mais comme cela ne les intéresse manifestement pas beaucoup (qu’ils soient ou non capables de s’y coller ou capables de se dire : « moi aussi je suis capable ») ils risquent de déplorer longtemps qu’un trop petit noyau dur s’acharne ici à débattre au sujet des institutions… et qu’ils n’en sont pas, et que marre des chefs.
Je suis désolé : la plus grande gueule de ce forum s’est offert un nouveau message. Et pour ne brosser personne dans le sens du poil. Que des gens se disent « ce type n’a aucune capacité de remise en question », je ne vais pas lutter contre, ce serait vain, et pour me faire une idée, j’ai assez de proches sur qui compter. Quant à mon orgueil, je me connais aussi très bien.
Je suis écoeuré de voir à quel point on peut sortir plein de mamours épistolaires sans même voir qu’on cogne sur des gens qui bossent de manière désintéressée, au point de consacrer le gros de leurs temps libres. Et qu’on suggère purement et simplement, en rejoignant un projet, de changer l’objectif pourtant affiché. Comme vous dites, Guillaume : « vous vous prenez pour qui ? » Au sérieux, je n’en doute pas. Il y a des manières bien diverses de se prendre au sérieux, faut croire.
Sachez que pour ma part, grande gueule provisoire de ce forum est un statut qui ne m’est d’aucune utilité, et ne me procure pas le moindre orgueil.
Je m’applique à proposer ici des réponses à la question. Chacun peut juger sur pièces, je ne fais que prétendre que je fais pour le mieux.
Tu ne demandes rien, et on te reproche une autorité qu’on te reconnaît librement (puisque ça ne s’impose pas)… je ne vois pas pourquoi on te reprocherait une autorité qu’on ne te reconnaît pas (je déduis…) ??
Je suis un vulgaire Lambda, jeune qui plus est, mais je consacre énormément de temps à notre sujet, dans les 25 heures par semaines depuis deux ans au moins. Tout simplement parce que j’y attache une très grande importance, parce que je me retrouve dans cette démarche libre, et que je crois pouvoir assumer ce boulot bénévole sans en vouloir aux autres.
Et je n’ai jamais suggéré à quiconque de se lancer dans un sacerdoce quel qu’il soit.
Les Mère Théresa et autres missionnaires qui ont fait plus de dégâts qu’ils n’ont aidé, sans jamais le savoir, on en a assez vu. Alors les déluges de mamours et de belles intentions, ça va, on juge sur pièces, librement.
Je parle souvent cru, je suis nul (avare) pour les compliments, mais je sais assez comment mon entourage me juge, dans la durée. Au moins je revendique certaine intégrité. Fanfan, après de belles tirades publiques sur le savoir faire risette, et à qui j’avais envoyé un email, m’a répondu, sous le sobriquet de « regard franc » : « renvoyé sans lire - la communication est brouillée, je suis dans le triangle des Bermudes - oublie mon email » (si vous repassez, ma chère Françoise, sachez que c’est votre réponse qui m’a donné votre email… et franchement, pareil mépris et autant d’intégrité ne valaient même pas un bon vieux silence radio.)
J’ai un bon conseil à donner aux aimables distributeurs de mamours à clous, de doux crachats dans la soupe, aux amateurs d’auto flagellation projective… songez deux minutes à la femme d’Étienne et à ses gosses, quand vous aurez à critiquer la démarche, l’objectif, la soi-disant « gestion » « up - down » ou je ne sais quoi, et autres formes de ce projet.
Ah, servitude volontaire quand tu nous tiens… On se demande qui déteste le plus les chefs : les bouffeurs de liberté qui n’attendent pas qu’on les guide et qui se méfient des chefs tout court, ou les gens qui attendent l’avis de celui qui finira bien par être chef autoproclamé ou même désigné par les autres, ne serait-ce que pour avoir quelque chose à contredire.
Voilà, des grilles ont poussé, des gens les ont érigées spontanément, librement, dans un projet tout ce qu’il y a de libre… où tout le monde a les mêmes droits, et subit les mêmes contraintes (quelques broutilles techniques), et où personne n’a ni privilège ni pouvoir établi.
Peut-être est-ce le privilège insouciant de ceux qui causent le plus, qui profitent de leur liberté pour la cultiver, de ne pas s’être inquiété plus tôt, spontanément, du fait que des muets volontaires, des petits autoproclamés, leur reprocheraient bientôt de les faire taire, de les dominer…
… allez, au boulot… 