[bgcolor=#CCFFFF] Pratique du vote blanc. [/bgcolor]
suggestion d’application
Arrivant très tardivement après d'intéressants échanges,
j'entre immédiatement dans le vif du sujet en bousculant l'ordre naturel
J'utilise la forme affirmative, c'est plus concis, plus clair.
Cette forme n'a, ici, pas la prétention de faire de leçon.
Je laisse au lecteur le soin de convertir "j'affirme" en "à mon humble avis"
pour maintenir à ce texte son statut d'élément du débat.
Et attends critiques, avis, développements.
=========
Veuillez pardonner la longueur, je n'ai su faire plus court pour essayer d'être clair et assez complet, merci.
--
Une réponse à yvanbachaud (message 2593)?
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Sommaire: [/color][/b][/u][/font][/size]
[size=10][b]- Règle (suggérée ici)
- Application, cas 1: 3 sièges, 5 candidats, majorité relative
- Base de raisonnement, la force de 'blanc'
- Justifications
- Transposition de la règle au seuil d'élection
- Caractéristiques du mode d'élection
- Application, cas 2: 1 siège, 2 candidats, majorité relative
- Application, cas 3: OUI/NON, majorité relative
- Note relative au scrutin "au plus de voix"
- règles présupposées[/b]
- Extrait de « Le vote blanc : le nombre et le sens »[/size]
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Note relative aux exemples:
Les totaux de voix sont de 100 voix = 100% du total
total = total des voix acceptées.
score = nombre de voix d'un candidat ou poucentage relatif au total.
On lira les scores, au choix, en pourcentage ou en nombre de voix.
Règle
Un candidat est élu à la majorité relative si son score, multiplié par le nombre de sièges, est supérieur à la somme des autres scores.
Le principe est adapté pour toute autre majorité requise.
(voir Transposition de la règle au seuil d'élection)
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Application, cas 1: [/color][/b][/u][/font][/size]
- 3 sièges à pourvoir,
- 5 candidats : A, B, C, D et E; (X='blanc')
- majorité relative (50%) => seuil pour 3 sièges = 25 = (2/4 x 1/2 x 100)
hypothèse_0 : 8(A) 10(B) 5(C) 29(D) 21(E) 27(X) = 100(total)
élus: D
hypothèse_1 : 10(A) 15(B) 25(C) 18(D) 16(E) 16(X) = 100(total)
élus: personne
hypothèse_2 : 26(A) 6(B) 28(C) 30(D) 2(E) 8(X) = 100(total)
élus: A, C, D
hypothèse_3 : 10(A) 5(B) 5(C) 18(D) 2(E) 60(X) = 100(total)
élus: personne
hypothèse_4 : 3(A) 5(B) 4(C) 2(D) 26(E) 60(X) = 100(total)
élus: E.
hypothèse_5 : 3(A) 2(B) 14(C) 4(D) 2(E) 75(X) = 100(total)
élus: personne
hypothèse_6 : 25(A) 0(B) 0(C) 0(D) 0(E) 75(X) = 100(total)
élus: personne
hypothèse_7 : 20(A) 20(B) 20(C) 20(D) 20(E) 0(X) = 100(total)
élus: personne
hypothèse_8 : 40(A) 5(B) 10(C) 30(D) 15(E) 0(X) = 100(total)
élus: A, D.
hypothèse_9 : 0(A) 26(B) 12(C) 26(D) 26(E) 0(X) = 100(total)
élus: B, D, E.
[3, 4] ‹ blanc › empêche plus de une(1) élection (« consomme » 2 sièges) []
[5, 6] ‹ blanc › empêche toute élection (« consomme » les 3 sièges) []
- voir [4] dans « Caractéristiques du mode d’élection »
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Base de raisonnement[/color][/b][/u][/font][/size], la force de 'blanc'.
Une difficulté (de raisonnement) provient du basculement
d’un ensemble « infini » (réservoir des électeurs) avant le scrutin
à un ensemble fini (le total des votes) après clôture du scrutin.
Avant le scrutin chaque candidat s’applique à « ramasser » le plus de votes possibles.
Après la clôture, chaque candidat veut sa « part du gâteau » (ou du camembert :)).
De la « collecte » compétitive on passe au partage du « butin ».
Or, c’est là que ‹ blanc › exprime son pouvoir d’ « empêcheur de décider en rond ».
Lors de l’expoitation des résultats du scrutin,
toute voix qui n’est pas POUR un candidat est CONTRE ce candidat.
Les scores étant interprétés relativement au total,
cette évidence apparait si l’on observe que,
le score d’un candidat (et de ‹ blanc ›) réduit d’autant
les chances d’élection (= chances d’atteindre un score suffisant)
des autres candidats.
Autrement dit, du point de vue de chacun des candidats,
les votes « pour un autre candidat » ET les votes ‹ blanc ›
s’allient contre lui (même statut « pas pour lui » = CONTRE).
La force de ‹ blanc › provient de ces alliances circulaires et de
son « inéligibilité ».
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Justifications[/color][/b][/u][/font][/size]
Le « seuil_voix » proposé
- tient compte du caractère multiple du bulletin
(plusieurs sièges/options avec une seule voix par bulletin).
- interdit l’élection de plus d’élus que de sièges.
- est indépendant du nombre de candidats.
- s’applique à toute majorité requise au scrutin.
- permet à ‹ blanc › de s’exprimer pleinement, sans privilège.
- respecte le principe d’égalité (aucune voix favorisée ou handicapée).
- est neutre, permanent, simple, objectif, non manipulable.
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Transposition de la règle au seuil d'élection.[/color][/b][/u][/font][/size]
Je masque mon incapacité à l’énoncer simplement en m’abritant
derrière une formulation arithmétique :((
fraction_majorité = 1/2 (50%); 2/3 (66%); 3/5 (60%); etc. (selon majorité requise)
seuil_voix = score / total = fraction du total des voix à dépasser.
2
seuil_voix = -------------------------- x fraction_majorité
1 + nombre de sièges
seuils_voix (permanents) selon majorité et nombre de sièges.
| nombre de sièges |
fraction_majorité| 1 | 2 | 3 | 4 | 30 |
|.|.|||_______|
1/2 (50%) | 1/2 (50%) | 1/3 (33%) | 1/4 (25%) | 1/5 (20%) | 1/31 (3,22%) |
2/3 (66%) | 2/3 (66%) | 4/9 (44%) | 1/3 (33%) | 4/15 (26%) | 4/93 (4,3%) |
3/5 (60%) | 3/5 (60%) | 2/5 (40%) | 3/10 (30%) | 6/25 (24%) | 6/155 (3,87%) |
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Caractéristiques du mode d'élection [/color][/b][/u][/font][/size] - résumé -
(l'essentiel est commun aux modes "traditionnels")
- applicable quel que soit le nombre de sièges à pourvoir
le nombre d’élus possibles est compris entre 0 et le nombre de sièges à pourvoir
- appliquable à toute forme de majorité
(2/3 = ‹ absolue ›, 1/2 = ‹ relative ›, 3/5, etc)
- préserve l’égalité des voix
- le seuil d’élection est fixe et connu d’avance
(en fraction du total des voix).
- est indépendant du nombre de candidats [1, 2, 3]
- préserve la hiérarchie des scores (si besoin)
- le vote ‹ blanc › joue son rôle premier: appel d’alternative [4]
- reste simple, clair, juste, non manipulable, aisé (me semble-t-il)
Un tour peut appliquer une forme de majorité, les suivants une autre.
Les questions
- de la sélection (par niveau de score) des candidats admis au tour suivant
- du devenir des candidats/options rejetés
- des solutions alternatives
restent posées.
1 à la condition déjà citée: nombre de sièges <= nombre de candidats
2 Cette indépendance est intéressante aussi pour des scrutins de liste
pour lesquels elle permet d’offrir diverses combinaisons (bien sûr
fixées dans les règles du scrutin considéré)
Exemples:
a) panachage: Du point de vue du scrutin, chaque postulant concourt
« individuellement » (malgré son inscription sur une liste)
b) La liste est un bloc (c’est un ‹ candidat ›):
les scores relatifs des postulants en son au sein pourrait
primer sur l’ordre préétabli.
Une liste peut obtenir un nombre de sièges proportionnel à son score
relatif aux autres listes élues.
3 Elle permet d’accepter les candidats non déclarés (désignés
dans l’isoloir) si le scrutin l’autorise par ailleurs.
4 Accessoirement,
La valeur entière de (score / seuil)
dépassant (1) pour ‹ candidat › ou (0) pour ‹ blanc ›,
réduit mécaniquement le nombre de sièges attribuables aux « autres ».
ex: 60 / 25 = 2,25, soient 2 sièges « consommés » par ‹ blanc ›.
Les différentes parties fractionnaires s’allient pour le même effet.
Conclusions:
Ce mode me semble assez exigeant, l’est-il trop?
Le sens du vote ‹ blanc › est lié de façon évidente à l’objet du scrutin.
Pour un scrutin donné il n’existera que peu d’interprétations défendables.
Son « avis » devrait se manifester dans les suites à donner au scrutin s’il a
obtenu un score « perturbateur ». Encore devra-t-il l’obtenir …
Ceci n’impliquerait-il pas
- une place comme ‹ candidat › dans la campagne pré-électorale? mais qui?
(pour s’exprimer, argumenter, donner motifs et sens à ‹ blanc ›)
- la présence d’un bulletin spécial dans les bureaux électoraux ?
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Cas du scrutin: 1 siège, 2 candidats, [/color][/b][/u][/font][/size]
- majorité relative (50%) => seuil pour 1 siège = 50 = (2/2 x 1/2 x 100)
- voir en particuler hypothèses 4, 5, 6
- $$$ = résultat (différent) obtenu avec la règle
[30-03-2006 Jacques Roman Message n°375]
Hypothèse_1: 100 = 21(A) + 27(B) + 52(X)
A: POUR 21, CONTRE 79 = (27 + 52); non élu
B: POUR 27, CONTRE 73 = (21 + 52); non élu
‹ blanc › (à partir de 50) empêche toute élection
Hypothèse_2: 100 = 45(A) + 16(B) + 39(X)
A: POUR 45, CONTRE 55 = (16 + 39); non élu ($$$: élu)
B: POUR 16, CONTRE 84 = (45 + 39); non élu
Hypothèse_3: 100 = 55(A) + 16(B) + 29(X)
A: POUR 55, CONTRE 45 = (16 + 29); élu
B: POUR 16, CONTRE 84 = (55 + 29); non élu
Hypothèse_4: 100 = 42(A) + 42(B) + 16(X)
A: POUR 42, CONTRE 58 = (42 + 16); non élu ($$$: élu)
B: POUR 42, CONTRE 58 = (42 + 16); non élu ($$$: élu)
Oups! $$$ a un problème: 2 élus (et, ici, mêmes scores)
Hypothèse_5: 100 = 50(A) + 0(B) + 50(X)
‹ blanc › empêche toute élection, même avec 1 seul candidat.
A: POUR 50, CONTRE 50 = (0 + 50); non élu
B: POUR 0, CONTRE 100 = (50 + 50); non élu
Hypothèse_6: 100 = 55(A) + 45(B) + 0(X)
A: POUR 55, CONTRE 45 = (45 + 0); élu
B: POUR 45, CONTRE 55 = (55 + 0); non élu ($$$: élu)
même problème que Hypothèse_4
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Cas du choix 'oui'(A) / 'non'(B) / 'blanc'(X) [/color][/b][/u][/font][/size]
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Il suffit de remplacer 'candidat' par 'option', 'élu' par 'accepté'.
Je pose ici que ‹ oui › change l’état existant alors que ‹ non › le conserve.
(à vérifier selon la question posée)
Y a-t-il déséquilibre en faveur de ‹ non › ?
Pas vraiment car
- ‹ blanc ›, interprété par « A REVOIR »
- ‹ non ›, interprété par « PAS CELA »
sont bien dans le même sens.
Si déséquilibre il y a,
il prévient celui des effets de l’acceptation/rejet du changement:
- l’acceptation produit un changement irréversible.
- le rejet maintient la situation (status quo) et permet toute nouvelle initiative
(on peut dire « principe de précaution », « plan B », …)
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Note relative au scrutin "au plus de voix": [/color][/b][/u][/font][/size]
« Est élu celui (ceux) receuillant le plus de voix »
Dans ce type de scrutin le nombre de candidats réduit la force de ‹ blanc ›.
Maintes propositions ont déjà cherché à la préserver.
Toutes les solutions se heurtent à deux difficultés:
- l’égalité des votes
- le caractère artificiel (sinon arbitraire) du rôle attribué à ‹ blanc ›.
Ce type de scrutin n’est qu’un pis aller à réserver aux cas
où nul autre scrutin n’aurait réussi alors qu’il serait
impératif d’obtenir une décision.
(Un tel cas existe-t-il?).
Ce me semble caractéristique d’un rejet total …
Le changement (nature/quantité) des candidats/options me semble plus fécond.
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]règles présupposées [/color][/b][/u][/font][/size]
A) Un bulletin de vote désigne un(1) et un seul candidat/option (dont ‹ blanc ›).
B) Le nombre de sièges soumis au scrutin est inférieur ou égal au nombre de candidats
Ou encore: Il faut autant (ou plus) de candidats que de sièges
C) Est élu/acceptée le candidat/l’option dont le score dépasse le seuil
déterminé par la majorité applicable au scrutin (le x% + 1 voix).
D) Une majorité est toujours supérieure à la moitié des votes.
E) L’ordre de grandeur du nombre de voix est supérieur (de plus de 2)
à celui du nombre de sièges à pourvoir (2 => 1 siège représente 1/100 des voix)
[size=12][font=Courier][u][b][color=blue]Extrait de « Le vote blanc : le nombre et le sens »[/color][/b][/u][/font][/size]
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/Note_externe_de_veille_52_03.04.pdf
lien cité par Etienne (message 2547)
Dans un premier temps [...] les voix remportées par chaque candidat sont rapportées au nombre des votants, le taux de vote blanc et nul est calculé à l’aune du nombre des inscrits.
[...] dans un second temps ces mêmes bulletins sont, opportunément intégrés au nombre des votants afin de déterminer le taux de participation, et de minorer ainsi celui de l’abstention.
[...]
A titre d’exemple, recalculé,
le taux de vote blanc et nul enregistré lors du référendum du 24 septembre 2000,
déjà marqué par une abstention massive (69.2 %),
dépasserait les 16 % (contre 5 % selon le mode de calcul officiel)
et amoindrirait donc la victoire du «oui».
Plus encore, un tel mode de calcul aurait placé de manière presque systématique ce
même taux au-dessus des 4 % à l’occasion des cinq dernières élections législatives (jusqu’à 9.5 % au second tour de 1993), offrant ainsi au vote blanc des scores supérieurs à ceux de nombreux partis politiques.