2A2f Les votes blancs doivent être décomptés et suivis d'effet

Bonjourà tous,

J’ai parcouru ce sujet assez interessant et majeur à mon sens, et je constate qu’enfin le « vote blanc » interpelle de plus en plus de gens. Quand j’étais môme il m’était souvent donné d’entendre les gens dire se déplacer pour aller voter pour un candidat, et si ceux-là ne donnaient pas d’arguments convaincants il ne servait à rien de se déplacer pour ne rien mettre dans l’enveloppe. Pendant des années un système bien huilé s’est mis en place en mettant sur le bas-côté de la route un bon nombre de personnes qui étaient assez bien programmées pour ne pas aller voter dans le cas où un seul des candidats ne trouvait grâce à leurs yeux, ou souvent par manque d’éducation aux discours méandreux des hommes politiques.
« A quoi ça sert que t’ailles voter si c’est pour voter pour personne ?! » cette phrase je l’ai entendu bien des fois dans ma jeunesse, et je pense qu’il y a toute une génération qui s’est abstenue d’aller dans les urnes un peu à cause d’un tel conditionnement de pensée qui s’installe lentement avec le temps.
Bon nombre de mes potes on fait honneur à cette règle en n’allant pas démocratiquement dire leur mécontentement dans les urnes, et cela tend à créer d’insidieuses et inconscientes frustrations, de multiples sentiments d’injustices comme des abcès qui finissent par grandir et finalement pourrissent l’image des hommes politiques de manière générale (ils ont lancé un boomrang aussi, qu’ils ont vite oublié. Mais il revient toujours)
La démocratie est censée garantir à toute personne vivant dans l’ensemble la liberté de pouvoir exprimer un avis, et le vote est sa voix.
Or on peut constater que depuis que les gens se réapproprient leur liberté, conjointe avec une éducation de plus en plus technique et élevée, ils s’expriment avec l’outil qu’ils savent le plus démocratique et qui devrait les faire entendre dans cette « chose publique ». Mais cela n’arrange apparemment pas les petites habitudes clientélistes d’une oligopôle élitiste qui se verrait hors-jeu si le vote blanc devait avoir autant de poids qu’un autre. Ce vote qui se manifeste et grandit pour des raisons quotidiennes assez évidentes. Et c’est là sans doute que les études de psychologie des hautes écoles fait son oeuvre, en opérant la culpabilisation.
Culpabilisation d’avoir voter blanc, un vote nul, inutile, et donc venant de quelqu’un par extension INUTILE à l’ensemble. Le mécontentement s’est transformé en inutile, superflu, invisible que l’on effacerait à l’éponge comme une erreur sur un tableaux noir. Les voteurs blancs sont des cancres qui ne feront rien de bien et qui s’assiéront au fond de la classe sociale.
Je l’ai justement constaté avec le référendum sur le TCE (le traité des cons élitistes…désolé !! :D). Tous les grands profs de france qui VOULAIENT que les bons petits élèves suivent leur avis, en laissant entendre que les élèves étaient des grandes personnes libres et responsables, se sont finalement comportés comme des donneurs de leçons sans aucune pédagogie avec de surcroit la règle en fer pour le bout des doigts de ces cancres ignares qui ont voté n’importe comment. Glups !! infantilisation démocratique pour une bonne maternelle programmée à une réussite qui servira uniquement l’intérêt de la bonne cotation du directeur d’établissement pour encaisser ses subventions !!!
Pour en revenir au vote blanc, c’est le seul et unique moyen démocratique et surtout pacifique de tirer une sonnette d’alarme. Mais faut-il encore qu’il soit entendu et non ignorer voire culpabilisé, car on reviendrait à une abstention quasi massive. Et cette abstention me rappelle à l’histoire qui faisait un système dirigé par des représentants dont les seuls personnes « intelligentes » et habilités à élire ceux-ci étaient des notables, les intelligents diplômés dont l’avis comptait pour les autres : une république censitaire…
Ce type de république a échoué et ce qui en suivit fut sanglant. Sauf qu’aujourd’hui ce qui pourrait être dangereux c’est le consentement du plus grand nombre de cette situation. La soumission forcée ayant fait ses preuves, il semble que certains essaient la soumission consentie…

En ce qui me concerne je n’ai pas de diplômes (un CAP c’est tout), je ni connais pas grand chose à la technique pointue de la politique. Je ne suis représentant de rien, sauf de ma vie et à l’occasion de l’héritage que je laisserai à mon fils. Je ne cherche pas à tout comprendre…je m’interesse.
Mais force est de constater que l’homme ne change que l’habillage de ses systèmes, les outils qu’ils utilisent, mais lui ne change pas !!
Alors je me dis que si certains hauts dignitaires (de la même racine que le mot « digne », c’est marrant car les autres sont donc indignes) se devraient humilité en ouvrant les yeux, les oreilles et surtout leurs esprits…car ça risque de finir par un grand soir comme l’histoire a pu nous en donner.

cordialement

ps : et j’ai bien tristement peur à écouter deci-delà que ce n’est pas que mon avis

Bonjour Le Bohémien,

Traité des Cons Elitistes… j’aime beaucoup. Vous n’êtes pas trop attaché à la propriété intellectuelle ? :wink:

Petite synthèse

Pour synthétiser un peu (de mon point de vue) les problématiques et conclusions des débats tenus sur ce volet :

[color=blue]* il y a consensus (unanimité) sur :

  • l’acceptation de la prise en compte, et du décompte séparé, des votes blancs (nous nous sommes plutôt entendus pour l’appeler « vote de protestation » - redonnant son sens au mot) ;

  • l’association à ce vote exprimé d’un sens bien précis : le rejet de toutes les options (candidats) proposées ;[/color]

  • double entente à rapprocher d’un désaccord sur ce point : certains veulent rendre le vote obligatoire (« à ce tarif » ou généralement). Pour ma part, je suis farouchement contre l’obligation de s’exprimer (à Athènes, la voix de tous ceux qui le veulent pouvait s’exprimer). Or l’association de réelles conséquences à un vote blanc majoritaire donnera à quiconque souhaite vraiment s’exprimer la possibilité de le faire, sans que sa voix soit détournée.

[color=purple]* les désaccords portent sur :

  1. le critère comptable pour conclure que « le vote blanc est majoritaire ». En gros :
  • certains (la plupart des intervenants, je crois - Jaques Roman, Étienne, Candide, …) considèrent une majorité relative. Ils jugent qu’on traite « blanc » comme un candidat, et que s’il a une majorité relative, « blanc l’emporte ».
    Je m’oppose à cette formule, car cela vaudrait quel que soit le nombre de candidats, et s’il y en a 8, par exemple, cela reviendrait à donner 8 fois plus de poids à un vote blanc qu’à un vote de soutien à un candidat : on doit pouvoir voter contre tous les candidats, mais pas avoir une voix pour voter contre chacun d’entre eux. Et même, plus il y aurait de candidats (de diversité de l’ « offre » ?) plus cette inégalité serait marquée.
    J’ai donc proposé en priorité que ce problème soit résolu en pondérant les votes blancs, en le divisant par le nombre de candidats rejetés. Méthode de « péréquation » sur laquelle Jaques Roman, en particulier, s’est accordé.

  • (Personne ne soutient l’option qui consisterait à considérer une majorité absolue de votes blancs comme seuil « éliminatoire ». Je crois qu’elle serait tout aussi injuste, et encore moins fondée sur une quelconque logique.)

  • Étant assez convaincu qu’aucune formule stricte n’est juste, en la matière, je préfère en définitive que soit fixé au préalable, et par un vote au suffrage universel, un « seuil de légitimité » exigé pour les élections, c’est à dire le complémentaire d’un seuil de vote blanc annulant (recommençant) l’élection. Voir le lien que je donne en fin de message.

  1. les conséquences effectives à donner à un vote blanc massif. En particulier : faut-il que les révoqués (dont l’ensemble des candidats initiaux) soient inéligibles, à la même élection, au vote réorganisé pour le même objet (même poste, même mandat) ?
    Vous donner une statistique « locale » des positions n’aurait pas grand intérêt, et je n’en ai pas. Je me contente de noter que ça fait débat. En particulier, Étienne et moi-même sommes favorables et fermement attachés à ce que cette conséquence soit directement associée. Candide aussi, je crois et d’autres. Jacques Roman est contre. (Au moins un autre intervenant, si j’ai bonne mémoire.)[/color]

[color=green]On peut noter quelques autres idées émises dans le débat :

  • la question du vote à points mérite d’être rapprochée du mode comptable et des conséquences associées au vote blanc « majoritaire » ;

  • de même pour d’autres procédures de désignation telles que le tirage au sort d’une partie des représentants (notamment parlementaires, en totalité ou partie ; voire des pouvoirs judiciaires — rappelons qu’à Athènes, les jurys exerçaient essentiellement un pouvoir politique (contrôle des élus, jugements d’initiateurs de lois « illégales », …) et même les juges étaient tirés au sort) et l’attribution de pouvoirs constitutionnels à des conférences de citoyens, …

    A été évoquée la possibilité d’inclure dans les conséquences d’un vote blanc majoritaire un changement du mode de présélection des candidats ou de sélection des représentants. Notamment par le biais du tirage au sort, voire de méthodes composites mêlant tirage au sort et élection (le premier servant alors surtout à s’affranchir de l’exclusivité des partis dans la présélection des candidats et de l’assurance de quiconque a le pouvoir de s’attacher des réseaux de parvenir au bout), principes démocratiques qui pourraient être introduits non pas systématiquement mais comme conséquences du vote blanc massif. [/color]

    J’ai formulé une proposition assez explicite et complète ici : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=1024#p1024

Bonjour Sam, :wink:

A vrai dire je crois que si l’on prend l’intellectualité d’une personne comme se devant d’abord individuelle et personnelle, il me semble qu’elle ne peut que mener l’individu vers une évolution sereine et intérieur finissant bien ainsi à éveiller son esprit. Mais au contraire, si cette même intellectualité se révèle agir uniquement dans l’individu comme un moyen en soi pour lui servir à un aboutissement carrièriste dans une société, ce n’est alors plus qu’une capacité professionnelle d’intelligence. Or je pense que l’intelligence est un outil qui se doit d’être altruiste dans la démarche humaine au risque d’être gouvernée par l’absurde…mais la nature humaine me promet qu’elle change.:slight_smile:
Et il est vrai qu’il apparaît facile de fustiger l’élite (:rolleyes:)en tant que telle, mais lorsque j’ai effectué mon service militaire j’ai pu voir ce qu’on appelle une élite qui, lorsqu’elle tenait un fusil, me laissa à penser que je trouverais plus de plomb dans la balle qu’il contenait que dans le crâne de ce fameux tireur d’élite…:smiley: je n’aime pas les élites en tant qu’entité auto-proclamée, pour moi il y a des hommes brillants par leur intelligence, et si on peut voir qu’ils sont si brillants, c’est sans doute parce qu’ils nous éblouissent pour preuve qu’ils gardent assez d’humilité pour rester parmi la communauté des hommes. Et il n’est d’aucune utilité d’envier ses esprits brillants dans ce cas alors qu’à converser avec eux, pour peu qu’ils soient dépourvus d’une once d’intérêts, nous pouvons en tirer de plus grands profits pour nous tous.Mais ce n’est que ma vision.:slight_smile:

Bonjour Le Bohémien,

je suis d’accord avec ce que vous écrivez dans votre message (on dit aussi que même la liberté, ça s’apprend, et que les lumières ça sert avant tout à ça - je crois que c’est Montaigne qui appelait générosité le fait de s’autoriser à penser…), mais je ne comprends pas trop à quoi il renvoit, dans l’échange et le sujet.
A vrai dire, je crois que les grosses questions qu’amènent ce volet sont surtout une affaire bassement technique, une fois qu’on s’est accordé sur l’intérêt du vote blanc, de lui donner un sens précis et des conséquences réelles. Pour discuter des mille et une déviances et beautés des élites, et des nécessités comme des perversités de la représentation, je crois que tout autre volet est plus approprié…

Bonjour Sam,

Je sais que j’ai amené le débat sur un autre terrain que celui qui apparait ici, le débat qui tourne essentiellement sur la procédure d’application technique de l’objet en lui-même qui est le vote (et dont le vote blanc est censé faire partie).
Or si on prend la phrase de Confucius « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté. », il m’apparaît alors que la liberté prétendue d’un homme peut s’acquérir au détriment d’une liberté énoncée pour le plus grand nombre. La liberté est le meilleur des aphrodisiaques pour séduire les voix, mais quand certains ont pu voir que les promesses faites par les mots d’un homme (l’expression individuelle) se sont avérées comme étant une stratégie d’ambition qui mobilise le vote (l’expression collective), il ne reste sans doute que les déceptions liées à la confiance donnée et proportionnellement inverse au pouvoir de séduction des mots de cet homme. L’ambitieux n’est libre qu’aux travers des barreaux de son ultime ambition, et suite aux promesses les déçus ne sont libres qu’aux travers des barreaux de leur colère. Voilà peut-être une des raisons qui fait l’abstentionnisme, étant donné que le vote blanc qui pourrait remettre en cause une élection, liée à une politique que les gens ne veulent plus, n’est jamais comptabilisé comme représentatif d’une volonté collective. Les candidats devraient alors prendre en compte à peu près 20 millions de voix en plus sur les 40 millions d’inscrits, alors que là sans le vote blanc ils peuvent continuer à laisser sur le côté les mécontents pour ratisser juste le minimum pour passer au second tour. Donc le vote blanc n’est en rien intéressant pour certains qui se verraient sanctionnés comme pour le référendum sur le TCE, il préfèrent sans doute la politique du « mieux que rien ».
Et j’en viens à douter sur la légitimité de prise en compte du vote blanc, car finalement si la sanction du même vote blanc remet en cause l’élection, qui allons-nous mettre à la place de ceux que nous avons voulu sanctionner ? Qui représente ce fameux vote blanc ?

Je pense que la personne qui ferait le plus attention au pouvoir qu’on lui confierai, serait celui qui n’en veut pas, et qui n’aurait aucun intérêt à y aller. Donc libre de toutes pressions systèmiques.

Je sais pas si ce que je dis est clair…mais j’ai mal au crâne !! :lol:

Législatives 2007 ; Le parti du VOTE BLANC vole en éclats

Nombre d’ Inscrits 43 888 483

[color=blue]Votants: [/color] 26 525 147 [color=red] [b](60,44%)[/b] [/color]

Abstentions: 17 363 336 b[/b]

Blancs ou Nuls; 502 357 b[/b]


Notre discussion sur le vote blanc n’est je crois plus à l’ordre du jour, pourtant il y a eu beaucoup d’effervescence sur ce vote dans la précampagne présidentielle. (blogs forums etc…) Les électeurs préférent s’abstenir.

On peut fermer le ban sur la particularité du vote blanc, mais peut être pas sur la globalité des systèmes de non vote (abstention, vote nul et vote blanc tous confondus).

[color=purple]Sauf à considérer que la majeure partie des abstentionnistes n’est pas allée voter car elle pensait que c’était inutile (ce qui est hélas très possible), la décision a, je crois, été motivée par la réponse au choix suivant : lequel de ces 2 types de protestations — abstention ou vote blanc — est le plus visible, à défaut d’être efficace ?

Depuis des années on ne parle que des taux d’abstention croissants. Jamais du nombre de bulletins blancs, d’autant plus qu’ils sont assimilés aux bulletins nuls.

Encore une fois, si le vote blanc, à la différence de l’abstention, avait une conséquence réelle sur le résultat d’un scrutin, je pense que les électeurs seraient plus nombreux à aller voter blanc et que l’abstention diminuerait.

Cela dit, l’abstention a bel et bien eu un effet sanction de ce type, en raison du seuil de 12,5 % des inscrits nécessaire pour se maintenir au second tour…[/color]

Je suis d’accord avec Candide :confused: : personne ne peut interpréter correctement la non utilisation du vote blanc tant que ce vote est stérilisé dans le cloaque du vote nul.

L’institution d’un vote « blanc » respecté comme exigence du renouvellement complet des options en présence est indispensable pour garantir à tous que l’élection ne sera jamais une prison.

Ça fait plaisir de vous revoir ici, chers amis :wink:

[color=purple]Pour rebondir sur les statistiques citées par Orbi, j’ajouterai qu’on ne peut s’empêcher de remarquer une chose très importante :

l’impression de remotivation des citoyens français pour la politique — qui était générale au lendemain des présidentielles en raison du taux de participation historique, et dont se félicitait l’ensemble de la classe politique et des observateurs, trop contents de retrouver une certaine légitimité — semble bel et bien s’être évaporée lors du premier tour des législatives.

D’un point de vue stratégique on peut s’étonner de ce mutisme des électeurs, surtout de gauche, mais on peut se dire aussi que, comme le paysage politique n’a pas fondamentalement changé, c’est le contraire qui aurait été étonnant.

En outre, rejeté dans l’ombre du grand cinéma des présidentielles, l’enjeu des législatives n’apparaît pas aussi important. Il n’est pas autant médiatisé, et l’attention du public n’est pas focalisée sur un nombre réduit de candidats. Par conséquent, le grand spectacle étant terminé, la vie reprend son cours, et l’abstention aussi.

Je suis d’accord avec Étienne : il faut changer la signification du vote blanc.

(Mais dis-moi, Étienne, crois-tu que quelque chose puisse vraiment être « stérilisé » dans un « cloaque » ? ;))[/color]

Les hommes se mobilisent quand ils sentent qu’ils ont une chance (au moins petite) que ça serve à quelque chose.

Dans les élections où une mobilisation est possible, où on peut changer la vie, on est tous là.

Dans un piège à cons où tout est joué d’avance, on ne se déplace même pas.

Ça n’a rien à voir, mais je suis complètement bouleversé.
Je suis en train de regarder Earthlings (terriens) et j’ai honte d’être un homme.
Je ne veux plus manger de viande. Les mangeurs de viande et porteur de cuir auront-ils le courage de regarder jusqu’au bout ces images (fragmentaires) de notre comportement de nazis avec les animaux ? Faites gaffe aux enfants, c’est dur à voir.

La façon dont nous traitons les animaux — nous sommes des nazis avec les animaux — permet de comprendre et d’illustrer le malheur des hommes — ce que nous sommes capable de faire sans remord aux animaux, nous le ferons bientôt à des hommes, ravalés au rang d’animal — et le lien intime entre ce malheur et les abus de pouvoir.

[bgcolor=#FFFF99]« Aussi longtemps qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »[/bgcolor] Leon Tolstoï.

Je suis secoué. Pas envie de rester complice de ça.

Bon, il ne faut pas parler de ça ici, c’est hors sujet.
Il faut que je crée un fil qui fait le lien entre la protection des hommes contre les abus de pouvoir et celle des animaux.

Les hommes se mobilisent quand ils sentent qu'ils ont une chance (au moins petite) que ça serve à quelque chose.

Dans les élections où une mobilisation est possible, où on peut changer la vie, on est tous là.

Dans un piège à cons où tout est joué d’avance, on ne se déplace même pas.


[color=purple]Ami Étienne, je t’ai connu plus combatif et moins désabusé… :wink:

Sauf à considérer que les 2 camps se valent et que donc voter pour l’un ou l’autre ne sert à rien ou presque, il me semble que les résultats — pour le moins contrastés — des présidentielles et des législatives, viennent contredire quelque peu ton analyse…

Présidentielle : participation record de 85 % alors que depuis des années l’abstention ne cessait d’augmenter. D’après ton analyse, tu en déduis quoi ? Que les Français sentaient qu’ils avaient une chance (au moins petite) que ça serve à quelque chose de voter Sarkozy ou Royal ? Alors même que ces 2 candidats étaient issus d’un système que les Français boudaient depuis des années ? Pas logique. Donc ce vote a échappé à la logique, ce qui est somme toute normal puisqu’il s’agissait d’une présidentielle, où la personnalité des candidats est au moins aussi importante que leurs idées…

Bref, 53 % de satisfaits, mais 47 % d’insatisfaits, ce qui n’est pas rien. Si la victoire de Sarkozy est indiscutable, elle est très loin d’être éclatante. Elle est même plutôt moyenne, je trouve.

Législatives : abstention record aux 2 tours, de l’ordre de 40 % ! Mais où sont donc passés les 47 % d’insatisfaits ?!

Eh bien, il semble qu’ils se soient quelque peu réveillés au second tour et aient considéré que, finalement, tout n’était pas joué d’avance, puisque, même si elle reste minoritaire, la gauche progresse par rapport à la législature précédente. Un résultat assez inespéré et qui est tout de même loin d’être négligeable, puisqu’il est conforme à la proportion de la présidentielle et relativise la victoire de l’UMP, dont il fragilise aussi la domination.[/color]

Bonsoir Candide.

On ne peut pas être combatif tout le temps :confused:

Et que vaut, à ton avis, l’explication d’Emmanuel Todd, invité de France Inter mardi 19 juin (http://www.protectionnisme.eu/) ?

Il voit dans la participation importante du deuxième tour de la présidentielle la traduction de grandes peurs de part et d’autre : les gens se seraient donc fortement mobilisés pour résister d’urgence au grand danger d’en face. C’est vrai que c’était souvent l’ambiance de la campagne.

Quoi qu’il en soit, le résultat de la droite « décomplexée », c’est une société fracturée, prête à en découdre ailleurs qu’à l’assemblée… On est bien loin de la concorde, non ?

[bgcolor=#FFFF99]Un mode de scrutin qui favoriserait celui qui a le moins d’ennemis (au lieu de compter seulement ses partisans) aboutirait sans doute à éviter cette discorde qui va croissant et favoriserait la concorde, non ?[/bgcolor]

Mais on s’éloigne du sujet du fil ; il faudrait replacer cet échange dans le fil sur les modes de scrutin. Je ferai ça ce WE :confused:

Et que vaut, à ton avis, l'explication d'Emmanuel Todd, invité de France Inter mardi 19 juin (http://www.protectionnisme.eu/) ?

Il voit dans la participation importante du deuxième tour de la présidentielle la traduction de grandes peurs de part et d’autre : les gens se seraient donc fortement mobilisés pour résister d’urgence au grand danger d’en face. C’est vrai que c’était souvent l’ambiance de la campagne.


C’est plausible, en effet. Auquel cas, au vu du résultat, on peut effectivement en conclure que la France s’est droitisée, car en plus du programme de la droite, l’homme Sarkozy faisait peur. Deux raisons donc de se mobiliser pour Royal à gauche et au centre, Royal qui ne l’a pourtant pas emporté en dépit de la participation massive. (Inversement, je ne pense pas qu’elle ait fait autant peur à droite. Mais son programme, oui, bien sûr.)

Quoi qu'il en soit, le résultat de la droite "décomplexée", c'est une société fracturée, prête à en découdre ailleurs qu'à l'assemblée... On est bien loin de la concorde, non ?
[color=purple]Tout à fait d'accord. C'est d'ailleurs ce que j'ai tout de suite pensé en entendant les déclarations de Rama Yade sur les plateaux TV, qui disait en substance que la manière dont la droite l'avait emporté rendait illégitime toute lutte hors de l'assemblée. Avec une opposition impuissante et une droite aussi déterminée, je ne vois pas comment la paix sociale pourrait aller de soi...[/color]

Plutôt que la France qui se serait droitisée, je dirais plutôt que la gauche s’est nullisée :confused: Nul le PS qui est devenu un parti de droite qui nous impose depuis 1992 des institutions européennes antidémocratiques ; nuls les partis de gauche qui, égoïstement, refusent de fusionner, nous empêchent de fraterniser et nous affaiblissent éternellement.

Nuls les partis en général, machines de guerres politiques qui nous forcent au combat et empêchent la concorde.

Je suis sûr qu’après avoir entendu les discours d’Agen et de Périgueux (où Sarkozy s’est révélé être un étonnant altermondialiste, véritable résistant à l’UE libre-échangiste et aux fonds de pension carnassiers :/), de nombreux socialos se sont dit qu’ils seraient peut-être mieux défendus contre les technocrates eurolâtres par cet animal politique-là que par les vieux éléphants traîtreux du PS.

Comme dit Todd, les quatre grands candidats à la présidentielle étaient tous de droite.

C’est la nullité du PS qui a fait gagner la droite.

Et ça nous conduit à la violence parce que le peuple n’a plus de représentants à l’assemblée.

[bgcolor=#FFFF99]« Le vote blanc : le nombre et le sens »[/bgcolor]
Une mise au point intéressante de Jérôme Tournadre-Plancq, du Centre d’analyse stratégique :
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/Note_externe_de_veille_52_03.04.pdf

Il faut que j’étudie en détail les systèmes en vigueur en Suède, en Russie, et au Pérou : quel sens donnent-ils officiellement au VB, dans quels termes, quelles conséquences pratiques sur l’élection, etc.

VOTE BLANC QUEL BILAN APRES #19 MOIS DE DEBAT SUR CE FORUM ?

J’ai parcouru les messages et je n’ai vu aucune proposition concrète…sur un mode de scrutin.
Il me semble incroyable que l’on puisse passer tant de temps disserter sur la reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé alors que cela n’a quasi aucune utilité pour les électeurs.

Il est impensable de mettre le vote obligatoire avec ou sans vote blanc.
L’abstention doit être une liberté pour les électeurs.

Il serait logique que l’on considère le vote blanc comme un suffrage exprimé car c’est
un vote protestataire qu’il faut différentier de l’abstention que je préfère pour ma part car on peut la prouver puisque l’on a pas signé la liste électorale .Comme je l’ai fait au second tour des présidentielles et des législatives…!

Pour moi le vote blanc ne peut entrainer aucune conséquence sur le scrutin.

A quoi cela servirait-il d’avoir le suppléant à la place du candidat aux législatives par exemple.

S’il y a des partisans de la reconnaissance du vote blanc qu’ils nous disent ICI comment ils l’envisagent pour les deux tours des législatives et les deux tours des présidentielles.
Nous pourrons alors nous exprimer sur du concret et non sur des généralités.

Ils pourront nous dire quelles conséquence il a dans les pays où il existe… et les incidences lors des derniers résultats…!

Ce qu’il nous faut c’est le vote préférentiel pour pouvoir CHOISIR nos représentants et le RIC pour pouvoir les contrôler.
Le Rassemblement pour l’Initiative citoyenne expose sur www.ric-france.fr ses réformes des modes de scrutin.
Vos critiques seraient les bien venues pour je l’espère améliorer nos propositions…
A+
Yvan

Vote blanc, modes de scrutin, votes préférentiel/vote par points

Mon cher Yvan I (votre 2593).

Je ne sais pas ce que Étienne Chouard, en tant que responsable du site, va vous répondre, mais je souhaiterais vous présenter à titre personnel les observations suivantes.

  1. Le présent forum correspond au principe proposé par Étienne et qui figure en tête de ce forum : « Les votes blancs doivent être décomptés et suivis d’effet ». Il ne porte pas sur les modes de scrutin en général.

  2. Il est exact que le présent débat n’a pas encore abouti à des résultats définitifs, et que la synthèse n’en a pas encore été faite. Il me semble toutefois en relisant les messages qu’un certain nombre de propositions concrètes apparemment consensuelles se sont dégagées :

  • Le vote blanc consiste dans le rejet de tous les candidats - ou de toutes les propositions - en présence ;

  • Les votes blancs doivent être décomptés à part, en tant que suffrages exprimés ;

  • Il doit leur être donné effet - soit en les déduisant d’une manière ou d’une autre des scores obtenus par les candidats ou propositions en présence, soit en faisant recommencer l’élection à partir d’un certain pourcentage de votes blancs.

La question de savoir si les candidats en présence lors de la première élection devraient être interdits de participation à la seconde élection, ou même à toute nouvelle élection, ne fait toujours pas consensus.

Le débat n’étant pas clos, rien ne vous empêche de nous faire bénéficier ici de vos propositions précises.

  1. Puisque la question du mode de scrutin vous paraît (à juste titre) encore plus importante, je vous suggère d’ouvrir vous-même sur ce site un sujet « Modes de scrutin ». Vous pourriez le faire à tout moment, en commençant par présenter sous ce nouveau sujet les propositions concrètes du RIC, et vous pourriez éventuellement répercuter sur le site RIC, comme je fais sur le site CIPUNCE, les résultats de ce débat.

  2. Plutôt que le « vote préférentiel » (ou panachage), c’est le vote par points qu’il me paraîtrait intéressant d’étudier. Je me demande si en permettant de noter tous les candidats sur une échelle de 5 à 0, indépendamment de la liste à laquelle ils appartiennent, et en considérant comme élus dans l’ordre les candidats obtenant le maximum de points on n’obtiendrait pas plus rationnellement et facilement le résultat souhaitable : éviter la dictature des partis tout en maintenant un niveau de débat politique que seuls les partis rendent effectivement possible.

Notez : Si l’on retenait le vote par points, ce vote rendrait inutile le vote blanc. À la rigueur, la note 0 correspondrait au vote blanc (à discuter), comme Étienne l’avait envisagé à un certain moment…

Si vous décidez d’ouvrir ici un sujet « Modes de scrutin », comptez sur moi pour y participer activement.

Cordialement. JR

vote négatif

pour relancer le débat sur le mode de scrutin, je suis étonné que personne n’ai repris la proposition de Jacque du 8 janvier 2006: [bgcolor=#FFFF99]une personne =2 bulletins de vote[/bgcolor], un positif pour dire qui l’on souhaite et un négatif pour dire qui l’on ne veut pas.

Le but d’une élection est de dégager un consensus, le vote négatif (on peut imaginer que celui-ci soit pondéré) permet d’éliminer celui que l’on ne veut surtout pas, le vote positif de choisir son candidat.

Avec un tel système le vote blanc perd de son intérêt puisqu’il y aura toujours au moins le vote négatif.

En outre il ne fait aucun doute que la situation absurde et antidémocratique de 2002 ne se serait pas produite, il me semble aussi que ce serait un frein conséquent à l’élection de candidats populistes.

Ce système était utilisé dans la Chine de 1947 pour les élection des comités de village. Pour élire 7 représentants chaque électeur disposait de 7 billes blanches (positives) et de 5 billes noires

La séparation des pouvoirs, principe de base de la république, déjà fort mise à mal par la constitution de 1958, doit être réfléchie de façon plus approfondie de nos jours :

Les pouvoirs économiques et les pouvoirs médiatiques sont des pouvoirs à part entière qui doivent être discociés des autres pouvoirs afin de permettre des contrôles réciproques et équilibré et pas les manipulations honteuses de l’information concentrée dans les mêmes groupes de pression.

Le détail de ces réflexions sur http://www.trazibule.fr/separation.php ainsi que de nombreuses autres propositions pour la démocratie sur ce site.