Projet de constitution de 1958 révisée : réponse aux remarques de Patrick Flécheux
Je reproduis le commentaire de Patrick Flécheux inséré sur le fil « Ce n’est pas aux hommes de pouvoir… ». Mes réponses sont insérées en violet dans le texte. JR
Jacques je me permet quelques remarques sur vos 35 points. Devinant (si j’ai bien compris) que ceux-ci ne sont qu’un résumé et qu’ils ne sont pas des articles de constitution mais des synthèses pour des pistes de réflexions concrètes.
Les points que j’ai supprimé dans la liste, correspondent au points avec lesquels je suis en total accord. Et/ou je ne trouve rien à ajouter de plus car n’aillant rien à en dire de réfléchit sur le sujet.
- Inscrire ou confirmer dans la constitution les principes de liberté, d’égalité, de solidarité, de tolérance, de respect de la nature et de partage des responsabilités proclamés par tous les États de la planète lors du Sommet de l’an 2000 ;
Il me semble important afin d’éviter les utopies irréalistes et idéalistes dût aux interprétations sémantiques de préciser :
- Les principes de liberté et d’égalité sociales
[color=purple]L’égalité dont il est question dans la constitution de 1958, dans les constitutions précédentes et dans la Déclaration du millénaire est l’égalité devant la loi (= égalité en droit), pas l’égalité sociale, qui est un idéal assez vague – disons un objectif général – et ne se prête pas directement à une mise en œuvre juridique (constitutionnelle) concrète.
La constitution est un instrument juridique. L’« égalité en droits » est une notion juridique précise : elle signifie que la loi doit être appliquée également à tous, et elle est applicable en pratique (tribunaux).
Cela dit, l’égalité sociale découlera de l’application des droits fondamentaux économiques et sociaux qui, eux, sont applicables en droit et en pratique, et précisément définis dans les instruments des droits fondamentaux nationaux et internationaux.JR[/color]
- Lier les droits fondamentaux (droits de l’homme) à la personne physique et mettre fin à l’abus consistant à assimiler de plus en plus souvent les personnes juridiques (« morales ») aux personnes physiques, et par là à leur conférer des droits abusifs ;
Je ne comprends pas cette assertion 
[color=purple]
Cette proposition fait suite à des échanges qui ont eu lieu sur d’autres fils. J’essaierai de retrouver.
En gros, seules les personnes physiques devraient se voir reconnaître le bénéfice des droits de l’homme. Pourtant, nous voyons que les sociétés privées, les marchés, etc, se comportent de plus en plus souvent comme s’ils avaient des droits politiques, au même titre que les personnes physiques. Il faut mettre fin à cette confusion contraire à la démocratie. JR[/color]
4. Donner le droit aux étrangers de participer aux élections locales qui ne touchent pas à l’exercice de la souveraineté nationale
Dans la mesure ou les personnes étrangère réside sur le sol Français depuis un certains temps (à définir) et dans la mesure ou elles maitrisent un minimum la langue française. Et se, afin d’être certains quelles comprennent un temps soi peu les tenants et les aboutissants des enjeux du vote proposé.
C’est à la loi (organique) de régler ces détails, pas à la constitution. Connaître ou ne pas connaître le français ne doit pas selon moi être un critère pour voter lors d’une élection locale. Le principal critère, à mon avis, devrait être celui de la résidence légale d’une durée suffisante dans la commune dont il s’agit (qui constitue le cadre de vie de l’étranger comme du Français – ce qui justifie que l’étranger puisse élire ses représentants, surtout s’il contribue à la vie de la commune, professionnellement ou autrement. JR
- Supprimer le département (système commune-région-État) ;
Pour qu’une Démocratie soit efficiente elle doit passer par la réflexion local et remonter au national. Donc, je ne vois pas ou est le problème du département pour ce cas de figure. Le département étant même me semble t-il préférable à la région, car plus proche des gens.
De plus la région entretient l’idée du découpage « ethnique » ou « culturel ». Basque, Breton etc. Que les identités particulières propres à une nation soient respectées et reconnu cela va de soi. Elles sont aussi se qui définit le mot « Français ».
Mais dans un cadre de réflexion collective et démocratique je ne vois pas en quoi il est préférable et plus enrichissant pour les débats que les Basques ou les Bretons réfléchissent à des propositions de lois nationales en temps que Basques ou Bretons.
Il me semble que dans ce cas précis les spécificités régionales doivent s’effacer au profit du collectif national. Les départements étant un outils pour découper les pouvoirs régionalistes ou régionalisants en mélangeant les populations de régions voisines via les départements.
[color=purple]Je ne suis pas de votre avis : les départements étaient une merveille politique du temps de la Révolution. De nos jours ils constituent un cadre administratif redondant et servent avant tout machines à élire des politiciens. Ils font double emploi avec les régions.
La région entretient l’idée d’une collectivité géographique et culturelle, c’est vrai (ethnique, je ne crois pas : la France est un pays ethniquement neutre – il n’y a pas de race française, et les races régionales sont de moins en moins marquées, grâce à l’immigration en particulier
.
Ce n’est pas mal de maintenir la diversité à condition d’avoir en même temps un État central bien organisé.
De plus, la région est maintenant, avec la commune, la subdivision administrative standard dans le système européen, et donc un moyen de mieux administrer la marche vers l’unité européenne (ce à quoi je suis favorable, comme vous savez – mais ce n’est évidemment pas l’avis de tout le monde ici.) JR[/color]
10. Interdire le cumul et le renouvellement consécutif des mandats publics sauf dans les cas éventuellement prévus par la loi organique ;
Loi organique pensée par qui ? Le peuple ? Les élus ? Les tirés aux sort ?
La loi organique est comme la loi ordinaire, avec procédures d’adoption renforc ées et (ma proposition) possibilité d’opposition collective des citoyens) JR
Prévoir une totale transparence, précise et détaillée, de toutes les dépenses/recettes liées au travail des élus en accès totalement libre sur internet. Le compte rendu détaillé devant être mis à jour tous les mois. En plus du rapport annuel.
Cela s’impose naturellement aux entreprises et aux particuliers. Pourquoi devrait-il en être autrement pour des élus ou des TAS ? Sachant que eux ne gèrent pas leur argent personnel mais l’argent public. (Voir intervention pertinente d’un informaticien sur la conf. d’Etienne à Toulouse, partie 3, je crois)
Sans doute, mais ces détails relèvent de la loi, pas de la constitution. JR
- Disposer que les projets et propositions de loi doivent être assortis d’un état d’incidences financières exposant les prévisions de dépenses et de recettes ;
Impérativement rédigé de façon simple pour que le commun des mortel comprenne le texte sans qu’il soit obligé de détenir une maitrise en économie.
Ça va de soi et n’irait pas mieux en l’écrivant. JR
16. Supprimer le Conseil économique, social et environnemental et transférer ses fonctions à un sénat remanié, élu au suffrage universel et représentatif des régions, qui aurait l’initiative de la loi, pourrait proposer d’amender les projets de loi mais ne voterait pas la loi (cette fonction serait réservée à l’Assemblée nationale, incarnant la volonté nationale) ;
A condition que l’A.N. soit tout ou en grande partie, (voir en majorité …) tirée au sort alors. Car sinon je ne vois aucune différence avec le mode de fonctionnement actuel. Changer les élus de places n’affaiblit en rien leurs pouvoirs.
Pas mon avis, vous vous en doutez. JR
17. Rationaliser le système de délimitation des circonscriptions électorales, de manière qu’elles comportent à 10 % près le même nombre d’électeurs ;
Mouais pas certains de l’intérêt supérieur de la chose, le découpage actuel est une fumisterie on est d’accord … Mais soyons rationnel et simple ; un département = une circonscription électorale, donc un élu + un département = un TAS. Point. Rationalisons justement …
Nous sommes donc bien d’accord que le système actuel est à rationaliser. Pour les modalités, on verra ce que donnent les débats, mais votre proposition ne m’enchante pas. JR
- Renforcer les pouvoirs et l’autonomie du Parlement, notamment en ce qui concerne son ordre du jour et le mode de vote de la loi ;
Même remarque qu’en 16.
Et même réponse. JR
- Disposer que la présidence de la République est la branche du Pouvoir exécutif chargée de veiller au respect effectif de la Constitution et d’assurer s’il y a lieu le retour à l’ordre constitutionnel, sans pouvoir de gouvernement;
Moi toujours pas comprendre (en gras) …
Voyez l’article 16 de la constitution actuelle. Je ne fais pratiquement que le répéter, et il est assezx connu et a été assezx commenté. Qu’est-ce que vous ne comprenez pas, exactement ? JR
- Prévoir que l’élection du président de la République se fera à tois tours (tous les candidats présentés par X citoyens, puis les trois premiers, puis les deux premiers) pour éviter qu’un candidat effectivement minoritaire soit élu par surprise.
Et si l’on arrêtait de penser élection ? Ne peut-on envisager le monde sans maître et sans dirigeant élu au sommet ?
Ne peut-on sortir du système pyramidale orné d’un grand Ghana ? Comment voulez-vous que l’on pensent un monde horizontal si l’on ne sort jamais du vertical permanent Hum ? …
Vous demanderez aux Égyptiens s’il faut s’arrêter de penser elections. Qu’est-ce que vous proposez, exactement ? Autre chose, je comprends bien, mais quoi ? JR
- Confirmer que le gouvernement est la branche du Pouvoir exécutif qui gouverne et que pour cela il dispose du pouvoir règlementaire et de l’administration (civile et militaire), sous réserve que les décisions concernant les relations extérieures et la défense nationale sont arrêtées en Conseil des ministres sur proposition du Président de la République ou de son remplaçant
Allé on reprend les mêmes erreurs et on recommence …
Décisions militaires et relations extérieures engageant le pays = Référendum ou rien. « Ce n’est pas aux gens de pouvoirs d’écrire et d’imposer les règles du pouvoir. »
Et si vous êtes envahi ou bombardé, vous faites un référendum avant de vous défendre ? Allons donc ! JR
- Restaurer l’ancienne règle constitutionnelle selon laquelle le président de la République ne se présente pas en personne devant le Parlement mais communique avec lui par message ;
pfff Là on entre carrément dans la coterie élitiste. S’est dingue comme l’homme adore ce coller des prérogatives totalement inutiles.
Franchement qu’est-ce que l’on en a à foutre que le président communique par sms, en live ou par signaux de fumée avec les élus tirés au sort. Tant que le message passe et est compris de tous.
J’en parle parce que la constitution de 1958 a été modifiée sur ce point par NS, et pas dans le bon sens à mon avis. D’où ma proposition. JR
23. Remplacer l’expression « Autorité judiciaire » par l’expression traditionnelle « Pouvoir judiciaire » ;
Masturbation cérébrale pour laquelle, je suis certains, on pourra me fournir des tas d’arguments …
[color=purple]Oui, en effet. Un en particulier : “pouvoir" met le système judiciaire sur le même pied que le « pouvoir » législatif et le « pouvoir » exécutif. « Autorité » place le système judiciaire en état d’infériorité par rapport aux deux autres.
La différence est à faire. Les mots ont leur importance : ils attirent les réalités.JR[/color]
26. Renforcer les pouvoirs de la Cour des comptes ;
Elle même désignée ET contrôlée par et parmi des personnes compétentes ET tirées au sort.
[color=purple]Contrôlée par qui ? Et pourquoi ? Je vous rappelle que la Cour observe, contrôle, fait des rapports et donne des avis. Alors, en quoi voulez-vous la contrôler, exactement ?
Pourquoi revenir obsessionnellement sur le tirage au sort, qui ne fait pas consensus ici, vous le savez bien ? Je vous rappelle qu’il s’agit (du moins dans mon esprit) de faire la liste des propositions sur lesquelles il peut y avoir unanimité. Sinon, nous n’arriverons à rien JR[/color]
- Soumettre au référendum tout traité européen impliquant modification de la constitution ou de son application ;
Soumettre au référendum TOUTES tentatives de modifications de la constitution d’où quelles viennent.
Toute révision de la constitution devrait effectivement être soumise au referendum : d’où l’intérêt de n’y mettre que les choses vraiment importantes. Mais vous voudriez vraiment que toutes les « tentatives de révision » soient soumises au référendum ? Ou bien vous plaisantez, ou bien vous vous êtes mal exprimé. JR
28. Permettre aux citoyens de l’Union ayant leur résidence légale habituelle en France de participer aux élections européennes tenues sur le territoire français et de s’y porter candidats ;
Drôle d’idée … Les mecs si ils veulent se faire élire pour représenter leur pays qu’ils le fassent dans leurs pays. Après si ils veulent représenter la France qu’ils demandent la nationalité Française. Ou alors supprimons totalement la notion même de nations (se qui ne serait pas pour me déplaire … Gniark)
Car, il faut peut-être savoir ce que l’on veut et être clair dans ce que l’on fait. A toujours vouloir ménager la chèvre et le choux et ne jamais savoir sur quel chaise on doit poser son cul, on fini toujours par se faire bouffer par les loups.
Tout comme les députés français représentent chacun l’ensemble de la France et pas leur circonscription, chaque député européen représente l’ensemble de l’Union européenne et non pas sa circonscription.
Je ne vois aucun motif de scandale à ce que des résidents de l’UE remplissant les conditions de durée de séjour votent en France – pour un Français ou un autre citoyen de l’UE qui les représentera au Parlement européen. Ce serait un bon moyen de créer progressivement le sentiment d’une nation européenne (puisque vous aimez tant la nation… mais peut-être pas l’Européenne ?). JR
- Pour mettre les citoyens en mesure de contrôler le fonctionnement de tous les pouvoirs (constitutionnels et autres), mettre en place une Assemblée citoyenne tirée au sort parmi les volontaires membres cotisants depuis cinq ans au moins d’une association enregistrée conformément à la loi de 1901 sur le contrat d’association, à raison d’un tiré au sort par circonscription électorale. Cette assemblée s’organiserait et fonctionnerait en toute indépendance et ses seules ressources consisteraient dans les cotisations de ses membres (cette proposition est combinable avec celle d’une association « Les Sans-Œillères ») dont j’ai présenté le projet de statuts sur ce forum).
Pourquoi spécialement membres d’une assoc ??? Être membre d’une assoc n’est pas synonyme de compétences ou d’érudition politique. La preuve les politiciens et les Bilderbergs le sont tous, membres d’une assoc …
Non, mais c’est une preuve d’intérêt pour la chose publique et d’esprit de solidarité : plus importants que l’érudition politique dans ce contexte. Par ailleurs, avoir milité dans une association est un signe qu’on a acquis une certaine compétence citoyenne.
Mais ça se discute. JR
Une 35ème proposition (suite aux suggestions d’AJH) : insérer dans le préambule de la constitution l’idée que l’économie est au service de l’homme et non l’inverse, et que pour ce faire il importe que l’émission, la gestion et la régulation de la monnaie relèvent des pouvoirs publics et d’eux seuls.
Les pouvoirs publics sont-ils forcement plus compétant ?? Pas certains. Ce sont quand même eux qui nous ont endettés jusqu’à l’os.
Les multiples dilapidations des finances publiques par les pouvoirs publics du même nom sont légions.
Alors oui sur le principe, mais avec une transparence totale et précise via le net des recettes/dépenses. Pour un méga contrôle possible des citoyens à tous moments. En plus d’autres contrôles évidements.
Les pouvoirs publics, c’est nous qui les désignons, directement ou indirectement, et qui les contrôlons par l’élection.
L’idée mercantiliste que le privé serait plus compétent que le public est le résultat d’un bourrage de crânes dont nous commençons à peine à nous débarrasser.
[color=purple]L’objectif du privé est le profit, tout le reste étant pour lui secondaire ; l’objectif du public est la commodité du public.
Les expériences de ces vingt ou trente dernières années tendent à montrer que presque partout où le privé se substitue au public les services deviennent plus coûteux et se détériorent. L’endettement de l’Étaqt n’est rien, je crois, comparé à l’endettement des banques et autres organismes privés.
Les 10 à 15 % de déperdition enregistrés dans le public pour cause de basse performanceet d’absentéisme et les « :dilapidations » ont leur pendant, et bien plus, dans les 15 ou 20 % de gaspillages publicitaires imputables au secteur privé et surtout dans la quantité d’objets sans intérêt produits par ce secteur et la destruction de richesses naturelles et humaines qui en est la conséquence. J[/color]
Voilà se sont les quelques réactions (parfois peut-être un peu épidermiques dans la forme, mais aillant le mérite de la franchise du coeur) qui me sont venues à l’esprit en lisant le contenu de ces lignes.
Je vous souhaite à tous une superbe année de vraie Démocratie. Et plein de bonheurs sans représentation aucune.
Amicalement
Patrick
[color=purple]Même pas de représentation théâtrale ?
Bonne année à vous, Patrick, et à tous. JR[/color]