L’idée d’Alfila est bonne, mais elle a à mon sens plusieurs défauts:
1 Le premier, et le moins grave):
Elle continue à institutionnaliser le mot de « parti » (même si le mot est ici détourné qui n’a en fait rien à voir avec le parti classique).
2 Elle sera inopérante: puisqu’il ne s’agit que de constituer une petite équipe de simili candidats tirés au sort, à supposer que certains acceptent cette candidature et soient élus, (ce qui constitue deux vrais obstacles), ils n’auront aucun poids dans des assemblées qui fonctionneront suivant le même modus operandi qu’actuellement. Le point positif, est qu’il peut s’agir d’une vraie alternative dans les petites communes rurales où les candidats ne se bousculent pas.
3 La plus grave: Elle ne fait pas avancer le schilblick.
Elle ne modifie aucunement les règles de fonctionnement des assemblées comme il est dit au n° 2.
La véritable enjeu est d’éduquer et de convaincre: les citoyens convaincus qu’il faut changer les règles doivent s’investir, à toutes les élections, en proclamant leur refus du système actuel, notamment par un bulletin qui soit une proclamation raisonnée de ce refus ( Etienne en avait donné quelques exemples). Il suffira que cette population devienne visible (quelques % suffiront) pour lui donner la voie au chapitre qu’on lui dénie.
Le raisonnement doit être clair, et à mon sens, il repose sur certains principes que l’on n’a pas encore (ou peu) discutés ici:
Le pouvoir est UN, mais contrôlé, ce qui suppose au moins deux assemblées qui contrôlent mutuellement les dérives de l’une d’entre elles, la seule sanction d’une crise étant la dissolution d’au moins l’une d’elles, sinon des deux.
Les pouvoirs exécutif et judiciaire ne sont pas de vrais pouvoirs, mais des pouvoirs régaliens techniques délégués (et pouvant être redistribués à tout moment) par le pouvoir parlementaire.
Il est extraordinaire que l’on présuppose le peuple compétent pour juger techniquement et choisir entre des programmes (qui sont, quand ils sont exprimés, une collection disparate de dispositions purement techniques forcément évaluées « au doigt mouillé », même et surtout quand elles sont élaborées de façon dite rationnelle), alors qu’il ne le serait pas pour exprimer ses aspirations et faire les propositions correspondantes, pour définir le cadre général constitutionnel et légal (le droit n’étant qu’une délégation technique des lois) qui lui permettrait de les confronter démocratiquement avec ses pairs, et de quantifier dans quelle mesure elles seraient prises en compte.
Le principe démocratique EXIGE que les ASPIRATIONS soient exprimées par tout le spectre social du pays, et le cadre général est connu (et a fait ses preuves) depuis 25 siècles. Le problème d’échelle est réglé par le principe des échantillons représentatifs qui est d’un emploi universel à notre époque, et qui est le SEUL procédé qui permette AUSSI et SURTOUT ( ce qui explique fondamentalement le silence dans lequel on le maintient) de contrôler la plupart des pouvoirs opportunistes non régaliens (pouvoirs de l’argent, médiatique, culturel, cultuel…), le seul pouvoir opportuniste contrôlé par nos « démocraties » étant l’épreuve de force populaire (manifestation, grève…)
En particulier, l’exécutif possède certes, comme le législatif, le pouvoir de proposition, mais c’est le législatif qui doit statuer en dernier ressort, puisqu’il est seul fondé à juger l’adéquation des propositions avec ses aspirations.
Tous ceux qui en sont convaincus doivent l’exprimer haut et fort, en restant d’ailleurs aux principes qu’a exposé Etienne (iségoria, rotation des charges, moyens de contrôle, … etc) . L’écriture de la constitution elle-même n’a que peu d’importance dès lors qu’elle obéit correctement à ces principes.