J’ai beaucoup changé mon message. Je suis une nouvelle fois ouvert (et avide!^^) de critique/suggestion/mise en garde si vous êtes motivés^^. Voici ce que ça donne et ce que je matraque maintenant: (notez que la conclusion est emprunté quasiment mot pour mot à Etienne^^)
Les fondements des problématiques sociétales actuelles sont intrinsèquement liés : l’écologie, le respect de la planète, la gestion de l’immigration, la paupérisation de la population, les discriminations, l’abêtissement du peuple et sa désinformation quotidienne orchestrée par les médias complaisants, le désintéressement et le dégoût de plus en plus fort des gens envers la politique, les injustices criantes, les scandales sanitaires et sociaux, les guerres illégitimes… Toutes ces problématiques -et surtout les médiocres réponses qui y sont apportées- ont un fondement profond commun. Et ce fondement est démocratique. Ou plutôt, profondément anti-démocratique.
Mais qu’est-ce que la démocratie ?
Petit rappel étymologique : démocratie = demos kratos = le pouvoir AU peuple, PAR le peuple, POUR le peuple.
Sommes-nous en démocratie ?
L’un d’entre nous a-t-il le sentiment d’avoir un quelconque impact réel sur la politique ? Sur la conduite du pays ? Sur la résolution des problématiques citées plus haut ? Assurément non. Le pouvoir n’est pas AU peuple. Il semble bien souvent ne pas s’exercer POUR le peuple. Et il n’est clairement pas exercer PAR le peuple.
J’en déduis donc que nous ne sommes pas en démocratie. Ce mot nous a consciencieusement, subtilement et savamment été volé. Le mot démocratie est tombée sous le joug de la novlangue et de l’illusion. Illusion finement orchestrée par l’éducation, la médiacratie, la politique et le modèle économique dominant qui les lient et les soumet tous à son pouvoir.
Ce même pouvoir économique –et économiquement dominant- qui finance les partis politiques, les élections et leurs candidats. Ce pouvoir économique qui abreuve la pensée dominante à travers les médias et les journaux (majoritairement détenus, rappelons-le, par de grands groupes industriels ou banquiers). Ce même pouvoir économique qui abrutit les masses par les divertissements télévisuelles, la désinformation médiatique, le vidéo-ludique, la pornographie et la consommation sauvage, ostentatoire, massive, irresponsable et immorale…
C’est encore ce même pouvoir économique qui bafoue les referendums et les miettes de démocratie que l’on veut bien consentir à nous laisser (2005). Encore et toujours ce pouvoir économique qui dépossède les états et les peuples de leur souveraineté, notamment de ses politiques monétaires et budgétaires(BCE), mais aussi législatives (80% des lois françaises sont désormais dictées par l’Union Européennes, c’est-à-dire Bruxelles, par des députés européens non-élus par les peuples).
Ce même pouvoir économique qui au nom du progrès et du soi-disant accomplissement personnel, nous exhorte à travailler à des postes toujours plus aliénants et stupides desquels nombre d’entre nous reviendront chez eux épuisés, lassés, vidés… Incapables de penser, de lire, de s’instruire et de construire… Tous justes bons à poser nos croupes devant une téléréalité débile, une série mensongère, manichéenne et simpliste. Ou encore je ne sais quel divertissement vidéo-ludique, si possible à renfort d’alcool et de drogue pour nous faire oublier l’avilissante et humiliante servitude moderne imposée par le modèle économique dominant.
Nous voilà réduits à vivre par procuration la vie de footballeurs censés reproduire dans une mascarade télévisée les exploits, les joies et les défaites de la vie réelle qui nous font cruellement défaut. Restreints à rêver les révolutions et les combats héroïques de quelques personnages de jeux vidéos ou de films hollywoodiens. C’est censé nous calmer. Distraire notre attention des réels problèmes et des vrais combats. Ça marche plutôt bien et dans le même temps cela enrichit nos exploiteurs, confortant le pouvoir qu’ils ont sur nos esprits, anesthésiant tout esprit critique.
La réalité -à condition que l’on veuille bien la voir et de ne pas se satisfaire de ces petits plaisirs, habitudes et conforts quotidiens- c’est que la télévision, l’internet, les jeux vidéos et même toutes sortes de télécommunication nous éloignent des véritables rapports humains et plus globalement de la vraie vie.
On ne parle plus : on tchat à travers des écrans fades, sans rires ni sourires, sans voix et sans regards. On s’envoie des sms, on partage des photos ou des vidéos par téléphone et sur internet. On « aime » ou on commente sur Facebook, sans même avoir le droit de « ne pas aimer ».
On ne vit plus : on joue à un jeu vidéo censé reproduire nos fièvres les plus primaires de violence et de sensations fortes. On regarde un film censé nous émerveiller, nous transporter, nous effrayer, nous faire rire ou nous faire pleurer. On se masturbe devant des pornos censés reproduirent la réalité et le plaisir d’une relation sexuelle consentie, libre et fusionnelle ; quand ce même porno ne cherche pas à exalter et renforcer nos désirs les plus malsains de domination et les fantasmes les plus abjects, déformant la sexualité humaine et nous précipitant par là-même dans les griffes de la frustration.
Je gage que si la démocratie était réelle, que si le peuple se gouvernait lui-même (et non au moyen de quelques rois tout juste élus par 10 ou 15% de la population, préalablement pré-désignés par les partis et le pouvoir économique en place) je gage que si des référendums nationaux et internationaux posaient les questions des problématiques sociétales, environnementales, morales, économiques, sanitaires et sociales aux peuples… Ces derniers apporteraient des réponses bien plus justes et bien plus efficaces que nos actuels dirigeants.
Je gage que dans une démocratie réelle, c’est-à-dire directe (maximum de référendums pour les questions d’ordre national, maximum d’assemblées citoyennes pour les questions d’ordre local, communales, départementales et régionales) la population s’intéresserait bien plus à la politique et à la conduite du pays, du continent, du monde. Lorsque l’on a le pouvoir de changer les choses, on s’intéresse à ces choses. On se renseigne dessus. On s’instruit. On progresse. Et finalement, on prend position et on tranche.
Les gens doivent absolument pouvoir trancher eux-mêmes chaque question importante à leurs yeux. Qu’il s’agisse de la couleur des pots de fleurs de la place du village au niveau local (si ça paraît important à leurs yeux comme je l’ai dis, les autres s’abstiendront de se prononcer ou de voter sur le sujet) ou qu’il s’agisse de maintenir l’énergie nucléaire, de livrer ou non telle ou telle guerre, de donner tel droit de vote à telle personne… etc.
Ces choix doivent pouvoir s’effectuer sans pressions politiques et/ou partisanes, médiatiques ou de n’importe quelle nature que ce soit.
C’est pourquoi il nous faut des médias libres, désintéressés, intelligents, bienveillants… afin que les débats soient réels et que le public puisse se les approprier, s’y intéresser ou même s’en passionner. Ceci dans le but que chacun puisse trancher librement et en toute connaissance de cause sur les sujets qui l’intéresse ou le concerne.
Je fais le pari que dans une telle société, c’est-à-dire une vraie, réelle et directe démocratie : les injustices seraient moins criantes, le niveau de pauvreté se réduirait, les niveaux d’éducation, de civisme et de citoyenneté augmenteraient. La planète serait plus respectée, les guerres moins nombreuses. La prostitution (et donc aussi et surtout les trafics humains qui se déroulent en amont) reculerait. La télévision serait plus intelligente, les journaux plus critiques et objectifs. La politique plus engageante, moins contestée et contestable, plus légitime. Et tant d’autres choses encore qui gagneraient à ce que les peuples s’en occupent eux-mêmes, pour eux-mêmes et par eux-mêmes…
Non ce n’est pas une utopie. Non ce n’est pas infaisable. C’est difficile, long et fastidieux à mettre en place.
Mais la démocratie directe existe partiellement dans d’autres pays (Suisse en tête, notamment au niveau local, mais aussi en Allemagne que l’on nous vante tant, dans certains états d’Amérique du Nord, au Venezuela, en Uruguay… et d’autres encore).
Ce qu’il manque pour mettre en place une véritable démocratie, c’est la volonté politique de nos dirigeants qui devraient alors renoncer à leurs avantages et à leur pouvoir. Mais ce qui manque réellement et avant tout, c’est le réveil du peuple et sa propre volonté à se gouverner lui-même…
Et cette volonté est d’autant plus dure à trouver lorsque l’hydre ultra-capitaliste se dresse contre nous ; crache son feu pour diviser le peuple. Que ses tentaculaires excroissances médiatiques empoisonnent l’âme et l’esprit des individus afin de cimenter la forteresse du monstre au plus profond de leur tête: le carcan politico-libéral-culturel-conservateur et individualiste qui condamne toute alternative, tout changement, tout espoir.
Deux-cents ans et des poussières de fausse démocratie (se rapprochant plutôt d’un gouvernement prétendument représentatif composé de 95% d’hommes blancs et riches de plus de 50 ans) ont fait leur travail infâme et terriblement efficace : dégoûter les hommes et les femmes des débats passionnants que devrait être la politique et ôter toute volonté de s’y intéresser et tout espoir de la changer…
Pour changer le monde, il faut d’abord changer soi-même.
Puis porter, insuffler, provoquer ce changement en les autres. Alors seulement… Lorsque les électeurs-enfants-passifs se métamorphoseront enfin en citoyens-adultes-actifs, s’ils cessent de se résigner à seulement élire leurs maîtres parmi des gens qu’ils n’ont jamais choisis… S’ils exigent enfin de voter eux-mêmes leurs lois –à commencer par la plus importante : la Constitution–, peut-être pourra t’on éviter la catastrophe.