Si on veut rester fidèle au principe de démocratie, il faut accepter par exemple, que l'assemblée décide :
- d'imposer davantage le travail
- d'augmenter les droits de cession de patrimoine
- de permettre les revenus du patrimoine
- de compliquer la fiscalité, ce qui risque fortement de se produire avec un groupe hétérogène car tiré au sort...
Si le candidat commence à préjuger ou anticiper les décisions de l’assemblée, on tombe dans le travers que l’on dénonce et le projet perd de son sens.
Quelques remarques sur cette intéressante contribution qui permettront (peut-être) de montrer combien les craintes qu’elle exprime sont loin de la réalité
1 La démocratie n’est pas un principe abstrait mais une réalité à faire vivre au quotidiuen
2 Comme l’a remarqué finement Lanredec ;), la proposition ne proposait pas de ne pas imposer le travail, la rédaction est fautive sur ce point. 
Ce n’est d’ailleurs pas possible dans le système proposé qui ne rémunère QUE le travail, à partir du moment où on pense qu’il est normal que ceux qui sont écartés de la production puissent vivre grâce à une redistribution, il faut bien ponctionner cette UNIQUE source.
Elle est donc à considérer comme une mesure simplificatrice et antifraude.
3 Par ailleurs, et c’est le sens du projet, avant de moduler les « droits de succession », ou les « revenus du patrimoine » il me semble nécessaire d’interroger la validité de ces concepts eux-mêmes. Le projet répond « non légitimes » pour les deux (et à la condition que les plus-values soient interdites pour le premier), c’est là dessus qu’il faut s’interroger.
Pour les revenus du patrimoine, par exemple, le raisonnement est qu’ils sont mortifères pour l’espèce humaine.
On raisonne sur une généralisation de ces profits. (et ce n’est pas une hypothèse d’école, toute la publicité sur les placements et le fait qu’on peut faire travailler notre argent a apparemment fini par le faire croire à une majorité).
S’il devait se réaliser, on aurait une population de rentiers qui n’éduquerait plus ses enfants et qui les ramènerait au stade de l’age de pierre en une paire de générations. Ce danger est bien connu, Hannah Arendt l’avait bien souligné il y a plus de 50 ans « Condition de l’homme moderne »
Le projet n’en veut pas, et décide donc de faire la guerre aux produits du patrimoine.
4 An fait, compliquer les choses (les rendre bureaucratiques) est une façon de promouvoir des experts, des professionnels, des professionnels de la gouvernance dont la compétence affichée est nécessaire pour en débrouiller l’écheveau. Les simplifier c’est rendre la politique aux amateurs, donc au peuple qui est amateur par définition.
Il est assez rigolo de vivre dans une société où « nul n’est censé ignorer la loi » et où nos experts politiques les plus pointus (patinés par 40 ans de pouvoir) ont besoin d’armées de juristes pour extirper une interprétation de la loi qui soit favorable à leur camp, et sortent des "bourdes " énormes quand ils sont livrés par hasard à eux-mêmes.
On peut penser aussi que parler de groupe hétérogène car « tiré au sort » induirait des complexifications, mais ce n’est pas ainsi qu’on doit voir les choses:
- d’abord, même s’ils ne représentent pas exactement le « peuple » qui n’existe pas vraiment, c’est quand même la façon de s’en approcher au plus près.
-ensuite, parce que ces gens très différents sauront s’accorder sur des principes beaucoup plus généraux à la seule condition que l’on puisse les leur présenter concrètement en action, plutôt que de buter sur les concepts fumeux et les sommes qui ne veulent rien dire qu’on leur présente pour qu’ils n’y comprennent rien.
C’est donc le DEVOIR du candidat de présenter concrètement sa position sur ces principes par la façon qu’il prévoit de les mettre en application pratique dans les institutions, plutôt que de se recommander d’on ne sait quelles « valeurs républicaines » dont nos gouvernants seraient les dépositaires exclusifs.