Je comprends bien tes motivations, et les idées et principes qui te poussent à penser ça, mais si on met de côté la théorie et que l’on regarde en pratique tu vois bien que seuls les groupes ou associations généralistes arrivent à rassembler un nombre suffisant de gens pour espérer obtenir le pouvoir et donc la légitimité politique de changer quoi que ce soit dans ce pays. Les groupes ou associations dédiées à un domaine spécifique sont elles malheureusement toujours restreintes au lobbying, elles offrent des possibilités d’actions concrètes mais absolument aucun débouché politique car elles ne rassemblent pas assez de monde.
Et c’est normal à comprendre, tu peux être tout à fait d’accord avec qqun sur une question, comme sur la constitution, mais pour toi cela peut très bien être ta principale préoccupation, tandis que pour la personne d’accord avec toi cela peut très bien n’être qu’une préoccupation parmi d’autres, et donc secondaire par rapport à d’autres de ses préoccupations.
Du coup cette personne aura beau être d’accord avec toi, comme tu ne partages pas ses préoccupations principales, elle ne rejoindra pas ton groupe.
En proposant un programme général tu regroupes plein de préoccupations différentes, et donc plein de gens peu importe qu’ils n’aient pas les mêmes principales préoccupations ni les mêmes priorités. Et tu colles de toute façon mieux à la réalité, car comme tout faisant système, tu ne peux généralement rien changer en ne t’occupant d’un domaine spécifique, il faut des modifications dans plusieurs domaines.
Et au niveau de la constitution par exemple, contrairement à ce que tu crois, c’est le cas. Changer la constitution ne suffit pas, il faut aussi changer les lois, et organiser autrement la société ( je pense notamment à l’éducation, le partage des richesses, à la façon dont on gère la vie publique au niveau local etc … )
La preuve la constitution de 1789 et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Faire de belles déclarations dans la constitution c’est une chose, mais ça ne sert à rien si les lois ne respectent pas ces beaux principes ensuite, si les gens ne sont pas éduqués avec les valeurs qui fondent l’esprit de la constitution, et les droits institués sont purement formels et restent des voeux pieux si tu ne donnes pas à tout le monde les moyens matériels de les exercer ( pas d’égalité de droit sans partage des richesses plus égalitaire ).
En réalité, quand on parle de démocratie, il ne s’agit pas seulement d’un scrutin comme un imbécile le prétend dans une vidéo dans un autre fil, il ne s’agit pas seulement d’une constitution, il s’agit en réalité de mettre en place un certain type de société, un certain système de relations sociales, par les règles adéquates. La constitution n’en est que la 1ère déclinaison, ensuite il y a les lois, qui se déclinent dans plein de domaines, il y a les traditions, et il y a même les moeurs ! Oui une démocratie c’est aussi un certain type de relations entre les hommes et les femmes par exemple.
Après je compte pas à ce que tu me crois sur parole, mais tu le verras toi même par l’expérience.
Je peux pas te conseiller dans quel parti aller, ni même si comme Bernadd le dit, il faudrait créer un nouveau parti, toi seul peut le savoir. Tout ce que je sais c’est qu’il est difficile de convaincre les gens, ça prend du temps, surtout que tu n’es pas le seul à essayer de les convaincre tu as aussi des adversaires qui combattent des idées et qui en défendent d’autres, il faut être humble face à ça et peu importe ce que tu choisiras de faire, peu importe la méthode, tu seras toujours confronté à ce problème, il est illusoire de croire qu’il y a une méthode miracle qui permettrait de mobiliser les gens par millions pour faire la révolution en claquant des doigts. Quelle que soit la méthode, pour que les gens se mobilisent, il faut forcément qu’ils soient convaincus que c’est la bonne chose à faire, et c’est là toujours la même difficulté, tu te heurteras tjrs aux même problème.
Les adversaires de la démocratie sont puissants, ils ont les médias, les sondages, la puissance de l’argent et la légitimité de l’état, le combat des idées dans tous les cas c’est david contre goliath il est illusoire de croire que c’est juste une question d’idées ou de ce qui est proposé. Les gens trop radicaux, comme les indignés, comme cantona, ou comme certains sur ce forum n’ont pas compris. Les uns croient qu’il suffit d’aller se rassembler sur une grande place pour que ducoup ça déclenche une révolution, et les autres croient qu’il suffit de fixer un jour pour retirer son argent des banques pour faire s’effondrer le système bancaire. Enfin les derniers croient que le problème c’est qu’on ne propose pas la bonne chose et croient que c’est avec une histoire de tirage au sort ou de fédéralisme qu’ils y arriveront …
Non. On voit bien que tant que les gens ne sont pas convaincus que c’est la bonne chose à faire ils ne le feront pas. Et proposer des choses trop radicales ça ne les aidera vraiment pas je pense.
Alors ils ont beau jeu de critiquer les syndicats quand ils essaient de mobiliser les gens pour des grèves, ou les partis politiques quand ils essaient de les mobiliser pour les élections ou les mouvements sociaux. Tout le monde doit faire face au même problème, il faut être suffisament nombreux et donc il faut déjà gagner au niveau des esprits avant d’espérer changer quoi que ce soit.
Je pense sincèrement qu’il n’y a aucune chance qu’Etienne transforme d’ici les 200 prochaines années ses idées de tirage au sort et de fédéralisme à la athénienne en débouché politique concret.
Je pense qu’il serait beaucoup plus utile et malin à défendre des étapes intermédiaires pour introduire l’idée du tirage au sort déjà dans les institutions et y habituer les gens, comme par exemple une assemblée tirée au sort à la place du sénat ou des jurys citoyens tirés au sort pour contrôler les executifs, car ce genre d’idées, tout en tenant le même discours et en expliquant les mêmes choses au niveau d’Athènes et tout ça, et bien il pourrait j’en suis sur les faire progresser dans des partis politiques actuels et les transformer en projets politiques, le reste étant tellement radical, ça ne peut que le marginaliser et le condamner à l’impuissance.