08 Le traité de LISBONNE

[b]Des pouvoirs non affaiblis sont, par définition, incontrôlables.[/b].
N'aurais-tu pas dû écrire " [b]Des pouvoirs non affaiblis sont, [u]je le pense[/u], incontrôlables.[/b]" ? :):)

Alors, je te propose :

[b][bgcolor=#FFFF99]Si nous ne modérons pas les pouvoirs, nous ne pourrons pas les contrôler. Ils nous échapperont, et ils nous asserviront.[/bgcolor][/b]
Est-ce qu'on progresse ? ;)

A-J

OK, nous sommes d’accord :
modérer au lieu de affaiblir, ça devrait aller. :confused:

Nous avons apparemment atteint ensemble la frontière du pays des Capillo-Tracteurs et, du haut de cette petite colline, nous admirerons la beauté ineffable de leurs riches contrées en nous gardant bien d’y pénétrer :slight_smile:

Je retourne à mes copies.

Salut à toi, vieille branche :confused:

Étienne.

Excusez moi de m’immiscer dans votre débat ( modérer- affaiblir les pouvoirs…).

En ce qui me concerne j’utilise le mot « précariser » parce que la question qui se pose surtout est celle des personnes qui tiennent les pouvoirs. La précarisation se rapporte aux personnes.

Modérer ou affaiblir ne sont pas satisfaisants puisqu’un pouvoir par principe aura toujours tendance à se fortifier. C’est le « on en use et on en abuse ». Il faut donc lui opposer des contre-pouvoirs dans l’espace et dans le temps.

Voilà pourquoi j’utilise le mot précariser le pouvoir. (faire douter et responsabiliser).

Bonjour Orbi,

C’est une bonne idée :
[bgcolor=#FFFF99]précariser les hommes au pouvoir[/bgcolor].

Merci :slight_smile:

[bgcolor=#FFFF99]Traité européen : que s’est-il passé ? [/bgcolor]
[bgcolor=#FFFF99]Du référendum de 2005 à la ratification de 2008[/bgcolor]
une bonne synthèse, proposée par Laurent Dauré et Dominique Guillemin :

La « crise de l'Europe » ne résidait finalement pas dans le choix d'une orientation institutionnelle et politique, mais n'était qu'une péripétie passagère à laquelle il convenait de remédier (...) Cette supercherie [le remaquillage de la Constitution européenne rejetée en "traité simplifié"] permet de contourner les peuples réticents, procédé qui jette rétrospectivement un voile de suspicion sur les étapes précédentes de l'intégration européenne.

Le 4 février 2008, le parlement réuni en Congrès à Versailles a voté le projet de loi modifiant le titre XV de la Constitution française. Trois jours plus tard, le 7 février, l’Assemblée ratifiait le traité de Lisbonne. Sa publication au Journal officiel le 14 février entérine l’adhésion de la France au nouveau Traité européen.

Qu’est-ce que le Traité de Lisbonne, également appelé « Traité simplifié » ou « mini-Traité » ? C’est un accord réformant les institutions de l’UE à vingt-sept. Il a été rédigé à partir de la Constitution européenne de Valéry Giscard d’Estaing, qui fut rejetée par référendum en France le 29 mai 2005 (55 %) et aux Pays-Bas le 1er juin 2005 (61 %).

Que s’est-il passé entre ces refus exprimés et l’adhésion des parlementaires en 2008 ? Avant le vote de 2005, Valéry Giscard d’Estaing déclarait : « C’est une bonne idée d’avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui. »[1] Un an après, il persiste : « Le rejet de la Constitution était une erreur, qui doit être corrigée. »[2] Même après les Non français et hollandais, des États adoptèrent une Constitution qui n’avait pourtant aucune chance d’aboutir légalement, signe que le projet initial n’était pas amendable : « Si c’est Oui, nous dirons : « allons-y ! » ; si c’est Non, nous dirons : « on continue ! » (…) Il faudra attendre la fin du processus de ratification dans l’Union européenne. Si à la fin de ce processus, on n’arrive pas à résoudre les problèmes, les pays qui auront dit Non devront se reposer la question »[3]. Pourquoi donc avoir soumis un texte aussi impératif aux aléas des consultations populaires ? Convaincus que leur projet recevrait l’onction populaire, les promoteurs de l’UE ont fait preuve de trop d’optimisme.

En 2005, le texte de la Constitution fut envoyé aux citoyens qui, invités à suivre massivement la campagne, ne s’en privèrent pas. Le débat déborda rapidement le cadre des grands médias, marqués par leur préférence affichée pour le Oui[4], en s’animant à travers de nombreux forums, rencontres, blogs et publications diverses. Durant cette période, les partisans de la Constitution défendirent leur projet en recourant à de grandes généralités aussi vagues qu’impératives (« Il faut faire l’Europe », « Il faut relancer l’Europe », « Il faut plus d’Europe », etc.), en somme, il faut faire l’Europe parce qu’il faut faire l’Europe. La méthode, fort commode, consista à faire passer les arguments du Non pour de dangereux archaïsmes. La prédiction de grands désastres devait convaincre les plus hésitants[5].

Ces incantations grandiloquentes occultèrent la nature politique du projet en question ; Europe fédérale ? Super-État européen ? Europe des nations ? Quoi qu’il en soit, pour les tenants du projet de Constitution, il n’y avait pas de « plan B », il fallait donc trouver un moyen pour « sortir l’Europe de l’impasse. » Cette expression et ses variantes, omniprésentes en 2005 comme en 2008, relèvent du récit fondateur qui devait unir les peuples de vingt-sept nations souveraines dans un nouveau cadre politique. L’UE reste persuadée que la légitimité populaire va parachever son œuvre légale.

Les Non de 2005 provoquent une crise qui interrompt ce scénario idéal, sans qu’il soit question de redéfinir le projet : ceci n’a jamais été envisageable. La « crise de l’Europe » ne résidait finalement pas dans le choix d’une orientation institutionnelle et politique, mais n’était qu’une péripétie passagère à laquelle il convenait de remédier. Pourtant, aucun nouveau texte ne fut proposé avant l’été 2007, et ceci pour deux raisons :

  1. Le calendrier électoral français, Jacques Chirac ne pouvant revenir sur le verdict des urnes, ce rôle était donc dévolu à son successeur. Nicolas Sarkozy promit de tenir compte du vote du 29 mai et proposa « un traité simplifié pour rassembler les mesures qui font consensus dans la Constitution de Valéry Giscard d’Estaing »[6] qui serait ratifié par voie parlementaire.

  2. Il fallait prendre le temps d’élaborer ce traité sur le principe suivant : « Toutes nos propositions seront dans le nouveau texte, mais cachées ou déguisées »[7].

Ainsi l'UE [b]maquille[/b] la Constitution Giscard qu'elle se [b]refuse[/b] à abandonner pour en faire le Traité de Lisbonne. [b][bgcolor=#FFFF99]

Ce qui légitimait la démarche du président, c’est que le « mini-Traité » devait être fondamentalement différent du texte précédent[8] (plus protecteur, moins libéral, réconciliant le Oui et le Non…)[/bgcolor][/b] ;

alors comment expliquer ces déclarations : « La substance de la Constitution est maintenue. C’est un fait »[9] ; « Nous n’avons pas abandonné un seul point essentiel de la Constitution »[10] ; « Il n’y a rien du paquet institutionnel originel qui ait été changé »[11] ; « Seuls des changements cosmétiques ont été opérés et le document de base reste le même »[12] ; « C’est essentiellement la même proposition que l’ancienne Constitution »[13] ; « En n’appelant pas ce traité une Constitution, ce qu’il y a de bien, c’est que personne ne pourra demander un référendum »[14] ; « La substance du traité constitutionnel a été préservée du point de vue du Luxembourg… Bien entendu, il y aura des transferts de souveraineté. Mais serais-je intelligent d’attirer l’attention du public sur ce fait ? »[15] ; etc., etc. ?
Comme autant de soupirs de soulagement, ces aveux célébraient la sauvegarde du traité originel, mais trahissaient une volonté explicite de dissimulation, à l’opposé de l’esprit de transparence qui visait à recueillir l’adhésion des citoyens européens en 2005. « Le but du Traité constitutionnel était d’être plus lisible… Le but de ce traité est d’être illisible… La Constitution voulait être claire alors que ce Traité voulait être obscur. C’est un succès. »[16]


Le Traité de Lisbonne n’est pas un texte homogène, mais un assemblage de modifications à la Constitution européenne, de références aux traités antérieurs et d’annexes permettant d’isoler les parties trop critiquées en 2005. La méthode « consiste à vouloir conserver une partie des innovations du traité Constitutionnel et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l’objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un traité devenu incolore et indolore. L’ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l’opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l’on n’ose pas lui présenter en direct »[17]. Peu importe dès lors que le « mini-Traité » fasse 267 pages, environ 3 000 avec les annexes[18].

Cette supercherie permet de contourner les peuples réticents, procédé qui jette rétrospectivement un voile de suspicion sur les étapes précédentes de l’intégration européenne. Car, après tout, comme l’a dit José-Manuel Barroso, « Si on avait organisé un référendum sur la création de la Communauté européenne ou sur l’euro, vous croyez vraiment que ce serait passé ? »[19].

Avec ce genre de méthode, la ratification française n’était plus qu’une formalité une fois Nicolas Sarkozy élu et disposant d’une majorité au Parlement, puisque « [Les modifications] ont été conçues pour permettre à certains chefs de gouvernement de vendre à leur peuple l’idée d’une ratification parlementaire, plutôt que par référendum. »[20] Les étapes suivantes du processus s’enchaînent sans difficultés : le 13 décembre 2007, le Traité est signé par les chefs d’État des vingt-sept à Lisbonne ; la France est le cinquième pays à le ratifier.

Un climat d’approbation médiatique et politique, accompagné d’un discours apaisant « de sortie de crise », permet de ne soulever aucun débat sur le contenu du projet rejeté par le peuple en 2005. L’année 2008 sera consacrée aux ratifications nationales qui permettront la mise en application des nouvelles institutions européennes dès le 1er janvier 2009. À ce jour, l’Irlande est le seul pays à organiser un référendum, sa Constitution l’y obligeant. La date initialement prévue a été repoussée, les sondages n’étant pas favorables. Favorables au Oui, s’entend.

« Il plus facile de légaliser certaines choses que de les légitimer » Chamfort

[1] Le Monde, le 6 mai 2005.
[2] Discours devant la London School of Economics, le 26 juin 2006.
[3] Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois, quelques jours avant le référendum français en 2005, Daily Telegraph, le 26 mai 2005. Le Luxembourg ratifia d’ailleurs la Constitution le 10 juillet 2005.
[4] 29% d’interventions en faveur du Non contre 71 % en faveur du Oui.
[5] Deux exemples parmi d’autres : « Si vous votez Non, vous nous exposez à un risque de guerre. » Pierre Lellouche, député UMP de Paris, France 2, le 26 avril 2005 ; « Ceux qui font la fine bouche devant la Constitution européenne devraient avoir en mémoire les photos d’Auschwitz ». Jean-Marie Cavada, dépêche AFP datée du 22 janvier 2005.
[6] Nicolas Sarkozy, Europe 1, le 31 janvier 2007.
[7] Valéry Giscard d’Estaing, Sunday Telegraph, le 1er juillet 2007.
[8] « Il va de soi que ce nouveau Traité simplifié, ça ne peut pas être une nouvelle Constitution, car la Constitution, les Français y ont dit non, et d’autres ont dit non également. » Nicolas Sarkozy, le 24 mai 2007.
[9] Angela Merkel, chancelière d’Allemagne, The Daily Telegraph, le 29 juin 2007.
[10] José Luis Zapatero, Premier ministre du Royaume d’Espagne, discours du 27 juin 2007. [11] Astrid Thors, ministre des Affaires européennes de la République de Finlande, TV-Nytt, le 23 juin 2007.
[12] Vaclav Klaus, Président de la République Tchèque, The Guardian, le 13 juin 2007.
[13] Margot Wallstrom, commissaire européen, Svenska Dagbladet, le 26 juin 2007.
[14] Giuliano Amato, ancien vice-président de la Convention européenne, discours devant la London School of Economics, le 21 juillet 2007.
[15] Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Grand Duché de Luxembourg, Agence Europe, le 24 juin 2007.
[16] Karel de Gucht, ministre belge des Affaires étrangères, Flandreinfo, le 23 juin 2007.
[17] Valéry Giscard d’Estaing, Le Monde, le 14 juin 2007.
[18] A comparer aux 191 pages de la Constitution européenne, et aux 30 pages de la Constitution française.
[19] Président de la Commission européenne, Daily Telegraph, le 14 novembre 2007
[20] John Bruton, ancien Premier ministre d’Irlande, ambassadeur de l’Union européenne auprès des Etats-Unis, prédécesseur du chef du gouvernement irlandais actuel (Bertie Ahern), Irish Times, le 30 juin 2007.

Je serai assez d'accord pour que toute proposition de RIC ou "proposition citoyenne de projet de loi", soit assorti d'une [s]période[/s] délai "obligatoire" entre la demande populaire (suivant les modalités définies) et le vote... afin d'éviter justement les effets de passion ou de mode... et c'est pour cela évidemment que je citais le risque d'un RIC (suite à une réaction épidermique de la population) sur la peine de mort, pas pour redébattre d'arguments éculés.
Oki =) Excusez-moi alors, je croyais que cette nécessité d'un débat préalable étais un acquis des précédentes discussions, donc je n'ai pas pensé que c'était de cela que vous parliez.

[bgcolor=#FFFF99]« L’histoire secrète du traité de Lisbonne »[/bgcolor]

par Karel Vereycken :

http://www.solidariteetprogres.org/spip/article-imprim.php3?id_article=3853

Ce genre de réunions privées ( Bilderberg ) est l’objet de tous les fantasmes ^^

Le 10 août 1792, les révolutionnaires prennent d’assaut le palais des Tuileries : c’est la chute de la monarchie. Le 11 août 1792, l’Assemblée législative instaure pour la première fois le suffrage universel en France. Tous les Français de plus de 21 ans ont désormais le droit de vote. Seules exceptions : les domestiques et les femmes n’ont pas le droit de vote.

Le 21 avril 1944, les femmes obtiennent enfin le droit de vote. Dorénavant, les Français et les Françaises de plus de 21 ans peuvent voter pour élire leurs représentants. Ces représentants sont les députés français et les sénateurs français. Ils votent les lois de la République française. Le peuple français doit obéir à ces lois. Ce système s’appelle la démocratie française.

Aujourd’hui, ce système est mort.

Aujourd’hui, la démocratie française est morte.

Aujourd’hui, le peuple français doit obéir à des lois européennes.

Qui peut proposer une loi européenne ?

Seule la Commission européenne peut proposer une loi européenne.

Le premier scandale, c’est que la Commission européenne, à partir du 1er novembre 2014, sera composée de 18 aristocrates, non-élus au suffrage universel direct, sans aucune légitimité démocratique.

Le deuxième scandale, c’est que la Commission comptera 18 membres, alors qu’il y a 27 nations dans l’Union européenne. A partir du 1er novembre 2014, la France n’aura donc plus obligatoirement un représentant à la Commission européenne.

A l’intérieur de la Commission européenne, que pèsera la France ?

  • Quand la France aura un représentant parmi les 18 membres de la Commission européenne, elle pèsera 1 sur 18, c’est-à-dire 5,55 % !

  • Quand la France n’aura pas de représentant parmi les 18 membres de la Commission européenne, elle pèsera 0 sur 18, c’est-à-dire 0 % ! Le peuple français devra alors obéir à des lois européennes qui auront été proposées par un groupe de 18 aristocrates non-élus, groupe dans lequel il n’y aura même pas un seul Français !

Qui votera ces lois européennes ? Le Parlement européen ET AUSSI le Conseil des ministres.

  • Le Parlement européen aura 750 membres. La France aura 74 députés. A l’intérieur du Parlement européen, que pèsera la France ? Elle pèsera 74 sur 750, c’est-à-dire 9,86 % !

  • Le Conseil des ministres a 27 membres. A l’intérieur du Conseil des ministres, que pèsera la France ? Elle pèsera 1 sur 27, c’est-à-dire 3,70 % !

Récapitulons. Les députés français et les sénateurs français ne votent plus les lois de la France. La France ne contrôle plus ses propres lois. Le peuple français ne contrôle plus son destin. Le peuple français n’est plus acteur de sa propre histoire : il ne fait que vivre ce que d’autres décident à sa place.

La nouvelle aristocratie a le pouvoir.

Comment ne pas imaginer un complot ? Au stade actuel du processus, le complot est évident, car le processus a forcément été « pensé » par une « association de malfaiteurs »:

Ils ont prévu ce qui aujourd’hui commence à devenir prévisible par nous tous, pour peu que nous faisions un effort de « prospective »:

Ils ont prévu « la chienlit », et ils comptent y investir pour faire triompher leur « ordre nouveau »:

le peuple, forcément mécontent, manifestera forcément « dans l’ilégalité », car la « loi » aura été écrite pour en arriver à ce conflit même!

Ce « désordre » sera l’occasion de créer les chocs, les « traumats » nécessaires pour que règne enfin une peur moyenageuse , seul ingrédient nécessaire pour le règne maffieux des dominants:

la question posée par le sphinx à tout individu désireux de franchir la porte de l’ascenseur social dans le bon sens, elle se pose déjà à l’entrée des « entreprises qui recrutent »: c’est celle de savoir si l’on est prêt à obéir plus pour gagner plus.

Il s’agit de bien plus que d’une régression d’un siècle ou deux, il s’agit de retomber sous le régime de « la question » !

…la culpabilisation sera l’ingrédient complémentaire, qui sera cultivé en pervertissant « le devoir de mémoire » le transformant en viol des consciences des enfants.

…Une marge de manoeuvre sera laissée aux sectes par l’invention d’une « laïcité non terroriste »…etc…on y est !

PÉTITION EUROPÉENNE CONTRE UNE PRÉSIDENCE TONY BLAIR

Vous pouvez la signer sous

http://www.stopblair.eu

JR

Maintenant que le traité de Lisbonne est ratifié, nos ministres se lâchent. Nos ministres n’ont plus peur de dire ce que sera VRAIMENT l’Europe : un satellite des Etats-Unis. Un marché unique. Une monnaie unique. Une pensée unique. Une langue unique. Adieu, langue française.

Jean Quatremer est le correspondant du journal Libération à Bruxelles. Sur son blog, il écrit cet article désespérant :

« Valérie Pécresse, la ministre chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche, veut rendre obligatoire l’enseignement de l’anglais pour tous en France : « je veux rompre le tabou de l’anglais », a-t-elle expliqué, le 25 février, à Bruxelles. Elle avait invité à déjeuner un groupe de journalistes français, en marge d’un Conseil des ministres « compétitivité », afin de donner ses priorités pour la présidence française de l’Union. « L’anglais doit être une des langues que tous les jeunes doivent maîtriser : on ne peut pas laisser sortir du système éducatif un enfant qui ne sait pas parler cette langue », a affirmé Pécresse qui, outre l’anglais, parle le russe. « Il faut même donner des cours en anglais à l’université », sur le modèle de ce qui se fait déjà aux Pays-Bas et dans les pays nordiques. « Notre culture rayonne d’autant mieux qu’on s’exprime dans la langue de l’autre ». La ministre a raconté que lors des déjeuners informels avec ses vingt-six collègues, elle s’exprimait en anglais sans réticence puisque c’est la langue commune : « je ne vais pas les obliger à avoir recours à l’interprétation ». Le chemin vers le tout anglais semble bel et bien balisé. Il va falloir s’y faire : à terme, les Français auront donc deux langues maternelles. À condition, bien sûr, que les moyens matériels suivent. »

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/02/le-gouvernement.html

Aller vers la langue-pont universelle

C’est l’unique solution au problème gravissime que vous soulevez, Instit (3378). Ce problème est, ni plus ni moins, celui de l’égalité de pensée et d’expression.

Tant qu’on ne l’admettra pas, le « globish » servira de lingua franca dans les occasions informelles, sans pouvoir néanmoins atteindre le stade de la vraie langue « commune » : pour des raisons politiques, il faudra toujours que les documents et les interventions officielles se fassent dans toutes les langues officielles de l’UE (23, 24 ?).

En attendant la langue universelle, il faut favoriser le plurilinguisme : 1) apprendre systématiquement l’anglais en seconde langue, et en première langue une langue étrangère correspondant aux affinités naturelles, géographiques et culturelles des élèves (par exemple, trois heures d’espagnol et une heure d’anglais, trois heures de mandarin et une heure d’anglais), et 2), promouvoir les outils linguistiques (dictionnaires automatiques multilingues, programmes de traduction et d’interprétation automatiques), qui laissent encore beaucoup à désirer.

Des investissements massifs dans la traduction et l’interprétation humaines et automatiques coûteraient beaucoup moins cher et seraient beaucoup plus utiles que des investissements massifs dans l’apprentissage du seul anglais tels que Mme Pécresse semble les envisager. JR

En 52 avant Jésus-Christ, la Résistance gauloise perd la bataille d’Alésia. La République romaine envahit la Gaule. Les Romains annexent la Gaule.

Sur le territoire de la Gaule, les Romains apportent leur langue, le latin. Petit à petit, les Gaulois apprennent à parler latin. Petit à petit, le latin recouvre les langues gauloises. Adieu, langues gauloises ! Les langues gauloises sont mortes ! Les langues gauloises sont oubliées ! Il ne reste qu’environ 140 mots gaulois dans la langue française d’aujourd’hui.

Les Gaulois deviennent des Romains.

Les Gaulois choisissent de devenir des Romains.

Nous ne devons plus parler des « Gallo-Romains ». Je cite Christian Goudineau, professeur au Collège de France.

« Sciences et avenir : Qu’est-ce qui fait le Gallo-Romain ?

Christian Goudineau : Le Gallo-Romain est une invention du XIXème siècle, c’est du nationalisme pur ! On a voulu faire revenir « notre » fonds gaulois, alors que la Gaule était devenue romaine. En ce moment, que faisons-nous, si ce n’est parler en latin ? Nous ne parlons pas gaulois. Nous sommes des Romains. L’essentiel, selon moi, c’est la langue. C’est elle qui nous structure. » (Sciences et avenir, septembre 2007, p.49)

Danièle et Yves Roman évoquent la disparition des langues gauloises :

« Le problème de la langue était donc essentiel. Car le gaulois n’était ni un dialecte ni une langue fractionnée en une multitude de dialectes, et il n’est pas inexact d’ajouter que, quelques siècles plus tôt, il avait eu une vocation européenne, étant la langue la plus répandue chez les peuples du nord de l’Europe. Mais le latin était l’idiome des conquérants, des nouveaux maîtres, et de leurs émules, qui pouvaient se faire rapidement nombreux, la langue parlée sur le Forum de Rome étant l’image même d’un nouveau mode de vie, méditerranéen, fait de paix et de villes. » (Danièle et Yves Roman, Histoire de la Gaule, Fayard, p.509)

Aujourd’hui, l’idiome des conquérants, des nouveaux maîtres, c’est l’anglais. Aujourd’hui, les élites françaises sont déjà colonisées. Aujourd’hui, les élites françaises sont déjà étatsunisées. Par exemple :

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/02/le-gouvernement.html

Gaulois/Romains

Instit (3380).

Le parallèle est instructif, toutefois les circonstances ont changé.

La grande différence est que les nouveaux maîtres sont rapidement en train de perdre ce statut dans un contexte de mondialisation et de diminution des ressources planétaires alors que leur langue n’est pas encore devenue hégémonique même si elle est largement dominante : le chinois écrit (près de 25 % de l’humanité), le mandarin (pour la langue chinoise orale), l’hindi-ourdou, l’espagnol, le portugais et l’arabe sont des concurrents sérieux. Le français perd certes en proportion, mais il progresserait plutôt en chiffres absolus, et il n’est pas exclu que dans quelques décennies l’Afrique vienne renforcer sa position relative.

Avec du volontarisme (à peu près impensable il y a 2 000 ans, sauf dans le cas du chinois ?), une situation linguistique peut se modifier : ainsi l’hébreu a été ressuscité.

Le français bénéficierait d’une action sur deux plans : 1) normalisation beaucoup plus active de la langue (je ne dis pas simplification), et 2) sa mise au service du plurilinguisme et de la future langue universelle (si les francophones prenaient officiellement parti dans ce sens). Pour le moment, les francophones (je pense surtout aux Français) raisonnent dans une optique de défense de la langue française qui me semble trop étroite et donnent l’impression plus ou moins fondée de se battre contre des moulins à vent : notre langue y perd globalement dans l’opinion mondiale, même si cette attitude engendre de nombreuses sympathies qui ne sont pas sans utilité.

L’espérantisme officiel manque d’une vraie influence mondiale, d’agressivité et du sens de la communication (mon impression personnelle). Il lui manque, pour tout dire, une organisation politique.

Les élites françaises (de droite et de gauche) prêtent à s’incliner devant la suprématie absolue de l’anglais sont à peu près celles qui voulaient nous imposer le TCE au nom de la raison : on se rappelle que pour le TCE ça n’a pas marché.

Je ne dis pas qu’en en attendant mieux on doive s’abstenir d’utiliser les ressources de l’anglais dans son rôle actuel de langue internationale majeure (au même titre que le latin, le français, l’italien ou le portugais autrefois) : mais c’est un pis-aller, dont il faut surveiller l’usage dans l’intérêt des autres langues - de la nôtre pour commencer. JR

PS : Étienne, il me semble que ces messages sur la langue devraient être transférés à la rubrique correspondante du site.

Salut etienne

Vous utilisez souvent l’argument de l’irresponsabilité de la commission et vous dites souvent que le vote de la motion de censure est rendu théorique parcequ’il ne concerne que la gestion de la commission et pas sa politique et parcequ’il faut 2/3 des votants.

Qu’est ce que vous appelez la politique de la commission et quelle différence avec sa gestion ?

Traités UE consolidés (modifiés par le traité de Lisbonne)

Les services de l’UE ont publié le 15 avril dernier le texte consolidé des traités UE en vigueur tels que modifiés par le traité de Lisbonne (à supposer que celui-ci entre lui-même en vigueur) :

http://www.consilium.europa.eu/uedo

Auparavant, en vue de la ratification française, les services de l’Assemblée nationale avaient publié un texte consolidé extrêmement utile dans la mesure où les modifications introduites par Lisbonne sont marquées en caractère gras. Il peut toutefois y avoir des différences mineures par rapport à la version UE du 15 avril. D’autre part, dans cette version consolidée de l’Assemblée nationale, ne sont pas reproduits les protocoles ou déclarations antérieures qui n’ont pas été modifiés par Lisbonne :

http://www.assemblee-nationale.fr/1

JR

L’ALLEMAGNE N’A PAS RATIFIÉ LE TRAITÉ DE LISBONNE

Ce qui suit est reproduit du site observatoiredeleurope.com :

[i]"L'annonce de la ratification allemande était prématurée

« 03/06/2008
Les médias annonçaient il y a dix jours la ratification de Lisbonne par l’Allemagne - ce qui était au minimum prématuré. Le Bundesrat a en effet approuvé le texte, déjà entériné par le Bundestag. Mais il reste au président Horst Köhler à le signer, et cette signature pourrait attendre que l’on soit fixé par d’éventuels recours du député CSU Peter Gauweiler et de la gauche de la gauche. En outre, le land de Berlin n’a quant à lui, toujours pas effectué cette ratification. Rappelons que le TCE avait atteint le même stade (approbation par les deux chambres), mais n’avait pas été signé par le président, qui attendait la décision de la cour de Karlsruhe quand le référendum français a interrompu le processus (Henri Védas ) »[/i]


Bis repetita placent !

JR

The Irish Times : pour la première fois, le NON passe en tête dans un sondage (publié vendredi 6 juin 2008).

NON : 35 %.
OUI : 30 %.
Indécis : 28 %.
N’iront pas voter : 7 %.

http://www.ireland.com/newspaper/frontpage/2008/0606/1212696236403.html

Petit rappel : le président du groupe qui a rédigé la Constitution européenne s’appelle Valéry Giscard d’Estaing. C’est lui qui a dirigé et orienté la rédaction de la Constitution européenne.

Le 1er juin 2005, le peuple hollandais est consulté par référendum. Il doit répondre à une question simple : " Souhaitez-vous l’adoption de la Constitution européenne ? " La quasi-totalité des parlementaires hollandais appelle à voter OUI.

Le 1er juin 2005, par référendum, le peuple hollandais répond NON à l’adoption de la Constitution européenne.

Peuple hollandais : 1.
Parlement hollandais : 0.

Deux ans après, Sarkozy et Merkel proposent un nouveau traité : le traité de Lisbonne. Valéry Giscard d’Estaing écrit sur son blog : " Le traité de Lisbonne reprend 98 % de la Constitution européenne. "

Ce sont ses propres termes : " 98 % ".

Trois ans après le référendum hollandais, le 5 juin 2008, le peuple hollandais est bafoué. Le parlement hollandais vient d’adopter le traité de Lisbonne. Le parlement hollandais vient de faire un coup d’Etat parlementaire. Le parlement hollandais vient de faire un putsch parlementaire.

Peuple hollandais : 1.
Parlement hollandais : 1.

Le prochain match aura lieu en juin 2009 dans les urnes, lors des élections européennes.

Ou peut-être avant dans la rue, je ne sais pas.