08 Le traité de LISBONNE

Jacques Roman écrit : " Ce n’est pas deux cinquièmes qu’il faut pour rendre impossible la révision de la constitution, mais deux cinquièmes des votes exprimés plus un vote. "

Je ne suis pas sûr.

A mon avis, pour rendre possible la révision de la constitution française, il faut trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Si ces trois cinquièmes des suffrages exprimés ne sont pas atteints, il n’y a pas de révision de la constitution française.

" Toutefois, le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le
Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en
Congrès ; dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la
majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. "

La réponse à la question discutée dépend du fait que l’ensemble des députés et des sénateurs présents et non abstentionnistes sera pair ou impair…
Maintenant, cette question ne semble pas très importante. Du moins, nous n’en sommes sans doute pas là. :wink:

Minorité requise pour faire échec au projet de révision de la constitution française.

Instit (3162), il me semble que c’est une question de simple arithmétique.

Nous parlons de suffrages exprimés (donc de oui et de non, exclusivement — on ne compte pas les abstentions ni les bulletins blancs ou nuls) : d’accord ?

Si le projet de révision réunit trois cinquièmes de oui, cela veut bien dire — d’après la disposition constitutionnelle que vous citez — que la révision passe mais que deux cinquièmes des voix sont allées au non : d’accord aussi ?

Dans ces conditions, pour que la révision ne passe pas, il faut que les oui ne réunissent au maximum que trois cinquièmes des voix moins une — ce qui donne forcément deux cinquièmes plus un de suffrages allant au non. CQFD. JR

D’accord à 100 %. Le plus triste, c’est que nous faisons des calculs, alors que les dirigeants du PS ont appelé à l’abstention le 4 février ! Si les parlementaires PS s’abstiennent, il n’y aura pas de référendum. La seule chose qui pourrait faire pencher la balance, c’est une très très faible abstention des parlementaires PS…

Jacques Roman, sam a raison, ca dépend si les 3/5 tombe juste ou s’il faut arrondir =)

Concernant les parlementaires PS j’ai peu d’espoir …

Minorité requise pour faire échec au projet de révision de la constitution française (suite)

Je ne vois pas en quoi la question de savoir si le nombre de suffrages exprimés est pair ou impair serait pertinente.

Exemples :

Si on a 798 suffrages exprimés, il faut 798 divisé par 5 multiplié par 3 = 479 oui pour que ça passe [ou 798 divisé par 5 multiplié par 2 = 319,8 = 320 non (soit plus des deux cinquièmes des suffrages exprimés) pour que ça ne passe pas].

Si on a 801 suffrages exprimés, il faut 801 divisé par 5 multiplié par 3 = 481 oui pour que ça passe [ou 801 divisé par 5 multiplié 2 = 320,4 = 321 non (soit plus de deux cinquièmes des suffrages exprimés) pour que ça ne passe pas].

On voit que le même calcul exactement s’applique dans les deux cas (que le nombre de suffrages exprimés soit pair ou impair). On arrondit bien sûr à l’unité supérieure puisqu’une voix ne peut pas se diviser.

Mais j’aurais effectivement dû écrire : « les deux cinquièmes des suffrages exprimés plus une voix ou fraction de voix ».

Comme dit Sam, c’est un détail. JR

Oui, c’est bien d’avoir corrigé, ce n’était pas une question de pair ou impair, puisque là on à un multiplicateur 3/5…
Mais le principe y était, et le calcul est tout aussi inutile à faire à l’avance.

[bgcolor=#FFFF99]« Gloire aux Quatre-vingts de l’an Quarante ! »[/bgcolor]

Un bon pamphlet de Christian Darlot :

Gloire aux Quatre-vingts de l'an Quarante !

Le Parlement est appelé à se réunir bientôt en Congrès, afin de modifier la Constitution pour rendre possible de ratifier le traité de Lisbonne. Comme les dispositions de ce traité ont déjà été rejetées par le Peuple Souverain en 2005, cette ratification, si elle avait lieu, serait un pur abus de pouvoir, qui n’engagerait évidemment en rien le Peuple Français ni la République.

[bgcolor=#FFFF99]Ce traité bafoue la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et tous les principes du droit constitutionnel ; il viole la souveraineté nationale, supprime la séparation des pouvoirs, la démocratie représentative, et la responsabilité politique. Sa ratification abrogerait en fait la Constitution et abolirait la République. [/bgcolor]

Cependant la classe politique presque unanime s’apprête à perpétrer cette trahison, non seulement le parti présidentiel, mais aussi des parlementaires qui se prétendent défenseurs des droits et intérêts des classes sociales modestes. En agissant ainsi, ils abandonneraient pourtant celles-ci au pouvoir des puissances financières internationales qui règnent sans contrôle sur la Commission de Bruxelles et sur la Cour de Luxembourg.

Or chacun sait qu’il ne tiendrait qu’au groupe socialiste de réunir autour de lui les deux cinquièmes des suffrages exprimés nécessaires pour que la ratification soit soumise à la décision du Peuple Souverain. Maintes gens s’indignent du reniement du Parti Socialiste, qui paraît n’être plus qu’un champ clos de rivalités.

[b][bgcolor=#FFFF99]Les républicains attendent pourtant avec espoir la décision des parlementaires socialistes. En refusant de trahir, ces parlementaires couperaient court à des agissements désastreux, agiraient selon l’honneur, et aussi selon leur intérêt. Mais s’ils trahissaient la Nation en obéissant à leurs chefs, la preuve serait faite que le Parti Socialiste ne représente plus que la nouvelle bourgeoisie prête à tout pour se fondre dans l’ancienne et figer la situation sociale à son profit.

Si le suffrage universel et la souveraineté nationale étaient niés, la dégradation de la société mènerait bientôt à la violence, et les parlementaires qui se seraient rendus complices de ce crime en porteraient la faute.

Ils en rendraient compte au jour du rétablissement de la République.[/bgcolor][/b]

Vive la République !

Christian Darlot Vingt et un janvier 2008

La spécialité des grands médias en France en 2008, c’est l’étouffement des sujets qui fâchent. Un exemple d’actualité : aucun média n’a osé comparer les engagements européens de Sarkozy pendant la campagne électorale de 2007, et la réalité du traité de Lisbonne.

Nicolas Sarkozy a pris l’engagement suivant :

« J’ai proposé à nos partenaires un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles que nul n’a contestées pendant la campagne référendaire, afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 États membres. »

http://www.sarkozy2007.com/

Page 6.

Dans la réalité, le traité de Lisbonne n’est pas un traité simplifié, et il n’est pas limité aux questions institutionnelles. Sarkozy a trahi ses engagements. Sarkozy a trahi ses promesses.

1- Le traité de Lisbonne n’est pas un traité simplifié. Il est lisible ici :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0439.pdf

Le traité de Lisbonne a 281 pages ! Par comparaison, le Traité Etablissant une Constitution pour l’Europe que nous avions reçu dans notre boîte aux lettres en 2005 n’avait que 191 pages.

2- Le traité de Lisbonne n’est pas limité aux questions institutionnelles. A partir de la page 62, vous pouvez lire la troisième partie du traité de Lisbonne intitulée « Les politiques et actions internes de l’Union (articles 26 à 197) ». Cette troisième partie explique quelles doivent être les politiques concernant :

  • le marché intérieur (articles 26 et 27)
  • la libre circulation des marchandises (articles 28 à 37)
  • l’union douanière (articles 30 à 32)
  • la coopération douanière (article 33)
  • l’interdiction des restrictions quantitatives entre les Etats membres (articles 34 à 37)
  • l’agriculture (articles 38 à 44)
  • la pêche (articles 38 à 44)
  • les travailleurs (articles 45 à 48)
  • le droit d’établissement (articles 49 à 55)
  • les services (articles 56 à 62)
  • les capitaux et les paiements (articles 63 à 66)
  • l’espace de liberté, de sécurité et de justice (articles 67 à 76)
  • les contrôles aux frontières (article 77)
  • l’asile (article 78)
  • l’immigration (article 79)
  • la coopération judiciaire en matière civile (article 81)
  • la coopération judiciaire en matière pénale (articles 82 à 86)
  • la coopération policière (articles 87 à 89)
  • les transports (articles 90 à 100)
  • les règles de concurrence
  • les règles applicables aux entreprises (articles 101 à 106)
  • les aides accordées par les Etats (articles 107 à 109)
  • les dispositions fiscales (articles 110 à 113)
  • le rapprochement des législations (articles 114 à 118)
  • la politique économique (articles 120 à 126)
  • la politique monétaire (articles 127 à 133)
  • l’emploi (articles 145 à 150)
  • la politique sociale (articles 151 à 161)
  • le fonds social européen (articles 162 à 164)
  • l’éducation, la jeunesse et les sports (article 165)
  • la formation professionnelle (article 166)
  • la culture (article 167)
  • la santé publique (article 168)
  • la protection des consommateurs (article 169)
  • les réseaux transeuropéens (articles 170 à 172)
  • l’industrie (article 173)
  • la cohésion économique, sociale et territoriale (articles 174 à 178)
  • la recherche et le développement technologique (articles 179 à 190)
  • l’espace (article 189)
  • l’environnement (articles 191 à 193)
  • l’énergie (article 194)
  • le tourisme (article 195)
  • la protection civile (article 196)
  • la coopération administrative (article 197).

Les sénateurs ont voté OUI à la révision de la Constitution française, révision nécessaire pour la ratification parlementaire du traité de Lisbonne.

http://www.senat.fr/scrupub/2007/scr2007-76.html

Il y a eu 258 suffrages exprimés.
210 sénateurs ont voté OUI.
48 sénateurs ont voté NON.

Je veux remercier les 48 sénateurs qui ont voté NON. Je veux rendre hommage aux 48 sénateurs qui ont sauvé l’honneur :

  • 23 sénateurs communistes et MRC (Chevènement): Mme Éliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie-France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean-Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Évelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Mme Odette Terrade, MM. Bernard Vera, Jean-François Voguet.

  • 22 sénateurs socialistes : M. Bernard Angels, Mmes Maryse Bergé-Lavigne, Alima Boumediene-Thiery, MM. Michel Charasse, Pierre-Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus-Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Mme Annie Jarraud-Vergnolle, M. Alain Journet, Mme Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Marc Massion, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Michel, Marcel Rainaud, Robert Tropeano, André Vantomme.

  • 2 sénateurs UMP : MM. André Lardeux, Charles Pasqua.

  • 1 sénateur proche de Philippe de Villiers : Bernard Seillier

Si on additionne les 48 sénateurs qui ont voté NON et les 77 députés qui ont voté NON, on obtient 125 parlementaires qui veulent un référendum.

Sur un nombre total de 908 parlementaires, ça fait 13,8 % de parlementaires qui veulent un référendum.

13,8 % de parlementaires démocrates.

86,2 % de parlementaires anti-démocrates.

86,2 % de parlementaires qui s’apprêtent à désavouer le peuple français lundi à Versailles.

Le parti gaulliste Debout La République appelle à manifester le 4 février à Versailles :

" Lorsque le feu est à la maison, on ne demande pas aux pompiers s’ils sont de droite ou de gauche … Devant le péril qui menace la Nation, devant le mépris du peuple et du vote des Français, Nicolas DUPONT-AIGNAN et DEBOUT LA REPUBLIQUE appellent à réagir.

Nicolas DUPONT-AIGNAN et DEBOUT LA REPUBLIQUE appellent tous les adhérents et sympathisants à se joindre dans un esprit d’unité aux manifestations organisées par de nombreux mouvements de tous horizons politiques le Lundi 4 février à Versailles. Rendez-vous à partir de 14h avenue de Sceaux, angle avenue du Général de Gaulle, à proximité des gares de Versailles Rive Gauche et Versailles Rive Droite.

Pour ceux qui ne peuvent se déplacer en région parisienne, DEBOUT LA REPUBLIQUE propose de manifester silencieusement le lundi 4 février, entre 12h et 14h, devant chaque préfecture, en faisant un geste symbolique à votre initiative. (Par exemple, se bâillonner avec un bâillon noir, etc…) "

http://debout-la-republique.fr/

Coup d’État du « traité simplifié » : un détail qui fait tache

Jean-Luc Mélenchon rapporte, sur son blog, une série de sursauts qui a bien failli porter, dans la procédure de ratification par le Sénat du projet de révision constitutionnelle :

C’est un scandale, et cette affaire relève qu’on n’est plus simplement dans le politique : juridiquement, c’est inacceptable.

"Nous avons donc décidé avec nos collègues communistes et les camarades socialistes et verts partisans du référendum de déposer au sénat une motion référendaire à l’ouverture de la séance sur la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité européen. La motion référendaire permet, si elle est discutée et votée, de renvoyer directement au référendum le vote d’un texte de loi (ici le projet de révision constitutionnelle). Mais pour pouvoir la discuter, c’est un vrai parcours du combattant. Il faut notamment être au moins 30 sénateurs à la soutenir en étant physiquement présents en séance. [...] nous étions 34 sénateurs de gauche partisans du référendum en séance (20 communistes, 12 socialistes et 2 verts) alors que le total des sénateurs de droite présents ne dépassait pas les 25. La droite n’en revenait pas ! [...] J’ai réellement cru à ce moment que nous allions y arriver. Notre demande de motion référendaire aurait donc dû être discutée. Mais, coup de théâtre, le président Poncelet souleva une possible irrecevabilité de notre motion. Il proposa donc de suspendre la séance pour faire examiner ce point par la Commission des Lois du Sénat. Les sénateurs membres de cette commission sont donc sortis de la séance, tandis que les autres ont patienté le temps de cette suspension. La manœuvre a bien failli se retourner contre ses auteurs. Grâce à une nouvelle démonstration de force des partisans du référendum dans la Commission des lois. Les rangs de la droite sénatoriale étant déjà très clairsemés dans l’hémicycle, ils le furent encore plus dans la Commission des lois. Au sein de cette commission, la droite n’arriva en effet à aligner que 7 sénateurs face à 8 partisans du référendum ! Nouveau coup de théâtre donc. Car ainsi composée, la Commission des lois ne pouvait que conclure à la recevabilité de notre motion référendaire. Son président, le sénateur Hyest suait donc à grosse goutte, tandis que les assistants du groupe UMP et les attachés parlementaires du gouvernement faisaient chauffer les téléphones portables pour rameuter quelques sénateurs UMP et tacher de renverser la tendance. Rien n’y fit. Toujours pas le compte. La déroute était en vue à droite. C’est alors qu’il y eut une trouvaille de carabin. Des procurations furent rédigées comme par enchantement, alors que cette réunion de la commission n’était pas prévue et qu’il était donc impossible officiellement pour des sénateurs de faire une procuration pour s’y faire représenter. La droite est donc arrivée à aligner 14 voix en commission des lois (7 sénateurs présents et 7 votes par procuration) face à nos 8 voix favorables au référendum. Résultat, par ces méthodes que j’ai qualifiées de misérable de retour en séance, la Commission des lois a conclu que notre motion référendaire était irrecevable. Mais le calvaire n’était pas terminé pour la droite. Car de retour en séance, le sénat devait désormais valider par un vote la conclusion de la commission des lois. Avec à nouveau un problème d’effectifs présents en séance. Qu’à cela ne tienne, le président du groupe UMP demanda illico un scrutin public, procédure qui permet au président d’un groupe de voter pour tout son groupe y compris les absents. Pour la deuxième fois, les absents ont donc fait la décision. Alors que la droite sénatoriale était minoritaire en séance, elle a réussi à faire rejeter notre demande de discussion de motion référendaire. Pitoyable caricature."
Ces procédures qui relèvent, je suppose, du règlement interne du Sénat, sont tout simplement anticonstitutionnelles, du moins la dernière "cartouche" :

Article 27 de la constitution :
Tout mandat impératif est nul.
Le droit de vote des membres du Parlement est personnel.
La loi organique peut autoriser exceptionnellement la délégation de vote. Dans ce cas, nul ne peut recevoir délégation de plus d’un mandat.

Merde aux partisans de gauche qui se foutent des institutions (de la « justice bourgeoise »)

J’ai appris avec regret, mais sans étonnement que le CNR (lancé par Mélenchon) n’a pas daigné répondre à Dupont-Aignan, qui proposait que les républicains de droite se joignent à la manif du 4 février à Versailles.

C’est vraiment n’importe quoi …

[bgcolor=#FFFF99]« Interview passionnante de Francois Asselineau du 31 janvier 2008 »[/bgcolor]

Je n’ai pas le temps de retranscrire cet entretien, mais il est pa-ssio-nnant.

Une des nombreuses idées importantes évoquées dans cet interview :

Le patron de la Société Générale, [b]Daniel Bouton[/b], a publié récemment un rapport (pour le compte du MEDEF) qui explique [i]l’éthique nécessaire dans la rémunération des patrons d’entreprises cotées[/i]. Pourtant, ce même personnage gagne lui-même 10 000 euros par jour… [b]Son salaire est même de [color=red]30 000 euros [u]par jour[/u][/color] avec les stock-options ![/b]

Ce qui rappelle à François Asselineau cette phrase (incroyable) de

[b]Raymond Lévy[/b], ancien patron de Renault : [bgcolor=#FFFF99][b]« La mondialisation, c’est le salaire des patrons américains pour les patrons et le salaire des ouvriers chinois pour les salariés français »[/b][/bgcolor].
Mais sont aussi évoqués (intelligemment) le rapport Attali, la maîtrise américaine de l'Union européenne, la monnaie...

[bgcolor=#FFFF99]« Officiel : l’Europe aux ordres des USA »[/bgcolor]
les États-Unis donnent ouvertement à la Slovénie leurs directives écrites sur la politique à suivre pendant la présidence de l’UE

« La semaine dernière, le quotidien slovène Dnevnik a eu le courage de publier un véritable scoop : il a osé publier un « document interne » du gouvernement américain dans lequel Washington énumérait au gouvernement slovène des « directives » pour exercer la présidence slovène de l'Union européenne. »

[bgcolor=#FFFF99]« Avant de manger de la boue »[/bgcolor]
par Jean-Luc Mélenchon :

[bgcolor=#FFFF99]« Jean-Luc Mélenchon qui était l’invité de Nicolas Demorand » [/bgcolor]
jeudi matin, 31 janvier 2008, sur France Inter,
et je l’ai trouvé vraiment excellent :

Mais le site de France Inter, juste ce jour-là, est en panne…
Vous ne pourrez donc pas écouter les paroles fortes de Mélenchon contre l’UE et Attali.
Mais n’ayez crainte : cette petite panne sera sans doute réparée lundi soir, après le coup d’État de Versailles…
C’est extravagant, la brutalité du silence imposé sur cette saloperie de traité, extravagant.

Texte de révision de la constitution adopté par le parlement :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0080.asp

PROJET DE LOI CONSTITUTIONNELLE

ADOPTÉ PAR L’ASSEMBLÉE NATIONALE
EN PREMIÈRE LECTURE,

modifiant le titre XV de la Constitution.

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle dont la teneur suit :

Voir les numéros : 561 rectifié, 568 et 563.

Article 1er

Le second alinéa de l’article 88-1 de la Constitution est remplacé par les dispositions suivantes :

« Elle peut participer à l’Union européenne dans les conditions prévues par le traité de Lisbonne modifiant le traité sur l’Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne, signé le 13 décembre 2007. »

Article 2

À compter de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne modifiant le traité sur l’Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne, signé le 13 décembre 2007, le titre XV de la Constitution est ainsi modifié :

1° Il est intitulé : « De l’Union européenne » ;

2° Les articles 88-1 et 88-2 sont remplacés par les dispositions suivantes :

« Art. 88-1. – La République participe à l’Union européenne constituée d’États qui ont choisi librement d’exercer en commun certaines de leurs compétences en vertu du traité sur l’Union européenne et du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, tels qu’ils résultent du traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007.

« Art. 88-2. – La loi fixe les règles relatives au mandat d’arrêt européen en application des actes pris par les institutions de l’Union européenne. » ;

3° Dans la première phrase du premier alinéa de l’article 88-4, les mots : « les projets ou propositions d’actes des Communautés européennes et de l’Union européenne com-portant des dispositions de nature législative » sont remplacés par les mots : « les projets d’actes législatifs européens ainsi que les autres projets ou propositions d’actes de l’Union européenne comportant des dispositions qui sont du domaine de la loi » ;

4° Dans l’article 88-5, les mots : « et aux Communautés européennes » sont supprimés ;

5° Après l’article 88-5, sont ajoutés deux articles 88-6 et 88-7 ainsi rédigés :

« Art. 88-6. – L’Assemblée nationale ou le Sénat peuvent émettre un avis motivé sur la conformité d’un projet d’acte législatif européen au principe de subsidiarité. L’avis est adressé par le président de l’assemblée concernée aux présidents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission européenne. Le Gouvernement en est informé.

« Chaque assemblée peut former un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne contre un acte législatif européen pour violation du principe de subsidiarité. Ce recours est transmis à la Cour de justice de l’Union européenne par le Gouvernement.

« À ces fins, des résolutions peuvent être adoptées, le cas échéant en dehors des sessions, selon des modalités d’initiative et de discussion fixées par le règlement de chaque assemblée.

« Art. 88-7. – Par le vote d’une motion adoptée en termes identiques par l’Assemblée nationale et le Sénat, le Parlement peut s’opposer à une modification des règles d’adoption d’actes de l’Union européenne dans les cas prévus, au titre de la révision simplifiée des traités ou de la coopération judiciaire civile, par le traité sur l’Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, tels qu’ils résultent du traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007. »

Article 3

La loi constitutionnelle n° 2005-204 du 1er mars 2005 modifiant le titre XV de la Constitution est ainsi modifiée :

1° L’article 3 est abrogé ;

2° Dans l’article 4, les mots : « , dans sa rédaction en vigueur jusqu’à l’entrée en vigueur du traité établissant une Constitution pour l’Europe, et l’article 88-7 » sont supprimés, et les mots : « ne sont pas applicables » sont remplacés par les mots : « n’est pas applicable ».


Que veut dire l’article 88-2 au juste ?

[bgcolor=#FFFF99]Référendum ou non - Mélenchon clarifie[/bgcolor]

http://www.dailymotion.com/video/x41tp0_referendum-ou-non-melenchon-clarifi_politics

Ces journalistes qui n’ont toujours pas compris, la veille même du coup d’État, qu’il va se passer « quelque chose » au Congrès de Versailles, ou bien ils sont profondément incompétents, ou bien ils sont profondément malhonnêtes, non ?

Comment la démocratie peut-elle survivre au 21è siècle si les journalistes et les historiens sont malhonnêtes ?

Je lis 1984 et je crains le pire.

:expressionless:

Révision de la Constitution : mandat d’arrêt européen (article 88-2 nouveau de la Constitution)

Sandy (3204).

D’après moi :

  1. Sur le plan du mécanisme, le nouvel article 2 signifie que la loi française (y compris les décrets, arrêtés, etc.) ne pourra pas contredire les décisions prises par les institutions de l’UE lorsqu’elle traite du mandat d’arrêt européen . Sinon, elle sera contraire à la constitution française (son article 88-2 nouveau).

Sous réserve de définir « institutions », cette clause me paraît logique. Il ne s’agit pas ici des règles applicables au mandat d’arrêt français, qui restent en vigueur.

  1. Je me doute que ce n’est pas là ce qui vous intéresse vraiment. Vous voulez sans doute savoir comment fonctionne le mandat d’arrêt européen. Je ne connais pas la question : il faudrait faire une première recherche sur Google, et le temps me manque. Cordialement. JR

Bonjour
Je ne suis pas certain d’être dans le bon fil (Étienne, n’hésite pas à transférer ce qui suit)

Amitiés
AJ

[b]Voilà l’ “économie communiste de marché”, par Alain Supiot[/b] [i]“Le Monde”, 25 janvier 2008[/i]

La Cour de justice européenne détient une part essentielle du pouvoir
législatif dans l’Union. A la différence de nos juridictions, elle
statue pour l’avenir par disposition générale et à l’égard de tous,
comme la loi elle-même. Par deux arrêts, capitaux pour le devenir de
“l’Europe sociale”, elle vient de trancher la question de savoir si les
syndicats ont le droit d’agir contre des entreprises qui utilisent les
libertés économiques garanties par le traité de Rome pour abaisser les
salaires ou les conditions de travail.

Dans l’affaire Viking, une compagnie finlandaise de navigation
souhaitait faire passer l’un de ses ferrys sous pavillon de complaisance
estonien, afin de le soustraire à la convention collective finlandaise.
L’affaire Laval concernait une société de construction lettonne, qui
employait en Suède des salariés lettons et refusait d’adhérer à la
convention collective suédoise. Dans les deux cas, les syndicats avaient
recouru à la grève pour obtenir le respect de ces conventions, et la
Cour était interrogée sur la licéité de ces grèves.

Le droit de grève étant explicitement exclu du champ des compétences
sociales communautaires, un juge européen respectueux de la lettre des
traités se serait déclaré incompétent. Mais la Cour juge depuis
longtemps que rien en droit interne ne doit échapper à l’empire des
libertés économiques dont elle est la gardienne. Elle s’est donc
reconnue compétente. L’arrêt Laval interdit aux syndicats d’agir contre
les entreprises qui refusent d’appliquer à leurs salariés détachés dans
un autre pays les conventions collectives applicables dans ce pays. Au
motif qu’une directive de 1996 accorde à ces salariés une protection
sociale minimale, la Cour décide qu’une action collective visant à
obtenir, non pas seulement le respect de ce minimum, mais l’égalité de
traitement avec les travailleurs de cet Etat, constitue une entrave
injustifiée à la libre prestation de services.

L’arrêt Viking affirme que le droit de recourir à des pavillons de
complaisance procède de la liberté d’établissement garantie par le droit
communautaire. Il en déduit que la lutte des syndicats contre ces
pavillons est de nature à porter atteinte à cette liberté fondamentale.
La Cour reconnaît certes que le droit de grève fait “partie intégrante
des principes généraux du droit communautaire”. Mais elle interdit de
s’en servir pour obliger les entreprises d’un pays A qui opèrent dans un
pays B à respecter l’intégralité des lois et conventions collectives de
ce pays B. Sauf “raison impérieuse d’intérêt général”, dont la Cour se
déclare seule juge, les syndicats ne doivent rien faire qui serait
“susceptible de rendre moins attrayant, voire plus difficile” le recours
aux délocalisations ou aux pavillons de complaisance.

Cette jurisprudence jette une lumière crue sur le cours pris par le
droit communautaire. Il échappait déjà à peu près complètement aux
citoyens, tant en raison de l’absence de véritable scrutin à l’échelle
européenne que de la capacité des Etats à contourner les résistances
électorales lorsqu’elles s’expriment dans des référendums nationaux.
L’apport des arrêts Laval et Viking est de le mettre également à l’abri
de l’action syndicale. A cette fin, les règles du commerce sont
déclarées applicables aux syndicats, au mépris du principe de “libre
exercice du droit syndical”, tel que garanti par la convention 87 de
l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le droit de grève et la liberté syndicale sont le propre des vraies
démocraties, dans lesquelles l’évolution du droit n’est pas seulement
imposée d’en haut, mais vient aussi d’en bas, de la confrontation des
intérêts des employeurs et des salariés. Le blocage progressif de tous
les mécanismes politiques et sociaux susceptibles de métaboliser les
ressources de la violence sociale ne pourra bien sûr engendrer à terme
que de la violence, mais ce sont les Etats membres et non les
institutions communautaires qui devront y faire face.

L’Europe est ainsi en passe de réaliser les projets constitutionnels de
l’un des pères du fondamentalisme économique contemporain : Friedrich
Hayek. Hayek a développé dans son oeuvre le projet d’une “démocratie
limitée”, dans laquelle la répartition du travail et des richesses, de
même que la monnaie, seraient soustraites à la décision politique et aux
aléas électoraux. Il vouait une véritable haine au syndicalisme et plus
généralement à toutes les institutions fondées sur la solidarité, car il
y voyait la résurgence de “l’idée atavique de justice distributive”, qui
ne peut conduire qu’à la ruine de “l’ordre spontané du marché” fondé sur
la vérité des prix et la recherche du gain individuel. Ne croyant pas à
“l’acteur rationnel” en économie, il se fiait à la sélection naturelle
des règles et pratiques, par la mise en concurrence des droits et des
cultures à l’échelle internationale. Cette faveur pour le darwinisme
normatif et cette défiance pour les solidarités syndicales se retrouvent
dans les arrêts Laval et Viking.

Le succès des idées de “démocratie limitée” et de “marché des produits
législatifs” doit moins toutefois aux théories économiques, qu’à la
conversion de l’Europe de l’Est et de la Chine à l’économie de marché.
Avec leur arrogance habituelle, les Occidentaux ont vu dans ces
événements, et l’élargissement de l’Union qui en a résulté, la victoire
finale de leur modèle de société, alors qu’ils ont donné le jour à ce
que les dirigeants chinois appellent aujourd’hui “l’économie communiste
de marché”.

On aurait tort de ne pas prendre au sérieux cette notion d’allure
baroque, car elle éclaire le cours pris par la globalisation. Edifié sur
la base de ce que le capitalisme et le communisme avaient en commun
(l’économisme et l’universalisme abstrait), ce système hybride emprunte
au marché la compétition de tous contre tous, le libre-échange et la
maximisation des utilités individuelles, et au communisme la “démocratie
limitée”, l’instrumentalisation du droit, l’obsession de la
quantification et la déconnection totale du sort des dirigeants et des
dirigés. Il offre aux classes dirigeantes la possibilité de s’enrichir
de façon colossale (ce que ne permettait pas le communisme) tout en se
désolidarisant du sort des classes moyennes et populaires (ce que ne
permettait pas la démocratie politique ou sociale des Etats-providence).
Une nouvelle nomenklatura, qui doit une bonne part de sa fortune
soudaine à la privatisation des biens publics, use ainsi de la
libéralisation des marchés pour s’exonérer du financement des systèmes
de solidarité nationaux.

Cette “sécession des élites” (selon l’heureuse expression de Christopher
Lasch) est conduite par un nouveau type de dirigeants (hauts
fonctionnaires, anciens responsables communistes, militants maoïstes
reconvertis dans les affaires) qui n’ont plus grand-chose à voir avec
l’entrepreneur capitaliste traditionnel. Leur ligne de conduite a été
exprimée il y a peu avec beaucoup de franchise et de clarté par l’un
d’entre eux : il faut “défaire méthodiquement le programme du Conseil
national de la Résistance”. En tête de ce programme figuraient
“l’établissement de la démocratie la plus large (…), la liberté de la
presse et son indépendance à l’égard des puissances d’argent, (…)
l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale,
impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières
de la direction de l’économie, (…) la reconstitution, dans ses
libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant”. Rien de tout
cela n’est en effet compatible avec l’économie communiste de marché.

(Fin du texte.)
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Alain SUPIOT, docteur d’Etat, agrégé de droit, licencié en sociologie.
Professeur à Poitiers puis à Nantes, a été chercheur à Berkeley, Florence et Berlin.
Membre du conseil scientifique de la International Labour Review (BIT, Genève).
Membre du Conseil d’administration de la Fondation MSH de Paris.
Membre de l’Institut universitaire de France.
Membre du Conseil scientifique de la “Revue internationale du travail”. Collaborateur régulier de la revue “Droit Social”.
Il a surtout publié dans le domaine du droit du travail et de la sécurité sociale. Ses travaux actuels portent sur l’analyse des fondements juridiques du lien social et de ses transformations.

Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté la constitution européenne par référendum. 54,67 % des Français ont voté NON. 15 449 508 Français ont voté NON.

A Versailles, deux ans et huit mois plus tard, le 4 février 2008, environ 780 parlementaires s’apprêtent à désavouer le peuple français. Didier Maus est le président émérite de l’Association française de droit constitutionnel. Il vient de publier un article historique intitulé « Le Parlement peut-il désavouer le peuple ? »

http://www.lefigaro.fr/debats/2008/01/17/01005-20080117ARTFIG00517-le-parlement-peut-il-desavouer-le-peuple-.php

A Versailles, 780 parlementaires vont avoir le privilège de désavouer le peuple français.

A Versailles, 780 privilégiés vont désavouer le peuple français.

Quelle sera la réaction du peuple ?