07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

D'accord avec les deux arguments mais un bémol pour le 2: il faudrait une "unification" actuelle des méthodes, car ensuite il ne sera plus possible de fédérer, ce qui obligera à des chambres de compensation et tout le toutime
Il faut bien distinguer : - la préservation de la liberté de créer des monnaies, comme autant d'expériences locales permettant une sorte de darwinisme ; - un intérêt (à discuter?) à permettre des flux économiques non géographiquement proches.

Pour le second point, le principe d’égalité est une base solide, si l’on se base sur la part de monnaie par humain et sur le taux de croissance.

Mais de toute façon je pense qu'on irait plus vite (pour la monnaie complémentaire) s'il s'agissait d'une décision "centrale" (étatique);
Compte tenu des blocages résultant du détournement des organismes publics par des minorités, une création de monnaies locales bien pensées me parait le seul moyen d'avancer concrètement.
@betnardd. Juste pour lever un malentendu "il est beau celui la" s'applique à mon superbe "egalitairement entre tous" un oxymore de plus à mon actif.
Merci et félicitations :-) Quel score ?

Pour info, ceux qui mettent en avant le fait que Pompidou était banquier chez la banque Rotchild c’est le front national.

Il faut se poser la question de ce choix.

Déjà personne ne peut ignorer la thèse du complot sioniste avancée par le front national et l’extrême droite en général, et il convient de constater qu’attribuer la paternité de cette loi à Rothschild alimente clairement cette thèse. Je ne dis pas que c’est votre intention Étienne, je ne fais que constater.

Et il faut être honnête, bien que le conflit d’intérêt est plutôt évident à mes yeux, il n’y en a aucune preuve, nous n’avons aucun moyen de savoir si c’est aux ordres de la banque Rothschild que Pompidou a vraiment agi, car a priori, cette mesure est loin de bénéficier à la seule banque Rothschild. Il est beaucoup plus vraisemblable qu’il y ait des logiques de classes à l’œuvre comme on le constate aujourd’hui. Si Pompidou a voulu défendre des intérêts privés, ce n’est sûrement pas uniquement ceux de sa dernière banque, mais surement ceux d’un groupe de banquiers ou d’une oligarchie plutôt.

De plus, ce n’est pas je pense l’information essentielle vu que le plus important est de faire comprendre aux gens l’instrumentalisation politique par le gouvernement de la dette publique et de la crise actuelle et l’intérêt que représente la récupération du pouvoir de création monétaire. Et malheureusement, se focaliser sur le fait que Pompidou était un ancien banquier chez Rothschild a la fâcheuse propriété de porter les gens vers les idées du FN, plutôt que de servir à éclairer les citoyens français.

Voilà pourquoi je ne suis pas d’accord pour désigner cette loi comme la loi « Pompidou Rothschild », à mon avis il ne faut pas réutiliser la sémantique du FN, parce qu’elle n’est pas neutre idéologiquement, il serait naïf de le croire.

Voilà pourquoi je préfère parler de la loi de réforme de la Banque de France de 1973, parce que c’est ce que c’est réellement, et je préfère insister sur le fait que cette loi a empêché l’état d’emprunter directement à la banque centrale, plutôt que sur les hypothétiques histoires de complot, parce qu’aujourd’hui ce n’est pas la banque Rothschild qui nous menace mais bien nos gouvernements, qui, aidés des fameux « marchés financiers », c’est à dire principalement des agences de notation et des banques, instrumentalisent la dette publique qu’ils ont eux même créé pour justifier des plans de rigueur et donc les tas de régressions sociales et démocratiques, ainsi que des privatisations qui les suivent, bref pour imposer leur projet politique ultra libéral de manière dictatoriale.

A part cette question, je défend l'idée que chaque citoyen, par son appartenance à la coopérative d'échange, crée de manière récurrente, par exemple chaque mois, une part de nouvelles unités de la monnaie commune, part sur laquelle il y a accord entre tous les membres de la coopérative.
Combien mensuellement ?
Concept décrit au "b) Optimisation et espérance de vie" page 43 de http://wiki.creationmonetaire.info/images/8/85/TRM_2_0.pdf et une implémentation précise proposée sur http://www.open-udc.org/
Quelle coopérative ?
Justement, je cherche quel statut serait le plus adapté, et surtout laissant le moins de prise à une attaque légale des banquiers apeurés. La notion de coopérative me parait la plus adaptée pour le moment, si vous avez des idées ?

@AJH & bernardd

Le Darwinisme s’applique à des espèces qui sont en compétition (?). Les monnaies locales étant par définition locales ne peuvent pas être en compétition.

Je retiens la suggestion de AJH, que je n’interprète pas comme une réduction de la liberté mais comme une suggestion de concertation. Avec en point de mire lointain un projet national.

Un colloque des monnaies locales en cours ou en élaboration me semblerait très intéressant et utile.

Il pourrait aussi être utile pour envisager des stratégies défensives face aux « banques apeurées »

Une réflexion partagée sur statuts et chartes également peut être fructueuse

Créer un forum « monnaies locales » ?

juste pour info : http://agirpourlevivant.org/spip.php?article58 (cliquer lire la suite ; il y a une allusion au côté légal)


Je viens de trouver ça :

Rendez-Vous
5ème rencontre nationale des porteurs de projet de monnaies complémentaires locales - Fin mai ou début juin 2012 - à Murs- Erigné (49) :

Qui se trouve là : http://monnaie-locale-complementaire.net/2011/08/editorial-lepesant/

Vouloir confier la régulation d'une monnaie aux mouvements de capitaux internationaux me parait risible, surtout avec les soubresauts en cours du théâtre politique européen !
Là vous avez mal lu... ca n'a jamais été la proposition
Je lis pourtant bien :
d) [b]Les besoins d’épargne financière peuvent aussi être régulés à travers les mouvements de capitaux internationaux,[/b]
.

Rien que la notion de « régulation » par un système connu pour être chaotique et instable par essence, me laisse dubitatif, mais amusé.


Juste un point: il me semble que vous n’avez pas saisi la différence entre « monnaie » et « épargne » dans la proposition de Fisher/Allais

Extrait de l’article:

Le 100% monnaie propose donc la séparation très claire entre d’un coté la monnaie qui doit être totalement « liquide » et garantie à 100% par de la monnaie Banque centrale, et de l’autre l’épargne à court, moyen ou long terme (d’une journée à plusieurs années).
Mais vous pouvez aussi lire http://revolution-monetaire.blogspot.com/ (et en particulier http://revolution-monetaire.blogspot.com/p/100-money-dirving-fisher.html ); je n'ai pas assez de temps pour essayer de vous convaincre...

Cette volonté de tout vouloir ramener au niveau local, enfin je veux dire au niveau communal, comme si c’était la solution miracle alors que c’est totalement contradictoire avec nos dernières 10000 années d’évolution sociale et civilisationelles, est vraiment curieux …
[bgcolor=#FFFF99]D’où vous vient cette conviction si présente si forte que c’est en se séparant des autres que les problèmes seront réglés ?[/bgcolor] N’avez-vous donc pas conscience que toutes nos richesses, notre culture, nos savoirs, nos progrès sociaux / civilisationnels, proviennent de notre coopération et de notre union ?
Si vous persistez à vouloir détruire cette union, vous perdez tous les avantages qu’elle apporte, c’est à dire en gros tous les progrès qui nous séparent de l’époque où les humains étaient organisés à peu près tel que vous le souhaitez, à une échelle communale, bref du temps des cités-états.
Quand on vit dans une dictature, je peux comprendre que l’on soit tenté de faire sécession pour recouvrer ses libertés, mais ce n’est pas la solution, la solution c’est de renverser ce régime dictatorial, si vous faites sécession vous serez anéantis par cette dictature.
Il me semble qu’il y a déjà eu des expériences de monnaies dissidentes et ça s’est toujours mal terminé. Si ces expériences ont fonctionné, ce n’était pas parce qu’elles étaient locales, mais parce qu’elles étaient dissidentes et rompaient avec les politiques et le système qui génère la misère et le chômage.

« la solution c’est de renverser ce régime dictatorial » >>> On compte sur toi. Merci d’avance :slight_smile:

ouais, j’y emploie une grosse partie de mon temps libre, avec succès, vu que j’arrive à convaincre beaucoup de gens et vu que j’ai pu voir beaucoup d’idées que je défendais progresser et même atteindre le plus haut niveau du débat public, mais malheureusement mes seuls efforts ou ceux des autres militants que j’accompagne ne sont pas suffisants, il y a besoin de toi aussi ana, tout comme tu as besoin de nous si tu veux changer quoi que ce soit, il serait peut être temps de le comprendre

détaille

Je viens de trouver ça :

Rendez-Vous
5ème rencontre nationale des porteurs de projet de monnaies complémentaires locales - Fin mai ou début juin 2012 - à Murs- Erigné (49) :

Qui se trouve là : http://monnaie-locale-complementaire.net/2011/08/editorial-lepesant/


Ce sera sans doute très intéressant…
Philippe a écrit le dernier éditorial de ce site , l’as tu lu ?

Meilleurs voeux, Ana

Je viens donc de le lire. Parfait.

Meilleurs voeux aussi.

Le Darwinisme s'applique à des espèces qui sont en compétition (?). Les monnaies locales étant par définition locales ne peuvent pas être en compétition.
J'avais écrit "une sorte de darwinisme". Je voulais donner l'idée, sans rentrer dans le détail de l'ensemble des techniques de calcul d'optimisation qui s'y rapportent, allant du recuit simulé aux algorithmes génétiques. Il s'agit de lancer de nombreux processus presque similaires et de comparer leurs comportements, résultats et performances : il ne s'agit pas d'une concurrence au sens où l'un va manger l'autre :-)

Quand je dis « presque similaires », il s’agit de laisser faire le hasard dans l’établissement des règles de comportement de chaque processus, et dans la vraie vie, il suffit de laisser des petits groupes humains différents explorer leurs idées…

En outre, la floraison d’initiatives et de communautés locales est la meilleure défense possible contre une volonté de prise de pouvoir centralisée : ce n’est pas un hasard si les tenants d’une monnaie centrale sont les mêmes qui combattaient les langues autochtones en torturant physiquement et psychologiquement les enfants parlant comme leurs parents.

Le Darwinisme s'applique à des espèces qui sont en compétition (?). Les monnaies locales étant par définition locales ne peuvent pas être en compétition.
J'avais écrit "une sorte de darwinisme". Je voulais donner l'idée, sans rentrer dans le détail de l'ensemble des techniques de calcul d'optimisation qui s'y rapportent, allant du recuit simulé aux algorithmes génétiques. Il s'agit de lancer de nombreux processus presque similaires et de comparer leurs comportements, résultats et performances : il ne s'agit pas d'une concurrence au sens où l'un va manger l'autre :-)

Quand je dis « presque similaires », il s’agit de laisser faire le hasard dans l’établissement des règles de comportement de chaque processus, et dans la vraie vie, il suffit de laisser des petits groupes humains différents explorer leurs idées…

En outre, la floraison d’initiatives et de communautés locales est la meilleure défense possible contre une volonté de prise de pouvoir centralisée : ce n’est pas un hasard si les tenants d’une monnaie centrale sont les mêmes qui combattaient les langues autochtones en torturant physiquement et psychologiquement les enfants parlant comme leurs parents.


Et qu’est ce qui protège contre une volonté de prise de pouvoir localisée ?

@sandy.
Une constitution communale. Assortie d’une justice fédérale.

Juste un point: il me semble que vous n'avez pas saisi la différence entre "monnaie" et "épargne" dans la proposition de Fisher/Allais
Si le mot "épargne" a ici un sens particulier, il serait utile de mettre la référence précise qui l'explicite.
je n'ai pas assez de temps pour essayer de vous convaincre...
Je connais 2 attitudes au moins : - essayer de vaincre le con, qui est toujours l'autre bien sûr ; - ou essayer de bâtir ensemble une démonstration claire et partagée.

Si vous n’avez pas beaucoup de temps, il serait prioritaire de répondre à la question principale : pensez-vous que la monnaie doit être créée :
1- de manière centralisée, par un organisme autre que le peuple (banque privée, banque publique, organismes divers et variés,…)
2- de manière égalitaire répartie directement sur le peuple, ie par chaque citoyen.

c'est tellement vexant de se faire traiter de fasciste que ça énerve un peu, quand même. Le gars qui écrit un article pareil peut s'attendre à une certaine... mauvaise humeur.
Non seulement il s'y attend, mais c'est à mon avis ce qu'il cherche. Parce qu'on retrouve la stratégie de faire sortir l'adversaire de ses gonds pour le disqualifier, dès que les discussions touchent à des vérités qui contestent le pouvoir réel. Et c'est une stratégie qui date de la cours d'école :-) Trouver les blessures personnelles pour affaiblir !

D’autant que focaliser le débat sur la réalité ou non des qualifiants adaptés aux remises en cause de cette loi ou à leurs messagers, détourne l’attention du vrai problème : il est surtout choquant que toute dette bancaire soit soumise à usure sur une création privée ex nihilo !

Pas seulement la dette publique, mais plus encore (en quantité et en moralité) que des familles entières se laissent réduire en esclavage sur ces croyances monétaires fausses.

@bernardd ( je ne réponds pas ici au dernier message)

(((la question du local concerne la monnaie mais pas elle seule. Ceci nourrit cela et cela nourrit ceci)))

Une sorte de Darwinisme convivial et conscientisé, dans l’athanor des expériences partagées ? :slight_smile: . Comme ça : Oui.

Centralisme : c’est vrai que c’est d’une violence épouvantable.
(Il suffit d’un décret bien intentionné pour tuer 1000 paysans …)
Une erreur serait de le rejeter pour ce qui ne peut qu’être coordonné.
Il peut être … un élément de la diversité.

La réévolution peut se mener en local, c’est à dire de bas en haut et en partant de radicelles ramifiées.
L’appareil législatif étant très lourd, la multiplicité, la diversité, la vélocité permettraient d’échapper à la réaction centrale.
(( @ Sandy : oui il y a un risque de prise de pouvoir local. Mais justement, il ne serait pas mondial … ))

En outre, plus les entités libres, viables, et au moins partiellement autonomes sont nombreuses, moins important est le risque d’une crise systémique majeure ( nationale, continentale, ou mondiale).

Problème : comment « allumer » la citoyenneté active et créatrice.

La décentralisation a sans doute connu se plus beaux jours du temps de la féodalité : ce ne sont pas 1 000 paysans qui ont été tués à cette époque-là, c’est bien plus.

Décentralisation ou centralisation : le choix est de pure commodité, pas de principe, et il peut raisonnablement différer en fonction de l’époque et des moyens disponibles. JR