07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Rien n'empêche de défendre ses idées en parallèle des idées communes que l'on défend avec tous les autres ...
Oui à condition qu'elles ne soient pas contradictoires.
tout dépend par ce que tu entends par contradictoire,
Merci de la demande de précision, j'entendais "contradictoire au sens de la logique mathématique".

Si je défend un système pour lequel X<Y, je ne saurais défendre un système pour lequel X>Y, même si plus de personnes le soutiennent.

Cher bernardd je dois m’absenter pour faire quelques courses. J’ai maintenant la ferme intention d’obtenir mon pain gratuitement en expliquant à mon boulanger que bientôt il aura sa part comme tout le monde. À bientôt .

J'ai maintenant la ferme intention d'obtenir mon pain gratuitement en expliquant à mon boulanger que bientôt il aura sa part comme tout le monde.
Dans le don gratuit, il n'y a pas d'attente de part en retour.

Avec une monnaie citoyenne, si l’on achète, il n’y a pas de raison de ne pas payer immédiatement, autre que la facilité matérielle de simplification des démarches administratives.

Mélanger les 2, cela ressemble à de la manipulation. De qui ?

« donné donné ventre boutonné » disent les enfants.

Le don ne confère aucun droit à celui qui donne.
Le don ne confère aucun devoir à celui qui reçoit.

Sinon c’est un troc, un échange, un contrat, ou … un piège :wink:


Certes, il n’est pas possible de promouvoir le don par la loi. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas en cerner les qualités.
Ce qui est philosophique n’est pas législatif.

Ce serait bien que de citer clairement à qui et quelle phrase correspond cette réponse. Il n'est pas correct de mettre ceci en réponse à un post dans lequel je n'ai pas dit que l'élection est l'unique facteur de non démocratie.
C'est ce qui découle du raisonnement d'Etienne : "200 années d'élection" = "200 années de dictature des riches" = "élection => dictature des riches". Ce raisonnement est grossier, simpliste et faux, et pourtant tu t'en sers comme base de ton raisonnement ...
J'apprécierais de ne pas subir de critiques sur des choses que je n'ai ni dites ni même lues. Pour me demander des explications sur une phrase que j'ai écrite, il serait plus efficace de la citer et de me poser une question demandant confirmation, avant même de critiquer, car il est aussi possible que j'ai fait une erreur d'expression écrite, voire même, éventuellement et si j'ose, qu'une interprétation soit fausse.
Sauf que l'expérience prouve que l'etat n'est plus légitime quand les représentants des citoyens sont élus.

C’est pourquoi la création monétaire ne doit pas être confiée à l’état mais bien directement au citoyen, qui seul doit pouvoir créer la monnaie à égalité avec les autres citoyens.


l’expérience ne démontre rien de ce genre
affirmation gratuite de ta part, sans aucun fondement

C’est juste ce que Etienne Chouard se tue à expliquer sur son site :slight_smile: Aucun groupe élu ne peut rester « honnête », c’est pourquoi il faut passer à la désignation par tirage au sort, ce qui toutefois ne préserve pas d’autres voies de détournement du pouvoir.

Oui à condition qu'elles ne soient pas contradictoires.
tout dépend par ce que tu entends par contradictoire,
Merci de la demande de précision, j'entendais "contradictoire au sens de la logique mathématique".

Si je défend un système pour lequel X<Y, je ne saurais défendre un système pour lequel X>Y, même si plus de personnes le soutiennent.


La politique n’est pas une science comme les mathématiques …

Prennons un exemple simple :

En admettant que tu défendes une assemblée constituante dont les membres seraient tirés au sort et inéligibles aux pouvoirs qu’ils institueront, tu es dans la situation suivante :

1- tu as d’un côté, démocratie réelle, c’est à dire genre 10000 personnes, non militantes, qui adhèrent à la mise en place d’une assemblée constituante tirée au sort, mais elles sont non organisées / éparpillées dans toute la France, ne militent pas et prônent l’abstention aux élections, donc n’offrent aucun débouché politique ils te proposent seulement de venir partager avec eux l’espoir d’une hyppothétique révolution

2- de l’autre un groupe politique comme le front de gauche rassemblant 120000 militants et ayant pour l’instant entre 1 et 3 millions de personnes qui ont voté pour eux aux dernières élections qui défend l’idée de la mise en place d’une assemblée constituante sauf que ses membres ne seraient pas tirés au sort mais élus en excluant les élus sortants et ils seraient inéligibles à l’exercice des pouvoirs qu’ils institueront

3- de l’autre d’autres groupes politiques comme le PS qui rassemblent 150000 militants, qui ont entre 5 et 8 millions de personnes qui ont voté pour eux aux dernières élections, mais qui ne défendent pas l’idée d’une assemblée constituante

Est-ce que 2 et 3 sont contradictoires ? Ou est-ce que seul 3 est contradictoire ? Ou peut être aucun ?
Choisirais-tu donc de te marginaliser avec les gens de 1) et de croiser les bras, voir au mieux d’aller occuper une place avec les indignés le soir après le boulot en attendant la révolution ?

Je ne saisi pas la différence entre les deux genres d’inflation ( prix, masse monétaire) pour moi elles sont liées.
Une des plus constante impression de don que je perçois est celle du soleil.
Bon c’est vrai que j’ai une relation compliquée avec le fric du genre amour haine peut être.
Ce qui m’interpelle dans la revendication de bernardd c’est qu’il deconnecte le droit à la monnaie du devoir de création de richesse. Mais c’est peut être un atavisme de prolo duquel les banquiers, si j’ai bien suivi, se sont affranchis. Mais bon je fais avec. Les théories que je connais ,un peu, sur la suppression de la monnaie, ce qui je crois équivaut à son égal répartition, mon toujours parues contrebalancer par un excessif dirigisme de la production.

@Sandy.
Comment le front de gauche propose de choisir les constituants? À la proportionnelle parmi les partis politiques?

Une Assemblée constituante distincte de la nouvelle assemblée nationale, ayant pour mandat de rédiger un projet de Constitution Nouvelle pour une VIe République sera élue au suffrage universel, dès 2012. Elle sera élue à la proportionnelle intégrale, sans seuil, avec la parité. Les parlementaires en exercice ne pourront s'y présenter et les élu(e)s de la Constituante ne pourront être candidats aux élections suivantes. Les modalités de l'élection et du débat public seront établies après consultation des organisations sociales.(...) le texte proposé sera l'aboutissement d'un grand débat public (...) Ce projet de constitution nouvelle une fois voté par l'Assemblée Constituante, sera soumis à référendum populaire.

Si je comprend bien ; le front de gauche gagne les élections (présidentielle et législative ?) et il établi les modalités ensuite. Ça ressemble à un chèque en blanc. J’ai déjà donné. Si au moins il proposait ; nous ferons une série de référendums pour définir les grandes options des modalités de désignation des représentants , tirage au sort ou élection ou les deux, enfin des engagements précis , ça me conviendrait mieux . Le front de gauche a t il déjà un projet de constitution à proposer?

[bgcolor=#FFFF99]J'ai personnellement 33 ans, et je ne suis pas dupe, je vois tous ces gens comme vous qui nous parlent de soit disantes solutions alors qu'elles ont des rides sur le visage. Si comme vous après 20 ou 30 années de luttes constatant que ces 30 années ont été des années de régression et que je laisse aux nouvelles générations une société sans espoir d'avenir ou de progrès je pense que je me remettrai clairement en cause et j'essaierai de comprendre pourquoi j'ai échoué tout ce temps, pourquoi mes luttes ont été vaines, que peut être j'ai cru des choses fausses, que peut être j'aurais pu agir autrement ...

Démocratie réelle et monnaie citoyenne sont des impasses, comme l’ont été tous les mouvements du même genre durant ces 30 dernières années … Personnellement je ne gacherai pas ma vie en me trompant de combat.[/bgcolor]

Je ne remets pas en cause les bonnes intentions et les bons sentiments qui les fondent, je remets en cause l’esprit de division, la radicalité excessive qui les gangrènent et qui contribuent à laisser le champ libre à ceux que nous devrions combattre.

Cet esprit, qui semble être le vôtre, et qui consiste à toujours vous mener à vous marginaliser de plus en plus, je trouve sincèrement que c’est une faute.


Voilà Sandy : alors vous, très modestement (pas comme ces vieux prétentieux qui osent critiquer le système à la racine), vous défendez des solutions jeunes, originales et innovantes, offrant des perspectives de succès prometteuses : le [faux] suffrage universel dans le cadre de [l’escroquerie de][b] la démocratie représentative : concentrer toutes nos forces vives sur 2012 ; voter Mélenchon au premier tour et voter Hollande au second.[/b] [Et puis rentrer chez nous, et… préparer 2017 !].

Je me marre.

Sandy,

J’ai effectivement écrit et je le revendique :

Sauf que l'expérience prouve que l'etat n'est plus légitime quand les représentants des citoyens sont élus.

C’est pourquoi la création monétaire ne doit pas être confiée à l’état mais bien directement au citoyen, qui seul doit pouvoir créer la monnaie à égalité avec les autres citoyens.


Si vous pensez que la première phrase de cet énoncé est équivalent à écrire que : « l’élection est l’unique facteur de non démocratie. » alors nous ne parlons pas le même français.

Il y a bien sûr beaucoup d’autres facteurs qui peuvent rendre un état non démocratique, prouvant bien que l’élection n’est pas l’unique facteur à éviter.

tout dépend par ce que tu entends par contradictoire,
Merci de la demande de précision, j'entendais "contradictoire au sens de la logique mathématique".

Si je défend un système pour lequel X<Y, je ne saurais défendre un système pour lequel X>Y, même si plus de personnes le soutiennent.


La politique n’est pas une science comme les mathématiques …

Il faudrait veiller à rester dans le contexte.

Ton affirmation initiale était :

Rien n’empêche de défendre ses idées en parallèle des idées communes que l’on défend avec tous les autres …

Dans le cadre d’un fil sur une nouvelle constitution, je pensais que tu parlais implicitement de défendre ses idées relatives à une constitution. Et ma réponse était un raccourci pour dire que j’interprète une constitution comme un ensemble de propositions logiques qui peuvent faire l’objet de calculs de logique mathématique. Et je suis même surpris que les lois ne soient pas étudiées de cette manière, car on a tous les moyens techniques pour le faire à ce jour.

Maintenant, si tu parles du théâtre de marionnettes, appelée politique par les médias, on n’est plus dans le même contexte.

Pour arrêter une machine qui ne se comporte plus normalement, on coupe l’électricité.

Et pour arrêter un système politique fou, on coupe l’énergie, en boycottant la monnaie officielle qui l’alimente.

Je ne saisi pas la différence entre les deux genres d'inflation ( prix, masse monétaire) pour moi elles sont liées.
L'existence d'un lien entre 2 paramètres tend à prouver que ce ne sont pas les mêmes paramètres :-) La question serait bien d'identifier une loi de comportement entre inflation des prix et inflation de la masse monétaire, mais c'est extrêmement difficile. Dans le cadre d'une monnaie citoyenne, les citoyens sont immunisés de l'inflation monétaire, puisque ce sont eux qui reçoivent la monnaie créée. Quel sera l'effet sur les prix dans ce cadre nouveau ?
Ce qui m'interpelle dans la revendication de bernardd c'est qu'il deconnecte le droit à la monnaie du devoir de création de richesse.
Il est tout à fait vrai que [bgcolor=#FFFF99]la monnaie est non nécessaire pour la production de richesse,[/bgcolor] contrairement à la propagande que l'on veut nous faire croire depuis tout petit. [color=blue]Sans monnaie, l'herbe pousse, les enfants grandissent, et le "logiciel libre" a inventé les plus puissants outils connus pour la communication et la mise en commun des idées, plus efficacement que dans des organisations hiérarchisées et monétisées. [/color] Il est tout à fait vrai aussi que [bgcolor=#FFFF99]le véritable rôle de la monnaie n'est pas de "favoriser les échanges", mais bien au contraire de limiter, voire interdire, les flux économiques avec les personnes qui ne disposent pas de la monnaie du groupe.[/bgcolor] Car [b]la monnaie est non seulement la matérialisation de la peur de ne pas recevoir "son dû", mais aussi de la peur de ne pas faire partie du "groupe tribal"[/b]. Et ce n'est pas le comportement des adolescents vis à vis des marques de vêtements qui démentira ce que je décris là.

[bgcolor=#FFFF99]Dans ce cadre, c’est l’obligation de faire partie de la tribu qui oblige à « travailler durement » pour pouvoir acheter ou louer la monnaie des princes, qui eux ont bien compris le truc et se le transmettent assez efficacement de génération en génération.[/bgcolor]

Envisager la monnaie comme un simple outil comptable fait tomber tout ce fatras esclavagiste.

Les théories que je connais, un peu, sur la suppression de la monnaie, ce qui je crois équivaut à son égale répartition, m'ont toujours paru contrebalancer par un excessif dirigisme de la production.
En aucun cas l'absence de monnaie n'est équivalente à une égale répartition.

[bgcolor=#FFFF99]A noter aussi qu’une égale répartition de la création monétaire n’est pas synonyme d’égale répartition de la monnaie existante.[/bgcolor]

ps : les lutins existent ? mon texte a fleuri pendant la nuit :wink:

Une émission de France Inter sur la monnaie, en direct pour 40mn encore : http://www.franceinter.fr/emission-service-public-peut-on-se-passer-d-argent

Résumé 100% monnaie

Nota: Ce texte est paru le 25 juillet 2011 sur le blog « Financer l’avenir » de La Fondation pour la Nature et l’Homme


Le « 100% monnaie » n’est pas (encore) dans un quelconque programme politique, mais il est probable que vous en entendrez de plus en plus parler. Il a donc semblé intéressant de vous faire partager un résumé concernant cette possible « révolution » monétaire et bancaire.

Aujourd’hui

Le secteur bancaire n’est pas une industrie comme les autres car son fonctionnement produit des « externalités » qui peuvent être dommageables pour les autres secteurs, et le produit qu’il crée, la monnaie, n’est pas un produit comme les autres car il permet d’exercer sur les marchés un pouvoir d’achat déstabilisateur . Or, le système de paiements et l’intégrité du moyen d’échange sont des biens publics essentiels. Il est dès lors normal que la société dessine le système de paiement et de financement le plus sécurisé et le plus efficace possible tout en s’appropriant les gains de la création monétaire, ce mécanisme générateur par nature de « faux droits » sur la production. Le contrôle de la monnaie doit faire partie de l’arsenal de protection des intérêts des citoyens.

Il existe une différence fondamentale entre les deux types de monnaies que nous utilisons, nous les « agents non bancaires » (État, entreprises et ménages). La première monnaie est fiduciaire (de « fidus », confiance en latin), ce sont les billets de banque (espèces) [NOTA postérieur ajouté le 6 novembre 2011 à la demande de l’auteur: " Les billets de banque (espèces) sont la seule monnaie de base (monnaie centrale) qui circule dans la sphère des agents non bancaires. Ce n’est pas pour autant que c’est la seule forme de monnaie centrale qui, lorsqu’elle circule DANS le système bancaire (banques et banques centrales) prends évidemment des formes dites « scripturales » (en fait « électroniques »)"]. La seconde est scripturale (les montants qui apparaissent sur vos comptes bancaires et vos dépôts d’épargne). La première est donc une monnaie émise directement par la Banque centrale (pour nous la BCE) qui encaisse donc directement les bénéfices de cette création, la seconde est une monnaie émise (créée « ex nihilo par chaque banque commerciale à l’occasion d’une opération de crédit ou d’un achat d’actifs sur le marché et c’est donc elle qui encaisse les gains de cette création (les intérêts perçus sur le prêt d’une ressource qu’elle crée !). De ce fait il existe donc des monnaies BNP, SG, CA, Banque Postale, Crédit Mutuel, etc, et même si celles-ci sont toutes libellées en euro, vous ignorez la provenance du crédit les ayant créées et à qui il devra être remboursé à son terme. Tous ces dépôts, qu’ils soient au passif de la BNP, SG, CA, Banque Postale, Crédit Mutuel, etc, sont bien sûr fongibles entre eux et les banques, par définition, se sont engagées à effectuer pour leurs clients toutes les transactions que ceux-ci leur commandent de faire : virements de banque à banque ou retraits en espèces (monnaie banque centrale). Pour ce faire, dans les conditions normales, elles n’ont besoin que d’un coussin de sécurité en monnaie banque centrale (les réserves). C’est le principe même de fonctionnement de nos systèmes bancaires : un système bancaire à couverture fractionnaire des dépôts. Mais les banques commerciales se sont engagées à transformer en monnaie centrale (espèces), à tout moment, l’équivalent de vos dépôts bancaires : c’est la raison pour laquelle certains économistes définissent la monnaie comme « une dette de banque qui circule ».
Enfin, pour ne pas trop rentrer dans les détails de la création monétaire, sachez que le seul pilotage de la masse monétaire actuelle tient d’une part au taux d’intérêts de refinancement des banques (besoins en monnaie centrale) et au montant des réserves obligatoires (équivalent à 2% des dépôts)

De cette description, il faut retenir 2 points essentiels:

  • La création d’un pouvoir d’achat « ex nihilo »par le crédit est une ponction sur la production ne correspondant à aucune épargne préalable, un gain pour la banque lié à un privilège, cause d’une instabilité fondamentale du système ;
  • La création comme la destruction de monnaie sont complètement dépendantes du désir des agents économiques d’emprunter et de la volonté des banques de prêter ;

Aujourd’hui on peut dire que la quantité de ce que nous considérons comme monnaie en circulation est indéterminée : les banquiers centraux classent celle-ci dans des agrégats (M1, M2, M3) du plus « liquide » (immédiatement disponible) au moins liquide, la limite en zone euro étant fixée à 2 ans sans aucune justification (pourquoi pas 1 pourquoi pas 3 ; d’ailleurs les USA ne comptabilisent plus M3 alors que les Anglais ont un agrégat M4, comme nous l’avions avant 1984).
Même si la garantie des dépôts est fixée en France à 100 000 €, cette garantie est très insuffisante pour nombre d’entreprises.

Le « 100% monnaie » : de quoi s’agit-il ?

La critique du principe de la création monétaire via les opérations de crédit bancaire s’inscrit dans une longue tradition qui remonte à Ricardo, la « Currency School », Walras, Mises et Hayek. Depuis la crise des années 30, elle a été prolongée par toute une lignée d’économistes parmi les plus prestigieux de Simons et Fisher à Allais en passant par Friedman, Tobin (sous la forme du « narrow banking ») et Minsky, et a donné lieu à des propositions concrètes de réforme. Notons que Christian Gomez, élève d’Allais, a fait la synthèse des propositions existantes en cherchant à les actualiser.

Comme l’écrit Maurice Allais « Au regard d’une expérience d’au moins deux siècles quant aux désordres de toutes sortes et à la succession sans cesse constatée de périodes d’expansion et de récession, on doit considérer que les deux facteurs majeurs qui les ont considérablement amplifiées, sinon suscitées, sont la création de monnaie et de pouvoir d’achat ex nihilo par le mécanisme du crédit et le financement d’investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme. »

Tous estiment qu’il faut dissocier la monnaie du crédit dans le but d’obtenir une couverture intégrale par de la monnaie de base (monnaie de Banque centrale) des dépôts considérés comme des disponibilités monétaires par les agents économiques (les dépôts à vue et assimilés).

Le 100% monnaie propose donc la séparation très claire entre d’un coté la monnaie qui doit être totalement « liquide » et garantie à 100% par de la monnaie Banque centrale, et de l’autre l’épargne à court, moyen ou long terme (d’une journée à plusieurs années).

L’augmentation de la masse monétaire ne pourrait plus avoir lieu comme actuellement par des émissions de nouveaux crédits des banques commerciales, mais seulement par une émission monétaire de la Banque centrale, par exemple à destination du Trésor public, monnaie qui ensuite, au cours de son circuit d’utilisation, va diffuser dans toute l’économie en créant le revenu des agents économiques à travers leurs opérations de production et d’échange. Puis, en fonction du choix de chacun des agents, une partie de cette nouvelle monnaie se retrouvera dans les banques de prêts sous forme d’épargne.
Le système bancaire serait nécessairement scindé en trois types d’institutions :

  • Les « Compagnies de Services Monétaires » ( dans la terminologie plus appropriée utilisée par Christian Gomez) dont les réserves en Banque centrale doivent nécessairement couvrir exactement les quantités de monnaie « scripturale » (en fait électronique), d’où l’expression « 100% monnaie ». Ces institutions, par construction, ne peuvent faire aucun crédit et leur seule fonction est d’assurer l’ensemble des paiements dans l’économie de la manière la plus efficace et la moins coûteuse possible sous l’effet de la concurrence. Cette monnaie qui représente par exemple vos soldes de compte bancaire actuels serait ainsi au même niveau de confiance que les billets de banque (monnaie fiduciaire) auxquels d’ailleurs ils pourraient être substitués sans aucun dommage pour les institutions qui les gèrent (contrairement à ce qui se passerait dans le système actuel dans lequel la monnaie fiduciaire ne représente que quelques pourcents des dépôts à vue). Toute la monnaie scripturale serait ainsi « fiduciaire » et les banques de dépôts/CSM pourraient être assimilées à de purs gestionnaires de véritable monnaie, assurant sa conservation (« coffres-forts ») et sa circulation le tout dans l’environnement technologique le plus avancé (c’est-à-dire que ces CSM prendraient dans la plupart des cas la forme de banques en ligne).

  • Les " Sociétés d'Intermédiation Financière" dont le rôle serait celui des actuelles « sociétés financières », c’est-à-dire des intermédiaires entre l’offre d’épargne et la demande de prêts, sachant qu’elles ne pourraient pas prêter plus que les épargnes dont elles sont les dépositaires.
    
  • Les "Sociétés d'Investissements" travaillant sur fonds propres, empruntant directement au public ou aux banques de prêt,  et investissant si elles le souhaitent les fonds empruntés dans les entreprises.
    

Réponses aux objections

Les banques sont des générateurs de liquidités pour les agents économiques et le nouveau système serait trop rigide.

En fait, le « 100% Monnaie » permettrait de faire face aux besoins imprévus de liquidité dans un système complètement sécurisé. Simplement, les lignes de crédit, qui continueraient bien entendu à exister, seraient gérées différemment.

Il y a risque d’une insuffisance de financements disponibles pour satisfaire aux besoins des agents économiques.

Cette critique dénote une mauvaise compréhension du système proposé :

a) il n’y aura aucun changement dans la masse de crédits en place au moment de la réforme et ces crédits pourront être renouvelés sans problème.
b) La masse monétaire en circulation continuera à augmenter selon le rythme souhaité, dont une partie accroitra l’épargne existante,
c) Les taux d’intérêt ajusteront l’offre et la demande sur les différentes échéances, créant ainsi les conditions d’une véritable efficience dans l’économie
d) Les besoins d’épargne financière peuvent aussi être régulés à travers les mouvements de capitaux internationaux, sachant que la Banque centrale – sous contrôle et sur ordre du Parlement – devra veiller à ce que la masse monétaire en circulation, égale par définition à la monnaie de base dans le nouveau système, reste sur la pente requise (qui devrait être de l’ordre de 4 à 5 % l’an)

Le système actuel pourrait être amendé.

Hélas, vouloir amender le système actuel c’est comme mettre un cautère sur une jambe de bois ; il n’empêcherait pas les crises :
a) Le système bancaire à couverture fractionnaire est totalement impossible à contrôler ni par la politique monétaire, ni par des dispositifs réglementaires comme l’a montré toute l’expérience historique et comme le démontrent encore les discussions actuelles sur les dispositifs à mettre en œuvre pour le « rendre plus sûr »
b) La mise en place du nouveau système serait pratiquement transparent pour les agents économiques (changements très marginaux dans leurs habitudes) et n’entrainerait de véritables changements que pour les banques, sachant que, sur le plan interne, les activités à séparer sont déjà largement sectorisées ;
c) Certains proposent aussi le retour au système instauré en France après guerre jusqu’en 1984 (connu également sous le terme de « Glass Steagall Act ») simple séparation des banques de dépôts/prêt des banques d’affaires: ceci n’a rien à voir avec le 100% monnaie car il n’empêche nullement l’émission de crédit par les banques de dépôts/prêts.

Le 100% monnaie n’empêcherait pas les mouvements spéculatifs (boursiers ou autres)

C’est exact, mais il les atténuerait :
a) les achats ne pourraient être financés que sur les fonds disponibles et l’épargne courante, de telle sorte qu’un emballement spéculatif entraînerait immédiatement une montée des taux d’intérêt,
b) les fluctuations violentes de la bourse n’ont que peu d’impact sur l’économie si elles ne déstabilisent pas le système financier, ce qui serait le cas dans le « 100% monnaie ».

L’application d’une telle réforme aurait cinq conséquences très positives.

  1. Une capacité de régulation économique sensiblement accrue par une maîtrise totale de la masse monétaire.

a) la quantité de monnaie pourrait être dirigée selon une règle définie a priori (stabilité des prix ou taux volontaires de hausse des prix)- la quantité de monnaie deviendrait inélastique au pessimisme ou à l’optimisme irraisonné des agents économiques
b) la quantité de monnaie en circulation deviendrait une variable totalement sous le contrôle de Banque Centrale sans que le comportement des banques ou des agents économiques puisse influer sur elle. L’ampleur du « Boom » immobilier et financier de la dernière décennie serait quasiment inconcevable dans un système de ce type.

2. Une meilleure efficacité de l’économie.

a) des taux d’intérêt véritablement représentatifs des préférences des agents économiques
b) le paiement du prix des services monétaires
c) l’interdiction de la transformation financière.

3. La fin des distorsions dans la répartition des revenus

Toute création monétaire ex nihilo par un système bancaire privé et commercial donne un droit sur la production qui n’a pas été acquis par un produit ou un service vendu. Elle est par nature un « faux droit », un revenu non gagné,

4. Un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire et de ses implications.

Dans le « 100% monnaie» l’État récupèrerait les gains de la création monétaire mais pas le contrôle. Celui-ci serait confié à la Banque Centrale agissant sous un mandat impératif protégé par la Constitution, mais plusieurs types de décision et de contrôle citoyen sont envisageables.

5. L’attribution annuelle à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, de 70 à 80 milliards de gains provenant de la création monétaire

a) au travers de l’affectation de la création monétaire aux ressources de l’État, comme une recette budgétaire qui peut être estimé à 40 milliards d’euros par an pour la France (environ 80% de l’IRPP)
b) au travers de la neutralisation instantanée de 800 à 1000 milliard d’euros de la dette publique française, permettant d’éviter une dépense annuelle d’intérêts de 30 à 40 milliards d’euros par an, qui, il est vrai, sont systématiquement empruntés avec pour conséquence l’augmentation de la dette.

Si ce texte va dans le bon sens, il semble passer bien au dessus des problèmes de fond :

L’augmentation de la masse monétaire ne pourrait plus avoir lieu comme actuellement par des émissions de nouveaux crédits des banques commerciales, mais seulement par une émission monétaire de la Banque centrale, par exemple à destination du Trésor public, monnaie qui ensuite, au cours de son circuit d’utilisation, va diffuser dans toute l’économie en créant le revenu des agents économiques à travers leurs opérations de production et d’échange.
Cela revient à dire que toute monnaie doit "percoler" à travers les organismes publics, qui va par ses achats choisir qui aura le droit de recevoir la monnaie, qui devient quasiment "de droit divin". Car on sait que les achats publics sont parmi les plus grosses sources de corruption, et de financement des partis politiques, et donc de perversion du mécanisme des élections.

Au niveau technique, il n’y a aucune démonstration que détourner la totalité du flux monétaire dans les organismes « publics » soit neutre au plan économique. L’intuition est plutôt que les pme et les citoyens ne vont récolter que les miettes. Comme aujourd’hui.

Je le répète, l’objectif sain d’une monnaie est de favoriser les transferts économiques entre humains. Sans humains, une monnaie n’a pas de sens : l’humain est la source de la monnaie et le système monétaire réel doit respecter cet axiome de base.

d) Les besoins d’épargne financière peuvent aussi être régulés à travers les mouvements de capitaux internationaux, sachant que la Banque centrale – sous contrôle et sur ordre du Parlement – devra veiller à ce que la masse monétaire en circulation, égale par définition à la monnaie de base dans le nouveau système, reste sur la pente requise (qui devrait être de l’ordre de 4 à 5 % l’an)
Il manque manifestement un fond théorique important : d'où vient ce chiffre de 4 à 5% ?

Vouloir confier la régulation d’une monnaie aux mouvements de capitaux internationaux me parait risible, surtout avec les soubresauts en cours du théâtre politique européen !

Cela revient à dire que toute monnaie doit "percoler" à travers les organismes publics, qui va par ses achats choisir qui aura le droit de recevoir la monnaie, qui devient quasiment "de droit divin". Car on sait que les achats publics sont parmi les plus grosses sources de corruption, et de financement des partis politiques, et donc de perversion du mécanisme des élections.
Non, toute NOUVELLE monnaie. L'utilisation de la monnaie (non remboursable) ne s'arrête pas aux achats publics, mais justement elle circule Ah bon "on sait" (qui c'est "on"?) que les achats publics sont parmi les plus grosses sources de corruption et que les banques ne corrompent pas ? http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance- [bgcolor=#FFFF99][i]De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire. Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? [b]Certainement pas l’Etat – dont on rappellera qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… –[/b] mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations.[/i][/bgcolor]
Au niveau technique, il n'y a aucune démonstration que détourner la totalité du flux monétaire dans les organismes "publics" soit neutre au plan économique. L'intuition est plutôt que les pme et les citoyens ne vont récolter que les miettes. Comme aujourd'hui.
Ah, l'intuition.. Vous faites, comme dans votre système, des "arrêts sur image " de la circulation monétaire. Qui plus est qui vous parle de la "totalité du flux monétaire dans des organismes publics"? Relisez en essayant de comprendre! Il ne s'agit que de quelques pourcents d'AUGMENTATION annuelle de la masse monétaire, actuellement produite par les banques commerciales (privées). Il s'agit fondamentalement d'enlever aux banques le droit de créer de la monnaie et de laisser au peuple (Parlement, gouvernement, cours des comptes, collectivités locales ... élus ou tirés au sort) le bénéfice de l'affectation (types d'investissements par exemple) d'une augmentation de la masse monétaire déterminée pour des raisons économiques à 5% par an!
Il manque manifestement un fond théorique important : d'où vient ce chiffre de 4 à 5% ?
Je comprends que vous n'avez jamais lu Allais (pour le fond théorique) ... Pour information 2% à 3% d'inflation + 2% à 3% de croissance
Vouloir confier la régulation d'une monnaie aux mouvements de capitaux internationaux me parait risible, surtout avec les soubresauts en cours du théâtre politique européen !
Là vous avez mal lu... ca n'a jamais été la proposition

Si je comprend ce que revendique bernardd c’est que la création monétaire(ou les gains de la création monétaire?) soit distribuée egalitairement entre tous?(il est beau celui la)
Pourquoi ne pas en profiter pour réduire les différences de richesse?

[bgcolor=#FFFF99]J'ai personnellement 33 ans, et je ne suis pas dupe, je vois tous ces gens comme vous qui nous parlent de soit disantes solutions alors qu'elles ont des rides sur le visage. Si comme vous après 20 ou 30 années de luttes constatant que ces 30 années ont été des années de régression et que je laisse aux nouvelles générations une société sans espoir d'avenir ou de progrès je pense que je me remettrai clairement en cause et j'essaierai de comprendre pourquoi j'ai échoué tout ce temps, pourquoi mes luttes ont été vaines, que peut être j'ai cru des choses fausses, que peut être j'aurais pu agir autrement ...

Démocratie réelle et monnaie citoyenne sont des impasses, comme l’ont été tous les mouvements du même genre durant ces 30 dernières années … Personnellement je ne gacherai pas ma vie en me trompant de combat.[/bgcolor]

Je ne remets pas en cause les bonnes intentions et les bons sentiments qui les fondent, je remets en cause l’esprit de division, la radicalité excessive qui les gangrènent et qui contribuent à laisser le champ libre à ceux que nous devrions combattre.

Cet esprit, qui semble être le vôtre, et qui consiste à toujours vous mener à vous marginaliser de plus en plus, je trouve sincèrement que c’est une faute.


Voilà Sandy : alors vous, très modestement (pas comme ces vieux prétentieux qui osent critiquer le système à la racine), vous défendez des solutions jeunes, originales et innovantes, offrant des perspectives de succès prometteuses : le [faux] suffrage universel dans le cadre de [l’escroquerie de][b] la démocratie représentative : concentrer toutes nos forces vives sur 2012 ; voter Mélenchon au premier tour et voter Hollande au second.[/b] [Et puis rentrer chez nous, et… préparer 2017 !].

Je me marre.


Bah j’défends des idées comme au niveau du financement des partis politiques :

  • interdiction des dons de particuliers en plus de celle des dons des entreprises
  • réduction des indemnités donnée aux élus ( vu que certains élus en reversent une large partie à leurs partis politiques cela prouve qu’ils n’ont pas besoin d’autant
  • interdiction pour les élus de reverser de l’argent à leurs partis politiques ( pour éviter la corruption qui consiste à chercher à avoir des élus pour l’argent )
  • limitation suffisante du montant autorisé de cotisations des adhérents des partis politiques de manière à empêcher l’apparition d’inégalités d’influence entre les adhérents
  • l’argent des cotisations ne peut servir qu’à l’organisation interne, il ne doit pas pouvoir servir à financer quoi que ce soit qui se réfère aux campagnes politiques
  • les campagnes politiques sont entièrement financées par l’état et l’utilisation de ces financements dans le détail serait sévèrement contrôlé par l’état ( ou des citoyens tirés au sort ? :wink: ). Toutes les associations ayant le statut de partis politiques reçoivent le même montant d’argent pour leur campagne, et ce statut est obtenu à la seule condition qu’ils respectent les règles démocratiques définies dans la constitution au niveau de leur organisation interne, et à condition qu’ils aient le soutien d’un certain nombre de citoyens ( genre 10000 ? 50000 ? )
  • les partis politiques ne reçoivent évidemment plus aucun financement en fonction des scores qu’ils pourraient faire aux élections

Alors ce n’est certes pas aussi radical que de supprimer l’élection, mais je ne crois pas non plus que ce soit des idées anciennes et éculées vu qu’elles n’ont jamais été appliquées, je pense au contraire qu’elles sont plutôt innovantes et réalistes … Je pense que cela assainirait grandement notre régime politique et empêcherait que les élections soient biaisées et supprimerait des facteurs de possibles corruption.
Cela permettrait notamment à n’importe quel groupe de citoyens de se constituer en parti et de partir sur le même pied d’égalité que tous les autres partis à partir du moment où celui-ci obtient le soutien de suffisament de citoyens, ce qui rend aux partis politiques leur vrai rôle, c’est à dire celui d’exprimer les suffrages ( tous les suffrages ) des citoyens.

Grâce à un minimum d’effort pour essayer de comprendre comment ça fonctionne, un soupçon d’expérience par moi-même, et à une volonté d’agir pour le mieux, j’arrive donc à discerner l’élection et le financement des partis politiques, je comprends que ce sont deux questions différentes, et donc à identifier réellement où est la racine des problèmes? Tandis que par vos raisonnements grossiers du type de celui que j’ai cité à Bernardoo, vous ne faites aucun discernement. Si bien que votre façon de combattre les problèmes à leur racine revient en quelque sorte à vouloir tout détruire sans faire le moindre discernement ( si vous avez un problème de chauffage dans votre maison ? vous démolissez la maison entièrement et vous en reconstruisez une autre ? ).