07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Mouais pas mal. A mon avis si les pirates acceptent la base européenne de notre programme c’est envisageable.

Mouais pas mal. A mon avis si les pirates acceptent la base européenne de notre programme c'est envisageable.
Comme tu sais peut-être, le langage de communication des partis pirates est actuellement l'anglais, et cela donne un avantage organisationnel trop grand aux composantes anglo saxonnes du mouvement. Le mouvement pirate est originel de la Suède et c'est développé surtout en Europe, mais il prétend aller plus loin que l'Europe. Cela n’empêche pas qu'il soit souhaitable d'avoir une bonne concentration circonstancielle et temporaire du mouvement en Europe.

L’adoption de l’espéranto comme langue opérationnelle (même petit à petit) aiderait à éviter une colonisation progressive de tout le mouvement par les anglo-saxons (Partis Pirates Américains, Canadiens, Nouvelle-Zelandais, Australiens, etc.). Ils useraient l’anglais dans leur sphère linguistique, car il ne s’agit pas de bannir complètement l’anglais, mais ils ne coloniseraient plus les infrastructures supra-nationales avec leur maitrise supérieure de la langue de travail commune à tous. L’anglais met en clair désavantage tous ceux qui ne l’ont pas comme langue maternelle. Avec l’espéranto, tout le monde aurait les mêmes opportunités de faire valoir les idées (avec un avantage temporel pour ceux qui sont déjà espérantistes, mais aux moins ceux-ci ne se concentrent pas autour d’un héritage historique et religieux unique -et assez malsain :wink: -).

Les Pirates sont en train de se découvrir une base nettement humaniste qui ne ferait pas honte à Zamenhof. Une étape européiste est naturellement envisageable temporellement pour plusieurs raisons, mais le monde entier en clé humaniste est le but final.

Il me faut les convaincre d’aller plus vite, tout comme tu as des problèmes pour faire adopter le tirage au sort par les espérantistes.

Toi au moins t’a l’avantage d’être le président, moi je ne suis toujours que matelot pirate, même si j’échange des mots avec l’admiralité.

Ah non moi je suis plus que secrétaire. Par contre Zolko est passé trésorier.

Voici le second volet du film sur l’argent (fait sans argent) et sur cette crise qui n’en finit pas…
http://www.dailymotion.com/video/xi0yr7_crise-2008-2-financiarisation-de-l-economie_news
Vous êtes peut-être de ceux (parmi quelques milliers déjà) qui ont vu la première partie et qui s’impatientaient d’avoir la suite. Voilà, c’est chose faite.
Suivront 2 autres parties : l’endettement généralisé, des solutions pour envisager une autre économie.
Pour finir, nous prévoyons de sortir et distribuer un DVD utile au débat entre concitoyens surtout sur ces questions cruciales.
Bon visionnage et si vous avez des remarques, suggestions ou encore quelques bonnes pistes, nous sommes toujours à la recherche d’éventuels partenaires et même de courageux diffuseurs.
En attendant, merci de faire circuler dans vos réseaux si vous jugez que ça en vaut la peine.

AJH

La vidéo 2 est très intéressante.

Je souhaite revenir sur un passage court où Christian Gomez semble livrer une vérité, de façon assez embarrassée d’ailleurs (« il y a …des gains… de la création monétaire qui sont…euh qui peuvent être… totalement illégitimes ») (dans la sixième minute de la vidéo.)

L’interview s’interrompt, alors que l’on aimerait naturellement aller plus loin sur l’idée originale et fondamentale qu’il introduit quasi subrepticement: il y a des gains monétaires légitimes et d’autres illégitimes.

Je vous suggère donc, si c’est possible, de creuser la question avec lui et les autres intervenants.
Je précise les questions qui me viennent à l’esprit.

D’abord, une question purement technique:

Puisqu’il n’y a qu’un seul mode de création monétaire par le crédit, comment est-il possible d’établir une frontière de légitimité?

Puis les questions de fond plus importantes à mon sens

  • quel est l’ « espace » sur lequel se fonderait et se discuterait actuellement cette légitimité
  • peut-on imaginer en démocratie une discussion sur une légitimité quelconque qui n’implique pas tous les citoyens dans un débat national

Merci Bernarddo de ce retour.
Je vais effectivement essayer de creuser auprès de Christian G.

Je ne suis pas absolument certain de comprendre et il vaut mieux que vous précisiez (avant que je réponde à coté de la plaque) ce que vous voulez dire par « frontière de légitimité »

Dans Le Monde diplomatique d’avril, il y a un excellent article de Frédéric Lordon dans lequel il est question de la monnaie commune à deux niveaux.

L’article s’intitule "L’extension du domaine de la régression. JR

Signalé par Gilles sur la page précédente.
On le trouve sur le net ToutSurLaChine: EURO - Extension du domaine de la régression - Frédéric Lordon

Extrait

[b]La médecine du bon docteur Keynes[/b]

Quant à la compétitivité, il faut vraiment une logique à oeillères pour ne l’envisager que du côté du coût salarial et jamais de celui du taux de change. Les Allemands doivent pourtant en avoir une vague idée, sachant bien qu’une éventuelle sortie de l’euro verrait leur nouveau mark sensiblement réévalué… et l’avantage compétitif de leur belle décennie de déflation salariale aussitôt partir en fumée. Or un schéma raisonné de gestion des soldes commerciaux et des taux de change a été donné de longue date par John Maynard Keynes avec son projet de " chambre de compensation internationale " (International Clearing Union, ICU). La prémisse fondamentale en est que les marchés financiers sont constitutivement incapables de procéder à des ajustements ordonnés - pas de chance évidemment pour une époque qui a choisi de tout leur confier. C’est pourquoi, aux emballements systématiquement déstabilisateurs des marchés, il faut préférer des procédures institutionnelles et politiques de correction des déséquilibres.

L’ICU keynésienne proposait un volet de financement des soldes déficitaires des balances des paiements. Mais elle offrait également des mécanismes institutionnels d’ajustement des taux de change. Chaque pays s’y voyait allouer un quota de déficit ou de surplus commercial. Passé le quart de ce quota, un pays déficitaire était autorisé à dévaluer de 5 %, davantage encore au-delà. Mais la grande innovation de l’ICU consistait à mettre à contribution directement les pays excédentaires. Seul le matraquage à la compétitivité, mêlé de reliquats mercantilistes, a pu faire passer l’excédent commercial pour une incontestable vertu. Or l’excédent est le plus souvent le fruit d’une stratégie non coopérative d’avantage compétitif unilatéral exercée sur le dos des autres - à l’image de l’Allemagne qui fait payer sa déflation salariale à ses partenaires européens en manque à croître. L’ICU applique aux pays excédentaires un système de taxation progressive, en fonction de seuils d’excédents prédéfinis, afin de décourager leur stratégie unilatérale et de les inciter à une relance qui rééquilibre leur solde et améliore par là même les déficits (et la croissance) de leurs partenaires.

Monnaie commune à deux niveaux

On objectera que ce sont désormais les marchés qui déterminent les taux de change et non les ajustements ciblés décidés dans des bureaux gouvernementaux, et que tout projet de dévaluation finit régulièrement en tempête monétaire. C’est la raison même pour laquelle il faut soustraire ces ajustements aux marchés ! Si une ICU n’a aucune chance de se substituer au marché mondial des changes, elle peut en revanche offrir son modèle à une eurozone qui fonctionnerait sur le schéma d’une monnaie commune à deux niveaux (12) : monnaie unique pour les relations monétaires extérieures, mais admettant à l’intérieur des dénominations nationales à des parités non plus irrévocablement fixes, mais ajustables selon des mécanismes entièrement politiques et institutionnels du type ICU. Disons clairement qu’une telle monnaie commune ne pourrait engendrer à elle seule des miracles de croissance par les exportations : il n’y a jamais que 120 milliards de dollars d’excédent allemand (13) à redistribuer pour toute l’eurozone… Mais elle aurait au moins offert quelques appréciables degrés de liberté dans la période présente, notamment en donnant la possibilité aux pays d’où la crise européenne est partie - Grèce, Portugal et Irlande, tous trois déficitaires commercialement (14) - de dévaluer et de trouver des relais de croissance capables de rendre plus soutenables leurs ratios de dette publique (15). Enfin, par-dessus tout, en changeant profondément la façon de penser et de régler les compétitivités relatives à l’intérieur de l’Union, elle nous libérerait de facto du fléau régressif des " pactes pour l’euro ".

On dira que toutes ces pistes tiennent du rêve éveillé et n’ont pas la moindre chance de voir le jour dans les conditions présentes. Et c’est vrai ! Mais il se pourrait précisément que les conditions changent. Il faudra douze ou dix-huit mois pour que l’absurdité de la rigueur générale soit avérée et que, les ratios dette/PIB continuant leur irrésistible ascension, les marchés en prennent une conscience claire. Ce jour-là, ce n’est pas la pauvre EFSF, même aux moyens gonflés, qui pourra rattraper les défauts simultanés auxquels mèneront tous les taux d’intérêt emballés. Un scénario de fracture de la zone euro n’est pas moins probable qu’en décembre dernier. Pour le bloc qui se sera débarrassé des obsessions allemandes, la page sera à nouveau blanche, et l’occasion donnée de reconstruire autrement.

Il me semble que les dirigeants de l’UE sont dans un dilemme dont il est difficile pour eux de sortir avec les oeillères idéologiques dont ils sont encore pourvus ( jusqu’à quand ? ).
Je m’explique : outre la paix et la reconstruction, un des buts de la « construction » européenne était et est toujours d’imposer une camisole ordo-libérale.

Voir les travaux de François Denord et son ouvrage : « L’Europe Sociale n’aura pas lieu » ( que je vais acheter ).

Voir la critique de ce livre sur le blog : « La lettre volée »…

Extrait du blog :
[…]Les points communs des ordo-libéraux, c’est d’être convaincus que le libre marché doit être construit, que la tâche même de la politique devient celle d’établir une société de marché. C’est d’ailleurs le sens exact de l’expression allemande « économie sociale de marché » : il ne s’agit nullement de concilier l’économique et le social, mais de prendre en compte la nécessité de construire la société où s’imposera le marché. Le livre donne ainsi un aperçu sur la notion d’ordolibéralisme allemand, très proche du néolibéralisme.[…]

L’ordo-libéralisme, et je parle sous le contrôle d’un économiste en l’occurrence, André-Jacques consiste, en réaction à l’impuissance du libéralisme classique face à la crise de 1929 et en opposition au marxisme et au keynesianisme, à donner à l’État la responsabilité de créer un cadre légal et institutionnel à l’économie, et de maintenir un niveau sain de concurrence « libre et non faussée » via des mesures en accord avec les « lois » du marché.

Or, la crise des finances publiques qu’a crée l’ordo-libéralisme lui-même en sauvant les banques par les contribuables sans aucune contre-partie de contrôle politique de ces mêmes banques, au nom de la concurrence libre et non-faussée, ne peut pas se dénouer avec les mesures récessives d’austérité que prône le même ordo-libéralisme.

En résumé : La « construction » européenne a été, entre autres buts, crée pour imposer l’ordo-libéralisme sans tenir compte de l’avis des populations et maintenant ce même ordo-libéralisme est en train de soigner la « construction » européenne, soigner mais au sens des médecins de Molière, c’est à dire que le malade mourra guéri !

Il me semble, mais je demande l’avis d’André-Jacques et des autres participants, que le choix décisif se rapproche de nous :

— soit une autre construction européenne avec au minimum dans le domaine économique des solutions keynésiennes à l’intérieur, comme celles exposées par Frédéric Lordon (monnaie commune, fluctuation des monnaies nationales grâce à une chambre de compensation des déséquilibres …),

c’est à dire : une solution très difficile à mettre en oeuvre, comme nous le faisait d’ailleurs remarquer même Jacques Roman en pointant ses objections vis à vis de la constitutionnalisation des choix politiques ordo-libéraux dans le TCE et vu le dogmatisme des dirigeants actuels conforté par le bouclier anti-démocratique que constitue l’UE ( j’ai l’impression que ces drigeants tiennent plus à leur ordo-libéralisme qu’à la construction européenne, sinon il y a longtemps qu’un tournant keynésien aurait du avoir lieu )

— soit la restauration de l’autonomie des pays ex-membres de l’UE : écouter l’intervention de Bernard Cassen, enregistrée lors du colloque intitulé En finir avec l’Eurolibéralisme, organisé par Mémoire des luttes et Utopie critique le samedi 7 Juin 2008, Université Paris 8. Conférence mp3 durée : 18 mn 57 s

Merci Bernarddo de ce retour. Je vais effectivement essayer de creuser auprès de Christian G.

Je ne suis pas absolument certain de comprendre et il vaut mieux que vous précisiez (avant que je réponde à coté de la plaque) ce que vous voulez dire par « frontière de légitimité »


Excusez-moi du retard, je n’avais pas remarqué votre message.

Sur la notion de frontière de légitimité, il s’agit évidemment de faire préciser celle qui sépare les gains légitimes des gains illégitimes que C.G. semble avoir identifiés comme existant simultanément dans la création monétaire, et que l’on peut pratiquement poser ainsi: en quoi réside la légitimité de l’intérêt financier?

Il s’agit d’une question tout à fait fondamentale, qui est la seule qui vaille d’être posée quand on parle de réformer le système financier. Il est évident que les C.G. de la planète en sont tout à fait conscients ce qui explique leur embarras quand, par inadvertance sans doute, ils ouvrent la boîte de Pandore.

J’ajoute que je n’accepterai aucune justification liée au fait qu’il existerait un risque spécifique qui serait pris par les créanciers. Pour la bonne raison que toute l’histoire (la contemporaine en particulier) nous apprend que c’est le citoyen qui est « in fine » appelé à les assumer.

Ma position personnelle est qu’aucune création monétaire liée au crédit n’est légitime, et que les remboursements doivent simplement correspondre nominalement à la somme empruntée (incluant un système mutualiste de garantie) augmentée de la rémunération du service associé.

Il est absolument extraordinaire à mes yeux que les discussions sur la finance fassent une aussi grande place à des solutions certes astucieuses mais compliquées, comme la monnaie fondante par exemple, mais zappent complètement l’idée de loin la plus simple de l’intérêt zéro.

La Dame de Condé doit rester une prestataire de service comme une autre.

[bgcolor=#FFFF99]Prochaines conférences :
financement de l’économie sans avoir besoin d’épargne préalable
et rôle irremplaçable du tirage au sort en démocratie
[/bgcolor]

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/04/20/121-prochaines-conferences-financement-de-l-economie-sans-avoir-besoin-d-epargne-prealable-et-radicalite-du-tirage-au-sort-en-politique

Bonjour à tous.

Je vous signale, dans l’ordre chronologique, trois prochaines conférences-débats (où j’aimerais vous rencontrer, si cela est possible) :

• Samedi prochain, 23 avril 2011, 15 h, à MARSEILLE : La Cobema, 7 impasse Albarel-Malavasi (15e) :
Les enjeux économiques et politiques de la création monétaire et la solution juridique et politique du tirage au sort.


• Vendredi 29 avril 2011, 19 h, à NICE :

Le Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR organise une conférence
sur le thème de la création monétaire et de la dette publique
le vendredi 29 avril 2011 à 19 h, maison des associations, place Garibaldi à Nice.


• Samedi 28 mai 2011, 19 h, à FRÉJUS :

Ce sera à 19 h, après le Congrès d’Europe-Écologie, au Palais des Congrès. On parlera surtout de tirage au sort, mais les deux sujets (avec le contrôle de la monnaie) sont indissociables. Je vous en dirai un peu plus bientôt.

Amicalement.

Étienne.

@Bernarddo

Difficile de répondre pour Christian Gomez, mais celui ci considère que les revenus des intérêts doivent véritablement être représentatifs des préférences des agents économiques

"les taux d’intérêt ne deviendraient sensibles qu’à l’offre et la demande de fonds prêtables (investissement et épargne) dans une économie qui deviendrait monétairement neutre. Seuls les investissements rentables pour des taux d’intérêt véritablement représentatifs seraient sélectionnés et, donc, les risques d’un mauvais « aiguillage » de l’épargne seraient minimisés."
Mais plutôt que le citer je pense que vous comprendriez mieux sa pensée en lisant le résumé de sa proposition sur http://osonsallais.wordpress.com/2010/02/22/christian-gomez-100-money/ et mieux encore le lien pdf de son article complet sur cette page.

Pour ma part je n’ai pas beaucoup varié dans mon analyse : je continue de penser que la demande d’intérêts sur la création monétaire bancaire ex nihilo est « anormale » alors que la demande d’intérêts par un épargnant n’est pas sur le même registre car il n’y a pas de création de monnaie supplémentaire (ce qui ne veut pas dire que les taux ne doivent pas être encadrés ou « limités » par la loi).
Pour s’en convaincre il suffit de penser à la légalité de divers placements (location immobilière ou investissements dans des entreprises): pourquoi les revenus d’intérêts seraient-il à ce moment là autorisés et pas dans le prêt direct d’épargne?

En ce qui concerne la monnaie fondante, je ne pense pas que ce soit une bonne idée: nous ne sommes plus dans un système où la quantité de monnaie était limitée (par des contreparties en or), ni dans une économie où il faudrait « acheter au plus vite »…
Nos problèmes économique ne sont pas la conséquence de thésaurisations auxquelles d’ailleurs je ne crois pas (qu’elle existe), si ce n’est quelques centaines de milliards en billets de banque (30% - ? - des 800 Md€ de billets, sur un total de monnaie M1 de plus de 4500 Md€ dans la zone euro)

A+
AJH

Mais plutôt que le citer je pense que vous comprendriez mieux sa pensée en lisant le résumé de sa proposition sur http://osonsallais.wordpress.com/2010/02/22/christian-gomez-100-money/ et mieux encore le lien pdf de son article complet sur cette page.

Pour ma part je n’ai pas beaucoup varié dans mon analyse : je continue de penser que la demande d’intérêts sur la création monétaire bancaire ex nihilo est « anormale » alors que la demande d’intérêts par un épargnant n’est pas sur le même registre car il n’y a pas de création de monnaie supplémentaire (ce qui ne veut pas dire que les taux ne doivent pas être encadrés ou « limités » par la loi).


J’ai démarré la lecture de son blog.

Sa critique initiale est celle du concept de réserve fractionnaire, sur laquelle vous êtes d’accord.

Le problème est qu’elle n’est responsable que des effets de levier qui permettent de multiplier les prêts à partir d’une couverture donnée. (ou même sans couverture: Madoff, l’homme qui avait le mieux optimisé le système aurait dû pour cela logiquement recevoir le Nobel d’économie!)

Exiger une réserve globale revient simplement à considérer que tout emprunt doit être couvert par des actifs mis en jeu par le prêteur, que ces actifs soient immeubles ou monétaires, et place le prêteur en position d’assumer effectivement ses risques. Mais si cela améliore considérablement la situation (et permettrait d’exiger des banquiers et de tous intermédiaires financiers une transparence qui éviterait d’être obligé de voler à leur secours), cela ne changerait pas complètement la donne.

Si ces actifs sont monétaires chez votre épargnant (et donc préexistants), vous indiquez qu’il n’y a pas de création de monnaie supplémentaire, et c’est tout à fait exact.

Le problème, c’est que l’intérêt exige le retour d’un excédent de monnaie chez l’épargnant; et ne pas créer de monnaie par ailleurs crée automatiquement un « assèchement monétaire » pour l’économie, de la fraction de cet excédent que les épargnants ne consomment pas, du montant qu’ils thésaurisent.

C’est là que je ne vous suis plus, je pense en effet que la thésaurisation existe de plus en plus: sa principale composante n’est pas dans les billets de banque, (plus grand monde ne fait confiance à son matelas pour l’abriter) mais dans la plus-value extraordinaire que prennent les achats de biens matériels à grande durée de vie, l’immobilier par exemple, et surtout la phénoménale valeur que prennent les propriétés qui peuvent rapporter qui se concentrent mondialement chez les puissances d’argent.

Examinez la règlementation toujours plus sophistiquée qui facilite de plus en plus la consolidation et la perennisation des patrimoines. (je pense spécialement aux multinationales). Il me semble qu’il y a là tout un domaine à la seule action économique n’est plus suffisante.

Les prêteurs, de quelque terme que vous voulez bien les appeler, prennent le pouvoir sur la planète. Il faudrait aussi prévoir quelques miettes à ceux qui sont contraints à emprunter.

Pour s'en convaincre il suffit de penser à la légalité de divers placements (location immobilière ou investissements dans des entreprises): pourquoi les revenus d'intérêts seraient-il à ce moment là autorisés et pas dans le prêt direct d'épargne?
Votre questionnement se place sur le plan juridique de la légalité. Et encore faudrait-il s'assurer pour qu'il ait un sens que les catégories de prêt que vous opposez, s'opposent juridiquement dans un statut avéré et stable.

C Gomez se posait la question de la légitimité de certains gains financiers. Ce n’est plus du tout la même chose, c’est une question citoyenne.
Les éléments de réponse qui suivent sont une ébauche de réponse.

Pour les prêts financiers et d’investissement: il n’y a aucune raison de favoriser le créancier par rapport à l’emprunteur.
Pour les prêts immobiliers: le bailleur ne peut légitimement exiger plus que le revenu qui permet de conserver son bien en l’état.

@bernarddo
Pouvez-vous me préciser une chose avant que je ne réponde: comment, d’après vous, thésauriser de la monnaie scripturale?

Je comprends votre questionnement et vais essayer d’y répondre sur un exemple concret.

La thésaurisation à laquelle je pense n’est pas celle, individuelle, du matelas à laquelle on voudrait la réduire.
Elle est en fait partagée.

L’excédent de monnaie (l’intérêt qui lui est servi), permet au prêteur d’acheter un bien généralement durable, (de l’immobilier par exemple, ou mieux, un bien dont la valeur est appelée à croître), à un prix supérieur de ce montant au prix qu’il aurait pu consentir avec le même effort financier sans l’existence de l’intérêt.

L’effet visible est simplement le constat d’une inflation.

Le matelas financier (du montant de l’intérêt) qui existait chez l’acheteur est maintenant passé chez le vendeur, il n’en demeure pas moins qu’il n’a pas disparu.

« L’assèchement monétaire » de l’économie existe bien hors les acteurs de la transaction: il n’est pas nominal bien sûr, mais les autres acteurs économiques qui disposent par définition de la même quantité nominale de monnaie auront vu leur pouvoir d’achat diminuer: pour eux, la valeur d’estime du bien immobilier qu’ils pourraient convoiter n’a pas changé, alors que sa valeur d’échange a augmenté.

Cette « thésaurisation » , (le mot n’est peut-être pas le mot adéquat) apparaît donc globalement comme génératrice d’inflation au bénéfice des possédants. On voit bien que ses effets sont inégalitaires.

Vous allez me dire que cet excédent va passer in fine chez un investisseur.

C’est la prochaine étape. Là, l’intérêt servi à l’investisseur, de concert avec l’exclusivité qui lui est généralement reconnue de décider de la répartition des bénéfices, va transformer cet investisseur en spéculateur.

C’était quand-même infantile à prévoir!

La crise sert surtout à mettre sur le marché les propriétés de ceux qui ne gagnent plus assez pour faire honneur aux termes de leurs prêts et hypothèques. De cette façon, les banques et tous ceux qui ont thésaurisé du liquide échangent leur liquidité volatile (inflation galopante au fur et à mesure que cette bulle es plus populaire -entre ceux qui peuvent-). Bien qu’ils paient le moins possible… ils paieront n’importe quoi avant que la logique poussée au bout ne rende ce qui leur reste apte à s’essuyer le cul si c’est du papier physique (quel spectacle, utiliser des mauves pour cette humble occupation :wink: ).

Cette course apparente vers la liquidité est un leurre… pour que ce soient finalement les humbles citoyens qui se trouvent avec l’essuie-merde dans les mains quand sera décrété finalement qu’on met fin à la première République de Weimar du XXIième Siècle :wink:

L’assaut par Occident des enclaves pétroliers comme la Libye est servi par les mêmes motifs… avoir accès au pétrole lorsqu’il ne sera plus possible de l’obtenir en échange de monnaie inutile… pour ce faire il faut avoir le contrôle physique des lieux. Pas étonnant que l’OTAN s’y prête… comment ferait-il la guerre sans combustible pour ces chars, bateaux et avions?

Désolé Bernarddo, je ne comprends pas bien.
L’intérêt versé au prêteur corresponds, certes à une augmentation de pouvoir d’achat, mais l’emprunteur voit bien une diminution de pouvoir d’achat . A « vitesse de rotation » de la monnaie identique, la « valeur des achats » restera identique.
Je ne vois ni conséquence inflationniste, ni thésaurisation.

C'était quand-même infantile à prévoir!
Désolé Bernarddo, je ne comprends pas bien. L'intérêt versé au prêteur corresponds, certes à une augmentation de pouvoir d'achat, mais l'emprunteur voit bien une diminution de pouvoir d'achat . A "vitesse de rotation" de la monnaie identique, la "valeur des achats" restera identique. Je ne vois ni conséquence inflationniste, ni thésaurisation.
C'est paradoxal de se situer entre l'évident et le non compris. A la réflexion, c'est probablement parce que le terme d'inflation ne peut qualifier qu'une partie du phénomène qui serait plutôt une ségrégation économique.

Je vais donc essayer de préciser ma pensée

L’exemple proposé est par nature microéconomique. Le phénomène inflationniste ne se situe pas dans la première transaction (prêt avec intérêt).

On le trouve dans la seconde opération, en tant qu’exemple d’inflation dans l’immobilier lorsque le prêteur initial fait monter le prix de la transaction (valeur d’échange) du bien immobilier sans modifier la valeur de service de celui-ci (valeur intrinsèque liée à ses caractéristiques matérielles), simplement parce que la mise à sa disposition d’une plus grande quantité de monnaie (intérêt du prêt) a fait monter sa propre évaluation de la valeur du bien (sa valeur d’estime).

Il faut maintenant voir ce qui se passe au niveau macroéconomique.

Le niveau macroéconomique ne serait pas touché si le débiteur du prêt initial qui se retrouve amputé d’une partie de ses liquidités par l’intérêt du prêt qu’il a dû rembourser, et désirant lui aussi acheter le même immeuble, était en capacité de faire baisser de façon symétrique le prix de la transaction , simplement parce que la baisse de la quantité de monnaie qui l’affecte a fait baisser sa propre évaluation de la valeur du bien (sa valeur d’estime) dans les mêmes proportions.

De toute évidence, ce n’est pas le cas, puisque il se retrouvera en concurrence avec le premier candidat à l’achat. Et que, très probablement en fonction de l’estimation de celui-ci que se conclura la transaction.

Cela ne veut pas dire que votre affirmation soit erronée, cher AJH: globalement, il se trouvera des biens moins attractifs pour lesquels les prix de transaction pourront baisser, car tirés vers le bas par leur délaissement par les candidats acheteurs plus fortunés.

De sorte que, globalement l’équilibre des pouvoirs d’achat serait respecté, comme vous le rappelez au niveau microéconomique

Mais au niveau de la distribution on voit bien que les produits les plus attractifs vont se concentrer, par le fait de ces prêts d’épargne à intérêt, vers les mêmes épargnants, alors que les biens les moins attractifs vont se concentrer du côté des débiteurs.

C’est donc un phénomène de ségrégation économique de même nature que l’actuel, bien que beaucoup moins prononcé, puisqu’il nous épargnerait les effets encore plus pervers de l’inflation monétaire et les effet de levier.

Mais tant qu’à s’attaquer au problème, il faudrait le prendre à la racine, « à l’os » comme dirait Etienne.

Est-ce plus conpréhensible ?

C'était quand-même infantile à prévoir!
Désolé Bernarddo, je ne comprends pas bien. L'intérêt versé au prêteur corresponds, certes à une augmentation de pouvoir d'achat, mais l'emprunteur voit bien une diminution de pouvoir d'achat . A "vitesse de rotation" de la monnaie identique, la "valeur des achats" restera identique. Je ne vois ni conséquence inflationniste, ni thésaurisation.
C'est paradoxal de se situer entre l'évident et le non compris.
Il n'y à rien de paradoxal, Bernardo... simplement vous n'avez pas compris ;) .

Vous n’avez pas compris mon expression. J’aurais dû compléter, mais je n’ai pas voulu enfoncer le clou, trop humaniste que je suis. En fait, ce que je disais en exclamant cela, c’est que même l’infantile vous n’avez pas arrivé à le comprendre.

Cela dit, il est fortement probable que mes raisons pour arriver a cette conclusion (générique, pas seulement pour vous) ne soient guère compatibles avec celles d’AJH.

Pour moi, ce qui était évident… c’est que vous n’arrivez pas à comprendre (et en cela, vous êtes loin d’être le seul, vous êtes plutôt en très bonne compagnie, rassurez-vous et tant pis pour moi et l’humanité).

[bgcolor=#FFFF99][size=25][b]Rapport du Sénat sur le krach de Wall Street : La criminalisation de la classe dirigeante américaine [/b][/size][/bgcolor] Par Barry Grey 23 avril 2011 [b] Mercredi dernier, le sous-comité permanent sur les enquêtes du Sénat américain a rendu public [bgcolor=#FFFF99]un volumineux rapport sur le krach de Wall Street de 2008[/bgcolor] qui documente combien la fraude et la criminalité sont répandues au sein de tout le système financier et de ses relations avec le gouvernement.[/b]

[bgcolor=#FFFF99]Le rapport de 650 pages est le résultat d’une enquête qui s’est déroulée sur deux ans et qui comprend 150 entrevues et dépositions ainsi que l’examen de courriels et documents internes de grandes banques, d’organismes de réglementation gouvernementaux et d’agences de notation. Le rapport, intitulé « Wall Street et la crise financière : Analyse d’un effondrement financier », établit que le krach financier et la récession qui a suivi étaient le résultat de fraude et d’escroquerie systémiques de la part des prêteurs hypothécaires et des banques, de connivence avec les sociétés de notation et avec la complicité du gouvernement et de ses organismes de réglementation des banques.[/bgcolor]

Le World Socialist Web Site analysera en détail le contenu de cet important document dans les prochains jours. Sa portée fondamentale est cependant déjà claire. D’après le résumé du rapport, « L’enquête a découvert que la crise n’était pas un désastre naturel, mais le résultat de produits financiers complexe, à haut risque; de conflits d’intérêts maintenus secrets; et du fait que les organismes de contrôle, les agences de notation et le marché lui-même n’aient pas freiné les débordements de Wall Street. »

Lors d’une conférence de presse mercredi, et dans d’autres entrevues par la suite, le sénateur Carl Levin (démocrate du Michigan), président du sous-comité, a été encore plus explicite. [bgcolor=#FFFF99]« En se basant sur des courriels, des notes de service et d’autres documents internes », a-t-il dit, « ce rapport montre les dessous d’un assaut économique qui a fait perdre à des millions d’Américains leur emploi et leur maison, et qui a ruiné des investisseurs, des entreprises et des marchés de qualité. Des prêts à haut risque, le manque de supervision, des notations financières gonflées et des firmes de Wall Street impliquées dans d’immenses conflits d’intérêts ont contaminé le système financier des États-Unis avec des hypothèques toxiques et ont miné la confiance du public dans les marchés américains. »[/bgcolor]

« En utilisant les mots mêmes que l’on trouve dans les documents que le sous-comité avaient exigés pour son enquête, le rapport montre comment des sociétés financières ont délibérément profité de leurs clients et investisseurs, comment des agences de notation ont donné la cote AAA à de titres à haut risque, et comment les organismes de contrôle n’ont rien fait plutôt que de mettre un frein aux pratiques risquées et douteuses partout autour d’eux. Des conflits d’intérêts endémiques sont au coeur de cette sordide histoire. »

Levin a ensuite ajouté que l’enquête avait trouvé « un désordre financier où régnaient la cupidité, les conflits d’intérêts et les méfaits ». Il a dit au New York Times : « Hors de tout doute, ces institutions ont trompé leurs clients et trompé le public, et les organismes de contrôle et les agences de notation,qui étaient en situation de conflit d’intérêts, en sont complices. »

Le rapport est divisé en quatre sections, chacune se concentrant sur un élément particulier du réseau de fraude et d’abus : les prêteurs hypothécaires, les organismes de contrôle, les agences de notation et les banques d’investissement de Wall Street. La première section traite du cas typique de Washington Mutual (WaMu) en détaillant les pratiques prédatrices et trompeuses d’octroi de prêts, de comptabilité et de communication de l’information financière qui ont mené, suite à l’implosion du marché hypothécaire des subprimes, à l’effondrement de la banque et la reprise par JPMorgan Chase en septembre 2008.

La seconde section étudie le rôle corrompu de l’organe fédéral de l’Office of Thrift Supervision (OTS), qui a supervisé trois des plus grands échecs financiers de l’histoire des États-Unis : Washington Mutual, IndyMac et Countrywide Financial. Le rapport affirme que, « sur une période de cinq ans, de 2004 à 2008, OTS a souligné plus de 500 faiblesses importantes chez WaMu, mais n’a rien fait pour forcer la banque à améliorer ses pratiques d’octroi de prêts et a même entravé la supervision de la banque par un autre organisme de contrôle, la FDIC ».

La troisième section documente le système par lequel les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s ont attribué des cotes de crédit supérieures aux obligations adossées à des actifs (CDO) et à d’autres titres complexes liés à des subprimes et à d’autres prêts hypothécaires toxiques, ce qui permet aux banques de faire des milliards de dollars en faisant passer ces valeurs mobilières pourries pour des placements de catégorie supérieure. En retour, les agences de notation ont engrangé des bénéfices énormes pour leurs services.

Comme le rapport l’indique : « Les agences de notation ont été payées par les entreprises de Wall Street qui ont demandé leur cotation et ont profité des produits financiers cotés… Les agences de notation ont assoupli leurs normes alors que chacune faisait compétition pour fournir la cote la plus favorable pour gagner une plus grande part des entreprises et du marché. Le résultat a été une course vers le bas ».

La dernière section examine la fraude et la tromperie perpétrées par les grandes banques d’investissement qui ont profité d’abord de l’inflation du marché immobilier américain, puis de son implosion ensuite. Elle prend comme exemples Goldman Sachs et la Deutsche Bank. Goldman a commencé à miser fortement en 2007 que le marché immobilier s’effondrerait, vendant sous différentes formes des obligations adossées à des actifs liées à des prêts hypothécaires à haut risque même si elle pariait secrètement que la valeur de ces mêmes titres allait être en chute libre.

Le rapport cite des courriels par le plus gros opérateur mondial de CDO de la Deutsche Bank, Gregg Lippman, qualifiant les titres hypothécaires à risque mis sur le marché par la banque de « merde » et de « goinfres », et les opérations de la banque de « machine à CDO », qu’il désigne comme une « chaîne de Ponzi ».

Le document souligne le rôle central des grandes banques de Wall Street qui ont répandu la fraude, en déclarant: « Les banques d’investissement ont été la force motrice derrière les produits de financement structurés qui ont fourni un flux régulier de financement aux bailleurs de fonds se développant en des prêts à haut risque et de mauvaise qualité et qui augmentaient le risque dans tout le système financier américain. Les banques d’investissement qui ont fabriqué, vendu et échangé des prêts hypothécaires liés à des produits financiers structurés, et qui en ont profité, ont été une cause majeure de la crise financière ».

Le portrait général en est un de criminalité de la part de l’établissement financier dans son ensemble qui, avec l’aide de tous les paliers de gouvernement en tant que co-conspirateur, ont systématiquement pillé l’économie afin de continuer à s’enrichir. Le résultat est un drame social pour des dizaines de millions de personnes aux États-Unis et de plusieurs millions dans le monde entier. Et pourtant, le résultat de ce crime historique est que les banquiers et les spéculateurs sont plus riches et plus puissants que jamais.

Pas un seul des cadres supérieurs d’une grande banque des États-Unis, d’un fonds de couverture, d’une entreprise hypothécaire ou d’une compagnie d’assurance n’a été mis en prison. Aucun d’eux n’a même été poursuivi.

Tout porte à croire qu’aucun ne sera accusé criminellement dans le futur. Comme pour le rapport semblable accablant sorti en janvier par la Commission d’enquête de la crise financière américaine, le rapport du Sénat a été en grande partie enterré par les médias de masse. Il a été brièvement rapporté dans les pages intérieures de certains des principaux journaux et à peine mentionné par les réseaux de télé, pour ensuite être abandonné.

Un jour après la publication du rapport du Sénat, le New York Times a publié un long article concernant l’absence de poursuite judiciaire contre les criminels de Wall Street. Il raconte la tenue d’une réunion privée entre l’ancien président de la banque de la réserve fédérale de New York (qui est maintenant le secrétaire au Trésor d’Obama), Timothy Geithner, et l’ancien ministre de la Justice de New York, Andrew Cuomo, en octobre 2008, où Geithner avait fortement encouragé Cuomo à faire marche arrière sur les enquêtes des banques et des agences de notations.

L’article fait le contraste entre l’absence d’accusations criminelles contre les banquiers aujourd’hui et ce qui avait suivi la débâcle des prêts et des épargnes à la fin des années 1980, lorsque des équipes spéciales du gouvernement avaient déféré 1100 cas à la Couronne et plus de 800 responsables des banques avaient été emprisonnés. Il note le déclin important des renvois, par les régulateurs des banques, au FBI, de 1837 cas en 1995 à 75 en 2006. Lors des quatre années suivantes, à l’apogée de la crise financière, une moyenne de seulement 72 responsables des banques par année a été la cible de poursuites criminelles.

L’OTS n’a pas déféré un seul cas au département de la Justice depuis 2000 et le Bureau du contrôleur de la monnaie, un groupe du département du Trésor, a déféré seulement un cas dans la dernière décennie.

[bgcolor=#FFFF99]Comment cela est-il possible? Pourquoi le PDG de Goldman, Lloyd Blankfein, le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, l’ancien PDG de Washington Mutual, Kerry Killinger, ainsi que le secrétaire au Trésor Geithner et son prédécesseur Henry Paulson (anciennement le PDG de Goldman), ne sont pas en prison?[/bgcolor]

De tels manipulateurs financiers sont protégés alors que les travailleurs sont privés d’emplois, de salaires, de maisons et de services sociaux essentiels afin de payer pour les dettes engendrées par le transfert de trillions de dollars en fonds publics vers les banques. La résistance collective à cette attaque est en train d’être criminalisée par des lois antigrèves, qui imposent des amendes et des peines de prison pour les travailleurs qui entrent en lutte.

[bgcolor=#FFFF99]Une raison expliquant l’absence de poursuite judiciaire est le pouvoir des individus impliqués, qui exercent tous une immense influence sur les politiciens, les médias et le système judiciaire.[/bgcolor] Mais les causes sont plus larges que le statut de quelques individus, tout comme ce sordide état de choses n’émerge pas de la cupidité individuelle, mais plutôt d’une profonde crise de tout le système.

La criminalisation de la classe dirigeante américaine est le résultat de plus de trois décennies durant lesquelles l’accumulation de richesse par l’élite financière et patronale est devenue de plus en plus séparée de toute la production. Dans sa quête du profit, la classe dirigeante a démantelé de larges sections de l’industrie et s’est tournée résolument vers la manipulation et la spéculation financière.

L’ascendance des sections les plus parasitaires de la classe capitaliste a été accompagnée par un déclin marqué du niveau de vie de la classe ouvrière. Les sections les plus riches et les plus puissantes ont acquis une quantité stupéfiante de richesses en pillant la société.

La classe dirigeante elle-même sent que de poursuivre l’une ou l’autre des personnalités les plus en vue qui ont escroqué le peuple américain (et toute l’humanité) exposerait rapidement tout le système. C’est juger le système capitaliste lui-même dont il serait question.

(Article original paru le 18 avril 2011)

Source : wsws.org, Rapport du Sénat sur le krach de Wall Street : La criminalisation de la classe dirigeante américaine


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Commentaire :

[bgcolor=#FFFF99]Pour ma part, je trouve consternant l’aveuglement des commentateurs à la recherche des VRAIES CAUSES : tous animés par la religion du suffrage universel, aucun ne pense à incriminer la vache sacrée de L’ÉLECTION qui permet aux riches — DE FAÇON CRIANTE — de financer la campagne de leurs domestiques politiques.[/bgcolor]

Dans un système où les serviteurs politiques sont TIRÉS AU SORT, les riches ne gouvernent JAMAIS et les pauvres gouvernent TOUJOURS. Ce sont des FAITS.

Des faits ignorés de tous, même de la gôôôche…, avec une incompréhensible viscosité intellectuelle.

La doxa est un rouleau compresseur pour la pensée.

Tant pis pour les manants, la sélection naturelle fera son oeuvre: « mort aux cons ».

C’est une vielle affaire. J’ai mis dans ma page En vrac cette vieille pensée parfaitement d’actualité :

"[bgcolor=#FFFF99][b][color=red]Cette disposition à admirer, et presque à vénérer, les riches et les puissants, ainsi qu'à mépriser, ou du moins à négliger, les personnes pauvres et d'humble condition[/color], quoique nécessaire à la fois pour établir et pour maintenir la distinction des rangs et de l'ordre de la société, est en même temps la cause la plus grande et la plus universelle de la corruption de nos sentiments moraux.[/b][/bgcolor]

Les moralistes de toutes les époques se sont plaints que la richesse et la grandeur soient souvent regardées avec le respect et l’admiration seulement dus à la sagesse et à la vertu ; et que le mépris, dont le vice et la folie sont les seuls objets convenables, soit souvent très injustement attaché à la pauvreté et à la faiblesse."

Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, 1759.


Notre organisme social manque de globules blancs : personne pour nous débarrasser de nos parasites ? On en crèvera tous (y compris les parasites, peut-être).

Quelle tristesse.

Alain nous l’annonçait :

[size=15]« Car enfin le trait le plus visible dans [b]l’homme juste[/b] est de [b]ne point vouloir du tout gouverner les autres[/b] et de gouverner seulement lui-même. [color=red]Cela décide tout.[/color] [bgcolor=#FFFF99][b]Autant dire que les pires gouverneront.[/b][/bgcolor] »[/size] [i]Alain, 10 décembre 1935[/i]
Mais, bon sang de bonsoir !, cette prévision est [u]vraie si on élit[/u] [size=15][b]des candidats ![/b][/size] Mais cette terrible prophétie, parfaitement confirmée par les faits actuels, serait complètement [u]fausse si on tirait au sort[/u] les serviteurs politiques de la Cité !

Quelle tristesse d’être si seuls ici à cultiver la plante qui sauverait sans doute le corps social, alors que les rapaces de la grande banque préparent à nouveau la guerre pour éviter d’être égorgés pour leurs meurtres, comme d’habitude : la guerre déclenchée par les riches pour éviter la révolution.

Et tous nos jeunes gens vont partir en guerre comme un seul homme… contre « les musulmans » cette fois… n’importe quoi…

Quelle tristesse.

Étienne.