07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@bernarddo

Merci de rappeler le modèle écosociétal qui comme son nom l’indique est un modèle, une « utopie » dans lequel par exemple (ce qui est différent du système actuel) la « monnaie » est créée individuellement lors de la création de richesse (le travail) et détruite toujours individuellement lors de la consommation ou l’utilisation de richesses: il ne peut y avoir d’intérêts sur cette monnaie émise individuellement.

Très différente est l’utilisation éventuelle d’une épargne (une consommation non réalisée); mais nous aurions pu appeler « les intérêts sur une épargne préalable » du nom de « dividendes »
En effet, le payement d’intérêts est effectivement le payement d’un service et ne fait, dans ce cas, que transférer de la monnaie déjà existante (déjà « gagnée »), et n’a donc pas d’incidence sur la « masse monétaire », ce qui est très différent d’intérêts sur le crédit proposés par les « créateurs de monnaies » qui imposera tôt ou tard la création de monnaie pour payer ces intérêts sauf à imaginer une vitesse de rotation infinie.
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Vous voyez que je reste quand même constant dans ma réflexion.

Mais, pour vous rassurer, lorsque pendant presque 2 ans mes amis et moi avons travaillé sur ce « modèle » les avis ont été (aussi) partagés sur le droit à l’intérêt sur l’épargne existante… la majorité "pour " fut faible :wink: , certains comme vous ne voulant pas en entendre parler et proposant que le prêt entre particuliers soit totalement interdit pour éviter ainsi toute « dérive » d’intérêts cachés (il y aura toujours des gens qui seront prêt à offrir un intérêt pour obtenir un prêt qu’ils n’arrivent pas à obtenir par des voies légales, même s’il [l’intérêt] n’est pas « monétaire » et on peut penser aux pires dérives).

@Bernarddo
Je précise sur ce point:

« De plus, ces intérêts acquis sont bien un revenu monétaire.
Or par définition dans le système, un revenu ne peut être que le produit d’un temps d’activité par un coefficient d’utilité, termes qui sont nuls par définition dans le cas du crédit. Il y a là une contradiction manifeste. »

On peut aussi considérer dans ce cas qu’il s’agit d’un service (le temps d’activité qui a son équivalent dans le temps de travail passé ayant permis de créer cette épargne qui est un salaire non consommé) , et avec une utilité sociétale (satisfaire les besoins du citoyen ayant envie d’un bien que la société lui refuse car lui refusant le crédit)

C’est malheureux que je n’ai pas gardé les kilomètres de courriels de discussion sur cette question…

@bernarddo

Très différente est l’utilisation éventuelle d’une épargne (une consommation non réalisée); mais nous aurions pu appeler « les intérêts sur une épargne préalable » du nom de « dividendes »
En effet, le payement d’intérêts est effectivement le payement d’un service et ne fait, dans ce cas, que transférer de la monnaie déjà existante (déjà « gagnée »), et n’a donc pas d’incidence sur la « masse monétaire », ce qui est très différent d’intérêts sur le crédit proposés par les « créateurs de monnaies » qui imposera tôt ou tard la création de monnaie pour payer ces intérêts sauf à imaginer une vitesse de rotation infinie.
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Merci A-J H, pour toutes ces précisions, qui vont probablement m’amener à résipiscence, sous réserve de clarification.

Clarification sous deux aspects: de vocabulaire et d’univers.

De vocabulaire d’abord:

Je pense que le mot le plus adéquat pour valoriser ce « service privé » pourrait être « gratification » ou « récompense ».

D’univers ou de sphère ensuite:

En effet, la différence fondamentale entre le prêt obtenu via un prestataire de service ou via une personne privée n’est pas dans le caractère de service (dans les deux cas, il s’agit formellement du même service) mais dans le fait qu’on n’est plus du tout dans le même univers: on passe de la sphère publique, (les prestataires de service), à la sphère privée.

Je suis d’accord pour laisser les personnes privées traiter librement entre elles, à la condition que la frontière entre ces univers ne soit pas franchie.

Cela suppose que les pouvoirs publics ne s’occupent en aucune manière de tout différend qui pourrait surgir entre prêteur et emprunteur du fait de leur opération privée, même si la gratification se transforme en perte sèche.
Mieux, je pense que le transfert momentané de patrimoine n’a pas à être considéré par ces pouvoirs publics.

L’Etat régalien asphyxié

Par Nicolas Dupont-Aignan le jeudi, octobre 28 2010, 12:12 - Lien permanent

Hier après-midi, les trois commissions, lois, défense et finances auditionnaient le ministre de l’Intérieur sur le budget de la sécurité. Il suffisait d’écouter pour comprendre l’impasse dans laquelle s’est placé le gouvernement. D’un côté un ministre qui se veut plein de bonnes intentions, de l’autre une contrainte budgétaire qui réduit ses moyens et le condamne à l’échec.

Brice Hortefeux l’a d’ailleurs reconnu lui-même en répétant que son ministère ne pouvait pas s’exonérer de la règle de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), à savoir le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, partant à la retraite. Pour seule ligne de défense il n’a cessé de marteler que nous aurons fin 2010 autant de policiers et de gendarmes qu’en 2000. Mais il a oublié de dire qu’entre 2002 et 2006, les effectifs avaient cru de plus de 10 000.

A l’époque, Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs bien compris que, pour être crédible, il faut que les actes suivent les mots. Mais depuis 2007 une véritable politique de démantèlement de l’Etat régalien a fait perdre ces 10 000 agents. Or, comment croire que notre Etat puisse relever les défis de la délinquance de 2010 avec les effectifs insuffisants du gouvernement Jospin (assez critiqué d’ailleurs à l’époque par la majorité).

Des violences de plus en plus aiguës, des exigences juridiques de plus en plus complexes (réforme de la garde à vue), des ambitions multiformes : la tâche demandée aux policiers et gendarmes est irréalisable avec chaque année 2000 à 3000 agents de moins.

Le découragement des forces de police et de gendarmerie, qui ont payé cher de leur vie leurs missions au service de la collectivité nationale (17 victimes en 2009), va prendre de l’ampleur. Ce ne sont pas les 1500 adjoints de sécurité qui vont régler le problème tant leur manque de formation est un handicap. Les violences, les trafics de drogue et les mafias vont malheureusement prospérer.

Et le renfort ne va pas venir du ministère de la Justice ! Hier après-midi aussi, aux questions d’actualité, Mme Alliot-Marie a sèchement renvoyé dans ses buts un député UMP qui demandait, comme moi, la réduction des remises de peine automatiques qui aboutissent à libérer les condamnés à seulement la moitié de leur peine. Jamais notre pays n’a été, dans les faits, aussi schizophrène. Un discours de sévérité d’un côté et une politique pénale laxiste de l’autre. Des objectifs de diminution de la délinquance pour la police d’un côté et des moyens en peau de chagrin de l’autre.

Ce décalage, ce fossé béant entre les discours et les décisions s’explique pour la simple raison que nos dirigeants n’ont plus la maîtrise du navire. Ce sont les agences de notation qui gouvernent la France.

La politique économique récessive décidée par les commissaires de Bruxelles entraîne la France dans le déclin économique, les délocalisations, le chômage de masse, la perte de recettes fiscales et donc les déficits. Dans leur logique, il faut donc toujours plus réduire des dépenses, et même s’attaquer à l’Etat. C’est sans fin, car cette réduction des dépenses ne permet pas de combler les déficits puisqu’au même moment, les recettes s’effondrent. Tout cela pour payer des intérêts d’emprunt à des banques privées ou des particuliers pour des sommes toujours plus extravagantes, alors même que si nous n’avions pas abandonné le pouvoir de battre monnaie, nous pourrions investir en empruntant auprès de la banque centrale à un taux zéro.

Quand comprendra-t-on qu’il faut enfin changer de cap économique ? Tout miser pour relocaliser l’emploi et donc rétablir nos recettes. Cela veut dire du courage politique. Le courage de renoncer aux dogmes de l’euro, du libre échange déloyal, etc…

Nous en reparlerons, je vous le promets. En attendant les retraites diminuent, les commissariats se vident, les hôpitaux des petites villes ferment, etc…

Mais dans le même temps se lève un espoir. Celui de la révolte du bon sens contre la technocratie, celui de la France contre l’internationalisme, et du courage contre la lâcheté.

C’est cet espoir que je vous invite à venir partager le 21 novembre prochain à Paris, à l’occasion de notre grand Congrès au cours duquel je lancerai ma campagne présidentielle pour 2012, pour l’indépendance et la liberté de la France.

L’enjeu des retraites

Bonjour,

vous trouverez des [bgcolor=#FFFF99]analyses originales et stimulantes à propos de création monétaire et de valeur reconnue dans le PIB[/bgcolor], dans l’exceptionnel travail de Bernard Friot, dont je signale l’existence ci-après (dans un billet de blog puisque le sujet n’est pas à proprement parler un sujet constitutionnel — encore que…) :

[bgcolor=#FFFF99]L’enjeu des retraites : bonheur au travail, qualification des personnes et salaire à vie + émancipation des riches et de leur « armée de réserve »[/bgcolor]
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2010/11/07/110-l-enjeu-des-retraites

Étienne.

C’est effectivement un travail remarquable, qui montre quelles devraient être les priorités de la gouvernance:

  • laisser aux citoyens, via des échantillons représentatifs tirés au sort, la liberté de faire « coller au mieux » le cercle de la richesse (de l’activité), et celui de la valeur travail, le PNB

La conférence de Nancy ajoute le volet contrôle de l’avenir commun par la maîtrise collective des investissements, qui devrait être placée sous le même contrôle.

Son apport conceptuel fondamental (pour moi qui n’avais jamais rencontré ce terme) est celui de « droit de propriété lucrative » qui me semble être la première définition réellement « utilisable » de ce qui constitue la caractéristique prédative du capitalisme.

Au delà du travail de FD, il nous laisse deviner les trésors d’inventivité qui existent dans le monde des économistes et sociologues à la seule condition qu’ils puissent librement exprimer leur créativité.

Le monde économique, le monde tout court, devrait redevenir un monde d’amateurs, un monde de « retraités ».

(note pour Étienne: nos deux amis Philippe de Paris, ainsi que Christian et moi - et sans doute bien d’autres dont je n’ai pas connaissance - sommes invités pour en débattre le dimanche 5 décembre à Montreux. Je n’irai surement pas, mais c’est une bonne initiative… si tu veux y aller à ma place …)

=================

[b]Projet de référendum en Suisse[/b]

Initiative parlementaire ou populaire à la suisse.

Pour une Suisse sans dettes, ni impôts, taxes, etc., grâce à la robotisation, en parallèle, sinon surtout grâce à une création modernisée de l’argent qui assurera ainsi la prospérité de tous.

État des lieux et inventaires des conséquences néfastes du système bancaire inadapté actuel :

  1. Des centaines de milliers de Suisses intègres travaillent, mais vivent endettés sous le seuil de pauvreté. En parallèle, le Conseil fédéral rabote des Budgets à des postes pourtant prioritaires (santé, éducation, chômage, création d’emplois, relance, environnement, infrastructures, transports, réduction du nombre d’Ambassades et d’outils d’informations tel Swissinfo… à l’heure de crises et de l’isolement du Pays sur la scène internationale, suppression des bureaux de Poste et dégradation générale du Service public, Crèches, etc.) et répercute ses tâches sur les Cantons, donc Communes et de fait, les Familles, soit nous tous. Les Caisses de pensions sont de plus en plus vides et la cohésion nationale, sinon la solidarité sont partout remis en cause (Votation du 7.03. 2010).

  2. Les « solutions » sont une nouvelle fiscalité sournoise (parkings, radars, nouveaux «délits» etc.), mais aussi la TVA, etc. qui pénalisent tous les citoyen(ne)s, ainsi que les PME en augmentant le chômage des jeunes et de collaborateurs à… plus de 15 ans de l’AVS.

  3. Le système économique actuel, grâce aux nombreuses découvertes et inventions qui le favorisent (notamment l’informatique et les robots de plus en plus nombreux et efficaces), produit une abondance de biens, en même temps qu’il réduit les besoins de main-d’oeuvre locale et augmente ainsi un chômage permanent. Une partie importante de la population se trouve ainsi privée de tout travail et pouvoir d’achat des biens créés pour elle et non pas pour quelques individus ou groupes particuliers d’industriels financiers, Banquiers et spéculateurs.

  4. La crise de l’UBS et ses dizaines de milliards soustraits aux contribuables futurs ne révèlent pas seulement les graves dysfonctionnements du Conseil fédéral, après ceux de ladite Banque, mais de fait, de tout le système bancaire mondial et du pillage de tous les habitants et Pays de la Terre entière. En Europe : Islande, Grèce, Portugal. A quand la Suisse ?

  5. La Confédération, ses Régies, etc., ainsi que les Cantons et leurs Communes, PME, etc. dont personnes morales et physiques (nous) dépensent chaque jour et au minimum des centaines de Millions CHF à titre d’intérêts… SANS amortissement et pour certaines dettes cumulées, etc. pour des montants représentant des multiples des emprunts initiaux! Ceci représente des centaines de Milliards CHF par an, qui seraient mieux utilisés pour le bien du Souverain.

  6. FED & IRS (deux archétypes américains du dysfonctionnement systémique du taux d’intérêt conçu par les Banquiers et du «remboursement» autoritaire des dettes… par les Citoyen(ne)s surtaxé(e)s), «Too big to fail», Toxic Assets sont devenus des termes « familiers », à contrario du mécanisme pervers de la création monétaire qui nous asservit tous, partout et chaque jour davantage.

Ainsi :

  • le système bancaire fabrique depuis trois siècles de l’argent à partir de RIEN et facture ce tour de passe-passe avec des taux d’intérêts, alors que l’État (nous les Citoyen(ne)s) pourrait l’émettre gratuitement et ainsi, distribuer équitablement les plus values mensuelles à tous.

  • A contrario du dogme officiel et de la Propagande économique, il faut savoir que le taux d’intérêt et les Banquiers créent l’inflation, sinon et surtout, des dettes non remboursables. Ces dettes exponentielles sont IMPOSSIBLES à rembourser. Des contrats impossibles sont nuls, d’autant plus que ces dettes sont créées à partir de rien, par astuce en bande.

  • Les États endettés et sans réel pouvoir de décision actuellement abdiqué, répercutent leurs « remboursements » sans amortissement aux chers (sic!) Banquiers (une poignée de familles), sur nous tous.

  • Ce système bancal, en crise systémique fut conçu dans l’iniquité et les Banquiers possèdent la Terre qu’ils gèrent à leur guise, avec la majorité des Chefs d’Etats aux ordres, notamment de la BM et du FMI.

Voulez-vous continuer avec vos enfants à être les esclaves des Banquiers et payer le prix fort de votre ruine, laissez-les donc continuer à créer l’argent ex nihilo (à partir de rien) et à contrôler les crédits. À l’opposé, de bonnes solutions existent et les voici :

Pour que tous puissent avoir une part de l’héritage économique légué par leurs prédécesseurs, voici notre but, reprendre le contrôle de la création des masses monétaires (l’argent). C’est ce que nous voulons graver dans la Constitution fédérale pour le bien de tous et l’indépendance de la Suisse.

La Constitution fédérale du 18 avril 1999 est complétée comme suit par un nouvel

Article 128a :

I. Le pouvoir de battre monnaie, y compris par le crédit ex nihilo, appartiennent au Souverain qui reprend le contrôle de l’émission et du volume de la monnaie et du crédit, sans intérêt.

Il. Il l’exercera à tous les échelons par des Commissions indépendantes locales jouissant de toute l’autorité voulue pour atteindre ce but.

III. Les ressources financières, matérielles et intellectuelles de la Suisse représentées par les Citoyen(ne)s, les PME, etc. et leurs productions sont la base de la monnaie et du crédit.

IV. L’émission de la monnaie et du crédit devrait en tout temps se mesurer sur le mouvement de la production robotisée le plus possible de façon qu’un sain équilibre se maintienne constamment entre celle-ci et la consommation. Cet équilibre est assuré, partiellement du moins, par le moyen d’un dividende et d’un escompte dont le taux variera nécessairement avec les fluctuations mêmes de la production automatisée.

V. Pour que tous puissent avoir une part de l’héritage économique légué par leurs prédécesseurs, les Commissions locales versent un Dividende mensuel dont le montant sera déterminé par la masse des biens à consommer. Ce dividende sera versé à chaque personne, de leur conception à leur mort naturelle, qu’elle aie ou non des sources de revenus.

VI. Il est indispensable de définir socialement des remises à zéro périodiques sur 7 fois 7 périodes de tous les compteurs économiques, comme demandé dans le Lévitique ou les lois sur les propriétés intellectuelles (Copyright) et ainsi de réparer l’erreur de Charlemagne du 23 mars 789 qui a condamné le taux d’intérêt, mais qui a oublié la remise des propriétés agricoles aux familles et le pardon jubilaire des dettes au moins tous les 49 ans. Concrètement, ceci signifie que grâce aux créations monétaires mensuelles, toutes les dettes seront effacées et toutes les terres agricoles seront franches de toute hypothèque au moins tous les 49 ans.

VII. Les anciennes masses monétaires en francs suisses tirées du néant (emprunts fédéraux, cantonaux, communaux, etc.) sont purement et simplement supprimées. Par contre, les vraies épargnes réelles des personnes physiques et morales sont respectées.

VIII. La BNS est directement placée sous le contrôle permanent - sans Commission externe indépendante de type FINMA - de l’Assemblée fédérale (Plénum), qui y consacre au moins un jour complet à chaque Session.

  IX. Les réserves de la BNS qui garantissent un CHF (Franc suisse), indépendant et fort sont constituées d'or physique stocké qu'en Suisse, ainsi que des réserves de diverses graines alimentaires (avoine, épeautre, froment, maïs, orge, pommes de terres, riz, etc.), non OGM, consommables, plantables et à même d'assurer pendant 7 ans la subsistance de la Suisse.

X. Tous instruments juridiques étrangers, accords, conventions, traités, passés ou futurs qui iraient à l’encontre de cette Initiative ou qui viendraient à la violer sont à dénoncer immédiatement tant au plan cantonal que fédéral.

XI. Au vu des économies réalisées par la suppression de l’endettement et de ses conséquences, la Confédération supprime immédiatement tous les impôts fédéraux directs et indirects, notamment la TVA, la vignette et les droits sur l’essence.

XII. De même, les communes et les cantons pourront fortement réduire leur fiscalité et supprimer les taxations sournoises sous la forme de péages subtils pourtant interdit dès la Constitution de 1948.

Dispositions transitoires :

La Confédération crée une contribution de solidarité par des masses monétaires sans taux d’intérêts et les fait affecter à chaque famille en proportion du nombre d’enfants conçus.

Le produit de la contribution de solidarité sera versé aux Cantons selon une clé de répartition démographique définie par la Confédération représentée par l’Assemblée fédérale (Plénum).

L’écart des salaires tant publics que privés ne dépasse pas 33 fois, avec une limite absolue indexée fixée à CHF 500’000.-.

Tout dividende social ou autre prestation sociale n’empêche personne de travailler en plus contre rémunération ou en qualité d’indépendant, créateur d’entreprise, etc.

L’obligation de refinancer les prêts à 100 % auprès de la BNS reporte la perception des profits à ce niveau et les revenus ainsi fortement majorés sont directement affectés aux besoins communs.

Tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts au moins de même terme. Aucun emprunt à long terme ne peut être financé par des emprunts à court terme. Pour le bien commun, les points suivants sont notamment respectés : Dissociation totale des activités bancaires et leur attribution à trois catégories d’établissements distincts et indépendants :

  1. Banques de dépôts : encaissements, paiements, gardent les dépôts de leurs clients.
  2. Banques de prêts : le montant global des prêts ne peut excéder le montant global des fonds empruntés.
  3. Banques d’affaires : investissent dans les entreprises les fonds empruntés au public ou aux banques de prêts.

Indexation obligatoire de tous les engagements sur l’avenir : prêts, emprunts, salaires, etc. aussi bien entre particuliers, entreprises et État.

Interdire le financement des opérations boursières et de la spéculation par la création de moyens de paiement ex nihilo.

Augmenter les garanties en liquidités à 100 %, afin d’éviter les créations privées de monnaie ou quasi-monnaie ex nihilo.

Supprimer la cotation en continu et la remplacer par une seule cotation par jour pour chaque place financière et pour chaque valeur.
Supprimer les programmes d’achat/vente automatiques. Interdire la spéculation sur les indices et les produits dérivés.
Abandonner le système de changes flottants pour un système de taux de changes fixes mais révisables par une commission indépendante.
Interdire toute dévaluation compétitive.
Abandonner le dollar US $ comme monnaie de compte, d’échange et de réserve.
Etablir progressivement une unité de compte commune sur le plan international avec un système approprié d’indexation.
Interdire la spéculation aux banques sur les changes, les actions, obligations et produits dérivés.

Aucune puce, RFID ou un quelconque moyen de traçage ne peut être dissimulé dans la monnaie, quelque soit la forme de la monnaie( métallique, papier…).

Les méthodes alternatives de création monétaire (wir, jazz, reka, talents, billes, sels, etc.) sont admises si leur seigneuriage bénéficie à tous les utilisateurs de manière proportionnelle et égalitaire et sans nuire aux familles.

Conclusions :

« Il s’agit de réformes fondamentales qui intéressent la vie de tous les jours de millions de citoyens. Ces réformes indispensables n’ont été réalisées, ni même envisagées, ni par les libéraux justement préoccupés de favoriser l’efficacité de l’économie, ni par les socialistes justement attachés à l’équité de la distribution des revenus… Les uns et les autres n’ont cessé d’être aveuglés par la répétition incessante de toutes parts de pseudo vérités et par des préjugés erronés. »

Maurice Allais, prix Nobel d’économie.

Si vous voulez changer le système pour le meilleur, alors coopérez à cette Initiative.


Posted by François de Siebenthal at 16:42:00

Il y a un truc que j’aime particulièrement, c’est :

IX. Les réserves de la BNS qui garantissent un CHF (Franc suisse), indépendant et fort sont constituées d'or physique stocké qu'en Suisse, ainsi que des réserves de diverses graines alimentaires (avoine, épeautre, froment, maïs, orge, pommes de terres, riz, etc.), non OGM, consommables, plantables et à même d'assurer pendant 7 ans la subsistance de la Suisse.

Projet de référendum suisse sur la monnaie

Voilà un projet très intéressant, AJH (9768).

Seulement, le libellé de la proposition référendaire est faux : il ne s’agit pas seulement de "compléter" la constitution suisse par un nouvel article 128a, mais bien de modifier tout le chapitre 3 (« Régime des finances ») du titre 3 (« Confédération, cantons et communes »), et d’autres dispositions – comme les articles 99 et 100, qui traitent de la politique monétaire et fiscale.

Dans ces conditions, il serait prudent de prévoir quelques séances supplémentaires si vous, AJH, ou vous, Étienne, participez à la réunion de Montreux.

Bien sûr, je n’ai ni la compétence ni le temps d’étudier dans le détail de la proposition référendaire. Voici quelques-unes des autres difficultés que je vois au premier abord :

Il. Il l’exercera à tous les échelons par des Commissions indépendantes locales jouissant de toute l’autorité voulue pour atteindre ce but.

Quel but ? Envisage-t-on de battre monnaie au niveau de la commune ?

III. Les ressources financières, matérielles et intellectuelles de la Suisse représentées par les Citoyen(ne)s, les PME, etc. et leurs productions sont la base de la monnaie et du crédit.

« Représentées par les citoyens » (les ressources financières, matérielles et intellectuelles) : voilà encore ces hideuses « ressources humaines » qui font leur apparition. C’est du langage d’exploiteur.

V. Pour que tous puissent avoir une part de l’héritage économique légué par leurs prédécesseurs, les Commissions locales versent un Dividende mensuel dont le montant sera déterminé par la masse des biens à consommer. Ce dividende sera versé à chaque personne, de leur conception à leur mort naturelle, qu’elle ait ou non des sources de revenus.

Pour le coup, ce n’est plus du langage d’exploiteur, c’est du langage de notaire.

VI. Il est indispensable de définir socialement des remises à zéro périodiques sur 7 fois 7 périodes de tous les compteurs économiques, comme demandé dans le Lévitique ou les lois sur les propriétés intellectuelles (Copyright) et ainsi de réparer l’erreur de Charlemagne du 23 mars 789 qui a condamné le taux d’intérêt, mais qui a oublié la remise des propriétés agricoles aux familles et le pardon jubilaire des dettes au moins tous les 49 ans. Concrètement, ceci signifie que grâce aux créations monétaires mensuelles, toutes les dettes seront effacées et toutes les terres agricoles seront franches de toute hypothèque au moins tous les 49 ans.

Voilà que du langage de notaire, nous passons au langage de tabellion, ou de scribe.

VII. Les anciennes masses monétaires en francs suisses tirées du néant (emprunts fédéraux, cantonaux, communaux, etc.) sont purement et simplement supprimées. Par contre, les vraies épargnes réelles des personnes physiques et morales sont respectées.

C’est simple : il suffisait d’y penser ! Les nationaux et les quelques étrangers dont l’épargne est constituée au moins en partie de titres d’emprunt suisses (ça doit bien exister, non ?) seront certainement enchantés.

IX. Les réserves de la BNS qui garantissent un CHF (Franc suisse), indépendant et fort sont constituées d’or physique stocké qu’en Suisse, ainsi que des réserves de diverses graines alimentaires (avoine, épeautre, froment, maïs, orge, pommes de terres, riz, etc.), non OGM, consommables, plantables et à même d’assurer pendant 7 ans la subsistance de la Suisse.

Les graines… et pas les vaches !

Et cette manie de l’or : moi qui croyais de Gaulle vieux-jeu sur ce point ! Quand est-ce qu’on se débarrassera de cette superstitution ?

X. Tous instruments juridiques étrangers, accords, conventions, traités, passés ou futurs qui iraient à l’encontre de cette Initiative ou qui viendraient à la violer sont à dénoncer immédiatement tant au plan cantonal que fédéral.

Les citoyens initiateurs ignorent que tous les traités ne sont pas dénonçables : qui s’aviserait de dénoncer systématiquement les traités serait vite l’objet de mesures de rétorsion. Il n’y a qu’à voir comment la Suisse, qui n’est pourtant pas partie aux traités UE, a dû en accepter les clauses essentielles par la voie de traités bilatéraux [pas « multilatéraux » : erreur de ma part dans la première version du message. JR] : autrement dit, elle applique de grandes parties du droit UE sans pouvoir contribuer au contenu. Vous me direz : elle peut dénoncer les traités bilatéraux…

XI. Au vu des économies réalisées par la suppression de l’endettement et de ses conséquences, la Confédération supprime immédiatement tous les impôts fédéraux directs et indirects, notamment la TVA, la vignette et les droits sur l’essence.

XII. De même, les communes et les cantons pourront fortement réduire leur fiscalité et supprimer les taxations sournoises sous la forme de péages subtils pourtant interdit dès la Constitution de 1948.

Et comment fonctionnera l’État fédéral suisse? Sur les économies ? Ou alors veut-on le supprimer pour ne laisser en place que des cantons indépendants ?

Les citoyens suisses sont suffisamment sages pour ne prêter qu’une attention modique (au bénéfice du pittoresque) à ce genre d’initiative populaire.

De toute façon, il n’est pas aussi facile que certains d’entre nous pourraient se l’imaginer de faire passer en Suisse, par la voie du RIC, n’importe quelle couillonnade.

Au chapitre 2 (« Référendums ») du titre 4 (« Peuples et cantons ») de la constitution suisse, vous verrez, au sujet des « initiatives populaires rédigées tendant à la révision partielle de la Constitution » (c’est de cela qu’il s’agit), que « lorsqu’une initiative populaire ne respecte pas le principe de l’unité de la forme, celui de l’unité de la matière ou les règles impératives du droit international, l’Assemblée fédérale la déclare totalement ou partiellement nulle » (art. 139-1). Elle peut aussi recommander l’acceptation ou le rejet et opposer un contreprojet (art. 139-3).

En la circonstance (mais j’avoue ne pas être familier du droit constitutionnel suisse), le projet d’initiative ne respecte ni le principe de l’unité de la forme (ne serait-ce que parce qu’il ne tient pas compte des autres articles constitutionnels à modifier), ni (pour la raison qu’il traite de sujets disparates) le principe de l’unité de la matière, ni le principe essentiel du droit international qu’est l’obligation de respecter les traités (c’est l’adage "Pacta sunt servanda’), dans la mesure où il tendrait à faire dénoncer tous les traités contraires à l’initiative sans exception.

Ça fait beaucoup pour une seule initiative ! JR

Il y a un truc que j'aime particulièrement, c'est :
IX. Les réserves de la BNS qui garantissent un CHF (Franc suisse), indépendant et fort sont constituées d'or physique stocké qu'en Suisse, ainsi que des réserves de diverses graines alimentaires (avoine, épeautre, froment, maïs, orge, pommes de terres, riz, etc.), non OGM, consommables, plantables et à même d'assurer pendant 7 ans la subsistance de la Suisse.
De vrais fourmis ces suisses ^^
Il y a un truc que j'aime particulièrement, c'est :
IX. Les réserves de la BNS qui garantissent un CHF (Franc suisse), indépendant et fort sont constituées d'or physique stocké qu'en Suisse, ainsi que des réserves de diverses graines alimentaires (avoine, épeautre, froment, maïs, orge, pommes de terres, riz, etc.), non OGM, consommables, plantables et à même d'assurer pendant 7 ans la subsistance de la Suisse.
De vrais fourmis ces suisses ^^
Oui, mais (à part l'or qui ne peut pas servir à grand chose) ils ont compris quelles étaient les vraies richesses.. ils auraient dû rajouter "la capacité de produire"

Chers amis,

Sur la partie blog du site, j’ai rédigé une réflexion sur le sabotage des retraites par répartition par les élus des riches, réflexion qui devrait vous intéresser (c’est très lié à tous nos problèmes de financement et de ruine publique programmée, et donc à la monnaie disponible et à son accumulation préalable à l’investissement OU PAS) :

[size=12][bgcolor=#FFFF99][b]L’enjeu des retraites :
bonheur au travail,
qualification des personnes (et pas des postes)
et salaire à vie, sans condition…

J’aimerais connaître votre avis sur cette réflexion. (Commentaires sur le blog ou ici, je ne sais pas ce qui est le mieux.)

Notamment sur les chiffres limites d’enrichissement (revenu/capital) qui protègeront la société contre les malades mentaux de l’argent (nous sommes tous menacés, soit par la maladie, soit par les malades).

Raisonnablement, qu’est-ce qu’un riche ?

Amitiés.

Étienne.


Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent. Thucydide.

PS : j’irai à Montreux dimanche prochain, participer au colloque qui prépare le RIC suisse pour imposer la nationalisation de la création monétaire. Je vous raconterai.


[b][size=15][color=green]Les avis du FMI sont-ils meilleurs que ceux d'un ivrogne dans la rue ?[/color][/size][/b]

Titre d’un article de Dean Baker, codirecteur du Center for Economic and Policy Research à Washington, dans le Guardian du 20 juin 2010.

Forum/blog – L’enjeu des retraites – Qu’est-ce qu’un riche ?

Suite au message d’Étienne (9774) :

Je trouve que le sujet « L’enjeu des retraites » mériterait d’être traité en tant que fil de discussion séparé sur le forum.

Pour ma part, j’ai du mal à passer du forum au blog : à vrai dire, je ne vais pas au blog à moins qu’on m’y renvoie comme Étienne vient de le faire. Le forum me suffit largement, et je me demande si la dualité des cadres de discussion ne nuit pas à l’efficacité des débats.

Et tant que nous y sommes, pourquoi ne pas ouvrir un autre fil « Qu’est-ce qu’un riche ? » ? Voilà un autre sujet intéressant, dans le double contexte national et international.

Tentative de définition : est riche, sur le plan national, celui dont les revenus dépassent le salaire minimum garanti ; sur le plan international (c’est plus délicat à définir), celui dont les revenus dépassent le niveau de subsistance fixé internationalement. Naturellement, on peut être plus ou moins riche.

On pourrait aussi utiliser le critère du PNB par habitant (nationalement et internationalement).

Il faudrait parler dans ce contexte de la possibilité de fixer un écart maximal des salaires et rémunérations connexes, du moins au niveau de l’entreprise : pas facile ! JR

@Jacques Roman (9769)

Comme je n’y connais strictement rien au sujet des votations helvètes, vous pourriez mettre votre commentaire sur leur blog http://desiebenthal.blogspot.com/2010/10/disparition-de-maurice-allais.html et voir ce qu’ils vous répondent.

Merci pour la suggestion, AJH (9780). Ayant vu le blog en question, je ne crois pas opportun d’y mettre un commentaire. Puisque Étienne assistera à la réunion de Montreux, je lui laisse le soin de faire passer celles de mes remarques qui pourraient servir à quelque chose.

Il nous racontera la réunion, j’espère bien ! JR

Monnaie commune/monnaise nationales dérivées de l’euro

Je reviens au message d’AJH du 28 septembre dans lequel il cite le texte suivant, de Laurent Pinsolle :

[i]"L’alternative de la monnaie commune

"Mais alors, que fait-on après la monnaie unique ? Il suffit de faire de l’euro la monnaie commune de l’Europe, en réintroduisant des monnaies nationales qui permettront des ajustements de parité et à chacun de mener des politiques indépendantes. En outre, cela rendrait caduques les politiques de désinflation compétitive, ce qui pousserait sans doute l’Allemagne à adopter une politique plus tournée vers la croissance que vers le contrôle des salaires. Mieux, un tel euro pourrait déborder du cadre européen pour devenir un véritable rival du dollar.

"Mais est-ce possible ? Bien sûr puisque nous avons réussi le passage à la monnaie unique il y a quelques années. En outre, nous avons les précédents tchécoslovaques et yougoslaves où l’éclatement de ces deux pays a été suivi du passage à de nouvelles monnaies nationales. Il y a donc des précédents récents. Mieux, comme le souligne Christian Saint Etienne, le maintien de signes nationaux sur les billets et les pièces permet d’imaginer un passage rapide.

"Certains agitent le spectre d’une explosion des taux d’intérêt en France, mais cela est malhonnête. Malgré le déficit le plus élevé du G7, la Grande-Bretagne arrive toujours à se financer à des taux raisonnables. D’autres avancent que la dette deviendrait ingérable en cas de dévaluation. Pas faux, sauf si comme nous le proposons les gouvernements imposent une conversion en monnaie nationale avant la dévaluation. En outre, en reprenant le contrôle de notre monnaie, nous pourrions également monétiser notre dette, comme le font les Etats-Unis et la Grande-Bretagne depuis le début de la crise. Il est en effet aberrant d’emprunter à 3% alors que la BCE prête aux banques à 1%.

"Surévaluation, compression de plus en plus forte des salaires et de la croissance, divergences économiques entre pays membres, encouragement des bulles, impossibilité d’ajuster les déséquilibres commerciaux : la monnaie unique est une catastrophe économique dont il faut sortir, vite ![/i]

Si je comprends bien, il s’agit tout simplement de restaurer la situation antérieure à l’introduction de l’euro, c’est-à-dire de revenir à l’ECU (AJH a d’ailleurs mentionné l’ECU récemment), qui n’était qu’une monnaie de compte (un dénominateur commun) préfaçant justement l’introduction de l’euro. Est-ce bien le cas ?

Si oui, ce système diffère radicalement de celui dont on avait parlé il y a quelque temps : utilisation par les pays membres de la zone euro en difficulté de monnaies nationales temporaires échangeables uniquement par rapport à l’euro (eurofranc, europeseta, eurolire), système qui permettrait de prendre en compte les variations des situations nationales sans sortir de l’euro, ces monnaies nationales temporaires étant gérées d’un commun accord par la zone euro et les pays concernés.

D’autre part, j’ai les remarques suivantes concernant le texte de Pinsolle :

– Si l’on réintroduit les monnaies nationales sans les rattacher à l’euro, comment l’existence d’un euro « commun » empêchera-t-elle les pays concernés de pratiquer l’inflation compétitive ?

– L’euro ne déborde-t-il pas déjà le cadre européen et n’est-il pas déjà un véritable rival du dollar ?

– « Le maintien de signes nationaux sur les billets et les pièces permet d’imaginer un passage rapide » : si l’idée est d’attribuer à chaque pays de l’eurozone les billets et les pièces comprenant des signes nationaux, elle me paraît hautement irréalisable : il est tout simplement impossible aux usagers de vérifer chaque pièce et chaque billet pour s’assurer qu’ils comportent bien les identifiants nationaux, et l’on se retrouverait vite avec des euros de valeur différente dans son portefeuille. Si ce n’est pas l’idée, que propose exactement Pinsolle ?

– La raison pour laquelle le Royaume-Uni, à peu près aussi mal en point que la Grèce, continue à se financer à des taux raisonnables n’a pratiquement rien à voir avec la politique monétaire mais avec la confiance générale qu’inspire ce pays notamment quand il s’agit de rembourser ses dettes. C’est encore plus vrai des États-Unis, en tant que superpuissance disposant provisoirement de l’avantage compétitif supplémentaire que le dollar est en même temps (provisoirement) la monnaie mondiale de référence, et qu’ils sont libres d’imprimer autant de dollars qu’ils veulent.

– Si les pays membres de la zone euro ne sont pas libres de monétiser leur dette, la zone euro elle-même le peut, et c’est ce qui a commencé avec le rachat massif de bons d’État par la BCE sur le marché financier. Vaut-il mieux que l’eurozone décide, ou que chaque État membre ait la possibilité de se livrer à des dévaluations compétitives sauvages au détriment des autres ? Il me semble que la seconde solution n’est pas la meilleure.

– "D’autres avancent que la dette deviendrait ingérable en cas de dévaluation. Pas faux, sauf si comme nous le proposons les gouvernements imposent une conversion en monnaie nationale avant la dévaluation. J’avoue ne pas comprendre : si chaque pays devient maître de ses dévaluations, les dévaluations nationales cumulées seront beaucoup plus fortes que si l’eurozone décide du taux de dévaluation global de l’euro, et par conséquent la dette deviendra beaucoup plus difficile à gérer dans le premier cas.

– « La monnaie unique une catastrophe dont il faut sortir vite » : certainement pas pour l’Allemagne. Et en ce qui concerne le Royaume-Uni, qui n’est pas dans l’euro, peut-on dire que la situation ne soit pas catastrophique ?

Merci d’avance à AJH de nous éclairer sur ces points (ou de nous renvoyer à ses explications). J’ai un peu perdu le fil. JR

Merci pour ces questions et critiques qui forcent à préciser.

[b]Monnaie commune/monnaies nationales dérivées de l'euro[/b]

Je reviens au message d’AJH du 28 septembre dans lequel il cite le texte suivant, de Laurent Pinsolle :

Si je comprends bien, il s’agit tout simplement de restaurer la situation antérieure à l’introducton de l’euro, c’est-à-dire de revenir à l’ECU (AJH a d’ailleurs mentionné l’ECU récemment), qui n’était qu’une monnaie de compte (un dénominateur commun) préfaçant justement l’introduction de l’euro. Est-ce bien le cas ?

Si oui, ce système diffère radicalement de celui dont on avait parlé il y a quelque temps : utilisation par les pays membres de la zone euro en difficulté de monnaies nationales temporaires échangeables uniquement par rapport à l’euro (eurofranc, europeseta, eurolire), système qui permettrait de prendre en compte les variations des situations nationales sans sortir de l’euro, ces monnaies nationales temporaires étant gérées d’un commun accord par la zone euro et les pays concernés.


Je ne me souviens pas qu’on avait parlé de « monnaies temporaires » … ce n’est pas moi en tous cas ou alors je me suis mal exprimé…
Je suis tout à fait sur la ligne de Laurent :
Monnaies nationales dont la parité est « politiquement » fixée (chaque année par exemple, suivant les performances économiques de chaque pays) par rapport à une unité commune (l’euro commun ou l’écu). La monnaie commune est la seule qui soit négociable sur les marchés monétaires.

– Si l'on réintroduit les monnaies nationales sans les rattacher à l'euro, comment l'existence d'un euro "commun" empêchera-t-elle les pays concernés de pratiquer l'inflation compétitive ?
La parité des monnaies nationales est fixée, les monnaies nationales ne sont pas négociables contre d'autres monnaies sauf l'euro.
– L'euro ne déborde-t-il pas déjà le cadre européen et n'est-il pas déjà un véritable rival du dollar ?
C'est effectivement discutable, mais l'euro ne va pas de toute façon pas survivre...
– "[i]Le maintien de signes nationaux sur les billets et les pièces permet d’imaginer un passage rapide[/i]" : si l'idée est d'attribuer à chaque pays de leurozone les billets et les piècwes comprenant des signes nationaux, elle me paraît hautement irréalisable : il est tout simplement impossible aux usagers de vérifer chaque pièce et chaque billet pour s'assurer qu'ils comportent bien les identifiants nationaux, et l'on se retrouverait vite avec des euros de valeur différente dans son portefeuille. Si ce n'est pas l'idée, que propose exactement Pinsolle ?
Les billets imprimés en France sont marqués "U" et ils représentent environ 70% des billets circulants en France : en attendant d'imprimer des Francs, on peut décider que seuls ces billets sont valables et que les autres doivent être échangés en banque. Mais je pense qu'il doit bien y avoir des stocks de billets "francs français", idem à l'étranger.
– La raison pour laquelle le Royaume-Uni, à peu en aussi mal en point que la Grèce, continue à se financer à des taux raisonnable n'a pratiquement rien à voir avec la politique monétaire mais avec la confiance générale qu'inspire ce pays notamment quand il s'agit de rembourser ses dettes. C'est encore plus vrai des États-Unis, en tant que superpuissance disposant provisoirement de l'avantage compétitif supplémentaire que le dollar est en même temps (provisoirement) la monnaie mondiale de référence, et qu'ils sont libres d'en imprimer autant qu'ils veulent.
Bien sur, mais pour rester "compétitive" la Grèce devrait dévaluer d'au moins 50% et l'Espagne de 20% (pour ne parler que d'eux).. ce qu'aucun pays de la zone euro ne peut faire actuellement ni d'ailleurs modifier ses taux à l'économie puisque chacun peut se financer où il veut dans la zone euro. D'autre part il est nécessaire de remettre certains droits de douanes entre pays européens ou de passer à la TVA Sociale. In fine un pays n'a besoin de devises que pour couvrir son solde négatif de sa balance des paiements (et en particulier de sa balance commerciale, qui peut être améliorée par une parité plus faible)
– Si les pays membres de la zone euro ne sont pas libres de monétiser leur dette, la zone euro elle-même le peut, et c'est ce qui a commencé avec le rachat massif de bons d'État par la BCE sur le marché financier. Vaut-il mieux que l'eurozone décide, ou que chaque État membre ait la possibilité de se livrer à des dévaluations compétitives sauvages au détriment des autres ? Il me semble que la seconde solution n'est pas la meilleure.
"Massif " .. laissez moi sourire... par rapport à une dette totale de plus de 7000 milliards d'euros ?... et en plus c'est sur le marché secondaire, or ce que ne veut pas faire la BCE c'est des achats (monétisation directe) sur le marché primaire, c'est à dire simplement créer de la monnaie sans intérêts.. Mais de toute façon la zone euro n'est pas une ZMO ( http://fr.wikipedia.org/wiki/ZMO ) et sauf à intégrer beaucoup de fédéralisme, l'euro, comme beaucoup l'ont toujours dit, ne peut pas marcher entre zones économiques aussi disparates dans une zone non fédérale.
– "[i]D’autres avancent que la dette deviendrait ingérable en cas de dévaluation. Pas faux, sauf si comme nous le proposons les gouvernements imposent une conversion en monnaie nationale avant la dévaluation[/i]. J'avoue ne pas comprendre : que si chaque pays devient maître de ses dévaluations, les dévaluations nationales cumulées seront beaucoup plus fortes que si l'eurozone décide du taux de dévaluation global de l'euro, et que par conséquent la dette deviendra beaucoup plus difficile à gérer dans le premier cas.
C'est moi qui ne comprends pas votre question, Jacques. L'eurozone ne peut pas "décider" d'une dévaluation de l'euro... ce sont les marchés qui déterminent les parités, que ce soit d'un euro unique comme maintenant ou d'un euro commun comme nous le souhaitons.
– "La monnaie unique une catastrophe dont il faut sortir vite" : certainement pas pour l'Allemagne. Et en ce qui concerne le Royaume-Uni, qui n'est pas dans l'euro, peut-ont dire que la situation ne soit pas catastrophique ?
S'il n'y a que l'Allemagne dans l'euro, ce n'est plus l'euro mais le mark. Et avec un mark fort, pas sur qu'ils vendent autant à l'export => dépression de l'économie Ceci dit, je suis moins certain que vous que l'Allemagne ne va pas être la première à vouloir sortir de l'euro, car c'est elle (avec la France) qui a la plus forte charge de garantie des dettes des PIIGS et qui devra payer s'ils font défaut (sauf défaut généralisé, ce qui est tout à fait envisageable... remise à zéro des compteurs). Pour le RU ils ont au moins les armes monétaires pour s'en sortir.. mais n'oublions pas qu'une grande partie de leur économie était (est) financière: un pays qui ne produit plus grand chose est obligé de finir par s'enfoncer. Au lieu du RU on peut parler de la Suède...

Seule la sortie de l’euro monnaie unique NOUS (soyons égoïste) permettra de sortir de la spirale de dette et de trouver les fonds nécessaires à la transition énergétique… ( http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2010/11/28/un-billet-important-de-andre-jacques-holbecq-sur-la-dette-publique/#more-200ce n’est pas moi qui ait choisi le titre)

[bgcolor=#FFFF99]Soirée Chouard-Lordon à Paris, jeudi 2 décembre, 20 h.[/bgcolor]

Info pour les Parisiens que ça pourrait intéresser :

Je serai demain, jeudi 2 décembre 2010 à 20 h, au Moulin à café (9, place de la Garenne 75014, 01 40 44 87 55 http://moulin.cafe.free.fr/) pour un échange public avec Frédéric Lordon (+ débat avec les visiteurs ?).

Les échanges avec Frédéric sont toujours pétillants ; je me réglale d’avance :slight_smile:

Étienne.

On pourra avoir une vidéo plz ? Pour les provinciaux ^^

Monnaie commune/monnaies nationales dérivées de l’euro

Suite au 9799 d’AJH :

« Monnaies nationales temporaires » : Je crois qu’en effet nous n’avions pas parlé de monnaies temporaires, mais partir du moment où ces monnaies nationales dérivées seraient rattachées à l’euro, qu’est-ce qui empêcherait un pays dont la situation s’est rétablie de revenir à l’euro ?

Une monnaie nationale inconvertible en une autre monnaie que l’euro serait une sous-monnaie de l’euro dotée de pouvoirs monétaires réduits. Quel intérêt y aurait-il à s’accrocher définitivement à cette sous-monnaie? C’est pourquoi il ne peut s’agir en toute logique que d’une monnaie temporaire : sinon, on sort de l’euro et l’on adopte définitivement une véritable monnaie nationale.

Utilisation comme monnaie nationale des billets et pièces en euro identifiés par leur signes nationaux

Je continue de penser que ce système serait cause de trop d’erreurs et se heurte donc à une impossibilité pratique. On aura besoin de signes monétaires nationaux distincts.

L’inconvénient, c’est qu’il faudra refabriquer des billets et des pièces chaque fois qu’un pays sortira provisoirement de l’euro – sinon les anciens billets conservés par les usagers seraient indifféremment convertibles au nouveau taux de change, ce qui est évidemment impossible.

Retour aux monnaies nationales + euro commun ?

Ceux qui croient à une relation de plus en plus étroite entre les pays membres de l’UE verraient certainement dans le retour aux monnaies nationales une rétrogradation grave symboliquement et pratiquement : comme autrefois il faudrait passer par le change pour voyager, effectuer un paiement dans un autre pays membre, redevenu un pays étranger.

Cet euro commun s’ajoutant à des monnaies nationales s’apparenterait beaucoup à l’ancien ECU (unité de compte), mais matérialisé, et donc avec quelques pouvoirs de plus (réserve de valeur).

Toutefois, je reconnais que l’essentiel est bien que les monnaies nationales soient convertibles exclusivement par rapport à l’euro, et donc qu’il ne faut pas écarter a priori la solution de la « monnaie commune » envisagée par AJH et Pinsolle.

Pronostic pour pronostic : l’euro survivra et se développera, ne serait-ce que pour la raison qu’il représente une économie de 350 millions de personnes.

La BCE ne veut pas faire fonctionner la planche à billets pour le moment ? Elle changera d’avis si c’est nécessaire, comme elle a changé d’avis concernant l’achat d’obligations d’État sur le marché secondaire. « Elle », c’est-à-dire les gouvernements, Allemagne comprise.

Les dévaluations : décidées par le marché ou par les gouvernements ? Je crois que le marché n’est pas le seul à décider des dévaluations : les exemples de dévaluations volontaristes ne manquent pas, en France et ailleurs (pardon : j’avais oublié de relire mon message antérieur, et j’y avais laissé des coquilles et autres pataquès maintenant corrigés). Qu’est-ce qui empêcherait l’eurozone de faire la même chose si les gouvernements le veulent ?

Royaume-Uni/Suède

Tout à fait d’accord que la situation du Royaume-Uni, spécialisé dans les opérations financières au détriment des productions matérielles, n’est pas à comparer avec celle de la Suède, également hors zone euro : mais qui dit que la Suède ne prospèrerait pas aussi dans la zone euro ?

Le problème, ce n’est pas l’euro, il me semble : c’est l’économie, ou plutôt la façon de la gérer. JR