07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Cette « révolution » est à l’initiative même des apprentis-sorciers qui prétendent diriger l’Europe avec leurs traités intenables, à tel point qu’ils sont les premiers à « avoir tiré dessus » avec leur crédit consenti à la Hongrie ( hors zone Euro), dans les conditions avantageuses qu’ils refusent à la Grèce!

Ce qui est « révolutionnaire », ce sont les commissaires qui l’ont provoqué, et le désordre qu’ils ont installé en obéissant aveuglément aux lobbies désireux de transformer l’europe en foutoir de la « libre-concurrence » nous a installés dans une situation « d’instabilité révolutionnaire »…Ceci dit, « ils » ont sans doute calculé que les peuples se dégonfleraient: « ils » jouent donc le pourrissement des conflits sociaux, la peur de l’étranger et la perte de confiance des citoyens les uns envers les autres.

Seule une « résilience républicaine », populaire, intelligente politiquement (c’est-à-dire capable de dépasser les faux clivages obsolètes), pourra transformer ce « bordel organisé » en « transition révolutionnaire », peut-être vers cette fameuse « europe sociale » tant « attendue »…

Il y a révolution et révolution, cela dépend des carburants que l’on y met: si l’on choisit la violence, l’explosion éteint le processus de combustion: le souffle de la terreur! Si l’intelligence s’y met, la combustion produit les changements "nécessaires"à mesure que des « partenaires du changement » se mettent à « y travailler ensemble »…Si l’on attend, c’est une « contre-révolution » qui nous conduira à des reculs de civilisation et à bien des risques planétaires.

Il est donc pertinent de poser la question des questions: Peut-il y avoir issue démocratique sans processus constituant inédit? Qui doit en écrire la constitution?

@Zolko: je cite Fréderic Lordon (à relire !)« le droit ne prend de consistance que par les forces politiques qui le soutiennent et, ces forces viennent-elles à manquer, les constructions juridiques s’affaissent sur elles-mêmes comme poupées de chiffon. Les Argentins avaient ainsi cru bon d’inscrire dans leur Constitution le dispositif monétaire du currency board comme gage de crédibilité suprême de leur lutte contre l’inflation. Mais le currency board, révélé insoutenable, a conduit droit à la crise monétaire de 2001 et, tout constitutionnel qu’il soit, il a été bazardé d’un trait de plume parce que, par nouveau gouvernement interposé, la souveraineté populaire a décidé que ça suffisait ».

On en est là: faut-il lancer le grand mot de « révolution » pour obtenir cette « mobilisation populaire » qui de toutes façons viendra par la nécessité sociale et politique? « Révolution » est un mot contre-révolutionnaire s’il est utilisé pour empêcher les peuples de ressaisir une souveraineté qu’on leur a de toute évidence volée: les peuples d’Europe sont convoqués à la « désobéissance européenne », pas explicitement à « la révolution »…Bien sûr, cette « désobéissance » est de nature « révolutionnaire », mais il y a une certaine distance, comme vous dites, entre « la révolution » et la mise en mouvement initiale des peuples que pousse « la nécessité ». Seuls les devins peuvent raconter quelle sera la « qualité politique » et le ritme des changements successifs que les peuples, poussés par la nécessité vitale de résister aux saigneurs, accompliront: leur efficacité dépendra de l’intelligence politique non pas d’un dirigeant, mais bien du « citoyen moyen », lequel ne se conçoit pas comme « révolutionnaire », mais comme porteur du bon sens dont les élites croient pouvoir se dispenser…La chance peut sourire au peuple s’il s’instruit avec ceux qui le respectent, tout en tirant des leçons de désobeissance de ceux qui ne le respectent pas: il y a tout cela en Europe: les dirigeants ont désobéi à leurs peuples, les peuples vont devoir leur rendre cette impolitesse! Dire cela n’est pas du « populisme » car le populisme est la démagogie produite par des dirigeants qui méprisent le peuple: on en a en exercice, et en échec…En France et en Europe.

« Français de l’étranger »

AJH (8803) écrit au sujet du système de monnaie commune proposé par Lordon :

"Le résultat immédiat serait par exemple qu’il faudrait (au hasard) 8 « nouveaux francs » (au lieu de 6,57) pour obtenir 1 euro. Ah, je sais, ce n’est pas très bon pour les français qui ont actuellement leurs revenus en euro et qui vivent à l’étranger."

Exact, mais c’est bon pour les Français vivant à l’étranger et dont les revenus sont libellés, mettons, en dollars. Parlant d’un point de vue strictement personnel, je compte donc bien, lors de mon prochain séjour en France, bénéficier de ce juste retour des choses, qui m’ont longtemps été défavorables.

Tout ça pour dire qu’en toute situation il n’y a pas qu’une hypothèse envisageable.

À ce propos, Sandy (8804) se demande pourquoi on doit « continuer à qualifier de français qqun qui vit à l’étranger […] , pour moi ça se discute… En tout cas la citoyenneté se discute … Mais bon c’est un autre débat ».

C’est un autre débat, en effet, mais puisque la question est posée, pourquoi ne pas y répondre ? Et il se trouve que je suis particulièrement bien placé pour le faire puisque je vis à l’étranger depuis plus de quarante ans.

Les raisons de vivre à l’étranger sont évidemment diverses. Dans mon cas (assez fréquent je crois), elles tiennent à des circonstances professionnelles sur lesquelles se sont greffées des circonstances personnelles, ce qui fait que j’ai vécu 21 ans aux États-Unis et vis depuis 23 ans en Thaïlande. Néanmoins, je suis né français, je n’ai jamais renoncé à ma nationalité et je n’en ai jamais acquis une autre - ni même de statut officiel de résident, que ce soit aux ÉUA ou Thaïlande -, et c’est en France que j’exerce mes droits politiques : cela ne se discute pas. Alors, si je ne suis pas citoyen français, qu’est-ce que je suis, Sandy ? Apatride cosmopolite ?

Évidemment, votre question pose en arrière-plan celle de l’utilité pour la France d’un Français résidant à l’étranger. La réponse est variable, mais il ne faut pas exclure qu’un Français résidant à l’étranger puisse, si ça ce trouve, rendre à la France des services aussi importants qu’un Français vissé à son terroir. (Je ne parle pas de moi, évidemment, dont l’utilité est devenue marginale, mais il y a en France même d’autres Français d’utilité marginale.)

À questionner les critères de nationalité bien établis et à inventer de nouveaux critères (par exemple celui de la résidence), on risque d’ouvrir des portes sur l’inconnu. Par exemple : peut-on qualifier de français quelqu’un qui ne rapporte pas à la France autant qu’il en a reçu ? Ou bien qui ne satisfait pas à certaines conditions de diplômes, ou de connaissance de la langue ? Ou encore, pourquoi pas, de bonne santé ou d’esthétique ?

Des aspects auxquels il faut penser, lorsqu’on se pose la question, avant d’y faire une réponse, Sandy.

Bonjour à tous et franchouillardement vôtre. JR

La BCE va acheter de la dette publique dans la zone euro :

LA BCE VA ACHETER DE LA DETTE PUBLIQUE DANS LA ZONE EURO

par Krista Hughes et Sven Egenter

BALE, Suisse (Reuters) - La Banque centrale européenne achètera de la dette publique et de la dette privée dans la zone euro, a-t-elle annoncé quelques minutes après l’accord intervenu entre les ministres des Finances de l’UE dans la nuit de dimanche à lundi à Bruxelles.

Pour de nombreux économistes, cette décision revient à actionner un « bouton nucléaire ».

Dans son communiqué, l’institut de Francfort explique sa décision par « les actuelles circonstances exceptionnelles qui prévalent sur les marchés » et la justifie par le fait que les gouvernements européens se sont engagés à accentuer leurs efforts de consolidation budgétaire.

Plusieurs banques centrales, dont la Fed américaine et la BCE, ont par ailleurs engagé une action concertée en ouvrant des facilités de changes. L’objectif est de réapprovisionner en dollars les marchés confrontés la semaine dernière à la brusque chute du taux de change de l’euro.

« Ces facilités sont destinées à contribuer à améliorer les conditions de liquidités en dollars américain finançant les marchés et à éviter la propagation des tensions sur d’autres marchés et d’autres centres financiers », souligne la Fed dans un communiqué.

La Réserve fédérale fournira des prêts d’urgence en dollars à la BCE, à la Banque d’Angleterre et à la Banque nationale de Suisse.

« MESURE ÉNORME »

Quelques minutes à peine après l’annonce de l’accord à Bruxelles, à l’issue de douze heures d’intenses discussions entre ministres des Finances, la Banque centrale européenne a dévoilé son intention de commencer à acheter de la dette publique et privée de la zone euro.

La BCE précise que le montant de ses interventions n’a pas encore été déterminé, mais il s’agit d’une décision historique.

La semaine dernière, elle était restée sourde aux appels la pressant d’acheter des obligations d’Etat grecque ou d’autres pays de la zone euro en difficulté. Son président, Jean-Claude Trichet, avait alors déclaré que la BCE n’avait pas discuté de la possibilité d’un rachat d’emprunts d’Etat.

« L’intervention de la BCE est probablement la composante la plus importante de l’accord (européen) et était sans doute la plus difficile à accepter », souligne la Royal Bank of Scotland dans une note de recherches qui parle d’un « précédent » dans l’histoire de la BCE.

Pour Dariusz Kowalczyk, stratégiste de SJS Markets à Hong Kong, "le projet de la BCE d’acheter sur le marché secondaire est une mesure énorme".

Contrairement aux banques centrales des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, les statuts de la BCE lui interdisent d’acheter directement des obligations émises par les Etats, mais pas sur le marché secondaire.


Les banques (qui avaient acheté de la dette souveraine à tour de bras), sont contentes: environ +18% ce matin à la bourse

Merci AJH, pour cette mise en ligne. Cela change rien au point de vue institutionnel puisque la BCE avait déjà ce droit d’acheter indirectement de la dette des États-Membres sur les marchés financiers. Il s’agit d’une mesure pagmatique, non-conforme à l’idéologie monétariste pour pouvoir contrer la dislocation du bloc euro, et essayer de contourner le fait qu’avec la situation précédente la Grèce ne pouvait pas restaurer ses finances publiques et son économie tant qu’elle attachée à une monnaie sur-évaluée pour elle, l’euro. En ce sens, les manifestations grecques ont payées.

Avant ces mesures, la situation de la zone euro me faisait penser à des alpinistes qui resteraient encordés arrivés en plaine, l’un d’eux tombe, les autres disent, cela ne fait rien, on est pressés et il faut que nous restions ensemble, on ne va pas attendre qu’il se relève, ni le détacher, on va le traîner par terre !

Mais est-ce que cela sera suffisant, puisque ce sont surtout les banques qui se goinfrent avec ces achats, verra sauter le dogme totalement et la BCE acheter directement des titres des États-Membres ?

Tiens, je n’avais pas pensé au marché secondaire… JR

C’est vraiment la misère intellectuelle chez les politiciens !!!

Vu sur le blog de la lettre volée :

[align=center]Il est tout à fait possible d’inscrire un plan de sortie de l’euro dans un cadre général de rétablissement économique [/align]

[color=#111100][size=9]1. en définissant un plan de rétablissement des finances publiques de moyen terme. Ce plan pourrait inclure le rachat à bas prix d’actifs publics indûment bradés pour complaire aux critères du plan de stabilité (les autoroutes par exemple) ;

  1. comme l’a [/size][/color]établi la Banque Centrale Européenne[color=#111100][size=9], quitter l’euro c’est quitter l’Union européenne. C’est donc faire immédiatement 7 milliards d’euros d’économies annuelles. Nous pourrions continuer à verser un milliard d’euros au titre de politiques de coopération, pour ne pas paraître mesquins, et conserver une partie des 6 milliards d’euros restants par an pour un fonds de stabilisation du cours du Franc ;

  2. il faudrait définir une cible de parité non plus avec la seule Allemagne, comme c’est actuellement le cas (l’euro revient, pour la France, à adopter la politique monétaire qui convient à l’Allemagne), mais avec un panier de devises comprenant le dollar, le yuan, l’euro (ou ce qu’il en restera), le yen. A charge pour nous de réévaluer cette cible au besoin mensuellement, et de taxer les importations en provenance des pays aux monnaies sous-évaluées, comme proposé dans le cadre d’[/size][/color]une taxe de libre-échange.[color=#111100][size=9] Ceci répond par avance à ceux qui craignent une spirale de dévaluations compétitives. Et les rentrées de cette taxe de libre-échange pourraient servir à financer la réindustrialisation de notre beau pays.

  3. Pour éviter les fuites de capitaux, il n’est pas inenvisageable de mettre en place provisoirement un contrôle des capitaux. Cela sonne comme un retour à la lampe à huile, mais ce n’est pas si loin et rien ne dit que l’on ait gagné à abandonner successivement tous les moyens d’intervention de la puissance publique - la Chine conserve un contrôle des changes et le monde fait avec, et la Chine s’en sort plutôt bien.

  4. comme la crise actuelle est une crise de demande liée à la pression sur les salaires, il est important de prévoir une hausse des salaires. Comme l’objectif est cependant de ne pas effrayer les marchés plus que de raison, on peut prévoir un rattrapage sur cinq années. Cela permet par ailleurs d’éviter que le rattrapage en une seule fois parte directement en importation d’Ipods fabriqués en Chine. Il s’agit de laisser le temps aux productions françaises de redémarrer doucement.

  5. En récupérant son siège à l’OMC, par le fait de sortir de l’Union européenne, la France pourra poser quelques bonnes questions. Par exemple sur la fiscalité qui pèse si peu sur les groupes internationaux implantés en Irlande - et qui y domicilient leurs bénéfices. La concurrence fiscale déloyale pourra être abordée directement, sans passer par un commissaire européen toujours défavorable à la régulation des échanges. La France pourra également demander l’établissement de règles sociales minimales dans les pays exportant chez nous - pas de raison qu’un patron employant des gens au noir en France encoure la prison alors que s’il délocalise en Chine ou dans un pays sans droits sociaux, il gagnera une médaille.

  6. De façon générale, il est important d’annoncer la couleur longtemps à l’avance et de rendre crédible une inflexion stratégique majeure. Les industriels, dans l’automobile par exemple, planifient l’évolution de leur appareil de production quelques années à l’avance. Si l’on veut que des usines ouvrent à nouveau en France et pas en Turquie, il faudra non pas taper du poing sur la table mais rendre crédible le fait que la concurrence déloyale généralisée, c’est fini.

  7. Pour ce qui est de la procédure de sortie de la zone euro, elle n’existe pas. Il faudra donc sortir de l’Union européenne - c’est de toute façon indispensable, ne serait-ce que pour pouvoir négocier directement à l’OMC. Comme le précise [/size][/color]Cédric Mas, sur le blog de Paul Jorion[color=#111100][size=9], trois mois suffisent pour cela.

Toutes ces idées demandent à être polies, modifiées, précisées. Mais je suis persuadé que nous ne nous sortirons pas de la situation actuelle sans solutions rompant avec les politiques conduites depuis 1983, et un peu plus précises que de réclamer « Une Autre Europe Est Possible » ou une Europe qui marche ![/size][/color]

A votre avis, qu’est-ce qui est le plus ringard ?
Relire « Le capital » de K.Marx, ou « sauver le capitalisme » au XXIè siècle ?

« Dès leur naissance les grandes banques, affublées de titres nationaux, n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à côté des gouvernements et, grâce aux privilèges qu’ils en obtenaient, à même de leur prêter l’argent du public »…« Le capital »

Je cite Jacques ATALI, à qui son avocat aurait dû recommander le silence…« Pour l’instant, tout se passe comme si les Etats, résignés, acculés, se soumettaient chaque jour davantage aux marchés, en leur empruntant de plus en plus de cordes pour se faire pendre. Il est encore temps de l’éviter. Et, pour une fois, il ne faudrait pas attendre qu’il soit trop tard pour le décider »…
Or la « décision » dont parle ensuite ATALI consisterait à saigner plus drastiquement encore les peuples! Il est extraordinairement instructif d’assister à cette terrible « leçon de choses » qu’est « la crise »!

On voit défiler les chars de la théorie ultra-libérale avec des généraux de la pensée unique levant leur bras vengeur en direction de cette coupable désignée: la justice sociale!

… Jamais il n’est question de résister aux panzers de cette idéologie totalitaire: pas question d’imaginer reprendre le controle des banques, imposer d’autres critères de financement des entreprises, bref: l’économie serait aux humains une « réalité na-tu-rell-eue inamendable » , et « la crise » serait comme une erruption volcanique: « Ce que le capital veut, Allah le veut »…Ce n’est pas avec cette « gouvernance fataliste » que l’on convaincra les femmes musulmanes de résister à la Burqua!

Bonjour Alain, comme dit Noam Chomsky*, les États-Nations peuvent organiser la vie démocratique, un certain degré de justice sociale, mais a contrario être aussi oppresseurs pour leurs peuples. L’État-Nation, ayant ces deux faces, peut être vu comme une cage pour les plus libertaires d’entre nous, mais c’est aussi une cage qui nous protège des plus grands prédateurs qui existent : les grandes entreprises multinationales. Je suis d’accord avec toi, l’UE fait en sorte que les États-Nations soient résignés, acculés, humiliés, ligotés, brisés au profit des idéologies les plus monétaristes et libre-échangistes et se soumettent chaque jour davantage aux marchés. La nature systémique de la « construction européenne » est de briser toute résistance aux marchés, aux banques et aux multinationales en brisant les États-Nations.

C’est en ce sens que la « construction européenne » n’ a rien de l’internationalisme du mouvement ouvrier.

Il est important de comprendre qu’il s’agit de la nature même de la « construction européenne » de briser les États-Nations et donc de briser nos protections vis à vis des marchés, protections qui avaient élaborées sur une base nationale relativement démocratique pour comprendre qu’il n’est pas possible de réformer cette « construction » dans un sens plus démocratique et plus social.

Maintenant que le but initial de paix en Europe est depuis longtemps atteint, renouveler les politiques sur les bases des États-Nations est préférable à s’embourber dans la construction d’un anti-démocratisme de marché. Cela me semble clair et raisonnable et je pense que cela le deviendra aussi de plus en plus pour les peuples d’Europe.

Ceci d’autant plus qu’il existe des solutions pour sortir de manière intelligente de cette situation. Une description pour la France qui pourrait être déclinée suivant sa situation particulière par chaque pays de l’Ex-Union européenne.

*L’écoute de Chomsky est meilleure que celle d’Attali pour la santé et le moral.

La crise concerne l’Europe, mais aussi la planète, et meme si rien n’est jamais la reproduction conforme des crises passées, rien ne prouve que nous soyons sortis des logiques de guerre, ni des tentations nationalistes rétrogrades.

Par contre, dans ce qu’il y a d’irréversible, dans cette « histoire », on trouve aussi de « nouvelles prises » pour « monter à l’assaut du ciel »:

Le fait est que les peuples européens ont toutes les raisons de trouver leur intérêt commun dans l’invention d’une lutte sociale européenne, et la cohérence d’un projet européen « classe contre classe » répondant à la nécessité de sortir de la crise qui devait de toutes façons éclater du fait des incompatibilités entre l’ultralibéralisme et l’économie réelle, laquelle est entre temps bien devenue « européenne »:

la coopération entre les régions d’Europe est devenue une « fonction nécessaire », indépendamment de ce qu’en ont fait les banques privées: il faudra des « poles financiers interrégionaux transnationaux », et néanmoins « sous controle public », donc, il faudra que les peuples exercent une forme nouvelle de « souveraineté » sur ces institutions nécessaires à la paix , à la coopération, au « développement alternatif souhaité ».

Jeanne d’Arc, très peu pour moi! Seule la convergence des mouvements sociaux euopéens dans une vision « alternative » de l’Europe et de sa « réalité économique » permettra de dépasser les absurdités dogmatiques qui nous sont imposées depuis le 25 Mai 2005! (oui, je ne suis pas de taille à « disuter Chomsky »…):rolleyes: produit

Je cite AJH (cf"reprendre le pouvoir sur notre monnaie" , post 1983 …il y a 4 ans!):
"… la charnière (ou le « levier ») de tout ce qui a trait à l’économie, c’est la monnaie, ou plus précisément la manière dont elle est gérée au niveau d’une Nation ou d’un groupe de Nations: je me répète mais il est tout à fait incroyable que la collectivité ne puisse s’auto financer sans augmenter la somme des intérêts dus à des prêteurs « privés ».

Nous pouvons écrire la Charte souhaitée du fonctionnement du « Système bancaire et monétaire » ( c’est assez simple en fait) tout en sachant que ni au niveau national, ni au niveau européen aucune proposition n’est et ne sera applicable sans « casser » les Traités existants et donc d’une certaine manière « casser l’Europe » … "

La pertinence d’AJH est vraiment au rendez-vous, et c’est à saluer!

Nous en sommes au stade où l’un des groupes sociaux dominants, les « investisseurs-spéculateurs du marché financier », contraint les dirigeants politiques de « cette europe en question » à tordre leur propre dogme, c’est à dire à « casser la tire-lire illusoire » , donc à casser au moins l’image instituée de « cette europe »…

…Ce qu’une classe sociale dominantes mais ultra minoritaire peut imposer aux « dirigeants », pourquoi les calles populaires ultra-majoritaires ne seraient-elles pas capables de l’imposer (en sens contraire cette fois)?

Je crois vraiment que "la crise " met à l’ordre du jour cette « intervention citoyenne », d’autant plus qu’à lire les propositions sérieuses des économistes antilibéraux, on s’aperçoit qu’elles convergent sur l’idée d’une « monnaie unique » utilisée comme « levier » des coopérations qui sont la seule chance des peuples de faire face aux prédateurs, ces « spéculateurs voyous » contre lesquels Merkel et Sarkozy lancent des mots mais rien d’autre!

désolé, il s’agissait d’une « monnaie commune » par opposition à la monnaie unique imposée aujourd’hui

Je réponds aujourd’hui à cet argument :

Le fait est que les peuples européens ont toutes les raisons de trouver leur intérêt commun dans l'invention d'une lutte sociale européenne.
[color=navy][size=8]C'est ce que je croyais auparavant et j'étais d'accord avec toi il y a quelques années, mais cela ne fonctionne pas. Pourquoi ?

1 Déjà, premièrement, pour faire rentrer dans le droit, dans la législation un rapport de forces, un équilibre relativement favorable au monde du travail, implique un niveau élevé de démocratie et de souveraineté du peuple. Seul, un niveau élevé du pouvoir du peuple sur les décisions permet au peuple d’avoir des décisions qui sont favorables au peuple.
Or, tu l’as constaté, la « construction européenne » est en réalité, la déconstruction des démocraties nationales avec l’instauration d’une dictature certes très policée et très stylée, mais une dictature quand même : (refus de consultation des peuples, système biaisé du Parlement Européen avec l’initiative des directives à une Commission non-élue, représentation des mêmes directives ad vitam eternam par la commission, non-prise en compte des référendums où une opposition s’est exprimée, la liste est longue …)

2 Deuxièmement, le centralisme permet de jouer l’isolement vis à vis des luttes sociales et politiques. Rappelles-toi, pendant et après le premier référendum irlandais, les eurocrates ont largement indiqué que ce n’était pas à un petit pays comme l’Irlande de bloquer l’avenir de 490 millions d’européens. Si des luttes sociales et politiques embrasent un nombre élevé de pays de l’UE, les eurocrates argueront que ces pays n’ont pas à forcer la main aux pays qui resteront tranquilles, que les traités ceci… cela…

3 Troisièmement, il n’y pas de peuple européen. Comme le disait Bertold Brecht : « Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »
C’est ce que fait le système UE, le système punit la Grèce et joue l’isolement et le pourrissement des luttes dans ce pays et [/size][/color]fait entrer l’Estonie dans le système de la monnaie unique.

[color=navy][size=8]4 « Lorsque de sages lois forment le gouvernement, la petite étendue de l’État ne contribue pas peu à y maintenir le règne de la justice et de la liberté ; et toujours d’autant plus efficacement qu’elle est moins considérable.
Le gouvernement populaire parait naturel aux petits États, et la liberté la plus complète s’y trouve établie. » Extrait (p. 22) de : « Les chaînes de l’esclavage » de Jean-Paul Marat (1792)

5 Il y a très peu de luttes sociales au niveau européen* et les 4 raisons précédentes font qu’il n’est pas possible d’en tirer les fruits.

Conclusion : À moins de vouloir rester dans un idéalisme inopérant et vouloir se faire enfumer régulièrement, il n’y a pas de raison de garder ces illusions d’Europe Sociale concernant la « construction européenne ».

[/size][/color]

« Gouvernement populaire » et petits États

À la lumière de la liste suivante des 43 États les plus petits (moins de 20 000 km2) selon http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_superficie :

Fidji 18 270
Koweït 17 820
Swaziland 17 363
Timor oriental 15 007
Bahamas 13 940
Monténégro 13 800
Vanuatu 00001220000 !12 200
Qatar 11 437
Gambie 11 300
Jamaïque 10 991
Kosovo 10 887
Liban 10 452
Chypre 9 250
Abkhazie 8 600
Brunei 5 770
Trinité-et-Tobago 5 128
Cap-Vert 4 033
Samoa 2 944
Luxembourg 2 586
Comores 2 170
Maurice 2 040
Sao Tomé-et-Principe 1 001
Kiribati 811
Dominique 754
Tonga 748
Micronésie 702
Singapour 693
Bahreïn 665
Sainte-Lucie 616
Andorre !468 km2
Palaos !458
Seychelles !455
Antigua-et-Barbuda !443
Barbade !431
Grenade !344
Malte !316
Saint-Kitts-et-Nevis 261
Maldives 1227
Saint-Vincent-et-les Grenadines 389
Îles Marshall 181
Liechtenstein 160
Tuvalu 26
Nauru 21
Monaco 2,02
Vatican 0,44

peut-on vraiment dire, comme le faisait Marat cité par Gilles (8826) que « la petite étendue de l’État ne contribue pas peu à y maintenir le règne de la justice et de la liberté » et que « le gouvernement populaire parait naturel aux petits États, et la liberté la plus complète s’y trouve établie » ?

J’en douted. JR

« Gouvernement populaire » et petits États

À la lumière de la liste suivante des 43 États les plus petits (moins de 20 000 km2) selon http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_superficie :

Fidji 18 270
Koweït 17 820
Swaziland 17 363
Timor oriental 15 007
Bahamas 13 940
Monténégro 13 800
Vanuatu 00001220000 12 200
Qatar 11 437
Gambie 11 300
Jamaïque 10 991
Kosovo 10 887
Liban 10 452
Chypre 9 250
Abkhazie 8 600
Brunei 5 770
Trinité-et-Tobago 5 128
Cap-Vert 4 033
Samoa 2 944
Luxembourg 2 586
Comores 2 170
Maurice 2 040
Sao Tomé-et-Principe 1 001
Kiribati 811
Dominique 754
Tonga 748
Micronésie 702
Singapour 693
Bahreïn 665
Sainte-Lucie 616
Andorre !468 km2
Palaos !458
Seychelles !455
Antigua-et-Barbuda !443
Barbade 431
Grenade 344
Malte !316
Saint-Kitts-et-Nevis 261
Maldives 1227
Saint-Vincent-et-les Grenadines 389
Îles Marshall 181
Liechtenstein 160
Tuvalu 26
Nauru 21
Monaco 2,02
Vatican 0,44

peut-on vraiment dire, comme le faisait Marat cité par Gilles (8826) que « la petite étendue de l’État ne contribue pas peu à y maintenir le règne de la justice et de la liberté » et que « le gouvernement populaire parait naturel aux petits États, et la liberté la plus complète s’y trouve établie » ?

J’en doute fortement. JR

[bgcolor=#FFFF99]François Asselineau invité de Radio Notre Dame (11 mai 2010)[/bgcolor]

http://u-p-r.fr/?p=941

Comme d’habitude, François Asselineau est passionnant.

Solidement argumentée, sa résistance aux principaux abus de pouvoir, à l’euro en particulier, et à l’Union européenne en général, est particulièrement utile.

On y parle de création monétaire, de Maurice Allais, de mondialisation, de désindustrialisation, de sabordage des États par leurs propres responsables, de banquiers prédateurs, de l’exemple grec et de la nécessaire résistance…

Étienne.

un équilibre relativement favorable au monde du travail, implique un niveau élevé de démocratie et de souveraineté du peuple. Seul, un niveau élevé du pouvoir du peuple sur les décisions permet au peuple d'avoir des décisions qui sont favorables au peuple.
heu..... il ne suffit pas d'affirmer un lien de cause à effet pour que cela soit vrai.
« Le gouvernement populaire parait naturel aux petits États, et la liberté la plus complète s'y trouve établie. »
heu... genre Haïti, ou le Vatican, ou Monaco, ou le Sri-Lanka ?
[b]Conclusion[/b] : À moins de vouloir rester dans un idéalisme inopérant et vouloir se faire enfumer régulièrement, il n'y a pas de raison de garder ces illusions d'Europe Sociale concernant la « construction européenne ».
Je n'arrive pas à conclure autre-chose concernant ta démarche que tu voudrais être Calife à la place du Calife. Pour le bien de tous, bien-sûr.

Bon Dimanche Etienne!

« Avons-nous oui ou non intérêt à rester encore dans l’Union européenne si nous voulons ouvrir la voie du vrai changement que tout le monde attend » ?

L’UPR est un parti politique des plus traditionnels dans son mode d’existence: un chef, un programme clair et indiscuté, des adhérents-militants attendus…« indiscutables »!

Au contraire, Il me semble que dans les « partis », tant décriés ici, se produit de plus en plus un grand débat entre intellectuels, militants de bases de moins en moins monolitiques, et partenaires extérieurs de plus en plus sollicités, invités de « la société civile » pour « réfléchir ensemble »: les congrès présentent des textes alternatifs, le doute est permis à priori, avec la volonté d’en sortir « par le haut », c’est-à-dire en ayant sinon « dépassé » les contradictions, au moins, bien défini où elles posent encore question…Et quels sont les choix à décider par vote militant.

Même le PCF est entré dans cette ère nouvelle où « le parti ne prétend pas posséder une vérité unique et absolue » !

la crise politique, économique, sociale et morale de la société française trouve son origine dans l’ultra-libéralisme, et non pas comme l’affirme avec simplisme François Asselineau par la seule faute de l’Union européenne… Bien sûr, cette dernière, ce sont les capitalistes purs et durs qui prétendent nous l’imposer telle qu’ils l’ont toujours rêvée, par le biais de « traités-hameçons » irréversibles et non sujets à débat.

Ce qu’ignore François Asselineau, en tant que chef désigné historique d’un nouveau parti pas comme les autres,
c’est que les peuples sont entrés dans le dispositif patronal comme ils se présentent au guichet de l’emploi: sans avoir eu le choix!

Nous sommes impliqués avec les grecs les allemands et les autres dans un « piège » qui , s’il semble se refermer sur « nous », en réalité , peut fonctionner à l’envers: il se referme sur les apprentis sorciers qui l’ont tendu: alors, plutôt que de tenter d’en sortir individuellement, les peuples ont tout à gagner à pousser leur solidarité jusqu’à son terme: un front populaire européen, qui fera avaler leur hameçon à nos despotes BARROSO TRICHET et…DSK! tiens, celui-là, ce n’est pas le piège européen qu’il pose, c’est celui du FMI made in USA!

BOF! …Je reçois un intéressant courrier du « Front populaire Anticapitaliste »: bientôt un nouveau « parti pas comme les autres »? produit