07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Zolko, la solution de Jacques permet de vérifier par chaque électeur que son vote a été pris en compte, mais comment savoir à partir de son seul cas si des électeurs fantômes n’ont pas été rajoutés ? Avec la méthode de Jacques, ce n’est pas possible. Je suis d’accord avec Ningùntro sur ce coup-là.

Historiquement, le vote se faisait après un débat entre les personnes concernées ( Athènes …), la politique désincarnée sans débats entre les personnes, juste en tête à tête avec son ordinateur, moi cela me pose problème, même si un savant cosinus trouvait une méthode infaillible, ce qui n’a pas encore été le cas, je serais contre.

Un pote que j’ai eu au telephone un jour m’a plutot dit qu’il suffisait de doubler le vote electronique d’un vote papier (une fois qu’on a a vote l’ordinateur imprime un bulletin de vote que l’on met dans l’urne physique).

Pour verifier, on tire au sort un echatillon representatif des bureaux de votes francais et une verification papier est orgnisee sur ces bureaux de vote.

Vote électronique

En réponse à Gilles (8261) :

La liste électronique nationale par numéro d’ordre serait la somme des listes électroniques par bureau de vote, elles-même compilées sous la supervision des partis et des citoyens. Il suffirait donc de contrôler que la somme est exacte pour être sûr qu’on n’a pas ajouté des électeurs fantômes : le bureau national s’en chargera, là encore sous le contrôle des partis et des citoyens.

En réponse à béo (8262) :

Doubler le vote électronique par un vote papier, est-ce bien rentable ? Pourquoi ne pas se contenter du vote papier-actuel ?

De plus, un échantillon représentatif ne suffit pas pour assurer la sincérité du vote : il faut que chaque électeur puisse vérifier à tout moment que son vote a bien été enregistré dans la liste des résultats finals. JR

@tous

Ce n’était pas mon intention de redémarrer le débat sur le vote électronique sur ce fil de la monnaie… juste signaler que la monnaie électronique souffre des mêmes contraintes d’ingénierie sociale que le vote électronique.

Le bourrage d’urne relève de la création ex-nihilo.

Croyez-moi, des vrais spécialistes se sont approprié l’affaire… en si on ne connait toujours pas de procédure faisable, c’est qu’ils ne sont toujours pas parvenu à contourner toutes les contraintes qui pèsent sur un vote représentatif et anonyme.

Pour l’argent électronique, c’est la même chose. L’argent électronique crée ex-nihilo par les banques à partir de la monétisation de reconnaissances de dettes et la multiplication par le système de réserves fractionnaires… nous sommes en plein dans la merde ou cela à aboutit. Alors, décentraliser totalement la création… sans s’attaquer au raisons qui poussent à la compétitivité et résultent dans des tricheries éhontés (couvertes par la raison d’état ou pas) ne sert à rien. Les problèmes du système monétaire actuel se reproduiront à tout autre échelle tant que les raisons pour tricher resteront la et que le faire restera rentable.

Tant que la logique du monde sera « compétitive » (en on ne parle que de relance par la compétitivité de nos jours, ce qui veut dire que d’uns perdront pour que d’autres puissent gagner)… quelques-uns pourriront tout en s’autorisant toutes les tricheries pour être les gagnants.

Ce qu’il nous faut… c’est désamorcer la bombe de la compétitivité incontournable (le There Is No Alternative de la vieille dame de fer, Margaret Thatcher).

C’est faisable, mais pour cela il faut déconstruire l’imaginaire intéressé qui c’est incrusté dans la tête des citoyens et repartir sur des bases saines (cela aide à déboulonner le château de cartes de poquer marquées sur lesquelles rien de durable ne peut être envisagé que quelques bénéficiaires circonstanciels essayent de sauver aujourd’hui parce-que on pourrait bien envisager de les passer par la guillotine en comprenant jusqu’où ils sont allés pour atteindre le sommet de la pyramide).

C’est vrai que c’est un très bon système Jacques.

C’est vrai que c’est un très bon système Jacques.

Pour les problèmes de sécurité je pense qu’il y a moyen de s’en sortir, il ne faut pas non plus faire de l’insécurité électronique un dogme, en lui associant une sécurité manuelle on y arrive toujours.

En donnant des numéros au hasard aux gens, et en décentralisant les votes, alors ya moyen de bien vérifier qu’il n’y a pas fraude et d’éviter les erreurs.

[b]AIG/Geithner : le scandale qui pourrait faire tomber l’administration Obama [/b] http://www.solidariteetprogres.org/article6229.html

L’implication du secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner dans les malversations liées au renflouement de l’assureur AIG pourrait sonner le glas de la faction Wall Street dans l’administration Obama, pour qui le Président est un idiot utile. En tout cas, les attaques qu’il subit sont le signe d’une certaine révolte institutionnelle contre ceux qui ont mené les politiques criminelles de renflouement compromettant la survie même du peuple américain.

[bgcolor=#FFFF99]Ayant organisé l’afflux de 180 milliards de dollars vers AIG afin de rembourser 100% des pertes des banques américaines et européennes qui avaient perdu au casino des dérivés d’AIG, l’ancien gouverneur de la Réserve fédérale de New York est de surcroît accusé d’avoir imposé une rétention de données pour garder le secret sur ces opérations.[/bgcolor] Il devra répondre de ses actes devant le Congrès, puisqu’il a été convoqué le 27 janvier par la Commission de surveillance et de réforme gouvernementale présidée par le démocrate Edolphus Towns. Membre de cette commission, le républicain Darrel Issa a obtenu par voie judiciaire les courriels échangés entre la Fed et AIG prouvant les malversations de la branche new-yorkaise de la Fed. La Commission a même lancé une procédure pour obtenir l’intégralité des communications personnelles de Tim Geithner. Et elle pourrait bientôt s’en prendre au gouverneur de la Fed lui-même, Ben Bernanke (dont le renouvellement du mandat est déjà remis en question au Congrès), puisque Darrel Issa a appelé à ce qu’il soit entendu dans cette affaire, en même temps que le prédécesseur de Geithner, Henry Paulson. Les travaux de la Commission ont reçu l’important soutien du Procureur général de New York, Andrew Cuomo, un démocrate clintonien qui avait déjà lancé une procédure contre AIG l’an dernier, ainsi que de l’ancien gouverneur de New York, lui aussi clintonien, Eliott Spitzer. Ce dernier est notamment monté au créneau en compagnie de William Black, un juriste et économiste démocrate favorable à une nouvelle Commission Pecora et à la mise en règlement judiciaire des banques.

[bgcolor=#FFFF99]AIG était un maillon clé du système qui a explosé en septembre 2008. Plus grosse compagnie d’assurance américaine, elle était devenue un véritable dealer de contrats dérivés sur les risques de crédit (CDS) pour toutes les grandes banques occidentales, dont la Société Générale et le Crédit Agricole. Son renflouement a également servi à sauver les tristement célèbres HMO (qui se réassure toute auprès d’AIG), ces assureurs santé à but lucratif qui pillent le système de santé américain et dont la réforme Obama renforce la position dominante.[/bgcolor]

Source : http://www.solidariteetprogres.org/article6229.html

Message de NDA à son groupe "facebook
Amitiés
AJH

[b]Objet : Très chers traders par Nicolas Dupont-Aignan[/b]

Chaque semaine, je croise des artisans, des commerçants, des patrons de PME fragilisées par la crise, à qui les banques refusent des rallonges de trésorerie de quelques milliers d’euros : « Garanties insuffisantes ! » clament-elles.
Mais lorsque j’ouvre le journal, je lis que l’euphorie spéculative et boursière bat à nouveau son plein, générant des bonus pour les traders de France avoisinant… le milliard d’euros au titre de 2009, ce qui représente l’équivalent de 62 000 smic en un an !
On me dira que les banques françaises ont remboursé, avec intérêts, l’aide d’Etat dont elles avaient bénéficié l’année dernière, ce qui avait permis d’empêcher un effondrement généralisé qui eût été catastrophique pour tous.
Las, il n’empêche que ces établissements bancaires continuent de collectionner les privilèges, se cachant derrière leur soi-disant compétitivité à l’international pour les justifier. Songeons que ces banques se refinancent à des taux ridiculement bas auprès de la banque centrale, avant de pratiquer des tarifs de crédit, aux particuliers comme aux PME créatrices d’emplois, souvent prohibitifs. Songeons aussi aux prix très chers qu’elles pratiquent pour « punir » les particuliers du moindre découvert, des frais de transaction hors zone euro ou de retrait à partir de distributeurs automatiques hors de leur propre enseigne – d’un coût unitaire d’une dizaine de centimes d’euro, chaque opération peut être facturée un euro, soit 900% plus cher ! Entre spéculation et surfacturation des prestations, rendue possible par l’abus de position dominante qu’exerce l’oligopole bancaire, comment s’étonner de l’explosion des profits alors que tous ou presque se serrent la ceinture ?
Ce système est doublement scandaleux : moralement, car il suscite un légitime sentiment de révolte, économiquement, car il se révèle inefficace pour libérer les énergies et galvaniser les forces vives, que l’on ne cesse ainsi de décourager. Certains s’offusquent qu’une majorité de jeunes Français souhaitent devenir fonctionnaires, mais à qui la faute ?
On nous dit alors que les banques à l’étranger font bien pire. C’est à voir, notamment si le président Obama inflige réellement un remboursement de 110 milliards de dollars aux banques américaines, comme il en a agité la menace ce week-end. Quant à la taxe exceptionnelle sur les bonus annoncée par Christine Lagarde, comment ne pas voir son hypocrisie, sachant qu’elle se substitue au projet de taxe sur les fonds propres, finalement abandonné ?
De vraies solutions existent pourtant, pour peu que la puissance publique veuille les mettre en œuvre : Il faut tout d’abord taxer à titre exceptionnel les bonus 2009 – à hauteur de 80% par exemple – car rien ne justifie que les banques distribuent des bonus au titre de l’année 2009 sachant que ces bonus sont le produit de l’effondrement des marchés en 2008 et du sauvetage de l’Etat et alors que la majorité des Français souffrent lourdement des conséquences de la crise.

  • il faut mettre en place une taxe sur toutes les transactions financières (taxe Tobin) de manière à décourager la spéculation et surtout à davantage faire contribuer le monde financier à la collectivité. - il faut réformer radicalement les normes prudentielles pour imposer aux banques de mettre davantage d’argent de côté afin qu’elles ne dépendent pas du secours des contribuables en cas de baisse sévère des marchés.
    Il faut aussi procéder à la nationalisation d’une banque, afin de briser l’oligopole bancaire et réintroduire sur ce marché une réelle concurrence au profit des consommateurs.
    Il faut enfin, de préférence à l’échelle européenne, introduire une séparation stricte entre banque de détail et banque d’affaires (sur le mode de la législation du New Deal de Roosevelt), afin d’empêcher toute nouvelle prise en otage du système par des banques dont la faillite précipiterait toute la société dans la tourmente (en finir avec les « Too big to fail », comme les appellent les analystes internationaux).
    La chose est possible, mais encore faudrait-il que les gouvernants en aient la volonté. Sur ce plan, hélas, rien n’est moins sûr…

NDA, qui tente de récupérer la symbolique écornée de De Gaulle, a été maire RPR, puis UMP puis DLR, pour annoncer qu’il votait Sarko au deuxième tour en 2007 décide aujourd’hui de soutenir la taxe Tobin?
Désolé AJH, je ne peux pas m’empêcher d’y voir l’opportunisme politique dont la principale volonté est l’accès personnel au pouvoir. Coûte que coûte.

NDA, qui tente de récupérer la symbolique écornée de De Gaulle, a été maire RPR, puis UMP puis DLR, pour annoncer qu'il votait Sarko au deuxième tour en 2007 décide aujourd'hui de soutenir la taxe Tobin? Désolé AJH, je ne peux pas m'empêcher d'y voir l'opportunisme politique dont la principale volonté est l'accès personnel au pouvoir. Coûte que coûte.
Entre Sarko et Ségo, en 2007, j'aurais fait de même dans sa position.

Néanmoins, voici ce que j’ai répondu ce matin sur un des forum de discussion de DLR (sur facebook)

Bonjour

L’expression " planche à billet" est fortement connotée négativement. En fait, seule la BCE a actuellement le pouvoir de faire tourner la planche « à vrais billets de banque » ceux que vous avez dans votre portefeuille, sous votre matelas ou dans votre bas de laine.

Mais cette monnaie (cet argent) ne représente que 740 milliards d’euros sur un total comptabilisé en monnaie, c-à-d les comptes bancaires et les placements moins de 2 ans, de 9400 milliards d’euros. Au même moment, les créances (les reconnaissances de dettes) que détiennent les banques représentent au total 16000 milliards

Évidemment, toute cette monnaie, hormis les 740 milliards de billets, est une monnaie de crédit (monnaie dette) qui est en totalité émise par les banques commerciales sous forme de crédit aux entreprises, aux particuliers et aux administrations

La vraie planche à billets (au sens figuré cette fois) ce sont les banques privées.

J’approuve à 100% les propositions de NDA dans son dernier billet (« Très cher traders ») , à savoir :

  • taxer les bonus 2009
  • taxe sur toutes les transactions financières (taxe Tobin)
  • Il faut aussi procéder à la nationalisation d’une banque
  • à l’échelle européenne, introduire une séparation stricte entre banque de détail et banque d’affaires

… mais les juge totalement insuffisantes.

Le vrai problème basique est le suivant. Pourquoi les États (et pour ce qui nous intéresse la France) sont-il obligés de financer leurs besoins de trésorerie par des appels au marché monétaire à 3,5 ou 4%, alors que le même financement pourrait être réalisé par la banque centrale, sans aucun intérêt résiduel ?
Nous payons, pour les seuls intérêts, l’équivalent de 3 airbus A320 par jour (dont 2 partent à l’étranger)

Alors on nous réponds « la planche à billet, risque d’inflation » … mais ceux qui répondent cela n’ont pas compris que de toute façon il a bien fallu émettre (par le crédit bancaire) l’argent qui sera prêté à l’État, mais qu’en plus il faudra émettre (par le crédit bancaire) les intérêts.

La monnaie dette des banques commerciales est plus inflationniste que la monnaie-dette des banques Centrales

Cordialement

A-J Holbecq
http://monnaie.wikispaces.com

Entre Sarko et Ségo, en 2007, j'aurais fait de même dans sa position.
Et moi j'aurais imaginé qu'un grand non aligné comme NDA pût inviter à voter blanc. Ca lui aurait probablement coûté un ou deux mandats mais ça aurait eu un peu plus de gueule quand même.
Entre Sarko et Ségo, en 2007, j'aurais fait de même dans sa position.
Et moi j'aurais imaginé qu'un grand non aligné comme NDA pût inviter à voter blanc. Ca lui aurait probablement coûté un ou deux mandats mais ça aurait eu un peu plus de gueule quand même.
C'est vrai, ça aurait eu plus de gueule, je suis d'accord.
[b]AIG/Geithner : le scandale qui pourrait faire tomber l’administration Obama (suite)[/b]

Convoqué mercredi à la Chambre des représentants, le secrétaire au Trésor américain Tim Geithner a dû répondre, sous serment, de son rôle dans le renflouement obscur du géant de l’assurance AIG et de ses contreparties. Si lors de la séance, il n’a pas été confondu grâce une ligne de défense pourtant fragile, les nouvelles pièces produites après l’audition par la Commission de surveillance et de réforme de l’Etat, démontrent qu’il s’est parjuré. Malgré le soutien affiché du Président, l’homme de Wall Street dans l’administration Obama pourrait bien être celui qui précipitera sa chute.

AIG n’est pas seulement le plus gros assureur américain, mais est aussi l’un des plus gros dealer sur le marché mondial des produits dérivés spéculatifs. 100 des 180 milliards de dollars de renflouement fournis entre septembre et novembre 2008 par la Réserve fédérale de New York (NY Fed), présidée à l’époque par Tim Geithner, sont allés directement au remboursement de dérivés de crédit contractés par les grandes banques américaines et européennes, dont la Société générale, BNP Paribas et le Crédit Agricole (via sa filiale spéculative Calyon). Non seulement la NY Fed a remboursé sans négociation ces titres à 100% de leurs valeurs, alors que dans le cas de Lehman Brothers elle n’a rien remboursé, mais elle a assorti sa prestation d’un secret sur les destinataires qui s’étendait originellement jusqu’en 2018.

Le principal point de tension est [bgcolor=#FFFF99]l’alibi de Geithner, qui a dit et répété qu’il n’était pas au courant des conditions de ce renflouement et qu’il n’avait joué aucun rôle dans le processus décisionnel.[/bgcolor] Comment celui qui était légalement responsable d’un renflouement qu’il a lui-même qualifié de plus important de toute l’histoire, pourrait n’avoir rien fait, ni vu, ni entendu ? Geithner s’est d’abord défaussé sur ses seconds en disant qu’ils étaient habilités à prendre de telles décisions sans lui en référer, puis qu’à partir de novembre, il s’était désengagé de ses fonctions exécutives pour se préparer à son poste actuel. La député démocrate Marcy Kaptur lui a alors demandé de fournir une copie de sa lettre de désengagement, mais Geithner a du concéder qu’il n’y en a jamais eu mais que ses collaborateurs peuvent témoigner que son retrait était réel. Hélas pour Geithner, l’inspecteur général du Plan de renflouement TARP, Neil Barofsky, a témoigné plus tard devant la même commission que les employés de la NY Fed lui ont dit avoir pris leurs instructions auprès de Geithner ! De plus, plusieurs courriels du mois de novembre 2008 montrent que Geithner était pleinement impliqué dans le processus décisionnel sur AIG. L’on sait aussi, par des registres de présence, qu’il a participé à six réunions du conseil de la NY Fed entre le 4 et le 21 novembre, lorsque le renflouement d’AIG, comme il l’a lui-même dit, était l’objet de tous les débats dans cette institution.

[bgcolor=#FFFF99]L’autre polémique qui a agité l’audition sont les liens de Geithner avec la banque d’affaires Goldman Sachs, première bénéficiaire du renflouement avec 12,9 milliards de dollars versés.[/bgcolor] Les députés démocrates Kucinich et Kaptur ont lourdement insisté sur ce point et ont fait dire à Geithner que son chef de cabinet est un ancien de Goldman Sachs, comme son prédécesseur Henry Paulson avec qui il a coordonné le renflouement d’AIG, ainsi que le mystérieux Dan Jester, un stratégiste financier ayant fait carrière à Goldman Sachs avec qui Geithner a eu le plus de conversations téléphoniques pendant le renflouement, devant Lloyd Blankfein, le Pdg de Goldman Sachs, mais derrière Ben Bernanke, le gouverneur de la Réserve Fédérale américaine.

C’est d’ailleurs sur ce dernier que la Commission s’apprête à jeter son dévolu : d’après des documents gardés secrets par la Fed mais que le sénateur républicain Jim Bunning a pu consulter, Ben Bernanke a joué un rôle central dans la mise en place du renflouement d’AIG. Le numéro 2 de la Commission, le républicain Darrell Issa, a d’ores et déjà demandé à son président, le démocrate Edolphus Towns, d’émettre une injonction à la Fed de produire ces pièces et a fait part de sa volonté de convoquer Bernanke devant la Commission. Ces documents avaient été gardés secrets jusque-là pour préserver les chances de réélection de Bernanke devant le Sénat avant que son mandat n’arrive à échéance. Bernanke a été réélu hier mais 30 sénateurs s’y sont opposés (11 démocrates, un indépendant et 18 républicains), un nombre jamais atteint auparavant. Mais cette réélection ne le met pas à l’abri pour autant.

[bgcolor=#FFFF99]Cette offensive contre les responsables du renflouement qui encadrent le président Obama est la conséquence de la pression populaire qui s’exerce sur les élus.[/bgcolor] Comme on l’a vu lors de l’élection du Massachusetts, la colère du peuple américain contre Wall Street et Washington monte et la politique d’austérité annoncée par le Président dans son discours sur l’état de l’Union ne peut que précipiter l’inévitable clash.

http://www.solidariteetprogres.org/article6279.html


À l’épreuve des faits, après un an de déceptions plus cruelles les unes que les autres, il y en a qui ne font plus confiance du tout à Obama.

Pour ma part, je garde un (petit) espoir (il en a tant suscité) : en réaction au réel, les hommes peuvent changer.
Mais c’est vrai que l’équipe choisie par Obama (et ses décisions, financières et guerrières) sont littéralement effrayantes. (Indéfendables ?)


Est-il possible, pour le peuple, de reprendre le pouvoir sur la monnaie dans des institutions électives,
alors que l’élection met les élus à la merci de ceux qui financent leur (ré)élection ?

J’en doute, moi qui constate que, toujours et partout, [bgcolor=#FFFF99]l’élection permet aux riches d’acheter le pouvoir.[/bgcolor]

Il nous manque la prise de conscience généralisée de l’importance du tirage au sort dans le processus constituant.

Voyez : encore ce matin, sur France Inter, Loïc Blondiaux (un des passionnants spécialistes du tirage au sort en France, avec Yves Sintomer), invité de Stéphane Paoli, a tenu des propos fort intéressants pour dénoncer l’imposture de nos prétendues démocraties qui ne sont toujours qu’une façade trompeuse, mais pourtant, ni Blondiaux ni Paoli (à qui j’en ai pourtant parlé de vive voix dans son bureau, il y a quelques mois), ni personne n’a prolongé (logiquement) l’analyse jusqu’à la source même du mal : [bgcolor=#FFFF99]QUI donc écrit ces règles injustes qui tiennent les citoyens à l’écart du politique, à l’écart du contrôle entre les élections, et à l’écart des initiatives législatives ? QUI ?[/bgcolor]

Ça ne les intéresse pas ?
Ce n’est pas une bonne piste pour comprendre ?
Je ne comprends pas ce silence.

Comme une N-ième bouteille à la mer, j’ai envoyé à Stéphane Paoli un SMS pour lui suggérer demain matin (puisqu’il recevra à nouveau Loïc Blondiaux demain dimanche) [bgcolor=#FFFF99]d’étudier avec son invité la qualité du processus constituant et de soupeser cette idée que le tirage au sort paraît être une procédure équitable et incorruptible de désignation des constituants, une procédure à la fois décisive et incontournable pour sortir de la préhistoire républicaine[/bgcolor] et instituter enfin une authentique démocratie.

Cette invite restera sans doute lettre morte, comme les précédentes. Mais vous pouvez peut-être m’aider en écrivant ou en téléphonant vous-mêmes au standard de cette émission de France Inter : il faudrait qu’ils posent publiquement la question de la qualité du processus contituant, qu’ils réfutent l’idée s’ils ont des objections à faire mais qu’ils en parlent au moins un peu publiquement, non ?

Étienne.


PS : comme le suggère Béo, vos commentaires éventuels sur la deuxième partie de ce message trouveront (mieux qu’ici) leur place sur le fil consacré au tirage au sort de l’Assemblée constituante : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=8424#p8424 :slight_smile:

Je viens d’envoyer ce message à l’émission de Stéphane Paoli :

Bonjour Stéphane, Bonjour Loïc (Blondiaux),

Merci Loïc pour vos travaux passionnants, comme le sont aussi ceux d’Yves Sintomer, de Bernard Manin et de Pierre Rosanvallon.

Je profite de cette émission (du 30 janvier 2010) pour vous dire ma surprise de ne JAMAIS vous voir prolonger votre analyse jusqu’à la CAUSE MÊME du mal anti-démocratique que vous dénoncez si justement :


QUI DONC ÉCRIT ces règles injustes qui tiennent les citoyens à l’écart du politique, à l’écart du CONTRÔLE entre les élections, et à l’écart des INITIATIVES législatives ?

QUI écrit toutes ces mauvaises constitutions ?


Cela ne vous intéresse-t-il pas ?

N’est-ce pas une bonne piste pour comprendre en profondeur ?

N’est-il pas rationnel de prendre le mal à la racine ?

Je ne comprends pas votre silence à tous — Sintomer, Blondiaux, Manin, Rosanvallon… (et malgré les conversations que j’ai eues sur ce sujet avec Bernard et Pierre) — sur ce point décisif de la qualité du processus constituant, et plus précisément du TIRAGE AU SORT DES CONSTITUANTS, pour instituer ENFIN des pouvoirs justes (limités, sous contrôle permanent).

Pourriez-vous nous indiquer votre appréciation de cette idée radicale du tirage au sort des constituants ?

Auriez-vous aussi la gentillesse de parler demain de l’exemple récent de la Colombie Britannique (dont vous parlez tous dans vos livres, mais bizarrement sans y voir une lueur d’espoir extraordinaire et inédite) ? Car enfin, une assemblée constituante tirée au sort qui montre dans le monde réel que de simples citoyens —sans compétence particulière— sont parfaitement capables de rédiger un nouveau code électoral et d’obtenir plus de 50% des voix de leurs concitoyens, ça donne un espoir fou, non ?!

Cette expérience formidable prouve, me semble-t-il, que le tirage au sort n’est pas une utopie et que tous les peuples du monde devraient creuser eux-mêmes cette idée décisive (malgré, et même contre l’hostilité bien prévisible des élus, menacés qu’ils sont de chômage partiel par ce projet citoyen).

Quoi qu’il en soit, que vous en parliez publiquement ou non, je vous remercie pour tout ce que vous faites et j’espère avoir bientôt le plaisir de vous rencontrer pour approfondir cette réflexion centrale :

CE N’EST PAS AUX HOMMES AU POUVOIR D’ÉCRIRE LES RÈGLES DU POUVOIR.

Amicalement.

Étienne Chouard
etienne.chouard@free.fr
Plan C


Fragilité et espoir fou d’une bouteille à la mer, vraiment.

Étienne.


PS : comme le suggère Béo, vos commentaires éventuels sur ce message trouveront (mieux qu’ici) leur place sur le fil consacré au tirage au sort de l’Assemblée constituante : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=8424#p8424 :slight_smile:

[bgcolor=#FFFF99]les banques et la creation monetaire
Le rôle des banques dans la création monétaire
[/bgcolor]

Un billet passionnant de Bruno Lemaire, sur son blog, en commentaire (poli mais ferme) du livre de Paul Jorion (« L’argent mode d’emploi ») :

[size=15][bgcolor=#FFFF99][b]Les banques et la création monétaire Le rôle des banques dans la création monétaire[/b][/bgcolor][/size]

Un débat s’est fait jour sur la blogosphère à propos d’un point que l’on croyait réglé depuis longtemps, celui de l’origine de la création monétaire.

Pour faire simple, l’une des deux thèses donne aux banques commerciales, privées ou publiques, mais dites de second rang, le pouvoir d’alimenter l’économie – ou les spéculateurs – en monnaie supplémentaire, monnaie « bancaire » ou monnaie « scripturale » - bien au-delà de la monnaie « légale », à savoir la monnaie émise par la banque centrale, la Banque de France quand on raisonnait en francs, la BCE si l’on raisonne en euros. Une video, avec ses défauts et ses qualités, circule actuellement sur internet pour exposer cette position, c’est celle de Paul Grignon, « l’argent dette ».

La deuxième thèse, essentiellement défendue en France par un autre Paul, P. Jorion, (et en Allemagne par H. Creutz), consiste à dire que la création monétaire par les banques de second rang est une illusion d’optique, et que des générations de prétendus experts ou d’universitaires peu éclairés ont confondu masse monétaire et circulation monétaire.

C’est cette dernière position que nous allons tenter de comprendre, avant de donner notre avis.

Dans son livre, « l’argent, mode d’emploi », Paul Jorion qui aime se présenter comme trans-disciplines – de l’anthropologie à la psychanalyse, en passant par l’économie et les sciences cognitives, consacre trois chapitres (5,6 et 7) et 100 pages (pp129 à pp228) à sa propre thèse, et donc à la critique de la position traditionnelle, encore largement dominante. Nous nous consacrerons essentiellement à l’étude des chapitres 5 et 6, le chapitre 7 étant consacré à la Banque Centrale, thème apparemment moins conflictuel, à son rôle, moteur ou suiveur, près.

P. Jorion se demande d’abord pourquoi les « autres » se sont, ou se seraient, trompés à ce point. P. Jorion, range les « autres » en trois catégories, les banquiers, les économistes, et enfin les « révolutionnaires » plus ou moins complotistes.

Pour P. Jorion, les banquiers, qui connaissent évidemment « LA » vérité (à savoir qu’il n’y a pas création monétaire), se prêteraient au jeu des deux autres catégories du fait d’une fragilité intrinsèque au système bancaire, « la menace permanente de la panique bancaire ». Pour éviter que la vérité toute crue ne conduise leurs clients à cette panique, les banquiers resteraient très vagues sur les véritables mécanismes monétaires.

P. Jorion introduit ensuite une thèse assez subtile – qu’il juge erronée mais qui serait la cause de l’erreur de tant d’économistes depuis tant de siècles, celle de « l’individualisme méthodologique ».

Telle que je la comprends dans son exposé par Paul Jorion, ce dernier reprocherait à ses éventuels défenseurs de nier les interactions entre agents économiques, au moins sur la question monétaire.

Si tel était le cas, je penserais, moi aussi que c’est une erreur et une contradiction dans le raisonnement prêté par Paul Jorion aux économistes. Illogisme d’autant plus grave que P. Jorion rappelle, à juste titre, que les économistes utilisent la métaphore de la main invisible pour justifier, ou réclamer, l’existence de marchés aussi interactifs que possible.

Après avoir ainsi prêté aux économistes un point de vue incohérent : individualistes « monétairement », « globalistes » dans d’autres contextes, P. Jorion suggère, au chapitre 6, qu’une certaine paresse peut expliquer, sinon excuser, le raisonnement, qu’il estime erroné, de ces mêmes économistes.

Ces derniers se seraient contentés de faire du « copié-collé » (avant même l’intervention des outils bureautiques) à partir d’une thèse ancienne, mal comprise ou elle-même erronée. Ainsi écrit-il (p.148) «[bgcolor=#FFFF99] ces explications semblent avoir été recopiées au fil des années, sans que nul ne se demande trop si cette description rend compte de la manière dont les choses se passent dans les faits »[/bgcolor].

Après avoir traité les économistes d’incohérents et de paresseux, il leur concède une excuse. Ils auraient mal compris Schumpeter, qui aurait bien distingué, lui, l’apparence de l’essence du phénomène. Pour Schumpeter, revu par P. Jorion, tout se passerait « comme si » il y avait création monétaire, mais, en fait, il n’y en aurait pas.

Comme par ailleurs P. Jorion critique Schumpeter sur un autre point, qui le dérange dans sa reconstruction monétaire, le fait de faire appel aux idées de Schumpeter ne me semble pas fondamental. Je suggèrerais même que cette incohérence du traitement de Schumpeter par P. Jorion desservirait plutôt ce dernier, comme l’incohérence que Paul Jorion prête à certains économistes. (On pourra se reporter aux idées de Schumpeter sur la monnaie sur… : ou encore …, mais ce n’est pas le point ici de se demander si Schumpter a raison ou tort : laissons les morts enterrer les morts …)

Dernière catégorie, enfin, de ceux qui défendraient la thèse à laquelle s’oppose P. Jorion dans sa propre théorie monétaire, celle des révolutionnaires plus ou moins comploteurs, ou anti-comploteurs, on ne sait pas trop.

De fait, P. Jorion écrit explicitement qu’il ne serait pas trop grave qu’il existe des tenants de la « création monétaire ex nihilo » par les banques non centrales si un certain courant d’opinion ne dénonçait pas « le scandale des banques commerciales qui créent de l’argent ex nihilo ».

Pour P. Jorion, après les banquiers opaques – ce qui est vrai, ils sont « opaques » - après les économistes paresseux ou incohérents – il y aurait enfin tous les autres qui trouveraient scandaleux que les banques aient un pouvoir de création monétaire. En quelque sorte, ces « révolutionnaires » inventeraient un pouvoir imaginaire pour pouvoir s’en prendre au pouvoir – réel celui-là – des banques.

Pour illustrer l’existence de ce courant (il existe effectivement des gens qui crient au scandale, mais parce qu’ils pensent, à tort ou à raison, qu’il y a scandale) Paul Jorion s’en prend à M. Allais, prix « pseudo-Nobel » d’Economie (le prix Nobel d’économie n’existe pas : c’est simplement l’équivalent en économie de la médaille Fields en mathématiques, il n’y a pas non plus de prix Nobel en mathématiques).

Il ne va pas jusqu’à le traiter de gâteux – d’autant plus que sa grande œuvre, celle de M. Allais, a été écrite en 1976, à l’âge de 63 ou 64 ans, l’âge actuel de P. Jorion – mais il compare son raisonnement, et l’emploi par M. Allais du mot « considère » à celui d’un débile profond Oscar (p. 140) qui « considère qu’on fabrique le gruyère en coulant le fromage autour des trous ».

Après avoir ainsi « déconsidéré » les « considérations » de M. Allais, et donc ce dernier, P. Jorion range dans le même sac, celui des « abolitionnistes » (P. Jorion préfère utiliser le mot « créationnistes ») l’ensemble des tenants d’un complot bancaire pour cacher la fausse vérité, celui de la création monétaire par les banques commerciales. Cette fausse vérité permettrait aux révolutionnaires de tout poil de s’en prendre aux banques.

En résumé, la croisade de P. Jorion serait justifiée par les mensonges, les incohérences ou les arrière-pensées de trois catégories d’individus, se recoupant parfois, les banquiers mystérieux, les économistes paresseux , et les révolutionnaires haineux.

Bien entendu, cela ne signifie nullement que P. Jorion a tort. C’est ce que nous allons maintenant tenter de voir, après ce long préambule tentant d’expliquer la position « qualitative » de P. Jorion, disséminée entre raisonnements, anecdotes, exemples, railleries et fables diverses tout au long de 100 pages écrites avec talent, sinon sans redondances.

Le point central de la démonstration de P. Jorion est celui du « principe de conservation des quantités », ce qui lui permettra, pense t-il, de démontrer que les économistes, quand ils se trompent de bonne foi, confondent en fait « augmentation de la masse monétaire » et « variation de la vitesse de la masse monétaire ».

[bgcolor=#FFFF99]Si je peux me permettre cette analogie, qui n’est pas dans le livre de Paul Jorion, en assimilant l’argent (que nous n’avons pas encore défini, nous y reviendrons) au sang, les économistes confondraient la masse sanguine, le stock sanguin (entre 6 et 8 litres chez un individu « normal ») avec le fait que des milliers de litres traversent le cœur de tout individu en une seule journée.
Si tel était le cas, confusion entre stock et flux, (stock de sang ou d’argent, et flux sanguin ou monétaire), on comprendrait l’émoi de P. Jorion devant une telle position d’économistes, universitaires pour la plupart.[/bgcolor]

Revenons maintenant au point central de l’argumentaire, le principe de conservation des quantités, utilisé de nombreuses fois dans le livre de Paul Jorion, ainsi que sur son propre blog, avant et après la parution de ce livre.

Pour peu que l’on se souvienne des principes de physique élémentaire, ce principe sonne bien : dans la nature, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (même si le big bang ne rentre pas vraiment dans cette catégorie, en dehors de ce « petit » détail, cette loi n’a jamais été réellement remise en cause).

Donc le principe de Paul Jorion n’est ni révolutionnaire, ni incompréhensible, j’irais même jusqu’à écrire qu’on peut l’adopter – d’autant plus qu’[bgcolor=#FFFF99]il ne prouve rien, au moins tant que l’on n’a pas précisé de quoi on parle, de quelles quantités il s’agit[/bgcolor].

Toute la question est là, en fait, et il m’a fallu une relecture des trois chapitres incriminés (ch 5, 6 et 7) – je sais, j’aurais pu trouver plus vite :wink: – pour voir où était – peut-être, au lecteur d’en juger – le véritable subterfuge, volontaire ou non, de Paul Jorion. Dans des échanges privés avec P. Jorion, en mars 2009, il m’avait aussi fallu quelques échanges pour comprendre ce qui se cachait – volontairement ou non – derrière la sémantique utilisée derrière un mot bien simple, le mot « argent ».

De fait, au chapitre 5 de « l’argent, mode d’emploi », le mot le plus utilisé est « argent ». Au chapitre 6, ce mot n’est plus guère employé, il semble remplacé le plus souvent par « monnaie », glissement sémantique sur lequel il convient de s’interroger.

De fait, [bgcolor=#FFFF99]dans aucun de ces contextes, la définition exacte n’est proposée[/bgcolor]. En lisant entre les lignes, je propose les définitions suivantes :

[bgcolor=#FFFF99]1) Pour le P. Jorion du chapitre 5 le mot argent est ce que l’on appelle généralement « monnaie fiduciaire », ou « monnaie-papier » ou « monnaie-billets » - ce que les autorités monétaires internationales appellent « currency ».[/bgcolor]

En fait, c’est ce que dans le langage populaire on appelle parfois « cash », parfois « liquide » : « dis, as-tu du liquide à me prêter ? » dit-on couramment. On peut donc présumer que lorsque Paul Jorion parle du « principe de conservation des quantités », il s’agit de dire que le « liquide » en circulation, ou la « currency » en circulation, n’augmente jamais (au moins du fait des banques commerciales qui n’ont pas le pouvoir d’émettre, de « fabriquer » des billets).

[bgcolor=#CCFFFF]Comme personne n’a jamais prétendu le contraire, qu’on soit banquier, économiste, complotiste ou simple « idiot du village », le grand principe de Paul Jorion ne sert pas à grand-chose, mais il n’est pas, et ne peut être, remis en question.[/bgcolor]

Du moins tant que l’on s’intéresse au système bancaire et au système économique « hors banque centrale ». La seule autorité, en effet, susceptible d’influer sur la quantité de liquide en circulation, et donc de contrevenir au principe de conservation des quantités « de liquide » est la Banque Centrale (à une restriction près, il vaudrait mieux parler de « monnaie centrale »).

  1. Pour ce que j’ai compris du P. Jorion du chapitre 6, on en vient enfin à la « monnaie ». Là encore, l’ambiguïté est grande.

Dans le sous-titre du chapitre 6, on parle de création de monnaie des banques (position à laquelle s’oppose P. Jorion, avons-nous dit), et, juste après on parle de « création d’argent ex nihilo » que P. Jorion conteste – mais tout le monde aussi.

[bgcolor=#FFFF99]En fait, c’est dans ce glissement sémantique – volontaire ou non – entre monnaie et argent que je situe le nœud du problème.[/bgcolor]

Si « monnaie » = « argent », P. Jorion a raison, et la discussion est close – et n’aurait jamais du se produire. Si « monnaie » est différent de « argent », toute l’argumentation de P. Jorion s’effondre, comme nous allons le voir.

Il est vrai qu’il y a une vraie difficulté pour définir rigoureusement le mot « monnaie ». Autant la définition de l’argent était simple, son support physique est évident (à la monnaie scripturale centrale près, pourtant création aussi de la banque centrale) autant celle de la monnaie est plus « intangible », plus « conventionnelle », plus « virtuelle », et donc plus discutable.

Je proposerai pour la monnaie la définition suivante : « La monnaie est un moyen de paiement accepté de façon générale par les membres d’une communauté donnée en règlement d’un achat de bien ou service, ou d’une dette ».

Deux exemples : le « liquide », l’argent dont parle P. Jorion au chapitre 5, vérifie cette définition (même si on refuse les paiements en liquide au dessus d’une certaine somme, et si la plupart des agents économiques d’une communauté donnée sont obligés par la loi à détenir un compte bancaire).

La « monnaie scripturale bancaire», c’est à dire celle dont le montant est inscrit dans les différents comptes à vue (CAV) qu’on appelle plutôt dépôts à vue (DAV) figurant dans le réseau bancaire répond aussi à cette définition. On peut certes, dans certain cas, refuser un chèque – sous prétexte qu’il serait sans provision. Mais on peut aussi refuser un billet, sous prétexte qu’il serait faux.

La seule différence apparente, et tout à fait vraie sur le plan théorique, est que la monnaie « scripturale » bancaire, qui figure dans les DAV, n’a pas explicitement cours « légal ».

Revenons donc à l’argumentaire de P. Jorion, en tentant de bien comprendre, lorsqu’il parle de « monnaie », s’il s’agit du « papier-monnaie » ou de tout autre chose.

Notre fil rouge sera que Paul Jorion tente de nous convaincre que la « monnaie scripturale » n’existe pas vraiment en dehors du papier-monnaie, et que cette « monnaie scripturale » est « simplement » une écriture comptable cherchant à mémoriser des flux de la seule « vraie monnaie », la « monnaie-papier ».

En d’autres termes, si ce que l’on appelle traditionnellement la masse monétaire augmente (par exemple mesurée par l’agrégat monétaire M1), c’est simplement que la « vraie monnaie », la « monnaie-papier » circule plus vite.

Pour reprendre ma métaphore du sang : la masse sanguine resterait la même, mais le sang circulerait plus vite. Comparaison n’est pas raison : on pourrait aussi dire que la « vraie monnaie » est symbolisée par les « globules rouges », et que la monnaie scripturale serait la masse sanguine elle-même.

Le fait qui interpelle tout observateur, en effet, est que la masse de la « monnaie-papier », de la « currency » n’évolue pas tout à fait comme la « monnaie scripturale », telle que celle-ci apparaît dans l’agrégat monétaire ‘étroit’ M1.

Rappelons ce qu’est cet agrégat M1 : c’est la somme de monnaie divisionnaire(=pièces) + monnaie fiduciaire + monnaie scripturale. C’est ce que la Banque de France définissait en 2000 comme ‘des engagements utilisables comme moyens de paiement, en précisant explicitement : dépôts à vue et monnaie fiduciaire’. C’est aussi ce que d’aucuns appellent les « avoirs liquides » des agents économiques non financiers). D’autres agrégats « plus larges » existent, M2 et M3, mais leur définition exacte est moins « standard », et nous ne les utiliserons pas ici.

Sur les 15 dernières années, le ratio « M1/currency » a évolué en Europe entre 4.8 et 9.35, avec une pointe extrême en février 2002 à 9,35 (débuts du passage à l’euro), pour rester depuis 2 ans en dessous de la barre des 6.2. Actuellement (nov 2009) ce ratio est voisin de 5.95. Ce chiffre est corrélé à ce qui est parfois appelé multiplicateur monétaire.

[bgcolor=#FFFF99]P. Jorion ne nie pas l’existence de ces chiffres, même s’il se garde bien d’en parler explicitement.[/bgcolor] Il préfère démonter ce qu’il continue d’appeler l’erreur des « créationnistes », [bgcolor=#FFFF99]et affirme que la monnaie qui circule, quand elle est décrite par les « comptables », n’est autre que du vrai argent.[/bgcolor]

Pour cela, il commence à distinguer, très justement, deux types d’institutions financières, ceux qui n’ont pas le statut bancaire, et qui font juste de l’intermédiation : en d’autres termes ces institutions financières non bancaires utilisent « simplement » les excédents de trésorerie, l’épargne, des agents économiques qui auraient trop de … de quoi, au fait ?

Je dirais « argent, », au sens P. Jorion chapitre 5, c’est-à-dire papier-monnaie, mais P. Jorion n’est pas si clair que cela. Ce trop plein de « monnaie-papier » est donc transféré aux agents économiques qui, eux, seraient en manque d’argent.

Là encore, sur ce point, personne ne conteste. Les caisses d’Epargne (Ecureuil ou Poste) ont fait cela depuis des temps immémoriaux, d’autres institutions aussi. Le principe de conservation du « cash », de la « currency », de la « vraie monnaie » est conservé.

Ce serait aussi le cas si l’épargne n’était pas du cash, mais déjà de la monnaie scripturale. Il n’y aurait toujours pas augmentation de la masse monétaire, qu’elle ne concerne que le « cash », ou quelle concerne aussi la « monnaie scripturale » qui aurait été épargnée. Les « créationnistes » et les « jorionistes » n’ont aucun désaccord sur ce plan.

P. Jorion va introduire maintenant les banques, en disant qu’elles sont « différentes des « non banques » tout en faisant pareil », en se repliant derrière l’autorité d’un certain Besson : après tout, pourquoi pas ?

Les banques sont présentées comme des spécialistes de l’intermédiation monétaire (le mot intermédiation suggérant que ce ne sont que des intermédiaires, pas des « augmenteurs », encore moins des créateurs), qui n’octroient pas de crédits, mais qui se contentent « d’ouvrir » des lignes de crédit. La seule différence entre les institutions financières non bancaires et les banquent serait une question de comptabilité et de nomenclature de comptes.

P. Jorion va alors justifier qu’il y a augmentation des crédits – ce qui est vrai – sans augmentation du « cash » - ce qui est vrai – et sans augmentation de la masse monétaire – ce qui est faux par l’argument suivant.

Ce que l’on appelle augmentation de la masse monétaire – traduite par l’augmentation des dépôts, des DAV – est une illusion d’optique. On voit simplement du « cash » qui circule. Justification : le même billet ne peut être à deux endroits différents (personne n’a jamais contesté cela, nul besoin du « principe de conservation des quantités »). Donc le crédit accordé n’est qu’une inscription comptable, non « performative », ce n’est parce qu’on inscrit une somme sur un compte que la somme y est.

Écrit autrement (c’est moi qui l’ajoute), le mot « chien » n’aboie pas, de même que l’image d’un cheval ne rue pas. L’inscription scripturale ne serait donc pas de la monnaie, ce serait simplement une « image » de la vraie monnaie. Dont acte pense P. Jorion.

Pour valider cela, P. Jorion raconte une anecdote africaine. Un employé astucieux, au Bénin, retirait du cash, du « vrai argent », le soir. Il allait acheter nuitamment dans un pays voisin des marchandises locales moins chères, revenait au petit jour, revendait ses produits plus chers, puis rapportait le cash à sa banque un peu après, après avoir fait son bénéfice. Cela prouverait, d’après P. Jorion, que la création monétaire est un mythe (dans ce cas, c’est évident : quand on retire uniquement du cash, et qu’on rembourse en cash, difficile d’imaginer une augmentation de quantités – en dehors du bénéfice réalisé, qui a dû être pris à quelqu’un).

Que se passe donc t-il vraiment dans le « secret » des prêts bancaires ? Je vais reprendre la même démarche (pp. 141 à 146) que P. Jorion, mais en arrivant à des conclusions complètement opposées.

Eusèbe dépose du « cash », 100 euros, à sa banque A, supposée sans ressources monétaires initiales. Du fait d’un coefficient de 10% de « réserves fractionnaires » la banque A ne peut prêter que 90 euros, à Casimir. Pour l’instant, il y a donc toujours « quelque part » 100 euros en cash, avec un prêt en cours de 90 euros. [bgcolor=#FFFF99]Combien d’euros disponibles ? C’est là la grande question.[/bgcolor]

Si Casimir réclame son prêt en « cash », « papier-monnaie », « monnaie fiduciaire », « monnaie légale », « currency » (ce que P. Jorion ne précise pas), il y aura 90 euros disponibles dans la poche de Casimir, plus le DAV de Eusèbe affecté d’un montant de 100 euros. Est-ce que ces 100 euros sont disponibles ?

Là encore, si Eusèbe utilise son DAV avec son carnet de chèques ou sa carte bancaire, pas de problème. S’il veut retirer au distributeur de la banque A plus de 10 euros, la banque A aura un problème de liquidité : panique dira P. Jorion. Là encore, on peut certes faire intervenir le «principe de conservation des quantités », tautologie s’il en est.

Que peut-on déduire rigoureusement de ce début de raisonnement ?

a) Tout d’abord, que le « cash » n’est pas créé par les banques commerciales : on le savait.

b) Ensuite, que suivant l’usage que l’on va faire des prêts (retrait en « cash » ou virement scriptural, ou paiement scriptural, ou re-dépôt scriptural) on sera, ou non, en manque de liquidités : là encore, rien de nouveau.

c) On peut aussi conclure, comme le fait P. Jorion, que les « réserves fractionnaires » ont pour but d’empêcher que trop de retraits en liquide conduisent à une panique bancaire.

d) Mais on peut aussi conclure, ce que ne fait pas P. Jorion, que les banques s’efforçent de ne pas prêter plus d’argent liquide que nécessaire. Si Casimir se contente de ne « retirer » ou de n’utiliser que de la monnaie scripturale, le risque de panique éventuelle s’éloigne d’autant. Les banques actuelles s’efforcent d’ailleurs de dissuader leurs clients de retirer de l’argent, il y a même maintenent des banques « cash free » sur internet qui en font leur devise.

D’un point de vue concret, pratique, on peut donc dire que dans un contexte économique « confiant », le ratio théorique de « réserves fractionnaires » est concrétisé par un ratio M1/Currency assez élevé (début 2003, valeur autour de 7, si on excepte le cas particulier de début 2002 ou, avant que les billets nouveaux ne soient disponibles, on a sans doute utilisé plus de monnaie scripturale « en euros » que de billets mixtes euros ou francs pour la France, euros ou marks pour l’Allemagne).

Depuis 2008, ce ratio « M1/currency » est plus proche de 6, mais toujours pas de panique bancaire à l’horizon.

Le seul point sur lequel personne ne songe à donner tort à P. Jorion est le suivant. Principe de conservation des quantités ou non, si chaque dépositaire de DAV vient « transformer son compte en argent liquide, en « cash », en « currency », en « papier-monnaie », en « papier-billets », c’est la panique assurée, le « cash crunch ». Mais pourquoi le ferait-on ? C’est tellement plus facile d’acheter en utilisant sa carte de paiement, son chéquier, son compte « paypal ».

Certes, le système bancaire peut s’écrouler, si l’économie sous-jacente s’écroule. Mais dans ce cas là, que vaudra la monnaie-papier ? La meilleure solution, dans ce contexte catastrophique éventuel, serait peut-être de recourir au troc, avant de reconstruire un système monétaire sur une base nouvelle.

Ce que l’argumentation de P. Jorion nous a conduit à introduire ou à préciser – et qu’il en soit donc remercié – c’est la question de la finalité et de l’usage de la monnaie.

Si Casimir emprunte de la « monnaie » pour une activité économique qui va pouvoir avoir un certain impact, son emprunt aura été utile : il pourra rembourser cet emprunt. Si cette « monnaie » prend simplement la forme de « cash », de « liquide », et si ce « cash » est emprunté pour être déposé sous son matelas, le principe de conservation des quantités jouera dans le mauvais sens : 90% du « cash » va sortir du circuit économique.

Silvio Gesell a parlé de ce risque, et de ses conséquences potentiellement fort graves, d’où son [bgcolor=#FFFF99]idée de monnaie fondante, perdant de la valeur si elle n’est pas dépensée rapidement[/bgcolor].

Au contraire, si l’emprunt de Casimir est réinjecté, directement ou non, dans la sphère économique (investissement-production-consommation) non seulement une cascade d’emprunts pourra avoir lieu (la banque B qui reçoit éventuellement tout ou partie du placement de Casimir va elle-même pouvoir prêter jusqu’à 90% de ce placement, etc.), mais cette cascade aura deux effets.

Alimenter la sphère économique en moyens de paiements, et permettre à Casimir, et à la séquence d’emprunteurs qui sera apparue à travers le système bancaire, de rembourser leurs emprunts. Car si ceux que P. Jorion appelle les créationnistes ont raison de parler de la création de « monnaie scripturale » par les banques, ils devraient aussi être appelés « destructionnistes », car ils n’oublient pas que les emprunts – même en monnaie scripturale – devront être remboursés (là encore en monnaie scripturale). On pourra consulter à cet égard le livre de M. Allais, paru en 1977, « l’impôt sur le capital et la réforme monétaire ».

[bgcolor=#FFFF99]En d’autres termes, dans un « bon » système économique d’une communauté donnée, la monnaie scripturale devrait, bon an mal an, augmenter à peu près comme la production-consommation-investissement de la communauté considérée et, si le taux des « réserves fractionnaires » ne bouge pas trop, il devrait en être de même pour la masse de « papier-monnaie », qu’on considère le « papier-monnaie » comme le véritable sang, ou comme les globules rouges, de l’économie.[/bgcolor]

Pourquoi ce débat, alors ?

D’après moi, les « créationnistes » pensent que les banques commerciales ont trop de pouvoir, et que les octrois de crédits en « monnaie scripturale » ne sont pas toujours, voire pas souvent, au service du bien commun, et qu’il faut donc davantage les contrôler. Certains vont même – ce n’est pas, ou plus, ma position – jusqu’à vouloir leur imposer des réserves fractionnaires de 100%, « 100% money » : c’est le point de vue de I. Fisher, de M. Allais, de Robertson et de quelques autres « abolitionnistes ».

[bgcolor=#FFFF99]En d’autres termes, les banques commerciales ne devraient plus avoir le droit d’accorder des crédits au-delà des ressources liquides, des ressources en « cash », dont elles disposeraient. Dans un échange privé, j’ai demandé à P. Jorion pourquoi il s’opposerait à une telle mesure, si, pour lui, il n’y a pas de création monétaire privée. En dépit de la courtoisie de nos échanges, je n’ai pas eu de réponse sur ce point.[/bgcolor]

Toujours d’après moi, P. Jorion et ses supporters, dont H. Creutz, dont je reparlerai en conclusion, pensent que la responsabilité des banques dans la crise actuelle est secondaire, leur pouvoir général étant limité, et leur pouvoir de création monétaire nul.

Ce serait donc essentiellement la Banque Centrale qui serait responsable des excès monétaires, les banques n’étant responsables « que » du fait qu’elles prêtent parfois de la « vraie monnaie », du « cash », du « liquide », de l’épargne réelle, à de mauvaises personnes.Il n’y a pas nécessairement « trop de monnaie », il y aurait une mauvaise utilisation de cette « monnaie ».

Bien entendu, tout n’est pas faux dans cette position, c’est simplement le raisonnement « monétaire » de P. Jorion pour aboutir à ces recommandations qui me semble erroné.

Quel serait donc le raisonnement monétaire « correct » ?

Prenons trois acteurs dans notre « communauté socio-économique », communauté C, trois « secteurs », trois systèmes en interaction. Le Système E est celui des acteurs économiques, des « vrais » acteurs, les acteurs qui n’appartiennent pas au monde banco-financier. Le système FB est le système banco-financier, avec le sous-système F qui ne va manipuler que la « vraie épargne », le sous-système B est intermédiaire entre la vraie épargne et les emprunteurs du système E, le système BC représente la banque centrale, la seule qui a le droit de créer de l’argent-papier, du « papier-monnaie ».

A l’instant 0, de l’année 0, supposons que le système FB ait une épargne réelle, en « cash » (ne compliquons pas pour le moment : on peut supposer, si l’on veut, que les banques et la banque centrale viennent d’être créés, et ont fournis au système B, directement ou non, ce « cash »). Disons que ce cash représente 40 milliards d’euros, la valeur totale de la production de notre communauté C étant de 2000 milliards d’euros, le cash disponible correspondant environ à deux mois de production, disons 400 milliards.

Ces 40 milliards d’euros « économisés » sont demandés par d’autres éléments du système FB, uniquement pour consommer ou pour reconstituer les équipements. Dans ce cas là, à conditions technologiques constantes, et à démographie stable, il n’y aura pas de besoins supplémentaires de financement pour investir pour le futur. Le principe de conservation des quantités joue à plein

Supposons maintenant que l’on envisage une croissance de 1% dans l’avenir, pour atteindre une production-consommation-investissement de 2020 milliards. L’épargne actuelle, même transformée en prêts de cash, ne va pas suffire. Le sous-système F du système FB ne peut que passer du cash d’une main – ceux qui ont trop de cash » à une autre main- ceux qui manquent de « cash ».

C’est là que le sous-système B intervient. Supposons qu’il faille, en plus, investir un surplus de 30 milliards. Le sous-système B va, face aux projets jugés crédibles et solvables, prêter ces 30 milliards, qu’elle ne possède pas, par hypothèse. [bgcolor=#FFFF99]Il va simplement « anticiper » - voilà le grand mot, la pierre philosophale de tout l’édifice, le concept qui manque à l’argumentation de P. Jorion[/bgcolor] (et de nombreux autres experts monétaires, hélas, créationnistes ou anti-créationnistes, en particulier les tenants du « voile monétaire »).

Le sous-système B va simplement anticiper que les emprunteurs vont pouvoir rembourser, grâce aux excédent des production, et donc de revenus, permis par leur investissement supplémentaire.

[bgcolor=#FFFF99]Le sous-système B ne va pas « créer » du cash, elle n’en a pas le droit. Elle va « créer de la monnaie scripturale », à concurrence, par hypothèse, de 30 milliards d’euros (« scripturaux, « bancaires »).[/bgcolor]

La croissance étant prévue de 1%, et l’inflation de 0, elle va simplement exiger de recevoir, au bout d’un an, le remboursement complet de ces 30 milliards, plus un intérêt « éthique » de 1%.

Dans ce contexte, le sous-système B va contribuer « honnêtement », « éthiquement » à la croissance de l’économie, en supposant bien sûr que les anticipations soient réalisées, que les emprunteurs remboursent. Entre le début de l’année 0 et le début de l’année 1, le sous-système B aura créé 30 milliards de monnaie supplémentaire, qui lui seront remboursés dans la même monnaie, plus bien sûr les 3 milliards d’intérêts.

Deux remarques complémentaires.

a) En règle générale, le système bancaire demande plus qu’un taux d’intérêt « éthique ». Plus le système bancaire prête, et plus il s’enrichit, cela ne l’incite pas à la sagesse, bien sûr, d’autant plus qu’il prête des ressources qui ne lui appartiennent pas.

b) Le système bancaire, du fait d’un certain contrôle de nôtre troisième système, le système Banque Centrale, ne peut pas prêter autant qu’il voudrait, et c’est heureux. Dans notre exemple, si le « cash en circulation » n’était que de 20 milliards, il est peu probable que notre système B ait pu prêter 30 milliards. Il aurait du se « refinancer » auprès de la Banque Centrale, système BC, pour lui demander du « cash », soit directement (création monétaire BC) soit par l’intermédiaire d’une émission de monnaie scripturale centrale. En France, actuellement (janvier 2010), la Banque Centrale prête à 1%, et les banques commerciales reprêtent à un taux variant entre 4% et 18%, il y a de la marge…

[color=purple]Un dernier point, le « raisonnement » de H. Creutz pour justifier l’argumentation « anti-créationniste » repose (cf. « Le Syndrome de la monnaie », p.11 et p.24) sur le syllogisme suivant.

Quand Eusèbe prête de l’argent à son ami Casimir, les 200 euros que Eusèbe a prêté à Casimir ne sont plus disponibles pour Eusèbe : il n’y a pas eu de création monétaire. Donc (j’insiste sur le donc), c’est pareil lorsque la banque Duchmol va prêter de l’argent (toujours ambiguïté entre argent, monnaie, « cash », « currency ») à son client Helmut.[/color]

C’est certes moins subtil que chez P. Jorion, même si le livre de Helmut Creutz est bourré par ailleurs de données intéressantes, mais on retrouve bien ce « grand » principe : celui de la conservation des quantités. Dès lors que l’on précise que ce sont des quantités de « cash », c’est une tautologie sans intérêt. L’astuce est de ne pas préciser de quoi l’on parle.

Bonne lecture critique,

B.L.

J’avoue ne pas trop comprendre tout ce raisonnement ?

Notre problème c’est que la monnaie sert à la spéculation au lieu de servir au dévellopement de notre pays et aux citoyens. Que l’on considère que la monnaie électronique soit de la vraie monnaie créée ex-nihilo ou une représentation uniquement de la monnaie papier et de sa vitesse de circulation qu’est ce que ça peut bien changer au problème ?

Le problème reste bien le même peu importe la vision des choses.

Notre problème c'est que la monnaie sert à la spéculation au lieu de servir au développement de notre pays et aux citoyens.
Non, mon problème est l'usure, [i]ç.à.d.[/i] la possibilité à des personnes/organismes de gagner de l'argent sans travailler, grâce aux intérêts. Si les préteurs ne pouvaient réclamer des intérêts sur l'argent qu'ils prêtent, je me moquerais éperdument qui crée l'argent et comment. Si les pouvoirs publics pouvaient créer de la monnaie "comme avant", [i]ç.à.d[/i]. sans intérêts pour l'État, les particuliers auraient quand-même à payer les banquiers pour les prêts qu'ils font (immobilier, investissement...). Sachant qu'au final les intérêts de la dette de l'État sont payés par les impôts, donc les citoyens, je ne vois pas en quoi les intérêts sur la dette privé seraient moins nocifs que les intérêts sur la dette publique.

C’est un point de divergence fondamentale que j’ai avec Étienne, dans le sens que ré-introduire la possibilité à l’État d’émettre de la monnaie ne répondrait pas à mes préoccupations, et j’ignore si supprimer les intérêts sur toute monnaie créée ex-nihilo répondrait aux siennes.

Zolko

Donner la possibilité à l’État d’émettre de la monnaie sans intérêt corresponds à une irrigation de l’économie, irrigation faite actuellement par de la monnaie émise (créée) avec intérêt.
J’ai pour ma part déjà un vieux débat avec Étienne, et je pense que, au moins pour le moment, il serait plus raisonnable d’essayer d’obtenir que toute création monétaire soit sans intérêts ou avec intérêts revenants à la collectivité.
Le problème des prêts avec intérêt sur de l’épargne existante est un contrat privé entre un épargnant et un emprunteur: il est très différent de la création (ex nihilo) monétaire bancaire par des structures privées.

Si une économie (une monnaie) « sans intérêts » était possible, je serais pour; ca ne me semble pas être possible actuellement… mais comme dit Allais, il faut au moins supprimer les « faux droits »

PS: l’obligation aux Administrations d’emprunter avec intérêts corresponds à un transfert d’1 milliard par semaine de l’ensemble de la collectivité au bénéfice des plus riches (10% de la population)

C’est clair les intérêts sur la dette publique c’est vraiment de la redistribution des richesses à l’envers ( de la concentration, un accaparement des richesses), cela doit évidemment cesser en priorité, surtout vu les conséquences que cela a sur le budget de l’état, et donc politiquement.

L’autre point c’est qu’évidemment la monnaie basée sur le crédit, ça sert à la spéculation, à la finance, mais ca dessert les citoyens aux plus haut point.
Non seulement on compresse les salaires pour inciter les gens à prendre des crédits ( n’ayant plus la possibilité d’épargner ), et pour maximiser les profits des entreprises et les dividendes des actionnaires, mais en plus de cela la création monétaire sert à la spéculation et permet à la finance de faire des profits faramineux en contrepartie de conséquences néfastes pour les entreprises et leurs employés, jusqu’à même créer des crises comme la crise actuelle.

C’est pourquoi je ne vois pas trop l’intérêt du débat entre « monnaie créée ex nihilo » ou « représentation virtuelle de la monnaie papier et de sa vitesse de circulation » parce que dans tous les cas les conséquences néfastes de ce système sont bels et bien réels.

La monnaie basée sur le crédit ne sert pas qu’à la spéculation; c’est une superbe invention.