07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

[bgcolor=#FFFF99]Les baisses d’impôts préconisées par les politiques de l’offre sont néfastes aux salaires[/bgcolor]
par Henry Liu

[bgcolor=#CCFFFF][b]Les baisses d’impôts préconisées par les politiques de l’offre sont néfastes aux salaires[/b][/bgcolor] par Henry Liu. 23 décembre 2009

L’économiste Henry Liu s’élève contre la thèse affirmant que les baisses d’impôts sur les entreprises et les très hauts revenus généreraient de l’emploi. Toute baisse d’impôt sur les profits, note-t-il, incite les entreprises à arbitrer entre bénéfices et salaires, au détriment des derniers. De la même façon, les baisses d’impôts sur les hauts revenus encouragent la distribution de salaires mirobolants pour les directions. Notons au passage que ces revenus excessifs ont non seulement déprimé la demande, mais aussi alimenté la finance, avec un effet « deuxième tour » : les exigences de rémunération des investisseurs, bien supérieures à la croissance économique réelle, pressurant de plus en plus les salaires au fur et à mesure de l’accumulation du capital par le jeu des intérêts composés.

Par Henry Liu, New Deal 2.0, 16 décembre 2009 - extrait

[bgcolor=#FFFF99]Ces dernières décennies, les économistes partisans des politiques de l’offre ont répandu dans une opinion publique mal informée le mythe selon lequel des impôts peu élevés encourageaient les entrepreneurs à créer des emplois bien rémunérés.[/bgcolor]

Mais contrairement à cette affirmation apparemment de bon sens, la réalité historique montre que le régime d’impôt progressif des revenus, avec des prélèvements dépassant les 90% pour la tranche supérieure, a en fait encouragé les entreprises à augmenter les salaires. Pour la simple raison qu’il est plus facile d’être généreux avec l’argent du gouvernement.

Dans le passé, quand le taux d’imposition maximum sur les entreprises dépassait 50% et celui sur les revenus 90%, leurs directions étaient moins incitées à maximiser le bénéfice net en réduisant les coûts salariaux. Pourquoi auraient-elles donné de l’argent au gouvernement alors qu’il pouvait être mieux employé à la satisfaction de leurs salariés ?

La révolution économique de Ronald Reagan, inspirée par l’économie « vaudou » des politiques de l’offre, s’est traduite par réduction frénétique des taux d’imposition sur les bénéfices. Elle a incité les employeurs à maintenir des bas salaires, car les économies réalisées ainsi généraient des bénéfices que les entreprises et leurs directions pouvaient conserver, n’étant plus soumis à des taux d’imposition élevés.

Ce régime de faible imposition s’est traduit par des profits excessifs, autorisés par la stagnation des salaires, avec pour conséquence un surinvestissement, car la demande ne pouvait pas suivre le rythme de ces excédents nés des bas salaires.

[bgcolor=#FFFF99]La loi de Say affirmant que « l’offre crée sa propre demande », qui fait partie des présupposés sur lesquels s’appuient les économistes de l’offre, n’est vérifiée qu’en situation de plein emploi, lorsque les salaires sont corrects. Mais c’est une condition que les économistes de l’offre préfèrent ignorer.[/bgcolor]

Dans une économie à bas salaires, pour soutenir la demande, on propose aux salariés de l’argent facile sous forme crédits subprimes, au lieu de payer aux consommateurs des salaires décents, créant ainsi des profits fictifs pour le secteur financier au détriment du secteur manufacturier.

Ce dysfonctionnement a finalement conduit à la bulle de la dette qui a éclaté en 2007, avec des répercussions mondiales.

Source : Accueil | Un magazine d'actualité et d'informations en continu


Je viens justement de dénoncer cette escroquerie de la « relance par l’offre » (celle que nous imposent les voleurs en bande qui ont pris le contrôle du pays) dans deux commentaires sur le blog de Paul Jorion :

Premier commentaire :
http://www.pauljorion.com/blog/?p=6023#comment-45663

« (…) Bon. Merci Paul. Tu as été très bien.

Malheureusement, tu as oublié (ou tu n’as pas eu l’occasion), cette fois, de parler (comme tu le fais souvent, et tu es un des seuls « économistes » à le faire avec force) de [bgcolor=#FFFF99]la NÉCESSAIRE HAUSSE DES SALAIRES[/bgcolor], de la nécessaire [bgcolor=#FFFF99]RELANCE PAR LA DEMANDE[/bgcolor] (au lieu de cette véritable escroquerie libérale — dénoncée comme escroquerie par Galbraith lui-même— qu’est la « relance par l’offre », technique d’enfumage qui n’a JAMAIS marché, comme on peut s’en douter quand on est de bonne foi). Tu n’as pas pu en parler cette fois, c’est dommage, ça manquait au tableau de la contradiction du chroniqueur-officiel-des-spéculateurs-et-des-privilégiés.

Car le niveau des salaires est bien l’enjeu central, l’enjeu de société que révèlent toutes ces crises : le capitalisme permet aux plus riches de trop accumuler et donc de ne pas distribuer assez de pouvoir d’achat, ce qui voue le système à la ruine (mais pas pour tout le monde) de temps en temps.

D’ailleurs, comme l’histoire le montre toujours et partout, la hantise éternelle des industriels et des banquiers, leur priorité absolue, au point de massacrer s’il le faut, c’est le niveau de salaires, salaires qu’ils tiennent par-dessus tout à garder le plus BAS possible. Vomitif. Tout part de là, tout s’explique par là, toute la théorie prétendument « classique » repose (sans le dire) sur cet objectif central injuste et révoltant.

L’union européenne sert ce même objectif lamentable, d’ailleurs, à mon avis.

[bgcolor=#FFFF99]Keynes lui-même soulignait cette mauvaise foi des prétendus « économistes »[/bgcolor], manifestement complices « professionnels » à la solde d’une classe privilégiée dont ils sont chargés d’assurer le fondement théorique, « scientifique », des privilèges.

Exemple (extrait tiré de la Théorie générale, Payot, p 58 et s.) :

[color=black]« [b]Dans l'Économie ricardienne, qui est à la base de tout ce qui a été enseigné depuis plus d'un siècle, l'idée qu'on a le droit de négliger la fonction de la demande globale est fondamentale.[/b]

À vrai dire, la thèse de Ricardo que la demande effective ne peut être insuffisante avait été vivement combattue par Malthus, mais sans succès. Car faute d’expliquer (si ce n’est par les faits d’observation courante) comment et pourquoi la demande effective pouvait être insuffisante, Malthus n’est pas parvenu à fournir une thèse capable de remplacer celle qu’il attaquait ; et Ricardo conquit l’Angleterre aussi complètement que la Sainte Inquisition avait conquis l’Espagne. Non seulement sa théorie fut acceptée par la Cité, les hommes d’État et l’Université, mais toute controverse s’arrêta ; l’autre conception tomba dans l’oubli le plus complet et cessa même d’être discutée. LA GRANDE ÉNIGME DE LA DEMANDE EFFECTIVE, à laquelle Malthus s’était attaqué, disparut de la littérature économique. On ne la trouve même pas mentionnée une seule fois dans toute l’œuvre de Marshall, d’Edgeworth et du Professeur Pigou, qui ont donné à la théorie classique sa forme la plus accomplie. Elle n’a pu survivre qu’à la dérobée, sous le manteau et dans la pénombre de Karl Marx, de Silvio Gesell et du Major Douglas.

[bgcolor=#FFFF99]Une victoire aussi décisive que celle de Ricardo a quelque chose de singulier et de mystérieux. Elle ne peut s’expliquer que par un ensemble de sympathies entre sa doctrine et le milieu où elle a été lancée.[/bgcolor]

Le fait qu’elle aboutissait à des conclusions tout à fait différentes de celles qu’attendait le public profane ajoutait, semble-t-il, à son prestige intellectuel. Que son enseignement, appliqué aux faits, fût austère et souvent désagréable lui conférait de la grandeur morale. Qu’elle fût apte à supporter une superstructure logique, vaste et cohérente, lui donnait de l’éclat. Qu’elle présentât beaucoup d’injustices sociales et de cruautés apparentes comme des incidents inévitables dans la marche du progrès, et les efforts destinés à modifier cet état de choses comme de nature à faire en définitive plus de mal que de bien, la recommandait à l’autorité. Qu’elle fournît certaines justifications aux libres activités du capitalisme individuel, lui valait l’appui des forces sociales dominantes groupées derrière l’autorité.

Jusqu’à une date récente la doctrine elle-même n’a jamais été contestée par les économistes orthodoxes, mais son inaptitude remarquable à servir à la prédiction scientifique a fini par diminuer grandement le prestige de ses adeptes. Car depuis Malthus les économistes professionnels paraissent avoir été insensibles au désaccord entre les conclusions de leur théorie et les faits d’observation. Le public au contraire n’a pas manqué de relever ce désaccord et c’est ce qui explique sa répugnance croissante à accorder aux économistes le tribut de respect qu’il alloue aux autres catégories de savants dont les conclusions théoriques sont confirmées par l’expérience, chaque fois qu’elles sont appliquées aux faits.

Quant au fameux optimisme de la théorie économique traditionnelle, optimisme en raison duquel on a fini par considérer les économistes comme des Candide, qui, ayant abandonné le monde pour cultiver leur jardin, enseignent que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pourvu qu’on le laisse aller tout seul, il a pour origine, selon nous, la méconnaissance de l’obstacle qui peut être opposé à la prospérité par l’insuffisance de la demande effective. »

Source: J .M. Keynes, « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936), Payot 2005, p 58 et s.[/color]


(…)

Amicalement.

Étienne. »


[color=black]« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : "Ceci est à moi" et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile.

Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne.

Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres.

De là commencèrent à naître la domination et la servitude. »

Jean-Jacques Rousseau
(Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes)[/color]

Deuxième commentaire : http://www.pauljorion.com/blog/?p=6023#comment-45812
[bgcolor=#FFFF99][b]Relance par la DEMANDE (ex. : New Deal), la seule qui vaille, et RMA : revenu MAXIMUM autorisé[/b][/bgcolor]

Merci Lisztfr.

Cette phrase de Malthus a du sens.

« [b][bgcolor=#FFFF99]La première chose dont on ait besoin (…), avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit[/bgcolor][/b], c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant. »

Robert Malthus – Principes d’économie politique


Je me garderai cependant de prendre en référence ce triste sire qui a dit tant de sottises sur l’inopportunité de porter secours aux pauvres.

Le passage de Keynes ci-dessus sur l’extravagante négligence de la DEMANDE (et donc du niveau des SALAIRES) dans les théories économiques modernes, et l’explication qu’il suggère de chercher dans la corruption intellectuelle probable de la classe des « économistes », bien trop dépendante des privilégiés, ce passage me paraît éclairant pour la période actuelle et mérite d’être relu.

« Tout a été pensé ; l’important est d’y penser à nouveau » observait Goethe.

Votre citation de Malthus me conduit à renchérir un peu avec quelques mots d’un économiste que je trouve enthousiasmant : clarté, précision, humour, pédagogie, érudition… C’est un bonheur de le lire.

Il s’agit de John Kenneth Galbraith.

Voilà un auteur qui a prédit la crise actuelle avec… 53 ans d’avance ! Dans « La crise économique de 1929. Anatomie d’une catastrophe financière. », 1954, nouvelle préface en 1988 (Payot 2008), Galbraith propose une explication limpide des rouages fondamentaux — toujours en vigueur — et permet de comprendre à la fois la crise actuelle et les remèdes nécessaires.

Il faut lire ce petit livre, qui est comme un phare dans la nuit de la crise.

Au passage, Maurice Allais connaît Galbraith depuis longtemps (50 ans ?) ; on sent partout des filiations (comme avec Schumpeter).

[color=black]Extrait de "La crise économique de 1929. Anatomie d'une catastrophe financière.", J. K. Galbraith, 1954 (Payot 2008, p. 12) :

« Une troisième condition déterminante [du déclenchement des crises], aussi peu mentionnée à l’époque que récemment, fut l’adoption, peu avant le krach, de réductions d’impôts dont bénéficiaient principalement les gens très riches — avant 1929, les réductions de Andrew Mellon, et avant 1987, celles, plus spectaculaires, des économistes de l’offre avec Ronald Reagan.

[bgcolor=#FFFF99]Dans les deux cas, ces réductions étaient censées donner un coup de fouet à l’investissement, et permettre la création de nouvelles entreprises, de nouvelles usines et de nouveaux équipements. DANS LES DEUX CAS, ELLES NE FIRENT QUE DÉTOURNER DES FONDS VERS LE MARCHÉ DES ACTIONS : c’est en effet ainsi que les gens gagnant bien leur vie emploient leurs excédents de trésorerie. »[/bgcolor][/color]


Ceci est essentiel, il me semble, et mérite d’être lu et relu, (diffusé et propagé), porté à la connaissance du Président de la République et de ses conseillers « économistes » de l’offre, escrocs de la chimérique « relance par l’offre ».

Il faudrait qu’ils sachent qu’ils sont repérés.

Extrait de "La crise économique de 1929. Anatomie d'une catastrophe financière.", J. K. Galbraith, 1954 (Payot 2008, p. 16) :

[color=black]« En 1987, la situation, héritée des politiques de l’administration fédérale, était fort différente. Déjà sous le président Carter, l’inflation avait été combattue par la politique monétaire, par le biais surtout de taux d’intérêt élevés. Puis, au cours des années Reagan, [bgcolor=#FFFF99]les impôts furent drastiquement réduits, au nom de LA CHIMÈRE QUE REPRÉSENTE L’ÉCONOMIE DE L’OFFRE[/bgcolor] mentionnée plus haut, selon laquelle des taux d’imposition plus bas devaient encourager les initiatives individuelles et entraîner ainsi des recettes fiscales plus élevées.

Le résultat, en réalité, combiné à celui de dépenses militaires accrues, fut un énorme déficit budgétaire. Les effets inflationnistes de ces évolutions furent alors contenus par une politique monétaire encore plus agressive, et des taux d’intérêt encore plus assassins. C’était le monde né du croisement du professeur Arthur Laffer et du professeur Milton Friedman.

Les conséquences de cette politique aberrante ne font aucun doute. Les taux d’intérêt élevés attirèrent des capitaux de l’étranger qui, eux-mêmes, poussèrent le dollar vers le haut sur les marchés des changes. Il en résulta une subvention extraordinairement généreuse aux importations, une forte pénalisation des exportations et un énorme déficit de la balance commerciale américaine. Les produits étrangers, notamment japonais, s’installèrent solidement sur nos marchés et, contrairement aux bonnes vieilles matières premières, ne furent pas facilement délogés quand le dollar baissa. Une part substantielle des dollars qui s’étaient accumulés dans les mains des étrangers prirent le chemin de Wall Street. Il y avait là, pour le marché, une double source d’incertitude qui n’avait pas existé en 1929 : les investisseurs étrangers se préoccupaient à la fois du futur du dollar et du futur de leurs investissements boursiers. La panique de 1929 avait été, pour l’essentiel, un phénomène américain; celle de 1987 fut mondiale. »[/color]


Cette séquence — décrite dès 1988, il y 20 ans !— ne vous rappelle rien ?

Le fils de J. K. Galbraith, James Galbraith, de son côté, écrit ceci :

[color=black]« [b]La théorie prédominante s'appuie sur l'idée que prix et quantité s'établissent par l'interaction de l'offre et de la demande dans des marchés concurrentiels libres. Cette idée, et nulle autre, qui est au cœur de la pensée économique, est la source des errements qui font que les économistes ont presque toujours tort.[/b]

La présentation des concepts de l’offre et de la demande comme principes explicatifs universels date de plus d’un siècle (ce n’était pas le cas pour Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, Karl Marx ou John Stuart Mill). Les principaux protagonistes en sont Alfred Marshall, pour la tradition anglo-saxonne, et sans aucun doute Léon Walras en Europe continentale.

[b]Au XXe siècle, de grands économistes, tels Keynes, Joseph Schumpeter et John Kenneth Galbraith, ont tenté de briser le pouvoir de ces notions dans l’imaginaire de la profession économique. En vain.

Une approche de l’offre et de la demande sur le marché du travail sous-entend que le plein-emploi ne peut être réconcilié avec des prix stables, que l’évolution technologique entraîne l’inégalité des revenus et que l’augmentation du salaire minimum provoque obligatoirement le chômage. Dans tous les cas, l’erreur théorique fondamentale est essentiellement la même : la réification d’une courbe d’offre pour laquelle il n’existe aucun fondement empirique.[/b] »

James Galbraith - Comment les économistes se sont trompés (2000)[/color]


On continue à se faire bien enfumer par les riches, qui détruisent la planète.

Tiens, à propos de riches qui détruisent la planète, vous devriez aller voir cette [bgcolor=#FFFF99]bonne conférence de Chavez à Copenhague[/bgcolor] : c’est intéressant et amusant.

C’est bien qu’on puisse dire ça à ce niveau.

L’ami Hervé Kempf se voit là honoré d’une publicité mondiale gratuite.

Publicité bien méritée, je trouve : son livre passionnant m’a fait découvrir (en l’articulant bien avec les problèmes écologiques) [bgcolor=#FFFF99]la pensée formidable de Thorstein Veblen qui moquait les pulsions puériles de la classe des loisirs, ultra riches forcément toujours insatiables parce que mus par une ridicule rivalité ostentatoire.

Cette rivalité irrépressible conduit à un gaspillage permanent et croissant, imposé par mimétisme à partir du haut jusque tout en bas de la pyramide sociale par le jeu de cette même rivalité ostentatoire qui nous anime tous. C’est assez bien vu. Et c’est la suite qui est particulièrement intéressante, car cette analyse permet de fonder une proposition politique radicale :

Ce gaspillage généralisé impulsé par un haut de pyramide inutilement riche justifie, pour la survie de l’espèce, l’intervention publique pour imposer UN REVENU MAXIMUM AUTORISÉ (RMA), puisqu’il est vain d’escompter que les riches s’arrêteront un jour spontanément d’accumuler et de gaspiller, une fois leurs besoins satisfaits (cela n’arrivera pas et ils détruiront la planète).

Dans cette optique, par le RMA, on impose les riches non pas pour obtenir de l’argent, ni pour les punir de quoi que soit, ni même pour répartir cet argent auprès de ceux qui en auraient plus besoin, mais prioritairement pour sauver tout le corps social d’un gaspillage mortifère sans fin.[/bgcolor]

[bgcolor=#CCFFFF]Décidément, l’analyse de la DEMANDE est bien un pan stratégique de la réflexion économique, à travailler prioritairement pour la recherche du bien commun.

Ne comptons pas sur les « économistes » pour le faire : on dirait qu’ils sont, pour la plupart, payés précisément pour ne PAS le faire. C’est donc, peut-être, aux citoyens eux-mêmes de s’emparer du sujet et d’en imposer ensuite les conclusions politiques logiques ?[/bgcolor]

Amicalement.

Étienne.


[size=12][color=blue]Discours par lequel [b]MIRABEAU exhorte l'Assemblée constituante, face à la crise, à décider la confiscation d'un quart des plus grandes fortunes (1789) :[/b]

« Il faut le combler, ce gouffre effroyable. Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais choisissez ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le royaume (…). Vous reculez d’horreur… Hommes inconséquents ! Hommes pusillanimes ! Et ne voyez-vous pas qu’en décrétant la banqueroute, vous vous souillez d’un acte mille fois plus criminel ? (…) Croyez-vous que les milliers, les millions d’hommes qui perdront en un instant, par l’explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la consolation de leur vie, et peut-être leur unique moyen de la sustenter, vous laisseront paisiblement jouir de votre crime ? Contemplateurs stoïques des maux incalculables que cette catastrophe vomira sur la France, impassibles égoïstes, êtes-vous bien sûrs que tant d’hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les mets dont vous n’avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ? Non : vous périrez. »[/color][/size]

Amicalement.

Étienne.

Maurice Allais se trompe sur l'idéal socialiste, enfin, si on ne doit considérer que sa composante économique comme il le fait : il ne s'agit pas de l'équité de la REdistribution des richesses mais de la distribution des richesses tout court. Cette nuance est extrêmement importante car elle vise à lutter contre les inégalités en amont, contre ce qui les produit et non pas uniquement en aval, après que ces inégalités soient produites.

Alors, cela ne change pas grand chose à ce qu’il dit ici, mais néanmoins, cela ôte toute compatibilité entre libéralisme et socialisme, contrairement à ce qu’il pense.


Je ne comprends pas …
Expliquez moi ce que proposent les socialistes en terme de distribution « en amont » des richesses, et que ne proposerait pas Allais (avez vous lu http://osonsallais.wordpress.com/2009/12/15/pour-la-reforme-de-la-fiscalite/ ?).

EDIT: on ne peut distribuer (ou redistribuer) une richesse si elle n’a pas été produite, extraite ou « cueillie » , les 3 par le travail.
Bien sur certains considèrent que c’est aux autres de travailler pour pouvoir profiter des fruits du travail de ceux là: ce n’est pas mon point de vue, hormis un pourcentage de répartition (impôts, revenu citoyen, quotas)


Les inégalités interviennent par exemple dès le départ au niveau de l’entreprise parce que l’organisation interne des entreprises est fondée sur un système dictatorial.

Par exemple pour une grande entreprise, c’est la direction et le conseil d’administration de l’entreprise qui vont décider de la répartition des revenus entre les actionnaires la direction et ensuite les salariés, il existe surement des conventions collectives qui définissent une base de revenu en fonction des qualifications mais il y a surement un DRH sous les ordres de la direction et du conseil d’administration qui décide des revenus de chaque salarié au final.

Il est évident que dans ces conditions la direction et le conseil d’administration ayant quasiment un pouvoir absolu, ils en abusent pour s’attribuer à eux même une part des revenus totalement abusive comparé aux revenus des travailleurs de l’entreprise. La théorie d’Etienne qui explique que derrière chaque injustice il y a forcément un abus de pouvoir semble se vérifier, c’est par ce bais que se créent les premières inégalités.

Donc soit on règle ce problème en amont en agissant sur l’organisation interne de l’entreprise en y établissant une organisation démocratique ( ce qui réglera en même temps tous les pbs internes aux entreprises liés aux abus de pouvoir qui y sont perpétrés ), soit on tente de régler le problème en aval en bidouillant au niveau de l’imposition, mais il est clair qu’on n’arrivera jamais à régler réellement ce problème de distribution des richesses car la méthode de l’imposition reste peu flexible, et on ne réglera rien des pbs internes aux entreprises.

L’exemple des SCOP est flagrant, dans ces entreprises dirigées collectivement, soit les gens choisissent d’avoir tous la même part de revenu, quelque soit leur tâche, soit ils choisissent une hiérarchie de revenus en fonction de différents critères, comme la responsabilité ou la qualification du travail, mais une hiérarchie qui ne comporte pas d’abus ( les écarts entre les plus hauts revenus et les plus faibles restent faibles ) et personne n’est sous payé ou exploité.

@ Sandy
Je ne puis qu’être d’accord … donc imposons un système économique différent (que des coop ou des scoop … aucune autre forme de société autorisée)
Mais votre banque n’est-elle pas déjà coopérative (ou mutualiste) … et n’y a t’il pas en son sein des écarts de salaires importants ?
Je sais envisager des systèmes utopiques , l’écosociétalisme http://www.ecosocietal.org/ en est un … mais pour le moment il faut faire avec ce que nous avons

Je ne crois pas qu’un système économique qui serait basé uniquement sur des entreprises comme les SCOP soit viable. Cela ne laisse aucune place aux initiatives individuelles. Or, les initiatives individuelles prennent une place importante dans l’innovation. Il est important je pense de préserver précieusement cette liberté individuelle de pouvoir réaliser une idée sans avoir à convaincre d’autres personnes.

Je n’ai cité les SCOP que pour appuyer ce que je disais sur un exemple réel.

Non, la démocratie dans les entreprises, c’est plus, en quelque sorte, l’aboutissement du droit du travail. Tout comme on a jusqu’à présent retiré ou limité certaines décisions aux propriétaires de l’entreprise comme par exemple en faisant intervenir les syndicats et des décisions collectives, il faut simplement aller plus loin et identifier les décisions qui doivent être collectives à l’intérieur de l’entreprise par exemple, celles qui doivent être collectives et donner lieu à des accords de branche, etc …

Qu’est ce qui est utopique selon vous ? Qu’est ce que cela a de plus utopique que de vouloir modifier le système monétaire ?

Qu'est ce qui est utopique selon vous ? Qu'est ce que cela a de plus utopique que de vouloir modifier le système monétaire ?
Rien .. vous avez raison . Mais je n'ai toujours pas compris ce que vous reprochiez à Allais ;)
[bgcolor=#FFFF99][size=15][b]Ma banque s'enrichit en m'incitant à vivre à crédit[/b][/size][/bgcolor] Par [b]Armelle Vincent[/b] | Journaliste | 20/12/2009 | 18H08 http://www.rue89.com/california-dreamin/2009/12/20/ma-banque-senrichit-en-mincitant-a-vivre-a-credit-130629

J’ai récemment changé de carte de crédit. Le taux d’intérêt de la précédente était passé de 12,3% à 29% sans aucun préavis. Ma nouvelle carte ne m’accorde que la moitié du crédit de la précédente, mais c’est précisément ce que je voulais.

Par les temps qui courent, moins on a de dettes, mieux on se porte. Je supposais que je ne serais pas autorisée à dépasser ma ligne de crédit. Jusqu’à présent, il ne m’était jamais arrivé de le faire. Sinon, j’ai toujours payé ma facture à l’heure et respecté les modalités de la banque.

Une amende de 39 dollars pour un dépassement de 10 dollars

Quelle n’a donc pas été ma surprise, la semaine dernière, de constater que Chase, la compagnie de crédit, me facturait une « amende » de 39 dollars pour avoir dépassé ma limite de seulement 10 dollars ! Coup de fil pour leur demander des comptes : pourquoi m’avoir autorisée à dépenser au-delà d’une limite qu’ils m’ont eux-mêmes fixée ? Je connaissais bien-sûr déjà la réponse : pour mieux m’exploiter ensuite.

Il y a un an, une aventure similaire m’est arrivée avec ma banque. En ouvrant mon compte, je leur avais demandé de m’interdire les découverts. Pour être sûre de ne pas vivre au-dessus de mes moyens, vu que je ne suis pas la meilleure comptable. Ma banque n’en a rien fait. Elle m’a laissé tirer de l’argent au distributeur et payer des additions. Jusqu’à ce que je constate qu’elle m’avait facturé 39 dollars d’amende pour chaque transaction.

Virée chez mon banquier : je demande pourquoi il n’a pas respecté mon souhait de ne pas m’autoriser de découvert.

  • Parce que c’est notre politique, me répond-il.
  • Mais enfin, puis-je l’empêcher ?
  • Non.

Les banques prennent leurs clients en otage

La banque ne va évidemment pas se priver de vous prendre de l’argent à chaque fois qu’elle le peut. Chaque jour, des millions d’Américains se font arnaquer par leurs banques ou compagnies de crédit. Libres de changer les règles du jeu, c’est-à-dire d’augmenter les taux d’intérêt, même rétroactivement, ainsi que le montant et la nature des amendes, elles ont pris leurs clients en otage, leur maintenant la tête sous l’eau à l’heure où ils sont parfois abattus par la perte d’un emploi ou d’une maison.

Excédée par les manoeuvres de ma banque, j’ai fait quelques recherches et je suis tombée sur un excellent documentaire de l’émission d’information « Frontline » de la chaîne PBS. Voici ce que j’ai appris : les consommateurs américains utilisent leurs cartes de crédit au rythme de 100 000 transactions par minute. Le montant de leur dette s’élève à 1 trillion de dollars.

À l’origine de cet endettement, on trouve une institution financière, Providian Financial et son ex-PDG Shailesh Mehta. Il y a trente ans, Providian a révolutionné le marché du crédit en le mettant à la portée de tous, et surtout des plus insolvables. L’objectif : recruter de 30 à 40 millions de bougres qui n’avaient jamais auparavant eu accès au crédit, se contentant par la force des choses, de vivre selon leurs moyens.

« Des gens qui seraient incapables de payer la totalité du solde mensuel, resteraient donc endettés et continueraient ainsi à payer des intérêts. L’objectif étant qu’ils nous soient redevables à perpétuité », admet Shailesh Mehta.

Les pauvres sont les victimes du système

Peu à peu, les consommateurs se sont enfoncés dans les dettes. Ils se sont mis à refinancer leurs emprunts immobiliers pour payer les dettes galopantes de leurs cartes de crédit.

[bgcolor=#FFFF99]Ce système pervers a engendré une injustice criante : les plus riches paient le moins puisqu’ils sont à même de régler leur solde mensuel tandis que les plus vulnérables paient le plus.[/bgcolor]

Alors que des millions d’Américains luttent pour survivre, les compagnies de cartes de crédit continuent de jouir d’une entière liberté pour déterminer les taux d’intérêt et amendes sans aucune limite. Une loi régissant leurs pratiques a bien été signée par Obama en mai dernier, mais elle ne doit prendre effet qu’en janvier prochain.

En attendant, les compagnies de cartes de crédit ont profité des huit mois de liberté écoulés pour faire payer les consommateurs à l’avance en leur imposant des augmentations vertigineuses de taux d’intérêt, souvent rétroactivement.

Source : Rue89 :
Rue 89 : actualités en direct et info en continu


Les grandes entreprises, et particulièrement les banques, se comportent (de plus en plus ?) comme des ennemis de l’humanité. Si une personne physique se comportait comme le font les personnes morales, on l’internerait aussitôt, comme psychopathe.

Voir la [bgcolor=#FFFF99]thèse de Joël Bakan : PSYCHOPATHES & CIE. LA SOIF PATHOLOGIQUE DE PROFIT ET DE POUVOIR[/bgcolor]

Étienne.

[bgcolor=#FFFF99][b]L'administration Obama soutient massivement Fannie Mae et Freddie Mac[/b][/bgcolor] LEMONDE.FR Avec AFP | 25.12.09 | 11h33 • Mis à jour le 25.12.09 | 11h38 http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/12/25/crise-financiere-soutien-massif-de-l-etat-a-fannie-mae-et-freddie-mac_1284816_3222.html

L’administration du président américain Barack Obama a offert, jeudi 24 décembre, un immense cadeau de Noël à deux entreprises cruciales pour l’immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, leur donnant carte blanche sur leurs pertes jusque fin 2012, pertes qui seront comblées par l’Etat. Le département du Trésor a annoncé qu’il modifiait le plafond de 200 milliards de dollars par entreprise assigné aux deux organismes semi-publics de refinancement hypothécaire, qui limitait les injections de capital auxquelles pouvait procéder l’Etat (lire notamment l’article du Wall Street Journal).

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Concrètement, ce plafond sera relevé chaque trimestre pendant trois ans à chaque fois que ces organismes réaliseront des pertes nettes respectives. Après avoir reçu déjà 111 milliards de dollars depuis leur mise sous tutelle en septembre 2008 pour les renflouer, ils auront droit à des montants désormais illimités. Le Trésor fait là un pari relativement risqué, nul n’étant en mesure de dire jusqu’où ira l’hémorragie financière de Fannie Mae et Freddie Mac.

PRÈS DE 200 MILLIARDS DE DOLLARS DE PERTES

Les deux groupes en sont à leur neuvième trimestre de pertes d’affilée, pour un total de plus de 120 milliards de dollars chez Fannie, et de plus de 70 milliards chez Freddie. Les deux sociétés ont déjà prévenu que 2010 serait une année très difficile. Le marché immobilier américain, s’il a vraisemblablement touché le fond courant 2009, reste déprimé, avec des niveaux de transactions historiquement faibles, des saisies qui se poursuivent à un rythme élevé et une construction très ralentie.

Ces organismes semi-publics sont considérés comme portant à bout de bras la majorité du marché. Ils détiennent ou garantissent plus de 40 % de l’encours des prêts immobiliers du pays. Et, dans les prêts actuellement émis, leur part de marché est encore plus élevée, étant d’autant plus prépondérante que les emprunteurs sont modestes.

« Les mesures annoncées aujourd’hui [jeudi] sont nécessaires pour préserver la solidité et la stabilité à l’avenir du marché immobilier », a rappelé le Trésor. [bgcolor=#FFFF99]La banque centrale américaine (FED) a aussi consacré des montants astronomiques à ces deux organismes. Elle prévoit qu’elle aura racheté d’ici au 31 mars pour 1 425 milliards de dollars de leurs titres de dette.[/bgcolor]

Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/12/25/crise-financiere-soutien-massif-de-l-etat-a-fannie-mae-et-freddie-mac_1284816_3222.html


Le contraste entre cette débauche de création monétaire pour aider les pires crapules et l’avarice sordide à l’égard des milliards de crève-la-faim dont quelques miettes seulement assureraient la fin des malheurs, ce contraste est proprement révoltant.


À propos de révolte, je viens d'écouter (et je vous conseille) [bgcolor=#CCFFFF]une vidéo d'[b]Alain Soral[/b][/bgcolor] dont l'analyse m'a paru très intéressante, sur la monnaie et l'empire, mais aussi sur l'islam : il propose des clefs de lecture de l'actualité à la fois originales et sensées, tout sauf extrêmistes ou violentes, en tout cas (il évoque [i]la fausse monnaie US[/i] dans la vidéo n°2) :

On dirait un homme libre, sans souci du qu’en dira-t-on.

Étienne.

Il faudrait vraiment avoir un débat sur les références qui sont prises. Alain Soral est très libre en effet, tellement libre que c’est un fachiste notoire …

Soral, fasciste ?

Vous avez des élements de preuve, Sandy ? Des citations ?

À l’entendre, à le lire, ce serait plutôt un virulent anti-fasciste, plutôt, non ?

Étienne.

http://www.dailymotion.com/video/x1td0v_soral-echec-de-le-pen_news

son soutien à lepen en 2007

Il faut faire attention à ce genre de personnage qui est passé maître dans l’art de la récupération, tout ce qui combat le système, tout ce qui alimentera ses idées complotistes, tout ce qui lui permettra de montrer son idée de « tous pourris » est une de ses sources favorites de récupération.

Ne faites pas l’erreur d’y voir une convergence intellectuelle ou une conquête idéologique.

Quand l’extrême droite dont Soral ou Le pen font partie défend le non au TCE ce n’est pas pour les mêmes raisons que quand la gauche défend le non au TCE, et s’ils se mettent à utiliser les mêmes idées que nous au final il ne faut pas oublier que c’est uniquement de la triangulation, parce qu’en défendant leurs idées ouvertement ils n’arrivent pas à convaincre, alors ils nous empruntent les nôtres. Mais ce n’est pas parce qu’ils empruntent nos idées qu’ils ont abandonné les leurs !

Une question qui peut vous paraître bête mais c’est quelque chose que je ne comprends pas bien. Est-ce que le commerce extérieur ne nous contraint pas à accepter les dogmes des économies avec lesquelles nous commerçons, est-il possible réellement d’avoir un système indépendant des leurs à partir du moment où nous commerçons avec eux ?

Une question qui peut vous paraître bête mais c'est quelque chose que je ne comprends pas bien. Est-ce que le commerce extérieur ne nous contraint pas à accepter les dogmes des économies avec lesquelles nous commerçons, est-il possible réellement d'avoir un système indépendant des leurs à partir du moment où nous commerçons avec eux ?
Je vous renvoi à un petit apologue; Histoire 2: Les Valbans et les Mélans

http://www.onpeutlefaire.com/articles/ajh-07-economie-reelle-et-economie-symbolique.php

Ceci dit, il faut aussi modifier totalement les régles de l’OMC ( lire un résumé de la Charte de la Havane http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=CharteLaHavane )

Sandy,

Avant de porter une appréciation sur quelqu’un (Soral ou un autre), j’écoute et je lis la personne incriminée elle-même, et, si j’ai bien compris ce que j’ai lu et entendu, Soral est un révolutionnaire, révolté par le présent, et qui, après l’avoir rejoint, a quitté le PC (finalement incapable, selon lui, de foutre en l’air l’oligarchie) ; il a ensuite, après l’avoir rejoint, quitté aussi le FN (finalement incapable, selon lui, de foutre en l’air l’oligarchie).

Cette trajectoire en zigzag (assez courageuse, reconnaissez-le, s’il s’avère qu’elle ne cache aucune pensée dangereuse pour la République) ne fait pas de lui un fasciste : pour traiter qui que ce soit de « fasciste », il me semble qu’il faut qu’il ait accompli ou fait faire lui-même des actes, ou tenu lui-même des propos, ou écrits lui-même des lignes, spécifiquement fascistes ; c’est bien le moins, non ?

Je trouve au contraire que ce qu’il dit dans sa dernière vidéo sur les conditions de l’intégration des musulmans est d’un humanisme et d’une tolérance irréprochables, une pondération intéressante et originale : écoutez-le, c’est le meilleur moyen de ne pas vous tromper. Il faut respecter les droits de la défense, non ?

Quant à la « salissure Le Pen », je trouve le reproche commodément monté en épingle: accepteriez-vous d’être puni pour ce qu’aurait fait ou dit de mal une de vos connaissances, collègues ou partenaires ? Sans doute pas. En droit, on n’est responsable que de ses propres faits et gestes (et c’est déjà pas mal).

Pour tout dire, j’en ai marre du chiffon-rouge-Le-Pen qui fait tout pour je ne regarde pas le vrai fascisme déjà au pouvoir, en France, aux USA et ailleurs. [bgcolor=#FFFF99]Je ne veux pas qu’on m’impose de me déterminer par rapport à Le Pen, serait-ce même en miroir inversé : je veux rester libre de mes pensées, une par une, et il se peut qu’il en ait en commun avec celles de Le Pen, je m’en fiche pas mal.[/bgcolor]

Avez-vous noté que Le Pen dénonce depuis longtemps l’oligarchie des industriels et des banquiers, et qu’il est donc tout à fait utile pour les privilégiés ainsi dénoncés qu’on puisse amalgamer (et salir) toute résistance à cette oligarchie en l’associant à un épouvantail infamant si commode ? Pour le dire autrement, [bgcolor=#FFFF99]est-ce que les antiracistes (avec toute leur sincère et intransigeante générosité) ne sont pas les idiots utiles de l’oligarchie financière ?[/bgcolor] Ne lui rendent-ils pas un fier service en disqualifiant eux-mêmes tous les résistants à l’oligarchie des industriels et des banquiers qui se sont de près ou de loin, à un moment de leur vie de résistant, rapproché de Le Pen ?

Soyons concrets :

Pouvez-vous me citer des propos fascisants de la part de Soral ?

Moi, je n’en ai jamais vu. Si c’était arrivé, je ne l’aurais pas cité.

De toute façon, je ne cèderai pas à l’ordre d’exclure quelqu’un sans l’entendre se défendre, sur simple injonction comminatoire. Me comprenez-vous ? Vous-même, vous ne vous laisseriez pas intimider de la sorte, n’est-ce pas ? Vous demanderiez des preuves. Et vous auriez raison.

C’est tout simple. J’attends ces preuves.

Étienne.

PS : Comprenant maintenant les liens évidents entre le projet de fédération européenne anti démocratique et le fascisme industriel et financier d’entre deux guerres, je ne me laisse plus imposer les étiquettes « démocratique » ou « fasciste » : je juge sur pièces.

PPS : pour aller tout à fait dans votre sens, je veux bien faire attention, mais pas seulement à ce personnage-là : comme le suggère fortement Alain, je fais attention et je me méfie de tous les politiciens de métier.


[bgcolor=#FFFF99][b]Ou tu défends la liberté d’expression pour des opinions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout.[/b][/bgcolor] Même Hitler et Staline étaient ravis de défendre la liberté d’expression pour des idées qui leur convenaient.

Voilà les enjeux essentiels. Pour pouvoir éluder ce débat, il y a toujours le flot de mensonges habituels.

Noam Chomsky

Et moi Etienne je juge sur les actes et pas uniquement sur les paroles, et vous savez pourquoi ? Parce que les gens mentent, les gens manipulent, les gens trompent, les gens dissimulent, et j’en passe et des meilleurs.

Je ne prends pas à la légère non plus ce qui est écrit dans un programme politique, surtout quand il s’agit de celui du FN.

Je ne suis donc pas dutout d’accord pour m’arrêter uniquement à des points de convergence et à mettre de côté tout le reste comme si cela n’existait pas, Etienne c’est de la naïveté.

C’est bien beau de se prétendre révolutionnaire, mais pourquoi devrais-je être solidaire avec Soral ? Est-ce que la révolution c’est juste tout détruire au point de justifier le fait de retourner sa veste et de passer des communistes au FN puis à Dieudonné etc … ? Ou est-ce que la révolution c’est surtout mettre en place une société nouvelle ? C’est bien beau de vouloir faire sauter l’oligarchie en place, mais moi je ne veux pas faire sauter l’oligarchie en place pour les mêmes raisons que Soral ou que Lepen et ça je ne peux pas ne pas le prendre en compte dans mes jugements.

Soral comme je vous ai dit mange à tous les rateliers idéologiques du moment qu’ils peuvent lui servir dans sa révolution et il a franchit des limites qui sont pour moi innacceptables.

Le projet du FN est un projet ouvertement fasciste, n’avez vous jamais entendu parlé de la préférence nationale ?, et ce malgré tout le lissage apporté sous la pression de Marine Lepen qui pense que la réussite du FN se fera par un regain de respectabilité. Soral a adhéré et a milité ouvertement pour ce projet, Soral a soutenu Lepen et l’a présenté comme un sauveur, on est loin de « la simple connaissance qui aurait dit ou fait qqchose de mal ». Ce sont des actes ! Que vous faut-il de plus pour mettre la sonnette d’alarme ?

Et expliquez moi en quoi ne pas vouloir être associé avec un individu comme Soral ou plus globalement refuser tout lien idéologique ou politique avec cet individu ou avec le FN, l’extrême droite ou tous les groupuscules qui s’y rattachent, équivaudrait à faire tout pour vous empécher de regarder le fascisme déjà au pouvoir, en France, aux USA et ailleurs ?
Depuis quand Soral est l’unique espoir de toute révolution ? Vous éxagérez et vous amalgamez deux choses totalement indépendantes.

Bien sur que vous avez le droit d’être d’accord ponctuellement avec les propos d’un tel ou d’un tel sans devoir vous défendre de partager dans ce cas toutes ses idées même les plus nauséabondes. Et tant mieux pour vous si vous ne craignez pas les jugements des autres et d’avoir à vous défendre de vos accords avec de tels personnages.

Mais vous n’êtes pas tout seul, pensez aux gens qui partagent aussi vos idées et qui eux ne veulent pas voir ces idées être associées aux idées de ces gens.

Regardez comment fonctionne la récupération idéologique, vous en donnez une belle preuve. En récupérant des idées, ils ratissent plus largement, et arrivent à rammener des poissons dans leurs filets idéologiques, voyez comme ils vous ont aggripé grâce à leur récupération des idées contre l’oligarchie financière, pour vous rammener dans leurs filets idéologiques et leurs idées sur les anti-racistes, qu’est ce que cela peut bien avoir à la base avec les idées qu’il y a sur ce forum, ou avec l’oligarchie financière ? …

On appelle cela un glissement idéologique. C’est comme cela qu’ils fonctionnent et qu’ils opèrent.

Vous vous rendez compte, vous expliquez que disqualifier Lepen ou Soral c’est disqualifier TOUS LES RESISTANTS à l’oligarchie financière. Vous insultez ainsi tous ceux qui se battent contre l’oligarchie financière ET CONTRE les idées du FN ou de Soral.

Pouvez-vous me citer des propos fascisants de la part de Soral ?
Non, je ne suis pas une encyclopédie universelle, mais je vous ai cité les propos prouvant son adhésion au projet du FN et au soutien actif de Lepen en 2007, et je peux surement vous retrouver le programme du FN en 2007 si vous voulez.

Préférence nationale = fascisme ???

Sandy, ne vous énervez pas, s’il vous plaît : la colère n’est pas une démonstration.

Vous voudriez (apparemment) que je diabolise avec vous la préférence nationale, comme si c’était un marqueur fasciste (les bras m’en tombent), alors que, tenez-vous bien, [bgcolor=#FFFF99]TOUS LES PAYS DU MONDE, sans exception, PRATIQUENT DEPUIS TOUJOURS ET ÉVIDEMMENT, LADITE PRÉFÉRENCE NATIONALE (comme n’importe quel être vivant, d’ailleurs)[/bgcolor] ? Mais c’est idiot : c’est précisément le contraire, c’est le mortel dogme libre-échangiste de l’OMC (voulu pour nous manifestement par nos pires adversaires qui sont en train de parvenir à se faire élire par nous-mêmes, comprenez-le, c’est ça le drame) qu’il faut condamner avec la plus grande fermeté : je ne considère pas la préférence nationale comme un trait fasciste, pas du tout, ou bien les mots n’ont plus de sens ou nous ne parlons pas de la même chose : quand je milite personnellement pour un protectionnisme rigoureux contre les pays déloyaux, ceux qui traitent les salariés comme des esclaves, c’est de la préférence nationale… ben oui, et ça tombe sous le sens.

Et si ce qui vous choque dans l’expression « préférence nationale », c’est de mieux traiter dans un pays les nationaux que les étrangers, vous aurez du mal à me faire admettre, —même si je suis d’accord avec vous pour trouver ça idiot (financièrement, il s’agit de broutilles) et contestable (la plus élémentaire hospitalité conduit à traiter mieux les étrangers que soi-même)—, vous aurez du mal à me faire parler là de « fascisme » : vous exagérez et vous perdez la mesure. Je répète que tous les pays du monde font de même et que, donc, sans être bien (ne me faites pas dire que j’en suis solidaire), ce n’est quand même pas « fasciste »… ou bien vous videz de son sens (grave) ce mot important en l’appliquant à tout le monde.

Et ne me faites pas le procès de la non hospitalité ou de repli sur moi-même, alors que je milite pour que TOUS les étrangers aient TOUT DE SUITE des papiers et que cessent immédiatement les camps de concentration et autres déportations, bien françaises et bien actuelles. Je trouve l’UMP et le PS mille fois plus dangereux que le FN : eux, ils internent et ils déportent, en ce moment, Sandy.

Et le racisme, c’est pareil : encore une fois, c’est une évidence, le racisme est bête et méchant, je combats le racisme. Mais ouvrez les yeux, Sandy : si vous traitez de fascistes tous les racistes, mais le mot fasciste ne sert plus à rien du tout : tout le monde sur Terre est raciste, ouvrez les yeux ! Je sais que c’est effrayant et déplorable, je sais que c’est à pleurer, mais je ne vais pas m’interdire même de lire les idées de quelqu’un sous prétexte qu’il est raciste !!! Sinon, je vais m’enfermer dans ma petite bulle antiraciste, avec les trois pelés antiracistes comme moi, et ça avancera à quoi, Sandy.

En plus, Soral n’est sûrement pas raciste : écoutez-le, vous verrez. Et puis, s’il était raciste, il ne serait pas avec Dieudonné qui est black : regardez leur parti, quand même, c’est une vraie tour de Babel. Non, raciste, c’est une accusation invraisemblable. Antisioniste, oui, mais ça n’est pas du racisme, c’est même précisément le contraire…

Pendant ce temps, pendant que les antiracistes tirent sur tous les résistants qui ne sont pas antiracistes, les privilégiés se goinfrent et mettent en place subrepticement un nouvel ordre mondial sans aucune démocratie ni possibilité de résister, et vous, honnête résistant, mais surtout antiraciste, au lieu de tirer devant, vous tirez sur les côtés sur les autres résistants ! Mais qu’est-ce qui est le plus dangereux et le plus urgent, Sandy ? Où sont vos priorités ? Lutter contre le racisme qui est présent dans TOUTES les têtes, que vous le vouliez ou non ? Ou lutter contre la progression de la synarchie ? Avez-vous lu (cf. message précédent) mon hypothèse des antiracistes comme idiots utiles, sincères mais objectivement assassins de la résistance la plus importante ? Qu’en dites-vous ?

Je suis bien plus efficace quand j’écoute et lis un raciste (plus ou moins avoué), quand je trouve intéressantes certaines de ses idées de résistance contre les privilégiés, les vrais fascistes (souvenez-vous qui finançait Mussolini et Hitler : et bien, ils sont encore là ! Ça urge, Sandy), et quand je profite de ces échanges pour, secondairement mais bien réellement, argumenter et faire reculer ou tempérer son racisme, je suis plus efficace que celui qui a exclu de son monde politique le raciste (raciste qui devient alors de plus en plus raciste, dans son coin, avec d’autres racistes). Ne me dites pas que c’est théorique : je vis souvent ces discussions où l’on peut prouver que le racisme est une sottise ; je ne sais pas si vous avez remarqué, Sandy, mais nous sommes cernés par des racistes, le monde entier en regorge… Mais vous leur parlez quand même, Sandy, ne mentez pas.

Alors ?

Vous n’avez pas bien lu mon message précédent, peut-être :

[size=15][b]Ou tu défends la liberté d’expression pour des opinions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout.[/b][/size] Même Hitler et Staline étaient ravis de défendre la liberté d’expression pour des idées qui leur convenaient. Voilà les enjeux essentiels. Pour pouvoir éluder ce débat, il y a toujours le flot de mensonges habituels. Noam Chomsky
Que répondez-vous à cela, Sandy ? Moi, je trouve cette ligne de Chomsky imparable. C'est d'ailleurs toute la philosophie du Parlement d'Athènes, la moelle épinière de la démocratie véritable, qui réside là, dans cette absolue liberté de parole.

Et vos intimidations visant à conduire d’autres que vous à pourchasser et exclure des citoyens parce qu’ils osent défendre une idée que vous, vous estimez profondément indéfendable, choquante, et que vous qualifiez de « fasciste » pour faire passer votre police de la pensée, excusez-moi, Sandy, c’est très exactement le contraire de la démocratie, c’est même le début du… fascisme. En effet, Sandy, le fascisme c’est bien la pensée imposée, la fin de la liberté, non ? Qui va décider, selon vos principes, des pensées interdites ? Vous ? La rumeur ? Dites-moi : qui va être le fonctionnaire de police de la pensée qui va attribuer (ou pas) les étiquettes infamantes ? Qui ?

Non, votre interdiction est une impasse, je crois.
Le politiquement correct, c’est un signe avant-coureur de Big Brother.

Vous devinez bien que, pendant que vous, vous estimez que c’est la préférence nationale qui est un blasphème valant anathème et exclusion rendant maudits non seulement ceux qui les profèrent mais aussi leurs amis !.. (vous comptez contaminer les gens jusqu’à quel degré de proximité avec l’excommunié ?), pendant ce temps, donc, tel autre, un autre que vous Sandy, décidera que ce sont les caricatures antireligieuses qui valent épouvantable ostracisme contagieux, et d’autres décideront (sans vous) que sont maudites, haïssables, et doivent être pourchassées les idées de collectivisation, etc. etc. etc. STOOOP !

On pense ce qu’on veut. C’est facile, c’est simple, et il n’y a pas de meilleur moyen pour voir les adversaires en face et les mettre publiquement en déroute, par l’argumentation, par la démonstration, par la parole publique (démocratie = mise en scène des conflits, parlement, pour remplacer la violence physique par la violence verbale) : Sandy, vous et moi, on va leur montrer publiquement que le racisme est une sottise déshonorante et que la préférence nationale est un slogan débile et honteux quand il vise l’étranger qui travaille chez nous comme nous.

Mais si vous interdisez à tous vos amis de parler à un raciste (et je suis sûr que Soral n’est pas raciste : je n’ai jamais rien lu et entendu chez lui que le radical contraire, très crédible, mille fois plus que l’UMP-PS, en tout cas), vous n’allez plus parler à personne : tous vos meilleurs amis sont plus ou moins racistes, Sandy, c’est effrayant mais c’est comme ça. Alors, arrêtez de monter en épingle ce qui est triste, ce qui doit changer, mais qui n’est sûrement pas impardonnable et encore moins définitif.

Bon, on peut s’empailler ferme là-dessus, je pense.

Pourtant, Sandy, vous êtes un des acteurs de ce forum avec qui je me sens le plus en phase : souvent, vous me prenez les mots de la bouche et je me reconnais parfaitement en vous. C’est rare, cette proximité, et j’y tiens. Je suis un peu triste de ce dernier échange, mais je le relativise : je sais qu’on peut se friter de temps en temps, tous les deux, ça nous est déjà arrivé, un peu pour les mêmes raisons d’ailleurs, parce que vous me reprochiez de ne pas rester aussi « pur » que vous le souhaitiez, vous me reprochiez déjà, si je me souviens bien, d’avoir osé lire (et parler de) gens que vous aviez complètement diabolisés.

Ce qui serait vraiment triste (c’est possible, malheureusement), c’est que nous soyons irréconciliables là-dessus, car je vous sens très remonté et très intransigeant sur vos interdits, alors que je tiens, moi, plus que tout au monde, à ma liberté d’aller lire (et utiliser la pensée de) qui je veux, en prenant en compte vos éventuelles mises en garde certainement, et en restant très vigilant assurément, mais en restant parfaitement libre. Vous m’annoncez le discrédit le plus total. Vous avez peut-être raison (j’espère que non, quand même), mais tant pis : je ne travaille pas pour une renommée ; rester libre de penser et de choisir mes idées partout sur terre est, pour moi, une priorité absolue. Je ne veux obéir à personne sur ce point.

Ni dieu, ni maître.

Amicalement, vraiment.

Étienne.

[bgcolor=#FFFF99]La fin du Consensus de Washington[/bgcolor]
une passionnante analyse, par Michael Hudson & Jeffrey Sommers (Traduction, 18 décembre 2008) :

[size=10][color=blue]Résumé : « La « nouvelle économie » d’aujourd’hui n’est pas basée sur les nouvelles technologies et les investissements, comme Greenspan le clamait dans les années 1990, mais sur l’inflation des actifs qui produit des gains en capitaux.

Les surplus de l’économie sont absorbés par le service de la dette et non pas par l’investissement productif ou par un partage des gains de productivité au bénéfice des salariés. Les salaires et les niveaux de vie restent stagnants pour le plus grand nombre lorsque l’économie tente de s’enrichir par le « miracle des intérêts composés, » et quand les gains en capitaux en provenance du secteur financier servent à octroyer de nouveaux crédits qui poussent à la hausse le prix des actifs, en une sorte de mouvement perpétuel de la machine du crédit et de la dette. »

Depuis vingt ans, les partisans du Consensus de Washington nous répétaient « le marché y pourvoira, » promettant richesse et prospérité pour tous. La réalité leur donne tort.

En généralisant la concurrence à outrance sur les facteurs de production, la mondialisation exerce une pression perpétuelle à la baisse sur les salaires. Le remplacement des industries à forte productivité par des services à faible valeur ajoutée déforme la structure de la rémunération et affaiblit la demande. Une part grandissante de la population est privée de la possibilité de s’insérer dans l’échange marchand, car elle n’est plus en mesure de défendre le niveau de salaire qui permettrait de contrebalancer le différentiel de productivité.

Contrairement aux proclamations des défenseurs du marché dérégulé, cette nouvelle donne produit un appauvrissement structurel bien réel, comme nous le rappelle chaque jour le sort subit par ceux que l’on appelle les « exclus, » toujours plus nombreux. Il est temps, grand temps, de se détourner de cette dangereuse illusion qu’est le Consensus de Washington, et de remettre en cause les traités qui lui donnent force de loi.[/color][/size]


L’implosion financière de Wall Street marque la fin d’une ère. C’en est fini de la crédibilité du consensus de Washington - marchés ouverts aux investisseurs étrangers et aux programmes d’austérité (taux d’intérêts élevés et restrictions de crédits) « pour assainir » les déficits des balances de paiements, les déficits budgétaires des états et l’inflation. Par son aspect négatif, ce modèle a totalement failli à engendrer la prospérité qu’il promettait. [bgcolor=#FFFF99]L’augmentation des taux d’intérêt, le démantèlement droits de douanes protecteurs et des subventions nuit au commerce et à la balance des paiements au lieu de les aider, il aggrave les déficits budgétaires au lieu de les réduire, et au final favorise la hausse des prix. La raison ? Le coût des intérêts pèse sur les entreprises tandis que la dépendance au commerce extérieur et la dépréciation de la monnaie locale augmentent les prix à l’importation.[/bgcolor]

Mais l’aspect positif qu’offrent les alternatives au consensus de Washington est encore plus frappant. Les 700 milliards de dollars dépensés le 3 octobre par le trésor U.S pour renflouer Wall Street victime des créances douteuse, démontrent que les Etats-Unis n’ont aucune intention d’appliquer ce consensus à leur propre économie. L’austérité et « la responsabilité budgétaire » sont bonnes pour les autres pays. L’Amérique agit toujours impitoyablement quand son propre intérêt économique est en jeu. Elle dépense librement plus qu’elle ne gagne, inondant l’économie globale avec près de 4 mille milliards de dollars de dette du gouvernement que les États-Unis ont envers les banques centrales étrangères.

Cette dette ne sera pas remboursée, eu égard au déficit commercial chronique des États-Unis et aux dépenses militaires extérieures. Il se pose un [bgcolor=#FFFF99]problème intéressant : pourquoi les autres pays ne pourraient-ils pas faire la même chose ? L’asymétrie de politique actuelle est-elle une donnée naturelle ? N’est-ce pas délibérément le résultat de l’ignorance (entretenue par un programme idéologique intensif de propagande en faveur de la globalisation, pour la garantir) ?[/bgcolor] L’Inde, par exemple, a-t-elle besoin de privatiser ses banques d’Etat comme cela a été envisagé, ou aurait-elle raison de faire marche arrière ? Les programmes néo-libéraux imposés à l’ancienne Union Soviétique ont-ils réussi à « américaniser » son économie, à développer sa capacité de production et son niveau de vie comme promis ? N’était-ce pas un rêve qui à viré au cauchemar ?

Les trois pays baltes, Lettonie, Estonie et Lituanie, ont longtemps été célébrés par la presse occidentale pour leur succès exemplaires. La banque mondiale les a classé parmi les pays les plus « favorables aux affaires », dont les prix immobiliers se sont envolés, dopés par les crédits hypothécaires en devises étrangères octroyés par les banques scandinaves voisines. L’industrie y a été démantelée, l’agriculture y est ruinée, la population masculine de moins de 35 ans émigre. Les prix de l’immobilier y ont été comptabilisés en valeur nette dans les bilans nationaux pendant près d’une décennie. Sommes nous parvenus à un nouveau « moment de vérité » ? Si le système économique soviétique a culminé en une « cleptocracie » bureaucratique, le modèle néo-libéral a-t-il vraiment été bien meilleur ? Plus important encore, existait-il une meilleure alternative ?

On peut s’attendre à ce que d’autres économies post soviétiques subissent le sort de l’Islande, avec une dette extérieure visiblement disproportionnée, impossible à rembourser par les exportations (comme la situation dans laquelle se trouvent les Etats-Unis), ou même par davantage de vente d’actifs. Les transferts de fonds des émigrants deviennent le soutien principal de la balance des paiements, reflétant la contraction de l’économie aux mains des « réformateurs » néo-libéraux et la dépendance au libre échange international que le consensus de Washington favorise. Au moment où cette crise a obligé le gouvernement des États-Unis à « changer de vitesse », le moment est-il donc venu pour les pays étrangers de se rapprocher du modèle « des économies mixtes » ?

Après tout, cela a été le chemin pris par chaque réussite économique au cours de l’histoire. [bgcolor=#CCCCCC]Les économies entièrement privatisées (en pratique, les économies contrôlées par les banques et les gestionnaires financiers) se sont révélées aussi destructives, qu’inutiles et corrompues, aussi centralisées et planifiées que les économies d’Etat de la Russie de Staline ou l’Allemagne de Hitler.[/bgcolor] Le balancier politique va-t-il revenir en arrière vers un meilleur équilibre public-privé ?

L’image idéalisée vue de Washington de la façon dont les marchés libres fonctionnent (en admettant que cela ait jamais existé) promettait que les pays extérieurs s’enrichiraient rapidement, se rapprocheraient du niveau de vie des Etats-Unis, à condition de laisser les investisseurs internationaux s’approprier leurs principales industries et leurs infrastructure de base. Pendant près d’un demi- siècle, ce modèle néo-libéral a pris la forme d’un exercice hypocrite de politique indigente au mieux, décevante au pire, pour convaincre d’autres économies de s’imposer des politiques financières et budgétaires suicidaires permettant aux investisseurs U.S. d’attaquer par surprise et de s’emparer des actifs clés à des prix de liquidation. (Occasion pour les États-Unis de payer ces sorties de capitaux sous forme de bons du Trésor, au rendement faible ou même négatif lorsqu’il est exprimé en devises fortes.)

Le système néo-libéral global n’a jamais été ouvert en pratique. L’Amérique ne s’est jamais imposée à elle-même le genre de thérapie de choc que Robert Rubin, Secrétaire d’état au Trésor du Président Clinton (et maintenant conseiller d’Obama) a promu en Russie, dans le reste de l’ancien bloc soviétique, aux pays baltiques dans le nord-ouest, à l’Asie centrale dans le sud-est. Bien au contraire ! Malgré l’augmentation du solde du commerce et des paiements de l’Amérique, les prix à la consommation sont en hausse, les marchés financiers et de l’immobilier plongent, on n’entend personne parmi l’élite des puissants demander de laisser le système s’auto réguler. Le département du Trésor subventionne les marchés financiers des Etats-Unis afin de sauver sa classe financière (si l’on excepte quelques agneaux sacrificiels) et soutenir le marché des capitaux. Les taux d’intérêt sont abaissés pour regonfler le prix des actifs, ils ne sont pas augmentés pour stabiliser le dollar ou pour ralentir l’inflation des prix à la consommation.

Les implications politiques dépassent de loin les Etats-Unis eux-mêmes. [bgcolor=#FFFF99]Si les Etats-Unis peuvent créer autant de crédit aussi rapidement et aussi librement - et si l’Europe peut suivre le mouvement, comme elle l’a fait ces derniers jours - pourquoi les autres pays n’en feraient-t-il pas autant ?[/bgcolor] Pourquoi ne deviendraient-ils pas riches en suivant la voie prise réellement par les Etats-Unis, plutôt que de se conformer simplement à la rhétorique douce mais égoïste de ses diplomates économiques ? L’expérience des États-Unis eux-mêmes fournit la principale raison pour laquelle le marché libre, dirigé par les institutions financiers allouant le crédit, est un mythe, une falsification de la réalité afin que les autres pays ouvrent leurs marchés des capitaux aux investisseurs des États-Unis et leurs marchés agricoles aux fermiers des États-Unis.

En revanche, le modèle financier et commercial que les oligarques U.S. et leurs alliés encouragent relève du deux poids deux mesures. Le plus notoirement, quand la crise financière asiatique a éclaté en 1997, le FMI a exigé que ces gouvernements vendent leurs banques et leurs industries aux capitaux étrangers à des prix bradés. Les firmes vautours U.S. étaient particulièrement agressives pour s’emparer du patrimoine Asiatique ou mondial. Mais le plan de sauvetage financier des États-Unis est en totale opposition avec ce que les institutions du consensus de Washington ont imposé à d’autres pays. Il n’y a aucune intention de laisser les investisseurs étrangers acquérir aux États-Unis des actifs stratégiques, sauf à des prix exorbitants. Et pour l’industrie, les Etats-Unis une fois de plus ont violé les règles du commerce international en offrant des subventions de sauvetage et des fonds spéciaux aux seuls trois grands constructeurs d’automobiles U.S. (General Motors, Ford et Chrysler) à l’exclusion des constructeurs d’automobiles étrangers installés aux Etats-Unis. Favorisant de ce fait sa propre industrie nationale et prenant des mesures punitives pour porter atteinte aux investissements étrangers, les Etats-Unis fournissent un nouveau cas d’espèce de politique économique nationaliste.

[bgcolor=#CCFFFF]Le plus important c’est que le plan de sauvetage des États-Unis fournit un modèle de loin préférable au Consensus de Washington prêt-à-exporter. Il démontre que les pays n’ont aucun besoin du crédit des banques étrangères. Les gouvernements auraient pu créer leur propre monnaie et système de crédit plutôt que de laisser les créanciers étrangers accroître les frais d’intérêt devenus à présent une surcharge constante et une ponction apparemment irréversible de la balance des paiements. Les Etats-Unis ont prouvé que n’importe quel pays peut monétiser son propre crédit, au moins son crédit intérieur. Une grande partie du problème pour les économies du tiers monde ou de la sphère post soviétique est qu’ils n’ont jamais eu l’occasion d’éprouver le modèle réussi de capitalisme gestionnaire qui a précédé le modèle néo-libéral, préconisé par Washington depuis les années 80.[/bgcolor]

Le modèle gestionnaire du capitalisme, dominant de l’après deuxième guerre mondiale jusqu’aux années 80 (avec comme antécédents le mercantilisme britannique du 18ème siècle et le protectionnisme américain de 19ème siècle), permettait une croissance élevée. Les planificateurs d’après-guerre, tels que John Maynard Keynes en Angleterre et Harry Dexter White aux Etats-Unis, ont favorisé la production plutôt que la finance. Winston Churchill disait ironiquement « les nations font vraiment le bon choix [silence…], après avoir épuisé toutes les autres options. » Mais il aura fallu deux guerres mondiales, séparées par une dépression économique déclenchée par l’accumulation de dettes insolvables, suivit d’un ultime effort pour enfin favoriser la production au détriment de la finance et finalement « faire le bon choix. »

La finance a été subordonnée au développement industriel et au plein emploi. Quand cette philosophie économique a atteint son sommet au début des années 60, le secteur financier ne représentait que 2 % seulement des bénéfices des entreprises aux États-Unis. Aujourd’hui, c’est 40 % ! Les charges de remboursement de l’Amérique accroissent exponentiellement la dette et l’empêchent de produire les marchandises et les services pour payer les créanciers, qui utilisent ces capitaux pour proposer de nouveaux prêts et à pousser à la hausse l’offre immobilière et le cours des actions. Le capital nécessaire aux équipements réels des entreprises provient presque entièrement de leurs fonds propres - et ceux-ci sont aussi mis à contribution pour payer les intérêts d’une dette industrielle croissante. Le résultat est la déflation par la dette - un rétrécissement de pouvoir d’achat puisque l’excédent économique est « financiarisé », un nouveau mot récemment ajouté au vocabulaire économique mondial.

Depuis les années 80, le système fiscal des États-Unis a favorisé la recherche de rente et la spéculation sur le crédit en surfant la vague d’inflation de prix des actifs. Cette stratégie a profité aux bilans tant que le prix des actifs augmentait plus rapidement que les dettes (c’est-à-dire, jusqu’à l’année dernière). Mais elle n’a pas renforcé la capacité industrielle. Et en attendant, les réductions d’impôts ont accrues la dette nationale, amenant le Vice-président des États-Unis Dick Cheney à dire que « Reagan a prouvé que les déficits n’ont aucune importance. »

Sur le front international, plus le déficit du commerce et du paiement des États-Unis augmente, plus on injecte des dollars dans les mains étrangères. Leurs banques centrales les ont recyclés aux États-Unis en achats des bons du Trésor et, quand les taux d’intérêt sont tombés presque à zéro, ont investi dans des paquets d’hypothèques. Le secrétaire de trésor actuel, Henry Paulson a assuré les chinois et les autres investisseurs étrangers que le gouvernement se tiendrait derrière Fannie Mae et Freddie Mac agences privatisées de garantie d’hypothèques, à hauteur de 5,2 mille milliards de dollars. Ce qui donne un ordre de grandeur de la dette publique des États-Unis aux mains privées.

En attendant, le trésor a conclu des ententes particulières avec les Saoudiens pour qu’ils réutilisent leurs revenus du pétrole dans Citibank et d’autres institutions financières U.S.- investissements, sur lesquels ils ont perdu plusieurs dizaines de milliards de dollars. [bgcolor=#FFFF99]Pour couronner le tout, libeller le prix du pétrole mondial en dollars a permis de maintenir la valeur du dollar à un niveau que les fondamentaux sous-jacents de l’économie des Etats-Unis ne justifiaient pas. L’économie des États-Unis a payé ses importations avec la dette publique que personne ne prévoyait de rembourser, même si elle aurait pu l’être (le montant actuel de 4 mille milliards de dollars l’interdit, comme dit plus haut). L’économie américaine, a vu ainsi son déficit commercial augmenter en même temps que le prix de ses actifs selon des lois économiques inconnues de toute autre nation, avec en plus la possibilité de recourir librement et sans limite à la dette internationale.[/bgcolor]

Le capitalisme gestionnaire a mobilisé la hausse de la valeur nette d’entreprise et le cours des actions pour construire l’économie réelle. Mais depuis les années 80, une nouvelle variété de directeurs financiers a mis en gage les actifs en garantie de nouveaux emprunts utilisés au rachat d’actions d’entreprises ou même à payer des dividendes. Ce qui poussé à la hausse le prix des actions et donc la valeur des stocks-options que les dirigeants d’entreprises s’attribuent à eux-mêmes. Mais cela n’a contribué à aucune formation de capital réel.

La bulle immobilière internationale a été alimentée par l’expansion de la dette hypothécaire. Pour l’achat d’une maison, les acheteurs doivent s’engager à une dette à vie. Ce qui a dissuadé beaucoup d’employés de faire grève ou même de revendiquer de meilleures conditions de travail, parce qu’ils sont « à la [bgcolor=#FFFF99]dernière station avant de devenir sans-abri »[/bgcolor] ou de la forclusion d’hypothèque. Pendant ce temps, les entreprises ont externalisé et procédé à des réductions d’effectifs, supprimant les avantages acquis, imposant de horaires de travail allongés, et incorporant plus de femmes et d’enfants dans la main d’oeuvre.

La « nouvelle économie » d’aujourd’hui est basée non sur la nouvelle technologie et l’investissement dans l’équipement, comme l’ancien Président de la Fed Alan Greenspan l’a annoncé à grand coup de trompe à la fin des années 90, mais sur l’inflation des prix générant des plus-values (principalement des prix du foncier, les terrains représentent toujours le patrimoine le plus important aux États-Unis comme dans d’autres économies industrielles). L’excédent économique est absorbé par le service de la dette (et des soins de santé plus onéreux), non par l’investissement dans la production ou le partage des gains de productivité avec les travailleurs et les salariés qualifiés. Les salaires et le niveau de vie de la plupart des personnes stagne, alors que l’économie essaye de s’enrichir par « le miracle des intérêts composés » tandis que les plus-values issues du secteur financier fournissent la base d’un nouveau crédit qui offre des prix d’actifs en hausse, en [bgcolor=#FFFF99]un pseudo mouvement perpétuel de la machine du crédit et de la dette[/bgcolor]. Mais seul le 1 % le plus riche de la population en a profité pour augmenter sa part de la richesse nationale en intérêts, dividendes et plus-values de 37 % il y a dix ans, à 57 % il y a cinq ans, et presque 70 % aujourd’hui. L’épargne se porte bien, mais seuls les 10 % les plus riches peuvent épargner - et cet argent est re-prêté aux 90 % restant de la population, de sorte qu’aucune épargne nette n’en résulte.

Au plan international aussi, l’économie globale a contribué à augmenter les inégalités plutôt que de les réduire. Beaucoup de pays du tiers monde ont accédé à l’indépendance, sur fond de modes injustes de propriété des terres (latifundia, possédé par les oligarchies local) mis en place par les anciennes puissances coloniales européennes avec une production centrée sur l’exportation. L’indépendance des anciens pays satellites du bloc soviétique est survenue après la mue du capitalisme gestionnaire en modèle néo-libéral considérant la « création de richesse » logée uniquement dans la hausse des prix de l’immobilier, des actions et des obligations.

Des conseillers occidentaux ainsi que d’anciens émigrants sont venus convaincre ces pays d’entrer dans la partie à leur tour - sauf que, pour plusieurs de ces pays, la dette immobilière y fut libellée en devises étrangères, en raison de l’inexistence d’un système bancaire local. C’est devenu de plus en plus dangereux pour ces économies qui n’ont pas réussi à mettre en place une capacité d’exportation suffisante à couvrir le prix des importations ainsi que le volume croissant de service de la dette en devises générées par le marché immobilier local. Presque tous les anciens pays satellites du bloc soviétique ont développé un déficit commercial structurel, suite à la désorganisation de la production entraînée par la dissolution de l’URSS.

Les plus-values immobilières et l’inflation des prix des actifs financiers (formation de capital non industriel) ont été promues comme seule voie vers la prospérité future dans des pays où les profits industriels étaient bas et les salaires stagnants. Le problème est que cette alchimie ne fonctionne pas et n’est pas supportable. [bgcolor=#FFFF99]L’illusion du succès subsistait tant que Washington inondait le monde avec de l’argent bon marché.[/bgcolor] Ce qui a conduit les Suédois et d’autres Européens à rechercher des plus-values en développant des prêts destinés aux marchés immobiliers des pays voisins d’Islande et de Lettonie. Pour quelques pays exportateurs (particulièrement la Russie), la hausse des prix du pétrole et des métaux sont venues alimenter des sorties de capitaux vers les marchés financiers du tiers monde et des anciens pays satellites. Une partie de ce flux s’est investi en opérations bancaires dans le milieu agité des places financières off-shore et des secteurs immobiliers mondiaux - qui ont subi un coup d’arrêt brutal après l’explosion de la bulle immobilière.

Dans ces circonstances, que faut-il faire ? En premier lieu, la communauté internationale hors des Etats-Unis doit prendre conscience à quel point l’économie néo libérale mondiale fut dysfonctionnelle, et décider quels principes sous-jacents au modèle néo-libéral doivent être abandonnés. La préférence accordée en matière de politique fiscale et financière au monde de la finance plutôt qu’à l’industrie, a favorisé la spéculation, l’inflation du prix des actifs, plutôt que la formation d’excédent de capital réel. Les politiques d’austérité dirigées contre le monde du travail, la non imposition de l’immobilier, des actions et des obligations ont détourné les moyens nécessaires à la croissance et à l’amélioration des niveaux de vie.

[bgcolor=#FFFF99]Le pouvoir destructif des intérêts composés et des plus-values en capital est ravageur à long terme.[/bgcolor] L’économie réelle ne gagne au mieux que quelques pour cent par an. Par conséquent, il est mathématiquement impossible que les intérêts composés restent en l’état et que les plus-values qui en résultent se situent à des niveaux très supérieurs au taux fondamental de croissance économique. L’histoire montre que les crises économiques effacent ces gains quand ils excédent trop la vraie croissance économique. La morale est que les intérêts composés et les espoirs de plus-values ne peuvent garantir le revenu des retraités ou constituer une attraction continue pour les capitaux étrangers. Á l’échelle d’une vie, les investissements financiers ne devraient pas fournir des gains significatifs. Aux Etats-Unis, il aura fallu environ vingt-cinq ans aux marchés, de 1929 au milieu des années 50, pour revenir aux valeurs d’avant la crise.

La tentative désespérée des États-Unis aujourd’hui pour faire remonter les prix des actifs financiers après le krach ne réglera pas le problème de la mauvaise dette. Les tentatives faites par les pays étrangers aideront simplement les banquiers locaux et les financiers, pas les économies. Les pays doivent investir dans la vraie économie afin d’augmenter la productivité et les salaires. Les gouvernements doivent punir la spéculation et les plus-values financières qui reflètent simplement l’inflation du prix des actifs financiers, et non la valeur réelle. Autrement, conformément au modèle néo-libéral, les forces productives de l’économie réelle et les niveaux de vie seront altérés et écrasés par la dette. Les politiques devraient encourager l’entreprise, pas la spéculation.

L’investissement recherche des marchés en expansion, qui sont gênés par les objectifs macro-économiques de maîtrise de l’inflation et d’équilibre budgétaire. Nous ne prétendons pas que l’inflation et les déficits puissent être ignorés, mais plutôt qu’inflation et déficits ne sont pas tous identiques. Certaines formes sont nuisibles pour l’économie, alors que d’autres reflètent l’investissement sain dans la vraie production. Distinguer les deux formes est essentiel, alors même que les économies évoluent vers l’autonomie.

Au final, le rejet du modèle financier de Washington fait de programmes d’austérité, de privatisations et de dépendance commerciale, financés par du crédit en devises étrangères, peut déboucher sur une bien meilleure économie. La prospérité ne peut s’atteindre dans un climat où le capital étranger met une économie en coupe réglée, ni par des restrictions de crédit et des budgets en équilibre, décennie après décennie. Les Etats-Unis eux-mêmes ont toujours rejeté ces politiques, les autres pays doivent le faire également s’ils souhaitent suivre les voies qui ont permis à l’Amérique de devenir réellement riche et non pas celles que les conseillers néo-libéraux U.S. préconisent pour complaire aux banques U.S. et investisseurs américains à l’étrangers.

Il faudra rejeter également la politique fiscale néo-libérale défavorable aux travailleurs (impôts lourds pour les salariés et les employeurs, impôts bas ou inexistants sur l’immobilier, les finances et les plus-values financières), en finir avec les politiques hostiles aux travailleurs, étendre la protection et la sécurité à la santé et aux conditions de travail. L’économie des États-Unis a gagné la prépondérance grâce aux efforts de réglementation de l’ère progressiste précédant la première guerre mondiale, renforcés par les réformes populaires du New Deal mises en place au moment de la grande dépression.

Les politiques économiques néo-libérales ont été utilisées pour revenir sur ces réformes. En procédant de la sorte le consensus de Washington dénierait aux autres pays la stratégie de développement efficace pour créer un marché intérieur prospère, l’augmentation de la productivité, l’accumulation de capital et l’amélioration du niveau de vie. On a découplé l’économie de la formation de capital réel. Ils doivent être raccordés, ce qui n’est possible qu’en reconstituant le système d’économie mixte qui a permis à l’Amérique du Nord et à l’Europe de réaliser leur propre croissance économique.

[i]Michael Hudson est professeur des sciences économiques à l’université du Missouri (Kansas City) et conseiller économique en chef de Dennis Kucinich. Il a conseillé les gouvernements des États-Unis, du Canada, du Mexique et de Lettonie ainsi que l’institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR). Il a écrit beaucoup d’ouvrages, dont : l’impérialisme superbe : La stratégie économique de l’empire américain (nouvel ed., Pluto Press, 2002). On peut lui écrire à : mh@michael-hudson.com.

Jeffrey Sommers est professeur à l’université de Raritan Valley College, NJ, professeur associé à l’école de Stockholm des sciences économiques de Riga, ancien Fulbrighter en Lettonie, intervenant à l’institut de Boris Kagarlitsky pour des études globales à Moscou. On peut lui écrire à : jsommers@sseriga.edu.lv.[/i]


Publication originale Counter Punch, traduction communiquée par Gilbert Wiederkehr

Mais d’où vous sortez vos informations sur le FN et sur la préférence nationale ? Ce n’est pas dutout ça.

L’idée de préférence nationale défendue par le FN c’est l’idée qu’il faut mettre en place des discriminations sur l’emploi au profit de ceux qui en France ont la nationalité française et au dépend de ceux qui n’ont pas la nationalité française.
Ca commence par l’emploi sous prétexte de chomage comme en 29 et qu’est ce que sera la suite ?

C’est du fascisme.

Et ne me faites pas le procès de la non hospitalité ou de repli sur moi-même, alors que je milite pour que TOUS les étrangers aient TOUT DE SUITE des papiers et que cessent immédiatement les camps de concentration et autres déportations, bien françaises et bien actuelles. Je trouve l'UMP et le PS mille fois plus dangereux que le FN : eux, ils internent et ils déportent, en ce moment, Sandy.
Mais si vous militez pour que tous les étrangers aient tout de suite des papiers et que cessent imédiatement les expulsions alors vous devriez militer contre l'UMP et aussi contre le FN parce que ces derniers soutiennent activement ces politiques d'immigration et sécuritaires et parce que cela fait partie de leur projet politique. Soyez logique !

Qu’ils ne soient pas au pouvoir n’est pas une bonne raison pour moi pour oublier leur projet et ce qu’ils compteraient faire s’ils obtenaient le pouvoir, c’est profondément absurde comme raisonnement.

Je ne veux pas qu’ils obtiennent le pouvoir, pas plus que je veux que l’UMP le conserve, je ne partage pas leur projet politique, alors je ne m’associe pas avec eux et je refuse que les idées que je défends soient associées avec les leurs.

En plus, Soral n'est sûrement pas raciste : écoutez-le, vous verrez. Et puis, s'il était raciste, il ne serait pas avec Dieudonné qui est black : regardez leur parti, quand même, c'est une vraie tour de Babel. Non, raciste, c'est une accusation invraisemblable. Antisioniste, oui, mais ça n'est pas du racisme, c'est même précisément le contraire...
Lepen aussi a des copains noirs ( pourquoi vous dites black ? noir ce n'est pas un gros mot c'est juste une couleur ). C'est même sa grande excuse pour tenter de se défendre d'être raciste comme vous le faites ici. Mais le racisme vise une population entière, pas des gens en particulier, il n'y a aucune incohérence à ce que dans le lot ils puissent considérer qu'il y en a qui sont admissibles à leurs côtés ou qui ne sont pas concernés par leurs idées racistes.

Et ces gens sont intelligents ils savent saisir les occasions qui se présentent et dissimuler leurs idées profondes quand c’est nécessaire.

Car quand il s’agit des arabes en France, là le FN explique qu’il faut les virer et que la france doit rester la possession de français dits « de souche », comprennez par là des français purs nous souillés par du sang étranger. Mais dès qu’il s’agit des arabes en palestine qui se battent contre Israel un pays qui se déclare comme la patrie des juifs, là bizarrement les arabes et en particulier le hamas ou l’iranien Aminedjad deviennent ses amis.

Et l’antisionisme a bon dos, maintenant bizarrement il n’y a plus personne qui est anti israelien ou anti sémite tout le monde est anti sioniste qu’est ce que c’est pratique.

Et vos intimidations visant à conduire d'autres que vous à pourchasser et exclure des citoyens parce qu'ils osent défendre une idée que vous, vous estimez profondément indéfendable, choquante, et que vous qualifiez de "fasciste" pour faire passer votre police de la pensée, excusez-moi, Sandy, c'est très exactement le contraire de la démocratie, c'est même le début du... fascisme
Etienne vous avez un incroyable défaut, c'est celui de faire des procès d'intention énormes à partir de pas grand chose, comme si vous ne répondiez pas à votre interlocuteur mais à une personne caricaturale et imaginaire qui la remplace dans votre esprit. Vous en arrivez presque à faire les questions et les réponses à vous tout seul.

Non je ne défends absolument pas les idées que vous me prêtez c’est totalement faux.

Je ne demande à personne de pourchasser ou d’exclure qui que ce soit.

Je ne souhaite pas que les idées qui sont partagées ici sur ce forum soient entachées en étant associées à celles de Soral et du FN. Et franchement je ne vous connait pas, mais malgré tout ça me fait de la peine tout simplement de vous voir dériver idéologiquement et que vous vous fassiez avoir par les idées nullissimes et nauséabondes de ces gens.

Et pourtant vous y consentez vous même, vous acceptez l’idée qu’il faut poser des barrières, qu’on ne peut pas s’associer à tout le monde parce qu’ils portent des idées auxquelles on ne veut pas être associés nous même ou parce que l’on combat nous même leurs idées. Alors pourquoi extrapoler ? je n’ai rien dit de plus …

Il n’est pas question ici de liberté d’expression. Il est question de clarté et de cohérence idéologique !

Ouvrez-les yeux, ces gens ne défendent pas l’intérêt général, ce qui les motive ce sont leurs haines, leurs peurs, leurs ignorances, leurs obsessions. Nous n’avons pas à nous associer à leurs idées, nous devons les combattre au même titre qu’il faut combattre les idées de ceux qui dirigent.

S’ils se mettent à défendre des idées proches de celles que nous défendons, où s’ils se positionnent de la même façon que nous dans un débat, tant mieux, mais qu’ils restent dans leur coin et nous le nôtre !

PS: Vous savez ce que font les acolytes de Dieudonné sur Dailymotion pour tenter de se faire de la publicité ? Ils innondent le site de vidéos dieudonnéennes ou soraliennes en mettant comme mots clés des mots qui n’ont rien avoir avec leurs vidéos, généralement des noms de personnalités politiques en vue pour être surs que si les gens cherchent des vidéos concernant ces personnalités politiques ils tombent aussi sur leurs vidéos.

Revenons sur les vidéos de Soral que vous avez jugé intéressantes et originales. Personnellement je n’y ai quasiment rien entendu d’original, ses réflexions sont pour la plupart peu profondes, toujours orientées par ses obsessions antisionistes ou réactionionnaires ( le péril de l’invasion musulmane en France ) et il évoque beaucoup d’idées qu’il n’a fait que récupérer et détourner selon son intérêt.

On remarque une chose, pour lui, la scène politique, c’est « tous pourris ». Seuls dieudonné et le FN trouvent grâce à ces yeux. Et il est très violent à l’égard de tous ceux qui ne partagent pas ses idées, particulièrement violent vis à vis de mon courant politique et de notre représentant Jean-Luc Mélenchon.

Nous à gauche, si nous considérons effectivement comme pourri une bonne partie du corps politique, nous essayons au contraire de nous rassembler autour de projets et de convictions, même entre gens qui ne sont pas d’accord.

D’abord il parle du parlement européen, où selon lui la droite comme la gauche voteraient 97% des lois ensemble. Cela me rappelle bizarrement un argument utilisé par mon parti politique pendant la campagne européenne et évoqué publiquement notamment par Mélenchon, qui s’interrogeait alors, pourquoi voter PS quand le PS vote 97% des lois avec la droite au parlement européen ? …

Voici un lien :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20090517.OBS7151/?xtmc=josA_luis_zapatero&xtcr=20

Bizarrement l’argument récupéré et détourné par Soral ne spécifie plus le PS mais désigne la gauche dans son ensemble ( histoire d’alimenter le « tous pourris » ), qu’en dites vous Etienne ?

Ensuite vient les thèmes du référendum suisse sur les minarets et du débat sur l’identité national. Là on touche à toute la subtilité de la rhétorique de Soral qui veut se faire passer pour quelqu’un de tolérent et d’humaniste, mais pour qui le plus grand péril qui menace de détruire la france est le péril de la colonisation ethnique et culturelle arabo-musulmane de la France, un péril que la population ressentirait mais que nos courants politiques nieraient provoquant ainsi sa colère, notamment vis à vis de Mélenchon par rapport à sa confrontation télévisuelle avec Bruno Golnish du FN.

Malgré toute sa construction rhétorique, le fond de la pensée de Soral apparait dans quelques détails, et en parlant et parlant encore il finit par l’évoquer.

Evidemment tout ceci s’accorde très bien avec les idées du FN qui depuis 30 ans explique que l’immigration est la plus grande menace et que tous nos problèmes découlent de l’immigration. Son adhésion passée au FN et sa proximité encore aujourd’hui n’ont donc rien d’étonnant et de fortuit.

Le fait qu’il fasse de cette question le problème central de tout, le problème numéro 1, un péril qui pourrait provoquer carrément la destruction de la france ( apocalypse annoncé pour bien faire peur ) est typique d’une obsession et d’un comportement ultra réactionnaire et doit vous alerter sur la direction dans laquelle il veut vous mener. Toute son action, tout ce qu’il peut dire, tout ce qu’il peut faire, n’ont qu’un seul but, celui là. C’est uniquement cela son projet. En fait non il a une deuxième obsession, l’anti-sionisme, allez savoir laquelle prend le pas sur l’autre. En tout cas, il le dit lui même, il faut résoudre ce problème pour pouvoir résoudre tous les autres.

Est-ce que vous pensez réellement Etienne que toutes les idées ici sur ce forum doivent être subordonnées à je ne sais quel péril colonisateur arabo-musulman de la France ?

Dans sa construction rhétorique, Soral utilise bon nombre de récupérations qui viennent d’où ? encore de notre parti politique et notamment des propos de Melenchon.

Soral évoque à juste titre la tentative des dirigeants, et notamment de Sarkozy, d’entrainer à l’instar de Bush aux états unis, les gens à adhérer à une idéologie de conflit de civilisation entre d’un côté le monde « occidental » et d’un autre côté le monde « musulman », dans un but de guerre et de guerre civile.
Malheureusement ce sont une nouvelle fois des idées récupérées à partir des sorties de la gauche et notamment de Jean-luc Mélenchon contre Sarkozy à l’occasion de son discours devant l’église catholique et au moment où il a été intronisé « chanoine de Latran ».
A cette occasion ont été dénoncées la volonté de Sarkozy de reconfessionaliser la population Française, et d’entrainer la france dans une idéologie de « conflit de civilisations » d’après l’idéologie du choc des civilisations, si chère à Bush, et pensée à l’origine par un certain Huntington dans son livre « le choc des civilisations ».

On retrouve ici sur le blog de … Jean-luc Melenchon… une nouvelle fois, tous les arguments utilisés dans sa rhétorique par Soral :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2008/09/la-guerre-en-questions/

Les mensonges de la guerre d’afghanistan, la vraie raison : les intérêts énergétiques : les pipelines, le conflit de civilisation comme justification, l’impérialisme, etc … tout y est …

Alors que Soral semble reprendre à peu près tous les arguments de la gauche et notamment de Melenchon, on note toute fois quelques différences, quelques petites touches apportées par Soral.
Il omet totalement de parler et de s’opposer à la tentative de Sarkozy de reconfessionaliser la population en France, alors que c’est pourtant un objectif important pour que l’idéologie de « conflit de civilisation » puisse réussir à fonctionner réellement. Cet « omission » n’a rien d’anodin.
Il va plus loin que Melenchon en évoquant « l’empire », le fameux nouvel ordre mondial, désignant ainsi l’oligarchie financière, les dirigeants et les politiciens de tous les pays, mais sans oublier évidemment « les sionistes » qui rappellons le sont sa deuxième obsession.
Sionistes qui rappellons le sont, selon Soral, ceux qui dictent la politique étrangère de la France.
Alors il faudrait savoir, soit ce sont les sionistes qui dictent la politique étrangère de la France ( preuve en serait faite par un diner des dirigeants de l’UMP avec le CRIF), soit il s’agit de l’oligarchie financière ( pour des intérêts économiques ), soit il s’agit des américains ( qui se servirait des soldats francais comme supplétifs comme les empires coloniaux autrefois se servaient des populations des colonies enrolés de force ou de leur plein gré et envoyés au front car ayant moins de valeur aux yeux des colons ), il y a une certaine incohérence à ce niveau là … L’idée c’est qu’il n’y a pas trop à se poser de questions tous sont d’accord sur un nouvel ordre mondial à mettre en oeuvre, donc peu importe qui dirige, ils poursuivent les mêmes buts et font tous partis du « nouvel ordre mondial »

J’ai dit que l’omission n’avait rien d’anodin car elle est très éclairante sur les raisons qui font que Soral s’en prend avec virulence à quelqu’un comme Jean-Luc Melenchon ou envers la gauche radicale dont il fait partie avec des gens comme Besancenot. Soral s’oppose au principe de laïcité. Sarkozy le remet en cause lui aussi. Et sur ce point ils sont sur la même longueur d’onde.
En vérité, Soral s’oppose à la laicité, et il réfute l’universalité des droits de l’homme et y voit la marque du lobby mondialiste.
Si à cause de ces deux divergences avec la gauche il fait ainsi de la gauche ses pires ennemis ( bien plus tout à coup que Sarkozy ou les sionistes ou encore le lobby financier ) c’est parce qu’on touche une nouvelle fois ici au coeur et à l’essentiel de son idéologie, toujours à la même obsession, celle du péril de la colonisation arabo musulmane de la société.
Sa construction rhétorique est complexe.
S’il réfute l’universalité des droits de l’homme, et si au contraire pour lui les seuls droits de l’homme qui vaillent sont ceux « des droits de l’homme et du citoyen » parce que je le cite « ils s’ancrent dans la nation française », tandis que les déclarations « universelles » sont un moyen pour le lobby mondialiste ( le nouvel ordre mondial ) de démenteler les nations.
Quand on se rappelle que pour Soral ce qui menace la nation française de destruction c’est la colonisation arabo musulmane, et quand on s’apperçoit avec quelle virulence il s’en prend aux « droits de l’hommistes » ( idiots utiles du lobby mondialiste ) à chaque fois qu’ils défendent l’immigration au nom des droits de l’homme ( et de leur universalité ), on retrouve alors bel et bien ce qui fait son obcession et celle du FN en général.

Quand il s’oppose à laïcité républicaine, on est dans le même genre de construction rhétorique.
Il est nécessaire pour le comprendre de revenir sur le conflit entre Bruno Golnish et Jean Luc Melenchon à l’émission Mots Croisés qui provoque le courroux de Soral.
Soral accuse Melenchon d’être anti-religieux, d’être animé lui même d’une foi haineuse, la religion maçonique, anti religieuse et anti francaise, il en tiendrait pour preuve les propos de Melenchon qui expliquait à Bruno Golnish que la france n’existait pas avant 1789.
Et cette discussion renvoie au débat sur l’identité nationale.
Melenchon parlait ici de la France comme nation justement, et à partir de quand le mot nation et l’idée de nation est associée à la France ? C’est bien en 1789. Avant 1789 la france n’était pas une nation, elle était éclatée en plusieurs morceaux aux mains de seigneurs différents imposant leurs propres lois, basée sur un système monarchique et féodal. Encore avant le territoire aujourd’hui désigné comme territoire français était partagé par plusieurs peuples qui se sont en partie mélangés et ont formé le peuple français.
Et on voit bien toute l’idéologie qui anime le FN et les gens comme Soral, ces gens là ne comprennent pas que notre identité nationale est ce que nous en faisons chaque jour, qu’elle change chaque jour et c’est pourquoi ils incluent notre histoire dans notre identité, alors que notre histoire n’est en réalité que les identités successives par lesquelles notre peuple est passé.
Tout comme notre identité individuelle, pour chacun d’entre nous, est ce que nous sommes aujourd’hui, et certainement pas ce que nous étions hier ou par le passé, et notre identité inviduelle sera ce que nous serons demain et dans le futur.
En incorporant ainsi notre histoire dans notre identité nationale, ils nous expliquent que tout ce qui vient à modifier notre identité menace notre identité, alors qu’en réalité notre identité est le résultat de telles modifications depuis toujours.

Même erreur quand ils veulent inclure la culture dans notre identité nationale. Alors que logiquement à condition qu’une identité nationale existe elle est ainsi forcément commune à tous. Hors aucune culture n’est commune à tous les français, cela n’a jamais été le cas et cela ne le sera jamais. La culture fait partie du domaine individuel, une culture peut être partagée par des tas d’invidus et devenir collective, mais une culture ne s’arrête pas aux frontières d’une nation.
Et s’ils incluent ainsi la culture dans l’identité nationale c’est pour les mêmes raisons que l’histoire, parce qu’ils refusent le changement, alors qu’encore une fois les différentes cultures en france sont le résultat du mélange et de l’échange d’innombrables cultures différentes.

Bien sur il existe des cultures françaises ( car elles sont nées ou se sont développées uniquement en France ) mais la france ce n’est pas ces cultures, parce que ces cultures ne sont pas communes à tous les français.

La seule chose qui est commun à tous les habitants de notre nation c’est la république, c’est la citoyenneté, c’est la langue française qui est la langue officielle de notre république, ce sont nos lois etc …
Et tout cela de même cela change.

Et Melenchon ne dit rien d’autre que cela.

Le fond de tout cela, c’est que le FN et Soral s’opposent aux changements que subissent la france en terme de société et au niveau culturel, ils y voient un colonialisme, là où en fait il n’y a qu’une évolution multi culturelle de la France, évolution qui n’est pourtant que la conséquence obligatoire de la liberté de pensée et de confession. Cette évolution multi culturelle n’est une menace que si elle se transforme en communautarisme, hors malgré toute la construction rhétorique qu’ils peuvent produire, on se rend bien compte qu’inévitablement on retombe toujours sur ce « péril de l’immigration », comportement typiquement réactionnaire.

Ils font de la gauche et des gens comme Melenchon leurs pires ennemis parce qu’on est justement totalement pour cette évolution multi-culturelle de la France, non pas parce que nous voulons « détruire la nation française » mais parce que pour nous la nation française ce n’est ni notre histoire ni je ne sais quelles cultures franchouillardes, mais ce que nous choisissons d’en faire collectivement, et parce que nous pensons que les gens ne peuvent vivre en paix ensemble que si la liberté de conscience et de religion est respectée, et si la religion est séparée de la sphère publique et subordonnée aux lois républicaines.

Pour nous la laïcité c’est la séparation stricte de la religion et de l’état, bref le confinement de la religion à la sphère privée, parce que nous nous rappellons l’obscurantisme religieux auquel le peuple français a été soumis pendant des siècles, alors que la religion et l’état n’étaient pas séparés, et parce que nous le constatons toujours aujourd’hui dans de nombreux pays, comme par exemple en Israel, aux états unis ou dans des pays musulmans.
Et ce que Soral prend pour de l’« anti-religion » n’est rien d’autre qu’une lutte contre la religion les religieux ou les politiciens quand ils tentent de faire regagner à la religion le terrain qu’elle a perdu depuis la révolution. Quand Soral nous accuse de nier la réalité, comme si nous tentions de nier les problèmes comme celui de la Burqa ou de l’intégrisme religieux c’est évidemment totalement faux, en fait il ment parce que pour nous il ne s’agit que d’une de ces tentatives pour la religion de regagner du terrain, ce qui n’a rien d’isolé, toutes les religions cherchent à se développer, tout pouvoir cherche toujours à s’aggrandir, et ça vaut pour toutes les religions et pour tout pouvoir.
Pour nous il ne s’agit pas d’un péril apocalyptique, d’un problème central à tout le reste, et c’est uniquement pour cette raison, parce que nous ne partageons pas son obsession qu’il nous accuse de nier la réalité.

La seule réflexion originale et interessante de Soral c’est la distinction qu’il fait entre ceux qui pratiquent la religion qui sont souvent effectivement les victimes et ceux qui justement tentent de les manipuler pour leurs propres intérêts.

Mais sachant tout ce que je démontre ici, est-ce que cela vaut vraiment d’être cité ici sur ce forum, est-ce qu’il y a la moindre raison objective à ce que les idées développées ici soient associées aux idées de fascistes comme Soral ou Lepen ? Je ne crois pas.

Et je vous demande de réfléchir à cela Etienne, et de comprendre que vous faites fausse route en vous laissant séduire par ces gens là.

Trois choses qui me plaisent dans l’intervention de Sandy (8156)

  • Sa reconnaissance que les droits de l’homme ne peuvent être qu’universels ;

  • Son soutien au principe de laïcité ;

  • Surtout, sa remarque que l’identité française n’est pas figée, comme voudraient le faire croire les nationalistes étroits, mais qu’elle repose sur une succession d’identités désormais fermement ancrées (on l’espère) dans l’idéal républicain, générateur ou conforteur de la volonté de vivre ensemble en dépit de frictions occasionnelles ou temporaires.

Sur la question des droits de l’homme (droits fondamentaux), il faut se souvenir que la Déclaration universelle de 1948 reprend largement les termes mêmes de la Déclaration de 1789. Ce n’est pas un hasard puisque le projet de la déclaration de 1948 a été rédigé en grande partie par le juriste français René Cassin. Aux droits « classiques » (civils et politiques) de la Déclaration de 1789, la Déclaration universelle ajoute, sur l’insistance du bloc soviétique, les droits économiques et sociaux - lesquels correspondent à des obligations de moyen plutôt qu’à des obligations de résultat.

Si Soral explique effectivement le principe d’universalité par l’action d’un quelconque lobby mondiale ou mondialiste, il se trompe : ce principe découle automatiquement du fait que les deux instruments de 1789 et de 1948 ont entendu non pas innover, mais proclamer explicitement des droits universels, inaliénables et imprescriptibles de l’être humain jusque-là ignorés, méconnus ou méprisés : c’est ce que signifie le terme même de « déclaration ».

La confirmation de l’universalité des droits de l’homme sous la plume de Sandy me fait particulièrement plaisir parce que je me rappelle avoir lu sur notre site des remarques en sens contraire qui m’avaient inquiété.

PS. Nous sommes loin de la monnaie, mais comment éviter les incidentes ? JR

Les idées appartiennent à ceux qui s’en emparent

Cher Sandy,

On s’éloigne de la monnaie, effectivement.
Je vais essayer d’être bref (je suis assez mauvais à ce jeu-là, en général).

Ne le prenez pas mal, mais on voit que vous êtes d’un parti (peu importe lequel) : [bgcolor=#FFFF99]cette façon de considérer que DES IDÉES SONT À VOUS (à Mélenchon et à son groupe, en l’occurrence) est typiquement partisane.[/bgcolor]

Je ne vais pourtant sûrement pas dire du mal de Mélenchon car je trouve que ce parlementaire est un des politiciens les plus honnêtes et les plus courageux en France, avec Jacques Généreux et quelques autres « gauchistes » (comme les qualifie la « droite » ouvertement fasciste —c’est-à-dire au service des industriels et des banquiers, avec camps d’internement et déportation, et LA PEUR du « terroriste » comme outil de contrôle social— actuellement au pouvoir en France).

D’ailleurs, j’observe que, sans mâcher ses mots quand il le désapprouve, Soral apprécie souvent Mélenchon, puisqu’il en dit parfois le plus grand bien. D’ailleurs, c’est marrant, des pans entiers de votre long message montrent l’incroyable proximité de vue entre Soral et Mélenchon. Vous prétendez que l’un copie sur l’autre, et pourquoi ne serait-ce pas l’inverse ?.. :slight_smile:

Ces revendications de propriété des idées sont des enfantillages…
Mais grâce à vous, je comprends mieux pourquoi Soral m’intéresse :wink:

Finalement, dans vos reproches, à part un manque d’originalité (qui n’est pas grave du tout), à part des pensées contestables sur des sujets de société ordinaires (pas graves non plus, à mon sens), vous êtes bien obligé de faire des tas de procès d’intention et de monter en épingle de microscopiques détails ambigus pour condamner Soral et son parti. Vous ne démontrez rien de diabolique chez Soral, Sandy, je n’ai pas les citations que j’attendais, vous n’apportez aucune PREUVE à vos accusation. Vous montrez vos propres peurs, ça oui, et je peux comprendre (surtout que j’en partage plusieurs), mais ça ne fait pas une culpabilité.

À propos de laïcité, Soral défend une laïcité tout à fait intéressante (pour ce que j’en ai entendu, car je ne connais pas le bonhomme à fond), contrairement à ce que vous prétendez : donnez-nous des faits, s’il vous plaît Sandy, au lieu de simples accusations non fondées.


Mais surtout, et ce sera ma conclusion, parce que je me suis promis d’être bref (comment ça « c’est raté » ? :)), je voudrais pointer ce qui nous différencie, tous les deux, sur ce qui distingue essentiellement un homme de parti et un homme libre (puisque oui, j’oppose ces deux mots, en constatant tous les jours que les hommes de parti ne sont pas libres du tout et sont comme tenus en laisse par « la ligne » de pensée de leur parti et par l’inévitable et obligatoire compétition mortelle avec tous les autres partis) :

Pour vous, les idées de votre chef de parti sont LES IDÉES DU PARTI, ELLES APPARTIENNENT AU PARTI, et ceux des autres partis qui invoquent les idées défendues par votre parti les « récupèrent » (mot incroyable, vraiment incroyable, pour quelqu’un qui n’a pas l’esprit de parti), et d’après vous ce serait malhonnête, condamnable…

Il semble intellectuellement inaccessible à un homme de parti d’apprécier positivement et sans réserve une idée défendue par un adversaire du parti ennemi d’en face. Selon vous, vos idées vous appartiennent et ceux d’en face qui les défendent aussi « les récupèrent ».

Si le parti d’en face a une bonne idée (exactement la même que vous !!!), vous la salissez par amalgame, et cela revient à discréditer votre propre idée… Je trouve ça profondément absurde et contre-productif pour l’intérêt général.

• Sandy, pour moi, c’est clair : les idées n’appartiennent à personne.

Non, c’est encore plus fort que ça :

[bgcolor=#FFFF99]les idées appartiennent à ceux qui s’en emparent.[/bgcolor]

Comprenez-vous ?

Tout est là.

Et c’est cette ouverture à toutes les idées, vraiment toutes, y compris chez des hommes dont je trouve certaines idées détestables, qui caractérise, selon moi, [bgcolor=#FFFF99]un esprit libre[/bgcolor].

Je sais que c’est dangereux, Sandy, et j’écoute attentivement vos appels à la vigilance : je suis vigilant, croyez-moi, mais si ce que je lis me semble bon (et je lis ce que je veux), il ne suffit pas de me dire que le parti de celui qui s’exprime est un affreux parti pour me décourager, j’espère que vous l’avez compris.

J’en veux aux partis, vous le savez, mais je sais bien qu’il y plein d’humains formidables et généreux dans les partis, vous le savez aussi (tiens, vous par exemple). Tout en le déplorant, je comprends qu’ils aillent dans les partis, puisque la perverse procédure de l’élection nous pousse inéluctablement au régime des partis.

Avec toute mon amitié, donc.

Étienne.


Les politiciens ne trouvent pas intéressante une opinion qui ne se prête pas à des déclamations de parti, et le commun des mortels préfère des opinions qui attribuent son malheur aux machinations de ses ennemis. Par conséquent, les hommes luttent pour ou contre des mesures tout à fait inapplicables, tout en se gardant bien d’écouter les quelques hommes dont l’opinion est rationnelle mais qui ne flattent les passions de personne.
Bertrand Russel (Essais sceptiques, 1933).