[bgcolor=#FFFF99]Les baisses d’impôts préconisées par les politiques de l’offre sont néfastes aux salaires[/bgcolor]
par Henry Liu
[bgcolor=#CCFFFF][b]Les baisses d’impôts préconisées par les politiques de l’offre sont néfastes aux salaires[/b][/bgcolor] par Henry Liu. 23 décembre 2009L’économiste Henry Liu s’élève contre la thèse affirmant que les baisses d’impôts sur les entreprises et les très hauts revenus généreraient de l’emploi. Toute baisse d’impôt sur les profits, note-t-il, incite les entreprises à arbitrer entre bénéfices et salaires, au détriment des derniers. De la même façon, les baisses d’impôts sur les hauts revenus encouragent la distribution de salaires mirobolants pour les directions. Notons au passage que ces revenus excessifs ont non seulement déprimé la demande, mais aussi alimenté la finance, avec un effet « deuxième tour » : les exigences de rémunération des investisseurs, bien supérieures à la croissance économique réelle, pressurant de plus en plus les salaires au fur et à mesure de l’accumulation du capital par le jeu des intérêts composés.
Par Henry Liu, New Deal 2.0, 16 décembre 2009 - extrait
[bgcolor=#FFFF99]Ces dernières décennies, les économistes partisans des politiques de l’offre ont répandu dans une opinion publique mal informée le mythe selon lequel des impôts peu élevés encourageaient les entrepreneurs à créer des emplois bien rémunérés.[/bgcolor]
Mais contrairement à cette affirmation apparemment de bon sens, la réalité historique montre que le régime d’impôt progressif des revenus, avec des prélèvements dépassant les 90% pour la tranche supérieure, a en fait encouragé les entreprises à augmenter les salaires. Pour la simple raison qu’il est plus facile d’être généreux avec l’argent du gouvernement.
Dans le passé, quand le taux d’imposition maximum sur les entreprises dépassait 50% et celui sur les revenus 90%, leurs directions étaient moins incitées à maximiser le bénéfice net en réduisant les coûts salariaux. Pourquoi auraient-elles donné de l’argent au gouvernement alors qu’il pouvait être mieux employé à la satisfaction de leurs salariés ?
La révolution économique de Ronald Reagan, inspirée par l’économie « vaudou » des politiques de l’offre, s’est traduite par réduction frénétique des taux d’imposition sur les bénéfices. Elle a incité les employeurs à maintenir des bas salaires, car les économies réalisées ainsi généraient des bénéfices que les entreprises et leurs directions pouvaient conserver, n’étant plus soumis à des taux d’imposition élevés.
Ce régime de faible imposition s’est traduit par des profits excessifs, autorisés par la stagnation des salaires, avec pour conséquence un surinvestissement, car la demande ne pouvait pas suivre le rythme de ces excédents nés des bas salaires.
[bgcolor=#FFFF99]La loi de Say affirmant que « l’offre crée sa propre demande », qui fait partie des présupposés sur lesquels s’appuient les économistes de l’offre, n’est vérifiée qu’en situation de plein emploi, lorsque les salaires sont corrects. Mais c’est une condition que les économistes de l’offre préfèrent ignorer.[/bgcolor]
Dans une économie à bas salaires, pour soutenir la demande, on propose aux salariés de l’argent facile sous forme crédits subprimes, au lieu de payer aux consommateurs des salaires décents, créant ainsi des profits fictifs pour le secteur financier au détriment du secteur manufacturier.
Ce dysfonctionnement a finalement conduit à la bulle de la dette qui a éclaté en 2007, avec des répercussions mondiales.
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Je viens justement de dénoncer cette escroquerie de la « relance par l’offre » (celle que nous imposent les voleurs en bande qui ont pris le contrôle du pays) dans deux commentaires sur le blog de Paul Jorion :
Premier commentaire :
http://www.pauljorion.com/blog/?p=6023#comment-45663
« (…) Bon. Merci Paul. Tu as été très bien.Deuxième commentaire : http://www.pauljorion.com/blog/?p=6023#comment-45812Malheureusement, tu as oublié (ou tu n’as pas eu l’occasion), cette fois, de parler (comme tu le fais souvent, et tu es un des seuls « économistes » à le faire avec force) de [bgcolor=#FFFF99]la NÉCESSAIRE HAUSSE DES SALAIRES[/bgcolor], de la nécessaire [bgcolor=#FFFF99]RELANCE PAR LA DEMANDE[/bgcolor] (au lieu de cette véritable escroquerie libérale — dénoncée comme escroquerie par Galbraith lui-même— qu’est la « relance par l’offre », technique d’enfumage qui n’a JAMAIS marché, comme on peut s’en douter quand on est de bonne foi). Tu n’as pas pu en parler cette fois, c’est dommage, ça manquait au tableau de la contradiction du chroniqueur-officiel-des-spéculateurs-et-des-privilégiés.
Car le niveau des salaires est bien l’enjeu central, l’enjeu de société que révèlent toutes ces crises : le capitalisme permet aux plus riches de trop accumuler et donc de ne pas distribuer assez de pouvoir d’achat, ce qui voue le système à la ruine (mais pas pour tout le monde) de temps en temps.
D’ailleurs, comme l’histoire le montre toujours et partout, la hantise éternelle des industriels et des banquiers, leur priorité absolue, au point de massacrer s’il le faut, c’est le niveau de salaires, salaires qu’ils tiennent par-dessus tout à garder le plus BAS possible. Vomitif. Tout part de là, tout s’explique par là, toute la théorie prétendument « classique » repose (sans le dire) sur cet objectif central injuste et révoltant.
L’union européenne sert ce même objectif lamentable, d’ailleurs, à mon avis.
[bgcolor=#FFFF99]Keynes lui-même soulignait cette mauvaise foi des prétendus « économistes »[/bgcolor], manifestement complices « professionnels » à la solde d’une classe privilégiée dont ils sont chargés d’assurer le fondement théorique, « scientifique », des privilèges.
Exemple (extrait tiré de la Théorie générale, Payot, p 58 et s.) :
[color=black]« [b]Dans l'Économie ricardienne, qui est à la base de tout ce qui a été enseigné depuis plus d'un siècle, l'idée qu'on a le droit de négliger la fonction de la demande globale est fondamentale.[/b]À vrai dire, la thèse de Ricardo que la demande effective ne peut être insuffisante avait été vivement combattue par Malthus, mais sans succès. Car faute d’expliquer (si ce n’est par les faits d’observation courante) comment et pourquoi la demande effective pouvait être insuffisante, Malthus n’est pas parvenu à fournir une thèse capable de remplacer celle qu’il attaquait ; et Ricardo conquit l’Angleterre aussi complètement que la Sainte Inquisition avait conquis l’Espagne. Non seulement sa théorie fut acceptée par la Cité, les hommes d’État et l’Université, mais toute controverse s’arrêta ; l’autre conception tomba dans l’oubli le plus complet et cessa même d’être discutée. LA GRANDE ÉNIGME DE LA DEMANDE EFFECTIVE, à laquelle Malthus s’était attaqué, disparut de la littérature économique. On ne la trouve même pas mentionnée une seule fois dans toute l’œuvre de Marshall, d’Edgeworth et du Professeur Pigou, qui ont donné à la théorie classique sa forme la plus accomplie. Elle n’a pu survivre qu’à la dérobée, sous le manteau et dans la pénombre de Karl Marx, de Silvio Gesell et du Major Douglas.
[bgcolor=#FFFF99]Une victoire aussi décisive que celle de Ricardo a quelque chose de singulier et de mystérieux. Elle ne peut s’expliquer que par un ensemble de sympathies entre sa doctrine et le milieu où elle a été lancée.[/bgcolor]
Le fait qu’elle aboutissait à des conclusions tout à fait différentes de celles qu’attendait le public profane ajoutait, semble-t-il, à son prestige intellectuel. Que son enseignement, appliqué aux faits, fût austère et souvent désagréable lui conférait de la grandeur morale. Qu’elle fût apte à supporter une superstructure logique, vaste et cohérente, lui donnait de l’éclat. Qu’elle présentât beaucoup d’injustices sociales et de cruautés apparentes comme des incidents inévitables dans la marche du progrès, et les efforts destinés à modifier cet état de choses comme de nature à faire en définitive plus de mal que de bien, la recommandait à l’autorité. Qu’elle fournît certaines justifications aux libres activités du capitalisme individuel, lui valait l’appui des forces sociales dominantes groupées derrière l’autorité.
Jusqu’à une date récente la doctrine elle-même n’a jamais été contestée par les économistes orthodoxes, mais son inaptitude remarquable à servir à la prédiction scientifique a fini par diminuer grandement le prestige de ses adeptes. Car depuis Malthus les économistes professionnels paraissent avoir été insensibles au désaccord entre les conclusions de leur théorie et les faits d’observation. Le public au contraire n’a pas manqué de relever ce désaccord et c’est ce qui explique sa répugnance croissante à accorder aux économistes le tribut de respect qu’il alloue aux autres catégories de savants dont les conclusions théoriques sont confirmées par l’expérience, chaque fois qu’elles sont appliquées aux faits.
Quant au fameux optimisme de la théorie économique traditionnelle, optimisme en raison duquel on a fini par considérer les économistes comme des Candide, qui, ayant abandonné le monde pour cultiver leur jardin, enseignent que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pourvu qu’on le laisse aller tout seul, il a pour origine, selon nous, la méconnaissance de l’obstacle qui peut être opposé à la prospérité par l’insuffisance de la demande effective. »
Source: J .M. Keynes, « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936), Payot 2005, p 58 et s.[/color]
(…)Amicalement.
Étienne. »
[color=black]« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : "Ceci est à moi" et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile.Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne.
Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres.
De là commencèrent à naître la domination et la servitude. »
Jean-Jacques Rousseau
(Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes)[/color]
[bgcolor=#FFFF99][b]Relance par la DEMANDE (ex. : New Deal), la seule qui vaille, et RMA : revenu MAXIMUM autorisé[/b][/bgcolor]Amicalement.Merci Lisztfr.
Cette phrase de Malthus a du sens.
« [b][bgcolor=#FFFF99]La première chose dont on ait besoin (…), avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit[/bgcolor][/b], c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant. »Robert Malthus – Principes d’économie politique
Je me garderai cependant de prendre en référence ce triste sire qui a dit tant de sottises sur l’inopportunité de porter secours aux pauvres.Le passage de Keynes ci-dessus sur l’extravagante négligence de la DEMANDE (et donc du niveau des SALAIRES) dans les théories économiques modernes, et l’explication qu’il suggère de chercher dans la corruption intellectuelle probable de la classe des « économistes », bien trop dépendante des privilégiés, ce passage me paraît éclairant pour la période actuelle et mérite d’être relu.
« Tout a été pensé ; l’important est d’y penser à nouveau » observait Goethe.
Votre citation de Malthus me conduit à renchérir un peu avec quelques mots d’un économiste que je trouve enthousiasmant : clarté, précision, humour, pédagogie, érudition… C’est un bonheur de le lire.
Il s’agit de John Kenneth Galbraith.
Voilà un auteur qui a prédit la crise actuelle avec… 53 ans d’avance ! Dans « La crise économique de 1929. Anatomie d’une catastrophe financière. », 1954, nouvelle préface en 1988 (Payot 2008), Galbraith propose une explication limpide des rouages fondamentaux — toujours en vigueur — et permet de comprendre à la fois la crise actuelle et les remèdes nécessaires.
Il faut lire ce petit livre, qui est comme un phare dans la nuit de la crise.
Au passage, Maurice Allais connaît Galbraith depuis longtemps (50 ans ?) ; on sent partout des filiations (comme avec Schumpeter).
[color=black]Extrait de "La crise économique de 1929. Anatomie d'une catastrophe financière.", J. K. Galbraith, 1954 (Payot 2008, p. 12) :« Une troisième condition déterminante [du déclenchement des crises], aussi peu mentionnée à l’époque que récemment, fut l’adoption, peu avant le krach, de réductions d’impôts dont bénéficiaient principalement les gens très riches — avant 1929, les réductions de Andrew Mellon, et avant 1987, celles, plus spectaculaires, des économistes de l’offre avec Ronald Reagan.
[bgcolor=#FFFF99]Dans les deux cas, ces réductions étaient censées donner un coup de fouet à l’investissement, et permettre la création de nouvelles entreprises, de nouvelles usines et de nouveaux équipements. DANS LES DEUX CAS, ELLES NE FIRENT QUE DÉTOURNER DES FONDS VERS LE MARCHÉ DES ACTIONS : c’est en effet ainsi que les gens gagnant bien leur vie emploient leurs excédents de trésorerie. »[/bgcolor][/color]
Ceci est essentiel, il me semble, et mérite d’être lu et relu, (diffusé et propagé), porté à la connaissance du Président de la République et de ses conseillers « économistes » de l’offre, escrocs de la chimérique « relance par l’offre ».Il faudrait qu’ils sachent qu’ils sont repérés.
Extrait de "La crise économique de 1929. Anatomie d'une catastrophe financière.", J. K. Galbraith, 1954 (Payot 2008, p. 16) :[color=black]« En 1987, la situation, héritée des politiques de l’administration fédérale, était fort différente. Déjà sous le président Carter, l’inflation avait été combattue par la politique monétaire, par le biais surtout de taux d’intérêt élevés. Puis, au cours des années Reagan, [bgcolor=#FFFF99]les impôts furent drastiquement réduits, au nom de LA CHIMÈRE QUE REPRÉSENTE L’ÉCONOMIE DE L’OFFRE[/bgcolor] mentionnée plus haut, selon laquelle des taux d’imposition plus bas devaient encourager les initiatives individuelles et entraîner ainsi des recettes fiscales plus élevées.
Le résultat, en réalité, combiné à celui de dépenses militaires accrues, fut un énorme déficit budgétaire. Les effets inflationnistes de ces évolutions furent alors contenus par une politique monétaire encore plus agressive, et des taux d’intérêt encore plus assassins. C’était le monde né du croisement du professeur Arthur Laffer et du professeur Milton Friedman.
Les conséquences de cette politique aberrante ne font aucun doute. Les taux d’intérêt élevés attirèrent des capitaux de l’étranger qui, eux-mêmes, poussèrent le dollar vers le haut sur les marchés des changes. Il en résulta une subvention extraordinairement généreuse aux importations, une forte pénalisation des exportations et un énorme déficit de la balance commerciale américaine. Les produits étrangers, notamment japonais, s’installèrent solidement sur nos marchés et, contrairement aux bonnes vieilles matières premières, ne furent pas facilement délogés quand le dollar baissa. Une part substantielle des dollars qui s’étaient accumulés dans les mains des étrangers prirent le chemin de Wall Street. Il y avait là, pour le marché, une double source d’incertitude qui n’avait pas existé en 1929 : les investisseurs étrangers se préoccupaient à la fois du futur du dollar et du futur de leurs investissements boursiers. La panique de 1929 avait été, pour l’essentiel, un phénomène américain; celle de 1987 fut mondiale. »[/color]
Cette séquence — décrite dès 1988, il y 20 ans !— ne vous rappelle rien ?Le fils de J. K. Galbraith, James Galbraith, de son côté, écrit ceci :
[color=black]« [b]La théorie prédominante s'appuie sur l'idée que prix et quantité s'établissent par l'interaction de l'offre et de la demande dans des marchés concurrentiels libres. Cette idée, et nulle autre, qui est au cœur de la pensée économique, est la source des errements qui font que les économistes ont presque toujours tort.[/b]La présentation des concepts de l’offre et de la demande comme principes explicatifs universels date de plus d’un siècle (ce n’était pas le cas pour Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, Karl Marx ou John Stuart Mill). Les principaux protagonistes en sont Alfred Marshall, pour la tradition anglo-saxonne, et sans aucun doute Léon Walras en Europe continentale.
[b]Au XXe siècle, de grands économistes, tels Keynes, Joseph Schumpeter et John Kenneth Galbraith, ont tenté de briser le pouvoir de ces notions dans l’imaginaire de la profession économique. En vain.
Une approche de l’offre et de la demande sur le marché du travail sous-entend que le plein-emploi ne peut être réconcilié avec des prix stables, que l’évolution technologique entraîne l’inégalité des revenus et que l’augmentation du salaire minimum provoque obligatoirement le chômage. Dans tous les cas, l’erreur théorique fondamentale est essentiellement la même : la réification d’une courbe d’offre pour laquelle il n’existe aucun fondement empirique.[/b] »
James Galbraith - Comment les économistes se sont trompés (2000)[/color]
On continue à se faire bien enfumer par les riches, qui détruisent la planète.Tiens, à propos de riches qui détruisent la planète, vous devriez aller voir cette [bgcolor=#FFFF99]bonne conférence de Chavez à Copenhague[/bgcolor] : c’est intéressant et amusant.
C’est bien qu’on puisse dire ça à ce niveau.
L’ami Hervé Kempf se voit là honoré d’une publicité mondiale gratuite.
Publicité bien méritée, je trouve : son livre passionnant m’a fait découvrir (en l’articulant bien avec les problèmes écologiques) [bgcolor=#FFFF99]la pensée formidable de Thorstein Veblen qui moquait les pulsions puériles de la classe des loisirs, ultra riches forcément toujours insatiables parce que mus par une ridicule rivalité ostentatoire.
Cette rivalité irrépressible conduit à un gaspillage permanent et croissant, imposé par mimétisme à partir du haut jusque tout en bas de la pyramide sociale par le jeu de cette même rivalité ostentatoire qui nous anime tous. C’est assez bien vu. Et c’est la suite qui est particulièrement intéressante, car cette analyse permet de fonder une proposition politique radicale :
Ce gaspillage généralisé impulsé par un haut de pyramide inutilement riche justifie, pour la survie de l’espèce, l’intervention publique pour imposer UN REVENU MAXIMUM AUTORISÉ (RMA), puisqu’il est vain d’escompter que les riches s’arrêteront un jour spontanément d’accumuler et de gaspiller, une fois leurs besoins satisfaits (cela n’arrivera pas et ils détruiront la planète).
Dans cette optique, par le RMA, on impose les riches non pas pour obtenir de l’argent, ni pour les punir de quoi que soit, ni même pour répartir cet argent auprès de ceux qui en auraient plus besoin, mais prioritairement pour sauver tout le corps social d’un gaspillage mortifère sans fin.[/bgcolor]
[bgcolor=#CCFFFF]Décidément, l’analyse de la DEMANDE est bien un pan stratégique de la réflexion économique, à travailler prioritairement pour la recherche du bien commun.
Ne comptons pas sur les « économistes » pour le faire : on dirait qu’ils sont, pour la plupart, payés précisément pour ne PAS le faire. C’est donc, peut-être, aux citoyens eux-mêmes de s’emparer du sujet et d’en imposer ensuite les conclusions politiques logiques ?[/bgcolor]
Amicalement.
Étienne.
[size=12][color=blue]Discours par lequel [b]MIRABEAU exhorte l'Assemblée constituante, face à la crise, à décider la confiscation d'un quart des plus grandes fortunes (1789) :[/b]« Il faut le combler, ce gouffre effroyable. Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais choisissez ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le royaume (…). Vous reculez d’horreur… Hommes inconséquents ! Hommes pusillanimes ! Et ne voyez-vous pas qu’en décrétant la banqueroute, vous vous souillez d’un acte mille fois plus criminel ? (…) Croyez-vous que les milliers, les millions d’hommes qui perdront en un instant, par l’explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la consolation de leur vie, et peut-être leur unique moyen de la sustenter, vous laisseront paisiblement jouir de votre crime ? Contemplateurs stoïques des maux incalculables que cette catastrophe vomira sur la France, impassibles égoïstes, êtes-vous bien sûrs que tant d’hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les mets dont vous n’avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ? Non : vous périrez. »[/color][/size]
Étienne.

