[bgcolor=#FFFF99][b]Pas besoin de créer des signes monétaires spécifiques pour financer les intérêts des crédits
(puisque chaque signe monétaire peut servir plusieurs fois)
et donc, pas de pénurie de monnaie liée au fait que le crédit ne crée que la monnaie du principal et pas celle des intérêts[/b] [/bgcolor]
(la pénurie de monnaie disponible (pénurie effective) vient bien plutôt de l'absence de monnaie [b]permanente[/b] (dans les poches des pauvres, qui la dépenseraient) et de la généralité de la monnaie [b]temporaire[/b] —monnaie-dette—, absolument asphyxiante, elle)
Bonjour à tous,
Ce point est un des rares qui restent en discussion entre André-Jacques et moi 
Il me semble que l’idée selon laquelle il faudrait absolument (sous peine de dysfonctionnement) créer la monnaie correspondant aux intérêts n’est pas fondée : en effet, [bgcolor=#FFFF99]chaque unité monétaire peut servir plusieurs fois[/bgcolor], et même souvent un grand nombre de fois (ce nombre est moyenné dans l’indicateur « vitesse de rotation » de la monnaie), et donc chaque agent rembourseur de crédit prend simplement sur ses revenus pour payer les intérêts, en se privant ainsi d’un plaisir qu’il n’aura pas (pour payer l’intérêt) : la monnaie, il la trouve en abondance dans son salaire (il n’est nul besoin d’emprunter cette monnaie, ni individuellement, ni globalement).
Quel est le raisonnement qui vous conduit à penser que la monnaie utilisée pour les intérêts va manquer pour la seule raison qu’on n’a (effectivement) pas créé spécifiquement la monnaie correspondant aux intérêts ? Suivez-vous le même raisonnement pour la tranche de viande que vous payez au boucher (en prélevant de la monnaie sur vos revenus) ? Selon ce raisonnement, si on n’a pas créé précisément la monnaie voulue pour cette viande, la monnaie va finir par manquer ?
Il me semble que l’argent utilisé pour payer les « intérêts » est le même que celui qui aurait servi à payer des « honoraires » : il est pris sur le revenu de celui qui subit la charge de l’intérêt et qui devra se priver d’un plaisir pour cela. Changez l’étiquette collée au paquet de billets exigés par le prêteur (transformez l’étiquette « intérêts » en « honoraires ») et vous aurez exactement le même problème de volume de monnaie disponible nécessaire pour payer, non ?
À mon avis, le fait que la monnaie « tourne » (la rotation de la monnaie) rend caduque la critique qui prétend que « l’opération de crédit crée la monnaie correspondant au principal mais ne crée pas la monnaie correspondant aux intérêts, ce qui crée un déséquilibre permanent qui rend nécessaires de nouveaux crédits ».
En fait, il faut rentrer dans les chiffres pour départager les deux raisonnements.
Et quels sont-ils ?
Endettement de l’eurozone auprès des banques: 15400 milliards d’euros
M3 : 9000 milliards d’euros
M0 (monnaie permanente) : 740 milliards d’euros
Bref, ni l’un ni l’autre des deux raisonnements n’est si évident, et pour départager, il faudrait une modélisation monétaire pour trancher.
Il n’empêche que je trouve le delta entre dette et monnaie particulièrement élevé. La monnaie permanente de l’eurozone ne permet pas d’y suffire, quand bien même toute l’autre monnaie (la monnaie temporaire, donc d’endettement) circule aussi, mais celle là ne réduira l’endettement que lorsqu’elle sera détruite.
Dans ma proposition, j’ai bien spécifié que la monnaie permanente (soit 15400 - 9000 = 6400 milliards) devait être quantifié en divisant par sa vitesse de circulation.
@AJH : non, les banques percevraient les intérêts, et la monnaie permanente créé serait alloué aux états.
Ceci dit, je trouve que l'intérêt est à la fois injustifié et contre-productif, un revenu sans cause, disproportionné à l'effort de celui qu'il récompense ; c'est un abus de pouvoir et il ruine la multitude au profit de quelques accapareurs qui préfèrent faire travailler les autres que travailler eux-mêmes : l'intérêt (réel) devrait simplement disparaître (le taux d'intérêt devrait donc égaler le taux de l'inflation).
Je trouve fort peu convaincants tous les arguments (même ceux de Frédéric) qui présentent l’intérêt comme indispensable pour réguler la production/consommation de monnaie. Si la création monétaire était publique et si les agents publics étaient correctement contrôlés (avec une vraie constitution
), la régulation de la masse monétaire sans intérêt ne poserait aucun problème insurmontable.
Il est évident que dans le modèle d’AJH, pas besoin de simulation complexe, dette auprès de la BC = monnaie

Par ailleurs, l’intérêt n’est plus justifié en terme de loyer, à savoir louer l’usufruit d’un bien à autrui, puisque la monnaie est créée ex-nihilo,
Par ailleurs, souvent à tort, les banques assimilent le fait de recevoir des intérêts afin de se couvrir des risques. Notez cependant que la grande majorité des emprunts contractés sont assortis d’assurances en tout genre : beau double emploi que voila.
Par contre, je reste fidèle à l’idée de Frédéric Lordon, le prix est largement plus pratique qu’une limitation quantitative afin de ne pas abuser de la planche à billets. D’ailleurs, dans une limitation purement quantitative, on pourra être rapidement choqué de ne pas recevoir de fonds car ils ont été alloués à d’autre projet, ce qui aujourd’hui (du moins avant la crise) ne se produisait pas. Tout dépendait de la qualité de votre projet au yeux de la banque.