07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Sandy

Ne confondons pas Banque Centrale et État. Ne confondons pas liquidités (en général à court terme) mise à disposition de la Banque Centrale de Hongrie pour lui permettre à son tour des prêts au système bancaire hongrois et des (éventuels … ce qui n’est pas encore le cas) prêts aux États ou création monétaire permanente.

L’aide de la BCE à la Hongrie est très similaire à l’aide aux banques de la zone euro par l’achat d’obligations
http://www.boursorama.com/infos/imprimer_news.phtml?num=6c6049f04b33443d40c09d4a0a388fad
… mais pas des "obligations d’Etat " (ce qui équivaudrait à réellement prêter aux États…)

Les modalités techniques de ces achats seront dévoilées après la prochaine réunion du 4 juin, a précisé le président de la BCE. Ce type d'obligation, très répandues en Espagne et en Allemagne (Pfandbriefe), sont couvertes par des crédits hypothécaires ou des créances du secteur public et sont considérées comme sûres.

Le volume envisagé, plutôt modeste, montre que l’intention première n’est pas d’imprimer massivement de la monnaie, souligne Jörg Krämer, chef économiste à la Commerzbank. La BCE veut « avant tout soutenir un marché dont la liquidité a particulièrement souffert de la crise financière », explique-t-il.

Elle reste ainsi fidèle à sa stratégie de venir en aide en priorité aux banques, principaux vecteurs de financement dans la zone euro.

C’est dingue quand même cet aveuglement idéologique, ils vont jusqu’à faire des opérations financières absolument hallucinantes ( ici acheter toutes sortes d’obligations différentes ) renforçant encore plus le bordel qu’est aujourd’hui la finance, alors qu’ils pourraient prêter aux états tout simplement …

Je suis désolé que ce bonnet de nuit ait réussi à t’intimider
Dites-donc, ça commence à bien faire !!!!
et qu’il m’ait perdre mon temps
Vous avez perdu votre temps tout-seul, mon pauvre vieux, en quoi les 40 minutes que vous avez passé à éditer le message d'un autre seraient de ma faute ? Allez chercher de l'aide psychologique. [color=red][*][/color] Visiblement, la notion de "droit d'auteur" vous est étrangère :
© www.dedefensa.org - Euredit S.P.R.L.
[color=red][*][ [i]Sam : Zolko, ça c'est carton orange. Excusez-vous ou allez donc causer ailleurs. Si je ne trouve pas ici des excuses avant que vous reveniez causer, ou la prochaîne fois que je trouve une insulte dans un de vos messages, je réclame à tous les participants de voter votre éjection de ce forum.[/i] ][/color]

[color=purple]@ Sandy

C’est vrai ça… Pour un peu on croirait presque que les États sont des quantités négligeables, voire des entités à abattre, ce qui accréditerait les thèses à propos de l’instauration d’une gouvernance mondiale dirigée par les financiers ! ;)[/color]

Police des marchands, partout ?

Vous êtes de la police, Zolko ?

La prochaine étape de votre métamorphose est —logiquement— de nous dénoncer.

C’est pour bientôt ?

Vous voudriez imposer la logique commerçante des droits d’auteurs (évidemment utile dans certains cas, mais sûrement pas généralisable à toutes les activités humaines) aux réseaux de militants bénévoles qui consacrent leur vie à diffuser gratuitement des idées. Vous voudriez ainsi leur interdire de se renforcer mutuellement en leur imposant de ne signaler que des liens (vides de sens) plutôt que des messages directement intelligibles. Je vous sens prêt à nous faire un cours de droit sur le copyright à propos d’analyses politiques. C’est votre prochain message, sans doute.

Si vous êtes mercantile jusqu’au bout des ongles, vous auriez votre place à l’UMP, vous savez ; vous pourriez y défendre logiquement le projet Hadopi (c’est votre droit le plus strict).

Par contre, [bgcolor=#FFFF99]vous n’êtes pas, ici, chargé de la police[/bgcolor], Zolko, et votre agressivité permanente parle d’elle-même. Un bonnet de nuit, c’est un rabat-joie ; c’est peu dire, vous concernant.

Étienne.

[color=red]Carton orange

@ Zolko (message n°7128) :

Adressez à Étienne vos excuses, publiquement (ici s’entend) ou allez causer ailleurs.

Si je ne trouve pas ici des excuses avant que vous reveniez causer, je réclame à tous les participants de voter votre éjection de ce forum.

De même la prochaine fois que je trouve une insulte dans un de vos messages.[/color]

Sam, au titre de modérateur.

Bonjour,

C’est gentil à Sam de prendre ma défense, mais je n’ai pas besoin d’excuses : je ne me sens pas offensé du tout, mais enquiquiné (pour rester poli :wink: ) : je voudrais retrouver l’atmosphère cordiale de débats constructifs — i.e. contradictoires mais respectueux — qui régnait ici depuis des années, avant que Zolko ne vienne (pour des raisons qu’il est seul à connaître, peut-être sans le vouloir) tenter d’imposer des vues partisanes et électorales, et surtout (c’est ça qui est pénible) nous contraindre — sous peine d’insultes — à respecter/protéger les mythes Unioneuropéistes.

Il n’est évidemment pas question d’accepter cette police de la pensée (avec une pensée interdite qui serait celle de la possible émancipation par rapport aux institutions antidémocratiques de l’UE), même avec des méthodes d’intimidation verbale.

Pas besoin d’excuses, pour ce qui me concerne, donc, mais simplement de la bonne volonté…

Est-ce trop demander ?

Étienne.

Comme je te comprends Etienne et comme je suis d’accord avec toi.

En effet, il ne s’agit JAMAIS de conflit de PERSONNE mais TOUJOURS de conflit d’opinion, de divergence de points de vue, c’est de cela dont nous devons nous souvenir car sinon on n’avancera jamais.

Ne pas dépasser cette vision là, c’est accepter les cadres dans lesquels la doxa veut nous enfermer et au final couper la communication entre les individus et donc les affaiblir, c’est s’enfermer, au lieu de s’ouvrir et c’est empêcher la circulation d’une parole qui viendrait car elle est confrontée à une autre parole, faire office de diamant, un peu comme l’Esprit Saint( oui, allez marrez vous, je vous autorise à vous moquer de moi, je vous offre la bâton!) qui viendrait casser la gangue des lieux communs sclérosés, une purification salutaire car dès lors quelque chose respire, quelque chose passe , une oxygénation car il y a une porosité respectée, et c’est la vie qui circule, tout ce qui empêche ce mouvement, cette respiration, s’apparentent à la mort, c’est pourquoi je déteste les propos hypocrites de certains en certains lieux.

Certes, Zolko est fougueux et manque parfois de souplesse mais c’est Zolko, s’il n’était pas comme ça, ce ne serait peut-être pas lui, au fur et à mesure des discussions, il apprendra tout seul que ça passe mieux quand on met un peu huile dans les rouages, on voit donc les attentions des uns et des autres, celle de Sam, et celle d’André-Jacques à mon égard par exemple, suite à cette Défense et illustration de la typographie française( je rigole bien sûr)le principal au bout du compte c’est que nous dépassions tout cela au service d’une meilleure compréhension du monde , ce qui est le désir de chacun, tous les désaccords sont les bienvenus car ça produit forcément quelque chose de positif, merci à tous d’offrir cela en le manifestant de diverses façons, à chacun son mode d’emploi, mais en le manifestant, et c’est ce qui compte vraiment, rien de pire que le silence en la matière.

Merci à toi Etienne d’ouvrir les portes, d’ailleurs je ne mets pas de point final à ma phrase pour que la suite puisse se faire

tous les désaccords sont les bienvenus car ça produit forcément quelque chose de positif, merci à tous d'offrir cela en le manifestant de diverses façons, à chacun son mode d'emploi, mais en le manifestant, et c'est ce qui compte vraiment, rien de pire que le [b]silence[/b] en la matière.

Merci à toi Etienne d’ouvrir les portes, d’ailleurs je ne mets pas de point final à ma phrase pour que la suite puisse se faire

en reprenant le pouvoir sur nos nerfs.
à AJH, Zolko, Étienne

Si j’ai bien compris, si c’est l’État qui est à l’origine de la création monétaire, le pouvoir exécutif est tenté d’en abuser et il en a abusé à de nombreuses reprises en faisant marcher de façon excessive la planche à billet. Si c’est une Banque Centrale « indépendante », elle abuse en se mettant au service uniquement des intérêts privés les plus puissants. En quelque sorte, le pouvoir de battre monnaie, n’est arrêté rapidement par aucun contre-pouvoir, si j’ai bien compris. Cela serait agréable d’être compris par des gens qui comprennent des choses que l’ on ne comprends pas. Merci.

@Gilles (7152)

C’est tout à fait exact, sauf qu’il y a peu d’exemples en fait où l’État a abusé de son pouvoir (alors qu’il n’y a que peu de temps que les Banques Centrale sont indépendantes de l’État… ) .
Je trouve néanmoins logique de vouloir délimiter ce pouvoir de création monétaire (et de sa distribution) qui peut être utilisé, non par l’État mais par le gouvernement dans des buts politiciens ou électoralistes.

La première question n’est pas trop de la « quantité de monnaie » si elle reste raisonnable par rapport aux productions présentes ou futures, mais de sa répartition.
La seconde question est de savoir à qui doivent profiter les intérêts, s’il doit y en avoir.

Pour info: La Banque de France appartient toujours à 100% à l’État : elle lui verse des dividendes et paye des impôts sur ses bénéfices

Pour rappel, un contre pouvoir n’est pas un moyen efficace de limiter un pouvoir vu que ce contre-pouvoir peut très bien se coaliser avec le pouvoir.
On limite donc un pouvoir en définissant ce qu’il a droit ou ce qu’il n’a pas droit de faire dans une constitution.

@ Sandy,

oui et non, car « ce qu’il [a ou] n’a pas droit de faire », pour figurer dans une constitution, ne peut pas être une règle sortie d’un chapeau, la règle constitutionnelle renvoie nécessairement à un champ de forces sociales, plus ou moins et plus ou moins directement relayées par des organes constitués. [bgcolor=#FFFF99]Et si l’équilibre n’est pas vérifié en réalité, alors il n’y a plus de constitution[/bgcolor] (cf. Déclaration des droits de l’homme, art. 16).

Oui, parce que de la mission orientée de la BC dépend la nature des pouvoirs qui la contrôlent et la limitent, et de ceux qui n’auront pas moyen de trouver du relais dans les institutions.

Cette indépendance statutaire de la BC est effectivement ce qui pèse le moins dans l’affaire. Un simple pouvoir exécutif est toujours indépendant durant un certain temps. D’ailleurs, le directoire de la BCE est nommé par le Conseil (ou le Conseil européen, je ne sais plus). Ce qui établit l’indépendance de la BC par rapport au politique, c’est tout le cadre, anti-politique, établit par les traités. Anti-politique au sens où la politique possible ne va que dans un sens et où elle est décidée par des instances que ne vient pas troubler notre vote. On ne peut même pas dire que la BCE n’exerce pas de rôle législatif, en matière monétaire y compris. On peut dire, par contre, qu’elle est condamnée à mener une politique à la solde des banques, etc.

[color=purple]Oui, parce que ce qui pèse le plus est, effectivement, une chose que la BC n’a pas le droit de faire : l’interdiction de faire accéder les pouvoirs publics à la planche à billets. Tandis que la BCE, au passage, n’a pas interdiction et ne se prive pas d’acheter des bons du trésor étasunien. Nous voilà livrés aux marchés, et poussés à financer « le déficit public américain ».

Bien sûr, vient ensuite la mission anti-inflation de la BCE, l’ensemble de ces deux contraintes et d’autres éléments du cadre néolibéral faisant qu’elle n’est sanctionnée que par les puissances financières et non par les gouvernements.

Lesquels gouvernements sont tôt ou tard poussés au train par les travailleurs. Dans ce cas de figure, les gouvernements formeraient, du moins se feraient le relais d’un « contre-pouvoir » à la « sanction des marchés », aux exigences des banques, à leurs taux swaps qui règlent d’avance, sinon, les taux d’intérêt eux-mêmes. [/color] Tandis que là, il y a déséquilibre complet entre les forces sociales relayées par les institutions.

La séparation des pouvoirs renvoie bel et bien à une opposition de pouvoirs constitués, en définitive. Et si ce n’est pas le cas, c’est précisément que la constitution n’est pas viable ou qu’en réalité, il n’y en a pas, ou plus (comme dans notre cas) puisque, les pouvoirs constituées relayant les forces sociales d’une manière tout à fait déséquilibrée, certaines, forces privées anonymes, règnent sans partage, asservissent les pouvoirs constitués et incarnent de fait, le pouvoir ; ainsi, les pouvoirs non seulement ne sont pas séparés mais ils ne sont plus définis.

J’avoue n’avoir rien compris à ce que vous tentez d’expliquer :wink:

C’est à nous de fixer les limites d’un pouvoir, c’est à dire, ce qu’il a le droit ou pas de faire, dans la constitution, et ensuite aux pouvoirs de respecter la constitution, c’est dans cet ordre que cela fonctionne, ainsi on peut très bien sortir toutes les règles que l’on veut d’un chapeau c’est ensuite aux pouvoirs de les respecter et d’en faire une réalité.

Si j’ai fait cette remarque c’est parce qu’une des grosses supercheries depuis toujours a été de faire croire que la séparation des pouvoirs était une limite suffisante en soi alors qu’en réalité c’est juste nécessaire mais certainement pas suffisant.

Car il est évident qu’un contre pouvoir n’apporte plus aucune limite à un pouvoir quand ce contre pouvoir et ce pouvoir sont coalisés entre eux. C’est ce qui arrive par exemple avec le parlement et le gouvernement. Parce que l’UMP domine le parlement et le gouvernement, le parlement ne sert plus à rien et fonctionne simplement comme une chambre d’enregistrement des lois écrites par le gouvernement.

On peut dire la même chose du conseil constitutionnel et du parlement.

Ou l’exemple le plus frappant reste évidemment celui des médias censé être un contre pouvoir du gouvernement.

La séparation des pouvoirs en elle-même ne garantit pas grand chose.

En réalité, c’est la séparation des pouvoirs ajoutée à la mise en place de limites sous forme d’interdiction / autorisation, qui permet de nous protéger des pouvoirs, l’un sans l’autre est insuffisant.

Inversement, des limites ne feraient pas long feu avec un pouvoir totalement concentré entre les mêmes mains.

Concernant la BCE donc, il faut non seulement bien séparer les pouvoirs mais aussi poser les bonnes limites à son pouvoir, un contre-pouvoir serait insuffisant pour empécher les possibles abus.

"…et ensuite aux pouvoirs de respecter la constitution

Et qui donc va les y contraindre, si ce n’est pas un autre pouvoir ? A part le pape, ou la noblesse, ou les (leurs) médias, qui sont des pouvoirs ? A part l’insurection ?

Pour ne pas que l’on abuse du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir (Montesquieu).

J’ai dit la même chose que toi, d’un côté : il faut que la constitution dise ce qu’ils ont le droit ou pas de faire. C’est justement ça, (l’acte de définition de) la séparation des pouvoirs, c’est la « mise en place de limites sous forme d’interdiction / autorisation ». Tu opposes deux choses qui sont à peu près la même chose.
Observe qu’a priori, la première limite évidente au pouvoir de l’un, c’est le pouvoir de l’autre. Ce que l’un a, l’autre ne l’a pas.

Mais ce qui fait que les pouvoirs respectent chacun la constitution, c’est d’autres choses, qui presque toutes découlent aussi de ce qui est écrit dans la constitution : [bgcolor=#FFFF99]d’abord, le fait que ce partage est équilibré, au sens où chacun de ces pouvoirs est un corps suffisament fort ; ensuite, le fait qu’il implique des rapports de domination croisés ; enfin, la connaissance que le peuple a de ses droits et des devoirs de ses représentants[/bgcolor] (cf. Préambule DDHC 1789). La dernière condition étant presque toujours trop peu satisfaite en pratique, elle ne suffit pas, il faut que les pouvoirs soient assez stables et donc qu’il n’y en ait pas un qui écrase vite l’autre (en changeant ou pas la constitution écrite).

Au final, c’est parce que c’est une bonne constitution, parce que la définition des pouvoirs, c’est-à-dire celle de leurs limites, est bien, qu’ils sont « séparés », c’est-à-dire équilibrés et « arrêtés » les uns par les autres. Donc qu’ils sont chacun forcés par les autres de respecter la constitution.

Mais il y a autre chose, qui ne tient pas à la séparation des pouvoirs mais à la composition interne de chaque pouvoir. Il existe des souverains plus ou moins démocratiques, aristocratiques ou monarchiques, des exécutifs plus ou moins aristocratiques ou monarchiques, … Et cet aspect est nécessairement lié à ce que j’appelais un champ de force sociales, faute de quoi la constitution est mauvaise et ne tient pas longtemps. C’est du moins une thèse très répandue. La même qui dit qu’on ne peut instaurer brutalement le tirage au sort pour un peuple trop habitué à l’aristocratie, ou qu’un peuple d’esclaves n’a pas besoin d’un libérateur mais d’un maître, … Il y a là des visions radicales, mais du fondement quand-même.

Il existe aussi et surtout des constitutions pas viables… Comme la nôtre. La meilleure preuve en est que la moitié de ce qui y est écrit n’est plus observé. Des « constitutions » ou le gouvernement est bien plus qu’un exécutif, et plus qu’un exécutif qui fait aussi une part des lois : un gouvernement comme à peu près tous ceux qu’on connait, qui n’exécute pas mais qui commande et qui agit hors du cadre des lois.

Concernant le Parlement et le Gouvernement français, si tu te bases sur ce que la constitution dit qu’ils ont le droit ou pas de faire, tu vois que [b]ces pouvoirs sont très mal séparés effectivement. Le Gouvernement n’a eu de cesse de faire de plus en plus les lois lui-même. Au présent, il les faites presque toutes :

  • soit au plan national :[/b] l’article 34, dès 1958, limitait l’action législative du Parlement en posant une liste finie de domaines pour la loi, en donnant le reste au Gouvernement, donc, agissant par voie réglementaire – dans la dernière modification, Sarkozy a été jusqu’à faire retirer le premier alinéa de l’article 34 qui disait « La loi est votée par le Parlement »… !
    - soit dans le cadre du Conseil, au plan de l’Union européenne. D’ailleurs, la constitution a été copieusement violée puisqu’elle interdit aux membres du Gouvernement l’exercice de tout mandat parlementaire.

Ton idée de "coalition "est intéressante. Cela rappelle la doi-disant « démocratie de partis » et, surtout, le dilemme de la proportionnelle. Quand pas mal de gens disent qu’il serait nécessaire de casser le règne d’une majorité partisanne à l’Assemblée, de donner de la pluralité, etc, bref d’instaurer la proportionnelle, si possible intégrale, le contre-argument le plus récurent est qu’il faut une majorité… pour désigner un Gouvernement stable. Stable, tu parles, en tous cas il s’agit justement de « coaliser » Parlement et Gouvernement (sous l’égide d’un parti).

C’est pour cette raison que j’ai essayé d’imaginer une séparation des rôles parlementaires entre plusieurs assemblées, où on n’aurait plus de sénat, mais notamment deux assemblées distinctes pour assurer les fonctions ici reconnues antagonistes pour ce qui est de la composition d’une assemblée.

Là encore, ça renvoie à des règles constitutionnelles : [bgcolor=#FFFF99]le mode d’élection des députés et sénateurs. Bien que ces salauds en aient fait de simples lois et les aient depuis longtemps votées eux-mêmes, comme leurs salaires et autres avantages. Là, ce n’est plus une coalition, c’est un troupeau ![/bgcolor] De la même manière, ils nous auraient enlevé le tirage au sort si on l’avait. Ce qui nous renvoie à la modification de la constitution par ceux qui exercent ou vont exercer. Autrement dit, là encore, à ce que les différents pouvoirs constitués peuvent faire ou non. L’ennui ici, et c’est bien pour ça qu’on est là, c’est qu’il n’y a pas de pouvoir constitué sur qui compter pour faire respecter ça…

Le Conseil constitutionnel ? Assez curieusement, il me semble qu’il s’oppose plutôt très bien au Parlement. Une raison est qu’étant un arbitre, un « sage » lui-même tout à fait incontrôlé, composé d’anciens Présidents, de gens élus par le Président et ceux des assemblées, … [bgcolor=#FFFF99]il fait comme la Cour de justice des Communautés européennes : il étend progressivement ses pouvoirs.[/bgcolor] Or il ne peut piétinner que sur ceux du législateur. Il l’a tellement bien fait, par contre, qu’il a validé le coup d’État filé européen, qui a vidé la constitution de sa substance, ce qui veut dire aussi qu’il ne respecte pas ses devoirs, en fait, et laisse primer le politique sur le juridique (et indirectement, l’économique sur le politique). [bgcolor=#FFFF99]Pas étonnant : aucun autre pouvoir ne l’arrête, et par ailleurs il ne dépend pas du tout de la sanction du peuple.[/bgcolor]

Je pense que les médias restent largement un contre-pouvoir des gouvernements. À ceci près que les seconds dansent devant les premiers… comme ils sont esclaves des multinationales, de la finance, etc. Passons. Ainsi, le gouvernement, par contre, n’est plus un contre-pouvoir des médias et de leurs patrons. À cause du fait que le Parlement fait aussi des lois pour les mêmes.

Ce que je veux dire ici est qu’il faut qu’il y ait réciprocité, rapports de domination croisés. Faute de quoi l’un bouffe l’autre. Tu peux aussi bien dire qu’il y a coalition, si on considère que chacun y trouve son compte, au sens de l’intérêt particulier et même de corps.

Bonjour

Je vous informe de l’ouverture d’un nouveau site (wiki) dont le cadre sera limité à celui [bgcolor=#FFFF99]de la monnaie et de la dette[/bgcolor].

Deux adresses pour y accéder :
http://monnaie.wikispaces.com/
et (redirection auto)
http://www.detteetmonnaie.fr

N’hésitez pas à vous inscrire, à participer et à le faire connaître.

Je pense que ce serait également le lieu pour apporter des propositions de règles souhaitables concernant le fonctionnement souhaité du système monétaire, bancaire, financier, spéculatif, commercial…

J’ai ouvert une page à ce sujet … http://monnaie.wikispaces.com/Régulations … À vous !

Amitiés.

AJH

@ Sam

Je pense que cela fait une très grande différence si le gouvernement est autorisé à commettre un abus de pouvoir parce que rien ne l’interdit, plutôt que de commettre un abus de pouvoir alors que cela lui est interdit.

Cette différence c’est la légalité.

Et vous avez raison : rien ne peut empêcher une personne, ni même un gouvernement, de transgresser la loi. Mais reconnaissez qu’accuser une personne ou un gouvernement sur sa moralité ou sa légitimité n’a pas le même poids que de l’accuser sur la légalité de ses actes.

Je suis persuadé que sans la vigilance des citoyens de toute façon toute construction politique censée les protéger ne pourrait que s’effondrer et finir par disparaître. En particulier donc pour la république et la démocratie.
Mais justement une bonne constitution nous faciliterait énormément le travail :wink:

Je suis d’accord la séparation de pouvoir en elle-même est une forme de limite du pouvoir. Mais si je fais la différence c’est bien pour mettre en avant que [bgcolor=#FFFF99]même séparés, des pouvoirs peuvent se coaliser[/bgcolor] (Et quand je parle de coalition, je veux effectivement parler de coalition à cause d’intérêts communs ou tout simplement par domination de l’un ou de l’autre par les mêmes personnes.)
et le problème originel censé être résolu par la séparation des pouvoirs reste alors entier.

Je veux faire cette différence parce qu’il me semble important de bien faire attention à la séparation des pouvoirs et de bien faire attention à ce qu’ils soient bien tous issus de la volonté générale ( qu’il n’y a nulle part de l’arbitraire ) et de façon à ce qu’ils respectent bien nos droits fondamentaux.

Ce sont les trois ingrédients indispensables à mon avis pour mijoter une bonne constitution. Je n’invente rien je m’inspire des écrits de Benjamin Constant sur le sujet que j’ai trouvé très pertinents.

Ton idée de "coalition "est intéressante. Cela rappelle la doi-disant "démocratie de partis" et, surtout, le dilemme de la proportionnelle. Quand pas mal de gens disent qu'il serait nécessaire de casser le règne d'une majorité partisanne à l'Assemblée, de donenr de la pluralité, etc, bref d'instaurer la proportionnelle, si possible intégrale, le contre-argument le plus récurent est qu'il faut une majorité... pour désigner un Gouvernement stable. Stable, tu parles, en tous cas il s'agit justement de "coaliser" Parlement et Gouvernement (sous l'égide d'un parti). C'est pour cette raison que j'ai essayé d'imaginer une séparation des rôles parlementaires entre plusieurs assemblées, où on n'aurait plus de sénat, mais notamment deux assemblées distinctes pour assurer les fonctions ici reconnues antagonistes pour ce qui est de la composition d'une assemblée.
J'ai pas mal réfléchi à cette question parce que, j'avoue, Jacques Roman m'a bien embêté, et aussi parce que c'est une remarque qui est souvent faite, et je pense qu'[color=red][b]en réalité si la proportionnelle se transforme en régime de partis, ce n'est pas uniquement le fait de la proportionnelle, mais aussi le fait de la "représentation nationale".[/b][/color]

Si on remplace la représentation nationale par la représentation populaire ( souveraineté nationale par souveraineté populaire ), bref si l’on réinstaure des mandats impératifs comme défendu par Etienne, je pense que ce serait suffisant pour empêcher ce phénomène.
Les députés devant rendre des comptes aux électeurs ne pourront plus se compromettre dans des jeux partisans.

A partir de quand les banques privées ont pu créer de la monnaie en France, je n’arrive pas bien à comprendre. Et qu’en est-il des autres pays ? En particulier les pays européens ?

Désolé Sandy de n’avoir pas répondu plus tôt

En Angleterre c’est au milieu du 17° s. ( lire l’introduction de http://monnaie.wikispaces.com/Création+monétaire ) … je ne sais pas pour la France et les autres pays, mais ça a du être vers cette époque également car l’information * a du circuler assez vite

*Information de l’idée que:
"[i]Mais les orfèvres banquiers vont s’apercevoir que le stock de métaux précieux ne descend jamais en dessous d’un certain seuil pour deux raisons :

  • en vertu de la loi des grands nombres, à un moment donné les dépôts et les retraits se compensent largement, des dépôts nouveaux tendant à équilibrer les retraits
  • Les détenteurs des certificats accordent une grande confiance aux orfèvres, de sorte qu’ils en demandent rarement la conversion. Tous les billets ne seront pas présentés à la fois pour être convertis

Une couverture métallique à 100 % des certificats est devenue inutile puisqu’une petite encaisse (de l’ordre du tiers semble-t-il à l’époque) suffit à parer aux retraits imprévus. Plutôt que de conserver cet or et cet argent qui « dorment », mieux vaut dès lors les faire fructifier. Face à ce constat, vers 1665, les orfèvres vont alors commencer à émettre des certificats en échange d’un titre de dette et non d’un dépôt d’or ou d’argent. L’orfèvre remet à son client emprunteur, privé ou public, des billets en tout point identiques aux autres[/i]"

Mandat impératif/proportionnelle

Sandy (7233).

  1. Le mandat impératif, à supposer qu’il soit possible, est applicable autant au scrutin uninominal qu’à la proportionnelle, et autant en régime de souveraineté nationale qu’en régime de souveraineté populaire. Ou alors, qu’entendez-vous par « mandat impératif » et par « souveraineté nationale », et à quelle proposition d’Étienne vous référez-vous exactement ?

  2. Le mandat impératif n’est pas possible en démocratie moderne : voilà longtemps que les électeurs (et les représentants, qui doivent être à leur écoute) ont acquis le droit de changer d’avis en fonction des circonstances. Le mandat impératif est une procédure féodale, d’Ancien Régime : au mieux c’est une méthode notariale de « procuration » qui n’est pas applicable aux décisions politiques.

  3. Vous êtes-vous demandé ce qui (ne) se serait (pas) passé en 1789 si le Tiers État avait respecté les mandats impératifs ? C’est la dernière fois qu’on a voulu utiliser cette procédure en France : comme vous le savez, du moment qu’on voulait changer les choses, elle est tombée d’elle-même. Est-ce que cette preuve ne’st pas suffisante ? Pourquoi en revenir au système de Louis XIII ?

Le mandat impératif est non seulement impossible de nos jours : il est antidémocratique.

Sandy, vraiment, si vous définissiez ce que vous entendez pas « mandat impératif », ça contribuerait beaucoup à éclaircir le débat : je crois que nous parlons de choses différentes. JR

[bgcolor=#FFFF99]« Paul Jorion est l’invité — décapant — de France Info (vidéo, 5 juin 2009) »[/bgcolor]
http://www.pauljorion.com/blog/?p=3299

Cet entretien est souvent intéressant.
Il est surtout enthousiasmant de voir ainsi critiquer radicalement le système sans qu’aussitôt les chiens de garde ne mordent les jarrets du résistant.

Je ferai seulement une nuance et une réserve :

1) Sur la monnaie, je nuancerais : quand Paul dit qu’« une reconnaissance de dette, ce n’est pas de la monnaie », il devrait plutôt dire qu’« une reconnaissance de dette c’est une mauvaise monnaie, voire une fausse monnaie » ; je ne reviens pas là-dessus :wink:

2) Le plus important, c’est ma réserve ; elle concerne [bgcolor=#FFFF99]le libre échange[/bgcolor] : j’ai l’impression que, quand il prétend que le libre échange n’est pas un problème et que seule la spéculation est la maladie du capitalisme à soigner, Paul n’a (encore) rien lu d’important sur la question et qu’il répond intuitivement ; nous serions alors un peu dans la même situation qu’il y a un an, à propos de la monnaie : Paul avait des positions assez tranchées (et intéressantes) sur un sujet (la création monétaire) où il avoua plus tard qu’il n’avait encore jamais lu un seul livre sur le sujet… ce qui se comprend (les employés des banques n’ont jamais conscience de la création monétaire, ils n’en voient aucun signe, ce n’est pas leur job), et ce qui défend tout à fait car l’opinion de Candide apporte toujours un précieux sang neuf aux débats d’idées, mais ce qu’on doit garder à l’esprit pour ne pas exagérément survaloriser certains points de vue : Candide n’a pas toujours raison par le seul fait qu’il est candide.

Sur le libre échange, il y a six mois, Paul a censuré un de mes commentaires qui évoquait une excellente synthèse sur le libre échange, simplement parce que son auteur était d’un petit parti (Solidarité et progrès) que Paul suspecte (très injustement, à mon avis) d’être, sans le dire, d’extrême droite, ce qui est une sottise, un vrai procès en sorcellerie (injuste de A à Z), je crois : Pierre Bonnefoy avait écrit une synthèse passionnante contre l’idéologie (impérialiste) du libre échange, outil de domination des Anglais à l’époque, devenu aujourd’hui outil de domination des multinationales.

Pierre Bonnefoy soulignait dans ce long document, entre autres, [bgcolor=#FFFF99]l’importance de l’œuvre de Friedrich List, dont le livre « Système national d’économie politique » (excellemment préfacé par Emmanuel Todd) est effectivement une merveille de raisonnements et de faits articulés en faveur du protectionnisme c’est-à-dire d’un échange intelligent, régulé, garanti équitable, au lieu de la jungle libréchangiste qui ne favorise évidemment que les plus forts.[/bgcolor]

Résultat de la calomnie contre Solidarité et progrès (et de la crédulité de ceux qui font crédit aux calomnies sans prêter attention à la défense des calomniés) : Paul semble (pour l’instant) intellectuellement fermé à cette critique radicale de la plus dangereuse idéologie économique qui soit… c’est très dommage. C’est un exemple de plus de la redoutable efficacité de la calomnie.

C’est d’autant plus paradoxal que Paul Jorion défend (vaillamment, courageusement) quasiment toutes les thèses essentielles de Solidarité et progrès, et notamment la dénonciation de la finance et la banque comme parasites mortels du système.

Comme prévu par les calomniateurs, la calomnie conduit les résistants à se tirer dessus mutuellement : ça marche depuis des millénaires.

Si vous n’avez pas lu cet article de Pierre Bonnefoy qui explique les enjeux du combat idéologique entre libre échange et protectionnisme, (l’article coupé par Paul), je vous le recommande instamment :
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=3031#p3031.

Contre la nuisibilité crasse du libre échange, et plus généralement contre la dérégulation prétendument « libérale », (nuisibilité au regard de l’intérêt général, bien sûr, car au regard des intérêts des ultrariches, c’est l’inverse, évidemment), il faut lire Jacques Généreux qui, à mon avis, sur ce sujet-là, est mille fois plus crédible que Paul Jorion (ou moi).

Cette réserve faite, Paul est remarquable dans cet entretien : attachant, bagarreur et calme à la fois, convainquant, décapant.


[bgcolor=#FFFF99]« La folie du libre échange dérégulé
résumée par l’excellent Jacques Généreux »
[/bgcolor]

[b]« Oubliant que ce sont des lois qui ont fait le marché, d'aucuns ont cru que l'avenir du marché était dans l'abolition des lois !

Folie comparable à celle d’[bgcolor=#FFFF99]un gardien de zoo qui ouvrirait la cage des lions, au prétexte qu’en trente ans de carrière il n’a jamais vu un lion agresser qui que ce soit ![/bgcolor] »[/b]

Jacques Généreux, Les vraies lois de l’économie, 2005, p 295.


Une réserve (en forme de procès d’intention) : je suis sûr que les idéologues du libre échange n’oublient rien du tout, je suis sûr qu’ils savent très bien que leur idéologie va martyriser le plus grand nombre au profit de quelques privilégiés (privilégiés qui payent justement ces économistes pour soutenir théoriquement les sottises du libre échange et du saint-marché).

Étienne.


La lutte de l’homme contre le pouvoir est la lutte de la mémoire contre l’oubli.
Milan Kundera.