À propos du billet « Réchauffement climatique » et de l’échange du 8 mai qui s’en est suivi
Note (pas faite au titre de "modérateur"...) : le réchauffement climatique et le dogme associé ne sont pas ici très hors sujet, à mon sens (au débat d'expliquer pourquoi ?) -- quant à l'idée d'ouvrir un fil dédié, ici, elle ne s'impose peut-être pas.
[color=purple]La citation ci-dessus pour prévenir (j'espère) toute remarque concernant l'opportunité de placer ma réponse dans ce fil...
J’ai été… on va dire « passablement stupéfait », de lire le bref échange — à mon avis complètement surréaliste — qui a eu lieu il y a quelques jours à propos, en gros, du réchauffement climatique et de ses causes (humaines ou non). Il me semble de plus en plus que les 2 opinions exposées dans cet échange se rapprochent dangereusement de la querelle de clocher aussi parfaitement ridicule que stérile.
Primo, je ne sais plus quel intervenant cite des scientifiques de renom — diplômes à l’appui ! — pour remettre en cause ce qu’il appelle la « pensée unique » en matière de réchauffement climatique. Pourquoi pas, en effet. Ce que l’intervenant en question oublie de dire, c’est que l’autre camp est lui aussi composé au moins pour partie de scientifiques de renom possédant des diplômes équivalents. Dans la mesure où personne, pour l’instant, n’est en mesure de trancher, ce sont donc les chiffres et les conclusions des uns contre les chiffres et les conclusions des autres. Il en va de même pour la crise de l’eau en Europe (pour ne citer que notre continent), que certains scientifiques britanniques, dans une étude publiée il y a quelques semaines, nous prédisent pour l’horizon 2020, alors qu’un autre scientifique (français celui-là) réfute cette éventualité dans un ouvrage qui vient de paraître.
Secundo, je ne sais plus qui reproche au courant « écologiste » (pour faire court je rassemble dans ce terme toutes les mouvances connexes qui partagent cette « pensée unique ») de faire le jeu, sciemment ou non, de puissances internationales qui cherchent dans le développement durable un nouvel eldorado juteux. Je ne contesterai pas le fait que le développement durable puisse constituer un tel eldorado, mais l’amalgame me semble un peu rapide. D’ailleurs, ce que l’intervenant oublie de dire c’est que rien ne prouve que les opposants à la « pensée unique » ne sont pas eux aussi à la solde de puissances internationales qui cherchent à contrer la remise en cause de notre modèle de société consumériste, afin de préserver leur fond de commerce extrêmement rentable. Pour ma part, à tout prendre, je préfère tomber dans le panneau du développement durable (véritable) que dans celui du consumérisme effréné. Ça me semble moins dangereux pour l’avenir, et humainement plus épanouissant.
Tertio, et c’est là que l’échange me paraît surréaliste, il ne faut pas oublier que le réchauffement climatique n’est que l’un des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Si les origines de ce réchauffement ne sont pas prouvées, ces autres problèmes, eux, ne font pas débat. Par exemple, personne n’ira contester la déforestation massive en Amazonie et en Asie du Sud-Est, avec les conséquences que l’on sait (et celles que l’on ignore encore) en termes de biodiversité. Personne n’ira contester que l’air de nos villes et de nos banlieues pue et nous empoisonne de plus en plus, saturé qu’il est aux heures de pointe par les émanations issues des millions de voitures en circulation, diesel en tête (merci les particules microfines, et merci aux fabricants de FAP à 1000 € pièce qui en font une option pas à la portée de toutes les bourses).
J’arrêterai là car la liste serait longue et mon propos n’est pas de dresser un inventaire complet. En revanche, pour résumer, c’est l’EMPREINTE HUMAINE (c’est-à-dire de chacun d’entre nous) sur la planète qu’il est nécessaire de réduire de toute urgence, faute de quoi « il n’y en aura pas pour tout le monde » et les conflits qui ne manqueront pas alors d’éclater et qui ont déjà commencé à le faire (je ne sais plus qui a cité, avec raison, le pétrole comme étant l’une des causes de l’intervention US en Irak) seront à classer dans la même catégorie que nos soucis démocratiques : « Bien fait pour nous » (© Étienne
).
Mais bien sûr, là aussi je risque de me heurter à une levée de boucliers de la part des opposants à la « pensée unique », qui dénoncent, peut-être à bon droit, les propos alarmistes des cassandres verts. Tant pis. Si l’origine humaine du réchauffement climatique n’est pas prouvée, je reste persuadé qu’il ne faut pas pour autant pousser un soupir de soulagement et se dire « Ouf ! Tout va bien. », considérer l’ensemble du problème comme non existant et continuer à polluer et à gaspiller comme si de rien n’était.[/color]