07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Merci AJH,

Pour le mécanisme, tu apprendras beaucoup si tu veux bien lire http://www.societal.org/monnaie/creationmonnaiepourlesnuls.pdf
Je l'avais déjà lu, et justement la création monétaire pas les banques centrales n'y apparait pas clairement. Leur rôle semble se limiter à vérifier des obligations de réserves et à l'impression de billets, mais qu'ils revendent donc ne créent pas du point de vue comptable.

L’origine de ma que question vient d’un article que j’ai écrit, et qui part du stipulat que 100% de notre monnaie est crée par les banques à travers les réserves fractionnaires. Si les banques centrales créent de l’argent, la rédaction de ma « démonstration » doit être changée, mais le résultat n’est pas forcément bouleversé. Mon article parle de l’invalidité du postulat suivant dans le document que vous pointez:

Quand un client, par exemple une entreprise X, demande un prêt de 100 000€ à sa banque, celle-ci crédite son compte du montant emprunté (la somme est inscrite en dépôt à vue) en échange d'un engagement de remboursement aux échéances prévues dans le contrat.
Et ceci est incomplet, car il manque les intérêts dans l'équation. Quand on fait un prêt de 100 000€, on doit en rembourser 110 000€ (par exemple), et ces 10% supplémentaires ? Comment apparaissent-ils sur les bilan ? Vous n'en parlez pas dans ce document . Si on emprunte [i]X[/i] à une banque, elle inscrit selon ce document [i]X[/i] à son passif (le compte à vue de l'emprunteur) et [i]X[/i] à son actif (la dette de l'emprunteur). Or, si la somme est juste au passif (la banque doit bien fournir [i]X[/i]) elle est fausse à l'actif, qui est supérieur (du montant [i]Y[/i] de l'intérêt). C'est là où je ne comprends pas.

Cet article a-t-il du sens ? (www.front-plan-c.eu/Forum/viewtopic.php?f=17&p=381&sid=c5d2945c75da424b90b8c3e02756a5e1#p381).

@Zoko
Oui, ton article est tout à fait exact: c’est bien ainsi que çà se passe, ainsi que tu l’écris

Et là, on se rend compte que la réponse est en fait limpide : cet argent est créé lors d'un crédit dans le futur ! Pour créer l'intérêt Y d'un prêt X, il est nécessaire de faire un autre prêt - que nous appellerons X(n+1) - dont une partie servira à rembourser l'intérêt Y(n) du prêt X(n). C'est une pyramide exemplaire : les intérêts payés par les banques à leurs clients viennent des emprunts réalisés par les clients suivants.

Mais, me direz-vous, si on utilise une partie du crédit X(n+1) pour rembourser les intérêts Y(n), il va alors manquer un peu d’argent pour rembourser le principal X(n+1), en plus de l’intérêt Y(n+1) qu’il faudra déjà payer ! Eh oui, et c’est aussi ce qui caractérise tout système pyramidal, il ne peut fonctionner que si à l’étape (n+1) la quantité d’argent en circulation est supérieure à celle de l’étape (n). C’est pour cela qu’une « croissance » est toujours nécessaires. Croissance de quoi ? De la masse monétaire pardi !


Néanmoins, ça me semble un peu plus compliqué que cela puisque les banques peuvent créer de la monnaie pour leur compte propre (monétisation de titres ou d’obligations) … cette monnaie compenserait éventuellement un « gel » de la quantité de crédits accordés .

Je n’ai pas parlé des intérêts car je voulais me limiter à la « création monétaire » proprement dite: c’était prévu dans un prochain article en complément de l’explication "techquique " de cet article que tu as donc bien assimilé manifestement.

Les banques centrales créent la monnaie centrale (fiduciaire ou scripturale) de la même manière que les banques commerciales. Cette monnaie qu’elles créent est à leur passif ( billets de banque + dépôts du secteur public, + fonds propres , qui sont à l’actif du secteur public et privé) ET réserves des banques commerciales qui sont à l’actif des banques commerciales), et cette monnaie centrale est créée contre des actifs ( créances sur l’étranger + créances sur les banques commerciales + créances sur les Etats) qui sont donc au passif des créanciers (banques centrales étrangères, banques commerciales, Etats quand c’est possible comme pour la FED…)

Je n'ai pas parlé des intérêts car je voulais me limiter à la "création monétaire" proprement dite: c'était prévu dans un prochain article en complément de l'explication "techquique " de cet article
Merci AJH, mais les intérêts ne sont-ils pas un problème central de la création monétaire actuelle ? Je dirais même plus, ne sont-ils pas la SEULE raison d'être de la création monétaire actuelle ? (raison dont profitent les banques qui créent la monnaie bien sûr, et la raison pour laquelle Georges Pompidou, ancien président de la banque Rothschild, ainsi que Valery Giscard d'Estaing, papa de Nicolas Giscard d'Estaing l'actuel directeur de la banque Rothschild, l'ont voulu). De plus, les intérêts ne remettent-ils pas en cause le principe de l'actif-passif décrit:
En acceptant ce contrat, la banque se contente de créditer du montant emprunté le compte à vue (au passif de la banque, à côté des autres dettes de la banque) de l’entreprise X, en échange de la garantie de remboursement aux échéances prévues dans le contrat, en tant que créance (à l’actif de la banque).
Si l'actif est contractuel, les intérêts du prêt sont contractuels aussi, donc doivent être inscrits dès le début. Il me semble que votre texte, excellent au demeurant, nécessiterait une mise à jour sur cette question. Ne verrait-on pas alors le déséquilibre surgir plus facilement ? A quel moment une banque inscrit-elle les intérêts sur un prêt dans son bilan ?

Si la création monétaire (selon le système actuel) se faisait sans intérêts, ce serait curieux mais pas forcément malhonnête. La création monétaire s’apparenterait alors à une sorte de buffer, de réservoir tampon, concept pratique bien connu en informatique. La malhonnêteté intervient car il y a amalgame entre l’investissement - avec risque - et création monétaire - sans risque. Chaque fois que j’en parle, les gens pensent que les banques prêtent l’argent qu’ils ont en réserve et ce faisant prennent un risque sur lequel ils peuvent percevoir légitimement des intérêts. Or, les banques perçoivent réclament des intérêts sur de l’argent qu’ils n’ont pas plus que moi ! C’est de l’escroquerie organisée, pas à cause de la création temporaire, mais à cause des intérêts définitifs qu’ils ont le droit d’exiger sur la création temporaire.

Ah parce qu’en plus le fiston est lui aussi directeur de Banque.
Et encore la même.
Je n’en ai aucune idée mais je crois comprendre l’acharnement de certains contre cette banque et sa « dynastie » de dirigeants.

Au fait :

Valéry Giscard d’Estaing censure un commentaire sur son blog

http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=DebatVGE

Voici le commentaire censuré, qui figurait sur le fil : http://vge-europe.eu/index.php?post/2008/07/25/Reponse-de-VGE

Le lundi 4 août 2008, 20:19 par samuel

Monsieur le Président,

Votre réponse à A.-J. Holbecq me parait pour le moins insatisfaisante.

Vous répondez à celui-ci comme si la masse de monnaie fiduciaire ne devait pas être accrue. Vous parlez de la nécessité de remboursement d’une « dette » [publique] comme d’une évidence, alors qu’en l’espèce, la notion de dette, purement comptable, renvoie à une planification qui ne suppose pas nécessairement un remboursement complet, suivant l’évolution de la croissance escomptée (du moins observée) et suivant la politique fiscale conduite ensuite, encore moins des intérêts versés par nous à des prêteurs privés.

Vous négligez de rappeler un théorème élémentaire [du moins supposé archi admis par tous les monétaristes, en particulier les promoteurs du système monétaire européen actuel] : quand on vise une inflation nulle, la création monétaire souhaitable n’est pas nulle, mais égale à la croissance du PIB (anticipée ou supposée courante). Il faut donc que quelqu’un crée cette monnaie.

Or, le bon sens veut que ce soit le pouvoir le moins incontrôlé parmi ceux supposés être au service du peuple qui le fasse. Et que le régime monétaire soit conforme à la constitution, qui interdit les privilèges. Vous n’ignorez pas que la constitution française (art. 34), comme celle des États-unis (I sect. 8) confie (confiait) au parlement élu au suffrage universel le contrôle du régime d’émission de la monnaie.

Au lendemain du 4 janvier 1973 [3 janvier 1973], le Parlement pouvait au moins revoir sa loi, ce pourquoi le Conseil constitutionnel a admis (en 1994) [août 1993], qu’un tel transfert était conforme à la constitution. Mais dans le cadre de l’Union européenne, il ne le peut plus en pratique [ce qui devrait rendre caduque cette jurisprudence qui a pourtant été reprise alors – lire à ce sujet : http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=90, sauf à décider que la France sorte purement et simplement de cette entité intergouvernementale mutée en confédération qui viole les règles élémentaires de la séparation des pouvoirs (sans parler de souveraineté populaire).

En tant que membre du Conseil constitutionnel, en tant d’ancien garant de la continuité de l’État, comment pouvez vous tolérer une situation ou la « séparation des pouvoirs », qui signifie leur arrêt mutuel, soit traduite en pure indépendance politique ?

Vous ne rappelez pas non plus un fait évident que vous ne pouvez pas ignorer (et plus dénoncer, il est vrai) : de manière chronique, depuis sa création, la BCE émet environ 10 % de monnaie supplémentaire par an, ce qui est assez considérable, au demeurant. Manifestement, la rigueur ne vaut que pour la politique budgétaire.

Vous savez aussi, sans doute, que la Banque de France en dit que la part superflue de l’émission gonfle les bulles spéculatives, financières et immobilière. De fait, depuis des années, le crédit bancaire et, plus généralement, le volume des titres dérivés de la monnaie, est en croissance effrénée. Or, le résultat en termes d’inflation, on le voit quand ces bulles explosent : les financiers les plus équipés courent vers les valeurs « refuge » (celles qui font manger le peuple et produire).

La partie de votre réponse qui me parait être pertinente - relative au projet de marché des titres (traduisons : des dettes) - me parait effrayante, tant elle suppose la résignation (il y a 35 ans déjà) du politique face au projet global d’un marché supposé pur réglant toute chose, économique, politique et sociale. En somme, l’État et le privé se sont accordés pour faire de la monnaie [elle-même] une marchandise, dont la valeur ne serait plus fixée, désormais, que par la loi de l’offre et de la demande. Une loi que ne viendrait plus perturber un « interventionnisme »… qui consistait depuis longtemps, pour l’État, a émettre une quantité marginale de la monnaie, tandis que les banques commerciales émettaient « le reste ». Le record de la part d’émission d’origine publique, il me semble, a été établi par le général De Gaulle. Cette part (la seule légitime à mon sens) a été très variable, et très souvent bien faible. La Banque de France était d’ailleurs, depuis son origine et plus d’un siècle durant, une Banque privée, dont les propriétaires reçurent de la part de Napoléon le privilège inouï que confère l’exclusivité du pouvoir de battre la monnaie qui seule a cours légal et forcé.

Pour finir, il semblerait que le propos de A.-J. Holbecq et l’inadéquation de votre réponse trouvent une illustration frappante dans ce passage lu dans Le Monde Diplomatique, (n° 652, juillet 2008, page 7) : « …l’un des plus célèbres emprunts d’État fut l’emprunt Giscard (…). Pour 6 milliards de francs empruntés en 1973, l’État a finalement remboursé au total (montant initial plus intérêts) 80 milliards de francs en 1988. »

Vu la situation dramatique que nous apporte la crise financière actuelle ; vu les conséquences désastreuses qu’ont toutes formes d’impérialisme sur la démocratie et sur la paix, il n’est jamais trop tard pour reconnaître ses erreurs et constater que le temps presse.

Avec mes salutations respectueuses. [Désolé.]


J’ai eu tout à la fois le plaisir et un certain effroi de constater que ce texte que j’avais posté sur le blog de Valéry Giscard d’Estaing y a été censuré (après des semaines voire des mois durant lesquels il était resté en ligne).

AJH avait eu la bonne idée de faire une copie du fil de discussion concerné, de sorte que mon message censuré peut être lu sur l’un des sites dont il s’occupe.

Sur ce thème, en particulier, la censure est relativement courante et répandue, quoique l’autocensure (notamment liée au conformisme économiste et autrement académique), d’une part, ainsi que le « trolling » et autres « gamelles » dues à la cohabitation avec divers délires plus pu moins bassement « conspirationistes » (fondés ou non, peu importe), d’autre part, fassent généralement l’essentiel du travail de sape.

Mais ici, ce qui choque surtout est le caractère extrêmement ciblé de la censure.Aussi est-il important, du moins intéressant, de s’attarder sur la teneur des messages qui, sur le même fil de discussion, n’ont pas été censurés, pour se faire une idée de la gravité de l’affaire. Laissons de côté la question de la courtoisie, la susceptibilité des eurocrates et autres manières dues aux ex-Présidents : VGE semble étonnement « cool » de ce point de vue, ce qui est d’ailleurs intelligent de sa part sans doute (chacun sait qu’il pousse jusqu’à donner des leçons de démocratie).

Certains « habitués » ne s’étonneront pas de constater, par comparaison : d’un côté, l’absence de craintes relatives à des accusations pourtant extrêmement graves, parfois très sérieuses et sérieusement sourcées (aussi vrai que l’est Le Monde diplomatique) ; d’un autre côté, le soin de déchainer avec une entière liberté des « thèses assez bassement conspirationistes », qui seront au besoin mises à l’index, assorties d’accusations farfelues d’antisémitisme ou que-sais-je encore, et de faire condamner ou d’emporter avec elles, aux yeux des citoyens peu au fait et à ceux des hordes de conformistes, le contenu de messages plus sérieusement dérangeants mais malheureusement peu compréhensibles pour les non économistes.

Je ne vois pas quoi conclure d’autre, s’agissant de la cause de cette censure, sinon :

  • soit à une synthèse et une clarté trop heureuses dans l’exposé, conduisant à interpréter de manière trop claire, et de ce fait trop plus douloureuse pour le citoyen, les propres aveux de VGE – aveux que je juge personnellement dignes d’empoyer pour lui et ses complices le qualificatif de « marchands de peuples »… (on verra que le « marché », justement, s’ajoute ici plus que jamais au jugement général habituel du TCE et de ses promoteurs) ;

  • soit à la « pertinence excessive » de certains points « originaux » inclus dans l’accusation censurée (au sens où je n’ai pas encore lu de telles considérations ailleurs…) Merci aux spécialistes autorisés (en droit), s’il en est, de bien vouloir jeter un oeil…

Il me semblait qu’une censure active ne servirait plus guère à enterrer ce dossier. Notamment parce que les accusations associées sont couramment expédiées par les raisonnements économiques dominants. Mon principal soucis a été de reprendre ce dossier en cherchant de nouvelles pistes et de nouvelles approches, évitant en particulier le terrain de l’économie. D’autant que celui du droit me paraissait au moins aussi fertile ici.

Il est dès lors inquiétant, et à la fois intellectuellement satisfaisant et politiquement prometteur, de constater que des aspects ciblés de l’analyse du dossier puissent déranger des personnages dont chacun sait le rôle central qu’ils ont pu jouer dans l’évolution du régime. Car à l’évidence nous avons affaire, là, à l’un personnage des plus mouillés qui soient. Je parle là non pas (tant) de présomption de corruption au sens vulgaire du terme mais de corruption systémique et d’une affaire institutionnelle gravissime à mon sens.

Bref, « il y a là un os », sauf erreur. Et je ne suis pas de ces plaisantins qui envahissent la toile de délires pour le plaisir de se faire remarquer. Je me bats pour comprendre, pour expliquer, pour l’intérêt commun.

En pareil cas, je pense qu’il faut commencer par choisir sereinement : soit d’affronter le problème, mais avec un minimum de soutien évidemment, soit de se « débarrasser de la patate chaude ». En tous cas, il me parait évident que la solution la plus raisonnable est d’ébruiter vite et largement le dossier. Je tiens donc particulièrement à faire connaître cette affaire, et je remercie tous ceux et toutes celles qui voudront bien s’en saisir – avec intelligence, cela va de soi. Quelques confrères et amis m’ont déjà aidé un peu en ce sens.

En acceptant ce contrat, la banque se contente de créditer du montant emprunté le compte à vue (au passif de la banque, à côté des autres dettes de la banque) de l’entreprise X, en échange de la garantie de remboursement aux échéances prévues dans le contrat, en tant que créance (à l’actif de la banque).
Si l'actif est contractuel, les intérêts du prêt sont contractuels aussi, donc doivent être inscrits dès le début. Il me semble que votre texte, excellent au demeurant, nécessiterait une mise à jour sur cette question. Ne verrait-on pas alors le déséquilibre surgir plus facilement ? A quel moment une banque inscrit-elle les intérêts sur un prêt dans son bilan ?

.


C’est une excellente question à laquelle je n’ai pas (encore?) de réponse « garantie » … on cherche actuellement (c’est vrai… et merci si tu as une piste « officielle »).
Lorsqu’une banque émets un prêt X dont elle porte la valeur de la garantie, elle ne peut pas porter les intérêts Y (futurs) à l’actif, puisque si elle le faisait elle ne créerait pas X en DAV du compte de son client mais X + Y … or justement, tout le problème vient qu’une banque ne crée pas les intérêts en même temps que le principal.

J’ai une première réponse d’un membre de notre groupe

« La banque débite l’emprunteur des intérêts du prêt consenti à l’échéance prévue pour son règlement. Si les échéances sont mensuelles, cas le plus fréquent des prêts à mensualités constantes, c’est tous les mois. En débitant le compte, elle détruit la monnaie correspondante. En contrepartie, elle crédite d’autant son compte d’exploitation. La fraction du capital remboursé, en même temps à l’échéance, correspond également à une destruction monétaire, mais ici c’est le compte de la créance qui en est crédité (constatation du remboursement partiel de la dette). L’équilibre comptable est respecté. »

A quel moment une banque inscrit-elle les intérêts sur un prêt dans son bilan ?
C'est une excellente question à laquelle je n'ai pas (encore?) de réponse "garantie" .. on cherche actuellement (c'est vrai... et merci si tu as une piste "officielle").
Je connais 2 banquiers (*), je vais leur demander.
"La banque débite l'emprunteur des intérêts du prêt consenti à l'échéance prévue pour son règlement. (...) En débitant le compte, elle détruit la monnaie correspondante. En contrepartie, elle crédite d'autant son compte d'exploitation.
J'essaye de traduire : le compte de l'emprunteur est au passif de la banque; en le débitant, elle réduit son passif; mais c'est quoi "[i]le compte d'exploitation[/i]" ? Si le débit du compte de l'emprunteur détruit l'argent de l'intérêt, le crédit du "[i]compte d'exploitation[/i]" le recrée, non ? Si on débite du passif, il faut soit aussi débiter de l'actif soit créditer un autre passif. N'est-ce pas une autre façon de dire que l'intérêt est pris sur le compte du client (côté passif) et écrit sur le compte de la banque elle-même (qui seront les futurs bénéfices dus, donc passif aussi) ? C'est peut-être cela, le "[i]compte d'exploitation[/i]" ? C'est cela qui corresponderait dans [url=http://www.front-plan-c.eu/Forum/viewtopic.php?f=17&p=381&sid=91bb54c31526774f5fb41b7be4b150da#p381]ma démonstration[/url]: "[i]Et l'argent Y ? Que devient-il - puisqu'il n'est pas détruit ? (...) Ce qu'il devient est facile à savoir, puisqu'il va dans la poche de la banque[/i]". Le "[i]compte d'exploitation[/i]" serait donc la "[i]poche de la banque[/i]" ?

[color=orange]En y réfléchissant, les intérêts doivent être trouvés par l’emprunteur ailleurs, il doit de débrouiller pour les mettre sur son compte courant, c’est donc des dépôts, et se retrouvent donc du côté « passif » (compte courant) et actifs" (dépôts), équivalents à des fonds propres que la banque peut donc repayer à ses actionnaires. Ça marche, ça ?

Si c’est ça, il n’y a pas d’entourloupe comptable, juste du cynisme de voleur de premier degré.[/color]

La fraction du capital remboursé (...) correspond également à une destruction monétaire, mais ici c'est le compte de la créance qui en est crédité (constatation du remboursement partiel de la dette). L'équilibre comptable est respecté.[/i]"
le compte de la créance... késako ? N'est-ce pas l'actif qu'est la dette qui est détruite plutôt ?

(*) normal puisque je suis VGE déguisé

En y réfléchissant, les intérêts doivent être trouvés par l'emprunteur ailleurs, il doit de débrouiller pour les mettre sur son compte courant, c'est donc des dépôts, et se retrouvent donc du côté "[i]actifs[/i]" comme tous les dépôts, équivalents à des fonds propres que la banque peut donc repayer à ses actionnaires. Ça marche, ça ?"
Oups ... " les dépôts sont du passif pour la banque et de l'actif pour l'emprunteur. La banque se paye les intérêts dus avec les dépôts de l'emprunteur (qui viennent d'ailleurs, "d'ailleurs")... la banque détruit cette dette sur le compte de dépôt et crédite le montant équivalent sur son compte de trésorerie

Mais je demande à Jean Bayard de venir nous aider … ce sera plus facile :wink:

les dépôts sont du passif pour la banque et de l'actif pour l'emprunteur.
Selon votre document, un dépôt "métallique" est à l'actif pour la banque, la créance correspondante envers l'emprunteur du passif.

Donc, si la banque fait un prêt de X, elle inscrit X à son actif (le contrat de remboursement) et X à son passif (sur le compte du client). Ensuite, le client se débrouille pour trouver Y ailleurs, et les dépose en espèces à la banque, qui écrit Y à son actif (billets) et Y à son passif (compte du client). Quand arrive l’échéance, elle efface X+Y des passifs (compte client), X des actifs (contrat rempli) et crédite Y sur un autre compte (le sien). Ensuite, elle paye ses actionnaires Y de bénéfices, et les efface de l’actif (trésorerie) et du passif (son compte).

C’est comment, là ?

Oups, ça marche pas, puisque le contrat de remboursement porte sur X+Y !

Précisions de Jean Bayard qui me demande de transmettre:

Après être passé sur le site, voici comment rédiger :

En cas de prêt à mensualités constantes (cas courant), la banque débite chaque mois le compte de DAV de l’emprunteur du montant de la mensualité. Ce faisant, elle détruit la monnaie correspondante.
Dans ses comptes, la banque :
1 - réduit la créance qu’elle possède à l’actif de son bilan sur l’emprunteur, de la fraction correspondant au remboursement du capital,
2 - crédite son compte d’exploitation de la fraction correspondant au montant des intérêts.
L’équilibre comptable est respecté.

les dépôts sont du passif pour la banque et de l'actif pour l'emprunteur.
Selon votre document, un dépôt "métallique" est à l'actif pour la banque, la créance correspondante envers l'emprunteur du passif.

Donc, si la banque fait un prêt de X, elle inscrit X à son actif (le contrat de remboursement) et X à son passif (sur le compte du client). Ensuite, le client se débrouille pour trouver Y ailleurs, et les dépose en espèces à la banque, qui écrit Y à son actif (billets) et Y à son passif (compte du client). Quand arrive l’échéance, elle efface X+Y des passifs (compte client), X des actifs (contrat rempli) et crédite Y sur un autre compte (le sien). Ensuite, elle paye ses actionnaires Y de bénéfices, et les efface de l’actif (trésorerie) et du passif (son compte).

C’est comment, là ?

Oups, ça marche pas, puisque le contrat de remboursement porte sur X+Y !


Non, non…
Je ne pense pas avoir parlé de dépôt en numéraire dans ce cas du paiement des intérêts.
Quelque soit le dépôt fait sur un compte à vue ( notre « compte bancaire ») , en espèces (numéraire) ou par chèque d’une autre banque, ou d’un client par virement, ou d’un patron sous forme de salaire, la banque crédite (à son passif) la dette supplémentaire qu’elle a envers nous (c’est « notre » argent).
C’est seulement au moment d’une création monétaire que la somme qu’elle inscrit à son actif (la garantie) doit être égale à la somme qu’elle inscrit à son passif (notre compte courant) … mais 1 seconde après, notre compte pourra être vidé (paiement d’un fournisseur, par exemple) , diminuant ainsi son passif.

Dans ses comptes, la banque (...) crédite son compte d'exploitation de la fraction correspondant au montant des intérêts.
En d'autre termes, la banque a le droit de prendre de l'argent sur un compte et de le mettre sur le sien. Tout simplement et légalement. Je suis presque déçu, je pensais que c'était plus subtil. Les têtes vont rouler, moi je vous le dis.
le client se débrouille pour trouver Y ailleurs, et les dépose en espèces à la banque, qui écrit Y à son actif (billets) et Y à son passif (compte du client)
Non, non.. Je ne pense pas avoir parlé de dépôt en numéraire dans ce cas du paiement des intérêts. Quelque soit le dépôt fait sur un compte à vue ( notre "compte bancaire") , en espèces (numéraire) ou par chèque d'une autre banque, ou d'un client par virement, ou d'un patron sous forme de salaire, la banque crédite (à son passif) la dette supplémentaire qu'elle a envers nous (c'est "notre" argent). C'est seulement au moment d'une création monétaire que la somme qu'elle inscrit à son actif (la garantie) doit être égale à la somme qu'elle inscrit à son passif (notre compte courant) ... mais 1 seconde après, notre compte pourra être vidé (paiement d'un fournisseur, par exemple) , diminuant ainsi son passif.
Ben non, pour équilibrer le bilan, si on dépose Y, il faut l'écrire au passif et à l'actif. L'actif c'est la trésorerie récupérée, le passif est l'argent du.
Ben non, pour équilibrer le bilan, si on dépose Y, il faut l'écrire au passif et à l'actif. L'actif c'est la trésorerie récupérée, le passif est l'argent du.
L'équilibre du bilan est important à la [b]clôture[/b] du bilan (les bénéfices ou les pertes sont en fait les deux dernières lignes qui permettent d'équilibrer un bilan), mais autrement ce sont des écritures des mouvements. Si je dépose (de quelques manière que ce soit) X sur mon compte bancaire, ce X va augmenter le passif de la banque, mais elle n'aura rien de particulier à écrire à son actif (avant la clôture du bilan, évidemment). De même si ses actifs perdent 20%, elle ne modifie rien dans ses comptes avant la clôture de son bilan... qu'elle équilibrera éventuellement par la "reconnaissance" d'une perte.

Si je comprends bien, après tout-ça:

  • au début de notre exercice, les actifs et les passifs de la banque sont à l’équilibre.
  • lors d’un prêt X, X quantité d’argent est écrit sur le compte courant du client et donc au passif de la banque, et X est écrit à l’actif de la banque au titre du contrat de remboursement.
  • à terme du prêt, la quantité X+Y est enlevée du compte courant du client et donc du passif, l’actif de valeur X est supprimé du bilan.
  • à charge au client de s’assurer qu’à terme du prêt son compte contienne au moins la quantité d’argent X+Y.
  • à la fin de l’exercice, au moment de la clôture du bilan, la quantité Y en surplus à l’actif est constatée en tant que « bénéfice » pour la banque
  • le bilan est équilibré à nouveau.

C’est juste, là ?

[bgcolor=#FFFF99]Discussion sur l’excellente métaphore d’AJH « la dame de Condé », chez Paul Jorion[/bgcolor]
http://www.pauljorion.com/blog/?p=3052

Paul vient de publier ce billet :

[bgcolor=#FFFF99][b]La dimensionalité de la monnaie (Introduction)[/b][/bgcolor]

J’ai connu l’« apologue de la Dame de Condé » à partir d’un commentaire de La monnaie, c’est de la sueur (et du soleil) condensés, posté par A-J Holbecq le 16 juin 2008. J’ignore où lui-même l’a trouvé (il nous le précisera sans doute). Je le reprends car j’y vois une excellente introduction à un nouvel éclairage qu’il me semble essentiel d’introduire quand il s’agit de la monnaie : celle qu’essaie de capturer maladroitement la notion d’agrégat monétaire M1, M2, M3. Je commence donc par rappeler cet apologue en recopiant ce qu’A-J Holbecq nous en dit, y compris son commentaire quant à la morale de l’histoire.

[color=black][bgcolor=#FFFF99]Nous sommes à Condé-sur-Gartempe. Son hôtel de la Gare est réputé pour ses ortolans et sa discrétion…! Un vendredi après-midi débarque une jeune femme, d’apparence convenable, bien qu’un peu trop fardée. Elle réserve une chambre pour la nuit et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 100 euros, tout neuf. Puis elle s’en va visiter la vieille ville. Le pâtissier qui a vu la scène dit au patron : « Ça fait six semaines que vous me devez 100 euros pour la pièce montée que j’ai livrée à l’occasion de la communion de votre fille. » Le patron lui donne le billet de bonne grâce. Comme cette scène a été vue par d’autres, elle se reproduit cinq nouvelles fois, car le pâtissier devait aussi 100 euros au minotier… qui en devait autant au garagiste… lui-même débiteur de cette somme au boucher… qui avait à régler 100 euros au représentant de la maison Erlida… lequel devait à son tour acquitter sa chambre à l’hôtel de la Gare pour 100 euros. Il redonne donc le billet au patron de l’hôtel. Notre Dame revient de promenade. Elle annonce, qu’ayant fait une rencontre, elle annule sa réservation. Ce qui arrange bien l’hôtelier qui, entre temps, a eu une demande d’un de ses vieux clients. L’hôtelier lui rend donc son billet qu’elle brûle aussitôt. « Il était faux », dit-elle en souriant.[/bgcolor][/color]

Moralité de cette histoire :

  • Le PIB du village a augmenté puisque les commerçants, ayant été payés, ont pu inclure leurs ventes dans leur comptabilité…

  • Ce faux billet a été capable de catalyser autant d’échanges parce qu’un billet est de la monnaie fiduciaire (du latin fiducia : confiance). C’est exclusivement une « valeur de confiance » entre les membres d’une communauté. Dans un autre pays il n’aurait pas été accepté. Un billet faux perd « sa valeur » seulement au moment où il se révèle faux et n’est plus accepté par celui qui le reçoit. C’est celui qui le détient en dernier qui assume la perte. Dans cette histoire il n’y a pas eu de perte sauf pour la Dame de Condé qui savait de toute façon qu’il était faux.

  • La Dame de Condé, en réservant sa chambre, a accru de 100 euros la masse monétaire du village, ce qui a permis à six personnes d’éteindre réciproquement leur dette pour un montant total de 600 euros. La « qualité » de la monnaie utilisée, bonne ou mauvaise, est indifférente, mais la quantité de monnaie en circulation dans une zone est importante.


Dans son commentaire, A-J Holbecq écrit à juste titre que « La “qualité” de la monnaie utilisée, bonne ou mauvaise, est indifférente » à la morale de l’histoire, ce qui est vrai et fait aussi qu’on se demande pourquoi celui qui l’a inventée a tenu à ajouter ce détail sans réelle pertinence. Il a dû se dire, je suppose, que la bizarrerie de l’effacement en moins de temps qu’il ne faut pour le dire d’un montant si élevé de dettes au sein d’une petite communauté à l’aide d’un seul billet de 100 €, apparaîtrait encore plus étonnant si ce billet s’avérait a posteriori avoir été faux et donc n’ayant en réalité rien valu du tout. Il y a là un raccourci certainement excusable mais inacceptable : un faux billet cesse de valoir quoi que ce soit aussitôt qu’il a été reconnu comme tel, ce qui interrompt sa circulation, mais tant que sa « dénonciation » n’a pas eu lieu, rien ne le distingue d’un vrai billet et il lui est strictement équivalent. Quand la Dame de Condé révèle que le billet de 100 € était contrefait et le brûle pour convaincre un public sans doute encore incrédule qu’elle ne ment pas, l’affaire est en fait déjà réglée : il lui a permis de réserver une chambre d’hôtel pour se dédire ensuite – usage on ne peut plus utile d’un billet de banque ! On pourrait alors s’interroger : pourquoi n’a-t-elle pas continué à l’investir dans des activités encore plus profitables ?

Ce qui intrigue dans l’histoire, ce n’est donc pas qu’une petite communauté ait pu prendre pour vrai un billet qui était faux, ce qui est banal et ne permet de tirer aucune leçon, mais c’est qu’un unique billet (vrai ou faux) ait pu avoir un tel effet : transformer un village criblé de dettes en un autre libéré de toutes obligations d’un citoyen envers un autre.

Essayons d’analyser l’apologue. Puisqu’il existe un hôtel et que l’hôtelier accepte les 100 € de la dame, on peut supposer que la petite communauté a dépassé le stade du troc et que de la monnaie y existe sous la forme de billets et de pièces. Le montant exact ne nous importe pas, appelons le A. Au moment où la dame offre son billet à l’hôtelier l’argent disponible dans le village passe de A à A + 100 €. C’est là le montant de la masse monétaire fiduciaire qui y est présente à partir du moment où la dame paie ses arrhes jusqu’au moment où elle annule sa réservation et où la masse retombe à A. La fausseté du billet, comme je l’ai dit, n’était connue que d’elle et était du coup sans impact : il n’est pas permis d’affirmer que la masse d’argent liquide ne fut jamais « en réalité » que de A : on ne parle en effet pas ici d’un produit tel que l’uranium, dont le fait qu’il soit faux empêche son action postulée, la fission, d’avoir lieu dans le réacteur : il s’agit de monnaie supposée vraie tant qu’il n’a pas été prouvé qu’elle soit fausse et qui s’acquitte fidèlement de sa tâche jusque-là.

Alors que s’est-il passé ? On nous dit que le billet de 100 € déposé comme arrhes à l’Hôtel de la Gare à permis en quelques heures d’éteindre des dettes pour un montant de 600 € et le mécanisme nous en est connu : il existait une chaîne de dettes partant de l’hôtelier et lui revenant en fin de circuit et le billet de 100 € a permis de proche en proche l’annulation de toutes les dettes existantes. Ce que j’essaie d’extraire de l’apologue est indépendant du fait de savoir si la situation qu’il décrit a la moindre de chance de se rencontrer dans la réalité : la réponse est non, mais cela n’a aucune importance, il s’agit clairement d’une expérience mentale et de rien de plus.

Pour ce qui est de l’argent, nous avons compris le circuit qu’il accomplit : le billet de 100 € passa de créancier remboursé en créancier remboursé, jusqu’à avoir opéré le circuit complet. Il demeura intact et sa valeur fut elle stable. Il en va de même pour la masse A telle qu’elle existait avant que la dame ne franchisse le seuil de l’hôtel de la Gare. C’est ce que j’ai appelé en d’autres circonstances le « principe de conservation des quantités » : en matière de finances, rien ne se crée, rien ne se perd. Si ce principe n’était pas universellement respecté, la finance n’aurait jamais pu exister. Il existe sans doute des individus qui enfreignent ce principe mais leur comportement est pris très au sérieux par la société, elle les traite sévèrement : pris, ils risquent la prison. Le « principe de conservation des quantités » en matière de finances n’est donc pas une norme que je postule à des fins théoriques : il s’agit d’une règle ayant valeur légale.

J’ai expliqué il y a quelques jours quelle est la meilleure manière de conceptualiser une reconnaissance de dette. J’ai dit qu’il s’agit de la trace de deux transactions : l’une, passée, étant intervenue au moment Ti, impliquant le transfert de la somme Si de l’agent X à l’agent Y, l’autre, à venir, censée intervenir au moment Ti+n, impliquant le transfert en retour de la même somme Si, cette fois de Y vers X, accompagné du transfert de Y vers X d’un « cadeau » en argent, proportionnel à la durée Ti+n – Ti, appelé « intérêts ». Une reconnaissance de dette est donc essentiellement l’annonce de transactions à venir, justifiées par une transaction passée. La transaction passée est, comme son nom l’indique, passée, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un donné irréversible : elle a eu lieu, un point c’est tout. Les transactions à venir n’ont pas encore eu lieu et sont donc contingentes : il existe un risque qu’elles n’aient jamais lieu, autrement dit, la chance qu’elles se réalisent n’est pas de 100 %. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les sommes qui ne seraient pas remboursées se soient évanouies dans la nature, contredisant le « principe de conservation des quantités », elles auront seulement trouvé leur voie vers d’autres poches que celle stipulée par la reconnaissance de dette.

Donc, lorsqu’on dit qu’il existait dans le village des reconnaissances de dette pour un montant total de 600 €, ce que l’on exprime ainsi, c’est qu’il existait des annonces de transactions à venir pour un montant total de 600 €, et celles-ci se situant dans le futur non pas nécessaire mais contingent, elles pourront avoir lieu ou pas. Le billet ayant circulé, la seconde transaction mentionnée par les reconnaissances de dette existantes, celle à venir, a eu lieu dans chacun des cas. L’annonce implicite s’est réalisée, et la reconnaissance de dette s’est éteinte. Le montant des reconnaissances est passé de 600 € à 0 €, ce qui est une autre manière de dire qu’il n’en existe plus.

Il s’est donc passé bien passé quelque chose de significatif dans le village, que les sommes d’argent disponibles à chaque instant ne révèlent pas : l’argent disponible se montait en effet à A avant que la Dame de Condé ne franchisse la porte de l’Hôtel de la Gare et il est retombé à ce niveau lorsqu’elle repassa le seuil dans l’autre direction.

Certains – dont je ne suis pas – considèrent une reconnaissance de dette comme l’une des manifestations possibles de la monnaie. Pour eux, la monnaie présente dans le village avant la venue de la Dame se montait à A + 600 € et s’est réduite à A à son départ, en raison de l’action qu’on pourrait appeler « catalytique » du billet de 100 € de la Dame sur l’économie du village.

De mon point de vue, une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie, le terme tendant à suggérer qu’il y aurait une identité de nature entre la marchandise privilégiée dans la fonction d’échange qu’est l’argent et une « trace de transactions » contenant l’annonce de deux transactions à venir qu’est une reconnaissance de dette. Les deux phénomènes sont à mon sens incomparables, une reconnaissance de dette étant un objet d’une toute autre nature que les pièces et billets constituant l’argent « liquide » que l’on assimile spontanément à « la monnaie ». Bien sûr une reconnaissance de dette a un prix (reflétant son « degré de liquidité » et son risque de crédit) et peut être traitée comme une marchandise, au même titre que l’argent, mais chacun s’accordera à dire que toute chose à laquelle est associée un prix n’est pas pour autant une monnaie, sans quoi presque tout dans ce bas-monde serait de la monnaie.

Du point de vue du « principe de conservation des quantités », rien ne s’est passé sans doute, mais il faut reconnaître que, comme l’affirment ceux qui assimilent reconnaissance de dette à monnaie, il s’est bien passé quelque chose. Mais comment en rendre compte ?

La réponse que je vais apporter consiste à introduire le concept de dimensionalité de la monnaie, une notion qui éclairera, comme on le verra, la question des agrégats monétaires et ce qu’ils représentent en réalité.

(… à suivre)


Et j’ai posté hier ce commentaire (en cours de modération depuis 7 heures, je ne comprends pas pourquoi tous mes commentaires, longs ou courts, mettent tant de temps à s’afficher) :

[b][url=http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Liens.pdf][color=red]Étienne Chouard[/color][/url] dit : Votre commentaire est en cours de modération [/b] [url=http://www.pauljorion.com/blog/?p=3052#comment-26151]11 mai 2009 à 23:21[/url]

Paul,

Personne ne dit que toute dette est assimilable à de la monnaie.

Ce sont les dettes des banques (et encore : seulement les dettes librement transmissibles, cad les provisions des DAV) qui sont de la monnaie (le critère étant qu’elles sont acceptées par tous pour solder les échanges).

[bgcolor=#FFFF99]La dame de Condé et son billet pourraient être remplacés —sans rien changer aux mécanismes libératoires— par une banque privée et un crédit créant une provision de DAV — c’est-à-dire une (fausse) monnaie nouvelle et temporaire — (la même somme de (fausse) monnaie scripturale circulant ensuite et servant à solder les différents échanges par virements successifs) ; la fin du circuit se réaliserait par le remboursement du crédit à la banque par l’hôtelier et par la disparition de la (fausse) monnaie correspondante.[/bgcolor]

Non ?

Étienne.


“La plupart des législateurs ont été des hommes bornés, que le hasard a mis à la tête des autres, et qui n’ont presque consulté que leurs préjugés et leurs fantaisies.”

Montesquieu, Lettres Persanes, lettre CXXIX.

Remarque : le “législateur”, à l’époque, est l’auteur de la Constitution (pas celui des lois ordinaires).
_______________

Vraiment Etienne, tu ne comprends pas???

C’est ironique sans doute.

Dès qu’on contrevient à son discours et sa doxa socialisante à la sauce Attali, c’est ce que l’on risque, LE COUPERET, ou l’attente , histoire de bien faire comprendre qu’il y a comme un hiatus et qu’il faut montrer patte blanche pour que le sésame opère , je me suis fait jeter à cause de cela, Obama etc, des faits qu’il se refuse à voir , etc…

Pour ma part, tant que je serai " a priori" considéré comme un « troll » sur le blog de Jorion et donc modéré " a priori" , pour risquer de voir mes messages « retardés » (et donc ayant perdu leur sens) ou "oubliés au fond d’un tiroir, je me refuse de m’y exprimer : j’ai vraiment autre chose à faire!
Mais je ne peux qu’admirer Étienne…

Si je comprends bien, après tout-ça:
  • au début de notre exercice, les actifs et les passifs de la banque sont à l’équilibre.
  • lors d’un prêt X, X quantité d’argent est écrit sur le compte courant du client et donc au passif de la banque, et X est écrit à l’actif de la banque au titre du contrat de remboursement.
  • à terme du prêt, la quantité X+Y est enlevée du compte courant du client et donc du passif, l’actif de valeur X est supprimé du bilan.
  • à charge au client de s’assurer qu’à terme du prêt son compte contienne au moins la quantité d’argent X+Y.
  • à la fin de l’exercice, au moment de la clôture du bilan, la quantité Y en surplus à l’actif est constatée en tant que « bénéfice » pour la banque
  • le bilan est équilibré à nouveau.

C’est juste, là ?


C’est juste :slight_smile: