07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Je vous signale un très bon article du Monde: " [bgcolor=#FFFF99]Crise du capitalisme ou crise de la monnaie ?[/bgcolor]", par Jean Peyrelevade… Je le sauvegarde ici (Étienne, s’il y a des problèmes de copyright, tu peux l’effacer…). Le lien c’est : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/05/06/crise-du-capitalisme-ou-crise-de-la-monnaie-par-jean-peyrelevade_1189614_3232.html

[b]Crise du capitalisme ou crise de la monnaie ?, par Jean Peyrelevade[/b] LE MONDE | 06.05.09 | 13h37

Faillite, crise, disparition, refus, refondation ou moralisation du capitalisme ? Ces qualifications, venant des diverses parties de l’échiquier politique, ont un point commun. Invectivant un coupable désigné, elles manquent la vraie cible. La facilité d’expression empêche la lucidité. Crise du capitalisme ? Non mais, ce qui est plus grave, crise de l’économie menacée dans l’une de ses fonctions essentielles : la fonction monétaire. La monnaie est un bien collectif, ciment du vivre ensemble dans l’ordre économique. C’est son acceptation indiscutée par tous les acteurs qui permet de passer de l’économie de troc à l’économie d’échanges, de la tribu néolithique à la société moderne. Elle est apparue au début des temps historiques, à la fin du VIIe siècle avant J.-C., en Asie mineure, dans le royaume de Lydie qui devint bientôt celui de Crésus. La richesse des sables aurifères du fleuve Pactole explique sans doute que des pièces d’or furent pour la première fois frappées par le souverain pour payer ses mercenaires.

Bien sûr, le crédit permit bientôt d’augmenter la flexibilité des échanges. Il engendra une nouvelle forme dématérialisée de monnaie, mais convertible en or à première demande du porteur. C’est le principe même de convertibilité qui limitait l’émission monétaire et assurait la stabilité de la construction. Ce système gouverna la circulation monétaire de chaque pays et du monde entier jusqu’à la première guerre mondiale où les belligérants furent contraints de l’abandonner. Il avait vécu plus de 2 500 ans. L’or, cette « relique barbare », disait Keynes, qui l’accusait de favoriser la déflation. Force est de constater que l’univers monétaire où nous vivons aujourd’hui, complètement dématérialisé, a un siècle d’existence (ce qui est bien court à l’échelle historique) pendant lequel il a failli exploser deux fois (1929 et 2008). Problème de régulation ? Peut-être, mais surtout défaut de conception.

[bgcolor=#FFFF99]Telle Aphrodite, la monnaie porte en soi la marque contradictoire de son origine. Sa création est le fait du système bancaire qui en a le monopole, en contrepartie exacte des crédits consentis à l’économie. Le crédit bancaire crée la monnaie. Celle-ci, bien public, naît de prises de risques multiples sur des emprunteurs privés. Tout crédit non remboursé, a fortiori toute défaillance bancaire, mettent en cause la confiance dans la monnaie, instrument irremplaçable de l’échange. En ce sens, la banque est un service public, qui doit être gérée comme telle. On en est loin.[/bgcolor]

Faut-il réguler les agences de notation, les hedge funds (fonds spéculatifs), ceux de private equity (fonds d’investissement) ? Certes. Faut-il interdire les paradis fiscaux ? Bien entendu. Faut-il intervenir sur la rémunération des traders et celle des présidents de grandes sociétés ? Sans aucun doute. Faut-il imposer la transparence partout où les risques financiers peuvent s’accumuler ? Oui, une fois de plus. Et exiger de toutes les institutions financières, quel que soit leur métier, le respect de normes minimales de fonds propres et de liquidité. Ce sont là des conditions nécessaires de la stabilité. Elles ne sont pas suffisantes.

[bgcolor=#FFFF99]Le système bancaire est le coeur du réacteur. C’est lui qu’il faut protéger.[/bgcolor] Souvent contre lui-même, parfois contre les demandes de l’opinion ou du pouvoir politique. La création d’une banque centrale indépendante a été un premier pas. Mais beaucoup reste à faire. Le système bancaire, dépositaire de la confiance publique, doit être en toutes circonstances invulnérable. Pour ce faire, pas d’autre solution que de le ramener dans les strictes limites de sa fonction originelle, ce qui passe par deux règles.

La première rappelle que [bgcolor=#66FF00]le métier de la banque n’est pas de prendre des risques, mais au contraire de créer de la monnaie sans risque.[/bgcolor] Donc de se borner à anticiper de quelques semaines ou de quelques mois des règlements dont le caractère est certain, en un mot de financer le fonds de roulement de l’économie et rien d’autre. Le risque long, le risque entrepreneurial, le risque d’investissement ne relèvent pas de la banque mais de l’épargne déjà constituée, c’est-à-dire de fonds propres. [bgcolor=#FFFF99]Quant aux risques spéculatifs, découlant d’un pari sur le prix futur d’actifs existants, ils doivent lui être purement et simplement interdits.[/bgcolor] Le périmètre de la banque de dépôts doit correspondre à son appellation : ce qu’il faut vraiment réguler demain, mieux qu’aujourd’hui, c’est d’abord le risque bancaire.

À cet égard, la seconde règle devrait consister, dès la sortie de crise, à [bgcolor=#66FF00]accroître fortement les exigences de fonds propres des banques[/bgcolor] et cela d’autant plus que leur taille fait peser un risque systémique plus important. Le danger naît de la convergence de deux facteurs : la concentration des structures, d’une part, l’effet d’endettement, de l’autre, qui rendent illusoire l’efficacité des amortisseurs de chocs que constituent les fonds propres (et incertaine la capacité d’intervention en dernier ressort des Etats). Sait-on que le passif total des banques françaises, qui ne sont pas les pires et de loin, mesuré au niveau de leur seul bilan représente dix-sept fois leurs fonds propres ? Comment expliquer que la puissance publique, garante ultime de la monnaie, accepte pour les banques des ratios d’endettement que les banques elles-mêmes interdisent à toute entreprise industrielle ou commerciale ? Les risques bancaires seraient-ils plus faibles ? Ou leurs conséquences moins désastreuses ? On sait bien que non.

Il est vrai que quand tout va bien, un tel effet de levier a des effets enivrants. Les rentabilités obtenues pour le capital (dix-sept fois le taux de marge nette) se situent à des sommets qui simultanément font la fortune des directions générales et sont interprétées comme autant de preuves de leur excellence professionnelle. Mais comment faire atterrir l’économie réelle vers des niveaux de rentabilité de long terme moins excessifs si l’aristocratie qui occupe le coeur du système bancaire est jaugée sur sa seule capacité à entretenir l’illusion ? Ce n’est pas le capitalisme qu’il faut moraliser mais les conditions de la création monétaire (États-Unis compris, bien entendu) que l’on doit revoir de fond en comble.

Jean Peyrelevade est économiste.

@Sam
Je n’ai pas repoussé « ce paramètre » (j’ai écrit " secondaire") … c’est d’ailleurs aussi ton analyse : ce fait - de l’éventuelle volonté de se faire payer son pétrole en euro - est « secondaire » (tiercere, même :wink: )

Mais je n’ai pas eu le courage de développer autant que toi…

Amitiés
AJ

Mais ne faut-il pas également remettre en question la réalité même du réchauffement climatique ? http://www.zetetique.ldh.org/rechauffement_climatique.html
Bonjour AJH, je ne maîtrise pas bien le sujet donc je ne peux pas vous répondre objectivement, mais néanmoins ayant fait des études scientifiques et ayant notamment fait l'experience, l'effet de serre n'a rien d'une croyance, il est d'ailleurs largement utilisé dans l'agriculture, et je ne vois aucune raison qui puisse rendre sa transposition à l'échelle planétaire inexacte. Si de plus en plus de gaz à effet de serre compose l'atmosphère je ne vois pas pourquoi les mêmes causes n'auraient pas les mêmes effets que dans une experience en laboratoire.

Il me parait quand même assez prudent de ne pas prendre de risque et de conserver l’état actuel de notre atmosphère et de ne pas le polluer. Même s’il n’est pas exclu que l’effet de serre soit surestimé, j’estime qu’il vaut mieux le surestimer que de le sous-estimer non ?

Oui Sandy, ayant un certificat de licence en météorologie (très ancien, il est vrai :slight_smile: ), je sais cela … je voulais seulement dire que si on met en cause l’origine du réchauffement climatique ( d’origine anthropique ou non), on peut aussi remettre en cause la réalité du réchauffement lui-même.

Mais comme toi, je ne peux pas répondre objectivement… c’est beaucoup trop complexe à mon niveau.
On est donc, me semble t-il, dans « la foi » … réchauffement ou non, dans quelles proportions? l’homme ou pas l’homme, dans quelles proportions ? Faut il agir sur nos comportements, dans quelle proportion ?

Merci à vous Jacques, André-Jacques et Zolko, pour vos éclairages respectifs,

Du haut de mon inculture en matière économico-financière , je vais vous dire à quoi ça me fait penser tout cela…

A priori, ça semble très simple, et tellement simple que je me dis, c’est pas possible, j’ai forcément oublié ou raté quelque chose, simple car pour faire se casser la figure du soi-disant colosse américain, il semblerait très facile de refuser que les transactions commerciales se fassent en dollars, car rien ne justifie que ce soit l’étalon de référence, si ce n’est les pressions ahurissantes auxquelles ils nous soumettent , et auxquelles nous obéissons bêtement .C’est le fait d’obéir à cette règle SUICIDAIRE qui devrait être érigée en bouclier et servir de catalyseur , d’accélérateur de réactivité … mais non, rien .

Tout cela semble relever des règles du poker menteur et tant qu’on accepte que les USA produisent les billets verts qui serviront ensuite à nous dépouiller , nous et le reste du monde, y’a pas de raison que ça change, et en effet rien de nouveau sous le soleil , c’est toujours la même rengaine! On a des arguments " béton" à opposer mais non, ça ne passe pas le mur de l’entendement, la propagande Bernays et consorts est passée par là et ça marche du tonnerre, c’est aussi fort que de faire admettre à un aveugle qu’il voit clair, chapeau bas quand même, ils méritent vraiment des applaudissements!

Des bémols à cette réflexion par trop simpliste.

Le premier, les gouvernants et nos soi-disant représentants ne représentent qu’eux-mêmes et sont tenus par des intérêts personnels qui les empêchent d’oeuvrer pour le bien public, tout englués qu’ils sont dans leurs petites personnes et leurs petits intérêts propres ils n’oeuvrent que pour eux et leurs intérêts de classe, tout le monde le sait maintenant, à moins d’être totalement insensé.

Le deuxième, ce pouvoir mondial étend ses tentacules partout, c’est 1984 et son pouvoir policier, sa novlangue, son conformisme, sa misère digérée, ses cerveaux lessivés, etc…

Je tiens compte aussi de ce que disent certaines personnes, comme F Lordon, qui nous dit qu’avant de casser le système financier, il faut le sauver!!! le sauver pour refonder ensuite un tout autre système …???

Et puis aussi, cette insidieuse pensée qui me revient en leit-motiv et qui me fait craindre le pire, la volonté qu’auraient certains de créer des monnaies continentales pour chaque bloc, bloc Nord- Américain qui s’associerait au bloc européen , le fameux bloc euro-atlantique , qui serait une claque définitive à toute tentative de résistance ultime par cette voie monétaire ???

Voilà vite fait à quoi ça me fait penser cette histoire de monnaie…

Pour ce qui est de la météo et de l’appel à tous pour sauver la planète , consensus oblige, amen, il y avait, il y a peu , chez mon copain Jorion, le dernier billet de Daniel Dresse, très intéressant, j’essaie de le retrouver demain matin, et je vous l’envoie sur le forum, il offre des perspectives nouvelles qui méritent d’être explorées consciencieusement à mon avis

Oui Sandy, ayant un certificat de licence en météorologie (très ancien, il est vrai :) ), je sais cela ... je voulais seulement dire que si on met en cause l'origine du réchauffement climatique ( d'origine anthropique ou non), on peut aussi remettre en cause la réalité du réchauffement lui-même.

Mais comme toi, je ne peux pas répondre objectivement… c’est beaucoup trop complexe à mon niveau.
On est donc, me semble t-il, dans « la foi » … réchauffement ou non, dans quelles proportions? l’homme ou pas l’homme, dans quelles proportions ? Faut il agir sur nos comportements, dans quelle proportion ?


Justement ce que je vous expliquais c’est qu’on n’a absolument aucune bonne raison de faire le choix de la foi vu que de toute façon il vaut toujours mieux surestimer un danger que de le sous-estimer.

Alors quand dans la balance c’est l’ensemble de la vie sur notre planète qui est en jeu, il vaut mieux prendre les plus grandes précautions et ne prendre aucun risque. Pourquoi prendre des risques et nous demander dans quelles proportions nous pouvons polluer notre atmosphère alors qu’à l’évidence ne pas la polluer dutout serait le plus sage des choix ?

Petite question qui n’a rien à voir. Pourquoi les assignats lors de la révolution française n’ont pas fonctionné et ont conduit à une inflation et à une dévaluation aussi importante ?

@Sandy

Tu as de très bonnes explications ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Assignat

@Catherine
Tu as globalement raison (un bemol pour ton dernier paragraphe « et puis aussi… »)
La monnaie (quelque soit sa forme) n’est qu’un problème de confiance…
L’erreur de l’après guerre c’est d’avoir laissé la prééminence au dollar pour tous les échanges internationaux… il fallait une « banque centrale des banques centrales » avec le « bancor » (proposé par Keynes) comme monnaie centrale

@Sandy, à propos du réchauffement.

J’essayais d’expliquer quelles sont les différentes idées sur la situation. En ce qui me concerne, je pense que le réchauffement c’est 80% dû à l’activité humaine… mais par contre, je sais que les efforts que nous ferons ne serviront à rien tant que la population n’aura pas sérieusement diminué, simplement parce que 6 milliards d’individus veulent accéder aux "standards’ des 800 millions les plus aisés (lire Hervé Kempf) … Je n’ai aucun espoir s’il est confirmé que le réchauffement a une origine « humaine », sauf celui qui correspondrait à la fin du pétrole, du charbon et des schistes bitumineux (quand il n’y en aura plus, on ne pourra plus consommer), sauf celui qui correspondrait à une fabuleuse découverte, et sauf celui qui correspondrait à une « aide extérieure » !

Bonjour à Tous,

Voilà donc le texte en question, je m’autorise à faire un copié/collé du message de Daniel car il me semble révélateur de certains mouvements de pensée, c’est diffusé sur un espace « public » je m’en expliquerai auprès de lui (Daniel bien sûr!) s’il le faut mais je ne l’imagine pas refuser cela…

[b]LETTRE OUVERTE À PAUL JORION ET À TOUS LES NEURONES DU CERVEAU (gentiment) MONOMANE[/b]

Quelques précisions avant de prendre définitivement congé. Je n’y peux rien, c’est Paul Jorion lui-même qui m’y a invité par allusion (« Roulez jeunesse » Farceur, va !). Oui, je sais, mon histoire c’est un peu « The long goodbye » (l’interminable adieu) de Raymond Chandler. Je remercie donc tous ceux (celles) qui daigneront m’accorder un dernier petit moment de patience et d’agacement, sur ce coin déjà oublié du blog de Paul.

J’ai découvert le blog de Monsieur « Jean Martin » (voir mes liens du 22/04 à partir de 2h40), à la fin de l’hiver 2006/2007, c’est-à-dire à peu près en même temps que celui de Paul Jorion. Ayant appris à me méfier des verts pour les avoir longtemps côtoyés, je l’avais accueilli aussi favorablement que le livre du très sage et très prudent journaliste scientifique Pierre Kohler en 2002 (L’imposture verte, Albin Michel). Je l’ai lu ensuite de loin en loin, mais régulièrement, me laissant petit à petit gagner par sa thèse, celle-là renforcée par la lecture du plus polémique mais excellent « Les prêcheurs de l’apocalypse » de Jean de Kervasdoué (Plon 2007) et du plus récent « À qui profite le développement durable » de la géographe Sylvie Brunel (Larousse 2008).

N’en déplaise à Paul, je n’ai jamais douté qu’il s’agisse d’un sujet brûlant, même si, à court terme, il est plutôt question de refroidissement (en tout cas chez nous, au cours des deux années écoulées, nous nous sommes plutôt gelé l’anatomie !). Je n’ai pourtant levé le lièvre que la semaine passée, non sans avoir prévenu « Jean Martin » de la chose (vous pouvez vérifier par vous-mêmes) lequel m’a souhaité ironiquement bon courage.

Pourquoi avoir tant tardé, même en considérant qu’il y a un début à tout ?

Accessoirement parce que je savais bien, la Doxa étant ce qu’elle est en matière de « réchauffement planétaire » que j’allais me heurter à un mur d’incrédulité et surtout à une montagne d’indifférence. J’ai tout de même suscité les commentaires de deux écolos déclarés (Pierre Yves et Barbe Bleue), un bon résultat si l’on admet qu’à toute infection microbienne il suffit d’une minuscule porte d’entrée (je vous rappelle que j’ai aussi été aide-soignant).

J’ai surtout attendu parce que ce sujet là ne m’apparaissait pas prioritaire dans le contexte des deux années écoulées, durant lesquelles j’avais été initié, en grande partie par les soins de Paul Jorion, aux arcanes de la crise financière mondiale.

Ce n’est en fait que très récemment que le lien m’est apparu patent entre ce faux problème de réchauffement et certaines des idées force de Paul comme cette fameuse constitution pour l’économie, dont l’universalité et la globalité qu’il cite à plaisir répondent au « gouvernement mondial » cher à Jacques Attali, car je ne vois pas comment l’efficience de l’une pourrait se passer de l’existence de l’autre.

Mais c’est surtout la lecture de la majorité des commentateurs ici qui m’a ouvert les yeux. Hormis les développements considérables et éminemment compétents en matière économique et financière, une autre musique résonne tout au long des pages de ce blog, et qui n’a rien à voir avec les variations de la musique populaire anglo-saxonne. [bgcolor=#FFFF99]Toutes ces professions de foi affichées et obligées à propos de tout et rien sur la planète martyrisée et à l’agonie finissent par lasser[/bgcolor], comme n’importe quelle plage sonore qui passe en boucle, et surtout par mettre la puce à l’oreille. Quelles sont la raison d’être et la signification d’un tel mur des lamentations ?

Il y a dix ans (déjà) J’avais été très marqué par l’affaire du bombardement de la Serbie par l’OTAN. J’avais en effet une amie monténégrine qui était à Belgrade au moment des évènements et qui nous en donnait par Internet ses impressions à chaud, lesquelles n’avaient pas grand-chose à voir avec les informations officielles de nos médias à nous. Déjà soupçonneux vis-à-vis des cent mille viols et des cinquante mille martyrs albanais massacrés par les fascistes serbes (comme Mme la présidente du TPI j’attends toujours les témoignages et les charniers correspondants), j’ai surtout compris, dès cet instant, que [bgcolor=#66FF00]toute entreprise guerrière moderne devait cacher la multiplicité de ses buts derrière un seul grand principe qui puisse lui garantir d’être immédiatement identifié dans « LE CAMP DU BIEN ».[/bgcolor] Il s’agissait ici de « sauver la paix en Europe » menacée par l’armée de chasseurs de la Grande Serbie, comme elle l’était après Munich par les armées de chasseurs (bombardiers ceux-là) de l’Allemagne nazie.

Ceux que j’appelle aujourd’hui les mondialistes, les clercs qui à des degrés divers théorisent la chose, et la multitude des mondiolâtres (les mystiques et les opportunistes, j’aime bien ce terme) qui marquent les premiers à la culotte, sont tout à fait dans la même démarche.

« À problème global, solution nécessairement globale » martèlent-ils la main sur le cœur. Le problème pour eux est que la nécessité absolue de leur action globale n’apparaît jamais comme évidente. L’objection de Paul Jorion par exemple sur ce qu’il est possible ou non d’empêcher avec les paradis fiscaux -rétorsion possible pour les particuliers mais impossible pour les entreprises- relève pour moi plus d’un choix « raisonnable » (c’est-à-dire en fait aussi idéologique que le mien) que d’une nécessité. Je crois moi encore possible d’inventer des solutions pour enrager l’hémorragie fiscale qui saigne nos sociétés à blanc. Pourquoi par exemple ne pas obliger toute société nationale à produire une déclaration fiscale établie par le pays d’accueil, avec paiement d’une franchise compensatoire en cas de déséquilibre (solution Lordon) ? Et puis pourquoi ne pas interdire, au moins sur le principe, toute installation d’une société nationale dans un paradis fiscal ? De telles mesures relèveraient bien pour les intéressés de « L’inquisition fiscale », suivant un discours rebattu depuis des lustres, mais ne seraient pas forcément perçues comme la nouvelle incarnation du Goulag par le reste de la population.

En tout état de cause, la force exécutoire des lois appartient encore aux États et [bgcolor=#FFFF99]si les entreprises « font ce qu’elles veulent au dessus des lois » c’est aussi qu’il manque du volontarisme là où il devrait être.[/bgcolor] Il est clair que les formes nouvelles de domination passent et passeront encore par l’entreprise déterritorialisée. Faire le pari de ne pouvoir réguler que globalement cette domination là ne pourra que renforcer le processus en lui donnant sa légitimité sous couvert d’une autorité de contrôle. La question du bras armé pour faire respecter cette autorité reste également posée.

[bgcolor=#FFFF99]« Mais l’horizon indépassable de l’humanité c’est le global » martèle toujours le chœur. Alors, face aux récalcitrants qui restent toujours droits dans leurs bottes, il faut trouver ce fameux principe général qui balaiera toutes les objections et toutes les résistances. C’est à ce moment que le ciel se met à flamboyer, le vent à hurler, et la mer à monter à l’assaut de nos plaines basses : « Le global est indépassable parce qu’IL FAUT SAUVER LA PLANÈTE ! » Le voilà l’alibi sanctificateur qui permet TOUT, à commencer par faire honte au mécréant. Le destin est collectif, parce que le danger est collectif et la responsabilité du danger tout autant collective (repens-toi, Maudit !).[/bgcolor]

Cette histoire n’est pas neuve. Elle fait penser à la grande dépression collective qui a frappé le monde occidental au milieu du [bgcolor=#FF66FF]XIV siècle[/bgcolor], par le bouleversement climatique (et oui !), le choc épidémique et les longues guerres civiles. En ces temps lugubres, le principe général qui légitimait tous les malheurs, tous les renoncements et tous les sacrifices, était d’ordre religieux. Dieu châtiait les hommes par où ils avaient péché et l’apocalypse était proche. Pourtant, l’apocalypse ne se produisit pas, et toutes ces terribles catastrophes, qui avaient jeté à bas le bel édifice du « monde plein » de la fin du moyen âge (expression chère à Braudel), firent repartir le balancier de l’aventure humaine dans un sens inattendu. À peine plus d’un siècle plus tard, le monde civilisé s’était à nouveau RÉTRACTÉ dans l’entendement des hommes, ouvrant ainsi à ceux qui voulaient voir au-delà, d’immenses espaces vierges propices à l’aventure individuelles, aux grandes découvertes et aux expériences locales les plus diverses (c’est aussi l’époque ou apparaît la perspective c’est-à-dire l’ESPACE sur les représentations picturales). Cette rétractation, qui ne manquera pas non plus de survenir à la nouvelle époque d’apocalypse qui est la nôtre, obnubilés que nous sommes par le châtiment climatique qui frappe notre monde souffreteux et fini.

Il est vrai que le thème de la globalité « a pris » possession de nos mentalités collectives au moins dans le champ culturel visible, celui qui est accaparé par les grands moyens de diffusion de l’information et du savoir. Cela peut paraître contradictoire en regard de l’individualisme exacerbé de notre modernité, mais la contradiction n’est qu’apparente. Notre individualisme est celui d’un coureur de marathon de masse, tout tendu à dépasser son concurrent et à se dépasser lui-même, pourvu que le troupeau continue à courir dans le même sens. Et aujourd’hui, il est patent que beaucoup de monde est prêt à galoper « pour la planète » (l’image d’un peloton de marathonien colle d’ailleurs bien mieux, à mon avis, à la réalité d’un blog que celle d’un « cerveau collectif », vu l’application mise par certains à marcher sur les pieds de leur prédécesseur immédiat. Pour l’avoir pratiqué moi-même, je parle en tant que neurone terriblement vicieux, je dois avouer que c’est jouissif !).

Je considère bien sûr comme très présomptueux de ma part d’avancer que tout le monde se sent réellement concerné par cette course haletante vers le nouveau Graal. Il est évident que des pans entiers de la société, empêtrés dans la glue du quotidien, échappent complètement à la fascination du mirage, et qu’une énorme réaction de rejet ne tardera pas à se faire sentir à ce niveau. (Curieux, toutes ces épaves de bicyclettes massacrées qui jonchent désormais les trottoirs de nos villes, comme si la rage nocturne des exclus s’excitait sur ce qui est devenu le symbole de la bourgeoisie verte des centres villes).

Les croyances collectives prospèrent toujours sur les tendances lourdes qui affectent les structures des sociétés et les tensions qui résultent de leur évolution. J’avais été très impressionné, au milieu des années quatre vingt dix, par le livre du journaliste [bgcolor=#FFFF99]Edward Behr « Une Amérique qui fait peur »[/bgcolor], vilipendé comme « réac » par une grande partie de la presse d’alors, surtout de gauche.

Behr s’était attaché à décrire tout un ensemble de croyances et de comportements qui caractérisaient l’Amérique de l’époque, et paraissaient quelque peu exotiques aux observateurs extérieurs que nous étions (Tous ces phénomènes ont depuis largement déferlé sur l’Europe, France incluse). À côté d’une charge contre toute la palette de la « political correctness » (multiculturalisme et féminisme poussés jusqu’à l’absurde, juridisme obsessionnel au service d’un puritanisme inquiétant), le doigt était mis sur le nouvel essor du fondamentalisme religieux, l’explosion des sectes, et surtout d’étranges lubies et hallucinations collectives touchant aux extraterrestres et leurs vaisseaux de déplacement.

L’aspect troublant et dérangeant de ce livre résidait dans le volet sociologique de sa démonstration. Il apparaissait en effet que [bgcolor=#FFFF99]les classes les plus perméables à ces dernières croyances n’étaient pas les couches inférieures de la société, c’est-à-dire les moins instruites, mais bien ce que nous appelons les classes moyennes, et bénéficiant à ce titre déjà d’un haut niveau d’éducation.[/bgcolor] Ce fait trahissait à vrai dire l’entrée en crise de ces classes, largement confirmée depuis et pas seulement en Amérique (les américains ont toujours un train d’avance sur le reste du monde). Elles se sont vues en effet depuis irrésistiblement tiraillées entre deux pôles antagonistes : « l’upper middle class » proche des classes supérieures parce qu’oeuvrant dans la même sphère de pouvoir, et la masse de la lower middle class, qui a fini par rejoindre les franges des classes inférieures, évolution achevée par le coup de grâce donné par la crise de l’immobilier et du crédit.

Avec quelques variantes, les sociétés européennes ont-elles aussi enregistré les mêmes tendances. En France par exemple, la social-démocratie triomphante des trente glorieuses avait largement permis la promotion d’une énorme et dynamique classe moyenne qui avait fait croire un moment à la « moyennisation » définitive des sociétés modernes. [bgcolor=#FFFF99]Par un processus classique de verrouillage propre aux couches sociales ayant franchi un cap dans l’amélioration de leur statut, les classes moyennes ont eu tendance à « fermer la porte » derrière elles à partir des années quatre vingt, d’abord en manipulant à leur profit les rouages de l’ascenseur social, et surtout en se conformant aux mêmes choix idéologiques (politique et économique) que les classes supérieures.[/bgcolor] L’heure de l’adaptation sans retenue « de tous » (en fait des classes les plus faibles) à la mondialisation financière et libre échangiste avait sonné.

La troisième génération des classes moyennes de l’après seconde guerre mondiale est en train de faire son apparition, avec la même bonne fortune promise que celle d’une vague d’assaut à l’offensive du Chemin des Dames. Apparemment la mieux lotie sur le plan de l’éducation (E. Todd souligne que pour la première fois de notre histoire, une classe d’âge porte en son sein 28 % de diplômés de l’enseignement supérieur), cette génération ne pourra que faire l’amer constat de ce que ses parents ont contribué à lui léguer, une société qui n’a plus besoin d’elle au même rang et aux mêmes statuts. Cette prise de conscience sera violente et douloureuse, et à fortiori plus laborieuse encore la conclusion que leur sort sera désormais lié à celui des innommables et intouchables qui s’accumulent dans les ponts inférieurs de la société dite « postindustrielle ».

C’est à ce point précis qu’intervient ce que j’appelle la « tentation de l’irréel ». Inévitable en effet sera la croyance qu’après avoir enterré la vieille social-démocratie et ses valeurs jetées avec l’eau du bain (nation universaliste, sens de l’état, protectionnisme), une nouvelle social-démocratie pourra être construite à un échelon supérieur, même plus seulement supra national, mais supra européen, c’est-à-dire MONDIAL. Le projet des classes dominantes étant lui aussi un projet puissamment « mondialiste », l’apparente contradiction se trouve magiquement surmontée par un saut dans l’ALTÉRITÉ, laquelle, comme toute altérité se démarque par la pureté de ses intentions. Cette future « alter social-démocratie », manne bureaucratique de bienveillance pour tous les diplômés de l’occident à reconstruire, aura pour mission de contribuer au SAUVETAGE DE LA PLANÈTE, promise à une mort subite s’il n’en est pas ainsi.

La ceinture est bouclée mais fait l’impasse sur d’autres dérives possibles et qui viendraient se loger dans le vide sidéral qui caractérise notre vie politique. La dérive sectaire en est une. Les dérives crypto fascistes de l’avenir pourraient bien prendre la forme de sectes puissantes dont on a vu des prémices dans nombre de pays, USA inclus. Le dictateur fou revêtirait lui le masque benoîtement bonhomme du gourou. Je ne ferais pas l’affront à Paul Jorion de lui trouver le profil intellectuel de l’emploi (en plus avec la tête de Capitaine Haddock qu’il s’est fait ces derniers temps…). [bgcolor=#FFFF99]Je n’en trouve pas moins désagréable (non, insupportable en fait) cette lubie grotesque et inquiétante de « cerveau collectif ».[/bgcolor] Avec mon sens pratique d’employé aux basses œuvres de carrière, je ne peux m’empêcher de songer qu’un cerveau s’inscrit dans l’harmonie générale d’un organisme complexe (ou alors c’est l’ordinateur maboul de « 2001 l’odyssée de l’espace »). Pour être utile à quelque chose, il lui faudra prolonger son action par d’autres organes et c’est là où le bât blesse. Qui va faire les pieds, et qui va faire les mains ? Ou plutôt qui vont être les valets de pieds et qui vont être les aides manucures ? Sans parler des préposés à l’aisance… Un sacré « nouveau gisement d’emploi » en perspective !

Le Maître nous dit que le vieux monde s’écroule, dûment remplacé par LE NÔTRE, avec « le cerveau » aux manettes, fine alchimie des globaux et des zappeurs. Moi, je lui trouve souvent –sur la monnaie et bien d’autres sujets- les symptômes de la tournante du mouton, au « cerveau » ! [bgcolor=#FFFF99]Non les gars ! Non les filles ! Vous, moi, Paul Jorion et les autres, nous ne sommes pas l’avant-garde d’un monde nouveau, lequel n’a plus grand-chose à faire du grand cortex de nos lubies.[/bgcolor] Nous sommes bien, par contre, les témoins plus ou moins conscients d’un monde que est en train de disparaître avec nos (vos) illusions : le nôtre et rien que LE NÔTRE. Avec ou sans nous, la relève n’en est pas moins prête. La Grande Rétractation est en marche, imprévisible, violente (zap zap fait le manieur de coupe coupe) et pourtant génératrice de nouveaux paradigmes et de nouveaux rêves portés par les peuples (nous n’auront même plus la chance de nous référer à cette identité-là) parce qu’ils seront plus ivres de protection que jamais. Par exemple le grand rêve de l’Afrique ne serait-il pas une belle perspective, et une sacrée revanche de l’histoire ? Oui, je sais ! Vilaine ruse de la sorcière Clio, qui passe toutes les belles idées au filtre de ses fioles, et obligerait tous nos répugnants bienfaiteurs à ne plus penser l’homme africain qu’en victime pantelante échouée sur nos plages. Mais zappez les gars ! Zappez les filles ! Vous ne savez pas encore qui vous zappera.

Ce texte est donc le dernier que j’aurai écrit en ces lieux, il n’y en aura pas d’autre car je ne me sens plus concerné par les débats qui ont lieu ici. Je n’ai plus de temps à perdre à discutailler avec Machin ou Truc, lequel déplore la fuite des nouvelles technologies dans les pays à bas salaire pour mieux pointer comme principal danger pour l’avenir d’Internet… le protectionnisme. [bgcolor=#FFFF99]Qu’il aille donc dans le mur avec sa carte de libre échange sous son bonnet porté bas (estampillée NPA Verts PS Modem UMP peut importe, c’est la même daube !).[/bgcolor] Je ne pardonne pas non plus à Paul Jorion sa diatribe sur les « intermittents » de son blog, il n’avait qu’à inscrire un avis d’interdiction au fronton de ses pages dès le départ. Nous aurions été ainsi nombreux à ne pas oser l’importuner. Je le remercie néanmoins de tout cœur de m’avoir laissé m’exprimer ici, chaque fois que j’en ai eu le loisir. Je lui souhaite bonne chance, ainsi qu’à vous tous et toutes. Nous avons des opinions très différentes, que le meilleur gagne ! … Je veux dire le plus perspicace…

En quoi les choses sont différentes aujourd’hui du fait de l’internet – Blog de Paul Jorion

Réchauffement climatique

Note (pas faite au titre de « modérateur »…) : le réchauffement climatique et le dogme associé ne sont pas ici très hors sujet, à mon sens (au débat d’expliquer pourquoi ?) – quant à l’idée d’ouvrir un fil dédié, ici, elle ne s’impose peut-être pas.

@ Sandy, en réponse à deux de tes propos récents :

Le mécanisme de l’effet de serre est une réalité scientifique, il se vérifie et s’utilise en divers cas, bien sûr. Mais la question, ici, est évidemment plus complexe. Je n’entends biens sûr pas en faire le tour en un message.

Je veux déjà insister surtout sur un point : ce qui sent mauvais dans cette affaire, c’est qu’il y a un flot hallucinant de recherches pour démontrer toutes les causes secondaires d’une chose qu’on veut démontrer, mais étrangement peu de sérieux, d’application et même de bonne foi pour étudier tout ce qui pose problème. On ne peut pas ne pas être frappé par cette disproportion complète. On ne peut pas ne pas être scandalisé devant l’accumulation d’études scientifiques méprisant complètement le principe d’exclusion, c’est à dire traitant nombre de paramètres comme s’ils n’existaient pas, tandis qu’ils ne retiennent que ceux qu’ils étudient… Et ne pas en déduire que ça pue la mainmise politique (économique) sur la science.

Parmi les pistes dénigrées les plus grosses : on voit de nombreuses études qui s’amusent à corréler des courbes de température terrestre avec la seule évolution des concentrations de GES. C’est parfaitement ridicule, puisqu’il existe nombre de facteurs naturels qui font varier cette température, facteurs dont beaucoup, pseudo-cycliques, sont bien connus (même s’il est toujours difficile d’en quantifier l’effet) : paramètres de trajectoire terre / soleil ; activité nucléaire - magnétique solaire ; activité magnétique terrestre. On peut ajouter ici qu’un des grands facteur est probablement l’activité cosmique tout court, car la formation des nuages serait liée aux bombardements de particules (type gamma) venant de l’espace, particules qui sont écartées quand le soleil a de forts vents magnétiques. Curieusement, on s’en fout bien que personne n’infirme ces thèses. (C’est ainsi, d’ailleurs, que l’explosion d’une énorme supernovae pourrait avoir été à l’origine du dernier fameux tsunami). Etc.

Ensuite, ce « détail » : les volcans, les rots des ruminants (dont des dinosaures), … émettent des gaz à effet de serre (GES) depuis des lustres. Plus, le premier gaz à effet de serre est de très loin la vapeur d’eau – cf. l’albédo, couverture nuageuse de basse altitude. [bgcolor=#FFFF99]On a beau dire, la production d’origine humaine est de très loin minoritaire.[/bgcolor] Une grosse éruption volcanique dans l’année et la proportion d’origine humaine varie en gros de 2 à 1.

Tout ça n’a pas empêché que, pendant des millions d’années, ce ne fut pas la hausse / la baisse des masses de GES qui entraina la hausse / la baisse de la température terrestre, mais l’inverse. Avec un décalage d’environ… 8 siècles. Tous les scientifiques savent ça. Pourtant ça n’a pas empêché la crapule Al-Gore d’énoncer, dans son « oeuvre » célèbre, entre autres, ce magnifique « mensonge par omission » (21:05) : « Ceci est la température qui a été sur notre Terre […] maintenant, une chose qui saute aux yeux, en quelque sorte, est « est-ce que les courbes [CO2 et température] collent l’une avec l’autre ? » - c’est la chose la plus ridicule que j’aie jamais entendue. La relation est en fait très compliquée, mais il y a une relation qui est de loin la plus importante : quand il y a plus de CO2, la température « devient plus élevée » (« gets warmer »).» Il y a une relation qu’il oublie de mentionner : il a cité le lien dans le mauvais sens… Pr Ian Clark : « si on regarde le forage de Vostok, on voit le CO2 augmenter, et il suit la hausse de température ; vous avez un retard d’environ 800 ans. » [bgcolor=#FFFF99]Il y a maintenant plusieurs forages glaciers ; tous montrent la même chose : la température monte ou baisse, et plusieurs centaines d’années après, le CO2 suit…[/bgcolor] - Note base = données Vostok, Antarctique – mais son graphe remonte nettement avant - 400 000 ans, soit la date la plus reculée estimée pour se prélèvement (il y a donc nécessairement collage de résultats d’origines différentes).

Autre chose : les volcans comme les hommes émettent également des aérosols, qui eux, tendent au contraire à refroidir la planète. Or, d’après les rapports du GIEC eux-mêmes, un élève de seconde le comprendra, si on essaie d’additionner (« soustraire ») les effets des GES et des aérosols, en tenant compte des incertitudes énormes sur chacun de ces deux effets… on obtient une moyenne négative (c.à.d. un refroidissement…) et une marge d’incertitude égale à plusieurs fois le nominal (la moyenne) ! Quand la conclusion parle de quasi-certitudes… Cela n’est vraiment pas sérieux.

Le goût si répandu pour la notion de « forçage » (terme que M.Mme lambda connaissent déjà presque eux-mêmes) indique que nos scientifiques font essentiellement du « linéaire », c.à.d. additionnent les effets (supposés) des diverses causes (celles consiédérées, du moins) pour obtenir l’effet (supposé) de la somme des causes. Bref, entre ça et le tri qui est fait dans les paramètres (cf. plus haut) on est très loin d’avoir des modèles scientifiques fiables. Mais au-moins, s’ils étaient partiellement validés par les mesures…

Or il y a un « petit » problème avec les modèles employés pour simuler l’effet de serre et notamment pour évaluer le « forçage » (la part) qui serait due à l’origine humaine : les mesures atmosphériques s’obstinent à ne pas valider la théorie, une théorie pourtant admise par tous et employé dans tous les modèles. Voir l’encadré en bas de mon message. Très emmerdant, car la moindre des choses pour un simulateur (je suis ingénieur calcul en mécanique), c’est de valider ses modèles… Il faut croire qu’un tas de chercheurs s’obstinent, donc, à ne pas s’inquiéter de ce détail ou à utiliser sciemment des modèles donc la base même n’est pas validée.

À l’autre bout (d’une investigation qu’il est bon de mener un peu soi-même), il y a toujours l’incertitude, et cet argument qui revient partout : il vaut mieux se baser sur l’hypothèse du risque le plus fort. [bgcolor=#FFFF99]Question de foi ? Non. Mais question de… terreur.[/bgcolor] Cet argument d’impuissance, je le hais, parce que mes conclusions à moi, au-delà des incertitudes fortes sur le fond, sont [bgcolor=#FFFF99]qu’on a affaire à un grave problème de « relance néolibérale », qui implique aussi bien la terreur au sens plein du terme que les logiques impérialistes[/bgcolor], … etc. Je ne peux pas m’étendre ici, mais je veux réagir contre la « banalisation » d’une telle idée bien pratique.

Pour se sensibiliser au sujet, je conseille vivement de visionner le reportage vidéo IT’S NOT TRUE. The great global warming swindle – sous-titré en français. Il faut supporter un montage très « show » à l’anglosaxone, mais ça vaut le détour.

Entre autres éléments très bien documentés dans ce reportage, une question très épineuse (ennuyeuse pour pas mal) de l’absence de corrélation entre la théorie et les mesures, s’agissant de l’effet de serre.
J’ai pris le soin de transcrire (cf. ci-dessous) ce qui s’y rapporte, dans la vidéo, ainsi que la liste (à peu près complète) des intervenants et leurs pedigrees - nom et l’intitulé de métier / poste des personnes et les propos qu’ils tiennent chacun à ce sujet.

[b]It’s not true / un problème élémentaire de validation des modèles d'effet de serre[/b] -- notes / contributeurs :

Pr. John Chritsy, Former Leader Author, IPCC
(Scientifique de renom pour l’apport de mesures de températures dans l’athmosphère. 1991 : médaille de la NASA pour performance scientifique exceptionnelle ; 1996, prix exceptionnel de la Société Météorologique Américaine pour avoir fondamentalement contribué à faire avancer notre capacité de surveillance du climat.)
[bgcolor=#FFFF99]« Ce que nous avons trouvé, de manière consistante, est que sur une grande partie du globe, le gros de l’atmosphère n’est pas en train de se réchauffer autant que la surface dans ces régions. Ce qui est un vrai casse-tête pour nous, parce que la théorie est assez claire, et la théorie dit que si la surface se réchauffe, alors l’atmosphère au-dessus devrait se réchauffer rapidement. La hausse de température dans cette partie de l’atmosphère n’est vraiment pas importante, et ne colle vraiment pas avc ce que prévoit la théorie des modèles sur le réchauffement climatique. »[/bgcolor]

Pr. Richard Lindzen, IPCC & MIT
[bgcolor=#FFFF99]« On devrait trouver un δT croissant avec l’altitude, jusqu’au au milieu de la troposphère, c.à.d. les 10-12 premiers km plutôt qu’à la surface – il y a de bonnes raisons théoriques pour le dire - or ça ne colle pas. Ces données nous prouvent que ce que nous voyons n’est probablement pas dû aux gaz à effet de serre. »[/bgcolor]

Pr. Patrick Michaels, Dept of Environmental Sciences, University of Virginia
[bgcolor=#FFFF99]« Un des problèmes qui plombe les modèles est qu’ils prévoient que lorque vous montez dans l’atmosphère, excepté pour les régions polaires, le rythme de réchauffement devrait augmenter. Et il est très clair que nous ne voyons pas cet effet, au regard de deux séries de données : les satellites et les ballons sondes. En fait, tout se passe comme si les températures de surface augmentent plus que la température là-haut : ça fait une grosse différence. »[/bgcolor]

Pr. Frederick Singer, Former Director, US National Weather Srevice -
« [bgcolor=#FFFF99]Tous les modèles sans exception ont dit que le rythme de réchauffement devrait être de plus en plus rapide au fur et à mesure que vous vous élevez dans l’atmosphère. En fait, le maximum devrait se produire à une altitude d’environ 10 Km. Les observations ne montrent aucune élévation de température avec l’altitude ; en fait la plupart des observations montrent une baisse du rythme de réchauffement avec l’altitude. Ainsi, dans un sens, vous pouvez dire que l’hypothèse d’un réchauffement global causé par l’homme est réfuté par les preuves. »[/bgcolor]

Pr. Syun-Ichi Akasofu, Director, International Artic Research Center
Pr. Ian Clark, Dept of Earth sciences (Spéc. Climatologie de l’Artique), University of Ottawa
Pr. Philipp Stott, Dept of Biogeography, University of London
Pr. Nir Shaviv, Institute of Physics, University of Jerusalem
Pr. Paul Reiter, IPCC & Pasteur Institute, Paris
Dr. Piers Gorbin, Climate Forecaster, Wether action
Dr. Roy Spencer, Weather Satellite Team Leader, NASA
Lord Lawson of Blaby, Former Chanceller of the exchecker ( ?), ‘80’s, (England) , House of Lords’ Inquiery (2005)
Patrick Moore, Co-founder, Greenpeace
James Shikwati, Economist & Author (Africa ?)
Nigel Calder, Former Editor, New Scientist

http://video.google.fr/videoplay?docid=-4123082535546754758&hl=fr

André-Jacques,

Je viens de lire l’article " L’Irak et la guerre secrète entre l’euro et le dollar" de William Engdahl, c’est clair et limpide , on a les moyens d’affaiblir l’hégémonie américaine via son talon d’Achille, le dollar…

Pourquoi mets-tu un bémol sur cette crainte de voir créer une monnaie pour le bloc euro-atlantique,ne serait-elle pas à craindre cette monnaie -là ? pour ma part, si je nourris des inquiétudes , c’est car il me semble qu’alors on perd un levier radical de contrevenir aux intérêts de ce système du dollar roi ? Si les intérêts se fondent DANS ce bloc euro-atlantiste , il n’y a plus de prise me semble-t-il et c’est bien pourquoi il veut être mis en place à mon avis , mais je réfléchis sans trop savoir , et avec une vision très généraliste, excuse-moi, c’est pourquoi j’essaie de savoir ce que pensent les uns et les autres de cette question.Merci déjà et pour tout .

André-Jacques,

Je viens de lire l’article " L’Irak et la guerre secrète entre l’euro et le dollar" de William Engdahl, c’est clair et limpide , on a les moyens d’affaiblir l’hégémonie américaine via son talon d’Achille, le dollar…

Pourquoi mets-tu un bémol sur cette crainte de voir créer une monnaie pour le bloc euro-atlantique,ne serait-elle pas à craindre cette monnaie -là ? pour ma part, si je nourris des inquiétudes , c’est car il me semble qu’alors on perd un levier radical de contrevenir aux intérêts de ce système du dollar roi ? Si les intérêts se fondent DANS ce bloc euro-atlantiste , il n’y a plus de prise me semble-t-il et c’est bien pourquoi il veut être mis en place à mon avis , mais je réfléchis sans trop savoir , et avec une vision très généraliste, excuse-moi, c’est pourquoi j’essaie de savoir ce que pensent les uns et les autres de cette question.Merci déjà et pour tout .


Catherine

Simplement parce que je ne pense pas qu’il soit possible avant longtemps de voir apparaître une monnaie commune entre les USA et l’Europe… déjà que la stabilité interne de l’euro est mal en point (quelques pays « à la marge » risquent de vouloir en sortir).
Je crois plus à la possibilité que le dollar perde son hégémonie, avec quelques devises importantes (en quantité) qui resteront néanmoins « locales » (euro, dollar, yen, yuan, livre…) et des pays qui n’ont rien à faire de celles ci et vivent (mieux) avec leur propre monnaie moins diffusée il est vrai.
Une monnaie d’échange mondiale (basée sur l’énergie ?) pourrait mettre ensuite tout le monde d’accord.
Mais je ne suis pas devin :wink:

Merci André-Jacques,

Alors somme toute, on devrait presque s’en réjouir…

Mais il y a aussi le fait me semble-t-il que ça veuille dire de moins en moins de choses, monnaie ceci ou cela, euro, yen ou dollar ??? j’exagère sûrement en disant cela, mais il y a quand même un peu de cela…

Car derrière ces monnaies soi-disant distinctes, c’est toujours un peu les mêmes puissances financières que l’on retrouve DERRIERE , que l’on soit en Inde, en Chine ou en Europe???

Alors ce serait QUOI le noeud du problème?

Pour les tenants de ces quelques banques privées qui se concentrent de plus en plus ,

surtout depuis la soi-disant crise dont ils sont les géniteurs et dont ils sortent grands gagnants ( personne ne peut le contester, je parle bien sûr des grands cartels et non des petites banques qui elles ont été phagocyté) , c’était l’enjeu de la crise, LA CONCENTRATION BANCAIRE ,

plus tous les effets bénéfiques collatéraux pour eux aussi, faire assimiler des coupe-sombres qui n’auraient jamais été assimilés s’il n’y avait pas eu ce contexte de soi-disant CRISE ,affaiblir l’opinion pour lui faire accepter des choses qu’elles n’auraient pas accepté etc, etc…

Des monnaies différentes un peu comme si nos globules rouges selon les organes qu’ils oxygènent prenaient des formes différentes,le yen ce serait pour oxygéner les reins, l’euro, les poumons, etc, en soi, ça n’a guère d’importance vitale car ce qui prévaut c’est que tous ces globules soient au service de la vitalité du système et que tous les organes soient oxygénés pour assurer la survie du tout , en revanche en quoi, le fait de déséquilibrer cet ordre des choses au détriment d’une forme tout à fait particulière , celle du coeur pour faire le parallèle avec le dollar contreviendrait à l’intérêt de cette hégémonie américaine à un moment donné précis ???

A mon humble avis, c’est car toutes les pièces du puzzle ne sont pas encore parfaitement mises en place, une question de temps encore une fois, le soufflé risque fort de tomber si l’on ouvre la porte du four trop tôt, et ça me fait penser à une phrase de Marcel Proust, qui dit de mémoire, combien de choses ne sont-elles pas gâchées faute de précipitation…on en est là, je crois!

Rockfeller et consorts seraient-ils des lecteurs avisés de notre grand écrivain français? petit clin d’oeil humoristique dans cet imbroglio …n’empêche, j’ai l’impression qu’ils sont entrain de faire un ré-étalonnage, de re-fixer les constantes du système, un peu comme si nos constantes thermiques du corps passaient du 37°au 40° .

Quand tout sera mis en place ça n’aura tout simplement plus d’importance euro ou dollar ou yen ou j’sais pas quoi, ouvrir la porte du four ou la laisser fermée, plus d’importance aucune, le temps sera une variable inconséquente alors, car le système sera réglé de telle sorte qu’il permette l’homéostasie du tout , à tout moment , c’est à dire permettre l’équilibre du système impérial comme les constantes humaines permettent l’équilibre de l’organisme humain , même chose il en sera alors , des constantes au service exclusif du système …réglées comme du papier à musique, et alors, des Saddam Hussein ou autre pourront bien dire et faire ce qu’ils veulent car ça n’aura tout simplement aucune espèce d’importance, car tout sera solidement cadenassé, c’est donc encore de TEMPORALITE dont il s’agit aujourd’hui, MAIS la faiblesse américaine aura tôt fait de se transformer en force si nous ne lui opposons aucune résistance, ce sont les derniers sursauts, bientôt, ce sera cloué, opinion personnelle bien sûr!

Pour mémoire, au chapitre 27, David Rockfeller se lâche… Certains croient même que nous faisons partis d’une cabale secrète agissant contre les grands intérêts et ils vont jusqu’à prétendre que nous allons avec d’autres capitalistes dans le monde pour construire une structure politique économique mondiale plus intégrée, un seul monde si vous voulez. Si c’est ce dont on m’accuse, je plaide coupable et j’en suis fier!!!

@Catherine

Tu n’as pas tort dans ta réponse … mon message 7005 n’était qu’une réponse à ta question précédente.

Tu veux le fond de ma pensée ? Il n’y a plus rien à faire, « ils » ont toutes les armes et nous n’en avons aucune… ou dit autrement, le Titanic est sur sa lancée, il ne peut plus virer, l’inertie est trop grande.

Désolé de te gâcher peut être votre week end. Comme je l’ai souvent écrit, le monde qui vient c’est 300 millions de riches, 1 milliard qui travaillent pour eux et 5,6, et bientôt 8 milliards dont plus personne n’a rien à faire et que certains pensent sûrement à éliminer…

Sauve qui peut… mais HEUREUSEMENT je puis me tromper…

EDIT … message modifié … je ne sais pas pourquoi je t’avais vouvoyée dans le premier jet :wink:

Et oui, j’avais remarqué, je me suis dit , c’est la gravité de la situation qui me vaut le vouvoiement, bon, pour être tout à fait honnête, j’arrive aux mêmes conclusions sinistres que toi, c’est l’énergie du désespoir qui fera peut-être des miracles, dans tous les cas, la manière de tomber est importante, il en est qui valent mieux que d’autres, ce germe de liberté perdurera au-delà de notre existence quoi qu’il en soit, je l’espère, c’est quand on n’a plus rien qu’on a tout, paraît-il, je fais ce que je peux pour décrocher des sourires, amicalement.

On a une arme qu’ils n’ont pas, la formidable chaine humaine qui est prête à se mobiliser pour changer tout ça. Ca peut paraître dérisoire, mais c’est pourtant la force la plus importante qui soit.
Et ce qui est triste, c’est que si nous n’utilisons pas cette force c’est uniquement de notre propre faute, parce que nous sommes incapables de nous rassembler, parce que nous restons divisés.

Toutes les armes qu’ils possèdent ne font pas le poids contre la volonté générale. Ils le savent et c’est bien pour ça qu’ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour gagner les élections.
Ils conservent l’élection car il est nécessaire pour eux d’entretenir l’illusion de démocratie, mais malgré tous les verrous qu’ils peuvent mettre, c’est avec l’insurrection, les deux failles à leur système.
Sarkozy par son ego risque de les conduire à leur perte vu qu’il cherchera toujours l’epreuve de force et vu qu’il veut trop de pouvoir et aller trop vite dans ses réformes.

de manière chronique, depuis sa création, la BCE émet environ 10% de monnaie supplémentaire par an
On sait bien maintenant qu'une très grosse partie de l'argent public est créé par les banques privés, contre intérêts. Mais j'ai une question d'ordre technique, pour laquelle je n'arrive pas à trouver une réponse claire:

Est-ce que TOUTE - 100% - de la monnaie du système « occidental » est crée par les banques privés ou les banques centrales - BCE en particulier - en créent aussi ? Et dans ce cas, quel est le mécanisme ? Et quelle en est la proportion ?

Autre formulation, l’impression des billets est-il fait en création pure ou les billets sont-ils vendus aux banques privés qui créent l’équivalant comptable ?

Bonjour Zolko

Pour le mécanisme, tu apprendras beaucoup si tu veux bien lire http://www.societal.org/monnaie/creationmonnaiepourlesnuls.pdf

93% de ce qui est considérée comme « monnaie » (« M3 » => c’est à dire avec une illiquidité ne dépassant pas 2 ans), est émis par les banques privée (commerciales)
Si on se limite à de la monnaie immédiatement disponible (liquidité totale), la Banque Centrale a émis 15% (les billets de banques), les banques commerciales ont en dépôt à vue 85% du total.

Les billets sont émis par la BCE sous forme d’un passif … les banques commerciales ne gardent que très peu de billets qu’effectivement elles achètent à la banque centrale et revendent au public… c’est une obligation liée à leur statuts.