[align=center]Les conséquences sur les travailleurs de l’acceptation discrétionnaire des garanties d’emprunt présentées par les États-membres de la part de la BCE.[/align]
[align=center]Je sais : le titre peut paraître compliqué, mais les ruses déployées sont subtiles, alors il va falloir s’accrocher.[/align]
Monnaie et décisions de la communauté :
Stéphane, je te lis sur le forum : [i]« Si l’état à besoin d’argent , qu’il nous en demande, nous lui répondrons par notre vote. »
« Et puis si il n’est pas capable de fonctionner sans nous endetter pour plusieurs générations dans une ambiances d’inégalités, de catastrophe écologique, de guerre et bien qu’il démissionne , nous verrons bien si les assemblées du peuple se révèlent plus utiles à notre bien être.
Au moins si celles-ci nous conduisent aussi à la banqueroute nous n’aurons qu’à nous en prendre à nous même. »[/i]
Ce sont de bonnes intuitions, la monnaie est toujours liée à la souveraineté, le maître de la monnaie est souverain. Si c’est la communauté nationale qui a la souveraineté sur la monnaie, c’est la communauté nationale qui est souveraine, si ce sont les assemblées du peuple qui ont la souveraineté sur la monnaie, ce sont les assemblées du peuple qui sont souveraines.
Quand la communauté nationale avait plus ou moins* la souveraineté sur la monnaie ( avant la loi de 1973 en France, voir l’intervention d’Étienne plus haut dans ce fil ) C’est ce qui se passait avec les emprunts d’États, le gouvernement français ou italien, allemand etc lançait un emprunt d’État et les gens souscrivaient ou non, mais maintenant, c’est fini ( j’avais mis un exemple d’un emprunt sur le forum avec un lien vers une archive ayant trait à cette époque, si tu me le demandes, je pourrais te le retrouver. )
- faut pas trop idéaliser non plus quand même
La situation actuelle
L’État ( le gouvernement ) pouvait nous en demander par nos « représentants » ( le vote du budget de l’État ) ou les emprunts nationaux, je sais que la représentation était très faible, mais maintenant, c’est encore pire puisque l’État, à cause des directives UE, est obligé pour emprunter soit :
1] de passer par les marchés financiers, donc des types pas élus du tout, des capitalistes gros ou petits qui ne voient que leurs propres intérêts ou
2] soit par la Banque Centrale Européenne ( BCE) dans le cadre des plans de sauvetage de la zone euro.
La Banque centrale européenne, bien qu’elle ne bénéficie d’aucun mandat démocratique, a plusieurs outils pour contraindre les gouvernements nationaux élus à obéir à sa volonté. Le moins connu de ces outils est peut-être le « Risk Control Framework » qui permet à la BCE de cesser ses prêts habituels au secteur financier d’un pays donné.
L’article détaillé est ici :
http://www.craigwilly.info/?p=1782&lang=fr
L’acceptation discrétionnaire des garanties d’emprunt présentées par les États-membres de la part de la BCE.
« La BCE peut décider à tout moment de retirer certains titres de créance de la liste des actifs éligibles. »
Voir la page 39 du document pdf officiel de l’Union Européenne téléchargeable ici :
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2000:310:0001:0082:FR:PDF
En somme, un pays qui apportait des garanties pour les prêts qu’il demande à la BCE et qui étaient acceptées par la BCE, du jour au lendemain, de manière discrétionnaire, la BCE fait savoir qu’elle n’accepte plus ce type de garanties.
Les garanties ? Ques aco ?
Eh, bien, imagines qu’un voisin te demande de te prêter de l’argent : 300 €. Tu lui prêtes de bon coeur et puis quand tu veux le joindre à la date convenue du remboursement, il n’est jamais là. Au bout de quelque temps, puisque c’est un voisin, tu finis par le croiser, si tu es gentil ou par le coincer, si toi aussi tu as un besoin pressant d’argent. Il te dit : « Je ne peux pas rembourser tout, tout de suite. » Tu lui réponds : « Combien , maintenant ? et pour le reste quand ? »
« Beinh, euh, 50 € maintenant et 50 € tout les mois après le paiement de l’ASS. »
Tu lui réponds OK ! Il te file les 50 € et puis le mois suivant le manège se répète, il ne tient pas sa promesse, alors tu te fâches et tu obtiens les 50 € de ce mois, puis après il devient correct avec toi et te rembourses le reste correctement à 50 € tous les mois jusqu’à que le prêt soit soldé.
Eh bien, la prochaine fois qu’il viendra t’emprunter, tu auras réfléchi et tu lui répondras quand il voudra emprunter : « Oui, 200 € OK, mais pas comme l’autre fois, maintenant, je ne veux pas être baladé, je veux une garantie, tu me rédiges 4 chèques de 50 € en contrepartie du prêt de 200 €, sinon je ne te prête pas.
Les 4 chèques sont la garantie du prêt de 200 €.
La BCE fait savoir qu’elle n’accepte plus ce type de garanties.
Elle les acceptait auparavant, elle ne les accepte plus. C’est une forme de chantage. Nous n’avons pas de mal à imaginer que la BCE ne profite pas de sa position de force pour imposer les conditions ou les politiques qu’elle demande. Les fameuse mesures structurelles sur le marché du travail ( flexibilité sans contrepartie pour les salariés, baisse des salaires, relèvement de l’âge de la retraite, etc, tu connais la chanson, plus la concurrence libre et non-faussée, privatisation des services publics … ), c’est ce qu’elle a fait partout où il y a eu les plans de sauvetage ( Grèce, Irlande, Espagne, Portugal ), à chaque fois, il y a eu des reculs des droits des travailleurs à cause du chantage sur l’acceptation par la BCE des garanties d’emprunt présentées par les États concernés.