Admettons. Mais pour nous démocrates le souverain c’est le peuple , non ? Alors je pense que nous sommes légitimes à battre monnaie directement , librement.
Les rois et les seigneurs qui s’octroyaient le monopole de l’émission monétaire en signe de domination sur la société doivent ils rester des modèles ?
La série de Derudder mise en lien par Étienne explique bien les chaînes qui se sont rompues depuis 1971, la fin de la convertibilité en or et l’anachronisme des réserves fractionnaires et de la monnaie centrale, il montre aussi des séries d’expériences où le peuple a repris véritablement le pouvoir sur sa monnaie en la créant directement, sans passer par le pouvoir politique.
C’est quel numéro de tropico au fait?
Je vous mets en garde contre les monnaies privées et je suis d’accord avec le message de Gilles n°23052. Leur utilisation ne peut être que très locales et elles posent les problème d’acceptabilité privée et publique, de taux de changes, de la participation à la solidarité nationale, d’éclatement communautaire, de faux, de confiance à l’émetteur, etc …
Si Philippe en a parlé dans ce film, c’est pour aider à faire comprendre la nature de la monnaie: il vaut mieux (sauf en cas de pénurie) utiliser la monnaie reconnue par tous et la faire tourner plus vite (ne pas thésauriser, bien que la réserve de valeur à court terme - pour une utilisation ultérieure - soit une caractéristique intrinsèque de la monnaie correspondant à un besoin humain )…
« Réserve de valeur » est une façon de voir les choses. À mon avis, elle a l’inconvénient de glorifier la monnaie sans vraie nécessité en laissant entendre qu’elle pourrait avoir une valeur en soi, d’où des politiques socialement répréhensibles (thésaurisation, spéculation, croissance débridée pour « gagnerde l’argent »).
« Instrument d’échange » ou « instrument de remboursement à terme » ou autres définitions équivalentes préserveraient l’idée de troc de biens et services réels qui est au fond de la monnaie.
Mais c’est du pinaillage et je reconnais qu’en pratique « réserve de valeur » et « instrument d’échange » reviennent au même. JR
C’est une « définition » très habituelle…
Donc quand un état à besoin de créditer son compte, et selon la logique suivant laquelle il faut débiter sur un autre compte, il n’est donc pas question qu’il crée de la monnaie de façon unilatéral.
L’état credite son compte par l’impôt ou par l’emprunt , n’est ce pas ?
Si il émettait des reconnaissances de dettes échangeables de façons unilatetal cela n’aurait plus de sens il me semble.
Vous voulez donc que l’État garantisse le système monétaire, et non qu’il crée la monnaie, je me trompe ?
C’est (actuellement) le choix de l’État de s’endetter (il émets des obligations) sur les marchés pour obtenir la monnaie dont il a besoin, en plus des recettes fiscales.
Mais l’Etat pourrait tout à fait, s’il le voulait (et s’il n’était pas coincé par les Traités), demander à sa propre banque centrale d’émettre la monnaie dont il a besoin par simple crédit sur le compte du Trésor Public, puisque justement la BdF gère le compte du Trésor.
Imaginez vous une seconde que si la France ne pouvait pas emprunter la BdF dirait « bon, on ne paye plus les fonctionnaires et les autres dépenses! » si on était un pays souverain ?
Je ne comprend pas. Tu proposes que l’État emprunte à la Bdf ou que la Bdf credite « pour rien » le compte de l’état ?
Je ne comprend pas. Tu proposes que l'État emprunte à la Bdf ou que la Bdf credite "pour rien" le compte de l'état ?Dans les deux cas c'est pareil puisque la BdF est une institution dont le seul actionnaire est l’État. Dans les deux cas c'est de la pure création monétaire qui évite de passer par les banques secondaires qui prennent leur "écot" au passage.
Tranchons ! L’état devrait-il oui ou non rembourser la Bdf ?
Tranchons ! L'état devrait-il oui ou non rembourser la Bdf ?S'il veut diminuer la masse monétaire, oui. Mais la BdF n'a aucun pouvoir contre son "propriétaire" Un remboursement de l'Etat (Trésor Public) à la BdF équivaut simplement à la suppression d'une ligne d'obligation à l'actif de la BdF et d'une ligne équivalente (la monnaie) au passif de cette même BdF.
Il faut bien comprendre que l’Etat n’est nullement comparable à un ménage ou à une entreprise: il ne peut que se contraindre lui-même ou par les engagements qu’il a pris.
Un peu d’instinct je dis qu’il doit diminuer la masse monétaire, car je comprend que si il ne détruit pas cette monnaie « fictive » il diminue la valeur de notre monnaie.
Autre chose tu dis que rien ne peut contraindre l’état, la constitution peut être !
Serait il sage de contraindre l’état de rembourser ses emprunts ( pour préserver notre monnaie) ou même de ne pas emprunter.
Alors si j’ai bien compris, l’état peut la rembourser pour diminuer la masse monétaire mais:
-sans pression particulière, à son rythme (peut le décider chaque année à partir des chiffres de l’inflation)?
-peut tenir compte de l’évolution démographique. Si il y a plus de monde, il faut plus de monnaie, et ça les banques privées n’en tienne pas compte puisqu’elle demande même à en rendre PLUS que ce qu’elles ont prêté, non?
-n’a aucune obligation finale de récupérer toute la monnaie injectée?
Donc au final ce n’est pas vraiment un remboursement, c’est juste que l’Etat régule la quantité de monnaie circulante en en injectant quand il emprunte à la BdF et en en enlevant quand il la « rembourse » c’est ça?
Mais Quid de la monnaie dans les échanges extérieurs si il n’y a pas de garantie de valeur (puisque plus indexée sur rien)?
Ou alors il faut 2 monnaies (une indexée l’autre non)?
Oui Tibak, mais Frigouret oublie un élément en ne considérant que la quantité de monnaie (ttes choses restant égales par ailleurs), car sa vitesse de circulation peut varier (PIB = M.V)
Pour les échanges internationaux en général l’exportateur demande à être payé soit dans sa monnaie, soit dans une devise de réserve. Les échanges se font au niveau des banques centrales. Si la balance extérieure est déficitaire en devises, il faudra bien les emprunter, la valeur étant celle du « marché ». Aucune monnaie n’est plus indexée (quelques monnaies le restent sur un panier de devises, tel le Yuan, ou une autre devise telle le dollar)
Autrement dit le gros problème d’une monnaie non indexée ne s’applique qu’à un monnaie de référence pour les échanges extérieurs (ici le dollar qui n’est plus indexé sur l’or!).
Une monnaie intérieure n’a aucun intérêt à être indexée si elle est bien gérée par son Etat (si et seulement si c’est lui qui l’émet),j’ai bon?
Oui Tibak, sauf que l’indexation sur l’or ne semble pas une bonne solution (comment juger des critères d’indexation de la monnaie sur l’or au fil des découvertes ou au contraire de la raréfaction hypothèse la plus probable ? Comment ne pas pénaliser les pays qui n’ont pas d’or par rapport à ceux qui en ont beaucoup ? )
Oui oui non c’est sûr, l’or n’est pas une solution, mais si la monnaie d’échanges extérieurs n’est pas indexée sur quoi que ce soit, qui pourrait être habilité à la réguler?
Bon en plus il me parait incohérent que cette monnaie d’échanges extérieurs soient aussi la monnaie intérieure d’un des Etats du monde, elle devrait être « apatride »…
Je suis d’accord avec vous, c’est ce que proposait Keynes… mais cette « monnaie apatride » n’existe pas; il faut faire avec ce que nous avons, et ce que nous avons actuellement, c’est le « marché des devises » ou les monnaies non convertibles (proches de chez nous, Maroc et Tunisie par exemple)
Ça n’empêche pas de réfléchir à un système optimal 
Je vais regarder ce que sont les monnaies non convertibles…
« Monnaie-valeur », ou « monnaie-dette »?
AJH dit à propos de la définition de l’argent comme « réserve de valeur » que c’'est une « définition très habituelle » et renvoie à http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie.
Justement, le fait que cette définition soit très habituelle explique peut-être, en partie au moins, les désordres financiers et économiques mondiaux et nationaux.
Il me semble que si l’on accepte la notion de monnaie-valeur on justifie du même coup tout échange de monnaie contre d’autres valeurs (parce que valeur = valeur), et que par là on abolit l’idée même de spéculation (par exemple sur les produits de base).
Par contre, si l’on se fonde sur l’idée de monnaie-dette, on admet implicitement qu’en contrepartie de la monnaie dont chacun (ou l’État) dispose il doit y avoir quelque part un bien créé ou un service rendu, où à tout le moins une garantie solide de bien ou service futur : plus question, alors, de trafiquer le montant de la dette par « création monétaire ». de monétariser des « produits dérivés », d’exploiter le travail des autres ni d’accaparer les produits de base pour en faire monter le prix artificiellement. Plus question, en bref, de réaliser un profit en monnaie qui ne correspondrait pas à une vraie « valeur ».
Merci à AJH de dire s’il y aurait quelque chose à tirer de cette distinction. Mes idées ne sont pas encore très claires.
J’aimerais bien savoir d’'ou vient l 'équivalence monnaie = échange de dettes, que je trouve vraiment excellente. Je compte la réutiliser ! Merci. JR